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structinns , elle n'aurait jamais pu procéder par des assemblages aussi légers et des formes aussi éloignées de la ligne droite. Ainsi voyons-nous que les couvertures de tous les édifices sont recourbées et arrondies par le haut. Or rien ne prononce d'une manière plus claire l'imitation des contours d'une toile qui se prèle à toutes les inflexions de la main qui la dirige sur le l»àtis léger qui lui sert de soutien.
En effet , un grand pavillon en toile ne saurait exister s'il n'est tendu sur une charpente légère. Or l'esprit de légèreté est tellement empreint dans tous les monumens de la Chine, qu'il suffirait pour démontrer l'origine de sa bâtisse dans l'imitation des tentes, lorsque cette imitation irrécusable suflit pour uous rendre compte de la légèreté qui fait le caractère de V architecture chinoise.
Ainsi les faits suffisent pour nons démontrer qu'aucune nuance d'un caractère opposé n'aurait pu s'y rendre sensible , puisque c'est le manque même de solidité qui y constitue cl le fond de l'art et les moyens qu'il emploie. Il est dès-lors fort inutile de chercher soit à accuser soit à excuser celte architecture d'être ce que des causes originaires et inhérentes soit à la nature du pays, soit aux formes de la société qui les a appropriées à ses besoins, l'ont forcée d'être.
Mais il est encore une qualité caractéristique que l'on doit remarquer, sinon dans ce qui fait le principe fondamental , du moins dans ce qui devient et forme l'effet extérieur de Y architecture chinoise. Cette qualité, plus matérielle, 1 la vérité, qu'intellectuelle , est la fraieté. Il est à croire qu'en aucuu aube pays l'art de bâtir ne saurait offrir un aspect plus flatteur aux yeux.
Ces combles et ces doubles toits , brillans de tons , dont l'effet est comparé par les poètes chiuois, aux nuances de l'arc— en-ciel , ces portiques diaprés de toutes sortes de couleurs, ces vernis étuudus sur toutes les parties des édifices , l'accord de ce genre «le décoration avec les formes légères des hàtimens : tout cela doit former pour l'œil un genre d'agrément dont on ne saurait contester la réalité; et l'on ne peut douter que pour celui qui n'aurait appris à juger des ouvrages de l'art que par l'action matérielle de l'impression physique, les plus belles formes et les proportions les plus régulières fixeront moins son attention que l'éclat des couleurs.
On doit encore reconnoître comme une qualité de l'art de bâtir des Chinois, l'accord de son goùtd'oruemenl ou de décoration avec ses formes et sa composition. Qu'on n'y cherche pas, toutefois, ce goût d'ornemens en sculpture auquel l'idée se porte na-
uîî édifice
à la Chine n'y est autre chose que celui dont peut donner l'idée l'art que nos ouvriers portent à la confection des meubles ou des objets d'un luxe capricieux. Dans le fait, ils traitent un bâtiment sous le rapport d'ornement , comme une armoire. Sa beauté
38a CHOK
consistera dans la précision du travail et sa propreté,
On vernit les colonnes , on colore le» toits , on enduit les murs de substances colorantes. Les plus belles, les plus brillantes, les plus inaltérables, sont le premier mérite des édifices réputés les plus beaux. Si l'on y peint des figures, le mérite du dessin y est le dernier. Lorsqu'on veut porter a leur plus haut point le luxe et la durée des ornemens, on emploie les couleurs que le feu rend inaltérables dans la porcelaine. Les plus fameux monumem, le palais de l'empereur, les tours dont on a parlé, brillent de l'éclat de ces matières , réservée* pour les dieux et pour le souverain.
Quant à l'art proprement dit des ornement, ce n'est à la Chine rien antre chose que l'art des découpures. Aussi est-ce dans les entrelas que les Chinois excellent. Leurs meubles, leurs sièges, leurs tables, ont , dans ce genre, un charme que l'inépuisable variété des ouvriers sait multiplier a l'infini. Les châssis des fenêtres offrent tous les compartiment imaginables, Les entrelas occupent une place MM remarquable dans les édifices; c'est celle qui semblcroit correspondre à la partie de nos ordonnances qu'on appelle la Jri.tr.
On voit donc que toute* les parties de l'art de bâtir de* Chinois sont complètement d'accord entre elles. Aucun sty'e, aucun goût étranger n'ayant pu s'y mêler, cet art a reçu son développement d'une manière conforme aux besoins immuables et aux ressources invariables du pays et du génie de ses habitans. Ainsi l'esprit de mutine a retenu et retient encore, depuis nn très-grand nombre de siècles, Y architecture chinoise dans un état stationnaire d'où il n'est guère permis de croire qu'elle puisse ' sortir. Peut-être effectivement tout ce qui a eu le temps de s'assortir aux besoins uniformes et peu nombreux d'un peuple immense, et que toutes sortes de causes isolent des autres peuples, semble devoir durer autant que ce peuple.
CltOEL R , s. m. Du latin thorus, venu luimême du grec . où il exprima , ainsi que le mot latin, une réunion de personnages faisant partie du spectacle scéuique , et dont le rôle consistoit presque entièrement en chant*. — Le mot choeur a encore quelque reste de cette signification ea français, soit au théâtre , soit dans l'usage de la langue , où l'on dit faire chorus, chanter en cheeur.
Tout naturellement, comme l'on voit, on dut, dès les premiers temps du christianisme, donner ce nom aux réunions, soit des membres du clergé, soit des chantres de profession employés dans les cérémonies du culte. On a vu au mol Basilique, que l'autel se trouroit placé au fond de l'église, dans cette partie qu'on appeloit hèmiey-clc ou demi -cercle. Là étoit la place du célébrant , de l'évèque , et des prêtres qui se trouvoient ««sis autour de l'autel.
Lorsque les églises se furent agrandies . et surtout
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en longueur, comme il est arrive à toutes celles qui furent disposées en croix, la place de l'autel se trouva tantôt au point le plus voisin de la réunion des quatre branches de la croix , et le cheeur fut placé en arrière de l'autel; tantôt l'autel fut situé a l'extrémité de la branche supérieure de la croix, et le cheeur précéda le sanctuaire. C'est suivant l'une ou l'autre de ces deux dispositions que nous voyons aujourd'hui établie la situation de ce qu'on appelle le choeur d'une église.
Ponr ce qui regarde la décoration de cette partie des églises, nous ne voyons pas qu'il y ait rien a prescrire, ni aux formes, ni an goût de l'architecture. Ce qu'on peut en ce genre imaginer de mieux, surtout dans l'ordonnance régulière d'un édifice religieux , nous paraît ne devoir consister qu'en orne— mens mobiles, tels que statues, candélabres, et objets qui ne rompent point l'uniformité et la svmétrie. Nous croyons qu'on doit surtout s'v abstenir de ce qui tendroit à en faire un édifice dans un autre édifice. On veut (îarler de ces clôtures qui isolent entièrement le cheeur des bas-côtés, et interceptent la vue du sanctuaire et des cérémonies, comme aussi de ce» grillages dont l'emploi banal, et appliqné i tant d'autres usages, ne peut produire dan* l'esprit et aux veux qu'un désaccord inconvenant pour la dignité du lien.
CULTE, t. f. On use de ce mot dans les travaux hydrauliques, toit pour désigner les pentes qu'on ménage a l'écoulement des eaux, soit pour caractériser les épanchemens d'eaux naturels au artificiels, qu'on appelle cascade, du mot italien ctucalaj, qui signifie chute.
On donne aussi dans l'ornement, en architecture, le nom de chute a de* groupes de fleurs , de fruit» ou de feuillages qui tombent , soit qu'ils fassent les deux bouts d'une guirlande, soit qu'ils consistent en un feston isolé. On les place dans des panneaux ou sur des montans qu'on multiplie souvent pour avoir l'occasion d'y introduire cet ornement, (f^rn (xcirlaxde,
FtSTOIS.)
CIBORILM; en français ciboire. Ce mot aujourd'hui n'est plus guère d'usage que pour signifier le vase qui contient les hosties consacrées. Nous l'emploierons toutefois dans cet article indistinctemeut avec le root dont il est la traduction , pour exprimer le petit édifice porté sur quatre colonnes au-dessus du maitre-autel , et qui a donné naissance aux baldaquins, (forez Baldaquin.)
Quelques-uns ont voulu faire venir le mot eiborium du grec kiCak, KtC«rr«f, arche, coffre. Cette éfymologie ponrroit assez bien convenir aux usages des premiers chrétiens. En effet , le ctbonum couvrant l'autel et les choses saintes , étoit pour eux ce que l'arche ■voit été pour les Hébreux. Le nom de ciboire que nous donnons à la coupe aux hosties ne prouve-
roit rien contre cette étymologie. Effectivement data le temps où le petit édifice appelé ciborium était d'nn usage universel , on rcnfermoit les hosties dans une colombe d'argent on «ne tour d' ivoire , qne l'on suspendoit à sa voûte. Ce qui pourrait le confirmer encore , c'est qu'on appeloit ciborium l'autel qui renfermoit le corps d'nn martyr; c'est enfin qu'on appelle encore en Italie ciborio tout tabernacle qui est entièrement isolé. ()n peut donc croire avec Paulin que l'idée de l'arche donna aux chrétiens celle du ciborium. Arca testamenti ad instar christiani ciborium adinvenfre. Liv. si, ép. a.
On élevoit donc les ciboires au-dessus des autels et des tombeanx. Quelquefois il y en avoit plus d'un dans une église ; mais le plus souvent il n'y en avoit qu'un seul servant de couronnement au grand autel , et l'espace qu'il occupoits'appeloit le saint des saints, sancta sanclorum.
Il paraît que ces petits édifices avoient tons à peu prés la même forme , mais la plupart ne pouvoient devoir leurs ornemens qu'à la li)>éralité des princes. Le plus magnifique fut très- probablement celui que Justinien avoit élevé dans Sainte-Sophie , après avoir rebiti ce temple la douzième année de son règne. Sur quatre grandes colonnes de vermeil reposoit une voûte d'argent , au sommet de laquelle étoit un globe massif d'or, du poids de 1 18 livres. Des lys d'or environnoient ce globe et retotnboient en feston. Ils pcsoient ensemble 1 16 livres. Du milieu d'eux sortoit une croix de même métal , pesant 75 livres , et tout étincelante des pierreries les pins précieuses.
Souvent aussi les ciboires étoient ornés de sculptures et de peintures. Des statues étoient placées aux angles et sur les colonnes; les peintures ornoient les rideaux qui entre les colonnes toinhoient de la voûte jusque sur le sol , et ils ne s'ouvraient que pour la célébration des mystères.
Cependant tous les ciboires n'étaloient pas la même magnificence. Dans beaucoup d'églises on en voyoil qui n'étoient composés que de quatre colonnes, soit de marbre , soit de cuivre , quelquefois même de pierre , avec des pentes ou des rideaux fort simples.
Le ciborium élant indispensable dans le temps où les rites prescrivaient l'usage des voiles ou rideaux , et ces rites ayant changé, il aurait pu à la fin disparaître avec les draperies qui lui étoient affectées; cependant la pratique ou la tradition s'en est conservée , et on l'a vu reparaître avec éclat dans le plus bel âge de l'architecture moderne , sous le nom de baldaquin. (foyez ce mot.)
C1CCIONE (An aie}. On ne connoit que l'époque de sa mort , qui arriva l'an i455.
Il fut le plus habile architecte et sculpteur napolitain qui soit sorti de l'école de MasuccioII. On lui attribue la construction du célèbre couvent et de l 'église du mont Olivet. Le beau palais de Barthélemi de Capoue.pri,H*^//a
CIG
des- Libraires à N a pies , est encore un de «es ouvrages. Ce fut aussi sur les dessins de cet architecte que furent construits le troisième cloître d'ordre ionique que l'on voit a Saint-Sevcrin dans la même ville, etl'é
CIEL DE CARRIERE, s. m. C'est le premier
banc de pirrre où l'on arrive en creusant le puits qui doit servir d'ouverture à une carrière. On perce l'épaisseur de ce banc pour tirer la pierre qui est dessous, et à partir de son orifice il sert de plafond à toute l'étendue de la fouille. La pierru de ce ciel est propre aux fondations. (Dans cette acception, le mot ciel fait ciels au pluriel.)
CIGOLI (Loi isCardi de), né en i55n. Son nom patronimique fut Cardi; son surnom lui vint du lieu de sa naissance , qui étoit une terre des euvirons de Florence.
Cigoli fut du nombre de ces artistes qui regardant les arts du dessin comme inséparables, les cultivèrent ensemble. Il s'adonna de bonne heure et avec un zèle égal à la peinture et à l'architecture. Quoiqu'il ue trouve ici sa place que comme architecte, nous devons le faire, en un seul trait, distinguer comme peintre. Disons donc qu'il fut réputé vainqueur à la fois de Baroccio et de Caravaggio , avec lesquels il eut l'occasion d'entrer en concurrence, et qu'il fut surnommé le Corrège florentin.
Il n'obtint pas une moindre réputation dans le second des arts qu'il professoit, et qu'il axoil appris avec la perspective et les mathématiques daiw l'école de Bernard BuonUlcnti , architecte célèbre. Celui-ci présenta son élève au grand-duc Ferdinand I", qui le chargea bientôt de diriger les décorations projetées pour les fêtes du mariage de Marie de IWédicis avec Henri IV, roi de France.
Le succès que Cigoli obtint en ce genre d'inventions engagea Ferdinand à l'employer dans de plus grands ouvrages. Cet artiste lui présenta bientôt le projet dont il s etoil occupé d'après ses ordres, et qui avoit pour but d'agrandir et de terminer entièrement le palais Pitli et sa place , sans apporter de changement aux aucienucs constructions. Il présenta peu à peu à Cosiuc II, successeurde Ferdinand, le modèle d'un nouveau palais, que ce prince avoit résolu de faire construira à Rome dans Piazza Matiama. Sous le règne de ces deux tion de voir élever à F ses dessins.
Nous citerons entre autres la porte et l'escalier du jardin des Gaddi, la loggia des Tornaquinci, h porte du monastère de Sainte- Félicité , le beau cor-
inces, Cigoli eut la satisfacplus d'un ,
tile du plais Stroxzi, et le palais Rannccini. Dans ces diverses productions , 011 domine le st\ le du bossage, on reconnoit un sectateur fidèle de la manière de Michel-Ange. Cigoli parait en général avoir eu un esprit imitateur ; dans ses talJeanx on retrouve h
384 CIM
louche cl le goût de» maîtres qu'il avoit étudies ; «on architecture reproduit de même les prohls , les rnronleroeii» , le* licence» et les grandes saillies qu'avoieut mis en crédit le» maître» dont il devint le suivant;» porte du monastère de Sainte-Félkilé n'est presque autre chose qu'une répétition de la |K>rte de Saintc-Apollonie par Michel-Ange.
Cependant il est juste d'observer a son égard qu'on doit lui appliquer la différence qui existe entre imitateur et copiste. On découvre dans quelques-uns des ouvrage* de Cigoli une manière qui est à lui; de ce nombre est, sans aucun doute, sa façade du palais Ranuccini, où l'on trouve, malgré un peu de lourdeur, le caractère d'une mâle solidité. Nonobstant plus d'un poiut de critique auquel un goùl sévère pourrait soumettre son talent, on reconnoit qu'il lui es! dû une place encore honorable entre les homme» habiles de son époque a Florence.
1^ pape Paul V ne balança point à lui demander plusieurs dessins pour des raccordemeus qu'il crovoil nécessaires à la basilique de Saint-Pierre. Les projets qu'il présenta furent universellement approuves; et Icniles les fois qu'il venoit à Rome, le pape ne manquoit pas de mettre ses talens à contribution. Enfin, aussi satisfait des productions de son compas que de celle» de son pinceau, le pape lui lit obtenir du grand -maître de Malte des lettres d'admission au grade de chevalier-servant de l'ordre. Ce» lettres arrivèrent au moment où Cigoli, malade . n'attendoil plus que la mort; elle le frappa en it>i3,dansla cinquante-quatrième année de son igc.
Cigoli a laissé plusieurs ouvrages manuscrits , parmi lesquels s'est trouve un Truite des Propor- Itons générales et parti, ulures des cinq ordres d'architecture.
CIMAISE oc CYMAISE, du mot grec n»p*Ttw,
jluctut.
Nom qu'on pourroit considérer comme étant génériquemenl celui de toute moulure ondée el formée de deux portions de cercle. Cependant Vitruve n'a donné le nom de cimaise qu'à deux moulures dont Tune est , dit-il, la dorique, et l'autre la lesbienne. Dans le fait, si l'on considère ces deux cimaises, on voit qu'elles représentent parfaitement l'idée d'ondulation que le mot signifie , et qu'ainsi cette apjwllalion ne couvient effectivement qu'à elles.
Les rimai ses moitié convexes, moitié concaves, ne dUTèrent entre elles que par la position où se trouve daus ce profil l'une ou l'autre de ces courlie». Selon cette position , l'une est ce qu'on ap|>cllc dourine ou gueule droite; l'autre est ce qu'on nomme /«/on ou gueule renversée.
Dan» la pratique et selon le langage le plus usuel dan» le bâtiment, ou dounc aujourd'hui le nom de cimaise* toute moulure qui termine une corniche.
Ce que Vitruve appelle cimaise lesbienne est un
CIM
I] talou ; ce qu'il appelle rimaise dorique est un rafet. {Voyez Talox et Cayet.)
CIMENT, s. m. Vient du latiu camenlum {voyez ce mot ) , qui , HHMM on l'a vu . sigliiGoit de petits morceaux ou des éclats de pierre, ou des cailloux qui, mêlés avec la chaux, faisoient ce que nous appelons le mortier.
On donne aujourd'hui le nom de ciment et on l'applique .i.ssez ui iluuiremenl .1 tonte Mpeoedt mortier. Cependant, par suite de sa signification étv n logique eu latin , on appelle plus |>articulièrement de ce nom le mortier qu'on fait avec des tuileaux concassés, et on le donne aussi à ces tuileaux api*-lcs |^r Vitruve et Pline testa tusce.
L'on emploie ce dernier genre de ciment, c'est-àdire fait avec des tuileaux , de préférence à celui où l'on mêle le saLle , quand il s'agit d'ouvrages à faire dans l'eau.
Perrault, dans sa traduction de Vitruve , a confondu le signinum oitus avec le» testa; tilsa, quoique les deux premiers mots signilicul l'ouvrage ou son genre, el les deux seconds, les matières qu'on y cuiployoit.
Selon Vitruve, Ynpus signinum doit composé de chaux vive fraîchement éteinte, de gros sible, de gravier, de tuileaux concasses, ou de petites pierres dont les plus grosses ne pesoicut \as plus de douxe onces. Après avoir bien broyé ce mélange, on le couloil dans des cncaisscmensct on le balloil avec des pilons ferré*. Il résulte de ce détail que le signinum opus , d'après \ itrtive, u'étoit autre chose que ce que nous appelons béton, et ce que les ltalicusappellcnt smtdto.
Pline, a la lin du chapitre \ll du livre xxw de sou Histoire naturelle, dit qu'avec des tessons de terre cuite, pulvérises et broyés avec de la chaux, on faisoil des vases appelés signiens, plus solides que ceux dont provenoient res tessons. Ou ne parvenoil à leur donner cette solidité qu'en massivant leur composition dans de» moules; c'est à raisou de cela que Vitruve , liv. 11, chap. iv, conseille de battre les enduits faits avec du sable de riv ière, comme on faisoil le signinum . Pour faire du bon ciment , il faut choisir du tni- I leau bien cuit et qui ait été du temps sur les loils. l.a brique pilee, comme étant moins cuite que la tuile , ne fait pas d'aussi bon ciment.
CIMENTER, v. a. C'est lier ou enduire avec du riment.
CIMETIERE, s. m. Ce mot vient du grec mi/i»1»fi«>, lieu où l'on dort. Les anciens coniparoient la mort au sommeil, et dans la langue de* poètes elle en doit la sieur. De là l'origine du mot cimetière.
| Tout ce qui dans l'antiquité se rapporte aux usages I des sépultures cnmpreud un si grand nombre de Bo-
I tions, et res pratiques donnèrent lieu à une telle
II quantité de formes, de signes divers, de mouuniens
CIM
et par conséquent de mot» ou d'expressions qui le* ont défiais qu'il y auroit à faire sur ce sujet un très-volumineux ouvrage. Il suflira pour s'eu convaincre, de consulter les mots tombeau, cénotaphe, sépulture, sepolcrelum , mausolée, hypogée, catacombes, urne funéraire, pyramide, cinerarium, arc a tepulchraiù, etc. columbarium.
Nu.- restreindrons cet article dans la notion spéciale que nous ont présentée la définition grammaticale du mot cimetière ainsi que l'idée île dortoir, qui exprime un local commun d'inhumation, tel que nous voyons que les usages modernes et religieux nous le présentent depuis l'établissement du christianisme. L'idée simple de cimetière l>ornè à n'être
assez étrangère a l'architecture pour méritera peine de trouver une |>lace dans ee Dictionnaire. JMais la suite montrera, et par des exemples, et par des raisons tl'utilite ou de convenance sociale, comme aussi d'iuterèt pour l'art, qu'il importrroil plus qu'on ne pense de faire eutrer l'architecture dans l'établissement des cimetières , surtout de ceux qui appartiennent à de grandes villes.
Quelles que soient les diversités de noms que nous trouvons affectés dan» l'antiquité aux pratique* et aux monumens de sépulture , ces noms pour le plus grand nombre, et avec eux les découverte» qui se sont multipliées depuis un certain nombre d'année», ne nous font rien cunnoitre qui ressemble entièrement à ce que nous appelons dans les usages modernes un cimetière, c'est-à-dire un local consacré à l'inhumation publique de tous les habitans d'une ville, d'uu quartier, d'un territoire quelconque.
Les notions fort nombreuses de l'antiquité , en fait de sépulture, nous présentent à la vérité dans le voisinage des grandes villes, îles restes extrêmement nombreux de tombeaux, de sépultures on particulières ou
étoient bordées de ces monumens funéraires; mais les dépenses de ce genre n'avoient pu appartenir qu'à la classe des grands ou des riches. Nous n'ignorons pas non plus que des recherches anciennes et modernes ont fait découvrir aux environs de plus d'une ville antique dans la Campanic, et récemment encore dans plusieurs terrains dé|icndans des cités de l'ancienne Elruric, un grand nombre de sépul-
tières. On y a trouvé, et l'on y trouve journellement des squelettes , la plupart placés les un» assez près des antres, renfermés dans de petites enceintes en pierre, quelques-uns même en terre libre, et ayant auprès d'eux, entre beaucoup d'autres objets, ces vases de terre cuite peinte ornés des plus rares et des plus précieux dessin» de l'art grec. Mais ces sépultures communes ne aauroient encore nous fournir un véritable point de ressemblance avec les cimetières modernes, destinés à recevoir l'universalité des morts dans une grande population. Tous ces niorts que l'on
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découvre environnés d'objets de lnxe et d'art, ne purent ipputeair à la masse |<arlout si considérable de la classe pauvre, ouvrière ou esclave, et surtout encore a la classe des femmes, des étrangers, et de tout ce qui u'étoit pas réputé citoyen. La solution de cette difficulté, que de nouvelles recherches pourront fournir à la critique en ce genre, importe peu, comme on le voit, à ce qui doit être l'objet de cet article , c est -à-dire les sépultures communes de tous le» chrétiens dans les temps modernes, et qu'on appelle cimetières.
Nous voyons que dans les premiers temps du christianisme les cimetières dévoient être aussi placés hors des villes , et qu'il étoit défendu d'enterrer dans les églises; mais ces défenses furent abrogées par l'cinpcrrur Léon.
L'usage d'enterrer dan» le» églises dut avoir plus d'une raison. La première, inspirée si l'on veut par la dévotion, avoit pour objet la pieuse croyance que la vertu des prières et celle du saint sacrifice de l'autel avoit de plus près une action plus puissante ; la seconde , que le re*|>ect attaché aux saints lieux étoit une sauvegarde de plus contre les violations et les profanateur» ; la troisième dut avoir |>onr objet d'être séparé après la mort , comme on l'avoit été pendant la vie , de la société idolâtre et païenne.
Bientôt l'empressement assez naturel de tous ceux qui vouloient être enterrés dans les églises, et le peu d'espace du local , durent faire mettre un prix à cette faveur; ce fut donc le privilège des riches. Mais les églises avoient autour d'elles un enclos sacré : ce fut cet enclos qui , réservé à la multitude , devint bientôt la sépulture générale des chrétien». Aussi voyons-nous que jusqu'à ces derniers tenips, et même dans les plus grandes villes, chaque église avoit sur un terrain plus ou moins attenant à l'édifice son cimetière particulier. Cet usage général dans toute la chrétienté disparut dans Paris par des raisons de salubrité et de police publique, mais on le retrouve dans beaucoup de provinces et dan» presque tous les villages; il existe encore dans les pays protestan» : chaque paroisse est environnée d'un terrain clos, et si les inhumations dans les églises sont réservées à ceux qui sont en état d'en payer le privilège, les sépultures extérieures ou les cimetières ■OOt entretenues avec soin et beaucoup de décence. Il m est de même en Angleterre ; les cimetières qui environnent les églises sont remplis de pierres sépulcrales, tantôt placées horizontalement, tantôt dressées perpendiculairement , et aussi de marbre* taillés en forme de sarcophages.
A Paris , l'agrandissement de la ville et l'augmentation progressive de la population avoient depuis long-temps envahi tous les espaces autour des églises. L'usage d'y enterrer n'y étoit plus devenu qu'une vaine formalité, et tous les corps qu'on y préscutoit netoieut descendus dans les caveaux que pour être
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transférés dans des terrains d'inhumation bon de la ville.
Plu* d'une cause inutile à déduire ici a fait supprimer même tout tremblant d'iubuiuation dans les églises. Tout cimetière intérieur a été défendu , et il a fallu pré|»rer bors de la ville des emplacement, qui sont devenus des cimetières publics.
L'occasion étoit propice pour adopter des projeta qui auroicut ouvert aux arts et a l'architecture uuc carrière déjà anciennement parcourue , et où toutes les conveuances relatives aux plus nobles sentiment, à tous les genres de piété publique ou particulière , et à tous les besoins de gloire et de reconnoisMiice , se seraient trouvées réuuics. L'Italie eu offrait un bel et mémorable exemple.
Déjà . au commencement du treizième siècle , l'baldo, archevêque de Pisc, avoit couçu le projet d'uu vaste cimetière qui devrait servir de modèle à tous les établisscmens de ce genre , surtout [mur uuc grande ville. La conslruction n'en fut commencée que vers 1218, comme le prouve l'inscription qui s'est conservée jusqu'à nos jours, et l'ouvrage fut terminé en 1 283. Jean de Pisc, le plus célèbre architecte de son temps, en fut cbirgé; el il y déploya un talent que l'éjtoque reculée où il vécut ne lient que contribuer à rendre plus recommandable. L'on doit encore faire remarquer qu'en construisant re cimetière, ou eut eu vue non-seulement les soins de la salubrité |iour les vivans, mais encore les moyens de conserver la mémoire des hommes célèbres . en faisant de ce lieu le dépôt des mausolées qui jusqu'alors avoient trop souvent déparé l'intérieur des églises.
Aucun plan ne pouvoit mieux convenir à cette double destination que celui d'une sorte de grand cloître, c'est-à-dire d'un vaste champ environné de galeries en portiques couverts. Tel fut le parti qu'adopta Jean de Pisc. Les dimensions générale» de l'édifice sont telles qu'elles pourraient convenir à une population beaucoup plus considérable. Il suffira de dire que l'étendue du seul champ mortuaire est de 45o j.ieds en longueur.
L'extérieur du monument n'offre aucun percé, si ce n'est pour quelques portes de nécessité. C'est un simple mur bàli eu inarbre blanc du coté oriental, et décoré tout à l'entour ou de pilastres , ou de colonnes can°écs et adossées qui supportent des arcades eu plein reintre au-dessus desquelles règne un entablement continu. Ces arcades, ainsi que celles de l'euccinte intérieure , prouvent que l'usage de l'arc aigu n'avoit point été naturalisé à Pise; car, dans le fait, il ne s'en trouve de semblables qu'aux meneaux des fenêtres établies après coup pour la clôture des arcades, et dont on parlera tout à l'heure.
Deux imi tes latérales donnent aujourd'hui entrée dans l'intéiieurdu cimetière. C'est, comme on l'a dit, une vaste cour environnée de portiques formés par soixante-deux arcades en plein cciutre. Quelques dé-
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tails du goût gothique s'y font à la vérité remarquer : ce sont ces longs fuseaux qui , placés dans le vide de chaque arcade, servent de support aux découpure* formant les armatures des vitraux. Il ne faut doue, regarder ces vestiges de structure gothique que c des accessoires très-probablement postérieurs, 1 à-fait indépendans de l'architecture du 1 el du goût de son architecte.
Les deux grands cotés du parallélogramme ont chacun vingt-six arcades ; chacun des deux petits côte* en a cinq. A un de ceux-ci est adossée la chapelle, en forme de doute, qui dépend du cimetière. Toute* le* arcades posent sur des piédroits fort exhaussés , sou* lesquels règne un soubassement continu- La construction de* portiques est entièrement en marbres blancs, très-régulièrement appareillés, tirés pour la plupart des montagne* de Pise. Les galeries sont pavées eu cari'vaux du même marbre. 1-e* murs furent orné» par des peintures des plus habile* maîtres de ce siècle et du suivant. Le temps les a fort dégradées ; mais on peut encore se figurer quel intérêt dut avoir alors ce vaste promenoir ainsi décoré par les ouvrages du pinceau, et par les monumeu* funéraire* ou honorifique* élevés aux personnages célèbre* de la de Pisc.
Aussi la reine Christine donnoit-elle à ces in sautes galerie* le nom de muséum. Dans le fait, à en juger par ce qu'on en voit encore aujourd'hui , ce nom leur conviendrait assez mus quelques rapports. Il s'y trouve en effet encore, malgré la perte du plus grand nombre de* peintures (dont hcurcusciueut la gravure nous a conservé les imitations), assez d'objets rares ou curieux, soit pour leur antiquité, soit pour le mérite de l'art. Ou y remarque une assez grande collection de sarcophage* antiques , tantôt élevé* et portés sur des consoles, tantôt placés sur des soubassciucns à hauteur d'appui. Mais l'objet qui fixe le plus l'attention et l'intérêt du *|iectateur, est naturellement l'as|icct de cette réunion d'hommes en leur temps célèbres, dont la ré|wblique de Pise a consacré sous ces portique* les fidèles images, ou conservé sur le marbre les noms et la mémoire. Parmi les derniers qui ont reçu cet honneur, on distingue le célèbre Algarolti, auquel Frédéric-lc-Grand a fait élever un tombeau où ou ht ces mots : Algaroltus non omnis,
.N mis nous sommes un peu étcndns sur la description du cimetière de Pi9e , d'abord parce qu'on citerait peu de ces lieux d'inhumation qui aient été des ouvrages d'architecture , et comme tels dignes d'être décrit*; ensuite, pane qu'il est un de» pre-
eulin, parce qu'il est et sera long-temps le seul et unique modèle que l'on puisse proposer, selon les usages nouveaux , aux grande» villes qui ont à établir hors de leur enceinte des cimetières publics.
C'est donc dans la forme et à l'instar du cimetière de Pisc que devraient être établis, et dans des di-
CIP
aux besoins des grandes nr des terrains hors de leur enceinte, un ou plusieurs lieux publics d'inhumation susceptibles d'offrir une progression de pratiques, de signes publics ou de nionumens commémora tifs proportionnés k tous les degrés dont se compose l'existence de toutes les sociétés.
Ainsi voit-on que la vaste enceinte de Varta, environnée de portiques, contiendrait, comme on le voit par exemple au cimetière de Naples, toutes les diversités de souterrains où l'on emploierait tous
vons aucun besoin d'indiquer ici. On y pratiquerait ou des fosses communes, ou des fosses particulières , dont les distinctions diverses seraient réservées à ceux qui auraient le moven de les paver.
Les galeries environnant l'enceinte auraient ellesmêmes des souterrains ou des caveaux particuliers, réservés aux corps de ceux dont les mausolées , cénotaphes ou monuiuensdc toute espèce, occuperaient les murs de la galerie. Enfin , les arcades seraient encore des emplaecmens propres à rece\oir des sarcophages, et ceci nous rappelle les belles galeries de l'église de Saint - François-de-Rimini , par Léon Batista Alberti, monument qui, après le cimetière dePise, nous parolt le plus propre a fournir de nobles motifs h l'architecte qui serait chargé de réaliser le projet dont nous ne faisons qu'indiquer l'idée.
C1R 387 Marco, et qui a 5î palmes de hauteur sur 6 et demi
CINERAR1UM. Ce mot signifie littéralement le dépôt des cendres d'un corps. Doit-on l'appliquer en général a. l'édifice qui étoit destiné à renfermer des i , ou ne doit-on le réserver particua'au vase dépositaire des cendres? Peut-il à U cellule où dans les sépulcres ou déposoit les urnes.
Fabrelti donne le nom de cinerarium a un édifice sépulcral , rapporté dans Montfaacon , totn. v, pl. 4 , et ce dernier incline à penser que le mot columbarium et le mot cinrrarium étoient quelquefois synonymes. L'opinion La plus probable est que le cinerarium étoit l'urne où l'on mettoit les cendres , comme Yossuarium étoit le sarcophage qui ossemens. {t'oyez Urne cinéraire.)
CINTRE, {f^ oyez Ceintre.)
CIPOLIN (Cipolino) . Nom que lesltaliensdonnent à une espèce de marbre ; selon les uns, a cause du rapport de sa couleur avec l'oignon, appelé en italien cipola; selon d'autres, parce qu'il est formé, ainsi que cette plante potagère , de couches incohérentes, ce qui le rend d'un travail ingrat pour la sculpture. Mais les architectes anciens l'ont employé, comme les modernes continuent de le faire, en colonnes. On en trouve des blocs considérables , à en r, entre autres colonnes, parcelle qui fut trouvée il y a une cinquantaine d'années, à Campo
juger, r a Rome
de diamètre.
Il existe encore des péristyles antiques de colonnes formées de ce marbre ; entre plusieurs autres , celui du temple d'Antonin et Faustine, au Campo faccmo. On l'emploie depuis quelques années avec succès à former des revètiMSeiuens et descompartiiucns, dont les dalles sciées, et rapprochées, font l'effet des bois de marqueterie. 11 est snsce|jtible d'un beau poli , et sa couleur verte est agréable aux yeux.
CIPPE, s. m. Nom qu'on donne quelquefois à certains fûts qui diffèrent des colonnes en ce qu'ils n'ont ni base ni chapiteau, et sur lesquels on gravoit souvent des inscriptions.
I*?s chipes servirent a plus d'un usage dans l'antiquité. Tantôt on y gravoit les distances , et ils étoient des colonnes milliaires; tantôt on y écrivoit le nom des chemins , et ils faisoient alors la même fonction que les hennés, qui eux-mêmes u'étoient que des espèces de cippes ; tantôt ils servoient de bornes où l'on plaçpit les inscriptions qui indiqunient les terrains consacrés à la sépulture de certaines familles.
Les cippes des sépultures ont souvent été pris pont des autels, a cause de leurs formes et de leurs omrmens, surtout quand l'inscription ne renfermoit pas une épitaphe proprement dite. Cette méprise au fond en est a peine une , puisque ces sorte* de cippes étoient consacrés aux divinités infernales. D'ailleurs , leur partie supérieure est souvent creusée en forme de cratère ou de coupe comme les antels.
CIRCONVOLUTION. De circumvoherc , se rouler autour. On appelle ainsi les tours que d
CIRCULAIRE , adj. des deux genres. Nom que l'on donna à tout ce qui a du rapjioit avec le cercle ou qui lui appartient.
La plupart des membres de l'architecture ont une forme circulaire La beauté des profils consiste dans l'heureux accord des jnrtics rectilignes et des parties circulaires.
CIRCULAIRE (Partie). On emploie fréquemment cette dénomination dans l'architecture , et elle s'applique le plus souvent aux plans des édifices. On appelle donc partie circulaire tout plau ou toute portion de plan formée soit par un cercle , soit par une portion de cercle.
Sans doute les parties circulaires introduites dans le plan d'un édifice y donnent du mouvement, de la variété, et semblent en augmenter l'étendue. Nous avons déjà vu à l'article caractère, qu'il y a des édifices qui non-seulement comportent, mais exigent, par le genre que prescrit leur destination , l'emploi de la forme circulaire k l'extérieur. Indépendamment des cas dont on a parlé, on ne saurait nier que k-