OV CHAPITEAU CONSIDÉRÉ HISTORIQUEMENT SOUS SON S APPORT GÉNÉRAL
La voix du besoin se fait entendre partout , et à peu près d'une manière uniforme. Aussi rien de plus ressemblant en tout pays et en tout temps , que ce qu'on appelle les préludes de tous les arts. Dès-lors aussi rien de moins propre à constater des rapports de communication entre les différens peuples, que certaines ressemblances de formes ou d'inventions,
CHA 355 produits nécessaires d'idées communes à tous les es- ! prils, ou de besoins uniformes imposés par la nécessité.
Il y a dans ce qui regarde l'art de bâtir, une multitude de conformités générales chez tous les peuples, et qui n'ont eu d'autre principe que les inspirations d'un instinct universel. Tel a été l'emploi du chapiteau, conséquence toute naturelle de l'emploi de la colonne ; l'un et l'autre emploi remonte partout aux coitstructions primitives, de quelque nature qu'elles aient été.
Lorsqu'on jette un eoup-d'ceil sur les constructions de tous les peuples connus, on ne voit guère qu'à la Chine la colonne employée sans chapiteau. On ne s'étonne point de cette singularité, quand on onnnoit et la nature des bois de cliarpente employés dans cette vaste région , et le système de cette charpente. Les colonnes de bois qui entrent dans la com- | position de tous les édifices y sont moins les supports d'un comble pesant que les barreaux, si l'on peut dire, d'une cage légère. Les colonnes servent moins à soutenir qu'à entretenir les solives et les traverses, j C'est ce dont on ne sauroit douter quand on sait j que les poutres transversales, au lieu de porter sur la i colonne, la traversent dans la partie supérieure de son fût. ( Voyez Chinoise Architecture. ) L'extrémité du fût n'ayant réellement rien à porter, n'y doit exiger aucune "des pratiques nécessaires à l'imposition d'un entablement sur une colonne. Le haut de celle-ci se trouvant aussi le plus souvent masqué par la descente des toits en forme d'auvent , tout embellissement en cet endroit a dû paroitre superflu.
Nous avons dit au commencement de cet article, que deux raisons ont contribué à rendre général dans presque toutes les architectures l'usage du chapiteau , futilité et l'embellissement. Quant à la première raison , la nature seule des choses nous l'indique. Eu effet, comme on l'a démontré ailleurs {voyez Bois, Arsre) , deux seules matières propres à donner naissance à l'architecture se sont présentées aux premiers constructeur*, je veux dire le bois et la pierre. Mai* quelle qu'ait été la priorité de l'une ou de l'autre , le besoin du chapiteau fut le même , et ce besoin] n'en existe pas moins au temps de l'architecture perfectionnée, qu'aux premiers momens de sa naissance.
De quelque sorte et de quelque matière qu'on fasse les supports auxquels on donne le nom de co- >\ tonnes, dès qu'on les destine à porter et à soutenir te j poids des entablemens et des combles , il est sensible que deux motifs impérieux vont suggérer l'emploi j d'un plateau quelconque. Le premier a pour objet de garantir le haut de la colonne des fractures que la pose et l'assiette de l'entablement peuvent y occasioner; l'autre de procurer à l'entablement ou aux poutres transversales qu'on y imposeroit, un cmplarement plus sûr, une assiette plus large, et |>lus d'aci cord avec la surface quadrangulairc de l'architrave, il Ce couronnement de la colonne, qu'on a désigné
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par un nom qui le caractérise comme lui servant de tète, fut celai que dut employer le procédé de la charpente lorsque la colonne et l'édifice étaient de bois. Le type existe encore dam le tailloir du chapiteau dorique. Le» tore», le* quart» de rond, le* listel», ne furent que de» accessoire» imaginés postérieurement et contournés jur le plaisir, mai* l'abaque ou le tailloir est le chapiteau primitif. < fin ez Ahaqce.) L'Egypte, où l'architecture naquit en pierre, faute de bois de charpente , éprouva dans la construction de ses colonnes le même besoin , et un instinct semblable fit sentir l'inconvénient de faire porter a crû sur le* sommités de leur fût les masses de ses traverses en grandes pierres ; et ce par» fut de* plus féconds en forme» de chapiteaux, net» toutefois d'un autre principe. (Voyez Ecvptiekse Architecture.)
On peut donc affirmer, sans qu'il soit nécessaire de chercher de nouveaux témoignages dans les ruines, les souvenir» on les renseignemens de* contrée* les plus oubliée» ou les plus lointaines, qu'un même besoin n'a pu que suggérer aux hommes dans l'emploi de leur» colonne» les mêmes précautions , et par conséquent de» résultats semblables.
Quant au second principe qui, ainsi qu'on l'a dit, a pu contribuer à rendre général en tout pay» l'emploi du chapiteau , je veux dire le goût de la parure et de l'ornement, que l'homme aime a porter dans tous ■«es ouvrage» , on doit avouer que ce goût »'e»t trouvé si actif en certains pays, que se» résultat* ont pu faire perdre de vue ce qui , dan» le chapiteau , est le principal, aux dépens de ce qui n'en est que l'accessoire.
Lorsque l'on considère en effet toutes les variétés que l'esprit ou l'instinct de l'ornement a portée* dans cette partie de la colonne , on est quelquefois tenté de inécounoître la simplicité du principe originaire qu'on vient de développer. Mais il faut se souvenir que c'est partout et pour tout un effet naturel «le l'ornement , ou d'altérer les formes auxquelles on l'applique , ou de porter l'attention vers la forme accessoire, au préjudice de la principale. C'est ce que nous montrera dan» l'architecture grecque le chapiteau corinthien , qui , dénué de se» ornemen» , n'est dan» le fait qu'un abaque, ou plateau plu» relevé, ou composé de plusieurs en surplomb les un* «ur les autres.
Si donc le plaisir (ou le goût pour l'ornement) fut l'iuventcur de tou» le» accessoire» qui différencient les chapiteaux de toutes les architectures, nous sommes obligé» de recounoitre que ce plaisir a ta source dan» la nature. Je veux dire que la nature a dû indiquer l'art d'orner la sommité ou la tète de* colonnes, comme elle-même l'a pratiqué dans ses créatures. Quoiqu'il n'y ait aucun rapport d'imitation positive entre le corps humain et l'œuvre de l'architecte, et que ce qu'on peut dire à cet égard se borne à de simples analogies , c'est toutefois d'après ce sentiment qu'il est permis d'établir entre la tète de l'homme et celle de la colonne un rapport méta-
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phorique que le bon sens ne permet pas de porter plus loin.
Naturellement les variétés de ce qu'il faut appeler,
en fait de chapiteaux, le besoin matériel , sont bien plus bornées que celles qui furent le» créations de l'instinct du plaisir. L'énumération de tout ce que le goût ou le caprice de chaque peuple a pu produire en ce genre serait d'autant plus déplacée ici , qu'elle trouvera une place plu» convenable a l'article de l'architecture de chacun d'eux. Nous ne rapporterons ici quelques-unes de ces variété» d'ornement , que pour être fidèle» au plan de cet article.
Pour commencer par l'Egypte, on peut dire que, si les chapiteaux de son architecture passent pour les plus anciens qu'on connoisse, ils sont aussi ceux où le goût de la variété se multiplia sous un plu» grand nombre de formes. Les Egyptiens destinèrent cette partie de leur colonne k recevoir des allégories de toute espèce : on voit des chapiteaux de forme bombée couverts de caractères hiéroglyphiques; on en voit où les fleurs et les feuilles de nymphée ou de loto se trouvent ou gravées en creux , ou sculptée* en relief; ailleurs, les feuille» et les branches du palmier se courbent dans la concavité de l'espèce de campane ou de vase qui forme le chapiteau ; sur les quatre faces d'autre» chapiteaux quadrangulaires, on voit les tètes en las-relief d'Isis et de quelques autres divinités. (Voyez Ectpt. Arciiit.)
Kii Perse, des chameaux et des chevaux accroupi*, font la fonction de chapiteaux. {Voyez Pi.Rttrous.)
L'idée d'embellir la tète des colonnes est si universelle, qu'on la trouve jusque dan* les monumen» de quelques peuples où aucune des causes du besoin matériel dont on a parlé ne put solliciter l'emploi du chapiteau. Par exemple, les colonnes de la pagode d'Eléphanta dans l'Inde, qui sont taillées dan» le rocher avec tout le reste du temple, n'avoient, sou» le» rapports de solidité ou d'utilité , aucun besoin de chapiteaux ; et cependant on y en voit dont la forme et l'embellissement trouveront leur description a l'article Indienne Architecture.
On peut dire la même chose de tous 1rs monumen» de l'architecture appelée gothiqut, dont le* piliers orné» de chapiteaux, ne supportant jamais d'entablement, n'avoient de même aucun besoin de cette forme. A l'égard de ces monumen» , on peut croire que de vagues traditions et la confusion de toutes les idée* et de toutes les formes de l'architecture graco- romaine, y auraient produit cette singulière diversité et multiplicité de chapiteaux , qui ne saurait annoncer que les débris de la décomposition fortuite de tout ce qui le» avoit précédés.
A près avoir exposé en abrège les notions succincte» de ce que , tantôt le besoin seul , tantôt le plaisir seul, et tantôt les deux principes réunis, ont pu faire imaginer de formes et d'ornemens de toute espèce en fait i de chapiteaux, chea toute» les nations qui n'ont
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suivi d'autres directions que celles d'un S, il «o». reste à,
de ces ordre»
DU CHAPITEAU OOSSIDERP. SPfcCIALESIEWT BAÎJS
, dont U ns relie de son
Ce n'est point ici le lien de définir, dans le seus de la théorie du goût, les propriétés physiques matériellement affectées, dans chaque ordre de colonnes, à l'expression morale des qualités que l'architecture peut rendre sensibles ; ces notions doivent trouver leur place naturelle aux articles où chacun des ordres grecs sera traité particulièrement. Le chapiteau de chacun de ces ordres concourant à leur caractère particulier, nous avous dû réserver d'en faire connoitre et apprécier la valeur significative , la ou nous parce orrons l'ensemble des propriétés qui le caractérisent.
Cet article ne comprendra donc que l'analyse descriptive des membres, des parties, des détails d'ornement du chapiteau de chacun des trois ordres, dans leur rapport avec le caractère de chaque édiiiee.
Chapiteau dorique. — L'ordre
différence est sensiblement écrite chapiteau. Il n'y a aucun doute que les Grecs, dans leurs premiers édifices, placèrent d'abord an -dessus de leurs colonnes des morceaux qiiadrangulairos, plus ou moins épais, de bois ou de pierre; qu'ensuite ils y taillèrent eu bizeau cette partie qu'on appelle V échine. Cette forme de bizeau fut celle qni fut le plus modifiée par la suite : toutefois on la trouve encore très-caractériséc dans plus d'un ordre dorique des meilleurs lemps de la Grèce ; mais elle tendit à s'arrondir de plus en plus. Du reste, aucune autre moolure n'entra dans la formation du véritable dorique grec; aucun listel ou quart de rond n'y sépare le chapiteau de son fût; seulement quelques lignes
cannelures.
Plusieurs changemens s'introduisirent dans le chapiteau dorique tel que les Romains nous l'ont transmis. D'abord la grandeur, la saillie, et la hauteur de l'abaque (ou tailloir), furent nuées ; sa simplicité même fut altérée par qu'on pratiqua dans sa hauteur; l'échiné fut fait arrondie , et plus d'un profil , soit baguette , soit astragale, soit anuclcls, vinrent urner le collarin.
L'ordre dorique perdit ainsi le caractère de force et de grandeur, de gravité et d'énergique simplicité, qui brille encore au plus haut degré dans un trés-
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ionique. — La pratique, commandée par le besoin et l'usage, de placer entre le fût des supporta perpendiculaires et le appelé architrave, un plateau, qu'on : ou tailloir, d'une épaisseur quelconque ; cette pratique, dis- je, une fois reconnue comme démontrée par la nature des choses et par celle des faits, nous crovons qu'on en peut déduire l'origine des trois chapiteaux grecs. L'épaisseur du plateau permit , comme on l'a vu , d'y tailler, dans le dorique , ce qu'on appelle l'échiné ou le tore. Nous allons voir que le chapiteau ionique va nous expliquer, par suite du même usage, et sa formation et sa composition, pourvu qu'on veuille bien distinguer ce qui en est le corps de ce qui en fait l'ornement.
Le chapiteau ionique se présente , dans l'art des Grecs, avec plus d'élévation que le dorique {voyez au Temple d'Ekechtée) ; ce qui est parfaitement d'accord avec la proportion de sa colonne , qui est plus longue et plus élancée. Mais est-il nécessaire de supposer que la totalité de ce chapiteau aura été taillée originairement dans l'épaisseur d'un seul plateau? Ne parolt-il pas vraisemblable qu'on put et que souvent l'^cmc on dut multiplier ct's jtl ti ? \ |iour exhausser le support par en haut , comme on le pratiqua pour les baises au pied de Ia colonne? Le chapiteau ionique, modifié dans la suite, se sera composé de deux et peut-être de trois parties : le collarin, qui dans l'ordonnance grecque en est une partie distincte; le corps principal ou l'ove, occupé par les volutes ; et le tailloir, formé ordinairement d'un talon et d'un filet.
Il n'y a point de chapiteau dont la forme et l'ajustement aient plus occupé les architectes. Le nombre de ses volutes, la diversité de ses faces, la difficulté de l'ajuster dans les angles, tout cela a suggéré aux modernes un grand nombre de modifications, dont on parlera a l'article Volute. JNous n'avons ici ea d'autre objet que d'indiquer l'origine probable des différentes formes de chapiteaux, et de la faire voir dans les premiers erremens de la construction.
Chapiteau corinthien. —Ce chapiteau, dont nous aurons à (jarler dans beaucoup d autres articles, a exercé de bien des façons l'esprit des critiques , nonseulement sous les rapports de sa forme, de sa proportion, de ses détails et de sa décoration , mais encore sous le point de vue de son origine.
A l'égard de ce dernier point, lorsque l'on veut faire abstraction des ornemensqui l'environnent, on rencontre une forme qui , selon les uns, est un vase, selon les autres une corbeille ; et nous avons rapporté ailleurs , vitra Callimaqce) ce que diverses sjiéculatious tout-a-fait arbitraires ou fabuleuses ont accrédité sur ces similitudes très -probablement fortuites. Il est , sur l'origine de ce chapiteau, une opinion j Un vraisemblable, et qui n'en est peut-être pas pour cela plus vraie, c'est que les Grecs auraient emprunté et
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U forme évasée cl se* ornemens au chapitrait à comporte de l'Egypte. Effectivement, on y voit beaucoup de chapiteau* en forme «le vase ou «le cloche renversée, et décorés de tigctles «le plantes ou de divers feuillages.
Mais la question sur le fond «le oette forme évasée et très-surhaussée, pourroit rester la même à l'égird de l'Egypte ; c'est-à-dire , demanderai-je , qu'est-ce qui a pu suggérer cette forme? Si l'on se rappelle que nous avons montré au commencement de cet article que le simple instinct de la construction primitive, en bois comme en pierre , a dû suggérer au* premiers constructeurs d'établir au sommet de leurs supports, de quelque matière qu'ils fussent, des plateaux pour servir d'assiettes aux matières transversales qui dévoient s'y placer, on ne voit pas pourquoi la forme évasée n'auroit pas eu en Egypte l'origine qu'elle put également sans aucune espèce d'emprunt avoir en Grèce.
Or nous avons dit, à l'égard de l'épaisseur du chapiteau ionique , que cette dimension avoit pu tout naturellement résulter de deux plateaux l'un sur l'autre, et dans la me d'en exhausser, soit le support, soit 1a colonne. Qu'est-ce donc qui empècheroit de st!p|KMf rque le même procédé aurait eu lieu toujours dans la vue d'exhausser de plus en plus la niasse du bâtiment, et que l'on aurait alors multiplié à volonté les plateaux ou tailloirs en surplomb ou en encorbellement les uns au-dessus «!«•« autres? «le là seroit pravenue la forme mo«lifiée depuis par l'art en manière de «se, que l'on voit être le fond du chapiteau corinthien.
Il est bon d'observer, sur cette origine des trois gODrel «le chapiteaux grecs, qu'elle s'accorde parfaitementavec la progression en hauteur des trois ordres. Il est indubitable que la diversité de dimension en hauteur correspond à l'idée comme à la r.-alité de l'effet produit par la proportion massive, moyenne, et élancée, de chacun des trois ordres.
Sous ce rapport du caractère propre à chacun , on peut remarquer encore <|ue l'ordre dorique , qui exprime la force, a le plus de simplicité ou se moins de détails dans son chapiteau , et le plus dVpaisscur et d'étendue dans son abaque; l'ordre moyen ou l'ionique, plus varié dans les détails de ses volutes, a son abaque renfoncée et profilée; le corinthien , comme l'ordre de la richesse et de l'élégance, a le plus grand développement de formes, d'oruemens, de détails, et d'élévation ; et son attaque ou tailloir est non-seulement profilé, mais écliancré sur chacune de ses faces.
Ce qu'on vient de dire des chapiteaux qui appartiennent aux trois ordres grecs , relativement à leurs principes, c'est-à-dire aux causes matérielles et morales «pii constituèrent leur forme originaire! leur dimension, leurs rapports avec 1rs caractères propresde chaque étlilice , nous dispensera d'appliquer les élémens de cette théorie à deux autres prétendus chapi-
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tcaux qu'on a appelées, l'un toscan, et l'autre composite. La simple vue en apprend a leur égard tout autant que la critique historique, c'est-à-dire que ces chapiteaux (ainsi que l'ordre auquel on les applique) n'ont rien d'original, rien qui leur soit propre, et qu'ils ne sont , l'un qu'un diminutif du caractère dorique, et l'autre un superlatif du corinthien. Aux articles de chacun des ordres, on fera connoitre l'abus de cette superfétation.
Ou ne s'est proposé dans cet article que de rechercher les causes originaires «le la forme typique du chapiteau de chacun des trois ordres grecs. On renvoie le lecteur, pour les détails de formes, de profils, et d'ornemens de la tète de chaque colonne, aux mots, où , sous les noms de chaque ordre , toutes ces variétés seront développées avec plus d'étendue. (f»)«î
DOBIQl K , IONIQUE , CORINTHIEN . OHDItE)
CHAPITRE, f. m. C'est, dans un couvent ou une maison religieuse, une grande salle avec des lianes, où s'assemblent les chanoines, les religieux, pour traiter de leurs affaires.
CHAR DE TRIOMPHE, s. m. Le char, considéré comme voiture dans la réalité de son emploi usuel, n'a aucun rapport avec l'art. Considéré dans les imitations de genres divers auxquelles les pratiques de l'antiquité donnèrent lieu, le char trouverait une place assez considérable dans l'archéologie de la sculpture.
Relativement à l'architecture, il ne saurait en être question que comme ayant été et pouvant encore être le couronnement d'un arc de triomphe. U nous est prouve par les représentations des arcs de triomphe, sur les revers des médailles, que les plate-formes des attiques, dans les arc* trioupliaux , recevoieut pour couronnement un quadrige ou char à quatre chevaux en bronze, accompagnes par «les Victoires, dans lc«]Uel étoit placée la figure du triomphateur. C'etoit à un semblable char qu'etoient autrefois attelés , à Constant i m ii île , les quatre chevaux de brouze que les Vénitiens transportèrent , après la prise de oette ville , à Venise , où on les voit encore aujourd'hui.
On voit à Paris, au Carrousel, un arc de triomphe surmonté d'un char eu bronze avec quatre chevaux du même métal.
Il paraît qu'on fit aussi, et probablement pour un pareil emplacement, des chars en marbre, si l'ou en juge «i'après la grandeur de ce char travaillé en marbre, qui fut trouvé vers la fin du dernier siècle à Home, et qu'on voit au muséum du Vatican.
CHARBON, s. m. Les Romains employèrent le charbon pour faire des fondations «lans des terrains humides. Vitruvc le recommande expressément , livre v, chap. xii : • Si le terrain, dit-il, n'est pas » ferme, on y enfoncera des pilotis d'aulne à demi- - brûlés, ou d'olivier ou de chêne, dont les inter-
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» valles seront remplis avec du charbon, » été dit, etc. >
Pline fait mention d'une substance qu'on peut assimiler au charbon pour la composition des mortiers. Ce sont les cendres [favilla) que l'on broyoit avec le sable et la chaux, pour former un des lits sur lesquels on établissoit les pavemens. On a reconnu l'emploi de la cendre dans plusieurs sortes d'enduits arrachés à des ruines d'édifices romains.
CHAR DON , s . m . On donne ce nom a un assemblage de pointes de fer en manière de dards, que l'on place contourné diversement au gré du local qu'il doit occuper, pour empêcher d'entrer ou de passer, soit par-dessus le cliaperon d'un mur, soit par quelque issue de voisinage qu'on ne sauroit interdire autre—
! CHARGE,*, f. Ce mot signi lie en général le fardeau porté par une partie quelconque d'un édifice. De là résulte que la charge doit toujours être proportionnée à la force des parties qui la soutiennent. Tout ce qu'il v auroit à dire sur ce sujet sera mieux placé à l'article Point d'afpli ; nous y renvoyons le lecteur.
Charge de planche». C'est l'épaisseur de maçonnerie qu'on met sur les solives et ais d'entre—voux , ou sur le hourdi d'un plancher, pour recevoir l'aire de plâtre ou du carreau. On la uomme aussi fausse aire, lorsqu'elle doit être recouverte de quelque pavement ou parquet.
CHARGES, s. f. pl. C'est, selon la jurisprudence de* bàtimens, le droit que doit payer un particulier qui veut élever une bâtisse sur le mur mitoyen d'un voisin , lequel n'a besoin de ce mur que comme mur de clôture. Ce droit est de 6 toises l'une, de H qui sra bâti au-dessus de 10 pieds, ou au-dessus du mur de clôture existant, s'il a plus de 10 pieds d'élévation.
CHARGÉ, pit. m. On donne cette épithète , dans les art* du dessin, a tout ouvrage qui sort ou des convenance* du goût , ou des limites de la vérité , ou des termes assignés par la nature à chaque genre ou à chaque partie de l'imitation.
Le défaut qu'exprime le mot chargé est sans doute plus sensible dan* les ouvrages des arts du dessin, dont le modèle plus positif peut facilement être confronté à son imitation, comme la peinture et la sculpe. Aussi , pour ne parler que de ces exagération* nues sous le nom synonyme de caricature, voyonsnous que tout le monde est également saisi par leur effet.
Il servit plus difficile de faire sentir ce défaut dans les ouvrage* de l'architecture , parce que les principe* de vérité, les lois et les convenances de ce qui constitue le modèle de cet art , émanent d'un ordre de choses entièrement idéal , on hors de la portée du
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Cependant il y a dans cet art certaines parties dont les sens aussi sont juges, et il y a des qualités dont l'excès peut frapper tout le monde. C'e*t ce qui arrive à l'égard de certaines qualités de pesanteur ou de légèreté lorsque l'architecte a par trop chargé leur effet.
On appelle aussi dans l'architecture chargé d'o nemens, tout membre, toute partie, tout nance dont la décoration, faute de lisses ou de repos dans les richesses, offre redondance et confusion.
Chargé , en tant que synonyme d'exagération , se dira aussi de tout plan, de toute élévation où l'architecte, pour faire étalage de savoir ou d'imagination, aura compilé une multitude d'objet* ou de détails qui ne sont propres qu'à rompre l'unité. (Pojm Exagération.}
CHARIOT, s. m. On appelle ainsi une voiture à deux roues, composée seulement d'un foud et d'un long timon garni de plusieurs fortes chevilles ou barres, pour y adapter les hommes destinés à le
CHARPENTE, s. f. Ce mot signifie , dans son acception la plus générale, tout assemblage de gros bois, quelle que soit sa destination. Mais l'emploi le plus commun de cette sorte d'assemblage est celui qui s'applique , daus le plus grand nombre de pays , à la construction des maisons entières. Effectivement, même là où l'on emploie la pierre et d'autres matériaux à la bâtisse des habitations, le bois, et par conséquent le travail de la charpente, y entre dans beaucoup de parties, telles que les combles, les planchers, les cloisons, les voûtes , lesceintres, les escaliers, etc.
La perfection des ouvrages de charpente consiste dan* l'union de la solidité avec l'économie. Pour cela il faut avoir égard, i" à la qualité des bois dont on doit faire usage ; a° à leurs formes et dimensions ; 3° à la disposition des pièces de bois ; 4° à la manière dont elles doivent être réunie* dans les assemblages. C'est ce qu'on va développer d'une manière très-abrégée , ces notions devant nir aux ouvrages spéciaux sur cette matière.
l ° Le bois de chêne est celui qui convient le mienx aux ouvrages de charpente , quant à sa force, à sa durée , à l'étendue des pièces qu'il peut fournir, et à la facilité du travail. Après le chêne , on peut planer le châtaignier, l'orme , le sapin , etc. La qualité la plus essentielle des bois de charpente est d'être bien secs au moment où on les emploie. Trop souvent ceux dont on use ayant été coupés dans des saisons peu favorables , et mis prématurément en œuvre . sont rempli* d'une sève qui fermente dans la suite , qui les échauffe et les détruit. Souvent les arbres dont ces bois proviennent ont été abattus avant d'avoir pris la i
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Les indices les pin» certains de la bonne qualité d'une pièce de bois de chêne sont , par rapport a la couleur, le jaune clair, ou une teinte couleur de rose; par rapport à la texture du bois, des fibres fortes, bien filées, et rapprochées les unes des autres. Ce n'est qu'après quatre ou cinq ans de l'arbre abattu qu'on peut le mettre en œuvre : encore faufil , pour qu'on puisse l'employer avec sûreté, prendre la précaution de le faire flotter dans de l'eau de rivière , ou dans de l'eau claire, pour lui faire dégorger les sucs mal digérés qu'il peut contenir.
.V Dans la plupart des ouvrages de charpente on ne peut pas se dispnser de se servir de bois équarris, tint à cause de la forme générale qui doit résulter de leur combinaison, que pr rapport aux assemblages et a la réunion des pièces. Celles qui sont rondes, ne |>ouvant se joindre qu'en un seul point , ne formeraient pas un assemblage solide.
La forme la plus avantageuse qu'on puisse donner aux Ikùs équarris , dépend de la position qu'ils doivent avoir , et des efforts qu'il» ont a soutenir.
Pour tous les bois posés de bout et d'aplomb , qui doivent servir de point d'appui , il faut préférer la forme carrée pur la base , pree que c'est , après le cercle, celle qui, à superficie égale , conserve le plus de force aux pièces de bois , surtout lorsque c'est du tôt* de brin. On appelle ainsi le bois équarri et non refendu , du tronc ou d'une branche de l'arbre, en sorte que le cœur est au centre de la pièce.
Comme la force des pièces de bois posées d'aplomb dérroit en raison de lenr hauteur, comparée a la diagonale de leur base, il ne faut pas que la hauteur isolée d'une pièce de bois soit de plus de douze fois la diagonale du quarré de sa base, si l'on veut qu'elle ait toute la solidité requise. Si sa portée est plus longue , il est à craindre qu'elle ne ploie sous le fardeau.
Lorsqu'une pièce de bois doit être posée de niveau , et qu'elle ne doit être soutenue que par ses deux extrémités, comme une poutre ou une solive , il faut que le plan de sa base soit formé pr on rectangle, au lieu d'un carré. Mais comme les dimension* d'un rectangle peuvent varier a l'infini , on doit observer que la plus petite dimension soit environ la moitié de la grande. Ainsi une poutre à laquelle on donnerait i8poucesde largeur devrait avoir q pouces d'épaisseur, de même qu'une solive de 6 pouces de brgeur doit avoir au moins 3 pouces d'épaisseur.
Toute pièce de bois dont la base est rectangulaire , si elle n'est pas d'aplomb, doit être posée sur son fort , c'est-a-dire de manière que la face la plus étroite soit en dessous. Aiusi une poutre de »8 pouces sur 9 pouces de grosseur , devra être posée sur le côté qui n'a que 9 pouces de large : c'est ce qu'on appelle être |>oséu Je champ.
3" La disposition des pièces de lw>is qui forment un ouvrage de charpente est une chose fort importanfp Par disposition il faut entendre la position dif-
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: férente que l'on doit affecter aux pièces de charpente, selon les lieux , et selon les effets qu'elle* peuvent opérer les unes a l'égard des autres. On doit en général les placer de manière à ce qu'elles fassent nn tout qui puisse résister aux différens efforts et aux roouvemens que l'ouvrage entier peut avoir à soutenir. C'est ainsi que , dans certaines cloisons , si l'on prévoit qu'il puisse y avoir quelque côté foible où l'ouvrage serait dans le cas de céder , on a soin de disposer certaines pièces de bois en arcs-boutans, c'està-dire inclinées, pour contre-butter les pièce* perpendiculaires.
4* On doit distinguer dans la charpente ce que nous venoos d'appeler disposition , de ce qu'il faut appeler assemblage. Cette dernière partie est la plus importante de l'art de la charpenterie . Cet art étant étranger à notre objet , nous ne nous permettrons que de donner la nomenclature des diverses espèces A' assemblages.
Assemblage à clef. C'est un assemblage qu'on fait pour joindre deux plates-formes de comble, ou deux moises de fils de pieux, pr une mortaise dans chaque pièce , pour recevoir un tenon a deux bouts appelé clef.
Assemblage en crémaiUère. Assemblage qu'on fait pr entailles, en manière de dents, de la demiépisscur du bois, qui s'encastrent les unes «Uns les autres pour joindre bout a bout deux pièces de bois , prec qu'une seule ne porte ps assez en longueur.
Assemblage en épL (Payez En.)
Assemblage en triangle. C'est un assemblage nécessaire pur enter deux fortes pièces de bois a-plomb. On le fait avec deux tenons triangulaires à bois de fil de preille longueur , qui s'encastrent dans deux autres semblables , en sorte que les joints n'en proissent qu'aux arêtes.
Assemblage par embrivement. Espèce d'entaille I en manière de hoche , qui reçoit le lmut déniaigri I d'une pièce de bois, sans tenon ni mortaise*. On fait I cet assemblage pr deux tenons flotta ns , posés en décharge dans leurs mortaises.
Assemblage par entailles. On fait cet assemblage pur joindre bout à bout (ou en retour d'équerre ) deux pièces de l»is pr deux entailles de leur demiépisseur, qui sont ensuite retenues avec des chevilles ou liens de fer. On fait aussi pur le même assemblage des entailles à queue d'aronde ou en triangle à bois de fil.
Assemblage par tenon et mortaise. On fait cet assemblage pr une entaille applée mortaise, laquelle a d'ouverture la largeur d'un tiers de la pièce de bois, pour recevoir l'about ou le tenon d'une autre pièce, taillé de juste grosseur pur la mortaise qu'il doit remplir, et dans laquelle il est ensuite retenu pr une ou deux chevilles.
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A ces détails purement mécaniques, et dont on trouvera l'exposé dan» les ouvrages spéciaux, tels que le Traité de la Charpcnterie de Mathurin Jousse , et celui des Bois de Charpente par Mésange, nous ajouterons encore une table qui i
Langueur
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