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quatre piliers du dôme , quoique tout le monde sût que les niches et les vides qui dévoient recevoir les escaliers «voient été fort habilement ménagés par reux qui avoient élevé ce temple. C'est ce dont les plans de Bramante et ceux de Michel-Ange faisoient foi. Bernin n'avoit fait qu'achever le projet, et remplir les intentions de ses prédécesseurs. De fausses craintes et des alarmes artifkicusetnent répandues entretinrent pendant quelque temps des doutes sur la solidité du mouument. Les misons des gens instruits, et l'expérience, qui est la grande raison de ceux qui ne le mut pas , dissipèrent bientôt les inquiétudes. Cependant elles se renouvelèrent vers le milieu du siècle dernier.
En 1745» les terreurs sur le sort de la coupole furent portées au plus haut point. Ces bruits, dit Ilottari , furcut propages et accueillis avec toute la complaisance et Li malignité possible, et quoi qu'aient pu faire et dire les gens de l'art, il fut résolu , plus par politique que par nécessité, de l'entourer de cercles de fer.
Il faut bien distinguer ces armatures extérieures de celles qui avoient été placées, lors de la construction de la cou|iole , dans l'intérieur même de la maçonnerie, entre les deux calottes , et dans l'endroit où elles sont encore unies, pour assurer davantage la liai* son de toutes les parties, ainsi que la ceinture de fer qui environne seulement la coupole intérieure a un tiers de sa hauteur. La quantité de feremplovée pour la liaison de la construction monte, selon Rocca, a vingt milliers, poids de marc. Le marquis Poleni estime que tout ce fer n'a pour objet que d'assembler et entourer la base circulaire qui forme l'œil au haut de la cou|<ole intérieure. Il en a vu lui-même une partie au fond de certaius trous qui sont au sommet de cette coumle.
C'est sous le pontificat de Lambertini, Benoît XIV, qu'on procéda à l'armature extérieure des nouveaux cercles de Jer dont on a parlé. L'on vit qu'il y avoit dans la voûte, dans le tambour et dans les contreforts, des feules qui demandoient de l'attention, et qui venoient probablement du peu de liaison des piliers huttans avec le tour du dôme. On consulta sur ce sujet des architectes et des mathématiciens. Ils convinrent, dans un mémoire dur) mars 1 7|3, qu'il falloit fortifier le tambour de la coupole par des cercles de fer, et l'on en plaça cinq en l7-{3 et I744> depuis le piédestal des contreforts jusqu'au haut de la coupole , à la naissance de la lanterne , où fut mis le dernier.
On s'aperçut en 1 1ue l'ancien cercle de fer, placé du temps même de Sixte-Quint autour de la coupole intérieure, étoit rompu. On le raccommoda, et l'on en «lit un nouveau à la coupole intérieure. Cette opération fut faite et. 1748, comme on le voit à la Hn du livre de Poleni. Ces six cercles ont exigé plus de cent milliers pesant de fer.
Bottari persiste à croire que toutes ces précautions
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ont été a dm inutiles que ridicules ; il cite en témoignage U coupole de Bruneleschi a Florence , qui sembloit menacer aussi d'une ruine prochaine, et à laquelle on avoit proposé d'appliquer le remède des cercles de fer. Ces armatures mêmes étoient déjà préparées. "Deux fois les alarmes populaires sollicitèrent celte opération ; deux fois la prudence des architectes s'opposa a l'application d'un remède qui ne pouvoit qu'aggraver le nul. Si l'on en croit le même Bottari, ce mal n'est qu'imaginaire ; il est le résultat nécessaire du travail que doivent éprouver toutes les coupoles, et surtout celles qui sont portées sur des pendentifs. 11 trouve que ces lézardes se sont manifestées à toutes les autres coupoles de Saint- Pierre , a celle de la Chiesa IN'uova , a celle de Saint- Clurlewu-Cours ; et cet avis est aussi celui de Baldinucci.
Ou pourroit se ranger, jusqu'à un certain point , de l'avis de ces écrivains , sur l'inutilité des cercles de fer appliqués ainsi après coup. U est certain qu'ils ajoutent un poids considérable a la construction , et que , dans le cas d'un grand effort , ils seroient insuffisaus pour empêcher les écartemens , ce que prouve le cercle de fer placé du temps de Sixte-Quint , et qui s'est rompu. Mais ces réllexions en font naitre une autre sur le système des coupoles modernes; et, en admettant comme une vérité l'observation de Bottari sur les lézardes survcuues à presque tous ces édifices, elle pourroit tourner fortement au désavantage de ces sortes de constructions. Mais ces réflexions appt-tiennent à l'article où l'on traitera particulièrement cet objet, (fyei Coupole.)
CERCLE, s. m. En géométrie, ce mot désigne une surface plane , terminée par une seule ligne courbe, à laquelle ou donne le nom de circonférence, '.fi ayez ce mot.] Dans les arts, on entend par le mot cercle la ligne courbe, et nou l'espace qu'elle renferme. •
On appelle arc de cercle toute partie moindre que la circonférence entière. On dit aussi un denii-ce/v/e, un quart de cercle, pour désigner la moitié ou le quart de la circonférence.
Le cercle est la plus simple et la plus parfaite de toutes les courbes ; c'est aussi celle qui est la plus facile à tracer, à cause de son uniformité.
CHABLE, s. ta. Plusieurs ouvriers donnent ce nom aux grosses cordes, que nous avons ci-devant désignées par le mot câble, qui est généralement adopté.
OHAIIVE, s. f. G; mot désigue en général tu» assemblage de plusieurs pièces de métal appelées chai-
autres, de manière! former un 'assemblage flexible comme une corde.
Dam les travaux, il y a nnc infinité de rircon- 1 stances où l'usage des chaînes est préférable à celui
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des cordes, qui sont moins fortes, moins durables, et sujette* à s'allonger et à se raccourcir par la sécheresse et l'humidité de l'air. Ainsi , toutes les fois qu'il
offon a tesoî^d'une longucuT fixe etluwriahh! Tiî faut préférer les chaînes aux cordes.
Lès architectes et les ingénieurs se servent de chaîne au lieu de toise, pour mesurer et lever le plan des e ni place mens ou terrains d'une grande étendue. La longueur de cette mesure est ordinairement de I o toises ; elle est formée de petites verges de gros fil de fer, rassemblées avec de petit* anneaux ronds , en sorte qu'il se trouve un pied juste du milieu d'un anneau au milieu de l'autre. De G pieds en 6 pieds , il y a des anneaux plus forts pour distinguer les les deux extrémités de ces chaînes sont terpar deux anneaux méplats, dans lesquels la main pour les porter et les faire tendre; ces anneaux font partie de la mesure. Pour se servir de cette chaîne, il faut la faire tenir par deux boulines ; le premier va en avant, et tient d'une main le bout de la chaîne , et de l'autre de petits piquets en gros fil de fer; le second, qui tient l'autre extrémité de la chaîne, l'ajuste au poiut duquel doit partir la mesure. Lorsque la chaîne est suffisamment tendue, le premier, qui est en avant, plante un piquet 1 l'extrémité de la chaîne qu'il tient.
On donne le nom de chaîne, dans l'art de bitir, à un assemblage de barres de fer servant a entretenir les parties d'un édifice.
CHAINE (en pierres de taille). On appelle ainsi, dans la construction, des parties d'ouvrages faite* pour donner une plus grande solidité à d'autres, comme par exemple pour entretenir les ouvrages construits en moellons ou en briques.
Ces sortes de chaînes se composent de pierre* de taille posées les unes sur les autres, de telle sorte que l'une paroît plus courte , et l'autre plus longue.
Les parues des pierres longues qui excèdent le* courtes, pour former liaison avec les moellons ou les briques, se nomment harpes.
On a coutume de construire des chaînes en pierre de taille dans les murs mitoyens construits en moellons, pour soutenir les poutres, les grosses solives d'enebevètrure , et autres pièces de charpente qui doivent supporter un grand poids.
Il y a des chaînes simples , des chaînes doubles , et des chaînes qu'on
Les chaînes simple* harpe que d'un côté ;
Le* chaînes doubli
Les chaînes figurée* i rure dans la construction ; on les fait de face tout en pierre de taille , comme dans ceux qui sont en moellons ou en briques.
Les pierres qui forment ces chaînes sont ordinairement saillantes , et on les fait avec refends a vive
qui ne
CHA 33,, arèle; quelquefois on arrondit le* arêtes. Dans le premier ca», on les appelle chaînes de refend; dans le second , chaînes de bossages.
Pendant quelque temps, l'usage a été de figurer le* chaînes de refend sans harpes , c'est-à-dire avec des pierres égales, renfermée* entre deux lignes tara Hèles. Depuis, on a reconnu l'abus de cette représentation , qui indique nne construction vicieuse , en ce qu'elle narolt ne former aucune liaison avec les autres parties qui lui sont contigués.
Il faut observer, dans les chaînes que l'on construit ou qu'on figure aux angles des édifices, de faire le* pierre* longues d'un coté, mais courtes de l'autre ; le* courte* doivent avoir une longueur égale à l'épaisseur du mur, dont elles représentent le bout.
En bonne construction , on doit placer des chaînes à tous les angles saillans et rentrans formés par les murs de face d'un édifice, ou par des murs isolés.
On divise les murs de clôture d'une certaine étendue par det chaînes faites d'une manière plus solide que pour les murs, dans lesquels ou les place pour leur servir de soutien. Ainsi, dan* les murs construit* eu bons moellons et mortier , qui servent à clore les jardins ou cour* attenante* aux bàtiniensd'habitation, on fait usage Je chaînes en pierres de taille, telles que celles qu'on a ci-dessus décrite*.
Dans le* murs de clôture de moindre importance, bâtis en pierre sècbeou avec mortier de terre franche, on construit , de distance en distance, des parties de maçonnerie avec pUtre ou mortier, et on donne aussi à ces parties le nom de chaîne.
La plus petite distance qu'on doive mettre entre les chaînes sera égale à la hauteur du mur ; et la plus grande ne passera pas trois fois la mesure de
CHAIRE, s. f. C'est un siège élevé , avec une devanture ou un lambris à hauteur d'appui , de figure ronde , quadrangulairc , ou à pans coupés , où l'on monte par un petit escalier, et qui est d'usage dans les lieux d'enseignement , principalement dans les églises, où il sert de tribune aux prédicateur*.
L'architecture ou l'art de la décoration n'ont guère de rapport aux chaires de la première es|>èce : elles sont faites en simple menuiserie, et n'admettent aucun ornement. Ces sortes de sièges ne sont élevés que pour exhausser le professeur, de manière qu'il puisse surveiller son auditoire ou t'en faire mieux entendre.
Le* chaires d'église ou de prédicateur doivent également leur position élevée à la nécessité de faire dominer l'orateur sur l'assemblée qui l'écoute. Quant au motif des forme* qu'on leur a données, ce peut être un sujet de recherches qui ne seraient pas sans quelque intérêt.
Comme les usages et les temple* de l'antiquité ne peuvent fournir k cette pratique ni origine ni type quelconque, nous devons en voir la cause première dans la nombreuse assemblée de* premier* chrétiens,
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qui donna à ses temples le nom d'ecetesia , église. La seconde ranse existe dans la différence du culte et des cérémonies, dont une partie essentielle consistait dans la lecture des livres saints et dans leur interprétation. Il fallut donc, pour être entendu d'un nombreux auditoire, pratiquer dans la basilique une tribune élevée.
Ce qu'on appelle jubé dans quelques anciennes églises , peut servir à nous indiquer l'origine des chaires. Ou sait qu'il va de cliaque côté une tribune, c'est-à-dire, l'une pour lire l'Epltrc, et l'autre pour la lecture de l'Evangile. Cette disposition se voit encore dans quelques anciennes basiliques, où ces tribunes sont l'une en face de l'autre dans la nef, précisément où l'on place aujourd'hui la chaire; c'est encore ainsi qu'on voit une double chaire dans l'église beaucoup plus moderne de San-Ijirrnio, à Florence.
Lorsque l'éloquence se fut emparée de la tribune évangélique , la commodité du plus grand nombre des auditeurs voulut que les chaires se trouvassent, autant que possible , au milieu de la nef. Il n'y en eut bientôt plus qu'une dans chaque église , et elle ne servit plus qu'au débit des haraugues religieuses.
Pour revenir aux modèles de l'antiquité chrétienne en ce genre, les plus anciens que l'on connoisse sont ceux que l'on nommoit ambones , parce que, ainsi qu'on l'a dit , ils étoient places au nombre de deux dans les nefs, à la façon des tribunes du jubé. Ainsi les voit-on aux églises de Saint - Laurent hors des murs, et de Saint-Clément à Rome. Cette dernière passe pour une des plus anciennes de la chrétienté, puisqu'on y lit qu'elle fut érigée sur le terrain même de la maison de ce saint, et où, dit — on, l'apôtre saint Uamabé avoit logé en venant à Home. Ce qui prouve son antiquité, dit Yasi, c'est son ancien jiresbyterium , avec les ambones ou pupitres I4tis en marbre, où on lisoit au peuple l'Epitre et l'Evangile.
Ces ambones, dans les monumens dont on parle, faisoient en quelque sorte partie de la construction de l'église. Ou les construisoit de la manière la plus solide et b plus riche en même temps. Ceux des deux églises qu'on vient de nommer sont en marbres de plusieurs couleurs et des plus rares , distribués en compartimens. La forme de ceux de Saint -Laurent est la plus belle et la plus simple qu'on puisse imaginer : ils portent de fond , loin d'être, comme d'autres chaires plus modernes , élevés sur des colonnes ; deux rampes d'escalier, aussi de marbre , accompagnent la tribune, à laquelle ils conduisent de chaque côté ; l'intérieur est occupé par un siège de marbre, et sur le devant est un pupitre de la même matière. Aucune espèce de couronnement ne les surmonte ; les seuls qu'ils pourroient admettre coinisteroient en dais ou pentes d'étoffes , qu'on y |>laccroit et qu'on cnleveroit a volonté.
On peut donc observer que, sur ce point comme *ur beaucoup d'autres, l'idée primitive et sa forme originaire sont les seule* qui reficAenl sur la nature
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de la chose. On va voir comment, le goût s'eloignant une fois du type donné par l'antiquité , l'exécution des chaires devoit tomber dans tous le* genres de
caprices.
Bientôt l'idée vint d'élever sur des piliers isolés ces sièges de marbre. L'idée ne pouvnit rien offrir d'heureux ; la masse principale devenoit beaucoup moins architecturale. On en citeroit plusieurs de ce genre en Italie ; telles sont les deux chaires déjà citées de l'église de Saint-Laurent à Florence ; je ferai remarquer surtout celle du côté droit , dont la sculpture est due au ciseau célèbre de Donatelln. Sans doute , si l'on peut regretter ici la simplicité des formes antiques, on y est dédommagé par les excellentes sculptures de bas-relief, qui représentent les scènes de la Passion. Quel que soit cependant le mérite de cet admirable travail , et d'autres chaires du même genre dont l'Italie est remplie, on est forcé de ne s'arrêter qu'à la sculpture , en détournant sa pensée de la forme principale.
Cette espècede coffre carré porté snr quatre piliers, n'offre qu'une idée vulgaire dans sa forme , et rien d'agréable dans son ajustement ; l'escalier v est nécessairement un hors-d'cruvrc.en cela qu'il n'est pas lié à la tribune par l'ensemble de la disposition , comme dans les chaires des premiers siècles ; disons même qu'on dut quelquefois mettre en œuvre des expédiens bizarres, pour remplacer l'inconvénient de ces montées postiches.
Effectivement , on rite comme une idée nouvelle et heureuse en ce genre l'expédient imaginé par Benedelto da Mayano pour la chaire de l'église de Sainte — Croix à Florence, ornée d'ailleurs aussi de bas-reliefs précieux et «le très-belles sculptures. L'artiste, voulant appuyer sa chaire et l'attacher à un des piliers «le l'église , avoit conçu l'idée de percer ce pilier pour y faire pawer l'escalier. Les architectes s'opposoient à une opération qui, disnient-ils, devoit prrjudicier à la construction, puisqu'il s'agissoit , d'une part, de charger le pilier du poids de la chaire, et de l'autre, d'en affoiblir la masse ; mais Vasari nous apprend qnc Benedolto da Mayano leva toutes les difficultés, au grand étonnement île tout le inonde, en armant d'un côté le pilier par des liens de bronze, de l'autre en le renforçant extérieurement d'autant de matière qu'il en avoit enlevé à l'intérieur pour former le vide où se trouve l'escalier.
Voilà donc, comme on le voit, une chaire de marbre suspendue en l'air, par le secret artifice d'une construction invisible, qui laisse à découvert un portà-faux réel, et révoltant aux yeux de ceux qui ignorent la supercherie du procédé ,'et plus révoltant pour la raison de ceux qui en sont instruits.
Suivons la marche rétrograde du g'oùt dans la composition et l'exécution des chaires.
Dès que de notables exemples eurent autorisé la manière d'attacher aux piliers des églises ces tribunes napendues , sans aucun support apparent , il fut na-