‹ Dictionnaire historique & biographique de la SuisseChapitre 77 sur 425 · BEX (SEIGNEURS DE · texte numérisé non relu

BEX (SEIGNEURS DE

BEYER

gneur de Bex était au début vassal de l'évêque, mais dès le XIIe s. il compta parmi les feudataires du comte de Savoie.

La seigneurie de Bex, divisée en trois parts, passa en mains de différentes familles dès le XIIIe s. : aux la Tour-Chàtillon, aux Blonay, à l'évêque de Sion, aux Duin et aux Boveréa. Au XVIe s., les Boveréa arrivèrent à en posséder la majeure partie, mais elle avait perdu peu à peu tout son caractère, les seigneurs ayant aliéné tous leurs droits au gouvernement bernois, à tel point que l'un d'eux se contenta du titre et de la fonction de châtelain de Bex pour LL. EE.

La première occupation de Bex par les Bernois eut lieu en 1464. Sous prétexte de s'emparer d'un de leurs ennemis, Bodolphe Asperlin, ils pillèrent un grand nombre de maisons du bourg, emportèrent un butin évalué à 20 000 fi., et le chanoine Asperlin, fils de Bodolphe. Douze ans plus tard, le 15 février 1476, au moment des guerres de Bourgogne, les gens de Bex se soumirent volontairement à une armée bernoise. Le traité de Lausanne plaça définitivement le mandement d'Aigle sous le nouveau régime.

Le conseil de la commune est mentionné dès le XIVe s. La commune se divisait en douze dizains, les uns à la plaine, les autres à la montagne. L'usage voulait que le syndic fût toujours pris à la plaine, et en 1767 une ordonnance bernoise lui donna force de loi. L'hôtel de ville a été bâti en 1746. Au moment de la Bévolution vaudoise, en 1798, Bex travaillé par le résident français à Saint-Maurice, Mangourit, fut l'un des premiers à accepter, le 26 janvier, le nouveau régime. Le 8 mars suivant, Mangourit y fit des funérailles solennelles au colonel Forneret, blessé dans un combat contre les Bernois à la Croix d'Arpille. Le corps fut inhumé au pied de l'arbre de la liberté, à la place du marché.

L'église Saint-Clément de Bex est mentionnée dès 1 193. L'édifice fut reconstruit ou transformé au XVe s. et complètement réédifié en 1813 ; de l'ancien état de choses il ne subsiste que la tour, déjà soumise à un travail de réfection en 1388. L'église dépendait de l'évêque de Sion ; son revenu fut, en 1392, réuni à la mense du chapitre de Sion. Le 2 mars 1528, les communiers de Bex acceptèrent la réforme. Le maître-autel de l'église fut vendu à la paroisse de Trois-Torrents (Valais) ; les vases et ornements sacrés à un marchand de Genève, dont on a le reçu détaillé. Bex est aujourd'hui chef-lieu d'un cercle du district d'Aigle. Le voisinage des salines a donné quelque prospérité à son industrie hôtelière. Deux journaux y paraissent ; on y voit un intéressant musée d'histoire naturelle et d'antiquités. Bex est la patrie du botaniste Abraham Thomas (1740-1824 ; de l'ingénieur Gamaliel de Boveréa (f 1769) qui exploita les salines ; de Ferdinand de Boveréa (1763-1839) ; du conseiller d'État Fayod (f 1824) ; du colonel Veillon, du peintre Auguste Veillon (f 1889) ; du conseiller d'État Oyex- Ponnaz (f 1919). Begistres de naissances dès 1566, de mariages dès 1594 et de décès dès 1702.

Salines. Les salines de Bex sont mentionnées déjà au XVIe s. ; elles sont disséminées sur plusieurs points des communes d'Ollon et de Bex. En 1554, Berne en concéda l'exploitation au gouverneur d'Aigle, Nicolas de Graffenried. Cette exploitation fut à plusieurs reprises abandonnée, puis rétablie. Aujourd'hui l'on n'exploite plus que les mines du Fondement et du Bouillet dans la vallée de la Gryonne. L'exploitation fut reprise par l'État de Berne en 1684, et un directeur des sels institué en 1731. Le gouvernement vaudois conserva le monopole du sel. En 1867, le monopole fut remis à une société particulière, qui livre à l'État une quantité déterminée de sel ; les bénéfices sont partagés par tiers entre l'État de Vaud, la Société des salines et la collectivité des ouvriers. — Voir DHV. [M. R.]

BEX (SEIGNEURS DE). Les premiers seigneurs de «ex connus sont, vers 1140 Guillaume et Garnier. Viennent ensuite Hugues, 1170-1174, Giroud, 1170- 1179, Garnier II, 1179, Louis, chevalier 1189-1190, Guillaume II, chevalier 1227-1241, Garnier III, 1245- 1250, les frères Sinfroy 1227-1249, Henri et Pierre, enfin Seguin 1252. A cette époque la famille de Bex est divisée en plusieurs branches. L'une porte le nom

de la Porte et la seigneurie est divisée. A la fin du XIIe s. Clémence, fille de Giroud, en apporte à son époux, Pierre de la Tour de Chàtillon, un tiers qui passa plus tard à François de Greysier. Au milieu du XIVe s. le célèbre jurisconsulte Nicolas de Billens en acquit une part, qu'il céda à Aymon de Blonay. De 1282 à 1293, le comte de Savoie acquit la part de la branche des nobles de la Porte; il en investit en 1352 Guichard Tavelli, évêque de Sion, et sa famille. En 1386, Jean de Blonay ajouta à sa part de la seigneurie celle de son cousin Bertholet de Greysier. Il la céda en 1404 à son petit-fils Antoine de Duin, et c'est ainsi que la tour de Chiètres prit le nom de Duin, On a vu plus haut qu'au XVIes., toutes ses fractions de la seigneurie étaient échues aux Boveréa. [M. R.l

BEX-GRYOIM-VILLARS (C. Vaud, D. Aigle).

Chemin de fer à voie étroite et à traction électrique construit en 1898-1900 jusqu'à Gryon et prolongé en 1906 jusqu'à Villars et Chésières, d'une longueur totale de 13 842 m. [M. R.]

BEX-VIEUX. Voir Bévieux, le.

BEYEL (Bygel). Famille bourgeoise de Zurich et, dès 1825, aussi de Saint-Gall. Armoiries : coupé de gueules et de sable à un guerrier brochant au naturel sur une terrasse de sinople, et tenant au bras droit replié une hache d'or. L'ancêtre est — 1. Werner, * vers 1500 ; il étudia le droit à Bâle, devint bourgeois de cette ville en 1529 et fut appelé à Zurich comme secrétaire de ville ; à diverses reprises on le délégua à la Diète ; t 1545. Il recueillit des documents concernant les sources du droit de la ville et de la campagne, et il est l'auteur d'écrits autobiographiques et historiques. — Voir AS I, IV, 16. — Archiv fur Schweiz. Réf. Gesch. III. — Hoppeler: SSR lre part. I. — Nbl. des Waisenhauses Zurich 1894, p. 19. — 2. Johann-Budolf, pasteur à Hausen 1565, à Cappel 1570-1572, à Witikon 1574-1582 ; il mit en vers latins la liste des bourgmestres de Zurich et de même les origines de la Confédération. Il laissa un extrait de la chronique de la ville de Zurich et d'autres écrits en

manuscrit. — 3. Daniel, graveur,

27 septembre

1760 ; il publia des gravures concernant l'histoire de Zurich ; f 4 juillet 1823. — Voir SKL. — 4. Christian, 1807-1858, imprimeur et libraire, propriétaire et rédacteur de la Thurgauer Zeitung ; il publia des ouvrages sur le commerce, l'industrie et le trafic en Suisse. — Voir Pupikofer : Der Kt. Thurgau. — - Meyer von Knonau : Der Kt. Zurich. — 5. Christian, ingénieur, * 22 nov. 1854, privat-docent en mathématiques à Zurich, auteur de nombreux travaux. — Voir DSC. [C. B.]

BEYELER. — 1. Christian, 1774-1824. Un deshabitants les plus originaux de Guggisberg, surnommé Aluhlebeyeler à cause de la profession de meunier qu'il exerça en premier lieu et qu'il fut obligé d'abandonner à la suite d'un accident ; il devint menuisier, polisseur de glaces et constructeur d'orgues. Outre cela c'était un génie musical et mathématique. Il arriva à jouer de l'orgue de telle sorte qu'il put se faire entendre sur celles de Fribourg ; ses connaissances en mathématiques et en astronomie le rendaient capable de calculer les éclipses de soleil et de lune et le passage des planètes. — Jenzer : Heimatkunde des Amtes Schwarzenburg, p. 144-148. — 2. Albin, ingénieur à Berne, * 1853, construisit les lignes Berne-Belp-Thoune, Berne-Neuchàtel et Berne-Schwarzenbourg. [A. F.]

BEYER, Hans-Walter, peintre, * 31 mai 1878, étudia à Vienne 1899-1903, séjourna à Berne, Munich et Paris, et s'établit à Fetan. Dès 1900, il participa aux expositions suisses et étrangères. — Voir SKL. [R. W.]

BEYER, de. — 1. Justin, médailleur etgraveur d'armoiries, * 1671 à Bâle, f 1738 à Bâle. Il est l'auteur de la grande médaille commémorative delà victoire de Villmergen 1712, et d'un grand sceau de la ville de Berne en 1716. — Voir SKL, Supplément, p. 33. — ALBK. — 2. Anna-Magdalena, graveur en taille-douce, * 1677, t 1741 à Bâle. Elle épousa le sculpteur Lucas Feyerabend, qui fut l'ancêtre de la famille des peintres de

BEYLON

BIANCHETT1

ce nom. Elle a gravé entre autres 18 planches de costumes bâlois d'après les dessins de Barbara Meyer, alliée Wentz. — Voir SKL. [C. Ro.]

BEYLON. Famille du Dauphiné réfugiée à Lausanne. Voir Baylon.

BEYRING, . FRIEDRICH-ERNST, 1838-1900, originaire de Westphalie, vint en Suisse en 1866 et fut successivement professeur à l'École cantonale de Coire, pasteur à Netstal 1870, à Trogen 1875, à Saint-Gall 1891. La commune de Trogen lui conféra le droit de bourgeoisie. — AJ 3e série, cah. 13. [Bt.l

BÈZE, Théodore de. * 24 juin 1519 à Vézelay (Bourgogne), f à Genève 13 octobre 1605. Il fut élevé à Paris, puis étudia le droit à Bourges et à Orléans. A Bourges, il subit profondément l'influence rie l'humaniste Melchior Wolmar. A vingt-neuf ans, il se convertit et se rendit à Genève. Grâce à Calvin et à Viret, il obtint la chaire de littérature grecque de l'Académie de Lausanne. Il y resta neuf ans, et c'est là qu'il composa ses. œuvres capitales : sa tragédie Abraham sacrifiant, 1550 ; sa traduction latine du Nouveau Testament. 155&, et sa Confession de la foi chrétienne, 1559. Cette dernière, eut un énorme succès. De la même époque datent plusieurs œuvres de polémique : une violente

réponse aux adversaires de la prédestination, 1558 : une apologie de Calvin et des magistrats genevois, à l'occasion du supplice de Servet, 1554, etc. De Lausanne, Bèze fit plusieurs voyages auprès des cantons évangéliques et en Allemagne, pour plaider la cause des Vaudois du Piémont et des iJvangéliques de France. En 1558, Bèze quitta Lausanne, et peu après Calvin le faisait nommer recteur de la nouvelle université de Genève et professeur de grec. Dans la suite, Bèze suppléa Calvin dans la chaire de théologie et ne tarda pas à le remplacer. Bèze fut appelé en France par Condé, auprès du roi de Navarre (1560), puis il alla l'année suivante à Poissy exposer'devant la cour les principes de la foi réformée. Le célèbre colloque aboutit à la proclamation de l'édit de Janvier (1562). Après le massacre de Vassy, il devint l'aumônier de Condé et l'avocat de la cause des protestants de France. Après une absence de 22 mois, il rentra à Genève pour assister à la dernière maladie et à la mort de Calvin. Il publia une notice biographique touchante sur son ami : Discours... contenant l'histoire de la vie et mort de Me J. Calvin, 1565. Bèze succéda à Calvin dans la présidence de la compagnie des Ministres et professeurs, mais en 1580, sur sa demande, il en fut déchargé. Il n'en demeura pas moins l'âme de l'Église et de l'École, et resta chargé des relations avec les chefs du protestantisme international.

Moins intransigeant que la plupart de ses collègues vis-à-vis du gouvernement, il a constamment cherché à maintenir l'accord entre ce dernier et la compagnie. Il est le créateur de l'École de Droit à l'Académie. Il n'a cessé d'être en relations intimes avec les protestants de France, a présidé comme modérateur le synode de la Bochelle (avril 1571) et a pris une part

Théodore de Bèze.

D'après une gravure sur cuivre de

P. Aubry, 1659. (Collection Maillartt.

Voir d'autres portraits de Bèze, Tome I,

pages 55 et 288a.

importante à celui de Nîmes (mai 1572). Après le massacre de la Saint-Barthélémy (août 1572), il a accueilli à Genève les protestants fugitifs et a prote énergiquement contre la tyrannie religieuse (De jure magistratuum) .

Bèze eut à soutenir d'âpres polémiques relativement à la discipline ecclésiastique et au sujet des traductions de la bible par Castellion (en latin et en français) Il s'éleva aussi contre les théologiens luthériens qui affirmaient la doctrine de l'ubiquité du corps du Christ. Il assista au colloque de Montbéliard (mars 1586) et à celui de Berne (1588). Publications : outre ses œuvres de l'époque lausannoise, il faut mentionner : les Poemata (1548, 1599) ; les Icônes, 1580 ; l'Histoire ecclésiastique des églises réformées au royaume de France, 1580 ; Epistolœ theologicœ ; Tractationes theologicse. Outre sa traduction latine du Nouveau Testament, il a publié une édition nouvelle du texte grec du Nouveau Testament, 1565. — Bibliographie : J. W. Baum : T. Beza. — Heppe dans Leben und ausgewdhlte Schriften der Vàter der réf. Kirche, VI. — - France protestante. — H. M. Baird : Th. Beza. — A. Bernus : Th. de B. à Lausanne. — E. Choisy : L'Étal chrétien calviniste à Genève au temps de Théodore de Bèze. lEug. Choisy.]

BEZENCENET. Voir Besancenet.

BÉZUC, Philippe de Brueys de, * à Saint-Jean près d'Uzès (Languedoc) en 1682, se rendit à 16 ans à Berlin et devint colonel. En 1737, il fut appelé à succéder à Paul de Froment comme gouverneur de Neuchâtel. f dans cette ville le 1er janvier 1741. — Voir MN 1890, p. 128. — France protestante. [L. M.]

BEZZOLA. Originairement Betschla (cône de pin cimbre), famille établie à Zernez (Basse-Engadine) et mentionnée depuis le XVP's. Elle s'est aussi répandue en Italie depuis le XVIIe s., où le nom fut italianisé en Bezzola. Armoiries : une branche avec trois cônes de pin cimbre. — 1. Andi'oa, de Zernez, * 19 avril 1840 à Zernez, fils du landammann Dom. Bezzola, étudia le droit à Jéna, Berlin, Heidelberg et Zurich. En 1864, il ouvrit une étude d'avocat à Zernez, mais se voua bientôt à la politique. En 1865, il fut élu landammann, député au Grand Conseil et rédigea de 1871 à 1872 la Posta d'Engiadina. Conseiller d'État 1873. député au Conseil des États 1880, au Conseil national 1882-1893, juge fédéral 1893. En 1893, il fut envoyé comme commissaire fédéral au Tessin après les troubles politiques. En 1891 le poste de ministre de Suisse à Borne lui fut offert ; il le refusa cependant pour des raisons de famille. t à Zurich 10 janvier 1897. Bezzola fut aussi un des poètes romanches les plus féconds ; ses chants, qui sont devenus populaires, ont paru dans Annalas XXIII et dans Musa Ladina. Il est l'auteur du chant national de l'Engadine : Ma bella Val mi'Engiadina. — Voir Annalas délia Società reto-romantscha. — Hans Weber, dans BJN 2. — Bûndner Monatsblatt 1897. — 2. Domenic, Dr jur., fils du précédent, * 5 décembre 1869 à Zernez, étudia le droit à Lausanne, Leipzig, Berlin, Zurich et Borne. Il fut tout d'abord avocat à Zernez et à Saint- Moritz et revêtit diverses charges publiques : président de la circonscription, juge au tribunal de district, avocat du canton des Grisons de 1905 à 1920 et depuis 1920 conseiller d'État. [C. Camenisch.j

BI/ESCHE (C. Glaris, Corn. Mollis. Y.DGS), (probablement une corruption du mot français péage). Ferme et pont au-dessous de l'embouchure du canal de la Linth, à sa sortie du lac de Wallenstadt. Avant la correction de la Linth, Biàsche servait de port aux barques faisant le trajet du lac de Wallenstadt jusqu'à Zurich. On y a fait des trouvailles préhistoriques et romaines : des silex, des fers de lance et des haches de l'âge du fer, des monnaies romaines, des armes et des bijoux. — Voir Heer : Gesch. des Landes Glarus, I, p. 3 et II, p. 224. — Heer : Armenwesen des Kts. Glarus. — Heierli : Archàolog. Fundeim Kt. Glarus, dans JHVG 28, p. 9 et 13. [Nz.]

BIAIMCHETTI. Famille de Locarno. En 1473, un Zanellus était membre de la Commission chargée de rédiger les nouveaux statuts de la commune de Pedemonte. — 1. Giovanni, * 26 décembre 1775, officier au service de la France. 1805 lieutenant au 2e bataillon

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