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pèces de ponts : les ponts de besoin, les poots de commodité, les ponts de passage, les ponts de magnificence, les ponts à demeure, les ponts passagers, les ponts de fantaisie, de caprice, de curiosité. Chacune de ces espèces a des i-cglcs de construction différentes. >ous trouvons encore que beaucoup de mots sont affectés à designer d'autres particularités de ces constructions ; tels sout les noms de ponts en arc-en-ciel, en levier, en balancier, à poulies , en coulisses, à double bascule , en compas , en fagots ancrés , en poutres empaillées, en barques renversées, en cordes tendues.

Les ponts de fer sont très-usités a la Chine ; ils consistent pour la plupart en piliers dressés d'espace en espace, entre lesquels ou teud des chaîucs de fer.

Cependant les Chinois entendent depuis trcs-longtemps l'art de faire des voûtes. S'ils mettent d'autres procédés en usage dans l'exécution de plusieurs de leurs ponts, plusieurs autres prouvent que ce n'est point par ignorance de l'art des voûtes : leurs peintures sur papier de tenture, et leurs dessins sur toutes sortes de meubles, sont remplis d'images de ponts ceintrées en voûtes de pierre. Selon le P. Du llalde , ces voûtes se composent de pierres taillées en portions de cercle de 5 à G pieds de long , et épaisses de 5 à 6 pouces. On voit également leurs culees construites en grand» blocs de polygones irrégulicrs. Ces arrhes, comme le montre leur peu d'épaisseur, sont foibles dans le liaut ; mais aussi n'y iiassc-t— il point de voitures. On y arrive par des montées dont les degrés ont i peine 3 pouces d'épaisseur.

DE l'aHCHITECTCRE CHINOISE CON.slin.BKK DANS SOS CABACTtaE ET SO.N COI T.

La première connoissance a acquérir pour bien apprécier les arts d'une nation doit être celle de l'esprit même de cette nation , des causes qui ont formé ses habitudes, sa manière d'être, de voir et de sentir, et qui dès-lors ont dû donner une direction constante à tous ses ouvrages. Il eu est effectivement du grand au petit , de l'être collectif appelé peuple comme de l'être individu. Ainsi l'on remarque entre les hommes qu'il se trouve de l'un à l'autre telle différence de faculté morale qui fait que l'un n'est propre qu'aux professions ou la routine dispense de rellexion , mi le travail de l'esprit ne concourt jamais avec celui de la main, et dont tont le génie est dans l'instinct d'une répétition uniforme ; tandis qu'un autre a reçu de la nature une activité de pensée et d'imagiuatinn qni le "porte , dans quelque sphère que ce soit , à chercher et it trouver des combinaisons toujours nouvelles. De ces deux propriétés transportées aux diverses nations de la terre , résultera chez l'une , dans tous *es ouvrages, ce qu'on appelle habitude de routine stationnairc, et chef l'autre ce besoin de mouvement qui , appliqué à ses productions , s'appelle perfectibilité.

Or ces deux effets seront, en divers pays, puissam-

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meut secondes encore par l'action du caractère natnri'l sur les élémcna politiques , et par La réaction des causes politiques sur les (acuités morales de l'esprit et sur ses ouvrages.

Quand on considère le point anquel se sont arrêtés depuis tant de siècles les arts de la Chine , il faut nécessairement en conclure qu'il y a, soitdatin l'influence du caractère des hommes sur les ressorts politiques, «oit dans l'action de ces ressorts sur le développement de l'activité morale, une cause puissante qui a de tout temps contrihué à comprimer, appauvrir et rendre stériles tous les germes de l'invention dans les arts.

A en croire ceux qui veulent justifier la Chine sur « c poiut , le gouvernement n'envisage les arts que sous les rapports de commerce et d'utilité. Qu'importe, dirons-nous, la raison du gouvernement? cette raison fortifie encore le jugement qu'on porte des arts et de l'architecture daus ce pays. Ou peut allirmer qu'aucun n'a conservé plus fidèlement les traces premières et les procédés des habitations primitives dans la construction et les formes extérieures.

.Nous avons déjà fait pressentir quel fut le principe originaire de l'architecture chinoise. M . de l'aw , dans ses Recherches sur les Chinois, a touché ce point avec autant de justesse que de sagacité. A la Chine, dit-il, on ne saurait se méprendre sur l'objet qui a servi de modèle aux premiers lùtimens ; on y a contrefait une tente , et cela est très-conforme a tout ce qu'on peut savoir de plus vrai sur l'état primitif des Chinois, qui ont été, comme tous le* Ta rte m, des nomades ou des scénites; c'est-à-dire qu'ils ont campé avec leurs troupeanx avant d'avoir des villes.

Rien, ce nous semble, ne reud mieux raison de cette singulière construction de leurs habitations, qui restent sur pied (comme on l'a fait voir1, lors même qu'on en renverse les murailles. Effectivement , les murs environnent la maison sans la soutenir, ils servent seulement de couverture à la charpente sans supporter le toit, comme si dès l'origine on eût fait autour des tentes une enceinte plus solide eu maçonnerie pour enfermer le bétail. Tel a dû être eu effet , sous le rapport de la bâtisse, le premier pas de la vie pastorale cl ambulante vers la vie sédentaire. Quand on considère en général, dit l'écrivain cité plus haut, une ville chinoise, on voit que ce n'est à proprement I jiarlcr qu'un camp à demeure. L'immense étendue des villes résulte sans doute de la multiplicité des maisons; mais cette multiplicité provient de ce que leurs constructions ne sauraient supporter plusieurs étages.

Nous trouvons donc le principe du caractère extérieur des constructions chinoises et leur tvpe trèslisiblement écrits daus la configuration de leurs toitures. 11 ne peut y avoir que la forme des tentes, ou des (uvillons en toile , qui eu ait été le modèle. Quoique des bâtis de charjicnte s'y soient par la suite assujettis et associés , la moindre connoissanre île la marche des inventions du besoin nous apprend que, si la charpente avoit donné le type primitif des con-

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