‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 104 sur 258 · DE 3 PIEDS EN 3 PIEDS · texte numérisé non relu

DE 3 PIEDS EN 3 PIEDS

Hauteur.

Longueur.

ia pouces.

{Voyez

Largeur

io.

Heuleur,

io

SoUVE.)

CHARPENTER , v. a. C'est tailler un bois de charpente pour le mettre en état d'être assemblé.

CHARPENTERIE, s. f. C'est l'art de tailler et de grosses pièces de bois pour la condes édilices, soit dans les cloisons de leurs leurs planchers , soit <

et i

CHARPENTIER, s. m. Nom que l'on donne au maître qui entreprend et conduit les ouvrages de charpenterie , et aux ouvriers qui travaillent sous lui, comme les piqueurs de bois qui tracent Ici pièces , d'autres qui les taillent ou les assemblent, et les scieurs de long qui les débitent.

CHARRIER, v. a. C'est, dans les travaux de coni , transporter, par le moyen d'une voiture à

qu'on emploie à cet usage noms , qui varient en raison de leurs formes. ( Voyez Camion, Chasiot, Fahdier , etc.)

CHARTREUSE, s. f. C'est le nom qu'on donne aux ermitages ou couvens de l'ordre de saint Bruno. Il vient d'un désert , près de Grenoble , ainsi appelé , que saint Huges , évèquc de cette ville, donna à saint Bruno pour y établir sa retraite et sa règle , en i o8(». La plus belle chartretue que l'on connoisse est celle de Saint-Martin , a Naplcs.

On doit encore citer celle de Rome , bâtie au milieu des thermes de Dioclétien , et dont l'église , établie dans une des plus grandes salles de ces thermes, est a la fois une des plus magnifiques de Rome, et des plus précieuses par l'avantage qu'elle a eu de

nous conserver un < tiquité.

de 1 "an-

CHASSE , s. f. Mot dérivé du latin eapsa, coffre. C'est un coffre , le plus souvent d'orfèvrerie, qui renferme ou qui est censé renfermer les reliques de quelque saint.

Les plus anciennes châties sont faites en manière d'églises. La raison que quelques-uns nous donnent du choix de cette forme , est que les saints ayant été le temple vivant du Saint-Esprit, ils méritoient aussi, après leur mort , que leurs ossemens fussent renfermés dans la maison visible de Dieu.

J'ignore jusqu'à quel point cette pieuse idée a pu influer sur ce genre d'invention : ce qui me paroit plus probable , c'est que les châsses , qui n'étoient et qu'on ne pouvoit regarder que comme de véritables sarcophages , furent faites à l'imitation d'un grand nombre de cercueils antiques des bas siècles, et que les petites colonnes dont ils sont i

Quand l'architecture gothique eut i néralemcnt tous les genres de goût , l'orfèvrerie i bla gagner à l'imitation de ces ouvrages dont la petitesse corrigeoit les abus ; et on doit avouer que cet art fit en ce genre des prodiges. Il faut voir certaines châsses en forme d'église gothique , pour se convaincre de tout ce que la patience , le soin et l'industrie peuvent produire de délicatesse, de précieux et de légèreté. Au reste, ces ouvrages minutieux ne peuvent avoir de valeur qu'en petit, et l'on ne peut eu approuver la forme que dans ceux qui sont un compose de reliquaires. Mais lorsqu'une châsse est contenir un corps euticr , cette figure d'église ,

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corapagnéc de fenêtre» , de portes , de clocher» et de portais, devient une idée fausse et ridicule par la fidélité même de «on imitation.

lorsque l'architecte se trouvera obligé de faire figurer de pareilles châssis dans la décoration des églises et des autels , il ne devra leur donner d'autres formes que celle» de» sarcophage» antique» que l'on connoit.

CHASSE , s. f. C'est le nom qu'on donne à l'espace qu'on parcourt , par un mouvement de vibration , en travaillant à un ouvrage. Ainsi on dit : une scie pour scier du marbre doit avoir depuis un pied jusqu'à 1 8 pouces de chasse, c'est-à-dire relie longueur qui est au-delà du bloc qui est à scier.

CHASSER , v. a. C'est pousser en frappant , comme lorsqu'on frappe avec coins et maillets, pour joindre les assemblages de menuiserie.

CHASSIS , s. m. C'est la partie mobile de la croisée qui porte le verre.

Châssis a Carreaux. Châssis qui est partagé par des croisillons de petits bois , et garni de grands carreaux de verre assujettis par du plomb , du mastic ou du papier collé.

Châssis a coci.is.se. Châssis dont la moitié se double, en le haussant sur l'autre, par le moyen d'une coulisse moulante. Ces châssis sont fort économiques, parce qu'ils n'ont pas besoin de ferrure ; mais ils sont dangereux , parce que lorsqu'on n'a pas le soin de les bien arrêter, ils peuvent, en s'êi happant , tomber sur la tête de celui qui est à la fenêtre.

P.mt obvier à la possibilité de cet accident en An- { glelerre, où ces châssis sont fort communs, on pratique aux angles, des conduits dans lesquels on place des contre-poids qui font équilibre au châssis à coulisse, de mauiêrc qu'il demeure suspendu à la hauteur que l'on veut, sans avoir besoin d'être arrêté par des tourniquets ou crampons.

Châssis a riciiES. C'est celui qui s'ouvre comme des volets, par le moyen de gonds ou de charnières, et plus souvent en dedans qu'en dehors.

Châssis a panneaux. C'est le nom de celui qui est rempli de carreaux ou de panneaux de bornes en plomb.

Châssis a pointe de diamant. Châssis dont les | petits bois se croisent en onglet.

Châssis de charpente. C'est un assemblage de madriers ou plaies-forme» , dont ou cutourc le» grilles de charpente qui servent à asseoir la maçonnerie dans un terraiu sablouueux.

Châssis de ff.r. C'est le pourtour dormant qui reçoit le battement d'une porte de fer ; c'est aussi ce qui en retient le» barres et traverse» de veutaux.

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Châssis de pierre. Dalle de pierre percée en rond ou carrément |>our recevoir une autre dalle en feuillure, qui sert aux aqueducs, regards, cloaques et pierrées pour y travailler , aiusi qu'aux fosses pour les vider.

Cu assis dormant. C'est, en menuiserie, le bâti «Lins lequel est serrée à demeure la fermeture mobile d'une baie , et qui est retenu avec des pttes dans la feuillure. On appelle aussi châssis dormant un châssis qui ne s'ouvre point, et qui est scellé, à cause d'un jour de coutume.

Châssis double ou contre -châssis. C'est un châssis qui, étant de verre ou de papier collé, est mis devant un châssis ordinaire pendant l'hiver. On appelle aussi châssis JoiMcs ceux qui sont de papier colle des deux eûtes , et calfeutré» pour le» serre» et orangerie».

CHATEAU , ». m. C'est au règne de la féodalité que l'on doit ce nom, qui emporte toujours avec lui l'idée de fortilication ; idée que la plupart de nos châteaux modernes ne nous retracent plus depuis long -temps, et que l'abolition du régime qui les avoit produits a fait totalement disparaître. Cependant il arrive souvent que les mots surv ivent aux idées qu'ils ne représentent plus; et cet abus a tout l'air de se perpétuer relativement au mot en question. On dira peut-être encore long-temps le château des Tuileries , le château de Versailles , quoique rien u« ressemble moins à un château que ces palais. On dit de même château de plaisante, pour exprimer les demeures champêtres des grands et de» princes. Aujourd'hui que ce mot ne préseute de différence que celle qui résulte de la grandeur et de l'opulence , par rapport aux différentes classes de propriétaire», je crois pOUWir me dispenser d'en rapporter aucunes notions ou descriptions particulière*. C'est la différence des idées, et non celle des mots, qui doit déterminer la nécessite ou la division des articles. ( V. Maison , Palais. )

Château d'eau. CVst un bâtiment destiné à recevoir les eaux qui sont apportées par des aqueducs, et à les diviser en différées canaux, d'où, elles se répandent et se distribuent pour les divers usages des villes et des jardins.

Ces monumens sont quelquefois d'un genre à ne point laisser apercevoir au dehors les eaux qu'ils renferment ; alors ils exigent une décoration et un caractère d'architecture qui indiquent leur nature et leur destination, Le plus souvent ils sont accompagnés de cascades , embellis de nappes et de jets d'eau. Tels sont ceux de Rome moderne , tel éloit celui de Rome antique, dont on Toit encore aujourd'hui les restes sur le mont Esquilin , pri-s de l'arc de Galien , et le seul qui nous soit parvenu des Romains,

On l'appelle le château de l'eau Julia, caslello

cajtellum aquartu niveaux des divers

jonrd'hui ,

iifium , où la grande rue M sépare en dau dont l'une se rend à la porte Lsquiline, et

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aqua Ciuiia. Les antiquaire* se «ont trouves divisés sur le nom de l'eau qui venoit ahoutir à ce •ium; mais Piranesi, ayant pris les s , a trouvé que celui qui i au réservoir étoit celui de l'eau Julia , dont le conduit se voit encore. Il ne partie de cette eau , dont l'autre née pour aller sur le Viminal.

Ce château d'eau se tronvoit admirablement placé entre deux grandes routes , telles qu'on les voit au- ' , ou, pour mieux dire, à la rencontre du

deux voies, l'autre

ad ursttm pi/ealum ; ce cpii faisoit un point de vue et un objet de décoration pour la sortie de la ville de ce côté.

On observe encore, dans les restes de cet édifîre, les moyens mis en leuvre par l'architecte hulraoliste pour les ramifications de l'eau, et pour la conduire aux différentes directions qu'où voulait lui donner. On y remarque un double réservoir inférieur où l'eau Se purifioit, et un double conduit, au cas que l'un des deux eût besoin de réparation. Il y avoit aussi extérieurement, pour recevoir les eaux jaillissantes, un grand bassin dont on distingue quelques vestiges.

La décoration extérieure de ce château d'am paroit avoir eu beaucoup de magniliieuce. L ne de ces niches a conservé des restes de marbre qui en fuisoiclit le revétissement; et des indices non équivoques, c'està-dire de petites attaches de bronze répandues dans toute la construction, qui prouvent que ce revétissement y fut général . On trouva enterrées, sous 1rs ruines de l'édifice, des bases rt des colonnes de marbre cipolino. Enlin , entre les deux grandes arcades qui se voient encore, étoient places les magiiiliques trophées faussement appelés de Marius, et qui décorent aujourd'hui la balustrade du Capitole II semble, par quelques particularités de ces trophées, qu'ils doivent appartenir aux victoires d'Auguste.

La construction de ce même château d'eau est remarquable par la grandeur des briques qui y sont employées , par leur dureté singulière , et leur forme en coin, qui donnoit aux voûtes la plus grande solidité.

Rome moderne a plusieurs châteaux tT eau y car on doit donner ce nom à plusieurs de ces monumens qu'on appelle indistinctement des fontaines. La fameuse fontaine de Trevi sentit un véritable château et eau , si la décoration de son architecture avoit plus de rapport avec ce qui convient au caractère d'un tel monument, et si k; pompeux étalage de la sculpture, le fracas des eaux, et tous les ornemens extérieurs, ne faisaient une diversion trop grande a l'aspect du corps principal de l'édifice , dont le genre , au reste , comme on l'a dit , sort des convenances.

I n monument moins pompeux, mais plus d'accord avec la bienséance , et dont l'effet est peut-être

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plus grand , est le château d'eau de la fontaine Pauline, sur le mont Janicule, à Rome.

On peut, au n-slo, se faire une autre idée d'un château cCeatt. Ou peut n'envisager ce genre de monument, sans le secours apparent des eaux jaillissantes, que du coté des formes, du style et du goût qui peuvent le caractériser; et sans doute il y aurait un peu plus de difficulté a y réussir. Mais nous devons l'avouer, un pareil monument reste encore » faire ; car on n'oseroit plus citer, comme digne d'arrêter les yeux et l'attention des gens de goût et des artistes, ce soi-disant château d'eau qui est en face du Palais-Royal à Paris. La renommée qu'a eue cet édifice uc prouve autre chose, sinon qu'il v eut un temps où la renommée étoit à fort bon compte.

Château fort, [fojez Fout en esse.)

CHATAIGNIER , s. m. C'est l'arbre dont on tire la plus belle cliarpcnte. Il sert aussi à faire des perches pour les treillages. Daus plusieurs églises de Francs* et dans nombre de châteaux , ou trouve de fort licites charpentes exécutées avec ce bois. L'opinion commuue est qu'il n'est poiul sujet aux araignées ni aux autres insectes; ce qu'on pourroil attribuer à une odeur assez forte, dont ou s'aperçoit lorsqu'on entre daus un ouvrage de charpente fait de ce bois : c'est même le muven de le distinguer d'une espèce de chêne qui lui ressemble beaucoup , et que plusieurs prennent |iour du châtaignier. En général, le l>oi» de châtaignier est plus plein, moins sec que le chêne, et plus facile à travailler ; ses libres sont moins grosses, et il est parsemé de petites lignes noires. Daus plusieurs pa\ s , surtout a Bordeaux , on trouve une espèce de châtaignier avec lequel on fait de très-belle menuiserie , et même de la sculpture. Le pied cube de celte espèce de bois pèse 53 livres, et le chêne de même espèce environ (56 livres.

CILVl FFOIR , s. m. On ap|iclle ainsi, daus une maison religieuse, ou autre communauté, une salle avec une chemiuée adossée, ou isolée au milieu,

CHAI FFOl R , s. m. Ce mot se donne au lieu où l'on tient le bois et la pierre a chaux, comme aussi au four où on la cuit , et au r

On nomme chauffe

et les marchands qui la

qui font la

CHAUME, s. m. En latin stipula, est le tuyau des épis de hled, dont les habitans de la campagne se servent dans certains pays pour couvrir leurs maisons, leurs granges, étables, écuries, etc. De chaume, on a fait

CHAI M1ERE, s. f. L on désigne par ce mol une maisou couverte de chaume , qui est dans cer-

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tains pays , et en France surtout , l'habitation ordinaire des viUagcois.

On introduit cette espèce de fabrique dans les jardins dont le genre et l'aspect comportent la présence des bàtimens rustiques; mais ce rapport de rusticité n'est le plus souvent qu'extérieur; car sous les dehors d'une pauvreté apparente, les chaumière* dont on parle recèlent toute la richesse de la matière et toutes les recherches du goût. Cette humble couverture , ces murs d'argile revêtus de mousse, ne sont qu'un déguisement qu'emprunte le luxe pour réveiller par un contraste inattendu l'attrait usé des plaisirs simples. Tel est sans doute l'objet que l'art se propose en trompant ainsi nos veux étonnés de trouver sous des revètissemens de la plus agreste simplicité , tantôt nn cabinet élégant , tantôt un salon dont le fastueux ameublement le dispute aux appartemens des villes.

CHAUSSE D'AISANCE, s. f. C'est le tuyau d'un privé , de plomb ou de pierre , et plus communément de boisseaux de poterie percés en rond ou en carré.

CHAUSSÉE , s. f. C'est une élévation de terre : de berges en talus ou de files de pieux, ou de i de maçonnerie , laquelle sert de chemin à traun marais, des eaux dormantes, comme un étang , etc. ou de digne aux eaux courantes, pour en empêcher les débordement. Il est réglé qu'on emploiera dans les chaussées le pavé de la pierre la plus dure du pays ou on les construira , de 7 a 8 pouces de gros en tous sens après avoir été taillé carrément , et qu'on le posera debout et de champ. Ainsi, on doit les purger de tout pavé tendre et du caillou , qui ne doit servir qu'entre les bordures. C'est encore eu vertu d'un règlement qu'on doit rasseoir le pavé sur de sable du plus rude et du plus

l, et au moins de 6 pouces d'épaisseur, et n'employer des vieilles bordures que les plus dures, et qui aient an moins un pied de long, fi pouces de large et 8 pouces d'épaisseur.

Le mot chaussée vient, selon Ménage, du latin calciata ou calceata, dérivé de calcarc, marcher ou

Chaussée de favé. C'est dans une large rue l'espace cambré qui est entre deux revers; c'est aussi le nom d'un grand chemin avec bordure de pierres rustiques. Les chaussées des grands chemins doivent au moins avoir i5 pieds de large, suivant l'ordonnance.

CHAUX, s. f. C'est le résultat d'une espèce de pierre qu'on appelle calcaire (voyez ce mot), que l'on fait cuire dans des fours construits exprès, pendant environ soixante heures. Lorsque cette pierre est suffisamment cuite, elle se dissout dans l'eau avec bruit, et forme une pile blanche, extrêmement fine,

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dont la propriété est de s'unir fortement aux sables , pouzzolanes, ou antres matières; de former arec elles un mélange qu'on nomme mortier, qui se transforme en corps dur, et qui se lie étroitement aux pierres et aux briques, (f^oj-et Maçonnerie, Ciment et Mortier.)

Pour convertir les pierres en chaux, il faut avoir attention de ne chauffer le four que par degrés, et pour deux raisons. D'abord , si les pierres éloient surprises par un feu trop vif, plusieurs se briseraient et feraient écrouler tous les autres blocs , que l'on dispose dans le four en forme de voûte à claire voie , pour faciliter leur cuisson. Ensuite, il est à craindre que les pierres trop rapidement saisies par le feu ne puissent plus se convertir en chaux; au lieu qu'un feu modéré les fait suer doucement, et en retire toute l'humidité sans accident.

Ou counoil que la chaux est faite, quand il s'élève au-dessus du débouebement de la cône de feu vif sans aucun mélange de lorsqu'en examinant les pierres on les voit d'une blancheur éclatante.

Los caractères de la chaux sont d'être sonore comme nn pot de terre cuite , de peser le tiers de la pierre avec laquelle elle a été faite. Il faut que, lorsqu'on la trempe dans l'eau, la fumée qui s'en exhale soit épaisse et s'élève avec promptitude. Le bruit et l'effervescence que produit la chaux trempée dans l'eau proviennent de ce que la pierre ayant perdu par la caleination tout l'humide qu'elle contenoit , elle absorbe avec avidité l'eau dans laquelle on l'éteint.

La chaux la plus estiiuée est celle qui se fait avec des pierres qui contiennent une certaine quantité de matière phlogistiquc ; c'est par cette raison que les

vive.

Eu Italie la chaux est ordinairement »

parce que les pierres dont on se sert jiour la faire sont presque partout des espèces de marbres calcaires très-purs.

Dans la plupart des provincesde France, on se sert, pour faire la chaux , d'une pierre commune dont toutes les parties, n'étant pas purement calcaires, ne peuvent produire qu'une chaux médiocre, bien inférieure à celle d'Italie. On en fait cependant de beaucoup meilleure , dans plusieurs endroits, avec une espèce de pierre grisâtre , dure et pesante , et qu'on appelle par excellence la pierre a chaux. Telle est la pierre de choin k Lyon ; telle est celle qu'on trouve dans un village nommé Champagne, auprès de Fontainebleau.

La chaux dont on fait usage a Paris est d'une médiocre qualité. La meilleure vient de Senlis , de Champiguy ; celles de Chanville et de Meudon, ainsi que celle du port de Marlv, sont grasses et onctueuses. La chaux de Mclun , de Corheil et Boulogne , passe pour être de la plus inférieure qualité.

A Metz et aux environs, il y a une espèce de pierre

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fin t dure , avec laquelle on fait de la chaux excellente. Cette chaux , fraîchement éteinte et mêlée avec du gravier de rivière, forme une espèce de morou béton,

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, avec lequel on construit des voûtes sans pierres, ni briques, ni moelkms. On dit que des ouvriers qui ne connoissoient point la vertu de cette chaux, s'avisèrent de l'éteindre dans un bassin qu'ils couvrirent de sable pour la conserver ; au bout d'un an elle se trouva si dure , qu'ils furent obligés de la rompre avec des coins et des masses de fer, pour l'employer comme moellon. (Poyei Béton.)

Dans le Perche , la chaux que l'on fait avec la

dans le bassin, le Le mortier que l'on fait avec cette chaux est fort bon pour les ouvrages de maçonnerie qui doivent être construits dans l'eau. Selon Yitruve , la chaux faite avec des pierres tendres et spongieuses vaut mieux pour les enduits, et celle qui provient des pierres

maçonnerie.

Les meilleures chaux d'Italie sont celles dont ou fait usage à Turin, à Padoue , à Venise , à Florence et a Rome. Les qualités extérieures et sensibles de la chaux vive , et par lesquelles on peut définir cette substance a la manière des naturalistes, se décrivent ainsi : la chaux vive est friable, blanche ou grisâtre, légère, sèche, d'un goût âcre et caustique , et d'une odeur empyreumatique ou phlogiatiquc.

EH-ETS DE LA CHACX AVEC l.'EAC.

La chaux fait avec l'eau une effervescence violente, accompagnée d'un sifflement considérable, d'une fumée épaisse, de l'éruption d'un principe actif et volatil qui se fait sentir par une odeur piquante et par l'impression vive qu'il fait snr les yeux. Sa chaleur est si grande, qu'elle est capable d'cnflammerdcs corps combustibles ; ce qui est arrivé à des "

L'effervescence qui s excite par l'action réciproque de la chaux et de l'ean, la chaleur qui s'y développe, la propriété qu'a cette substance de former un corps dur et solide en se mêlant avec le sable et l'eau, exercent depuis long-temps la sagacité des chimistes. Selon eux, la concrétion et la solidité de tous Ira corps proviennent de l'union intime de leurs parties fixes avec leurs parties volatiles ; d'où il résulte que lorsque la pierre perd sa solidité par la violence du feu , il se fait une évaporation de la plus grande partie des matières volatiles et sulfureuses, qui étaient le vrai lien des parties lixes de la pierre.

On peut dire que comme la perte que tous les corps font des parties volatiles , par l'évaporation insensible , est la cause de leur destruction , l'introduction de ces parties dans un corps qui en est privé doit augmenter sa solidité ou la lui procurer. Ainsi , la pierre a chaux ayant perdu par l'action du

feu toutes les parties volatiles qui étoienl la cause de sa dureté , se trouve remplie de porcs vides, formés par une matière extrêmement sèche et aride , qui absorbe avec avidité les parties humides de l'air. Mais comme elles ne peuvent pas lui rendre les parties volatiles qu'elle a perdues par la calcination , il en résulte qu'elle se réduit en poudre impalpable. Si l'on trempe la pierre à chaux dans l'eau , elle l'absorbe avec violence , et c'est cette aptitude à s'emparer de la partie humide des corps , qui cause sa causticité. Cet etret agit sur le sable et sur les pierres, et en fait sortir à la longue une partie des sels sulfureux et volatils qu'ils contiennent , et produit entre eux cette forte adhésion qui compose un corps si dur et si solide. Comme cet effet dure jusqu'à ce que la chaux ait repris toutes les parties qu'elle a perdues par la calcination , il en résulte que long-temps après que le mortier paroit sec , il ne laisse pas d'acquérir toujours de plus en plus de la solidité. Ce qu'on vient de dire se confirme encore par l'expérience , qui prouve que plus le mortier a été broyé , plus il devient dur par la suite , parce que cette opération lait sorti r du sable et entrer dans la chaux une plus grande quantité de sels volatils, et qu'enfin la chaux ne paroit brûler les corps qu'elle touche , que parce qu'elle les dissout en absorbant les sels qui unissoient leurs parties. Il semble que Philibert Delormc ait eu une idée de cette théorie, lorsqu'il conseille de faire la chaux des mêmes pierres dont le bâtiment est construit , comme s'il eût pensé que les parties qu'absorbe la chaux fussent de même nature que celles qu'elle a perdues par La calcination.

Les principes et les effets qui en résultent , ainsi que la manière de les expliquer, paraissent également avoir plus de rapport avec les principes de Yitruve, qu'on ne pourrait le croire. Selon cet écrivain , le feu fait perdre aux pierres à chaux leur solidité, et les rend plus arides , en leur étant leur

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humidité naturelle et aérienne , qui n'est autre i que les sels volatils qui unissent les parties fixes, . stituant la base des corps solides. Lorsqu'elles ont perdu, ajoute-t-il, cette humidité naturelle et aérienne , il leur demeure une chaleur cachée , c'està-dire une disposition à s'échauffer par le mouvement des sels fixes qui , se détachant promptement , au moyen de l'eau qui les dissout , produit une effervescence , résultat d'un mouvement précipité , qui raréfie les parties à cause de la division soudaine qu'elles souffrent en s'entrechoquant. Cette effervescence se produit dans la chaux vive, lorsqu'elle est plongée dans f eau avant que cette chaleur cachée soit dissipée ; c'est-à-dire, avant que l'humidité de l'air lui ait fait perdre sa causticité. Enfin , dit encore Yitruve , la grandeur des pores de la chou r est cause que le sable s'y attache f c'est-à-dire que le mélange du sable et de la chaux ne forme qu'un seul corps. On ne doit pas entendre ici par pores des cavités dans lesquelles les parties du sable et des

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pierres puissent entrer comme des tenons dans des mortaises : ces porcs ou vides signifient seulement l'évacuation des sels volatils et sulfureux de la chaux , qui la rendent capable de recevoir ceux du sal>le et des pierres.

Il semble en effet que le sable perd de sa dureté , et que la chaux prolile de nette jierte ; ce qui leur procure cette mutuelle dis|iosition à s'unir follement. Ou voit des prouves de cette force d'adhésion dans les pierres cimentées avec d'excellens mortiers : lors- • qu'au bout d'uu certain teni|is on veut les désnnir, l'on remarque que la superficie de la pierre reste attachée au mortier.

Ce principe vif et |>énétrant qui s'élève delà chaux pendant son effervescence avec l'eau , paroit n'être absolument autre chose que le mixte salin volatil de l'eau de chaux , formé pendant l'effervescence même , lequel l'évaporé par la chaleur plus que suffisante, qui est uu autre effet de la même effervescence. Ce souiiçon |Hiurroit se changer en certitude complète , par la comparaison de l'eau de chaux distillée avec la vapeur qui s'élève de l'eau de chaux pendant l'effervescence. Au reste , la différence de la chaux éteinte à l'air, à celle qui est éteinte avec effervescence, consiste en ce que la première retient entièrement le mixte volatil que la dernière bisse échapper eu partie, sans doute la plus considérable et la plus subtile. Elle vient peut-être aussi de ce que le mouvement de l'effervescence , apparemment nécessaire à l'atténuation |>our porter les parties de la chaux au |ioiut de subir la mixtion saline, a manque à la chaux éteinte à l'air. Ces deux hypothèses ne se donnent ici que pour ce qu'elles sont ; mais on peut assurer qu'elles se réunissent avec les expériences , et en confirment les résultats. C'est probablement par l'une ou l'autre des deux qu'on expliquera l'inaptitude de la chaux éteinte à l'air à former du mortier qui fasse corps.

revivificatio!» de la chai x éteinte a l'ai«.

La chaux éteinte peut être rétablie dans son état de chaux vive; il ne faut pour cela que l'exposer à un feu violent, pour en chasser l'humidité dont elle s'éloit cliargée en s'eleignant. L'adhérence de l'eau avec la rhaux est si grande , qu'un feu médiocre ne suffit |>as pour la revivifier, ainsi qu'il est prouvé par les expériences de M. Duhamel. (Mcrn. de l'Acad. des Sciences, année 1747- ) savant mit dans nue étuve de la chaux éteinte, où elle ne perdit que trèspeu de son poids; il l'exposa ensuite dans un creuset a l'action d'un «ranci feu de bois, qui ne lui fit perdre qu'environ le quart de l'eau qui avoit servi à l'étrindre ; il ne réussit pas même à l'en priver entièrement eu l'exposant dans un fourneau de fusion excité par le veut d'un fort souille! .

Un petit morceau de chaux qui avoit essuyé, cette «lernièrc calcination , mis dans un verre avec de l'eau,

CHE

I présenta tous les phénomènes d'une chaux vive , »stei comparable à \\chaux de craie , et qui auroit été encore plus vive si la calcinalion avoit été assez longtemps continuée pour dissiper toute l'eau qui avoit servi à l'éleindre la première fois.

Les expériences faite* |>ar les chimistes sur ce procédé seraient étrangères à la matière de ce Dictionnaire.

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