‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 11 sur 258 · AI.B · texte numérisé non relu

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en face. l.o ut vie de ces ouvrage* est celui de la raoilarebitecture antique. Dans un autre palais du nom {ttrada délia scala), il donna sur un point important le premier exemple du retour aux véritables principes de l'art et aux maximes du bon goût : je veux parler de la double loggia qui : pagne ce palais. C'est là , en effet, qu'on le vit cer à l'usage des bas temps de l'architecture romaine, usage qui se reproduisit dans son renouvellement, et qui consiste à faire porter les ceintres des arcades sur des colonnes isolées. Cette pratique, dont plus d'une convenance avoit pu légitimer l'emploi , etoit à peu près générale au temps A' Alitent. Mais il eut l'honneur d'être celui qui ramena les ordonnances des colonnes et des entablement , au système des platebandes ou architraves ; et la double loggia du palais Rucellaï fut très- probablement le premier ouvrage où l'on vit reparoitre dans toute son intégrité le système d ordonuauce des colonnes, de l'antiquité.

La chapelle Rucellaï , à l'église de gwn ouvrage fort estime d' Albert i, offre encore l de la même méthode , qui devint bientôt les vrais architectes.

On met à Florence au nombre des meilleurs morceaux d'architecture , et des plus belles compositions A'Alberti, le chumr et la tribune de l'église de l'Annonciade, en forme de rotonde, dont la voûte, égale à celle du Panthéon , sans fenêtre ni ouverture , a été peinte à fresque, |iar Ralthazar Franceschini , dit il folterrano. L'architecte pratiqua dans la circonférence de cette rotonde neuf chapelles en renfoncement , qui sont comme autant de grandes niches. On sait quel paroît être l'effet produit par les bandeaux des cintres inscrits sur une surface circulaire ou concave ; et que , lorsqu'on les voit de cote , ils semblent biais, ou hors d'aplomb. A asari a critique Alberti sur ce point , tout en accordant de grandes beautés à l'ouvrage. > 'est-ce point là cependant un de ces effets de perspective dont le sens vulgaire peut se trouver blesse, mais que l'œil instruit par le seul instinct apprend bientôt à redresser ?

Louis de Gon/ague, marquis de Mantoue, venoit d'apprécier les talens A'Alberti, dans l'église de l'Annonciation à Florence. Il voulut s'emparer tout-à-fait de l'architecte pour l'ornement de sa ville. Il le conduisit à Mantoue , dans le dessin d'y établir une école d'architecture. ^ ers l'an l472i il le chargea de lui faire le modèle d'un temple, sous l'invocation de saint A mire. Ce modèle fut confié par Alberti à l'exécution d'uu certain Luca de Florence, homme intelligent, et par lequel, l'auteur du projet ne pouvant suivre personnellement toutes ses entreprises ,se trouva heureux d'être remplacé.

Fn voyant le plan de l'église de Saint-André à Mantoue , on reconnoit qu'il a dù servir de modèle à beaucoup d'églises construites postérieurement. Le offre une élévation sinise et riche à la

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fois; on croiroit y apercevoir une réminiscence de l'arc de Rimini, ou de quelques autres arcs de triomphe qu' Alberti avoit vus à Rome , et sur lesquels sa mémoire put inspirer son imagination. L'intérieur de l'église offre une fort belle ordonnance de pi bistres corinthiens, qu'on ne sauroit dire accouplés, tant est large l'espace qui les sépare sur les piédroits des arcades. Au-dessus de cette ordonnance couronnée par un bel entablement , s'élève un riche berceau en grands caissons, dont la disposition et le goût rappellent les plus beaux ouvrages de l'antiquité en ce genre.

Cette église , un des monument les plus pors de l'architecture moderne, ne passe pas encore pour être l'œuvre le plus recommandable A'Alberti. Les artistes s'accordent pour donner le prix à son église de Saint-François à Rimini.

Ce monument, dans le fait, se recommande à leurs eux points de vue.

du mérite intrinsèque de l'art , il est certain que le dehors de l'église, à quoi s'est borné l'œuvre A'Alberti (l'intérieur, plus ancien, tient encore du gotliique) , offre un parti , alors tnut-a-fait nouveau , de portiques circulant autour de l'édifice , à la manière des colonnades dans les temples périptères des anciens. Ces portiques, d'une très-belle proportion et de la forme ht plus pure, s'élèvent avec leurs piédroits sur un soubassement continu, avec profil d'un beau caractère, et il règne tout à l'entour, jusque sous l'ordre de la façade d'entrée , où il n'est interrompu que |wr le chambranle de la porte. Cette façade , dont la partie supérieure n'a point été terminée, se compose, dans le bas, de trois arcades, dont les piédroits, ornés de colonnes corinthiennes, rappellent la disposition décorative des arcs antiques, et surtout de celui de Rimini.

Il est un autre point de vue sons lequel ce monument acquiert un intérêt d'un genre tout-a-fait nouveau. Quoique l'architecte n'ait fait, à cet égard, que seconder les vues de celui qui commanda l'ouvrage, il est juste de reconnoitre qu'une belle idée trouva fort heureusement chez Alberti le génie propre à lut donner toute sa valeur. Sigismond Malatesta, célèbre guerrier du i5* siècle, s'étoit plu à réunir auprès de lui ce qu'il y avoit , en tout genre , d'itemmes de talens. Il s'en composoit une sorte de cortège. Après les avoir protégés et récompensés vivans, il voulut encore que la réunion de leurs dépouilles mortelle* vint environner le lieu sacré , monument de sa piété.

Alberti fut appelé à satisfaire cette pieuse ambition , dans la composition extérieure de l'édifice ancien. Il imagina donc de l'environner, dans ses deux parties latérales, d'une longue file d'arcades de 100 pieds en longueur, formant galerie courante, et de placer sous chaque cintre, et sur le soubassement continu dont on a parié, des sarcophages uniformes, dans le goût antique, où

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I, et où ils le furent en effet. Ainsi chaque ouverture d'arcades est un monument funéraire; chaque piédroit offre, dans sa surface extérieure, une table qui porte les épitaphes. Au-dessus de chacune est sculptée une couronne. On comprend que la décoration d'un pareil ensemble doit consister précisément dans l'absence de toute décoration ; ce qui est loin d'exclure celle qui repose sur la vérité du la pureté du style, et des détails de la mo- Sous ce rapport, on pent dire de ces déleur exécution doit être considérée comme une tradition de la beDe antiquité. On diroit qu' Albert! auroit eu l'intention d'y fixer , par un exemple pratique, les principes théoriques développés dans son Traité de Re adificatoria.

Ce Traité sera sans doute le monument le plus durable de la science architecturale de Léon- Balista Alberti. Il fut écrit par lui en latin. Jean Martin , secrétaire du cardinal de Lenoncourt , en fit une traduction française l'an i55o. Le français de ce siècle est, si l'on peut dire, une autre langue que celle d'aujourd'hui : aussi doit-on peu s'étonner qu'elle soit inconnue a beauconp d'architectes. Il suffira , peut-être, pour inspirer le désir de la connoitre , du peu de notions que nous allons donner de l'ouvrage original.

Le premier livre traite de l'origine et de l'utilité de l'architecture, du choix du sol , et de l'exposition du bâtiment , de la préparation de son terrain , de ses mesures et divisions conformément à sa destination, de* colonnes, pilastres, toitures, portes et ft— i escaliers , des issues pour les eaux , etc. 1 livre , il est question du choix des l , des modèles à faire des bitimens , soit en bois , toit en pierre tendre , en carton , en cire , en plâtre, etc.; du choix des ouvriers, des bois, de» pierres, briques, etc.

Le troisième livre roule sur les procédés de la construction, les fondations, l'appareil des pierres, moellons , blocages, etc. ; sur les planches , les v toitures , les pavemens.

Le quatrième livre est occupé par i de théorie. " i sur la situai étendue, leurs murailles, leurs fortifications, sur les ponts, les ports, les places nécessaires aux villes.

I .t> cinquième livre donne des règles pour bâtir les palais des rois, ou les châteaux forte des tyrans, les maisons d'une république, les temples de toute grandeur, les écoles, les académies, les hospices, les palais de* sénateurs. On y trouve des notions sur l'architecture militaire et navale , sur

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théoriques dite, et un abrégé de ensuite plusieurs clu- ,1«

lés propres à scier les marbres, a tailler et élever les colonnes , à faire les revèteroens, soit en dalles de marbre, soit en stuc.

Dans le septième livre, continuant de traiter de* ornemens de l'architecture, et principalement des colonnes, l'auteur passe en revue les édifices où on les emploie. De même que Vitruve a fait un livre sur les temples, il en a composé un sur les églises. Il v enseigne quelles espèces de colonnes conviennent le mieux à ces édifices , quel emploi on doit y faire de» i , et de quelle matière elles doivent être for-

Le huitième livre traite des chemins et de leurs accessoires, des tombeaux, des pyramides, des colonnes funéraires, des épitaphes, des autels , etc. , des villes, de leurs rues, des ornemens applicables aux portes, aux ponts, à leurs arches, aux ports, marchés, places publiques, promenoirs couverts, aux théâtres, amphithéâtres, cirques, bibliothèques, collèges, bains, etc. ; de la manière, enfin, dont le* édifices publics doivent être construits et décorés.

Le neuvième livre est une continuation du précédent : on y traite de la décoration des palais de rois, des ornemens relatifs aux maisons de ville et de campagne, des peintures et sculptures qui doivent y trouver place.

I f dixième et dernier livre roule principalement sur les moyens de trouver de l'eaa, sur ceux d'arroser les jardins , et de rafraîchir les appartemens de ville et de campagne. Il se termine |iar quelques

ALBOFAESI (Jacques), de Bologne : ce d'architecture en perspective eut pour maître dans l'art de bâtir Dominique Santi , et pour la partie des ornemens, Augustin Métetli. Celui-ci l'aima tant, qu'il lui donna en mariage sa fille unique. Avec les instructions et la conduite d'un si grand maître , il fit des progrès dans ce genre d'art. Se servant de Fulgence Mondini , élève de Guerchin , pour orner et animer, par des figures, les ouvrages qu'il avoit faits, il prut bientôt avec réputation dans sa patrie, et dans d'autres villes, particulièrement i Florence. La , il n'eut pas peu à souffrir des persécutions des architectes et des peintres Florentins ; mais elles tournèrent enfin à son plus grand avantage. Il travailla pour le duc de Parme ; ensuite il fut rappelé à Florence , où mourut Mondini en Mi» > [ Avant entrepris depuis d'autres travaux , il y eut pour compagnons figuristes, tantôt Jules-César Milani, tantôt Dominique Canuti , et même le fameux Ange-Michel Colonna, peintre du roi d'Espagne, ainsi qu'Augustin Metclli.

ALCAISTARA, ville d'Espgnc dans Pi dure. On croit que c'est la Nor6a-C<r <arra de lomée, et la Norbensis Colonia de Pline. Le nom à'Akantara, qui

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mauresque, lui vint du fameux pont bâti tur le Tage par Trajan , et qui subsiste encore. Charles-Quint le fit restaurer en r 543. Nous n'avons point de dessin de ce monument , mais une description rapportée par Montfiincon. (V oyczAa au mot Pont.)

Ce pont est coupé dam le milieu par un arc de triomphe qui a 47 pieds de hauteur et l l de Large: sur la corniche de l'arc, on lit une inscription en l'honneur de Trajan. Il y avoit encore sur cet arc quatre grandes tables, avec les noms des villes municipales de Lusitanie, qui avoient contribué à la reconstruction du pont : des quatre, il n'en reste plus qu'une d'antique. On a remplacé les autres par des inscriptions modernes en l'honneur de Charles-Quint.

A l'autre coté du pont, par où l'on passe en venant de Castille , il y a une chapelle large de to pieds et longue de 90 : les pierres sont d'une grandeur énorme, et semblent sortir du mur pour faire un toit et une espèce de voûte. Elles sont jointes avec tant d'artifice, que, quoique l'édifice soit si ancien, la pluie n'a jamais pu y pénétrer. La porte est construite de très-grands blocs : deux pierres debout en soutiennent une en travers. Sur celle-ci est l'inscription dédiée à Trajan, suivie des vers élegiaques que nous allons rapporter, et dont le sens est que ce temple fut bâti sur La roche du Tage : que La majesté des dieux et de l'empereur y est présente; que la beauté de la matière y surpasse même l'art; que, si ouelque passant veut savoir quel est l'auteur de ce merveilleux pont , c'est Lacer, etc.

IMP. NERYjK. TRAIANO. CjESARI.

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