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à un grand chemin. On appelle aussi chemin de traverse tout «entier de détour plat court qu'une route ordinaire.
Chemin Docni i . On appeloit ainsi, chez les Romain*, un chemin pour les charrois, à deux chaussées, l'une pour aller, l'autre ]>our venir, afin d'éviicr la confusion. Elles étoient séparées par une levée en manière de banquette de certaine largeur, pavée de briques de champ, pour les gens a pied, avec bordures et tablettes de pierre dure, des niontnirs a cheval d'espace en espace, et des colonnes militaires pour marquer les distances. Le chemin de Rome à Ostic , ap|)clé Porluense, étoit de cette manière.
Chemin droit. C'est le chemin le plus court, le |ilu» à U ligne et de niveau qu'il est possible.
Chemin escarpé. C est celui qui est fait sur U côte d'une montagne par sinuosités , et qui est soutenu du côté du précipice par des levées de pierres sèches , et quelquefois de maçonnerie en certains endroits , comme ceux des Alpes pour passer de France en Italie , et ceux des Pyrénées pour aller en Espagne.
Chemin fendu. Chemin qui est fait dans quelque butte ou montagne , dont on a enlevé la crête et relevé les bergos pour le rendre plus doux. On entend encore par chemin fendu, celui qui est taillé dans un rocher, comme il v en a en Provence et en Languedoc, faits par les Romains, ou comme celui des Alpes , que Charles Emmanuel II , duc de Savoie , a fait couper en 1670 entre Chambéry et Turin.
Chemin ferme. On donne ce nom a celui dont le sol est affermi par la terre battue, ou formé de cailloux , de roche ou de sable , ou d'une aire de maçonnerie composée de chaux, degravois, de briques et de tessons de pots, ou enfin qui est pavé de quartiers de roche.
Chemin ierré. 1-es Romains appeloient ainsi tout chemin pavé de pierres extrêmement dures, ou parce que ces pierres avoient la dureté du fer, ou plutôt parce qu'elles résistoient aux fers des chevaux et des charrois. On nomme aujourd'hui chemin ferré celui dont le sol est de roche vive ou formé d'une aire de cailloux.
Chemin militaire. Les Romains doonoient ce nom aux grands chemins par où rassoient le* ar-
Ciiemin naturel. Celui qui est fréquenté par une longue succession de temps, à cause de sa disposition , et qui subsiste avec peu d'entretien.
Chemin particulier. Chemin fait pour la communication d'un château a un autre ou à un grand chemin. {Voyez Avenue.)
Chemin public ou grand chemin. C'est tout chemin, droit ou traversant, militaire ou royal.
Chemin rampant. Se dit de celui qui a une pente sensible. Quand cette pente est de plus de 7 pouces
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par toise , les charrois ne peuvent y monter qu'avec beaucoup de peine.
Chemin retiré. Petit chemin qui est à côté de celui des charrois , et qui sert pour les gens de pied , comme les banquettes des quais et des ponts de pierre, et les bornes des fossés et canaux faits par artifice.
Chemin royal. On appelle ainsi celui de tous les chemins où l'on épargne le moins la dépense et le travail pour le rendre le plus court , le plus commode et le plus sûr qu'il est possible.
Chemin terrestre. C'est celui qui est formé naturellement par la terre qui se trouve sur le lieu , ou par des terres rap|*.rtécs en manière de levée, soutenues de berges en glacis, avec une aire de gravois ou de pavé.
CHEMINÉE, s. f. Nom que l'on donne au lieu où l'on fait le feu dans les maisons. Les parties d'une cheminée sont l'àtre ou fover, le contre- eccur, le manteau, les piédroits et le tuyau.
des cheminées ciiee les anciens.
C'a été long-temps une question parmi les érudits, et c'en est encore uue parmi ceux qui ne le sont pas,
cheminées.
Quoique le mot latin caminus, fait du grec kaminos, puisse donner à entendre que le nom avec la chose signifiée auront passé des auciens jusque ches nous, cependant, en admettant ici dans tout son entier la preuve étymologique, il faudroit encore savoir jusqu'à quel point la différence des usages et des formes peut en laisser supposer entre les mots.
D'abord, on ne doute point que les anciens n'aient enq>loyé plusieurs procédés très-différens pour échauffer l'intérieur de leurs chambres et de leurs appartcmeus. J'ai déjà rendu compte d'un de leurs usages à cet égard au mot Brasier (l'oyez ce mot] , niais qui n'a aucun rapport avec nos cheminées.
Les deux mots continus et focus, dont les Romains se sen oient j»our désigner le lieu où se faisoit le feu, se trouvent employés par les écrivains de manière à laisser beaucoup de doute sur les différences qu'ils pouvoient compter. En effet, focus, qu'on pourroit prendre pour un brasier et un de ce» ustensiles , déjà décrits, où l'on brùloit du charhon , se prend aussi pour un lieu propre à brûler du bois; ce que Horace donne plus qu'a entendre lorsqu'il dit :
Lorsque Vitruve prescrit de quelle manière, dUM les métairies, on disposera, par rapport auxétables, le lieu où l'on fera le feu dans la cuisine , il se sert aussi du mot focus, qui sans doute ici, moius cn-
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core que partout ailleurs , ne saurait vouloir dire un brasier portatif.
CicéroD , en écrivaat à Atticns , lui dit , dans le même sent que Horace: Camino luculento tibi utendum censeo. Quand Viteliius fut élu empereur, le Ceu gagna du caminus à la salle à manger , ou tricUnium ; née ante in pratorium rediit qttàm Jltigrante triclinioexconceptucamint. Sueton.cap. vin.
Voilà bien, comme l'on voit, lea deux mots focus et continus employés de manière à ne [touvoir être traduits, l'un et l'autre, que par le mot cheminée. J'ajoute que dans tous ces textes on ne peut appliquer à ces mots d'autre idée que celle que nous attachons à celui qui fait le sujet de cet article ; c'est-à-dire que ces mots emportent avec eux l'idée d'un lieu où l'on brûle du bois, et qui devoit nécessiter un passage pour la fumée. Le second texte s'applique particulièrement à nos cheminée*. Un va voir par d'autres citations des anciens, qu'ils
fumée.
Philocléon, dans La comédie des Gucpes , d'Aristophane*, se cache dans une cheminée ; un esclave qui l'entend , s'écrie : Quel bruit fait le tuyau de la cheminée ! Philocléon découvert , répond qu'i/ est la fumée, et qu'il cherche à s'échapper; et le fils, un peu après, se plaint de ce que l'on va dire partout
qu'il est le fils d'un ramoneur i
Appien, de Belle civili, lib. IV , pariant des proscriptions des triumvirs, assure que plusieurs citoyens se réfugièrent dans les tuvaux des cheminées pour se dérober aux recherches des meurtriers Un lit encore dans Virgile:
El Jim mntaa prucul vilUrom culmtoa fusant.
« Déjà I on voit fumer les combles des maisons - dans le lointain. -
C'est bien sans doute ici le cas de dire que la fumée ne va pas sans feu. Ainsi, en rapprochant tous ces passages entre eux , il en résulte que les anciens «voient dans leurs maisons , et des foyers où l'on brùlott du bois , et des tuyaux qui conduisoient la fumée jusqu'au-dessus des combles. Si ces deux parties constituent ce que nous appelons cheminées, on pourvoit donc, d'après les passages que nous venons de citer , affirmer que les anciens avoient des cheminées.
Voici maintenant quelques autorités qui pourront paroitre plus décimes encore ; car , dans ce genre ,
Scamoui dit avoir vu à Baies une véritable cheminée antique, qui fut découverte de son temps: elle etoit quadrangulaire , et son tuyau formoit une pyramide , c'est-à-dire qu'il se terminoit en cône renversé. Le même auteur affirme que 1 rançois Saneze en vit une pareille à Civita-Veechia , et qu'il s en est découvert droits.'
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Près de la ville de Desaignes en Vivarais , au diocèse de Valence, est uneditieequi paroitavoir échappé à l'œil pénétrant des sa vans des differens âges comme
voit une sorte de i presque aigu.
Je trouve dans La Martinière, à l'article Craiosoijtes, que les ruiues de la ville de Chrseult présentent un monument semblable On a trouvé, dit-il, dans une espèce de chambre de la pieds en carré . enduite de ciment, une cheminée de 5 pieds de large, qui exhaloit la fumée (par deux canaux de tuile} d'une pièce cimentée aux deux coins. Ces canaux sont de 18 pouces de haut et de 6 en carré. Aux deux côtés opposés, ils sont percés de trous carrés , longs de 5 pouces sur un et demi de large.
J*i l'on réunit ces preuves aux autortt dentés, à toutes les vraisemblances, au besoin qu'une multituded'arts et de métiers eurent des cheminées, on n'en contestera pas sans doute l'existence chez les anciens. Aussi est-il moins question de prouver qu'ils eurent des cheminées , que d'en démontrer l'emploi pour l'intérieur des appartement; et c'est, il faut l'avouer, le point sur lequel on est le plus dépourvu d'exemples et d'autorités probantes. Avant la découverte des villes englouties par le Vésuve, on n'avoit par les ruines antiques que des notions très-vagues sur 1 intérieur des maisons des anciens. I^es grands monumens avoient pu seuls résister à la main du temps , et pendant bien des années on connut mieux la forme d'un amphithéâtre ou d'un cirque que celle d'une chambre et des détails qui la composoient.
Les découvertes d'Herculanum et de Poinpeï dévoient jeter un plus grand jour sar tontes ces notions. Cependant on doit dire qu'il ne s'y est rien rencontré jusqu'à présent qui réponde précisément à ce que l'on entend par cheminée; mais on y a trouva , "s maisons, des i les pièces, qui ne i p remeut ni à ceux de nos poêles , ni à ceux de nos cheminées, et qui avoient sans doute un grand avantage sur les uns et sur les autres. Un y étoit, dit W inckelmann , beaucoup mieux garanti du froid
près d'un grand feu.
C'étoit par le moyen de Vhrpocaustum ou de ce que nous appellerions aujourd'hui étuve, que l'on l'intérieur des appartement. Cet hypol, ou poêle souterrain, échauffait non-seuleles pièces au-dessous desquelles il se trouvoit , mais même tous les étages de la maison, par le moyen des tuvaux de chaleur répandus dans les murs et les cloisons , et qu'on élevoit dans toute leur hauteur. Sénèqne nous dit que de son temps on inventa certains tuyaux qu'on mettoit dans les murailles, afin que la chaleur du feu qu'on allumoit en bas des maisons, passant par ces tuvaux , échauffât également les chambres jusqu'au plus haut étage. Impressoi panc-
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tibus lii/'os, perquos cirtum/underetur calor, qui ima simul et summa fovent œquaiiter.
Loua-temps dans lin différente* ruines d'antiques habitations où de telles étuves se voient encore , on a paru en ignorer le véritable usage ; et comme Yhypoeauste ou fourneau souterrain étoit une des parties essentielles des thermes et des bains ( voyez Mains), partout où Voit rencontroit un hypocauste on supposoit l'existence d'un bain. Ricu n'étoit plus capable de faire sentir cette erreur que les découvertes de Pompeï. Comment supposer, en effet, que de trèspeUtes maisons eussent renfermé cite/, elles des bains, lorsqu'on sait qu'il y avoit partout des édifices publics destinés à cet usage , qui exigeoit une suite considérable de pièces et des moyens que les particuliers ne sanroient se procurer? comment d'ailleurs supposer que ces bains n'auroieut été formés que du ealdarïum ou des chambres chaudes , puisqu'on n'y trouve dans la plupart aucun indice des autres pièces des bains?
Si l'oii rapproche maintenant ce qui s'est trouvé dans un bon nombre des maisons de Pompeï , avec ce que Pline le jeune nous apprend de la sienne à I M tirent uni , on verra que l'on a dû concevoir dans l'emploi des hvpocaustes un usage différent de celui que ces fourneaux avoientdans les bains, où ilsservoient a échauffer les eaux et tes chambres a suer ou le laconicum. En effet , l'écrivain déjà cité nous décrit assez au long toutes les pièces des bains qui formoient une partie de sa s]ncieusc maison. Mais c'est dans un endroit entièrement séparé du reste de la maison , dans ce que nous appellerions un pavillon détaché, que Pline s'étoil formé un petit appartement de retraite dont il nous décrit avec beaucoup de soin toute la distribution : « Sous une de ces chambres, dit-il, » j'ai fait pratiquer un hypocauste fort petit, qui com- » mimique cl répand , par une jsetite ouverture , au- » Uni et si peu de chaleur que l'on veut. » Apphcitum est cubiculo hypoeatutum peresiguum , quod angiuta fenestra supposilum calorem , ut ratio exigit , aut effundit aut retinet. Dans un autre corps de bâtiment du Laurentin étoit une suite de chambres à coucher où l'on entroit pir un corridor dont le plancher sus|>endu étoit formé de dalles. Par ce souterrain circuloit et se communiquoit de toute part la chaleur du feu qu'on y entretenoit en le tempérant avec soin. Adheret dormilorium membrum , trantitu interjacente , qui suspensus et tabulants conceptum vaporem salulri temperamento hue illucque digerit et ministrat.
Voilà bien , sans aucun doute , des hypocaustes ou fourneaux souterrains , placés sous des pii ces qui ne furent ni des étuves ni des bains, et dont le seul objet étoit d'échauffer d'une manière aussi active qu'on le rouloit les pièces destinées a l'habitation et au sommeil.
Ecoutons maintenant \\ inckelmann dans les détails de quelques-unes des habitations de Pompeï.
•• Au pied de la colline sur laquelle étoit bâtie U
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maison de campagne , il y avoit un petit bâtiment qui servoit de retraite pendant l'hiver. Dessous terre sont disposées , deux par deux , de |ictites chambres dont la hauteur est égale à celle d'une table ordinaire. Au milieu de ces rhambrettes sont des piliers de briques liées ensemble simplement avec de l'argile , sans la moindre chaux ; et cela afin qu'elles résistent mieux à l'action du feu. Ces briques sont placées de manière qu'une grande brique , qui porte sur deux |>etites, se trouve exactement posée sur le milieu de l'une et de l'autre. C'est de ces mêmes briques qu'est fait le plafond , qui est pour ainsi dire horizontal , et qui porte le plancher d'une petite chambre dont le pavé est en mosaïque grossière , et dont les murs étoient revêtus de plusieurs espèces de marbre. Dans ce pavé étoient pratiqués des tuyaux carres en maçonnerie, dont les ouvertures donnoient dans la chambre d'en bas. Ces tuyaux réunis ensemble parcouraient l'intérieur du mur de l'appartement au-dessus de la chambretle, dans un conduit couvert d'un enduit de marbre pilé, en se prolongeant jusque dans l'appartement du second étage , où la chaleur se répandoit |or une cs|>èce de mufle de chien en argile , lequel étoit garni d'un bouchon. Leschambrcttesd'en bas, sous terre, étoient donc des poêles. Devant ces poêles régnoit une allée fort étroite , c'est-à-dire du tiers de la largeur des chambreltes, et c'est daus cette allée que donnoient les graudes ouvertures carrées du poêle, élevées à la largeur d'un doigt seulement au-dessus du pavé de l'allée , et dont la hauteur alloit jusqu'à la moitié des deux piliers antérieurs. C'est par ces ouvertures qu'on y mettoit des charbons ardens , qui , en raison de leur quantité, échauffoient plus ou moins le plancher de briques d'en haut, et cette chambre servoit d'etuve. La chaleur du poêle, qui s'était jetée dans les bouches des tuyaux , montait ensuite le long de la muraille et alloit se communiquer à la chambre située au-dessus de l'etuve. Ces poêles ou chambres souterraines offrent néanmoins une difficulté : car, comme ils étoient murés de tous côtés , à l'exception des trous carrés dont nous venons de parler, il est difficile de concevoir comment on s'v prenoit pour en enlever les cendres, puisque l'allée qui y conduisoil étoit si étroite, qu'il n'étoit ps|>os»ihlc d'y manier une pelle. Je n'y trouve [ qu'un moyen ; c'est qu'où faisoit entrer un petit garçon par l'un de ces trous carrés, qui me paroissent être assez grands pour celle espèce de ntanteuvre. »
On voit que l'hypocanstc , ou poêle souterrain qui servoit à échauffer l'intérieur des maisons, ne différoit de l'hypocauste des liains que par la grandeur et la solidité de la construction. En effet, dans les fourneaux des baius, on employoit le bois et la llammcqui, parcourant toute la superficie du plafond , devoit avoir une toute autre activité que le charbon, dont il paraît qu'on se servoit daus les maisons. Mous disons il paroit , parce qu'à une des maisons de Pompeï on a trouvé encore dans une cham- [I bre souterraine un amas de charbons. > ous renvoyons
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donc , pour la connoissance plus précise de cette construction , aux articles bains et hypocauste, où l'on trouvera de nouveaux détails sur cet objet.
En résumant tout ce qui vient d'être dit , il doit passer pour constant que les anciens connurent et employèrent la forme de nos cheminées , composées d'un àtre on lover, où l'on brûle du bois , et d'un tuyau pour en dégager la fumée ; mais il est vraisemblable aussi qu'elles étaient affectées à certains besoins, comme a ceux de la cuisine , seule pièce de* habitations où \ itruve en fasse mention. Il est bien prouvé, en outre, que la méthode d'échauffer une maison en général par le moyen des poêles souterrains et des tuyaux de chaleur qui circuloient dans tous les murs , devoit dispenser chaque pièce de la maison d'avoir un foyer particulier. C'est pour cela qu'on trouve dans tant de maisons des vestiges d'hy— pocanstes, sans qu'on voie dans aucune de leurs chambres des indications de cheminée.
DES CHEMISÉES CME7. LES MODERNES.
Deux raisons ont contribué à multiplier, dans le nord de l'Europe, les foyers particuliers qu'on appelle cheminées : la rigueur des hivers, et le nombre considérable d'étages qui forment autant de maisons que celles-ci ont de locataires, ce qui reodroit difficile le procédé général dont on a parlé chez les anciens ; procédé qui ne convenoit qu'à une seule habitation et a un seul propriétaire. Au reste, les poêles qu'on pratique dans les appartenons, en Russie, ont un rapport avec les hypocaustes des anciens, comme on le verra au mot poète ; mais le midi de l'Europe n'a rien conservé de cet usage. Soit, comme l'ont prétendu quelques écrivains, que 1rs hivers soient plus tempérés qu'ils ne l'étoient autrefois, soit que la modicité des fortunes particulières n'ait jamais permis à ces procédés dispendieux de se renouveler et de s'étendre, on ne voit que très-|>eu de cheminées dans les maisons de l'Italie et de l'Espagne. La seule manière de corriger, dans l'intérieur des ap|iartemens, l'influence des frimas, c'est d'entretenir au milieu des pièces un foyer portatif, qu'on appelle brasier {voyez ce mot), où l'on ne brûle que du charbon.
Cet usage est aussi général dans les palais des grands et des riches que dans les maisons des moindres particuliers; cependant on trouve aussi l'usage des cheminées modernes dans les plus anc iens palais : je ne ]>arle point de relies qu'où pratique dans les cuisines, et qui sont communes à tontes les maisons; je parle de ces cheminées de décoration et de parade que l'on a imitées en France , et dont on trouve des copies plus ou moins riches dans nos anciens châteaux.
Ce qu'on doit dire sur les cheminées chez les modernes peut se diwscren deux parties; l'une qui concerne les rAem/né^dansrintérieurdesap|>artrinens, et l'autre qui a rapport à l'extérieur des cheminées ,
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c'est-à-dire à leurs tuyaux au-dessus des combles des maisons.
Ce qui regarde les cheminées dans les intérieurs des maisons nous présente quelques observations à faire sur leur forme , sur leur décoration et sur leur situation.
I-a plus ancienne forme des cheminées, on la retrouve, je l'ai déjà dit, dans les anciens palais. La grandeur des pièces où elles figurent exigeoit la hauteur et la grandeur des dimensions qu'on y voit. Long-temps aussi, même dans les maisons particulières , les cheminées furent tenues très -hautes et très-larges; alors un seul feu rassembloit et échatiffoit toute la famille. Depuis que la commodité intérieure a exigé la diminution et le r.ipeli«rment des pièces, les cheminées ont diminué en même proportion et ont augmenté en nombre. Le genre de décoration affecté aux cheminées n'a pas influé pour j«eu sur leurs formes. Autrefois on y appliquoit toute la richesse des formes de l'architecture, de celles du moins qu'on employnit aux portes et aux fenêtres. Quclques cheminées d'Italie sont embellies de colonnes, d'cntablemens, et d'autres le sont de statues : telle est celle de la grande salle Farnèse, dont le couronnement est formé par les deux statues allégoriques que Guillaume de La Porte avoit destinées au tombeau d'Alexandre VII, mais qu'il jugea lui-même trop médiocres pour figurer dans l'église de Saint-Pierre.
I^s cheminées de l'Hutcl-de- Ville de Paris, bâties par Dominique de Vérone , au bon goût près de la sculpture qui les décore , sout des imitations de celles du palais r amène. Les marbres et les métaux brillent encore daus les cheminées du palais de Versailles, construites presque toutes selon le même goût et avec les mêmes dimensions; des tableaux ornent ordinairement leur manteau , où des bustes et des bas-reliefs se trou veut adossés.
Ces cheminées, il faut l'avouer, font un bel effet dans l'ensemble de la décoration des anciens palais; elles ont quelque chose de noble et d'imposant. Quels que soient les vices d'enrouleroens, de cartouches, et autres mesquineries semblables qu'on y retrouve quelquefois, il faut avouer que la décoration des intérieurs a perdu au nouveau système de la disposition
C'est particulièrement à la mode des glaces qu'on doit ce changement. Decotte , premier architecte du roi , est le premier, dit-on , qui ait introduit l'usage des glaces sur les cheminées; mais d'abord cette invention n 'avoit point banni toutes les autres es|W'ces d'ornemens. Les glaces atteignirent insensiblement à un point de grandeur qui n'a plus permis d'v associer d'autres objets ; les chambranles des cheminées se rapetissèrent à pro|)Ortion que les glaces augmentèrent de volume et d'étendue ; et ce goût est devenu si général qu'on ne voit plus en France une seule cheminée sans glace. {Voyez Glace.)