‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 101 sur 258 · CU A · texte numérisé non relu

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turcl d'y employer les matériaux les moins pesait*. |j Le bois offrît donc a ce genre de composition les res- I sources les plus faciles et les plus variables. Daim les | pays surtout où les marbres sont rares , les chaires | furent livrée* au travail de la menuiserie. Bientôt l'esprit attaché au goût de cette sorte de travail dirigea seul la composition de leurs formes et de leur* ornemens. On en vit plus d'une affecter le genre de* ouvrages du tourneur eu bois. Ici des culs-de- lampe plu* ou moins ridicules , là des contours chantournes , H ailleurs des formes bigarrées, caractérisèrent ces espèces de coffres bizarres , si peu digues de leur destination.

Mai» le goût qui tient au travail du bois devoit produire une enchère d'invraisemblance* dans ces compositions. Comme cette matière, par sa légèreté et la facilité qu'on a de la fixer à l'aide d'armatures et de crampons et d'en suspendre les assemblages , se prête à toutes les fantaisies de l'imagination, on en vint bientôt à suspendre aussi en l'air, par d'invisible* I attaches , d'énormes couronnement , surmontés eux- j mêmes de symbole* cl de statues de ronde— bosse (a l'église de Saint-Eticnne-du-Mont). Rien ne peut s'imaginer de plus ridicule que les idées de tous ce* amorti*? mens en coupoles, en palmiers, en couronnes, en entrelas de palmts, en groupes d'anges et de nuages , de rideaux , et de tant d'autres caprices qui blessent autant la vue que la raison. On voit souvent la tribune la plus auguste ressembler à une soucoupe placée sou* son couvercle. Il est par trop é*ident que le vice ou le principe originaire de toutes ce* absurdité* consiste dans le port-à-faux, auquel la construction principale se trouve condamnée. De là ces corps avancés, saillana et menacans, suites inévitables du motif premier d'un corps qui n'a point de bise.

On a vu comment, depuis les primitives tribunes portant de fond avec leurs deux montées, les chaires, d'abord changées de forme et élevées sur quatre petit* piliers, en vinrent à être attachées aux piédroits des nefs d'église et suspendues en l'air; comment on suivit la même pratique de port-à-faux dans leurs couronnemens. Il restoità imaginer de suspendre en l'air, avec la chaire et sa couverture, les escaliers qui y conduisent. C'est ce qu'on a exécuté le siècle dernier dans la plu* grande église de Paris. Le cercle de toutes les bizarreries en ce genre paraissant devoir être ainsi fermé, il nous paraît que ce devrait être l'instant favorable pour retourner en arrière au point de départ de ces compositions modernes, et d'établir quelques données simple* et naturelles qui pussent être appliquées aux deux différentes dispositions des

Celui qui est chargé de construire dans les édifices sacrés une chaire ou tribune de prédication , doit avant tout interroger le genre de disposition du local qui doit la recevoir. Si l'église consiste uniquement en murs, san» colonnes ou sans portiques , la chaire,

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devant s'adosser au mur, pourra être construite à demeure, dans quelque forme que ce soit, avec autant de simplicité que d'économie, et en quelque matière qu'on voudra.

Si les mur* «ont ornés de niches, celle du milieu sera naturellement désignée pour la place qu'elle occupera. Cette chaire alors, comme on en voit un exemple à l'oratoire de Saint -Philippe de Néri à Home, n'aura besoin que d'une devanture avec une montée de chaque côté ; ce qui peut se faire sans grand* frais en menuiserie.

Les églises en arcades avec des piédroits sollicitent ordinairement, par leur étendue, une chaire d'une assez grande dimension, et par conséquent d'une construction solide. C'est à ces sortes d'églises que convient le système des chaires primitives dont nous avon* fait la description, et nous croyons que c'est non contre un pilier, mai* dans le vide même de l'arcade, que la rAcu're doit être construite. Autant en dironsnous pour 1rs églises à colonnes, dont, comme on l'entend sans qu'on le dise, les fûts ne sauraient convenablement servir d'appui à ces sortes de constructions.

Nous devons dire que dans ces dernières années un essai peut-être trop important du renouvellement de système des amboncs ou chaires primitive* , a été fait à Pari* dans l'église de Saint-Gennain-des-Prcs, et par l'auteur de ce Dictionnaire. Deux escalier» conduisent à la tribune, dont la devanture est décorée de bas-reliefs de bronze. Au bas de chaque escalier est une statue assise, eu bronze et de grandeur naturelle ; toute la construction est revêtue en marbre. Le tort de l'ouvrage, de son caractère et de son style, est peut-être de n'avoir aucun accord avec l'architecture gothique du monument. L u autre tort aura été d'avoir voulu satisfaire à l'exigence du dossier et de l'abat-voix que l'usage ici réclame, et d'y avoir introduit une composition peut-être sans harmonie avec la partie iuféricure.

Là est effectivement le point dedifficulté, peut-être impossible à résoudre dans un caractère sérieux. On veut que le prédicateur ait derrière lui un corpsplein, et au-dessus de sa têle une espèce d'impériale, pour favoriser et rabattre le son de la voix. Or c'est là , comme on l'a vu , la source de tous les port-àfaux et de toutes les invraisemblances dont on a parlé.

Il nous paraît qu'il y aurait, sans tant de dépenses, d'absurdités et de mauvais goût, un moyen bien simple et bien économique de procurer à l'orateur ce qu'il est d'usage de croire ici nécessaire ; ce serait d'étendre pour le temps des prédications une tapisserie derrière lui, et de suspendre sur sa tête une impériale d'étoffe mobile, qui disparaîtrait à volonté. Resterait alors la chaire imitée des ambones , objet d'architecture et de décoration, sage à la fois et riche, susceptible de plus ou moins de dépense. Il pourrait même en résulter , selon la matière qu'on emploic-

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roit, une asseï grande économie de travail, mail surmauvais goût.

CHALCIDICUM. Au mot Basilique , nous avons touché par avance quelque chose sur ce qu'éloient les chaleidiques, sur l'origine de leur nom , et sur la place qu'il» ont dû occuper lorsqu'ils faisaient partie de la basilique. Mous allons essayer de déterminer ici les notions qui nom paroissent les plus vraisemblables sur l'interprétation du mot et l'explication de la chose même.

Les interprètes ont été jusqu'ici fort en peine d'expliquer le clinlcù/irum par sa signification étymologique. 11 nous piroit qu'il n'y a guère à recueillir de ces recherches que des conjectures plus ou moins hasardées.

Il s'est d'abord élevé des doutes jusque sur le mot et sa composition. Quelques-uns ont voulu qu'il se soit composé des deux mots grecs chalcos, bronze , et oicos, maison. Mais pour former un mot de ces deux mois, il faudroit dire chateioicos. Ainsi, dans le fait, appela-t-on, à Lacédemone, un temple de Minerve tout revêtu de brome, dont on a parléau motBaosie. (forez ce mot et Chaixioecos. ) Ce dernier mot ne veut donc dire autre chose que maison de bronze. D'autres ont voulu composer ce mot de X***"» brome, et de tn* , justice , et par suite en faire un hôtel ou tribunal, ou ce que nous dirions cour des monnaies. Toutes ces hypothèses, fondées sur la décomposition du mot, reposent sur une erreur : c'est que le mol n'est point , dans sa primitive arception , un substantif, mais bien un adjectif, formé du génitif de choit is , chalcidis , et signifie simplement , comme beaucoup d'autres mots semblables , qui est de Chalets, qui appartient à Chakis. Ainsi, il faut

Et voilà ce que nous passages d'ancien* écrivains.

Ausonc, interprétant un vers d'Homère où il est parlé d'une vieille qui monte dans une salle élevée , se sert du mot chalcidicum.

Je voudrais bien , dit Aroobo , voir vos dieux et vos déesses pile-mel» dans vos grands chaleidiques et dans ces palais du eiel. On éerit (dit-il ailleurs) que vos dieux font leurs festins dans de grandes salles à manger qui sont aux cieux et dans des chaleidiques tout d'or.

Festus , qui se sert du mot chalcidomutn , dit formellement que c'étoit une sorte de bâtiment qui avoit pris son nom de la ville de Choies, où on l'avoit

Voyons maintenant le passage de Vitruve Après avoir fait la description générale de la basilique, de ses formes, de se* proportions , il ajoute : Sin au te m locus erit amplior in longitudine, chalciduia in extremis eonstituantur. ■ Si la longueur du terrain

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» (où Ton construit la basUique) le permet, on pra- » tiquera des chaleidiques aux extrémités. »

Cela prouve déjà que les chaleidiques n'étoient pas des parties essentiellement constituantes de la basilique , et qu'on ne les y adjoiguoil que selon l'étendue de l'espace dout ou pouvoil disposer.

Or rien n'est plus propre à démontrer encore que jamais le chalcidicum u'a été le nom donné au tribunal, qui, comme on le sait, occupoit nécessairement l'hémicycle placé au foud du la basilique.

Les chaleidiques étuient donc de grande» salles.

Maintenant quelques critiques, d'après les passages d'Ausone et d'Arnobe , ont prétendu que ces salles devoieut être placées dans les étages supérieurs des palais. Perrault, fondé sur oc que les grande» salles dont parlent ces deux auteurs occupoient des lieux élevés, s'est imagiué qu'à l'égard des basiliques, les chaleidiques destinées , selon lui , à rendre la justice , dévoient être situées de plein-pied avec les galerie», etc. Or, pour bien comprendre son idée, il faut se souvenir que les basiliques ( voyez ce mot) •voient un rang de galeries eu hauteur ( ce que nous appellerions travées) qui formoient un étage circulant autour de l'intérieur C'est donc aux deux bouts de cet étage que Perrault place , sur les colonnes du rez-de-chaussée , les grandes salles où , selon lui , on rendoit la justice, et auxquelles il donne le nom de chaleidiques.

Pour prouver que ce n'est pas là où l'on doit aller, avec Perrault , chercher la situation des ehalctdiques dans les basiliques où il s'en trouvoit, il sufuroit de dire que les gens d'affaires occupoicut , à la vérité , les galeries hautes , comme les geus de < cupoient les espace* inférieurs. Mais avons avancé que le tribunal occupoit l'hémicycle , et n'avoit rien de commun avec les chaleidiques, il nous faut montrer, par un |«s»age de Pline le jeune, et que le tribunal n'étuit point dans les galeries supérieures, et qu'étant dans la régiou inférieure, il ne pouvoit occuper d'autre place que celle que nous lui avons assignée.

Pline, rendant compte d'une plaidoirie célèbre dans le tribunal d'une basilique , nous dépeint le local demanièreàne laisser aucun doute etsurla forme de l'endroit occupé par les juges , et sur les galeries où se teooit la multitude. Sedcbant judices.... Ingens utraque adt'ocatio et numerosa suisellia. Pro> terea densa circumstantium corona latissimum judf cium multiptici circula ambibat. Ad hoc stipatum tribunal. Alque eliam ex superiore basilic» parte , quà fotminat, quit viri, et audiendi , quod erat difficile, et quod facile visendi studio itnmtnebanl. « Une foule extraordinaire d'auditeurs fortnoit pln- » sieurs cercles qui environnaient les juges; le tribu- •• nal où ils étoienl assis en étoit comme assiège ; les » galeries hautes de la basilique étoient i » les unes de femmes , les autres d'hommes , se i

saut, ou pour entendre, ce qui n'éloil pas facile,

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» ou pour voir, ce qui étoit plus aisé. » Plin. F.piit. lib. vi , epist. 33.

11 est bien démontré par-là que , quand le» chalcidtqui ■■-< auraient été les lieux mêmes où se teooit le tribunal et où te rendoit la justice, ce ne seroit pas dans les parties supérieures de la basilique qu'il conviendrait de les placer. On a vu, d'ailleurs, que les chalcidiques , d'après le plus grand nombre des autorités et les opinions même des critiques , ne peuvent être considérées que comme de grandes salles , susceptibles, sans doute , dans plus d'un genre d'édifices ou de (m Lui , d'en occuper les étages supérieurs; mais on a vu ausxi qu'elles n'étoient pas un annexe nécessaire des basiliqncs ; et \ itruve nous l'a surabondamment prouvé , puisqu'il n'en avoit point établi dans sa basilique de Fano.

Aussi presque tous les architectes ont-ils, dans leurs dessins explicatifs de la description de la basilique , profité de la permission donnée pr Vitruve de ne point y placer de chalculiqtus. Palladio va même jusqu'à donner à «a basilique en longueur moins du double de sa largeur. D'atitres ont imaginé que ces grandes) salles , là où il y en eut , avoient dû être indépendantes des basibques, le* traitant comme des hors-d'crnvro sans rapport avec le corps de l'édifiée ; Us n'ont pas même jugé à propos d'en faire mention.

Ainsi , les uns se sont trompés en plaçant les chaleidiquts où ils ne pouvoient pas être ; les autres, dans la crainte de se tromper, n'ont pas même pris la peine d'en chercher remplacement.

Léon-Batista Albert! , le plus ancien des critiques en cette matière , est le seul qui nous piroisse avoir touché à la solution de la question sur l'emplacement des chalcidiques. Son erreur sur le changement de chalcidicttm en cnusidicum peut se considérer comme une méprise de nom , assez indifférente surtout qnand on touche de très-près h chose. On i , dit-il , auprès du tribunal une allée transqur nous appelons causidique , à raison de ■Ji d'avocats cl de plaideurs qui s'y rassem-

blent, et l'on Joignit les deux parties dans U forme qn'a la lettre T.

Maintenant, si l'on se rappelle ( voyet Basimoce) que le tribunal étoit placé dans l'hémicycle, ou le grand demi-cercle qui formoit le fond «le la basilique , et qui , comme on l'a dit , est devenu dans la basilique chrétienne le presbylermm , on verra romment ce que Alberti appelle l'allée transversale va nous donner, d'un côté et de l'autre du tribunal , un espace véritablement indépendant dn plan de ! U basilique , et qui ne pouvoit être mieux occupé que par les chalcidiques.

Le plan de la vaste basilique de Saint-Paul, à Rome , nous explique à la foi» la chose , et nous en donne l'exemple. On tait qu'elle est la plot ancienne des basiliques chrétiennes , et dès-lors du nombre de i qui ont pn s'approprier plus naturellement les

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traditions des édifices qu'elles imitoient. ( fore: Basilique.) Quand on jette les yeux tur ton plan, on y remarque toutefois une multiplicité de < que la basilique païenne n'offre point; ce 1 tre rangées de colonnes de la nef, I côté deux allée*. Si l'on supprime maintenant un de ces bas-côtés , et qu'en place du second rang de colonnes on suppose un mur qui de chaque côté iroit s'appuyer au mur transversal ; eh bien . le* grandes salles , ou chalcidiques , dont |«rle V itruve , seront précisément ce* deux bras ajoutes de l'un et de l'autre côté aux extrémité* de U basilique ( in extremis) ; et voilà ce qui , considéré en plan , donnerait , selon Léon-Batista Alberti , à l'espace intérieur la ligure d'un T.

En jetant les yeux sur les espaces du plan dont nous parlons, on trouvera que le* grandes salles appelécs chalcidiques auraient près de 70 pieds de longueur , sur 4o à 4S de largeur, et on aurait pu les amplifier encore beaucoup plu*.

L'est cette addition pratiquée aux deux extrémité* de la basilique {in extremis) , et qu'on appelle aujourd'hui la croisée , qui très- probablement aura porté les architectes à naturaliser , si l'on peut dire , dans les églises, cette disposition qu'on appelle de croix latine , qui fut celle des grandes basiliques païennes , et que sa conformité avec le signe révéré du christianisme aura perpétuée jusqu'à nos jour».

En résumant tout ceci , on trouve que , d'après les nombreux passages des auteur* , les chalcidiques furent généralement de très-grandes salles dont la dénomination étoit venue de la ville de ChaUis , qui en avoit donné les modèles. On voit que très - naturellement, dans certains cas, on put avoir le besoin de donner aux basiliques, centres d'une multitude d'affaires et de concours divers , des salles spacieuses qui en furent les annexes. On voit que, pour rester dans les données générales du plan des basiliques, on ne put pratiquer ces supplément de local et de construction qu'en ajoutant à son extrémité, et de chaque côté du tribunal , ces deux portions de local

CH ALCIOECOS. Est un mot grec qui signifie maison d'airain. Ce nom fut donné à un temple de Sparte , consacre à Minerve , et dont cette déesse avoit emprunté l'épithète que les poètes lui donnèrent. Le temple dont il s'agit avoit été réellemcut revêtu de bronze, ou, pour mieux dire, de bas- reliefs en brome dans toutes ses partie* intérieures et extérieure*. Gitiadas, poète et sculpteur, Spartiate d'origine et de naissance , en avoit été l'architecte. {Voj.

BROKIt. )

CHAMBRANLE , s. m. C'est le nom qu'on donne à une bordure avec moulures, autour d'une porte , d'une fenêtre, d'une cheminée, etc.

Le chambranle se compose de trois parties, savoir,

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tics doux cèles , que l'on appelle les montant, et du couronnement , qu'on appelle traverse.

Le chambranle reçoit des variétés , selon celles de rluque onlonnance ou de chacun des ordre* qui forment l'ensemble de la décoration d'un édifice , et ces variétés consistent dans le genre et dans la mesure des ornemens , qui doivent être assortis au caractère général.

I^c chambranle du genre le |Jus simple , c'est-àdirc, sans profils ni moulures, n'est qu'un simple bandeau , et on ne lui donne pas d'autre nom.

• La mauiére, dit Vilruvc, de faire les portes et leurs cluimbranles est telle , qu'il faut première- • ment convenir de quel genre on les veut , car il y » a trois sortes de portes, savoir, la dorique , l'ionique et l'attkurge. » {frayez Po*TE.)

C'est aiiMi à l'article Porte qu'on rapportera les différentes manières de faire les chambranles , et de les orner. En effet , cette décoration extérieure des portes et des fenêtres constitue les principaux rapportsqu'elles ont avec l'architecture considérée comme déco ration.

GnxmjuûrLK a cbomettks, Chambranle qui est

orné j ses encoignures d'oreillons qu'on appelle crosse II es.

Chambranle a ou. C'est celui qui porte sur l'aire du |uvé ou sur un appui de croisée sans pliuthe.

CHAMBRAT (de), mort en 1G76, appelé aussi de Chantelou , doit trouver place entre les hommes qui ont bien mérité de l'architecture , sinon par la pratique de l'art, du moins par le savoir et le zèle avec lesquels ils ont , par leurs écrits , contribué à répand i-c les plus saines doctrines cl maintenir les meilleurs principes.

De Chambray traduisit en français le Traité de la peinture par Léonard de Vinci , les quatre Livres d'architecture d'André Palladio; mais il est beaucoup plus connu \ar son Parallèle de l'architecture antique avec la moderne, dout la réputation et les excellentes vues nous ont |wru devoir lui donner le droit de trouver place dans un ouvrage où l'on a cherché à réunir les uoms et le titres de ceux qui ont le mieux mérité de l'architecture.

Le titre du livre qu'on vient de citer annonce, à la vérité , un point de vue (Jus considérable que celui auquel l'ouvrage s'est restreint. Ce parallèle des antiques avec les modernes ne consiste que dans le rapprochement des profitions que les uns et les autres 4Mit données aux différera ordres, et des diversités qu'on v rencontre. Sous ce point de vue , l'ouvrage de Chambray doit se considérer comme une théorie purement classique , dont on ne sauroit trop recommander l'étude aux jeunes architectes. 11 ne nous est guère possililc dans cet article d'en rendre un compte qui , pour en dooner une juste idée, exigerait le secours des ligures, seules propres a bien faire conce-

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I! voir les résultats des parallèles dout l'auteur tue la raison de ses jugemens.

Toutefois, pour faire connoitre l'esprit de cet écrivain avec tout l'intérêt qu'il mérite , nous allons rapporter textuellement quelques-unes des idées qu'il a consignées sur l'architecture dans l'avant -propos de son ouvrage.

■ Je m'attends, dit-il, que, n'étant point artiste, » on me dira que ce n'est point mon fait de prescrire ■• aux autres les règles de leur art ; que je n'apprends " rieu ici de particulier; qu'il eût mieux valu cher- ■■ cher et produire quelque chose qui n'ait point en- ■ core été vu ; que l'esprit est libre ; que nous avons » autant de droit d'inventer et de suivre notre génie » que les anciens ; que l'art est une chose infinie qui

• va se perfectionnant tous les jours cts'aecommodant «à l'humeur des siècles et des nations; et plusieurs " autres semblables raisonnemens vagues et frivoles » qui fout néanmoins grande impression sur l'esprit » des demi-savans. .. Mais il ne faut pas s'en rappor- » ter à de tels arbitre*.

» Ou en trouve d'autres , quoique rarement , à la » vérité , qui ayant bieu établi leur première étude » sur les principes de la géométrie, avant queue tra- » vailler, arrivent sans peine et sûrement à la con- » noissance de la perfection de l'art. Ce n'est qu'a » ceux-là que je m'adresse pour leur communiquer » la |>ensée qui m'est venue, de séparer en deux -branches les cinq ordres de l'architecture, et de » former à part un ror|« des trois que nous avons eus » des Grecs, le dorique, l'ionique et le coriulbien , » qu'on peut appeler avec raison la Heur et la perfec- » tion des ordres, puisqu'il* contiennent non-seule—

• ment tout le beau, mais tout le nécessaire de l'ar- » chitecture, n'y ayant que trois manières de bâtir, » la solide, la movenne et la délicate, lesquelles sont •■ toutes parfaitement exprimées en ces trois ordres... » Par conséquent, on n'a pas besoin des deux autres » ( le toscan et le composite ) , qui semblent , comme » étrangers , être en quelque façon d'une antre es- » pi-ce.

■> Les artiste» que la nature a le mieux partages, et

• qui ont une plus belle imagiuation, voient bien que » La beauté véritable et essentielle de l'architecture » n'est pas simplement dans chaque partie prise à » part, mais qu'elle résulte principalement de la sy- » nié trie , qui est l'union et le concours général de

• toutes ensemble, laquelle vient à former comme une

• harmonie visible que les yeux éclairés par l'intelli- » gence de l'art considèrent avec grand plaisir.

« Voulons-nous donc bien faire? ne quittons point » le chemin que les Grecs nous ont ouvert. Suivons » leurs traces, avouant de bonne foi que le peu de » bouncs choses qui a passé jusqu'à nous est encore » leur propre bien.

« C'est le sujet qui m'a convié de commencer ce » recueil par les ordres grecs , que je suis allé puiser

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» écrivent les auteurs modernes. Car les meilleurs ■• livre» que nous ayons sur cette matière , ce sont 1rs ■> ouvrages de ces vieux maîtres qu'on voit encore au- » jourd'hui en pied , la beauté desquels est si veri- » table et si universellement reconnue , qu'il y a près » de deux mille années que tout le monde l'admire.

• C'est la qu'il faudroit aller faire ses études pour

■ accoutumer ses yeux et confirmer son imagination

• aux idées de ces cxrellens esprits qui, étant nés » parmi la lumière et dans la pureté du plus beau . climat de la terre, étoient si nets et si éclairés, qu'ils » voyoieut naturellement les choses que nous dé- » couvrons ici à peine après une longue et pénible . étude.

» Pour moi, je remarque dans les trois ordres ■•grecs une beauté si particulière et si excellente, » que les deux autres latins ne me touchent point eu

■ comparaison. Aussi le rang qu'on leur a donné fait-il » bien conuoitre qu'il n'y avoit plus de place pour » eux qu'aux extrémités , comme le rebut de part et

• d'antre. »

Ce léger extrait nous parolt devoir suffire pour faire connoître Chambrât, par oc qu'il a montré de connoissances et de goût dans la théorie de l'architecture. Tous les deuils de sa vie étant inconnus, uous nous contenterons de dire qu'il vécut sous Henri IV, Louis XIII, et le commencement du règne de Louis XIV; qu'il étoit uni par les liens du sang et de l'amitié à Sublct des Xoyers , secrétaire d'Etat et surintendant des bâtimens sous Louis XIII , et que ce fut lui qui amena Le Poussin à Paris.

CHAMBRE, s. f. Se prend quelquefois comme root générique, qui désigne d'une manière «ague et indéterminée une pièce quelconque d'un appartement ou d'une maison.

Chambre , pris dans son sens plus précis, dans celui snrtout qui rst relatif à l'ordre, à la distribution et à la nomenclature des appartemens dans les habitations ou les palais modernes , signifie la pièce destinée au sommeil et au repus.

Ayant à traiter cet article sous le rapport des nolions historiques que l'antiquité nous présente , et mus celui des règles que la théorie moderne peut y appliquer dans l'art de la distribution des appartemens, je dois prévenir que dans la première partie le mot chambre ne sera considéré que sous la valeur déterminée du mot générique. Les restes de toutes les pièces qui subsistent encore dans les ruines des fabriques antiques, ne permettent pas de pouvoir assigner à chacune une qualification très-précise. La seconde partie de cet article envisagera le mot chambre sous la signification exacte que l'usage lui donne dans nos maisons.

DES CHAMBRES ASTIQUES.

Le mot camera , qu'ont pris les Italiens au latin

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chambre, et qui en est indubitablement l'étvroologie, n'exprimoit pas cliex les anciens , l'idée qoe nous y attachons aujourd'hui. Ce root signifie premièrement une voûte ou un lieu voûté , et il me semble bien superflu de chercher si l'application de ce uxit à l'idée moderne prouve ou ne prouve pas que les chambres des anciens etoient toujours voûtées. Les anciens donnèrent, itimmc nous, des noms particuliers a toutes les pièces qui composoient l'intérieur de leurs maisons. !.. - descriptions des maisons de campagne de Pline le jeune peuvent servir a prouver ce qu'on avance ici. C'est là qu'on verra les differmées bien sensibles qui existent entre tous ces mots; mais il semble aussi qu'on peut en inférer que le mot cubiculum , celui qui représente exactement l'idée que nous attachons au mot chambre , s'employait chez les anciens, comme parmi nous, d'une façon assez générale, et comme l'équivalent du mot pièce. En prenant ce mot sons l'acception de son usage particulier, comme chambre à coucher, les anciens, outre euhiculum, employoient aussi le terme thalamus. Ainsi ce que nous appelons antichambre se Domrooit par eux anlilhalamus. {F. Antichambre.)

Vitruve, dans les préceptes qu'il donne sur la disposition des maisons, ne parle que de l'ordre et de la distribution de leurs pièces, et ce qu'il en dit ne saurait concerner que l'article maison. ( forez ce mot. ) Si l'on veut quelque chose de plus particulier aux chambres , c'est dans les monumens et les ruines antiques qu'il faut aller chercher et qu'on }>eut trouver quelques détails satisfaisans sur leurs formes, leur disposition et leur décoration.

Il ne nous reste malheureusement rien qui puisse nous donner des lumières bien précises sur la nature des chambres dans les maisons des grandes villes. La découverte de la très-petite ville de Pom|ieï peut servir, si l'on veut, à asseoir des conjectures vraisemblables, plutôt qu'à établir des notions certaines a cet égard. l#e nombre des maisons, et par conséquent des chambres qu'on v a trouvées , étoit encore peu considérable lorsque ninckelmann en visita les ruines ; mais la grande ressemblance de tous ces intérieurs de maisons, l'exactitude connue de ce célèbre historien de l'antiquité , m'engagent à rapporter ici le peu qu'il en a dit, d'après le peu qu'il en avoit vu. Depuis lui, les découvertes n'ont pas lieancoup ajouté à ses notions.

« Jusqu'à présent ( c'est Winckelmann qui parle ! on n'a découvert, en dedans de la porte de Pompeï, que deux maisons , toutes deux placées sur le penchant de la colline où la ville étoit bâtie. L'entrée de ces deux maisons se trouve du coté de la rue. La cour de l'une d'elles peut avoir au-delà de 70 ]ialmes romains de long.... De la cour on entre immédiatement dans cinq chambres, tant de l'un que de l'autre coté ; et en face de la porte de la cour il y a Iroi» autres chambres , qui toutes ont des pavés de différentes espèces de mosaïques et des murailles peintes.

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« La seconde chambre à la gauche semble avoir été à coucher, comme on en peut juger, n espace pratiqué dans le bas du mur pour v placer le lit sur la longueur, que par deux fers qui formoient les pieds du bois de lit. Cet espace, destiné a contenir le lit, est enduit en couleur rouge, ainsi que tout le pourtour de la chambre, qui a 13 palmes romains de longueur, sur q palmes et demi de largeur.

•• Les murs de toutes ces chambres sont peints; et , quoiqu'on en ait déjà enlevé les meilleurs morceaux pour le cabinet de Portici, il y reste néanmoins encore de beaux tableaux : j'y remarquai deux jeunes ligures masquées dans le goût grotesque. Les seuils des portes de quelques-unes de ces chambres sont d'albâtre blanc.

» La seconde maison, qui tient immédiatement a la première, et qu'on a presque entièrement déblayée , possède encore dans une chambre des peintures plus belles que celles des chambres de l'autre maison. Cette chambre forme, pour ainsi dire, un carré pariait de 1 5 palmes romains, tant en longueur qu'en largeur, n'étant que de 4 pouces plus longue que large i la principale porte a 6 palmes de large. C'est ici que se trouvott là Diane qu'on voit an cabinet de Portki, et qui avoit déjà été coup.* an-

On y voit encore, sur un pan de la muraille, une autre figure autour de laquelle on remarque plusieurs corps d'instrumens. ■•

H me reste a faire sur ces maisons les remarques suivautes. Premièrement, toutes les chambre* en étoicut voûtées ; mais ces voûtes étoicot toutes écroulées, à l'exoeptiou de celles des caves, et on n'a trouvé aux portes des chambres que du bois brûlé. On voit ensuite, à ne pas en douter, que les plus belles chambres et celles qui étoient entièrement peintes , tant des maisons de campagne que des habitations de la

le jour que par les portes, qu'on faisoit, à cause de cela, extraordinaircment hautes et larges. Je ne parle ici que des maisons de Ponipeï ; car nous avons des preuves certaines que les autres maisons des anciens étoient éclairées | (f^ayet Maison et Fenêtre.)

Je ne ferai point, dit encore ailleurs Winekelmann, de recherches sur les chambres des anciens, et je ne citerai point ce qu'on en trouve dans les anciens écrivains, parce que cela a déjà été dit en grande l»artic , et qu'on ne pent en donner une idée exacte sans planches; je me contenterai donc de parler de re que j'ai tu moi-même. Les chambres des anciens, et particuUèrement celles où ils coudraient , étoient |tour la plupart voûtée* par le haut, ainsi que Vairon nous l'apprend ; c'étoit de cette manière qu'étoit faite celle que Pline dirent dans son Laurenlum . et l'on soupçonne que de pareilles chambres, qu'on a trouvées au second étage de la «i/ln Adrien ne, étoient des chambres à coucher , parce qu'il y avoit une grande niche qui servoit d'alcove et dans laquelle étoil placé

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le lit. Les chambres de Pline avoîent des fenêtres tout autour ; dans l'une d'elles cependant le jour tomboit d'en haut, par une ouverture qui se fermoit sans doute pendant la nuit.

Il paraît , par la belle maison de campagne près de Pompe i ', par les ruines de la villa Adrienne, et par celles d'une villa découverte il y a quelque temps à Tusculum , que le* chambres des anciens étoient fort petites. Celle dans laquelle s'est trouvée, à Herculanum , la bibliothèque composée de plus de mille rouleaux, étoit si petite, qn'en étendant les deux bras on pouvoit presque toucher l'une et l'autre muraille. A quelques appartemens de Tiuculum, il y avoit une espèce d'autichambre dont la largeur ne passoit paa celle d'une allée étroite ; et c'est là que se tenoit le }>ortier, ou celui qui annonçait au maître de la maison les personnes qui venoient lui faire visite. Il parait que la chambre intérieure du maître n'avoit pi. -.1 1 1 1 de porte , car on n'y trouve aucune espèce de fermeture, et il se pourrait qu'on se fût contenté d'y pendre un voile ou rideau, a ppelé par les anciens vélum admissionis.

Tous ces détails semblent prouver que la vie domestique des anciens étoit en général fort modeste et sans le moindre luxe ; que leurs maisons étoient simples, et leurs appartemens fort petits. C'est ce qu'on peut inférer encore d'un passage de Démosthène, où il dit : h Théraistocle et Cimon , ces hommes d'ailleurs si adonnés au luxe, n'habitoient point de maisons plus magniliqucs que leurs voisins. »

De toutes les notions qui nous sont parvenues de l'antiquité, il résulte donc que les chambres des anciens étoient en général d'une petite dimension ; qu'elles étoient pour l'ordinaire voûtées; que souvent elles ne recevoient de jour que par l'ouverture pratiquée au-dessus de la porte; que les fenêtres, dans celles qui en a voient, étoicut élevées de manière à ne pas permettre de regarder a u-dchors (voj: Fenêtre); qu'elles .i vi nenl , en place de cheminée , des hvpocaustes et conduits de chaleur (voyez Cheminée) ; que leurs murs étoient enduits d'une couche de stuc propre à recevoir les peinture» dont on les ornoit : qu'en général la simplicité, la propreté, en Lisaient les principaux caractères. Quant à l'ordre, à la distribution que l'usage avoit pn établir dans les appartemens, si toutefois il régnoit sur cet objet, comme cher les modernes, une certaine uniformité de mode et d'étiquette, on ne saurait trouver de renseignemens plus précis que dans les deux lettres de Pline le jeune sur ses maisons de campagne.

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