BIBLIOTHEQUE UNIVERSELLE
1560, sous prétexte d'une prétendue baisse de ses facultés intellectuelles. Il avait élé reçu bourgeois de Zurich en 1546, et mourut de la peste le 20 septembre L564. Bibliander traduisit et interpréta l'Ancien et le Nouveau 'l'est ament ; parmi ses nombreux ouvrages, il faut citer l'édition du Coran, que le Conseil de Bâle voulut interdire en 1342. — Voir Egli : Bibiianders Leben und Schriften dans Analecta Reformât or la II. — Zw. 111, p. 349. [C. B.]
BIBLIOGRAPHIE. Chaque article du DHBS donnant les renseignements bibliographiques relatifs à la matière spéciale qu'il concerne, on se bornera ici à fournir un aperçu de la bibliographie historique générale et de la bibliographie nationale.
Le besoin d'un inventaire des sources imprimées el manuscrites de notre histoire se fit sentir de bonne heure. Déjà au XVII0 s., Joh.-Heinr. Hottinger s'essaya à en dresser la liste sommaire dans son Methodus ïegendi historias helveticas, 1654. Joh.-Jak. Scheuchzer, le célèbre naturaliste, entreprit au siècle suivant une œuvre beaucoup plus vaste : sa Bibliolheca helvetica, dont les lettres A et B furent seules publiées, en 1733, comprend tous les Suisses qui ont écrit sur un sujet quelconque. D'autres travaux, antérieurs ou postérieurs, restèrent à l'état manuscrit, comme la Bibliotheca Helvetiorum chronologica de J.-B. Ott (commencée en 1705) et la Bibliotheca scriptorum historiée Helveticee universalis composée (à partir de 1728) par un groupe de jeunes gens sous la direction de Bodmer et de Breitinger. Ce n'est que dans la seconde moitié du XVIIIe s. que vit le jour la première bibliographie à peu près complète des ouvrages relatifs à la Suisse sous le titre de Bibliothek der Schweizer Geschichte, 6 volumes, 1785- 1787. L'auteur, Gottlieb-Emanuel de Haller, avait déjà donné de 1759 à 1770 un premier essai en quatre parties intitulé Kritisches Verzeichnis aller Schriften, welche die Schweiz betreffen. La Bibliothek comprend les titres méthodiquement classés de plus de 11 000 ouvrages, tant imprimés qu'inédits. Les notices sont accompagnées de résumés et. d'appréciations critiques qui contribuent à faire de cette publication un instrument de travail actuellement encore des plus précieux. Les trois derniers volumes, ainsi que le volume de tables (paru en 1788) ont été publiés par les soins du pasteur J.-J. Stapfer, après la mort de l'auteur.
Divers historiens (G. Meyer von Knonau, entre autres) entreprirent de donner une suite à l'œuvre de Haller, mais s'arrêtèrent bientôt en chemin. Il faut aller jusqu'en 1851 pour trouver son véritable continuateur, sinon son égal, en la personne de Louis de Sinner qui fit paraître à cette date, sous le titre de Bibliographie der Schweizer geschichte une bibliographie critique comprenant tous les ouvrages publiés depuis 1786 ; mais seulement dans le domaine de l'histoire proprement dite.
Cependant le nombre des travaux consacrés à notre pays était devenu si considérable que le besoin d'un répertoire général et méthodique provoqua vers la fin du siècle une entreprise de grande envergure : la Bibliographie nationale. L'initiative partit cette fois des milieux géographiques qui imprimèrent à l'ouvrage son caractère spécial. La publication embrasse (à l'exclusion de certains domaines) l'ensemble des ouvrages relatifs à la Suisse et à ses habitants, tant livres qu'articles de revues, toutefois sans aperçu du contenu, ni appréciation. Subventionnée par la Confédération et les cantons, elle a commencé à paraître en 1894 par les soins de la Commission centrale constituée en 1890 ; les 83 fascicules publiés jusqu'en décembre 1921 comprennent environ 300 000 titres. La valeur des diverses parties est très inégale tant au point de vue du choix des matériaux et de la méthode que de la sûreté des renseignements. En dépit de ces défauts, presque inévitables dans une œuvre collective en majeure partie non rétribuée, elle demeure un guide indispensable même pour ses critiques les moins indulgents. Les historiens consulteront notamment les fascicules relatifs à la préhistoire, à l'histoire cantonale et locale, à l'histoire de l'église, au folklore, aux beaux-arts, à l'héraldique, etc. Mais son programme exclut l'histoire politique proprement dite et les biographies. Cette lacune est comblée
par deux excellentes publications dr la Société générale d'histoire suisse : premièrement le Reperlorium ûber die in Zeil- und Sarnmelschriflen enthaltenen Aufsdtze und Mitleilungen schweizergeschichtlichen Inhalts, répertoire des articles d'histoire suisse parus dans des périodiques et des recueils, rédigé par J.-L. Brandstetter pour la période de 1812 à 1890 (1892) et par Mans Barth pour les années 1891 à 1900 (1909). Secondement la Bibliographie der Schweizer geschichte (CSG, NE IV, 1-3, 1914-1915) par le même Barth. Établie sur la base des catalogues imprimés des bibliothèques suisses (en première ligne de la Bibliothèque nationale et de la Bibliothèque de la ville de Zurich), elle présente dans un ordre méthodique les titres d'environ 30 000 livres et brochures d'histoire suisse parus jusqu'en 1912.
Pour se tenir au courant des nouvelles publications on consultera : 1° le Bulletin bibliographique mensuel de la Bibliothèque nationale, paraissant depuis 1901 ; depuis 1916 sous le titre Le livre en Suisse. (Il a eu pour précurseur la Bibliographie de la Suisse, publiée d'abord à Zurich, puis à Bâle par Georg, de 1871 à 1901); 2° la Liste des écrits académiques suisses, publiée par les soins de la Bibliothèque de l'Université de Bâle dès 1897- 1898; 3° la Revue d'histoire suisse (suite de l'Indicateur d'histoire suisse, 1855-1920), qui contient une revue critique des publications nouvelles ; 4° les Jahresberichte der Geschichtswissenschaft (chapitre Schweiz), revue publiée par la Société historique de Berlin.
A qui veut s'orienter dans le domaine des revues et périodiques signalons : 1° Brandstetter : Bibliographie des revues, gazettes et almanaclis suisses (BSL, fasc. 16); 2° le Catalogue des périodiques reçus par les bibliothèques suisses 1911, édité par l'Association des bibliothécaires suisses; 3° le Catalogue des périodiques suisses, 1917, avec Suppléments annuels, publié par la Bibliothèque nationale.
Pour plus amples renseignements, voir G. de Wyss : Gesch. der Historiographie in der Schweiz. — ■ J.-H. Graf : Bibliogr. nationale, fasc. 1 ; Travaux bibliogr. préliminaires, catalogues de bibliothèques. — Zur Frage der Herstellung einer Bibliogr. der schweizer. Landeskunde (extr. du Jahresb. der geogr. Ges. von Bern 1888- 1889). — L. Guillaume : La Bibliographie nationale suisse, son organisation (extr. du Compte rendu du Vv congrès intern. des sciences géographiques, 1891). — • Ruckblick auf die Tdtigkeit der Zcntralkommission f. schweiz. Landeskunde 1890-1014. — A. Guilland : Les études historiques en Suisse. — W.-J. Meyer : Bibliographien zur Schiveizer geschichte dans AS G 1914. — Eueter : Histoire de V historiographie moderne. [M. Godet.]
BIBLIOTHÈQUE BRITANNIQUE. Voir BIBLIO- THÈQUE Universelle.
BIBLIOTHÈQUE UNIVERSELLE. La Bibliothèque Universelle a été fondé en 1795, sous le nom de Bibliothèque Britannique, par Marc-Auguste Pictet, Charles Pictet de Bochemont, son frère, et Fréd. -Guillaume Maurice. Le premier fascicule de la revue parut au mois de janvier 1796 ; le but des promoteurs était de lutter contre les idées révolutionnaires françaises en répandant sur le continent les idées libérales de l'Angleterre. La Bibliothèque Britannique traitait de tout, sauf de politique active ; elle put, de cette façon, traverser sans encombre la période impériale, quoique Napoléon la tint en juste suspicion. En 1815, premier changement de titre. La revue devient la Bibliothèque Universelle de sciences, belle s -lettre s et arts, puis en 1836, la Bibliothèque Universelle de Genève, sous la direction du grand physicien Auguste de la Bive. Elle se dédoubla en 1845 De la Bibliothèque Universelle se détachèrent les Archives des sciences physiques et naturelles qui paraissent encore aujourd'hui. William de la Bive, Joël Cherbuliez, Gustave Révilliod, dirigèrent successivement la Bibliothèque Universelle, jusqu'en 1866, date à laquelle elle passa entre les mains d'Edouard Tallichet qui en fut le directeur jusqu'en 1909; depuis cette date, elle appartient à une société anonyme, et parut sous la direction de M. Edmond Rossier jusqu'en 1915. Depuis elle est rédigée par M Maurice Millioud. En 1861, la Bibliothèque Universelle avait fusionné avec la Revue Suisse, éditée pendant 24 ans
BIBLIOTHÈQUES
BIBLIOTHÈQUES
à Lausanne, puis à Neuchàtel, par les soius de Juste Olivier et de Charles Secrétan. [M. Millioud.]
BIBLIOTHÈQUES. On peut distinguer dans l'histoire des bibliothèques suisses quatre périodes correspondant à quatre phases de la civilisation : 1° moyen âge jusque vers 1500 ; 2° réformation et contre-réformation aux XVIe et XVIIe s. ; 3° époque du « progrès des lumières »
(XVIIIe s.) ; 4° époque moderne.
1. Moyen âge. Il ne nous est parvenu aucune mention des bibliothèques qui ont vraisemblablement existé en Helvétie (à Avenches en particulier) à l'époque romaine, et l'histoire des bibliothèques suisses commence avec celle des couvents, seuls refuges des sciences, des arts et des lettres durant des siècles.
Les premières et les plus importantes furent l'œuvre des bénédictins :
d'abord celle, illustre entre toutes, de Saint-Gall, dont l'existence est attestée dès le en 830 pour que salle spéciale dans
laïques, se pratiquait aussi. La bibliothèque de Saint- Gall était utilisée au IXe s. par la cour impériale. Einsiedeln était du XIe au XIVe s. en actives relations d'échanges avec Disentis, Engelberg, Fischingen, Pfàfers, Reichenau, Salem, etc. Des statuts du chapitre de Zurich du XIVe s. nous apprennent que le
La Commission de la Bibliothèque D'après un tabl
VIIIe s. et déjà assez considérable l'abbé Gozbert lui réservât une le monastère ; celle de Disentis (brûlée en 1799), de Pfâfers (fondée entre 727 et 734), et d'Einsiedeln (vers le milieu du Xe s.). Celle du Fraumunster de Zurich remontait aussi aux carolingiens ; celle des chanoines de Beromunster à la fin du Xe s.; des bénédictins de Mûri au milieu du XIe s., de Schaffhouse entre 1083 et 1096, d'Engelberg au milieu du XIIe s.; des cisterciens de Wettingen au milieu du XIIIe s., des minorités de Kônigsfelden au XIVe s., de la chartreuse de Bâle au XVe s. Nous devons admettre que les couvents de la Suisse romande et italienne (Saint-Maurice, Romainmôtiers, Saint-Ursanne, etc.) avaient aussi réuni un certain nombre de livres à leur usage. Des recherches ont établi la composition de la bibliothèque d'Hauterive aux XIIe et XIIIe s. La bibliothèque des cordeliers encore existante à Fribourg date du XIIIe s., celle de l'hospice du Grand-Saint- Bernard de 1438, celle des bénédictins de Santa-Maria à Claro de 1493.
Ces collections de manuscrits se constituaient par les dons d'amis et de protecteurs, et souvent par les copies exécutées dans le couvent même, comme à Saint-Gall, ou à Engelberg (notamment sous l'abbé Frowin au XIIe s.) et par des échanges avec d'autres ateliers de copistes et d'enlumineurs. L'histoire des bibliothèques à cette époque se confond presque avec celle de l'écriture et de la miniature. Des inventaires ou catalogues étaient dressés parfois à l'occasion de l'entrée en fonction d'un nouvel abbé, custode ou bibliothécaire, pour établir les biens du couvent ou y remettre de l'ordre. Saint-Gall en a conservé, entre autres, un magnifique du IXe s. énumérant 400 ouvrages, Bâle plusieurs de la Chartreuse (XVe s.), A côté des ouvrages théologiques et liturgiques se trouvaient généralement des classiques grecs et latins et d'autres ouvrages profanes. L'usage d'enchaîner les livres aux murs, pupitres ou lutrins, était assez répandu, si l'on en juge par le nombre de libri catenati qui nous sont parvenus. Mais des registres de prêt et d'autres documents attestent que le prêt, et même le prêt au dehors, à des ecclésiastiques et à des
de Berne en 1694 (dans le bâtiment de l'ancienne université). eau à l'huile peint par Joh.-Jakob Diïnz.
librarius était assermenté, que ses devoirs et les conditions du prêt étaient exactement réglés et qu'il y avait une révision annuelle.
A côté des bibliothèques monastiques et capitulaires existaient de considérables collections privées, telle celle d'un chanoine de la fin du XIIIe s. dont les Archives cantonales vaudoises à Lausanne possèdent le catalogue ou celle du chanoine Félix Hemmerli, de Zurich, qui comptait plus de 250 volumes (lre moitié du XVes.). Et déjà plus d'un château possédait sa « librairie » ou son « cabinet de livres », ainsi celui de Neuchàtel, dont un inventaire, de la fin du XVe s., énumère plus de 40 vol. en papier ou en parchemin, historiés ou « illuminés » ou « armoyés aux armes de monseigneur. »
La plupart des collections de cette période ont été détruites, dispersées, ou sécularisées et incorporées dans des bibliothèques publiques dont elles forment aujourd'hui encore le fonds le plus précieux. Les plus importantes qui subsistent sont celles du couvent de Saint-Gall (actuellement env. 60 000 vol.), d'Engelberg (32 000 vol.) et d'Einsiedeln (70 000 vol.). La seule des bibliothèques actuelles non monastiques qui remonte au XVe s. est celle de l'Université de Bâle (fondée en 1460). Doyenne de nos grandes bibliothèques publiques, elle compte environ 575 000 imprimés et demeure la plus riche en imprimés antérieurs à 1500 (environ 2800 incunables).
2. XVIe et XVIIe siècles La multiplication du livre par le moyen de l'imprimerie, le mouvement de la renaissance, les luttes religieuses de la réformation et de la contre-réformation déterminèrent la formation de nouvelles collections de livres, en partie très différentes de celles de la période précédente par leur origine, leur composition et leur destination. Ce sont, d'une part (sans parler des grandes collections privées : Amerbach, etc.), les premières bibliothèques urbaines, collections de caractère laïque et scientifique, propriété des bourgeois ou de sociétés privées ; d'autre part, des bibliothèques de corporations ecclésiastiques, soit réformées, soit catholiques, où prédomine l'élément théologique. Dans la première catégorie rentrent celles de Berne (après 1528), de Saint-Gall (legs de Vadian 1551), de
BIBLIOTHÈQUES
NIBUOTHKOI ES
Genève (bibliothèque du collège, plus tard bibliothèque publique, 1559), de Zurich (bibliothèque de la ville, créée en 1629 par une société et réunie actuellement à la hibliol lit'quc ciinl oiiiilc sons le nom de bibliothèque centrale), de Schaffhouse (1636), de Winterthour (1660), de Zofingue (1693). A la seconde catégorie appartiennent, du côté réformé, la bibliothèque de l'église réfor-
Salle de la Bibliothèque de la Ville de Zurich dans la W D'après une gravure coloriée dans Nbl. der Stadtli
niée de Bàle (1529) réunie depuis à celle de l'Université, celle de l'Académie de Lausanne, 1537 (noyau de la bibliothèque cantonale actuelle), la bibliothèque des étudiants de la même ville (1540), la bibliothèque des pasteurs encore existante à Neuchâtel (1538), celle de la compagnie des pasteurs à Genève (15..). Du côté catholique : les bibliothèques des collèges des jésuites de Lucerne (1577) et de Fribourg (1580-1581), lesquelles formèrent plus tard le fonds des bibliothèques cantonales de ces deux villes ; celles du collège (aujourd'hui école cantonale) à Porrentruy (1592) et du collège (aujourd'hui bibliothèque des étudiants et des professeurs) à Soleure (1687), et pas moins de 25 bibliothèques créées dans l'espace d'un siècle et demi environ par les
capucins, les principaux ouvriers de la contre-rélbrmation à côté des jésuites : Sala Bigorio (1535), Locarno Orselina (1550), Lugano (1565), Stans (1585), Lucerne, Soleure e1 Appenzell (1588), Zoug (1595), Rapperswil (1604), Sursee (1606), Faido (1607), Fribourg (1009) (actuellement 20 000 vol.), Saint-Maurice (1612), Olten (1040). Sarnen (1648), Sion (1632), Meïs (1651), Wil
(1053), Sclmpflieini et A ri h (1655), Huile (1000). Nâfels (1677), Dornach (1672), Schwyz (1587), Landeron (1090). Dans cette période on peut faire rentrer encore la bibliothèque du clergé du diocèse de Fribourg (1706) comptant actuellement 40 000 vol.
3. A' VIIIe siècle. Après une période de stagnation, une reprise sensible se manifeste vers 1750 sous l'influence du mouvement philosophique et scientifique : il se fonde des bibliothèques ecclésiastiques, comme celle des pasteurs à Berne (1750), de l'institut Frey - Grynàum (1759) à Bâle, de l'académie de théologie à Genève (1780), des ministres à Schaffhouse la même année. Mais à côté d'elles se multiplient les collections laïques, les unes de caractère général, comme la « Landesbibliothek »
de Glaris (1758), celles des villes d'Yverdon (1761), de Soleure (1704), de Bienne (1705), de Morges (1767), de Berthoud (1777), de Thoune (1785), de Neuchâtel (1788-1794); les autres d'ordre spécial, comme celles de la société des sciences naturelles de Zurich (1740), de la société économique de Berne (176.), de l'institut botanique à Bâle (1777), de la société médico-chirurgicale de Zurich (vers 1780), de la société des beaux-arts de la même ville (1790). Le désir de rendre leurs ressources plus accessibles détermine la bibliothèque de la ville de Zurich à publier en 1744 le catalogue de ses livres; la bibliothèque de Berne (Sinner de Ballaigues) . celui de ses manuscrits et de ses imprimés, 1760-1769; la bibliothèque de Genève (Sénebier) celui de ses manuscrits, 1779.
Le besoin de culture s'est si bien généralisé que l'on voit se créer des « cabinets littéraires » payants, comme celui du libraire Emmanuel Haller, à Berne, dont le catalogue de livres « en louage » de 1777 n'énumère pas moins de 5800 ouvrages français. Il se fonde dans les villes et même les villages des cercles de lecture destinés à tenir leurs membres au courant de l'actualité littéraire et politique, et déjà quelques bibliothèques de caractère franchement populaire; notamment les sociétés de lecture de Bàle (1787), Wadenswil (1789), Berne (1791), Richterswil (1793), Altstâtten (1796), les sociétés Musis et amicis (1795) et Stahl (1797) à Schaffhouse, la bibliothèque populaire et de la jeunesse à Weinfelden (1792). A noter que le village de Préve-
asserkirche à Zurich en 1719.
ibliolhek Zurich, 18iG.
BIBLIOTHEQUES
BIBLIOTHEQUES
renges (Vaud), devançant les temps, possédait dès 1701 une bibliothèque populaire, la première en date de cette catégorie.
Certaines collections particulières ont fourni dans la suite le premier fonds d'importantes bibliothèques publiques (Zur Lauben, Balthasar, etc.)- Quelques-unes, constituées en biens de famille ou fidéi-commis, se sont conservées jusqu'à nos jours. La plus considérable est celle des Mulinen, à Berne, fondée par le banneret Fr de Mulinen, 1706-1769 (7000 volumes); la plus antique, probablement celle des Zur Gilgen qui occupe encore à
naux d'enseignement secondaire et supérieur, mais aussi à un public plus étendu : à Aarau (1803, acquisition de la collection Zur Lauben), à Frauenfeld (1807), à Coire (1816), à Lucerne (1832 acquisition de la collection d'Anton Balthasar), à Liestal (1833), à Zurich (1835), à Fribourg (1848), à Sion (1850), à Lugano (1852), à Schwyz (bibliothèque du gouvernement 1865). à Zoug (bibliothèque du gouvernement 187.), à Soleure (1882), à Sarnen (1892), à Trogen (1895). Les collections des couvents supprimés leur furent successivement incorporées.
Bibliothèque du Couvent de Saint-Gall construite de 1758 à 1767 par les architectes Peter Thuni, père et fils, de Constance.
Lucerne la tour de la maison où vécut son fondateur Louis Zur Gilgen, seigneur d'Hilfikom t 1577.
4. Epoque moderne. Un des premiers soins du gouvernement de la République helvétique en 1798 fut de prendre des mesures pour sauvegarder les trésors littéraires du pays, de déclarer les bibliothèques affaire d'État et de séquestrer celles des couvents. Le rapport du ministre Ph.-A. Stapfer, du 26 août 1800 (Archives fédérales. Helvétique, vol. 579), énumère et décrit une centaine de bibliothèques publiques. Il propose la création de bibliothèques départementales et d'une bibliothèque nationale qui devaient être constituées en première ligne par des prélèvements sur les collections existantes. Il envisage l'établissement d'un catalogue alphabétique général des bibliothèques suisses. L'obligation du dépôt légal fut décrétée, une «Bibliothèque des conseils législatifs » créée, un inspecteur général des bibliothèques nommé en la personne d'Anton Balthasar.
La chute du régime unitaire coupa bientôt court à ces projets. Mais l'intérêt des pouvoirs publics pour les bibliothèques ne devait plus se démentir. Le trait dominant de cette période est la création par les États d'une série de collections scientifiques, plus ou moins importantes, les bibliothèques dites cantonales, la plupart destinées en première ligne aux établissements canto-
Le gouvernement fédéral créait de son côté : dès 1849 la Bibliothèque centrale fédérale (collection avant tout administrative, 60 000 vol.), en 1855 celle du Polytechnicum.
Enfin, reprenant sous une autre forme l'idée de Stapfer, les Chambres fédérales décrétaient le 28 juin 1894 la création d'une Bibliothèque nationale. Celle-ci toutefois ne devait point être une bibliothèque générale, universelle, mais se borner à recueillir les Helvetica parus depuis 1848. Par Helvetica, il fallait entendre «les publications et les œuvres littéraires concernant la Suisse et les œuvres importantes d'auteurs nationaux ». Par suite de considérations plus politiques que scientifiques, la Bibliothèque bourgeoise de Lucerne créée en 1812 (acquisition de la collection Félix Balthasar) fut chargée de recueillir les Helvetica plus anciens et reçoit à cet effet une subvention fédérale annuelle.
Cependant, la loi de réorganisation du 29 septembre 1911, tenant compte des nécessités pratiques, disposa que la Nationale recueillerait désormais non plus exclusivement, mais « de préférence », les Helvetica postérieurs à 1848. En même temps, la notion d'Helvetica fut étendue aux imprimés « parus en Suisse », ce qui équivalait à faire de la bibliothèque nationale les archi-
BIBLIOTHÈQUES
HIMMOTIIKOIKS
\ es de la librairie suisse. Kilo s'esl accrue très rapide ni cl comptait en 1921 env. 370 ()()() vol. cl brochures cl plus de (m (ion estampes el cartes. Le Bulletin bibliographique mensuel tient le public au couranl des nouvelles acquisitions.
A cùi ('■ des bibliothèques cantonales et fédérales sont, nées au XIX'' s. une foule «le bibliol hèques urbaines de caractère niixic, mi-scientifiques, mi-populaires : à Vevcv (1805), Zoug (1807), Lenzbourg (1812), .Moral (1816), Baden (1836), La Chaux-de-Fonds (1838), Rolle (1840), Brougg (1864), Cossonay (1854), Bienne (1873), Aarau (1880), Olten et Hérisau (1901). Les gymnases et les collèges ont éprouvé le besoin de posséder leur propre bibliothèque (celle du Locle l'ondée en 1830 compte
Magasins de la Bibliothèque cantonale et universitaire de
Burgin. D'après une photogra
actuellement plus de 40 000 volumes). Enfin, sous l'influence du progrès scientifique et technique et de la division croissante du travail en tout domaine, surgirent une nrultitude de collections spéciales : bibliothèques de sociétés savantes, artistiques et littéraires, d'institutions publiques ou privées, telles qu'archives, tribunaux, écoles professionnelles et techniques, séminaires, musées, théâtres ; d'associations industrielles, commerciales, sportives, etc. Citons quelques-unes des plus anciennes ou des plus importantes : celles de la société économique de Fribourg (1813), de la société des sciences naturelles de Bâle (1821), de la société des juristes de Zurich (1823, absorbée maintenant par la bibliothèque centrale), la bibliothèque militaire fédérale à Berne (1864), celle du bureau fédéral de statistique à Berne (1865), du Musée des arts et métiers à Berne (1869), du Musée scolaire de Zurich (1874), du Club alpin (Zurich 1890) et de ses sections. Les plus récentes parmi les bibliothèques scientifiques importantes doivent leur origine à l'énorme développement des sciences économiques et sociales. Ce sont l'Office central de littérature sociale à Zurich (1906), les Archives économiques suisses à Bâle (1910), les Archives du commerce et de l'industrie suisses à Zurich (1911), auxquelles on peut ajouter les Archives d'économie hydraulique fondées à Bâle la même année. Enfin, il faut noter, comme manifestations importantes des temps nouveaux, la création à Zurich en 1920 d'une bibliothèque américaine (don-
née par la fondation Carnegie à la bibliothèque centrale et >■ destinée au peuple suisse ») et la création à Genève, la même année, <lc la Bibliothèque de la Société des nations, dont le librarian ■> est une femme.
Parallèlement aux bibliothèques scientifiques se sont développées les bibliothèques "d'instruction générale et de récréation » ( Bildungsbibliotheken) dont le but n'est point, comme celui des premières, d'amasser des documents et de fournir à leurs lecteurs des instruments de travail, mais de leur procurer les moyens de se cultiver ou seulement un passe-temps agréable (distinction j>;t > toujours nette en pratique). Les plus anciennes sont celles de la société littéraire de Soleure (1808), de la société de lecture de Thalvvil (1813), de Genève (1818),
la bibliothèque populaire de Gilly (1820), celle de la société du Musée de Zurich (1834).
Mais c'est surtout vers le milieu du siècle que se multiplient les bibliothèques scolaires, pour la jeunesse, populaires, paroissiales, etc., fondées les unes par les communes, les autres par l'initiative privée, notamment par des sociétés d'utilité publique, philanthropiques et religieuses. Dès le dernier tiers du XIXe s., dans la plupart des cantons, le gouvernement leur accorde des subsides qui se répartissent soit en espèces, soit en livres. Les plus importantes sont la bibliothèque circulante à Genève (1843), les bibliothèques populaires de la société d'utilité publique de Bâle (1884), la bibliothèque libre de la même ville (1901), la bibliothèque populaire à Berne (1887) et celle de la société Pestalozzi à Zurich (1896). Il faut mentionner aussi celles créées par l'association populaire catholique, puis par les organisations socialistes et syndicales désireuses de rendre le lecteur prolétaire indépendant des institutions bourgeoises, ainsi celles du Grutli et de l'Union ouvrière. D'autre part, celles de grands établissements industriels, comme Bally à Schônenwerd, et Brown Boveri & Cle à Baden, témoignent que les patrons ne sont pas indifférents au développement intellectuel de leurs employés. En dépit de leur grand nombre, les bibliothèques dites populaires sont insuffisantes et très inégalement réparties. En vue de leur développement, l'association des bibliothécaires suisses a créé le 6 mai 1920 la « Bibliothèque pour tous, fondation suisse ». Subventionnée par la Confédération et les cantons, elle dessert notamment les petites localités par l'envoi de caisses de livres, dites « bibliothèques ambulantes ». Elle a repris, comme premier fonds, les 30 000 vol. de la « Bibliothèque du soldat » qui, improvisée pendant la guerre mondiale, a pratiqué pour la première fois dans notre pays ce système emprunté à l'Amérique. Les cabinets de lecture continuent à jouer un rôle important comme pourvoyeurs de lecture : par exemple la bibliothèque Richard, à Genève, qui remonte à 1869 (50 000 volumes). Enfin, en dépit de la multiplication des bibliothèques publiques, le goût des bibliothèques privées ne s'est point perdu. La plus considérable est la collection de littérature alpine constituée par le révérend W.-A.-B. Coolidge à Grindelwald (22 000 vol. et brochures).
'ribourg. Etagères en 1er, système phie.
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BIBHACTE
D'une lagon générale, on peut dire que les besoins intellectuels éveillés jusque dans les couches les plus profondes du peuple par la diffusion de l'instruction ont entraîné de toutes parts un développement rapide et continuel des bibliothèques, favorisé par des facilités croissantes, comme le prêt au dehors et de ville à ville. L'échange international des publications officielles et scientifiques, notamment depuis la convention internationale du 15 mars 1886, contribue pour sa part à accélérer le mouvement.
Une conséquence du développement des collections de livres, et la plus extérieure, a été la construction d'édifices. Sans doute, l'ancien régime a laissé quelques exemples de belles installations, comme la luxueuse salle de la bibliothèque du couvent de Saint-Gall, construite en 1758, achevée en 1767. Mais, à l'exception de la bibliothèque de Berne qui déjà au XV11I0 s., la première en Suisse, possédait son propre bâtiment (construit de 1788 à 1791) on peut dire que jusque dans la seconde moitié du XIXe s. les bibliothèques publiques étaient régulièrement logées dans un bâtiment scolaire ou universitaire, ou dans d'autres locaux ayant primitivement une destination différente (celle de Zurich dans la Wasserkirche, dès 1795 en partie dans le Helmhaus). Elles étaient d'ailleurs le plus souvent réunies aux collections d'antiquités, d'objets d'art et de curiosités naturelles.
Ce n'est qu'à partir de 1870 que leur rôle grandissant dans la vie publique commença à se manifester par une série de constructions : d'abord en 1872, la bibliothèque publique de Genève, encore du type ancien; puis, tour à tour, avec des installations modernes (magasins, étagères en fer, etc.), la bibliothèque de l'Université de Bâle en 1896, la Nationale à Berne 1899, celle de Zofingue 1901, celle de Lausanne 1905, la bibliothèque de la ville de Saint-Gall 1907, du canton de Fribourg 1909, celle de Winterthour en 1916, la bibliothèque centrale de Zurich en 1917, sans parler de la construction d'annexés et d'installations nouvelles à Berne 1904-1907, à Genève, à Zurich (École po'ytechnique), etc.
D'autre part, la multiplication des collections et l'éparpillement des forces provoquèrent une réaction, dans le sens de la centralisation et de la coopération. A cette tendance se rattachent entre autres : la fondation en 1897 de l'Association des bibliothécaires suisses ; la publication par les bibliothèques de Zurich d'une liste commune de leurs nouvelles acquisitions et l'entreprise d'un catalogue central sur fiches ; l'absorption par la bibliothèque de l'Université de Bâle d'une série de bibliothèques, notamment de sociétés ; la fusion de la bibliothèque de l'Université de Berne avec celle de la ville en 1905 ; la fondation de la bibliothèque centrale de Zurich, en 1914, par la réunion des bibliothèques de la Ville et du Canton et de 4 autres bibliothèques.
L'Association des bibliothécaires a contribué à organiser entre les bibliothèques le prêt mutuel ; elle a publié en 1904 une Liste des périodiques reçus par les bibliothèques suisses (2e éd. 1912) et édité plusieurs autres publications ; elle préconise depuis 1907 l'établissement d'un catalogue général des bibliothèques suisses, dresse depuis 1911 l'inventaire des incunables qui se trouvent en Suisse (au nombre d'environ 13 000) ; a organisé la section des bibliothèques à l'Exposition nationale suisse de 1914 ; publie depuis 1915 un Bulletin ; a créé en 1920 la Bibliothèque pour tous.
Le développement des bibliothèques a eu une troisième conséquence : la complexité croissante des problèmes relatifs au logement, au classement, au cataloguage des collections, ainsi qu'à l'organisation des services administratifs. D'où, par suite, l'importance accrue du côté technique. Le bibliothécaire devient de plus en plus un professionnel chez lequel l'érudit doit se doubler d'un administrateur et d'un technicien. Une préparation spéciale devient aussi indispensable poulies employés subalternes. Des sections pour bibliothécaires ont été créées en 1920 à l'école d'études sociales pour femmes à Genève et à celle des hautes études à Fribourg ; en 1921 à l'école d'études sociales pour femmes à Lucerne. La Commission suisse d'éducation ou-
vrière a organisé en 1921, à Zurich et Berne, des cours spéciaux pour le personnel des bibliothèques ouvrières.
Statistique. Ernst Heitz a publié une Statistique des bibliothèques publiques de la Suisse en 1868, le Bureau fédéral de statistique en a fait paraître une à son tour pour l'année 1911. Il résulte de la comparaison qu'en 43 ans le nombre des bibliothèques a presque triplé; l'effectif des collections, ainsi que l'accroissement annuel, à peu près quadruplé. Il y avait en 1868 : 2006 bibliothèques, en 1911 : 5798 bibl. ; en 1868: 2 490 312 vol., soit 94 vol. pour 100 habitants ; en 1911 : 9 384 943, soit 248 vol. pour 100 hab. Les bibliothèques de plus de 50 000 vol. n'étaient en 1868 qu'au nombre de 9 ; il y en avait 27 en 1911 (la plus grande est la bibliothèque centrale de Zurich : fin 1920 env. 630 000 imprimés). Le budget des bibliothèques avait sextuplé (1 746 000 fr. en 1911). L'étude des chiffres montre que les pouvoirs publics ont beaucoup étendu leur action dans ce domaine que leur cède peu à peu l'initiative privée. Mais ce sont surtout les bibliothèques scientifiques qui ont profité des deniers publics, tandis que le développement des bibliothèques populaires est demeuré jusqu'ici assez en arrière.
Bibliographie. — Outre les publications citées dans le texte, les plus importantes sont : BSL, fasc. la. auquel nous renvoyons pour la bibliographie antérieure à 1894. — P. Lehmann : Mittelalterliche Bibliothekskalaloge, 1. — A. Piaget : La Bibliothèque des comtes de Neuchàtel, dans MJV 1897. — G. Bertoni : Notice sur la Bibliothèque d'Hauterive. — C.-A. Kopp : Die Stifsbibliothek von Beromûnster. — Informaloriuni Bibliothecarii carthusiensis dornus... in Basilea minori... — ■ C.-Chr. Bernoulli : Ueber unsere alten Kloster bibliotheken dans BJ 1895. — A. Heusler : Gesch. der ôffentl. Bibliothek der Univ. Basel. — E. Jenny : Zur Geschichte der Stadlbibliothek Zofingen. — L. Dupraz : La Bibliothèque cantonale et universitaire à Lausanne. — M. de Diesbach : La Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg. — F. Gardy : La Bibliothèque de Genève, dans Genève, cité des nations. — ASHR. — W. v. Wyss : Ziirichs Bibliotheken. — H. Escher : Geschichte der Stadlbibliothek Zurich (Nbl. Zentralbibl. Zrch.) . — H. Escher u. H. Fietz : Entstehung und Baubeschreibung der Zentralbibliothek Zurich. — Fr. Heusler : Bibliothekwesen u. Hocltschulen. — R. Schedler : Die Anfânge der oberaargauischen Volksbibliothek in Langenthal. — Fr. Pieth : Ueber das bûndnerische Volks bibliothekswesen. — M. Godet et F. Burckhardt : Une fondation suisse pour les bibliothèques libres. — - M. Godet : Une fondation suisse, la Bibliothèque pour tous. — H. Escher : Bibliothekswesen dans Handwôrterbuch d. schweizer ischen Volkswirtschaft. — H. Escher : Berichterstattung iiber die Versammluugen schweizer. Bibliothekare, dans Zentralblatt f. Bibliothekswesen. — G. Meier : Verzeichnis der Handschriftenkataloge der schweizer. Bibliotheken, dans Zentralblatt 1887. — J. Rôsli : Verzeichnis der ôffentl. schweizer. Bibliotheken. — Rapports des principales bibliothèques. [Marcel Godet.]
BIBRACTE. Localité gauloise connue aujourd'hui sous le nom de mont Beuvray, située en France près d'Autun (Côte-d'Or). C'est là ou plus exactement près du village actuel d'Ivry, que l'armée romaine commandée par Jules César livra bataille aux Helvètes ayant à leur tête le vieux Divicon, en mai de l'an 58 avant J.-C. Le récit de cette bataille a été fait par Jules César, dont Plutarque et Strabon n'ont été que le reflet. Mais ce récit est confus, tendancieux et supporte mal une critique serrée. Il paraît maintenant établi que les Helvètes n'avaient nullement l'intention de se rendre en Saintonge, mais qu'ils avaient été appelés par une partie des Eduens pour aller défendre les marches du Nord contre le grand chef germanique Arioviste, et aider par là les Eduens à reconstituer l'unité politique de la Gaule, sans le concours des Romains. Or le parti de César venait précisément de conclure un accord avec Arioviste et n'avait aucun intérêt à voir se consolider l'indépendance de la Gaule. Cette opposition de vues fut la raison essentielle de la guerre. Les Helvètes ne participèrent pas tous à l'expédition. Alors que César en compte 300 000, ce qui est pratiquement impossible,
HICAUX
BICKNAHT
Orose n'en signale que 15/ 000 ce qui d'ailleurs correspond avec une autre donnée de César qui en fait rentrer I II) (illll dans leurs foyers.
Les i roupes helvèies se dirigeaient donc vers le Nord, le bwl qui leur avait élé assigné, sans chercher à entrer en cou Mil avec les Romains. Divicon alla lui-même le déclarer à César, mais celui-ci réclamait des otages el une véritable soumission ; le chef tielvète repoussa ces conditions. Les Helvètes continuant leur route, César, qui avail des difficultés à se ravitailler el devait brus quer les mouvements, les fil attaquer par Labienus, mais le mouvement échoua par suite d'un malentendu. (le que voyant, les Helvètes ripostèrenl el attaquèrenl à Ivry les légions romaines qui occupaient la colline. Une habile manœuvre de Divicon lil descendre de la colline les Romains qui furent bientôt enveloppés par les ennemis. Deux lésions de réserve parvinrent à dégager l'armée. La nuit venue, les Helvètes abandonnèrent le terrain pour continuer leur marche sur le Nord, sans que César songeai ou pût les poursuivie. Cependant, au bout de trois jours, les Helvètes revinrent en arrière et offrirent la paix à César. Ils s'étaient sans doute rendu compte qu'ils ne pouvaient compter sur l'aide des Éduens, divisés et apeurés, el qu'ils allaient être écrasés entre Arioviste et les Romains. Une partie des Helvètes n'en voulurent pourtant pas démordre. Ils continuèrent leur marche dans la direction du Rhin, mais ce n'étaient plus que des bandes de pillards que les indigènes tuèrent au passage.
Le reste, soit environ 110 000 hommes, rentra dans ses foyers, aux conditions convenues avec César. Ce que furent ces conditions, César ne le dit pas exactement, et le récit d'aucun contemporain ne supplée aux lacunes du sien. Mais on voit par la suite que si les Helvètes durent reconnaître l'autorité romaine, elle fut au début purement nominale, et n'entraîna par exemple à aucune prestation militaire. César lui-même laisse supposer que ces conditions furent douces, puisqu'il dit avoir obligé les Allobroges à donner du blé et les Éduens des terres aux Helvètes pour faciliter leur rétablissement dans un pays, où d'ailleurs la plus grande partie d'entre eux, sans doute, étaient restés. César eut l'intention de les faire surveiller par un poste militaire établi à Nyon, mais ce projet ne fut réalisé qu'au bout de quinze ans, après sa mort .
Envisagée de la sorte, la bataille de Ribracte est loin d'avoir été aussi dure pour les Helvètes que veut le faire supposer César dans un livre qui est au fond un plaidoyer pro domo pour se justifier devant le sénat romain de sa campagne des Gaules. — Voir H. Rauchenstein : Der Feldzug Caesars gegen die Helvetier. — Stumpf : Caesars Beurtheilnng seiner Offtziere inden (Umimentarien von gallischen Kriegen. — G. Ferrero : Grandeur et Décadence de Rome II. — C. Jullian : Histoire de la (Uni le III. [Maxime Reymond.]
BICAUX, Pierre, notaire neuchâtelois, mentionné de 1507 à 1524, châtelain de Thielle 1514, fonction qu'il cumulait en 1522 avec celles de maire et receveur de Neuchàtel. En 1507, il avait dressé les reconnaissances de Lignières. [L. M.]
BiCHELSEE (C. Thurgovie, D. Mùnchwilen. V. DGS). Château-fort et village. En 894 Pichelense, 1228 Bichilinse «lac de Pichilo ». Richelsee passa, par donation du comte Ulrich von Linzgau, au couvent de Saint-Gall. L'église dédiée à saint Rlaise et à saint Nicolas était la propriété des seigneurs de Richelsee qui résidaient dans les châteaux d'Alt- et deNeubichelsee. Ce dernier, dans la lutte entre Rodolphe de Habsbourg et l'abbé de Saint-Gall, fut détruit à jamais en 1274. En 1358, Walter von Richelsee vendit le château et le village aux seigneurs von Landenberg von Greifensee qui, en 1419, revendent le droit de patronage de Richelsee, le château et la seigneurie pour 550 lb. au couvent de Fischingen. En 1407, le château d'AItbichelsec fut détruit par les Appen/ellois ; reconstruit, il tomba en ruines déjà en 1419. Une moitié du château était un fief des comtes de Toggenbourg, et l'autre, du couvent de Saint-Gall. En 1512 le droit de collation de Richelsee fut donné au couvent de Fischingen par le pape Jules II. En 1529 Richelsee embrassa la Réforme, mais en 1542 le culte
cal ludique y lui. restauré el les protestants fuient réunis à Dusnang. Registres de la paroisse catholique : de naissances dès 1690, de mariages dès 1640, de décès dès IG39. — Voir Kuhn : Thurgovia sacra I, 39. — Fôrstemann I, 301 . [Scu ]
BICHELSEE (NOBLES DE). Ministériaux de l'abbaye de Saint-Gall. Mentionnés de 1228 à 1378. Armoiries : de gueules à la fasce d'argent. — |. et ->. EBERhard ci Walter sonl témoins, lors
de la fondation de la comnianderie de Tobel et en 1244 de celle du couvent de Magdenau. — 3. Eberhard 11, écuyer-tranchant de l'abba \ e de Saint-Gall ; lui vaincu eu 1259 dans un combat près d'Aadorf contre Walter von Elgg. En 1250, il fonda avec son fils du même nom —4 Fberhard III. le couvent <\f> religieuses de Tiuiikon. — 5. EUPHEMl \. fille du n" 3, était en 1252 abbesse de Schânnis. - 6. Guta, fille du n"4, fut la troisième abbesse de Tânikon en 1304. — 7. WALTER, fils du n° 4. vendit le château et, la seigneurie aux sires de Landenberg en 1358, mais se réserva la résidence et l'usufruil pour sa vie durant Son frère — 8. Eglolf, était en 1332 chevalier de sainl Jean. [Sch.]
BICHLER, Heinrich, de Renie. Peintre de la seconde moitié du XV' s., appelé d'habitude maître Heinrich le peintre. Il est mentionné pour la première lois dans les comptes de construction de l'église fie Saint- Nicolas de Fribourg, 1400-1467. Il peignit en 1468- 1472 un grand retable à volets destiné à la collégiale de Rerne. Pour une peinture exécutée dans la tour de l'horloge à Soleure, il reçut en 1471 26 11., el livra à Fribourg, en 1478, deux tableaux portant, l'aigle impériale pour la tour du Jaquemart et la porte de Rerne. Deux ans après, il peignit dans la salle du Conseil à Fribourg un grand tableau historique, une représentation de la bataille de Morat. D'après J. Zemp, les récits de la bataille de Morat, des deux Schilling et de Martin Martini, ont élé composés d'après ce tableau disparu. Il mourut vraisemblablement en 1484. Il ne nous paraît plus possible d'admettre que Henri Richler et le « Maître à l'œillet » soient le même personnage. — Voir SKL. — J. Zemp : Die schweizerischen Bilderchroniken 48, 124, 157, 158. -- ASA 1918, 123. -- Berner Batstnanaale. [H. M.]
BICHSEL. Famille fort répandue dans l'Emmental (Rerne) ; selon une tradition de famille, elle serait venue de Suède où l'on rencontre le nom de Rexel. [K.-R.]
BICHWIL (C. Saint-Gall, D. Untertoggenburg, Coin. Oberuzwil. X.DGS). Vge, paroisse et commune civile. En 865 Pichilinwilare «ferme de Pichilo «. Primitivement Richwil faisait partie du « bailliage des hommes libres de la Haute-Thurgovie », plus tard du bailliage de Schwarzenbach dont il fut la seule juridiction. Après avoir élé libres, les habitants de Richwil devinrent censitaires du couvent de Saint-Gall. Deux châteaux furent construits : Eppenberg et Kraienberg. Les nobles d'Eppenberg avaient la juridiction de Richwil. deRizach, deLangenau el de Kraienberg qui en dépendaient et qui étaient des fiefs de l'abbaye deSaint-Gall. Ils s'éteignirent en 1624. En 1546 la seigneurie de Richwil devint la propriété de la famille des Gielen de Gielsberg, en 1627 de la famille de Thum qui la transforma en 1710 en un fidéicommis et l'eut en sa possession jusqu'en 1798. Elle fut alors incorporée à la commune politique d'Oberuzwil. En 1808 construction d'une église à l'usage des deux confessions. — Voir Adolf Nàf : Burg Eppenberg and die Herrschaft B. — Max Gmiir : Die Rechtsquellen des Kantons St. Gallen I, 2, p. 107-122. [Bt.l
BICKEL. Famille de Stallikon (Zurich) citée dès 1461, répandue actuellement dans la plupart des communes du district d'Affoltern. [J. Frick.1
BICKHART. Famille bourgeoise éteinte de la ville de Rerne, appartenant aux corporations des tanneurs et des boulangers, et probablement originaire de Rapperswyl (Aarberg) ou de Fribourg. Armoiries : d'azur à une é'.oile d'or accompagnée en chef de deux fleurs de lvs du même. — 1. Peter en 1447 membre du Grand
BICKIGEN-SGHWANDEN
BIDEK
Conseil, 1459 bailli d'Unterseen, 1468 de Laupen, 1473 de Buren, f 1488. — 2. Johann, boulanger, en 1508 du Grand Conseil, 1527 bailli d'Interlaken, t 1546. •