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DÉTAILS DE SES OUVRAGES

Les matériaux que chaque peuple emploie dans ses constructions déterminent si naturellement le genre de ses inventions et de ses pratiques dans l'art de bâtir, que la connoissanec de ces ressources matérielles est le préInde nécessaire qu'on doit exiger de celui qui entreprend de faire counoître et apprécier ce qu'on doit penser de l'art des Chinois.

Des bois de charpente. — Il n'est pas question ici ! de savoir si l'usage de la charpente et des arbres qu'elle emploie a pu suggérer à l'architecture la moindre sorte de transposition imitative. A la Chine, les arbres sont des poutres, et les poutres sont des colonnes, sans que ces colonnes cessent d'être ou de paraître des poutres. Les colonnes sont toutes de bois, et leur valeur ou leur beauté n'est attachée qu'à la qualité ou au |K>lî de la matière.

Le nan-mou est l'arbre le plus commun et celui qui entre dans le plus grand nombre des constructions ; suivant quelques auteurs, il est le plus estime. Au grand usage et aux éloges qu'on en fait, on peut juger qu'il comporte plu» d'une variété. Les uns le mettent dans la classe des cèdres, les autres le rangent parmi les mélèscs et les sapins. Ce qui a déterminé les Chinois à le préférer pour l'emploi des colounes, c'est qu'il donne les troncs le» plus gros, les plus droits et les plus hauts , et qu'on a reconnu que son bois gagnoit à vieillir.

On varie *ur sa hauteur et ta grosseur. Quelquesuns donnent à son tronc 12 a i3 pieds de haut. Chambers, qui en a mesuré de» colonnes à Canton , leur a trouvé de 8 à 10 pieds. Les missionnaire* diseut en avoir vu, à sept lieues de Pékin, dont b circonférence aurait été de 16 pied», ce qui donne un diamètre de plus de 5 pieds.

Au reste , sur ce qui regarde la qualité , la durée et la beauté de ce bois, tous les récits des voyageurs sont d'accord. Tous aussi conviennent que c'est dan» la hauteur, b grosseur et l'intégrité du fut que les Chinois font consister b beauté de leurs colonnes. Dt-s-lors le nan-mou doit être un arbre , à tous égards, des plus précieux dans ce pays. Il est possible d'attribuer aux avantages qu'il présente l'u-

I sage si général des colonnes de bois; en effet , sa dureté et sa densité répondent à ses autres qualités. On

II eu cite des colonnes qui ont plu» de mille ans d'an-

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s, et qui en subsisteront encore autant s'il ne leur »urvient aucune autre cause de destruction. Comme ce Lois est presque insensible à l'action et aux variations de l'atmosphère , on l'emploie à l'extérieur comme daus l'intérieur des bàtiiuens. Il passe pour être incorruptible. Quand on veut, disent les Chinois, faire un bâtiment qui n'ait point de lin , il faut y employer le seul bois de nan-mou.

Selon le Pire Du Haldc, la Chine appelle the-Iymou, ou bois de fer, un arbre aussi haut que nos grands chênes, mais qui en diffère par la grosseur du trnnc , par la ligure de la feuille , par la couleur du bois, qui est plus obscure, et surtout par la pesanteur; mais ce missionnaire ne nous dit pas si on emploie ce bois dans les édifices, ou seulement à làire des meubles, comme celui qu'on appelle Uc-lau (bois de rose.)

Il faut mettre au nombre des grands végétaux propres a entrer dans la construction , le tchou-tse ( ou bambou ). Oo jugerait mal de ce que sont ces sortes de roseaux et leur emploi dans la bâtisse , par ceux que l'on a importés en Europe. En Chine leur jet parvicut à égaler en hauteur le tronc de la plupart des arbres. Quoique ce jet soit creux et ne soit plein que dans ses nœuds, il ne laisse |a» d'être capable de soutenir de grands fardeaux , et en certains endroits

De la brique. — Selon les missionnaire», brique a été employée a la Chine dés la plus haute antiquité ; la manière de la cuire , disent-ils , diffère de celle qui est usitée en Europe , mais ils ne nous apprennent point en quoi . Chamhers , qui n'a vu la Chine qu'à Canton , il est vrai , mais qui toutefois l'a vue en architecte, nous indique probablement cette différence , en disant que les briques sont ou cuites au four, ou simplement séchées au soleil. Voici encore , selon cet architecte, la manière dont les constructeurs emploient la briqne. Les murs des maisons ( dit-il ) ont communément aux environs de 1 8 pouces d'épaisttur. ]<es ouvriers placent sur la fondation 3 ou 4 couches de briques entièrement solides. Ils le* disposent ensuite alternativement en long et en large des deux faces du mur, de manière que celles qui sont en large ou en travers bout à bout occupeut toute l'épaisseur, au lieu qu'il reste un vide entre les deux qui sont placées en long sur cette couche ; ils en établissent une seconde , où toutes les briques sont en longueur. Les joints des briques qui sont en travers dans la première couche sont dans la seconde couverts d'une brique entière. L'ouvrage se continue ainsi alternativement de bas en haut , et par ce moyen on diminue extrêmement les frais du travail et du temps, comme aussi le poids du mur lui-même.

Des pierres ou marbres et de leur emploi. — Ce qui a rendu assez rares à la Chine les constructions en pierre,' ce n'est certainement ni le manque de mal ni la craiutc de la dépense. La

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ne permet pas d'admettre celte iére raison. Ce ne saurait être non plus la disette de pierres. Toutes les provinces en ont abondamment, et les rues de quelques villes sont pavées en marbres de toutes sortes de couleurs, et qni sont plus communs que la pierre. Serait-ce la diflirulté des moyens de transport? Mais 1rs jardins des empereurs ont été remplis d'énormes rochers qu'on y a transportés; leurs palais reposent sur d'immenses blors d'allùtrc ; de grandes ilallesdc marbre forment toutes les marches des escaliers. Ce n'est jus enfin la diflirulté de tailler la pierre, puisqu'on l'emploie daus beaucoup d'ouvrages publics.

Si l'ou ue bâtit point les maisons et les habitation! en pierre, ou en a donné pour raison la crainte des trcmblemciis de terre; mais il paraît que le climat est ce qui s'est le plus opposé à l'emploi de ce génie de matériaux. Dans les provinces du midi, la chaleur et l'humidité qui l'accompagne rendraient fort malsaines des maisons Inities en pierre. Selon les missionnaires de Pékin , de semblables habitation» , dans les régions du nonl , seraient {tendant plus de la moitié de l'année sujettes aux mêmes iuconvtniens. Si l'on en croit ces récits, les froids de l'hiver et les malignes influences d'un climat humide s'opposent aux bâtisses en pierre. Quoi qu'il eu puisse être de ces causes météorologiques, il se fiourrait que daus un pats où rien ne change, la force de l'habitude et de la routine ait contribue à y jicrpéluci , dans toutes les I .i tisses , l'emploi du bois , qu'on peut dire y être général.

Des procédés et Je la police de la construction. — On n'imagine pas avec quelle simplicité ou fait à h Chine les échafands pour bâtir. Les architectes du pilais n'emploient pour les plus grands bAtimei.s ni poutres ni charpentes. De longues perches de pins, auxquelles on ne donne pas un coup de hache , où l'on n'enfonce pas un clou , et qui servent pend-ii-t plusieurs générations, suffisent aux Chinois pour faire des échafauds de loo et l5o pieds de haut. Les ouvriers y vont et tiennent comme d.ms une rue, et y circuleut sans s'embarrasser les uns les autres,

Il faut donner le nom de police , plutôt que relui de théorie, à toutes les règles dont V architecture chinoise» composé son code. Dans tous ses rapjtorts avec les convenances sociales , elle devoit paver le tribut k cet esprit universel de calcul et de méthode qui est le caractère de ce peuple. Ainsi dans tous les livres de construction, que nous appellerions traités d'architecture ou de l'art de bâtir, les vovageurs nous apprennent qu'on ne tronvc pas une seule fois l'idée ni le terme de proportion. Tout se réduit à régler pour toutes les sortes de bàtimens, et d'une manière uniforme , la grosseur et la hauteur de la colonne. Tout support perpendiculaire, qui a a pieds de diamètre, doit toujours et partout en avoir lA de hau-

de tout le bises parties.

Ce» procès de police prescrivent dans le plus Krand détail la construction du palais d'un prince «lu premier, du second et du troisième ordre , et de tous les degrés de fonctionnaires. Ils vont jusqu'à déterminer ce qni concerne les édifices publics, chacun «don le rang qu'ils occu|vnt , soit dans la capitale , soit dans les antres villes, en raison du degré de leur importance. L'homme le plus riche, s'il n'a ni titre ni charge qui le classe dans telle ou telle autre catégorie, est réduit à ne pouvoir bâtir qu'une simple maison bourgeoise.

Ce code de lois des bàtimens a dû , comme l'on voit , produire une espèce d'unisson dans les maisons du plus grand nombre, c' est-a-dire des simples particuliers. D'après cette graduation , prescrite entre tons les hàtimens, on ne s'étonnera point que les habitations ordinaires soient uniquement ■< rez-de-chaus- ■écj. Le climat s'opposeroit, dit-on, à la multiplicité «les étages. Dans le fait , la plupart des maisons , d'après la manière dont elles sont bâties, ne «croient point en état d'en supporter les charges. A quoi , d'ailleurs, serviroit cette pratique aux grands, dont les palais sont composés de cinq grandes cours environnées de bàtimens ? Les habitations du peuple n'en ont pas plus besoin. Il n'y a point de maison particulière qui n'ait une cour reculée pour les femmes , et destinée à égaver leur clôture. D'ailleurs une petite famille ne pourroit, ni occuper seule une maison à plusieurs étages , ni se résoudre à l'occuper en partage a\ee une autre.

De l'intérieur des maisons. — La distribution intérieure des maisons est aussi uniforme que leur aspect extérieur. Le rez-de-chaussée, scion la description que Cliautbcrs en donne, est traversé dans sa longueur par une longue allée. Les apjKiiicmcns régnent des deux côtes. Chacun d'eux consiste en un salon pour recev oir les visites, en une petite chambre à coucher, et quelquefois un cabinet ou lieu d'étude. La grande chambre ou le salou a communément 18 à ii) pieds de long sur 20 de large. Des nattes garnissent les murs jusqu'à la hauteur de î a \ pieds; le reste est revêtu de diverses sortes de papier. Une cloison de portes brisées fait la séparation du salon et de la chambre à lit. I n passage , à côté de cette chambre, conduit au cabinet, qui est clos de murs et éclairé par des fenêtres. Les murs sout ornés de sentences morales et de peintures. Outre ce» appartenons, le rez-de-chaussée renferme la salle à manger , la cuisine , l'appartement des domestiques , les bureaux OU comptoirs, le bain, et autres pièces de nécessité , et ver» la rue les boutique*.

De l'extérieur des maisons. — La façade des maisons chinoises qui regarde la rue est tout-à-fait unie ou employée en boutiques. Il ne s'y trouve aucune autre ouverture que celle de la porte. M. de Paw ne croit pas qu'il y ait de doute sur le modèle que Parth.itectttre chinoise »Vst donne pour 1vp< de *e» édi-

fices. 11 «eroit en enct difficile de s'y méprendre. On voit qu'on v a contrefait l'apparence d'une tente. Cela est très-conforme à ce qu'on peut «avoir de l'état primitif des Chinois, qui ont été, comme tous les Tartan», des nomades ou de* scénites, c'est-à-dire ' qu'ils ont campé avec leurs troupeaux avant d'avoir | des villes. Il faut convenir que la légèreté, la forme, et bien des détails de l'extérieur de leurs maisons, rappellent l'idée et la figure d'une tente.

Jious aurons occasion, dan* la seconde partie de cet article, de revenir sur ce semblant d'imitation en traitant du goût de l'architecture chinoise. Mais il faut dire ici d'avance quelque chose des combles ou des toitures , partie ai remarquable des maisons et des édifices.

Rien n'est plus conforme à l'idée de tente ou de pavillon que la forme universelle de tous les toits de la Chine. Dans tous les dessins originaux que les Chinois nous donnent eux-mêmes de tous leurs édifices, et les dessin* des voyageurs modernes le confirment, la seule forme de comble et de toiture qu'on n'aperçoit jamais est celle qui présentemit la figure d'un triangle nu de toute autre forme régulière. Le comble chinois se termine dans le haut par une surface plate ou surbaissée, et se recourbe en l'air au lieu j de finir en pente droite.

Une prticularité relative à la construction de* combles ainsi recourbés dans le* maison* , est qu'ils ne reposent point *ur 1rs maîtresses murailles , mais

bois. Et là se trouve encore la raison des double* toits I dont on a «ouvent besoin pour couvrir les murailles. Il y a encore de* doubles toitures une raison naturelle : c'est le peu d'élévation des supports ou colonnes , qui ne sont , comme on l'a vu , que des poutres d'une fort modique hauteur. Lors donc qu'on veut donner une grande élévation aux édifices, il faut recourir à la pratique de* doubles toits , le premier ou l'inférieur n'étant, à proprement parler, qu'une espèce d'auvent qui sert de couverture aux colonnes et aux péristvles qu'elles forment.

Charpente. — Les colonnes et le* solives qui entrent dans la composition de la charpente de* maisons, sont moins 1rs supports d'un corps solide et pesant que les barreaux d'une cage légère ; les poutres perpendiculaires servent moins à soutenir qu'à entretenir les traverses on solives horizontales. La charpente des combles n'est qu'un bâtis léger de bambous placés les uns au-drssus des autres, et soutenu* par des tasseaux aussi légers, et diminuant de grosseur à mesure qu'ils s'élèvent. Les extrémités de ces solives transversales sortent extérieurement ou de la colonne qu'elles traversent, on des murs eux-mêmes, et supportent la partie du comble qni déborde le bâtiment.

Les colonnes , à la Chine , on l'a déjà dit , n'ont point de chapiteau. Deux causes principales ont produit la |>riv;itiftn de relfe |wrtic «i universellement

euples. La première , on l'a déjà énoncée, tient à l'absence réelle de ce qu'on appelle architrave ou entablement ; la seconde lient à l'usage des doubles toits. Le premier toit ou l'inférieur n'étant ordinairement qu'nn véritable auvent , dont la descente doit nécessairement cacher le haut des colonnes , toute espèce de forme . due soit au besoin, soit à l'agrément, non-seulement a du paroitre superflue en cet endroit, mais ne peut venir dans l'esprit des constructeurs.

Palais. — Rien, selon les missionnaires de Pékin , n'annonce plus l'idée d'un palais et la grandeur du maître qui l'habite, soit par l'immensité, l'élévation, la régularité, sort par l'éclat et la magnificence de ses nombreux bitimens , que le palais de l'empereur a Pékin. Le Louvre, disent-ils, «croit au large dans une seule des nombreuses cours de ce palais. Cela s'explique par ce qu'on a dit. Si l'on veut, en effet, supposer le Louvre réduit a un we-de-chaussée , il y auroit de ses deux autres étages de quoi faire encore deux autres palais aussi grands. C'est donc pir la grandeur du plan que le palais de Pékin peut surpasser les plus grands edilices de l'Lnrope. 1 outefois, les récits qu'on en fait donnent à entendre que , si les différentes parties dont il est composé ne frappent point h vue comme les grands morceaux de la haute architecture d'Europe, leur ensemble produit un spectacle auquel on ne peut rien comparer de re qu'on a vu ailleurs.

Une si immense étendue superficielle de terrains tous couverts on environnés de tours, de galeries, de portiques, de salles et de vastes baliniens, produit d'autant plus d'effet que leurs formes sont plus variées, leurs proportions plus simples , leurs plans plus assortis, et leur ensemble mieux d'accord avec l'effet général de toutes ces masses. On voit ainsi, par une graduation sensible, tout s'embellir a proportion qu'on se rapproche de la saUe du tronc et des appartenons de l'empereur. Les cours latéralrs ne buroient être comparées à celles do milieu , et celles qui sont les premières n'approchent point, pour la magnificence , des plus reculées. Il en est de même de tous les meubles et objets de luxe de tous les batitnens. Le même système de gradation y est obsené.

prennent que deux temple» (le Tien-tau et le Ti-tau) sont le» deux monuiuens par lesquels on peut le mieux juger Yarthitecture thinoise. D'après les beautés qu'on y admire , ajoutent-ils , il se roi t bien difficile d'accuser cette architecture de ne conuoitre ni proportions, ni règles, ni symétrie. Selon eux encore, l'empereur ne peut rien avoir dans ses palais d'une architecture aussi riche , aussi magnifique que le Tien-tau. Il se roi t à souhaiter qu'au lieu de se contenter d'exciter notre curiosité , ils nous eussent envoyé quelques descriptions, accompagnées du plan de ce* monumens. A leur défaut , '"

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La plus considérable des pagodes de cette ville est celle de Ho—nanr. Elle occupe une grande étendue de terrain. Aussi renferiuc-i-cllc , outre les temples pour les idoles , des appartemens pour deux cents bontés, et d'antres hàtisses particulières. Le premier objet qui se présente est une cour très-étendue qui conduit à un vestibule couvert, d'où l'on à un second où il y a quatre figures coloss stuc assises, et tenant dans leur main divers blêmes. Ce vestibule s'ouvre dans une grande cour environnée de colonnades. Quatre pavillons y sont placés sur des soubassrmens. Ces pavillons sont les temples, et sont composés de deux étages remplis d'idoles. Aux quatre coins de la cour se trouvent quatre autres pavillons. Ils sont de diverses formes. Leur corps est de maçonnerie ; mais les colonnes qui les environnent sont de bois, avec des bases en marbre.

Les mêmes dispositions s'observent dans tous les temples de ce genre, et on peut dire qu'elles ont lieu dans tous les édifices chinois d'une grande étendue. Leur plus grande différence consiste dans le nombre et l'étendue des cours.

Quant à l'élévation de ces pavillons, on trouve très-peu de variétés entre eux ; ils se composent le plus souvent de deux étages. Ainsi , a la pagode de Ho-nan on trouve que les colonnes du premier étage ont en hauteur hnit de leurs diamètres, et la base un. Toutes ces colonnes, a la réserve de celles des angles, ont au haut de leur fût huit consoles; cet ornement, résultat du système de charpente dont on a rendu compte , n'a rien d'agréable. Les colonnes du second ordre ont environ de diamètre les quatre cinquièmes de celui du premier étage; leur hauteur est de six diamètres et demi, et elles sont sans base. Sous le second toit circule un entrelas régnant tout autour, et composé de cercles et de carrés. Les angles des deux toits sont enrichis d'ornemens qui représentent des monstres et des feuillages; le haut est orné dans ses extrémités de deux dauphins; au milieu s élève un dm: ou qui ressemble à une tulipe.

du plan I « La v va nous | - par ses

Des tours. — Les Chinois donnent plus d'un nom à leur» tours. Le P. Du Haldc nous apprend que, dans certaines provinces, toutes les villes, et jusqu'aux bourgades un peu considérables , ont de semblables édifices. La plus fameuse est celle de la ville de Nankin ; on l'appelle communément la Grande-Tour ou la Tour-de-Porcelaine. Sa description se trouvant dans pins d'un ouvrage, et surtout dans le Reeueil d' Antiquités de M. de Caylus, nous allons rapporter de préférence ce que le P. Du Haldc nous a fait connoîlre d'un ouvrage du i ville.

« La ville de Tou-Tchang-Fou, dit-il, est célèbre

édifices, et

une tour de huit

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- étages élevée hors de son enceinte. Les dehors, qui » Mint de porcelaine, sont orné» de diverses ligures; •• au-dcdaiis elle est revêtue de marbres très-polis et >. de différentes couleurs. On a pratiqué dans l'épais- >. seur du mur un escalier, par lequel on monte à .. tous les étages, et de là à de Mies galeries de ■■ nui lire ornées de ;;rilles de fer doré, qui cmbcllis- " sent K -s saillies ilunt la tour est environnée. Aux » coins de ce» galeries sont sus|ieiidues de petites ■• < le i lu - qui, lorsqu'elles sont agitées par le veut , » pnHluisent un carillon assez, agréable. »

La forme île ces tours est , comme on le voit, assez semblable partout. (Vile qu'a vue Clianibcr» entre Gmloa et //oang-Pnu peut donner, dans le dessin de cet architecte, une idée Ircs-suflisautc de ce genre de monumens. Mlle est à sept étages. Le premier est perce de quatre portes crintrecs ; il conticut une chambre octogone, au milieu de laquelle est placé l'escalier; les autres étages sont semblables. Il n'y a aucune différence dans les corniches qui séparent i haque étage ; elles sont composées d'un lilet et d'un jjr.md cavet, enrichi de représentations d'écaillé* de poîntl II. Les toils sont relevés dans les angles. A la réserve du toit : ou de l'auvent ) inférieur, tous sont unies de feuillages et de clochettes, La |wrche du haut est surmontée d'une l>oiile , de laquelle descendent îles <l haines fixées aux angles du dernier toit, et autour de cette perche sout neuf cercles de fer.

Les édilices auxquels nous donnons généralement le nom de tour ont eu Chine différons noms, qui expriment les vari< tés de leurs emplois; les plus nombreux sont ceux qu'on ap|»elle hou. Il y eu a de ronds, de carrés, d'exagoucs , d'oclogoues , eu briques, en f.iieuce, en bois, etc.

Par-trou (on arts honorifiques). — La passion ]>our ces monutneu* est très-grande à la Chine. Les moindres villes en fout construire en lwiis. I,e travail de plusieurs est assez, grossier, et ne mérite ]*is d'attention; d'autres, selon le P. Du llalde , sont asse* estimables. (V qui doit peut-être le plus étonner, c'est l'extrême multiplicité de ces monumens : les annales de la Chine loul mention de trois mille six «•ut trente-six personnages auxquels on a élevé de ces arcs Iidiioi iliijiies ; les capitaines , les généraux d'armée, les princes, les philosophes , les mandarins qui ont rendu des services a l'Ltat, nul il nul à ces honneurs publics. Ces monumens ont ordinairement trois arcades, une grande au milieu; des colonnes à pans, nu poteaux de pierre d'un seul morceau, forment les jambages de ces arcades; l'entablement est composé de trois ou quatre faces, le plus souvent mus saillie ni

moulures , excepté la dernière ou IVatit-deraiere,

qui tient lieu de frise , et sur laquelle ou grave quelque inscription. Il y a un toit qui sertdecouronfiement, et qui repose sur les jauiluges dont ou a ] m l ié .

Pnnts. — On distingue en Chine beaucoup d'es-

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