DES CHAMBRES CHEZ LES MODERNES
On distingue, dit J.-F. Blondel , dans les distributions d'un bâtiment considérable, six espèces de chambres , de celles qu'on nomme chimbres à coucher. Cette dernière condition, qui caractérise aujourd'hui une chambre, n'étoit pas admise par les
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anciens architectes; ils nommoient indistinctement chambres toutes les pièces habitées parle* maîtres, à l'exception des vestibules, des salons, des ))éristvles et des galeries. Les six sortes de chambres dont on a parlé s'appellent , chambre à coucher, chambre ifc parade , chambre en estrade , chambre en niche , chambre en alcove, et chambre en galetas. Nous allons faire ennnoitre ces différentes chambres en mirant cet ordre.
Chambre à coucher. C'est celle où l'on couche, où le lit est isolé et situé en face des croisées, à moins qu'on ne soit obligé de le placer ailleurs par quelque sujétion involontaire; ce qu'on doit éviter dans la distribution d'un bâtiment. Une chambre a coucher doit être exposée au midi ; et comme c'est le lieu le plus habité , sa décoration comporte de la richesse , mais plutôt celle qui résulte des étoffes et des ameublement, que de l'architecture proprement dite. Les meubles concourent au caractère particulier de chaque pièce, et ib y contribuent plus qu'on ne pense ; aussi leur dessin et leur ordonnance seront décidés par l'an-
par le tapissier, qui ne doit qu'exécuter. Il arrive trop souvent que le tapissier décide de tout l'ameublement ; il le fait sans égard a aucune des nuances et des bienséances que le local indique , et l'accord est manqué. L'architecte doit donc présider à tons ces d Ha ils ; aucun n'est indifférent à l'objet qu'il veut iplii
les paaussi diffé-
: h précédente , que plus de tnagnilli et de luxe, puisqu'elle ne sert qu'à l'ostentation. Il y a ordinairement au fond un lit magnifiquement décoré : il est , ou dans une riche alcove , ou séparé par une balastrude formée par des balustres, à hauteur d'appui , au-dessus de laquelle s'élèvent des colonnes qui portent un entablement, (Voyez Alcove.)
La balustrade sépare ordinairement cet endroit du reste de la pièce ; de manière que cette enceinte est garnie d'étoffes lorsque le reste est revêtu de menui- Toutefois cet détails d'ameublement sont tel- I, soit à l'empire de 1a mode, soit au
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Chambre de parade. C'est celle qui , dans b lait, fait partie des appartement qu'on appelle de parade. Cette chambre ne comporte d'autre
a reconnu que cette inégalité, qui interrompt le niveau d'une pièce, avoit des inconvénient.
Chambre en niche. C'est une chambre au fond de laquelle est une espèce de niche où l'on place le lit. Aux côtés de cette niche sont deux dégagement , que l'on ferme avec des portes sur lesquelles on met des glaces au lieu de tableaux, pour donner du jour aux dégagement et éviter de faire des portes vitrées, qui produisent toujours un mauvais effet. Les chambres ' 'te ne se pratiquent que dans les petits appar- , soit adjacens à ceux de parade, toit dans les i des particuliers. On décore ces chambres de
I pays, que le seul précepte a ner sur cet objet à l'architecte , est d'accorder le mieux qu'il pourra la convenance avec le goût. On peut cependant prescrire la forme que doit avoir cette espèce de chambre : elle doit être telle , que ,
l* La profondeur excède la largeur, de manière que depuis le lit U chambre soit carrée; 9° Que les croisées soient opposées au lit; 3» Que les cheminée» soient placées de manière à ■ le milieu de la pièce, et se trouvent du coté ■ à la principale entrée.
• en estrade. C'est celle où plusieurs gradins forment une élévation à la place qu'occupe le lit. Cette
tapisseries avec des bordures posant sur un lambris, et le fond du lit se tapisse de même. Quoique ce genre de pièce toit devenu très à la mode en France, néanmoins il faut convenir que le service y est plus difficile que dans aucun autre endroit. C'est jMurquoi l'on affecte souvent d'ouvrir le fond de ces niches par des coulisses ou par des stores qui procurent la facilité de circuler autour du lit.
Chambre en alcove. Chambre à coucher, dans laquelle est une alcove où est placé un lit; elle ne diffère des autres que par-la. (Voyez Alcove.)
Chambre en galetas. Chambre pratiquée et lambrissée dans le comble d'un bâtiment. Elle est destinée aux officiers de la maison ou aux principaux do-
Cii.tMtnr. de port. C'est la partie du bassin d'un port de mer dans la retirée , et la moins profonde , où l'on tient les vaisseaux désarmés et cil fa très. On la nomme aussi darsine.
Chambre d'éci.lse. Espèce de canal compris entre les deux portes d'une écluse, (Voy. Écluse et Canal.)
CHAMP, s. m. Ccst l'espace qi d'un cadre, ou le fond d'un ornement et d'un l partimcnl ; c'est enfin la surface sur laquelle s'élève en saillie tout objet de sculpture, qu'il toit du même morceau que le fond , ou qu'il y soit appliqué après coup. (Voyez Bus-reuee.)
Champ signifie encore, dansl'art de bâtir, la face 1a plus étroite d'une pièce de boit , de fer on de métal , ou d'une pierre, relativement â sa position. Ainsi l'on dit qu'une pièce de boisest posée de champ lorsqu'elle porte sur sa face la plus étroite, qui signifie ton épaisseur. (Voyez Poses , Poctre et Solive.)
Champ. Ce mot, qui vient du latin campus, signifioit chez let Romains un lieu ouvert , une place publique où les jeunet gens s'assemhloient pour faire leurs exercicet, pour y donner certains spectacles, etc. et on les citoyens tenoient aussi leurs comices, c'està-dire , les assemblées dans lesquelles il s'agistoit de délibérer de quelque affaire publique.
On comptoit à Rome un gra nd nombre de champs: le plus célèbre , le plus vaste , et le pin» orné de tem-
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pies et de monument, étoit le Champ-dc-Mars : il t'étendoit depuis la porte Flaminia jusqu'au pont Saint-Ange, et «a largeur étoit proportionnée a sa longueur.
CHAMPIGNON, s. m. EsjxVe de coupe renversée, taillée en écaille* par-dessus, qui sert dan* le* fontaines jaillissante* a faire bouillonner l'eau d'un jet ou d'une gerbe en toiubaut , comme aux deux fontaines de la place Saint-Pierre à Rome.
CHANCELLERIE, s. f. C'est le palais où loge le chancelier, et qui consiste en grandes salles d'audience et de conseil , cabinets et bureaux. Le palais de la chancellerie à Rome est un des plus beaux de cette ville, et un ouvrage de Bramante.
CHANDELLE, ». f. Est un terme de charpenlerie , qui signifie un poteau à-plomb servant d'étai. ( Foyez EtaI.)
CHANDELIER. ( Foret Caxdélame. )
CHANDELIER D'EAU, s. m. C'est une fontaine dont le jet est élevé sur un pied, en manière de gros ba lustre, qui porte un petit bassin comme un plateau de guéridon , d'où l'eau retombe dans un autre bassin plus grand, au niveau des allées, ou avec un bord de marbre ou de pierre au-dessus du sable.
CHANFREIN, s. m. Eu une surface étroite formée par l'arête abattue d'une pièce de bois, de métal ou de pierre, et qu'on nomme communément ùiseau .
C1IANFREINER, v. a. Désigne l'opération d'abattre les arêtes d'une pièce de fer ou d'une
pierre.
CHANGE, s. m. Edifice public qui consiste en un ou plusieurs portiques au rez-de-chaussée, avec salles et bureaux, où des marchands et banquiers s'assemblent pour le commerce d'argent et de billets.
On appelle a Paris cet édifice place, loge fin change a Lvon , et bourse à Londres, à Amers et à Amsterdam, où ce bâtiment est un des plus beaux de la ville et de tous ceux du même genre qu'on voit ailleurs, (forez Housse.)
CHANGEMENT DE DÉCORATION. C'est l'opération par laquelle on change le lieu de la scène, en substituant une nouvelle toile et de nouvelle* coulisses à celles qui disparoisscut. ( Foyez Thkithk,
Scitri] etc. )
CHANGEMENT DE PROPORTIONS. C'est, en architecture . une grande question de savoir s'il doit être libre à l'architecte de changer ou de modifier les proportions des objets pour remédier aux erreurs de la vue, et corriger l'altération apparente que l'éloignement et la situation dos objets produisent dans leur forme ; ou s'il faut laisser aux effets de l'op-
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tique toutes les illusions que la nature y produit, et ' s'en rapporter au jugement de l'ceil pour les rectifier ; si l'art enfin doit chcrclier à les prévenir, à les corriger, ou à les exagérer.
(Vite question a exercé la plupart des architectes qui ont raisonné sur leur art , et plusieurs se trouvent partagés.
D'abord , pour s'entendre , je dois prévenir le lecteur qu'il n'est pas ici question de ces changement de proportions dont l'architecte est incontestablement le maître, et qui consistent à augmenter ou diminuer la hauteur, la saillie, le diamètre des membres, îles corniches des colonnes, selon la situation où se trouvent toutes ces parties , selon le caractère qu'il veut exprimer, l'effet qu'il veut produire; tous change mens dont le goût est arbitre
Il est question de sa\oir si l'on peut corriger de fait l'altération apparente que la perspective introduit dans l'aspect des édifices, soit en rétrécissant, soit en inclinant , soit eu allongeant , ou vire versé, toutes les parues dont la situation et la forme semblent changer, et s'il est permis de les disposer de manière à ce que l'effet de ces changemens ne soit plus sensible.
Voici ce que Vitruve enseigne a cet égard , et ce qui a douné lieu à de grandes disputes :
«Soit, dit-il, que nous voyions les choses par >• l'émission que les olijets font des images, on par » les rayons que nos yeux répandent sur les objets , » comme les physiciens l'estiment , il est toujours » vrai que le jugement que uous faisons des choses ■ sur le rapport de nos yeux n'est point véritable. » De sorte que, puisque ce qui est vrai paroît faux , » et que les choses semblent être autrement qu'elles » ne sont, il n'est pas douteux, je pense, qu'il soit » nécessaire d'ajouter ou de diminuer en changeant » les proportions, quand la nature des lieux le dc- » mande, |tourvu que l'on ne touche jioint aux choses '•essentielle*. »
Perrault , qui réunissoil la pratique à la théorie , paroit être sur ce point d'un avi* contraire à celui de Vitruve. Nous allons rapporter les principaUs raisons sur lesquelles il se fonde, et que nous avons extraites du chap. vil de son Ordonnance des cinq ordres.
« D'après la célèbre histoire, dit- il, des deux | statues de Minerve faites pour être posées eu un heu fort élevé, dont on prétend que l'une réussit mal , parce que le sculpteur n'en avoit pas changé les proportions , il est difficile de désabuser ceux qui prétendent que l'art doit remédier aux erreurs des sens ; j d'autant plus que les architectes, eu égard aux differens aspects , font consister l'excellence de leur art |! dans le changement de proportion. Ainsi, on veut ' que les colonnes colossales diminuent moins que les I petites, on veut que le» entablenieua placés sur elle* | aient une plus graude hauteur, dr crainte qu'ils ne
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vos architrave^, %us frise», vos corniches, sout-ils^evés, inclinez-les; ils paraîtront, sa tu cela, trop étroit» : sont-iU à la hauteur de l'œil, ou peu audessus , relevez-les; on croiroil sans cela qu'il» ont peu de saillie. On soutient ces conseils de tou» Je» motifs que peut fournir l'optique; et cependant ces chingewens regardés comme »i nécessaires n'ont point été pratiqués dans les édiuecs les plus approuves, et le hasard semble seul avoir présidé i leur emploi. Je le prouve.
• Les colouues du temple de la Paix , du portique du Panthéon , «le Cauipo Vaccino, de la basilique d'Autouin, n'ont point une autre diminution que celles du temple de Bacchus , dont la tige n'a que 10 pieds : bien plu», les colonnes du temple de l'austine, du portique de Svptiuiius , des thermes de Dioctétien et du teni|>le de la Concorde , dont la tige est de 3o et 4° pieds, ont plus de diminution que celles des arcs de Titus, de Septimius et de Constantin , dont la tige u'a que i5 cl 20 pied*.
« Relèvement des soffites. On doit , dit-on , le pratiquer pour faire paroi tre les saillies de» membres, 1* quand les aspects sont éloignés : au [mrtique du Panthéon, où l'aspect peut être très -éloigné, les sotiites ne sont pas relevés, et ils le sont dans le temple , où l'aspect est proche nécessairement ; 2° quand les parties ne sont point à une grande hauteurs au théâtre de Marcellus, les sortîtes sont relevés au second ordre, et nou au premier; au Colisée , ils le sout aui quatre ordres ; enfin , aux temples de Yesla et de Bacchus, dont les ordres sont de la plus petite prO|X>rtiou, les soflites ne sont point relevés; 3e quand on n'a pas la liberté de donner aux parties les saillies convenables : à l'architrave du temple de la Fortune virile, les soflites des faces sont relevés, quoique la grandeur des saillies soit extraordinaire. Venons à l'inclinaison des faces. Elles doivent, dit-on , incliner en devant, lorsque l'aspect trop proche oblige de les voir obliquement , ou lorsqu'il est nécessaire de leur douner uuc grandeur apparente, après les avoir diminuées en réalité. L'antiquité s'oppose encore à celte maxime; car, dans tous les monumens déjà cités , les faces inclinent eu arrière, soit qu'elles aient leur juste proportion , ou qu'elles ne l'aieut pas, soit dan» leur plus haute ou leur moindre élévation.
« Il faut avouer cependant que l'antique lui-même nous donne quelques exemples du changement que nous combattons ; mais ces exemples fortifient notre principe, par le mauvais effet qu'ils présentent. Citons le plus remarquable.
« Au Panthéon , les carrés du com|>arliiuciU de la voûte étant enfoncés par degrés , en forme de pyramides creuses, l'axe de ces pyramides, au lieu de tendre au centre de la voùtc , se va rendre à 5 pieds du pavé au milieu du temple, et couséquemment il
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n'est point perpendiculaire • la base de la pyramide , ainsi qu'il aurait été nécessaire pour garder la symétrie. U arrive de là que ces pyramides c renies sont \ues d'en-bas et du point du milieu, sous le même aspect qu'elles le seroicut si elles étoient dirigées au centre de la voûte, et que le spectateur y fût élevé. Mais qu'il ne sorte pas du milieu du temple, car aussitôt il s'a]>crcevra de l'obliquité de ces axes et du dérangement de la symétrie. Cet efTet est bien plus considérable à la vue que si l'on avoit fait ces enfonceinens avec une direction droite , telle qu'elle doit être à l'égard de ht voûte. Le seul inconvénient de celle-ci est qu'une partie du giron des degrés inférieurs de chaque pyramide aurait été cachée par la hauteur des degrés lorsqu'on se serait avancé vers le mur, et que l'on aurait eu uu plus grand nombre dv ces girons lorsqu'on se serait éloigne du milieu. Mais doit-on se plaindre de ce que, «Luis une figure vue de côté, le nex cache une partie d'une des joues.' Labaco , instruit par ce mauvais succès, quoiqu'il ait loué le changement des proportions, ne l'a poiut I pratiqué dans les pyramides creuses des compartimensde la voûte de Saint-Pierre, quoique la grande élévation que ce temple a au-dessus du Panthéon augmente beaucoup l'inconvénient que cause l'épaisseur des premiers degrés en cacliant les girons de ceux qui suiveut. Il a sans doute reconnu que rien n'est plus ordinaire que de voir des parties qui se cachent les unes les autres , et que lirai est habitué a suppléer les proportions des choses entières , par le jugement qu'il fait de la grandeur d'un tout dont il ne voit qu'une partie; et ce jugement en général autorise à ne point changer les proportions, parce qu'il ne manque jamais d'empêcher que l'on ne soit trompé par les aJtératious et les effets désavantageux qui, kIou que nons l'imaginons d'abord, doivent être les résultats de 1 eloignement et des différentes situations. Donc tout changement est inutile.
•> Démontrons qu'il est vicieux. Quiconque connoit la proportion qne doit avoir un entablement, ne manque pas de voir si l'architecte, à quelque hauteur qu'il l'ait élevé , ne l'a pas fait plu» grand sur la colonne qu'il ne devoit l'être. Quoi d'ailleurs de plu» facile que de juger si un homme qui est à la fenêtre la plus élevée d'un bâtiment, a la tète plus grosse que les hommes ne l'ont ordinairement ? D'après cela , et conformément au principe qui vent que ce. qui est porte ait un rapport calculé avec ce qui le porte, cet entablement, qui est par sa masse plus grand qu'il ne doit l'être à proportion de la colonne qui le soutient, choquera toujours la vue ; de même si , pour empêcher qu'une statue dans sa niche paroisse penchée en arrière , vous l'inclinez en avant , mon <eil la verra toujours dans ce surplomb disgracieux.
Mais, demande-t-on , l'oeil pcnt-il juger avec une parfaite précision de la grandeur des objet* éloignés.' I Je réj ouds qu'il l'obtient par la comparaison. Kn
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effet , il lui suffit de com|-arcr la grandeur de l'entablement à celle de» autre» partie» de l'édifice , pour juger ri cet entablement eat dan» une exacte proportion. L'éloignement ne lui empêche pa«dc faire cette comparaison, parce que tout, en même point, diminuant en même degré, il ne peut ôter à l'ail la faculté de «'apercevoir de l'augmentation que l'architecte anroit donnée à la grandeur d'une prtie quelconque. A quoi sert donc un changrmtnt qui ne peut produire aucun bon effet, »i ce n*e*t à une certaine distance, et en supposant l'reil dan» une situa- 1 A rien , puisque la situation supposée
« Je croi» donc qu'il n'y a pas de raison de corrompre le» proportion» pour qu'elle» ne paraissent pa» corrompue», et de rendre une chose défectueuse dans l'intention de la corriger. Les apparences que l'éloignement et la situation produisent , loin d'être défauts, sont l'état naturel et véritable de» chose»; le» «•ranger, c'est les rendre difformes. Tout ce qui a été dit , tout ce qu'on peut dire sur ce sujet , c'est qu'il n'est pas aussi certain que l'éloignement fasse paraître les proportions autres qu'elles ne le sont en effet, qu'il est certain que le changement de la proportion est la corruption visible de cette même proportion ; et enfin qu'il est plu» dangereux qu'une proportion paroisse corrompue quand die l'est véritablement , que quand elle ne l'est pas.
« Cependant , que deviendra l'opinion unanime de tous les architectes, fondée snr l'autorité de Yitrnve, qui enseigne ce changement et qui en prescrit les règles? Comment, depuis près de deux mille ans qu'il est donné en précepte, ne l'a-t-on pas examiné? C'est que , Vitruve avant ainsi décide , on a cru toute disi inutile , et , soumis à sa loi sans la pratiquer,
pion» le» reste» avec une admiration qui nous porte a croire qu'il» ont sans ersse consulté l'optique pour en déterminer les plus petites parties. Les exemples cités prouvent invinciblement le contraire , puisque souvent dans les mêmes aspects les proportions sont diffés, et qu'cll,
« En général , il existe en nous un sens propre à redresser toutes les erreurs des sens, et c'est celui qu'on peut appeler le sens de l'expérience et de l'habitude ; son office est de se réfléchir sur les actions des sens extérieurs. C'est lui qui nous retrace la véritable forme des objets, lorsque leur distance ou leur »ituation les dispose à parottre autres qu'ils ne le sont. Le jugement de l'expérience, ajoutant sur-le-champ à l'image qui est dans l'œil les circonstances des choses qu'il connoît , telles que sont l'éloignement et la situation de son objet , et la grandeur des choses auxquelles il les compare , empêche que ces images l'une pour l'autre. En effet , les
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images d'une étincelle et d'une feuille de papier, lorsque ce» objets sont proches, sont fort peu différentes de celles d'une étoile oud'unc muraille blanche quand l'nn et l'autre de ces objets sont éloignés; de même qn'un ovale ou carré oblong qui sont vus obliquement et de loin , font le même effet dans notre œil qu'un rond on un carré parfait lorsqu'ils sont vus directement, s
11 en est de l'oa'fe comme de la vue. I) y a de même un jugement qui nous fait discerner la parole de ceux qui parlent bat auprès de noua, d'avec la parole de ceux qui parlent haut et qui sont éloignés , quoique le sou de l'une et de l'autre soit affoibli presque d'une même manière ; car, quoiqu'on puisse imiter cet affoiblissGtncnt que l'éloignement apporte , il y a néanmoins une multitude de remarques qui font connoitre la différence qu'il y a entre la foiblesse de l'une et celle de l'autre.
De même la peinture, qui tâche d'affoiblir les teintes pour feindre l'éloignement des ol-jets , ne le saurait faire assez également pour produire le même effet que celui qui résulte de la distance. San» donc que nous songions aux règles de la perspective, sans que notre imagination examine expressément les raisons et les différens effet» de l'éloignement , qui dépendent de rétrécissement des angle» que forment les lignes visuelles et de l'affoiblissement de» teintes de» objet» , le sens commun veille incessamment à toute» ce» chose», il observe toute» ces circonstance»; et s'il arrive qu'il y manque quelquefois, comme lorsque la peinture on la perspective nous trompent, c'est une marque bien certaine qu'il n'y manque pa» d'ordinaire. »>
Pour rendre donc nécessaire la précaution que Vitruve veut que l'on apporte, par le changement dt proportions, contre les tromperies que l'éloignement et l'obliquité des as|)ect» pourroient causer, il faudrait supposer que tout ce qui appartient à la vue ne dépend que de l'organe de l'œil ; ce qui n'est pat vrai , parce qu'elle se sert en même temps du jugement du sens commun , qui la redresse ; et il n'arrive guère* que ce jugement lui manque : autrement la perspective et la peinture tromperoient toujours. Il n'y a pas plu» de raison pour qu'on prenne un rond pour un ovale lorsqu'il est vu obliquement, qu'il n'y en a de prendre un ovale pour un rond quand cet ovale est peint pour paroître rond.
Ces raisons qui , à la vérité , ne sont pas cap de détruire tout-à-fait celles de Vitruve en du changement de proportions , auront néanr assez de force pour qu'on puisse donner à ce précepte les restriction» qu'il comporte. Vitruve luimême reconnoît que |»ur en user il faut beaucoup de goût et de savoir, et mon opinion est qu'il se rencontre peu de cas où cette maxime du changement tir proportions paisse s'appliquer.
CHANLATE, s. f. C'est une planche étroite et
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eux
tuiles de l'égout d'une
CHANTEPLEL'RE, ». f. Espèce de barbacane ou ventouse qu'on fait aux murs de clôture construits près de quelque eau courante, afin que pendant son débordement elle puisse entrer dans le clos et en sortir librement : ces mesures sont nécessaire* a la
CHANTIGNOLE, s. f. Les charpentier» appellent ainsi un bout de bois posé et arrêté sur l'arbalétrier d'une ferme, pour porter uu cours de pannes. (Parez Comble.)
Iians plusieurs pays on appelle chantignoles des briques minces dont on se sert pour paver les chambres, lesàtres et contre-cœurs des cheminées. (Foycz Bbiçces.)
CHANTOURNER , v. a. C'est découper une pierre , une pièce de bois, une planche, une lame de fer ou de plomb, suivant uu profil cl dessin donné, ou l*évider en dedans.
a un fort enduit la conserver, le pavé
d'une rue, et sur l'«
CHAPE, s. f. On donne ce fait sur l'extrados d'un
d'une
Cet enduit ,
Vit
itruve app
rorica testacea,
se fait avec du mortier de ciment et des petits cailtonx de vigne posés à bain. Il faut observer de bien Iwttrc cet enduit avant qu'il soit tout-a-fait sec, et de le couvrir ensuite, pour qu'il ne gerce point.
CHAPEAU, s. m. C'est une pièce de bois posée horizontalement , qui termine un ouvrage de charlien te.
Ainsi on appelle chaptau de lucarne la pièce de bois, posée en travers , qui unit par le haut les de
CHAÎSTIER , s. m. Mot tiré du latin contenus, magasin à bois, et qui a plusieurs significations dans l'art de bâtir.
la On appelle de ce nom l'espace autour d'un bâtiment que l'on construit, où l'on décharge le bois , b pierre, le sable, la chaux et autres matériaux propres à la construction de l'édifice. C'est aussi le lieu où l'on taille les pierres et les bois.
a° Les charpentiers appellent chantitrs des bouts de bois qu'ils mettent sous les pièces qu'on présente sur l'étalon pour les rendre de niveau ou les piquer selon leur devers, afin de les tracer et de les tailler, (Koyez fruapEKTEME. )
3*° Les tailleurs de pierres appellent chantiers les pierres et gros moellons qui servent à placer une pierre de manière à pouvoir la tailler facilement ; c'est pour cela qu'on dit mettre une pierre en
d'un escalier de bois.
Chapeau d'étai. Pièce de bois qu'on met au haut d'un étai ou d'une potence.
Chapeau de file de pieux. Pièce de bois attachée avec des chevilles de fer sur les couronnes d'une file de |iieux. (Foyez File de pieux.)
CHAPELET, s. m. Ce mot signifie, en architecture, un ornement ou une baguette découpée en |>ctits grains ronds , comme d'olives , de grelots, de fleurons, de perles. On l'appelle ainsi à cause de sa ressemblance avec les chapelets de dévotion ou patenôtres.
Chapelet. C'est une espèce de pompe qui sert à épuiser l'eau. On l'emploie lorsqu'il s'agit de bâtir dans l'eau, comme lorsqu'on fait les fondations des piles de pont ou d'autres ouvrages de ce genre.
Il y a beaucoup de manières différentes do former des chapelets. Nous nous contenterons ici d'indiquer la plus simple, la plus commode, et celle qu'on met le plus souvent en usage.
Cette méthode consiste à faire passer dans un tuyau une espèce de chaîne sans fin , composée de godets on plaques de métal espacés d'environ a pieds. On peut comparer cette machine a un chapelet véritable ; la différence est que les plaques ou godets tiennent lieu de grains.
Lorsqu'on fait usage des plaques de métal , qu'on appelle palettes, il faut qu'elles aient environ deux lignes de moins en diamètre que le tuyau ; et pour que ces plaques puissent tenir l'eau, on les recouvre avec des rondelles de cuir qui ont juste le diamètre du tuyau. Ou arrête ces rondelles avec des plaques de fer, assurées avec des clavettes. Pour mettre cette machine eu mouvement, on ajuste au-dessus un treuil garni de crochets ou griffes pour soutenir la chaîne. Dam le bas de la machine on ajuste un rouleau qui facilite l'entrée de la chaîne dans le tuyau.
Pour donner une idée de la manière dont on calcule le produit d'un chapelet et la force qu'il faut pour le faire agir, nous supposerons que le tuyau dans lequel il doit passer a 5 pouces de diamètre , sur 9 pieds de hauteur, et qu'à chaque coup de treuil le chapelet monte de six pieds; que les lui le font tourner lui font faire 5o ré
huions par minute, en les relevant au bout d'une heure. Cela posé , il résultera qu'à chaque minute ces hommes élèveront une rolonne d'eau de 3oo pieds , ou 5o toises de longueur, sur une base de 5 pouces de diamètre , sur quoi il faut déduire la place que la chaîne occupe dans le tuyau.
Pour parvenir à évaluer d'une manière sûre et facile cette diminution , il faudra décrocher 6 pieds de longueur de la chaîne qui forme le chapelet , les peser dans l'air et dans l'eau. La différence de ces deux poids exprimera, celui de la partie d'eau dont la chaîne tient la place lorsqu'elle est dans le tuyau.
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i que les (i ; mU ; cscrit 48 livre» dans et 4< livres trois quarts dans l'eau, la difféde ce» deux poids (6 livres un quart) exprimera relui de la quantité d'eau qu'occut»e une toise de chapelet dans le Imau, que nous supposons circulaire, parce que c'est la forme qui convient le mieux , toutes les autres réussissant moins bien. Gela posé , on trouvera qu'une colonne d'eau de 5 pouces •le diamètre , sur ti pieds de haut , pèse 5" livres et demie, dont, en ôtant 6 livres un quart pour le |»ids de la partie occupée par le chapelet , il restera 5t livres et demie pour celui de chaque toise de la colonne d'eau fournie par cette machine , et aWii livres et demie |K)iir les 5o toises que peut produire
Divisant ce jioids par -o livres , qui est celui d'un pied cube , on trouvera 3b6 pieds cubes , ou 45 mnids trois quarts de chacun 8 pieds cubes, |<our une minute, et ?-45 muids |iour une heure.
Quant à la force qu'il faudrait pour faire mouvoir celte machine , elle dépend :
i° 13e la pesanteur de la colonne d'eau qu'on a à soutenir, c'est-à-dire , de La ca|>acité du tuyau de la machine.
2" De la titesse du moteur comparée à celle du chapelet. Le tuyau de la machine étant suppose de i) pieds de hauteur , et sa base de 5 pouces de diamètre , le jwids de la colonne d'eau qu'il cootiendroit, évalué comme ci-devant à raison de 5i livres un quart par toise , seroit de ^(i livres.
Par rapport à la vitesse, nous avons dit ci-dessus qu'à chaque tour de treuil le chaprlcl montait de (t pieds. Supposons actuellement que ce travail a;{issc |ur le moyen d'une manivelle dont le ronde soit de 1 5 pouces un quart ; il en résultera que le moteur parcourra 8 pieds , tandis que le chapelet qui soutient la colonne d'eau n'en parcourra que 6. D'où il suit que la vitesse du moteur sera à celle du poids comme 4 est à 3 ; et comme les forces sont en raison inverse des vitesses, la fore* du moteur sera au poids de la colonne d'eau comme 3 est à j. Ainsi le poids île la colonne étant de 70 livres deux huitièmes , la force du moteur devra être de 47 livres vingt-un trente-de.ixièmes , ou, si l'on veut, de 48 livres, à cause des frottrmens. D'où il résulte qu'en appliquant .{ hommes à cette machine , ils n'agiraient chacun qu'avec 10. livres de foi-ce.
Ce calcul est fondé sur une expérience faite au canal de Picardie.
CHAPELLE, s. f. , de l'italien capella.
On donne ce nom . soit à de petits édifices religieux que l'on peut considérer comme des diminutifs d'église* nu de temples, et qui, selon diverses circonstances, sont nu isoles ou annexés à de grands palais et autres ctablissemcn* publics; soit, dans l'intérieur même des églises, à des espaces ordinairement en renfoncement sous les bas-côtés, et qui , séparés
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entre eux par des cloisons, souvent fermés par des grilles, renferment chacun un autel sous l'invocation du saint auquel on les consacre , et sous le nom duquel on les désigne.
On voit, par cet tr définition des deux genres «le chapelles , qu'il y en a qu'on doit regarder comme des ouvrages particuliers d'architecture, comme des nionumcns plus ou moins remarquables, selon la destination plus ou moins importante qu'ils reçoivent des localités où on les construit; qu'il r en a d'autres qui , entrant dans les plans et les dispositions générales des églises, doivent être regardées, moins en
de bâtir , que comme des parties dépendantes, sous tous les rapports, de l'ensemble architectural auquel elles sont liées.
On peut donc diviser les chapelles en deux catégories, sous deux dénominations qui les distinguent; savoir, les chapelles isolées ou indépendantes des églises, et les chapelles faisant partie des églises.
§ I*r. — Les chapelles isolées comporter h n t plus d'une distinction, si on les considéroit dans l'ordre des idées ou des particularités que les rites 1 leur ont pu afTecler, nuis qui sont étrangères à 1 objet. Nous bornant ici à ce qui regarde l'architecture , nous ne pouvons pas nous dispenser de parler d'abord «le ces ijettts édilices que la dévotion, dans certains pavs, a plus ou moins multipliés , soit sur les routes, soit dans les lieux écartés, sur des montagnes, etc. Là encore on croit voir une tradition d'usages antiques, et dont plus d'un monument nous a retracé l'existence. On donnoit le nom A'œdicula , diminutif d'atdes, à ce qui, |«r le fait, n'étoit qu'un diminutif des temples.
A l'instar des pratiques anciennes en ce genre, les chapelles dont on parle n'admettent ni luxe ni richesse. La simplicité dans les formes générales, la pureté des détails, suffiront à ce* |ietits nionumcns solitaires, qui devront, s'il se 1 t ut, être accompagnes de quelques plantations qui les ombragent. S'il falloit indiquer ici quelques modèles de goût convenable en ce genre, 00 citeroit dans l'antiquité la petite articula de Clitumne près Spoletto, et pour les temps modernes la petite chapelle bitie en rotonde par Vignola , sur la voie Flamiuicnne , hors de la porte ilel Popola à Rome.
Les anciens avoient aussi dans les intérieurs de leurs maisons, et sous le nom d'œdicuia, ce que les modernes appellent chapelle domestique.
La chapelle domestique fut toujours et doit ton-
jours être pruportic
à l'importance , à l'étendue
et aux besoins des lieux où on la pratique
Dans les maisons ordinaires, soit de ville, soit de campagne, la chapelle se borne à n'être qu'une salle plus ou moins grande , comprise dans la distribution générale des appartemens , et n'ayant rien en dehors qui puisse la faire remarquer. S'il s'agit ou d'hôtel»
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ûu de maisons et de châteaux dam le* campagnes, la grandeur des chapelles qu'on y pratique ou qu'on y
adjoint nécessitera lièrcs dans leur intérieur, et
quelq.
d'en
Ceci nous conduit à parler avec plus de détail et d'étendue des chapelles qui trcs-ancienneuicut firent extérieurement |nrtic de l'ensemble des châteaux de seigneurs, de princes, ou des palais de rois.
Le temps a respecté en France quelque»- uns de cet antiques monument. Les châteaux ou palais dont ils cloient des dé[>cndancct ont plus ou moins disparu , ou par la destruction ou par les changement d'usage qui ont renouvelé leurs formes , mais leuit chapelles subsistent encore : je veux parler de la chapelle de l'ancien château de Yinceunes près Paris, et de celle qui, attenant daus cette ville i l'ancien palais de saint Louis , a vu renouveler plus d'une fois autour d'elle les const ructionsqui l'environnoient, et subsiste encore aujourd'hui en euticr tous le nom de Sainte-Chapelle.
Ces deux niouumeus contcm|iorains, et dout on attribue l'érection à saint Louis, sont d'un genre gothique assez élégant, et l'on peut y admirer une icgtmt ci une précision u exécution uucie construction assez remarquables. Nous n'avons toutefois cité de semblables ouvrages que comme des points historiques, qui nous montrent que fort anciennement le* palais ou les grands châteaux des princes cloient accompagnés de monument religieux auxquels on donnent le nom de chapelle.
ludépeudamment de ces constructions toutes particulières, on citeroit peu de grands palais qui n'aient renfermé dans leur enceinte un local spacieux, et consacre tout le nom de chapelle. Ainti le pavillon appelé aujourd'hui de l'Horloge, cour du Louvre, étoit il y a encore peu d'années la chapelle de ce palais; ainsi le pavillon du milieu au palais du Luxembourg, sur le jardin , fonsoit autrefois U chapelle à l'usage de Marie de Medicis.
Nous n'iront pas, parcourant l'Italie, citer le* nombreux exemples de chapelles annexées aux plut grands palais; nous nous contenterons de faire une simple mention , au palais du Vatican , de 1a célèbre
chapelle Sixtine, et au château de Caserte de celle que l'architecte Van Vitelli y éleva a l'imitation de la chapelle la plus célèbre de toutes, celle du château de Versailles , dont nous ne nous permettront de donner ici aucune description. Le lecteur la trouvera à l'article Ma nsart. ayet ce nom ; et pour les détails, consulte/ J.-F. Biondel dans son Architecture française. )
§ II . — La seconde classe des chapelles , avons— nous dit, comprend celles qui, généralement, ne forment point un corps de bâtiment isolé , mais entrent dans l'ensemble intérieur des églises, desquelles nn les pratique
église., autour j
CHA 353 Ceux qui , dans la disposition intérieure des temples chrétiens, tienuent au grand principe de l'unité matérielle et morale , voudraient , oi église il u'y eût que le grand autel , i toutes les chapelles que réclament du culte , et qui peuvent ajouter â l'embellissement général, fussent pratiquées et décorées de manière â ne poiut former comme autant de petites églises distinctes , dont le défaut de rapport avec le tout n'y peut produire que det ditparates plus ou moins sensibles.
On éviteroit d'abord une partie de ces ioconvéuieus en supprimant, comme on l'a fait depuis du temps dam plus d'une église nouvelle, diversement grillées, qui fermoient autrefois l'e ceinte de chaque chapelle. Les chapelles des n. collatérales, lorsqu'elles sont pratiqi lout cmeus, ne devraient avoir pour unique fermeture qu'une balustrade tout au plus à hauteur d'appui , ce qui laissèrent au spectateur la vue libre de tout l'intérieur. Ce dégagement contribueroit singulièrement à augmenter aux yeux la grandeur du vaisseau , comme on jieut le remarquer dans les églises d'Italie et à quelques-unes de* plus modernes de Farit , telles que celle de Saint-Sulpice.
Il y aurait plut que de l'inconséquence dans la prétention de ramener les intérieurs des églises chrétiennes à la simplicité de plan des temple* du paganisme. Nous avons assez montré dans plus d'un article { voyez BasiuQUE), non pas la différence, mais l'opposition absolue qui , régnant entre les deux cultes , a dû produire entre leurs temples des conditions, sur tous les points, plus contraires encore entre elles que dissemblables. Leci doit s'entendre surtout des chapelles , et de la manière de les disposer et de le* orner. Lors donc que nous avons parlé de l'uniformité de décoration qu'il faudrait y introduire, nous n'avons pas entendu qu'il fut question d'une symétrie parfaite sur ce point: cette répétition deviendrait fastidieuse. Sans doute , en ce genre , on doit admettre de U variété, nuis variété n'est pat bigarrure.
Qui n'est pas choqué de voir, dans la plupart de nos églises, ces disparates de décorations irrégubères, et saus aucun rapport ni entre elles , ni avec l'ordonnance générale? Ici ce sont det frontitpicct soutenus par des colonnes ; là des retables tourmentés en tout sens; ailleurs des gloires, des nuages, des groupes où la peinture se confond avec la sculpture. On voit ici une chapelle qui vous offre l'éclat du marbre et de* métaux précieux; la une autre est réduite à h pauvreté des boiserie* et det enduits le* plut con munt, etc.
Pour prévenir ce désordre d'inégalités de forons, de compositions et de décorations, l'architecte doit fiier le plan et le style d'ornement dé chacune des chapelles d'une église. Lue sorte de variété, on l'a déjà dit , devra entrer dans les dessins qu'il en fera.
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Mais par variété il ne faut entendre qu'un mélange ou un aMortiment raisonné des mêmes formes , qui , sans sortir de l'unité d'un motif commun, évite la monotonie fastidieuse d'une redite continuelle entre des parties si voisines l'une de l'autre. Ainsi trois ou quatre variétés de décoration qui s'entremëlcroient , offriroient encore au spectateur des sujets de diversité par un emploi habilement combiné des moyens dont le décorateur dispose à son gré pour différencier les objets les plus semblables.
L'abus dont on vient de |iarlcr a du son origine à une opinion accréditée par quelques écrivains; savoir, qu'on pouvoit considérer les chapelles comme de petits temples annexés à un grand , ou renfermés dans son enceinte. Cette opinion fut, en son temps, l'objet d'une discussion assez vive entre Frczicr et le P. Cordemoi. Mais celui-ci répondoit à son adversaire d'une manière victorieuse : « Je veux bien ac- » corder que nos chapelles sont de petits temples ; . mais consentez aussi que l'église en soit un, fait ■ uniquement pour le maitre-autel : on ne peut me » le refuser. La sainte antiquité , la raison et le bon » goût le veulent. Il faut donc convenir que toutes » ces chapelles ou ces petits temples , doivent eu- » trer, autant qu'il est possible, dans le dessin gé- • néral du grand temple qui les renferme , et qu'il « en faut exclure tous ceux qui n'y conviennent pas. » Toutes ces parties doivent concourir à l'unité du » tout , ainsi que tout ce qui entre dans un poème » ou dans un tableau , sans être précisément le suit jet, v doit être si bien ménagé, que l'attention ne » soit pas trop détournée du dessin prinri|nl; au- » trement ce serait un vice insupportable. "
Comme le but de cet article a été de faire voir ce que les chapelles doivent ou ne doivent pas être dans nos églises, plutôt que de dire et de montrer, par des exemples à suivre ou à fuir, ce qu'elles y sout dans l'un et dans l'antre sens, je n'allongerai pus cette critique de la description de quelques compositions louables en elles-mêmes , et dont le seul défaut peut-être est dans le manque de rapport avec la composition générale du tout dont elles font partie.
Les églises d'Italie, sans aucun doute, nous présenteroient plus d'un modèle «t de l'harmonie générale dont nous avons cherché a établir le principe en ce genre , et de la richesse particulière de certaines chapelles qui forment réellement de petits monumens de goût et de magnificence. Ainsi pourroit-on citer à la Madana del Popolo, à Rome, la e/ifl- /><•//<• d'Augustin Chigi, dont on attribue l'architecture à Raphaël; àSaint-Jeait-de-LatranJac/ia/W/rCorsini, dont le dessin fut donné par Galibei ; telles seraient bien sans doute encore les chapelles de l'église de Saint-Pierre, à Home , formées par autant de cou- |ioles dont les dimensions pourraient convenir à plus d'une église en particulier. .Mais l'harmonie générale de Saint-Pierre n'est en rien altérée par la richesse de ces chapelles. V n dessin uniforme dans leur masse,
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quoique varié dans ses détails, les unit sous un motif de forme et de décoration générale ; on y trouve unité et variété.
Nous croyons que généralement toutes les chapelles d'une église doivent participer, dans leur décoration particulière, à l'ordonnance de cette église. Si l'on y admet descolonnes, qu'elles soient d'un même ordre. Qu'on observe aussi de ne pas y appliquer plus de richesse que n'en conqiortc l'ensemble auquel elles doivent être subordonnées.
On a vu que c'est le plus ordinairement dans les eufoncemeus des nefs collatérales , ou des bas-cotes , que les chapelles trouvent leur place la plus naturelle. Uisous toutefois que cela s'entend uniquement des églises qui, à l'instar des constructions gothiques, consistent en arcades avec piédroits , et dont les nefs couvertes en voûtes exigent des contreforts que fournissent naturellement les renfoncemens des chapelles. Ces renfoncemens ont moins souvent lieu dans les églises soutenues sur des colonnes , et dont les bas-cotés sont environnés des murs d'enceinte. C'est alors contre ces murs que trouvent place les chapelles , et leur place occupe la partie qui répond au milieu de l'enlre-colonnement. Ainsi sont placées les chapelles dans la basilique de Sainte- Marie- Majeure, à Rome. Ces chapelles, en cette position , ne consistent que dans l'autel et son retable.
Leur décoration la plus ordinaire se compose de tableaux qui représentent ou la figure du saint dont j la chapelle porte le nom , ou des traits de son hia- | toirc, ou des sujets pieux dont la dévotion s'est plu a multiplier les représentations. Souvent , et ce genre n'est pas le moins noble , la statue du saint s'élève au-dessus de l'autel , soit dans une niche enfoncée , soit dans une niche formée par des colonnes qui portent un fronton. C'est de ce dernier genre que sont les chapelles de Saiute-Marie-de-la-Rotondc , à Rome , ou du Panthéon , et qui sans doute sont les plus sages et les plus belles qu'on puisse citer.
Nous aurons encore occasion de revenir sur l'article chapelle dans celui où nous traiterons plus spécialement du caractère et des convenances des églises chrétiennes. Eglise.)
CHAPERON , s. m. C'est le nom qu'on donne au couronnement ou à la couverture supérieure d'un mur de clôture, pour le préserver de l'action des eaux de pluie , ou de la liltration des eaux de la neige fondante.
Il y a trois manières différentes de former le» chaperons ; savoir, à un seul égout, lorsque le mur de clôture appartient a un seul propriétaire ; à deux égouts , lorsque le mur est mitoyen et bâti à frais communs par deux propriétaires voisins. La troisième manière est celle qui «insiste à faire le chaperon arrondi , au lieu de lui donner deux pentes : on l'appelle chaperon en bahu.
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Lorsque cette espèce de couverture est faite en pierre de taille , on donne peu d'élévation aux pentes ou à l'arrondissement supérieur, et on la borne à être le huitième ou le neuvième de l'épaisseur du mur. Si l'on fait la couverture ou le chaperon en tuiles , on donne à ta hauteur environ la moitié de l'épaisseur du mur.
CHAPERONNER, v. a. Ce verbe, formé du substantif précèdent, signifie faire le chaperon d'un mur.
CHAPITEAU, s. m. Ce mot vient de l'italien capitello, et dérive, comme celui-ci, du mot latin caput, tête.
Ainsi , l'étymologie de ce mot donne la définition la plus vraie de ce qu'il exprime ; car le chapiteau est véritablement la tète de la colonne.
La colonne étant, dans l'art de billir, un objet qu'on peut dire commun a tous les peuples , le chapiteau, en tant que tète de la colonne, est aussi un objet qu'on peut regarder, a peu d'exceptions près, comme tenant aux habitudes générales de toutes les architectures, soit qu'on le considère sous le rapport du besoin, soit qu'on l'envisage du coté de l'ornement.
Mais il est un autre rapport sous lequel le chapiteau s'offre non plus seulement aux notions historiques ou descriptives , mais aux doctrines théoriques des arts du goût; c'est celui qui nous le montre comme ayant pour but moins encore d'embellir la colonne , "que d'exprimer les différences de modes ou de caractères qui n'appartienneut qu'à l'architecture proprement dite, c'est-à-dire à l'architecture grecque.
Cette différence de point de vue et de notion va donc établir une division naturelle dans la manière de traiter cet article , et d'envisager, en les classant sous deui catégories, les diverses formes de chapiteaux.
Dans la première , on envisagera le chapiteau sous son rapport général , et commun à tous les peuples. Dans la seconde , on traitera des formes , des détails et des proportions auxquels l'art et le goût des Grecs surent fixer leurs inventions en ce genre, en les appropriant aux divers modes de leur architecture, ou aux ordres dont le chapiteau forme un des principaux caractères.