‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 116 sur 258 · CLE · texte numérisé non relu

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que, lorsqu'on les a fait entrer dans les des boulons , les deux bouts s'écartet pour l'empêcher de sortir.

On emploie les clavettes au lieu d'écrous, pour de bois ou de fer qui sont

CLAUSOIR, s. m. On appelle ainsi la dernière pierre de chaque assise d'un ouvrage en pierre de taille. Cette pierre ne se finit que lorsque toutes les autres sont en place , afin de pouvoir lui donner les dimensions justes pour remplir exactement le vide qui reste.

Dans les voûtes en berceau , il faut deux clausoirs pour chaque rang de vousaoir, un seul pour les \ sphériques , deux pour les voûtes sphéroïdes , à < du changement de courbure. Pour les < et les voûtes en arc de cloître, il faut , pour une plus grande précision , autant de clausoirs qu'il y a de panaches ou pans de voûte.

CLAYE , s. f. Espèce de grillage de bois, dont la forme est ordinairement un carré long, composé de baguettes ou petits lwtons droits, rangés parallèlement et liés avec de l'osier. Elle sert pour passer le gravier, le gros sable, la terre, le ciment, les recoupes de pierre , etc .

CLAYONNAGE, s. m. Est un assemblage de fascines , de fagots et de branches de saule , arrangés par lits pour soutenir des élévations de terres rapportées , ou de terres mouvantes , et fortifier les talus de gazon qui souvent , sans cette précaution , s'ébouleroicnt par le pied.

On arrange les fascines ou clayonnages en sorte que le gros bout soit du côté du talus, environ à un pied de distance. On posera alternativement une couche de terre et un ht de fascinage ; ces fascines doivent avoir au moins 6 pieds de longueur. Pour former les talus , on met sur le bout des clayonnages une couche de terre d'environ un pied d'épaisseur, sur laquelle on pose le gazon après l'avoir bien égalisée et tuassivée.

Ces constructions servent à faire des remparts et des terrasses dans les jardins , des rampes douces , des talus et autres ouvrages de terre.

CLEF, s. f. Ce nom se donne dans l'architecture à la dernière pierre d'un arc , d'une voûte plate ou ceintrée , et qui , étant plus étroite par le bas que par le haut, presse et affermit toutes les autres. La clef est , comme l'on voit , la pierre du milieu , et on l'appelle ainsi parce qu'elle forme eu quelque sorte la clôture ou la fermeture de la voûte.

La clef, selon Vignole et selon la convenance , varie de caractère selon le mode des différens ordres qui décorent les constructions. Au toscan et au dorique, ce n'est qu'une simple pierre en saillie ou bossage ; à l'ionique , la clef est ladlce de nervure en

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manière de console avec enroulement ; au corinthien et au composite , c'est une console riche de sculpture avec enroulement , feuillages de refend , etc.

Lorsque aucun ordre ne prescrit a l'édifice de mesure aussi positive et de gradation aussi marquée dans sa richesse , c'est au caractère général du bâtiment , à l'apparence plus ou moins grande de luxe ou de simplicité qui y domine, qu'on devra s'en rapporter pour donner aux clefs le degré de force qui leur convient.

Les anciens nous ont laissé de beaux modèles de la manière dont on peut décorer les clrfs des arcades ou des ceintres.

Le vniiMoirdn milieu, ou la clrf, éloit ordinairement chex eux la place de quelque ornement ou figure caractéristique de l'édifice.

()n voit à Capoue les clrfs des arcades de l'amphithéâtre détruit de l'ancienne Captta; elles sont ornées de têtes fort saillantes des divinités auxquelles ret édifice étoit proluWement consacré.

Aux arcs de triomphe les clefs étoient ornées de symboles allégoriques et de figures allusives au sujet. Tantôt c'est une province captive , comme à la 1 • I le console qui sup|>ortc la statue de Rome, sous le portique du palais des Conservateurs au Capitole ; tantôt c'est uncYictoire ; tantôt l'empereur lui-même y est représenté ; d'autres fois on y voit la figure même de Rome, comme a celle de l'arc de Titus.

Celle-ci est une des plus belles clefs, des plus riches et des mieux ornées qui soient restées de l'antiquité. Elle est faite en forme de cousole, composée de deux ennui lt im us, dont le plus fort, selou l'usage, fait la partie supérieure, lorsque le plus loible sert d'agraffe aux bandeaux de l'arc. Ln grand riuceau sort de la partie inférieure, et saille assez pour servir de support à une ligure de femme qu'à son casque, à sou habillement, aux armes qu'elle tient, on reconnoit pour Rome. Les nervures ou arêtes de la console sont ornées de perles ; les yeux ou axes des deux volutes sont remplis par une rosace ou fleuron; des tigctlcs sortent de l'enroulement supérieur, et meublent, sur le profil, la partie de la clef qui se joint à l'arc.

La clef de l'arc de Constantin offre un travail moins magnifique, mais une composition plus curieuse. Dans l'épaisseur de la pierre on a sculpté un trône, sur lequel est assise la figure de Rome dra|»ée, tenant d'une main le globe, et de l'autre une pique; le tout est également soutenu, comme à l'arc de Titus , par uu grand feuillage qui sort , quoique avec beaucoup moins de grâce, de la partie inférieure.

A l'arc de Scplime Sévère , c'est l'empereur luimême qui est représenté debout, tenant le bâton de commandement derrière lui; et à ses pieds sont ries trophées et des groupes d'armes. Celte clef ne diffère de celle de l'arc de Titus que par la pureté des ornemens , la beauté de la proportion et celle de l'exécution ; la masse en est la même.

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Il teroit inutile de se livrer à de plus longues descriptions sur cet objet , dans lequel la théorie ne unroil suppléer à la vue des monument eux-mêmes, ou des dessins qu'on en a faits.

On se sert quelquefois du mot agraffe , pour désigner ce qu'on appelle clef; mais alors on n'entend parler que de la partie extérieure de la clef ou de son ornement, qui , placé sur les bandeaux des arcs, semble réunir euscmlJe plusieurs membres d'architecture. C'est sous ce rapport et sous celui de décoration , plutôt que sous celui de construction , qu'on donne quelquefois aux clejs le nom d'agrajfc. [Voy. I AuRArr£.)

Les clefs des arcs , arcades et plates-bandes sont quelquefois distinguées des autres voussoirs ou claveaux par une saillie.

Il y a des clefs à bossage, a pointe de diamant , à crossettes , et des clrfs pendante*.

Les clefs a bossage et les clefs à pointe de diamant sont plus saillantes que le nu de l'appareil ; il y a entre elles cette différence que les clefs à bossage ont une saillie uniforme, et que celles qui sont à pointe de diamant forment au centre un angle solide, terminé I par quatre surfaces triangulaires comprises entre les deux diagonales du quadrilatère qui forme la clef.

Les clrfs a crossettes ont par le haut deux ressauts carres et s> métrique» qui interrompent le» joints, et leur donnent l'apparence d'un T. On fait usage de ces clefs surtout dans les plates-bandes.

Les clefs pendantes sont celles qui descendent plus Kts que le dessous des voûtes. On en trouve de nom- Ihvux exemples dans les voûtes des édifices gothiques.

CLIQLART. / OJ i : Pi LUS K DE CLIQUAIT.)

CLOAQL'E, ». m. Ce mot design c iiarticuherement un lieu souterrain fait pour l'écoulement des eaux et des immondices d'une ville, d'une rue ou de quelque grande maison.

Cloaque se dit quelquefois, ou d'un endroit découvert, creusé par la nature et par l'ait, ou d'uu heu souterrain voûté, et qui sert de réceptacle aux eaux et aux immondices. Lorsqu'il est construit, on y emploie des pierres sèches et du mortier; on y pratique des ouvertures qu'on appelle barbacanes , par lesquelles les eaux peuvent s'écouler pour s'imbiber dans les terres. Dans tous ces cas, il faut, autant qu'U est possible , donner la forme circulaire à ces souterrains voûtés, parce que c'est celle qui résiste avec le plus d'avantage aux efforts des terres environnantes , et à ceux des eaux dont ils sont remplis. Lorsque les cloaques sont |jclil» , on leur donne le nom dé puisants , et daus quelques provinces le nom de puits perdus. {Voyez ce mot.)

Mais le nom de cloaque s'est donné originairement aux égouts, c'est-à-dire aux canaux destines au transport ou à l'écoulement des immondices, et l'on s'en I sert encore toutes les foi» qu'on parte des égouts de

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, qui

les eaux et les ordnres de la ville.

le Tibre

Cloaque vient dn mot latin eloaca, que les étymologistes font dériver de elllo , salir, infecter par si

Cloaque de Rome. Les premier* genre remontent aux terni* le* plus anciens de Route Quelques écrivains veulent en reculer la construction au-delà même du Tarqaiu. M. Grusley (tome II, page ?4 O» ne pouvant se persuader que ce soit là l'ouvrage de ce roi , malgré le témoignage de Tite- Live et de Pline , a recours à des colonies grecques plus anciennes que Romulus, et même qu'Knée, dont la grandeur et La puissance «voient été oubliées. Il est vrai que les uionumens de l'architecture souterraine furcut plus communs en Egypte, en Phénicie, en Grèce, que dans l'Italie; mais il paroit, indépendamment de la différence d'objet entre les souterrains des autres pays et les égouts de Rome , que jamais , aux temps si reculés dont les auliquaircs supposent l'existence, cette ville n'aurait été assez peuplée ponr avoir besoiu de pareils ouvrages, ui assez industrieuse pour les exécuter.

Dans les temps de Rome qui nous sont connus par l'histoire , il n'y eut d'abord que les collines d'habitées : lorsque la population vint à s'accroître, on s'établit dans les vallons, et ce fut alors que le besoin de les assainir par des égouts dut faire entreprendre de si grauds ouvrages. La situation de la ville , qui renfermoit sept colliues dans son enceinte , en rendit la poursuite indispensable. Dan* les grandes pluies et les temjM d'orage, les rues pratiquées an travers des vallées qui sépuroient ces collines se trous oient inondées et impraticables. Voilà ce qui détermina Tarquin l'Ancien à faire relever le sol de ces rues sur des ouvertures d'espace en espace, dans lesquelles les eaux de pluie et celles qu'où dcstiiioil à

dures. Infima urbis loca circa forum aliasque interjectas collibus conv ailes , quia ex pluribus locis haud facile evehebant aquai cloacis in Tiberim duttis, ticcat. Tite-Live, liv. 1.

An moyen de ces cloaques , dont une grande partie existe encore , le pavé des rues de Rome étoit toujours sec , et 1rs habitans de cette ville immense l'avantage de pouvoir, en tous temps, se ommodément dans tous les quartiers à soutenir le

1 qui infectent trop Les égouts ou cloaques de Rome «voient plusieurs brandies entre le Capitole , le Palatin et le Oui -mal ,

Ïui alloient se réunir dans le forum ou Campn- 'accino , pour aller toutes ensembles dans le Tibre par an seul et même canal , qui est la cloaca maiima , bâtie par Tarquin l'Ancien , continuée par Servius-Tullius et par Tarquin le Superbe, qui lui à la royauté. Tite-Live et "

de ces

des conjectures a<m.-* 1

moiguage des auteurs romaius sur des temps dont eux seuls ont parlé.

Dans le temps de la république , environ quatre cents ans après que ces premiers canaux furent achevés , Caton le censeur, et son collègue \ alerius I lacens, les tirent nettover et réparer. Ils en firent euxmêmes construire de nouveaux dans les quartiers où il n'y en avoit pas, comme sur le mont Aventin , et ils dépensèrent pour cette opération, selon le rapport de Denvs d'Halicarnasse, mille talena, qui équivalent à trois millions environ de notre monnoie. On voit deux emliouchures antiques entre la cloaca maxima et les restes du pont Subticius, qui peut-être furent faites dans ce temps-là. L'une des deux sert aux eaux de la Marana ou Aqua-Crabra , qui vient de Frascati, et qui, après avoir parcouru la vallée du Grand- Cirque , passe sous terre pour aller se jeter dans le Tibre.

Agrippa se distingua aussi pendant son édilité en faisant faire des cloaques si grands et si nombreux , qne, suivant l'expression de Pline, il bâtit une ville navigable sous celle de Rome. 11 y fit construire sept ruisseaux, qui, au moyen d'une pente roide , s'y précipHoient avec une force capable d'entraîner nonsculemeut les ordures , mais encore les pierres et les décombres que la rapidité des eaux enqiortoit dans ces souterrains.

Il faut entendre Pline lui-même s'exprimer sur cet objet :

•• N'oublions poiut, dit-il (Uv. m), \e» cloaques, l'ouvrage de tous le plus étonnant , pour lequel on a percé plusieurs montagnes , et qui nous retrace les merveilles de Thèbes, dont nous partions tout à l'heure. M. Agrippa, dans l'élidité qui suivit son consulat, rassembla les canaux de sept fleuves, dont l'impétuosité, comparable à celle d'un torrent, emporte et nettoie tout ce qui s'y rencontre. Ce volume d'eau prodigieux , qui s'accroît encore des pluies qui v tomlient , et des débordemens du Tibre qui y refluent, bat éternellement les murs de ce conduit, sans que le choc intérieur de toutes ces masses d'eau qui s'entre-choquent sans cesse ait altéré en rien la solidité de l'ouvrage et la bonté des fontLitic

secousses des tremblemcus de terre , rie atteinte. Cet ouvrage demeure inébranlable sept cents ans environ. Il fut bâti par Tarquin l' Ancien. On prétend qu'il donna à cet égout assez d'éten-

passcr. »

Pline , comme on le voit , pour rendre son récit plus intéressant et l'ouvrage plus merveilleux , ne parle point des restaurations considérables qui v furent faites par Les censeurs Caton et Valcrius Flac-

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eus. La durée cependant de cet éternel édifice justifie awez l'enthousiasme de cet historien , et dit plus qu'il n'a dît lui — même , et que nous ne poumons dire.

La cloaca maxima existe encore , et son immobile construction fait l'admiration de tous les architectes. £lle est bâtie de grandes pierres de taille et couverte d'une triple voûte conijioséc de trois rangs de vuusst.il -s posés en liaison l'un sur l'autre, afin de pouvoir résister plus long-temps et avec plus de force à la charge des terres et au roulement des voitures. Sa largeur intérieure est de 1 4 pieds ; en plusieurs endroits clic se divise en trois parties, dont deux pour les banquettes qui régnent le long des murs , et la troisième, ou celle du milieu, pour lVgout. Dans les murs sont les tasseaux de pierre destinés à porter les principaux tuyaux de foulainc.

Les cloaques de Rouie ont été arec raison célébrés par tous les historiens de l'antiquité , et mis au nombre des merveilles de cette ville. Selon Denya d'Ilalira masse, qui y vint sur la Gn du régne d'Auguste , trois choses contribuèrent k lui donner une haute idée de la grandeur de Rome , ses routes , ses aqueducs et ses cloaques. Cassiodorc, qui vivoit en |7" . qui étoit préfet du prétoire sous Théodoric roi des Golhs , et bon connoisseur en architecture, avoue dans le recueil de va Lettres, liv. v, ép. 33, qu'on ne pouvoit rien comparer aux cloaques de Rome, tant par la grandeur et l'utilité de ces ouvrages , que par les dépenses énormes qu'Us dévoient

Le soin et l'entretien des cloaques furent d'abord confiés aux censeurs, ensuite aux édiles; mais les empereurs créèrent |K>ur cet objet des officiers particuliers , appelés curatores cloacarum, ainsi que l'apprend une inscription antique.

Il faut l'avouer avec Pline et les autres écrivains de l'antiquité , rien n'a plus distingué les Romains que ces grands ouvi-ages d'utilité publique , dont la magnificence remporte sans contredit sur le luxe même prodigieux de leurs autres monuniens. De si grandes entreprises ne peuvent s'expliquer que par cet amour du bien général, par cet esprit public qui semble avoir été , chez les Romains , moins une vertu qu'une habitude.

Quand le luxe et la richesse des marbres, quand l'orgueil des plus vastes et des plus somptueux monumens se déploie dans une ville où le besoin et la commodité publics ont épuisé toutes les ressources de l'industrie, la raison et la philosophie ne sauraient qu'applaudir aux efforts et aux productions des arts.

y oyez au mot êgout les notions générales et les détails de construction relalifs à ce genre d'édifices.

CLOCHER , s. m. Edifice ordinairement trèsélevé , dans lequel on suspend les cloches.

Nous le distinguerons du campanile* en ce qu'il fait partie du corps d'une église, lorsque le campa-

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niU en est entièrement séparé. {Voyez Campanile .

Nous le distinguerons encore de la tour, en ce qu'il te termine par une pyramide ou un toit apparent, et que la tour finit par une plate -forme. ( forez Tôt». )

Saint-Roch, pourrait-on dire, a un campanile: Notre-Dame a des tours : l'abbaye Saint-Germain a des clochers.

Le mot clocher vient du mot cloche. On fait dériver celui-ci de clocca, mot de la basse latinité , qui signifie cloche dans les capituiaires deCharlemagne et dans d'autres anciens ouvrages. On donne à clocca des étymologics grecque , latine , allemande , celtique et saxonne, voici , selon nous, les meilleures: eloch, mot celtique; clugga, mot saxon. Notre choix est incertain entre ces deux étymologics, quoique Du Gange ait adopté cette dernière. De clocca, cloche, on a fait cloccarium, clocher. Nous rejetons les étymologics grecque et latine, étant convaincus que les Grecs et les Romains n'avoient point de clochers, ou lieux destinés aux mêmes usages; d'où il est aisé de conclure qu'ils ne connoissoient point de rltches comme nous en avons , puisqu'il est impossible de s'en servir sans les avoir d'abord suspendues dans un édifice quelconque : conséquemment , les roots par lesquels ou veut que les anciens aient désigné leurs prétendues cloches, ne désignent réellement que des grelots ou sonnettes.

Ces sonnettes étoient en usage chez plusieurs nations dans leurs cérémonies sacrées; mais on ne peut assurer en quel temps , et chez quels peuples elles furent inventées. Paulin , évêque de Noie en Campanic, paraît être le premier qui ait employé les sonnettes pour appeler les fidèles aux offices. Jusqu'à lui on les port oit à la main pour s'en servir : peut-être trouva-t-il l'art de les suspendre et de les perfectionner. Les noms de nolte, de campanat , qui leur furent donnés depuis par les écrivains ecclésiastiques, semblent prouver que ce fut en Campanie que l'Eglise les adojrta d'abord. Elles ne commencèrent cependant à être employées ailleurs qu'en 6o5, cent soixante-quatorze ans après la mort de Paulin , le papeSabinien, persuadé de leur utiUté, les ayant autorisées. Ce fut vraisemblablement dans cet intervalle qu'on fabriqua les premières grosses cloches, ou plus vraisemblablement encore, ce fut de 6o5 à Cl o, si l'on fait attention qu'en (ho le son des cloches de l'église de Saiut-Ltienne de Sens mit en fuite Clotairc II et son armée qui venoient l'assiéger. Or, on ne peut supposer que le son de quelques sonnettes ait pu les épouvanter à ce point , ni qu'ils aient pu ignorer qu'il existât de grosses cloches, si elks avoient été inventées et mises en avant cette époque : d'ailleurs , CloU sans doute introduites dans ses Ktats, I zélé pour tout ce qui concernoit l'Eglise.

Nous observerons ici que Sens est une ville de Champagne, et que cette province s'appelle en latin

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Campania ; nous observerons encore que les Grec» n'ont connu les cloches qu'au neuvième siècle, et que, si elles avoient été réellement inventées dans la Campanie , au temps de l'évèquc Paulin , il est probable qu'ils en auraient eu connoissance beaucoup plus lot, et les auraient même généralement employées.

La date de l'invention des cloches sera celle des premiers clocher*. Cette date ne remontant pas plus haut que l'an Goo, nous en conclurons que les architectes gothiques n'ont eu d'autres modèles pour leurs clochers que ceux qu'ils trouvoient dans leur imagination , et que c'est dans ce genre d'édifices qu'il but le plus étudier leur génie.

On distingue trais sortes de clochers : celui qui est placé sur le faite du toit, et qui n'est soutenu que par La cliarpente dont ce toit est composé ; celui qui commence à la chute du toit et qui est porté par quelques piliers intérieurs de l'église ; celni enfin qui s élève de fond, c'est-à-dire dont on suit la construction depuis le sol jusqu'à la cime.

Ceux de la première espèce se rencontrent fréquemment, et ils ont dù être exécutés long-temps avant les autres, puisqu'ils étoient de grandeur suffisante pour contenir les seules cloches que l'on put d'abord avoir. Les monta ns et la pyramide en sont de bois revêtu de plomb. La plupart sont fort simples , et ce sont remarquables que par leur légèreté , leur position , et le nombre de leurs cloches. Parmi les plus ornés, on citoit autrefois celui de la Sainte- Chapelle de Paris. On y voyoit en effet de» soleils, une couronne, et divers ornemens dorés; mais cet ouvrage étoit moderne, le toit de la Sainte-Chapelle ayant été entièrement consumé en i63o. Ces clochers appartiennent à l'art du cliarpcntier autant qu'à celui de l'architecte ; mais maintenant , lorsqu'on en construit de même grandeur, on ne leur donne plus la même forme , puisque , au heu de les terminer en pyramide, on les termine par une calotte dont k goût doit fixer l'élégance et les proportions.

Les clochers de la seconde espèce, paraissant sortir d'an coin de l'édifice, n'offrent qu'une masse irrégulière et importune à l'oeil, qui cherche en vain sur quelle base elle est fondée. Une sordide économie et l'ignorance de l'art semblent plutôt que le besoin avoir présidé à leur construction. Plusieurs ont été faits long-temps après les églises auxquelles , on les a attachés; d'autres ont été élevés en même temps, et ils n'en sont que plus condamnables.

Passons aux clochers de la troisième espèce. Ils présentent un ensemble étonnant de délicatesse et de force, d'élévation et de solidité. Presque tous s'élèvent sur un plan carré jusqu'à une certaine hauteur, et là commence une pyramide circulaire ou à plusieurs pans; ces pyramides s'appellent aiguilles ou flèches, (foyez ces mots.) Celle de Saint-Denis est l'une des plus anciennes de France ; on la croit du régne de Charlcmagnc, et sa beauté l'en rend digne ;

CLO 3g, cependant il faut qu'elle cède à celle de Leictoure en Gascogne : ici un escalier conduit à la poiute même où la croix est placée, mais il est extérieur et sans rampe; ses degrés, tournant sur eux-mêmes et diminuant toujours , composent eux seuls la flèche , qui par-là représente une spirale.

On vante justement pneorc les clochers de Reims j et ceux de Chartres , dont l'un a , dit-on , (>o toises j d'élévation, et est couvert de pierres taillées en écailles j de poisson.

Mais celni que les historiens rt les géographes ap-

ipellent la merveille de l'Europe, le clocher de Strasbourg, l'emporte sur tous, autant par sa hauteur que par l'exécution. Une ancienne inscription, qu'on lit au-dessus de la porte de cette église, nous apprend qne l'architecte Envin , de Steinbach , en jeta les premiers fondemens le jour de Saint-Urbain 1277. Celu i— ci étant mort en i3lb, son (ils Jean commença à faire sortir la tour de terre ; il mourut en 1 33q. Jean Ililtz , de Cologne , lui snecéda , et conduisit l'ouvrage jusqu'à la plate-forme ; mais étant mort en i365, plusieurs architectes continuèrent alors l'entreprise. Celui qui l'acheva , et posa le globe et la croix en 1 j 3g, étoit, dit-on, de Souabe.

Le portail a 1^0 pieds de haut ; le clocher, qui est à la gauche du spectateur, s'élève de 334 P»"*1* audessus de ce portail : ainsi la hauteur totale de l'édifice est de 574 pieds , mesure de Strasbourg. Il est carré dans la partie qui tient à la façade de l'église ; et dans celle qui s'élève seule il est octogone, et flanqué de quatre tourelles qui contiennent chacune un escalier et se réunissent par un passage à la uaissance de la pyramide. Cette pyramide est formée par sept retraites, et est terminée par une espèce de lanterne. Le clocher est entièrement à jour; le nombre des colonnes qui le décorent est prodigieux. La pierre dont il est bâti ne paroit ni taillée ni sculptée , mais elle est découpée; on croiroit qu'elle a été malléable et ductile comme les métaux. La plus haute pyramide de l'Egypte ne le surpasse pis de a5 pieds , et elle est construite de pierres énormes ; c'est le monument le plus élevé que l'on connoisse : le clocher de j Strasbourg occupe le second rang.

On ne porte plus maintenant les clochers à nnc I élévation excessive ; leur utilité ne le demande pas. Ceux que l'on érige actuellement sont en forme de tour, le plus souvent carrée. (Ao/ei ce mot.) Une simple plate-forme les couvre. On a renoncé aux pyramides; la physique ayant appris qu'elles attiraient la foudre, nous avons été dociles à ses leçons, justifiées par plusieurs événemens terribles. Cependant les plus liantes flèches ont jusqu'à présent bravé les orages et les siècles, et il semble que dans les grands ouvrages de l'homme la nature respecte celui qui tantôt est son rival, et tantôt son vainqueur.

La disposition et la décoration des clochers ont singulièrement tourmenté le génie des architectes modernes ; et il faut avouer que c'est un malheur

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pour la plupart de nos temples, que cette nécessité d'un < nIiIh r par lui-même tant rapport avec eux. L'on tait que Bernin avoit easavê d'en introduira sur la façade de l'église de Saint-Pierre ; la jalousie de •es ennemis le servit mienx qu'on ne pourrait dire, en jetant sur la solidité de cette construction des alarmes qui décidèrent le pape à faire détruire la production de cet artiste. (Pores la vie de Bemin.) Ces clochers , comme l'on voit , étoient placés aux deux extrémités de la façade, et sans doute, quels qn soient les reprochas qu on peut faire au de Saint-Pierre, il n'y a |ienfonne qui ne -

addition inutile de

bi

Bernin.

On peut se convaincre du mauvais effet de ces édifices parasites élevés au frontispice d'un temple , |<ar les clochers que Christophe VI reen composa, a l'imitation du Bernin, pour la façade de Saint- Paul a Londres. Peut-être la bizarrerie de leurs plans et de leur élévation coutribuc-t-elle a en rendre l'aspect fastidieux et importun. Ce qu'on peut affirmer uns crainte d'être démenti par un homme de goût, c'est que la façade de Saint-Paul gagnerait encore plus que celle de Saint-Pierre à la suppression de ses ridicules clochers.

Les architectes anglais se sont particulièrement exercés dans la composition des clochers , qui sont devenus une partie très-principale des églises d'Angleterre. La mauière dout on les y dis|>ose et la place qu'ils y occupent, prouvent peut-être moins encore l'importance de ces édifices et le cas que l'on en fait que le peu de goût des architectes. Le clocher, pour l'ordinaire (l'on parle principalement de la ville de Loodnt), occupe le mdieude l'église ; et très-souvent on en voit qui s'élèvent au-dessus d'un péristyle et d'un fronton, chose tout-à-fait invraisemblable.

Jacques Gibbs , architecte anglais , et l'un de ceux qui ont le plus contribué au rétablissement et à la décoration de la ville de Londres , y a élevé un grand nombre de clochers, tous plus riches les uns que les autres, mais dont la disposition tombe dans le défaut qu'on vient de relever. On est choqué de trouver le beau péristyle de l'égUse de Saint-Martin surmonté par un clocher d'une très-grande hauteur, et qui pir cela même rapetisse et dégrade la vue de son péristyle. Au reste, il ne faut pas s'imaginer que le clocher porte immédiatement sur le fronton ; cette idée bizarre eut été indigne du talent de cet architecte célèbre : il est au contraire en retraite de toute la profondeur du prriitvle, et il porte même de fond; mais comme il se présente à la vue d'une manière si principale, on est presque tenté de croire que le péristyle n'a d'autre objet que de conduire à un clocher.

Celui de l'église de Saint - Martin a environ ifio pieds anglais d'élévation , lorsque le péristyle en a tout au plus 5o : on sent combien la hauteur du clocher doit attirer à soi les yeux, et détourner l'at- : l'objet principal. On Ml

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i gré à l'architecte du goût plus insipide qnc bizarre qui règne dans la composition de ce clocher, comme dans la plupart de tons ceux où il a si inutilement exercé son génie. Le besoin de varier ses masses dans une si grande élévation, de diversifier leur décoration , la nécessite d'aller insensiblement par retraite gagner la forme pyramidale, les différentes sujétions auxquelles on doit conformer son invention, toot cela devrait faire désespérer les architectes de jamais rien produire en ce genre qui soit digne d'arrêter les regards d'un homme de goût.

Le clocher de l'église Sainte-Marie de Londres, dans le Strand , est un ouvrage du même architecte. 11 se rrimpose , sans doute , d'une manière plus heureuse avec la masse générale du temple : 1rs ordres y sont employés avec beaucoup de magnificence ; mais on se garderait bien de le citer comme un modèle à imiter. Gibbs ne fut fias plus heureux dans les dessins de clochers qui grossissent le recueil de ses ouvrages. Ils sont , pour la plupart, an compose de formes assez bâtardes, jointes quelquefois à des ajustemens assez heureux, mais sur lesquels il est tout an moins inutile d'arrêter l'attention du lecteur.

Il tant dire, pour l.i juttiliiation des architectes dans la mauvaise disposition des clixhers , que souvent les préjugés vulgaires ont gené leur goût et contrarié leurs projets. Le droit d'avoir un ou deux clochers, de les porter a trlle ou telle hauteur, de les avoir à tel ou lel endroit, a plus d'une fois fait la loi aux architectes. On sait que celui de l'église Sainte-Geneviève , à Paris , voulant dégager la vue de son péristyle de l'attirail fastidieux des clochers,

les plus grandes contradictions pour i les tours au chevet de son église. C'était, dans la nécessité d'adjoindre de- Inche-r* à l'édifice, le meilleur parti à prendre: «-pendant un tel parti, outre qu'il contrarie 1rs habitudes du peuple . ne peut encore convenir qu'à un édifice d'une très-grande étendue, et disposé de manière à ne point présenter à l'œil on ensemble bien régulier. Dans l'hypothèse d'nn temple tel qu'il pourrait et devrait être à l'extérieur , les tours ou les clochers seraient aussi déplacés au chevet qu'au frontispice, et je ne pas qu'on en vienne quelque jour à ' "

Mais , dit-on , tant que le besoin des tera , comment et où placer les c à les recevoir?

Je réponds à cette question par l'exemple de l'Italie. Dans ce pays , les clochers , pour la plupart , •ont des édifices indépendans et séparés du temple . comme je l'ai déjà fait voir an mot Campanile.

Cette méthode offre deux avantages, l'un de ne point embarrasser la construction, et surtout la dé-

et de

l| l'autre i des proportions

i en Italie.

En général , l'architecture perd plus qu'on ne saurait le dire à ce mélange d'idées composées, dont le moindre inconvénient est doter à chaque objet son caractère propre. Il n'y a aucune relation d'idée entre un temple et une tour , et cette agrégation indiscrète de formes incohérentes, fait qu'on n'a ni temple ni tour. Je sais que rien n'a mieux servi le goût des compositeurs que cet assemblage de toutes i d'objets , d'où sont résultées ces masses soi-diimposaiitcs de certains portail» ; nuis je sais que la manière de bien servir l'architecture, est d'en simplifier toutes les idées, et d'en ramener toutes les conceptions au principe de l'unité.

Celte théorie ne trouvera point ici sa place. On la réserve pour les articles priuci|>aux, où l'on traitera en grand de la disposition des églises.

Quant à ce qui peut rester à dire sur les édifices destinés au snpport des cloches, c'est au mot Tour que je renvoie le lecteur.

Nous ajouterons ici

Il faut , pour la solidité des clochers en bois , que la charpeute du beffroi et de la flèche soit combinée avec celle du comble, de manière qu'ils se trouvent suspendus au-dessus des voûtes de l'église.

La disposition et l'assemblage des pièces de bois qui forment cette espèce d'ouvrage peut varier à l'infini , tant par rapport à sa forme que par sa position, lia été un temps où l'on regardoit ces outrages comme des chefs-d'u-uvre de l'art de la charpeuteric. Leur belle exécution faisait la réputation des maîtres charpentiers qui les entreprenoient.

Les clochers en pierre sont quelquefois élevés audessus des piliers qui supportent les voûtes des église* : alors , si les cloches qui doivent y être placées sont d'une certaine grosseur, on réunit ces piliers par de forts arcs, sur lesquels on construit une tour avec un soubassement eu pierre pour supporter le

beffroi. Ce soubassement est foi par une retraite

pratiquée à l'intérieur des murs, sur laquelle pose la charpente du beffroi. Cette retraite et le beffroi ont pour objet d'empècher que la tour de maçonnerie uc soit ébranlée par le mouvement des cloches ; sans cette précaution, elle ne sauroit résister longtemps à cet ébranlement. Malgré celle disposition, lorsque les beffrois sont trop élevés, ou qu'ils ne sont pas bien combinés , le mouvement des cloches est capable de détruire la tour.

Pkrt la retraite sur laquelle pose le beffroi est élevée, plus celui-ci fatigue la tour. Cet effet dimiuue en raison de ce que la base de la tour est plus grande par rapport à son élévation. La proportion la plus convenable, relativement à la solidité, veut que la partie isolée d'une tour n'ait en hauteur que trois ou tout au plus quatre fois la largeur de sa base. Il faut

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a différentes hauteurs, en divisant la tonr psr plusieurs éuges dont le plus élevé ne soit pas plus haut que sa largeur.

CLOCHETTES. ( Vota Gocttes.)

CLOISON, s. f. Espèce de petit mur fort mince , servant a diviser les parties d'un bâtiment comprises dans les gros murs , afin de former des petites pièces ou des cabinets.

Il y a cinq manières différentes de construire les cloisons : 1° en pierre de taille ; 2° en briques ; 3° en plâtre ; 4" en charpente revêtue eu plâtre; 5" en mc-

Cloisons en pierre de taille. Ces clouons se font ordinairement au rez-de-chaussée ; 011 les construit avec des pierres minces posées de champ et en délit. {Porta ce mot.) L'épaisseur de ces pierres, auxquelles on donne le nom de parpoins , est depuis 4 jusqu'à 8 pouces. A Lyon , ces cloisons sont fort en usage pour diviser ou séparer les magasins des marchands de soie.

Cloisons en briques. Les cloisons en briques se construisent de deux manières, savoir, en briques posées de champ , et en briques posées à plat : les dernières sont les plus solides ; en conséquence , elles |>cuvcnt servir à séparer les passages, les corridors, les vestibules , les antichambres et autres pièces de communication. Les cloisons en briques de ne sont propres qu'à diviser l'intérieur des ; mens. On maçonne ordina plâtre , et quelquefois en mortier, dans les endroits où le plâtre est extrêmement rare.

Les briques posées de champ, avec lesquelles on forme les cloisons , sont [dus grandes et plus fortes que celles dont on a coutume de faire usage pour les cheminées; il faut, antant qu'il est possible, les en plâtre , et les recouvrir d'nn enduit de côté.

Cloisons en plâtre pur. Depuis peu de temps, on s'est avisé de faire des cloisons avec des carreaux de plâtre que plusicnrs maîtres maçons et marchands de plâtre tiennent tout préparés dans des magasins. Ces carreaux ont 18 pouces de longueur, sur un pied de large ; leur épaisseur est depuis 2 pouces et demi jusqu'à 4 pouces.

L'avantage de ces carreaux de plâtre est de pouvoir former en peu de temps , et avec très-peu de dépense , des cloisons fort légères, qni peuvent s'établir sur les planchers sans les trop charger ; et comme on n'emploie ces carreaux que lorsqu'ils sont bien secs , qu'il faut très-peu de plâtre pour les poser, il en résulte que les cloisons qne l'on fait de cette sorte sont aussitôt sèches que finies, et que l'on peut habiter tout de suite les apparteincns formés ou divisés par de semblables matériaux.

Cloisons Je charpente. Les cloisons de

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d'aplomb, assemblées dans deux antres pièces de bois posées horizontalement, auxquelles on donne le nom de sablières, (fojez ce mot.) Lue de ces sablières forme le haut, et l'autre forme le bas de la cloison. Lorsque les cloisons sont au rez-de-chaussée , on élève la sablière du bas sur un rang de parpains , ou petit mur en pierre de taille, d'environ 2 pieds et demi de hauteur, ou 2 pieds, et de même épaisseur que la cloison, afin de préserver les bois de l'humidité.

La grosseur des sablières et des poteaux , ainsi que leur espacement ou l'intervalle qu'il convient de mettre entre eux , dépendent de la longueur, de la hauteur des cloisons que l'on veut former, et de la charge qu'elles ont à supporter.

Les poteaux des cloisons qui doivent porter plancher, et dont la hauteur doit être de I a pieds, peuvent avoir 5 ou 6 pouces de grosseur, et être éloignés l'un de l'autre de 9 a 10 pouces.

Lorsque les cloisons s'élèvent dans toute la hauteur d'un bâtiment qui a plusieurs étages, il faut que les ix>teaux du bas soient plus gros que ceux des étages supérieurs.

A Paris, et dans les endroits où le plâtre est commun , on remplit les intervalles compris entre les |m>teaux des cloisons de charpente, avec une maçonnerie en plâtras ou plâtre, que l'on appelle hourdis. (f oyez ce mot. ) Cette maçonnerie se fait jusqu'à l'affleurement des bois.

Lorsque les cloisons doivent être enduites, on cloue sur les poteaux des lattes horizontales , à 3 pouces environ de distance les unes des autres , afin de soutenir l'enduit, qui pourrait se détacher aux endroits des poteaux.

Lorsque les cloisons de charpente sont établies sur des planchers, afin de diminuer la charge, on ne fait point de hourdis entre les poteaux ; on se contente , pour faire les euduils , de poser des lattes jointives sur les deux côtés, et sur ces lattes on applique l'enduit : on appelle ces sortes de cloisons, cloisons creuses.

Dans les provinces où le plâtre est rare, on maçonne l'intervalle des poteaux de charpente avec de petites pierres et du mortier de chaux et de sable, ou avec de la terre franche. Pour les enduire , on cloue sur les poteaux des tringles ou de fortes lattes , dans lesquelles on donne des coups de hache , afin de retenir l'enduit; il faut préférer le bois de sapin au bois de chêne , parce qu'il est moins susceptible d'être dégradé par la chaux.

Cloisons de menuiserie. On distingue trois espèces de cloisons de menuiserie ou de planches, qui se font eu bois de chêne ou de sapin ,

l° 1-es cloisons à claire-voie en planches refendues, faites pour être recouvertes en plâtre ;

2° Les cloisons en planches brutes ;

3° Les cloisons en planches corroyées et dressées, assemblées à rainures et languettes.

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Cloison a jour. C'est une cloison qui , depuis une certaine hauteur, est faite de barreaux de bois carrés ou tournés.

Clotson creuse. Cloison dont l'intervalle entre les poteaux n'est point rempli de maçonnerie , mais seulement couvert de lattes clouées à deux et trois lignes de distance l'une de l'autre, et ensuite garni ou revêtu. Cette cloison ne se pratique que pour empêcher le bruit et pour diminuer la charge , lorsqu'elle porte à faux sur un plancher.

Cloison d'aïs. C'est une cloison qui est faite avec des ais de bateaux ou dosscs, cl lambrissée des deux côtés , pour ménager la place et la charge. Quand on est obligé d'y faire des portes, les poteaux d'huisserie et les linteaux sont de tiers-poteau sur le plat , et on laisse un peu de distance entre chaque ais , afin que le revêlissement ou l'enduit tienne, (fiyes Tilrs- Poteao.)

Cloison de maçonnerie. On appelle ainsi tout mur de refend qui ne monte pas de fond , et qui n'a pas l'épaisseur requise. Il n'est pour l'ordinaire construit que de briques , de plâtras ou de moellons non gisans, liaisonnés néanmoins avec du plâtre ou du mortier.

Cloison en menuiserie. C'est celle qui est faite de planches k rainures et languettes , posées en coulisse , et dont on se sert pour faire des retranchemens dans une grande pièce. On fait aussi des cloisons d'assemblage.

Cloison df. serrure. C'est une espèce de boite qui renferme la garniture d'une serrure.

Cloison pleine. Cloison qui est à bois apparent , hourdie de plâtre et de plâtras, et enduite d'après les poteaux ruinés et tamponnés.

Cloison recouverte. C'est une cloison lattéc , contrc-lattée, cl enduite de plâtre ou lambrissée.

CLOISONNAGE , s. m. Ce mot a deux acceptions ; il se dit de tout ouvrage de menuiserie et de charpente fait en entier à la manière des cloisons. Dans un ouvrage de menuiserie et de charpente , où une partie seulement est faite en cloison , lorsque les autres le sont d'une autre manière , il se dit de la partie faite en cloison , qu'on appelle le cloisonnage.

CLOITRE, s. m. Mot dérivé du latin claustrum, lieu clos.

Sous ce nom on comprend les galeries en portiques couverts dans un monastère et l'espace découvert nommé préau, que ces portique* enferment ou environnent. On appelle aussi cet espace jardin, parce qu'il est ordinairement garni de verdure , de gazons, de plates-bandes, de fleurs, etc. comme on le remarque dans tontes les maisons religieuses. Quelquefois ce milieu sert aussi de cimetière.

Les cloîtres sont destinés à servir de promenade couverte et à faciliter dans tous les temps une com-

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iuuuicaliou commode entre toutes le» partie» d'un couvent et l'église.

Dans le plus grand nombre des communauté* religieuses, les cloîtres sont, après l'église, la partie qui mérite le plus d'attention. Quelques-uns sont re— commandables par la beauté ou la singularité de leur arebitecture, et d'autres |>ar les {teintures dont ils sont ornés.

Les i il u> anciens ont des portiqus gothiques décorés d'une infinité de petites colonnes et d'ornemens découpés à jour, travaillés avec beaucoup de soin. Les voûtes sont ornées d'arcs douUcaux et de nervure» qui se combinent de différentes manières, d'où ré-

d'autre mérite que l'adresse et l'intelligence de l'ouvrier. En Italie , on voit plusieurs de ces ouvrages en marbre, ornés et incrustés de mosaïque.

Parmi les cloîtres modernes, les uns sont de simples portiques en arcades, soutenus par des piliers carrés et couverts avec des voûtes d'arêtes simples, divisées en travées par des are» doubleaux au droit de chaque pilier.

Les autres sont décorés d'ordres d'arebitecture. Les plus célèbres en ce genre sont ceux des Chartreux à Rome et a ISaples, celui de Sainte-Georges à Venise.

Quant a ceux qui sont ornes de peintures, les plus beaux sont ceux de l' Annunziata et de Santa Maria Novelln k Florence , et tel étoit autrefois celui des chartreux à Paris.

CLOITRE (Voite en arc i>k). Il y a des espèces de voûtes auxquelles les a rrbitectes donnent le nom de votlte m arc tic cloître , quoiqu'elles ne puissent couveuir en aucune manière aux portiques dont on environne les cloîtres , parce qu'elles sont faites pour être renfermées par des murs, au lieu que le» voûte* d'arête , dont on fait toujours usage ]>our les cloîtres, peuvent se soutenir sur quatre points seulement : c'est re qui les a fait préférer, par la raison que chaque travée n'a pour appui qu'un seul mur et deux piliers ou colonnes isolées.

Le nom d'nrc de cloître a sûrement été donné à cette espèce de voûte , parce que dans plusieurs couvons et monastères les cellules des religieux sont voûtées de cette manière et que les cellules sont toujours rangées autour des cloîtres. ( V oj-ez Volte.)

CLOTURE , s. f. Mur ou grille qui environne un tère. S

Cloître de choeur d'église. C'est dans une église une fermeture a jour qui sépare le choeur d'avec les nefs et les bas-côtés. Il y a des clôtures faites de menuiserie avec sculptures, ou de fer avec des ornement, ou en balustres de bronze. On en voit aussi de pierre dure , en manière de petits portiques d'architecture gothique : telle est la cldture de l'église de Notre- Dame à Paris. ( Voyez Choeur.)

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•| Cldture , par rapjwrt k l'art de bâtir, se dit d'une 0 enceinte fermée par un mur, à l'effet de clore ou de renfermer un parc, une terre, un jardin, onecour.etc A Paris , l'usage ordinaire est de construire les murs de cldture en moellons de pierre dure ou en lambourde , maçonnés eu mortier de chaux et sable ou en plâtre. Les plus solides et les mieux construits sont ceux qui ont été faits pour enclore les communautés religieuses ; il s'en trouve qui sont bâtis entièrement en pierres de taille ; d'autres ont deux ou trois assises par bas, avec des chaînes de distance en distance et de» chaperons ou bahuts, le tout en pierres de taille, avec des remplissages de moellons piqués | d'échantillon , posés par assises réglées et bien join- | tojées : ces murs, faits avec soin, sont aussi solides que ceux qu'on fait en pierre de taille.

Lorsqu'il s'agit de faire un munie clotitre en commun avec un voisin , on ne peut pas le contraindre â se servir d'autres matériaux que ceux qui sont en usage ; il faut alors que celui qui a besoin d'un mur plus solide paie à lui seul le surplus de ce qu'il pourra coûter sur un mur ordinaire.

Pour les parcs, grands jardins ou marais, on se contente souvent de faire d'espace en es|>ace des parties maçonnées eu plâtre ou en mortier de chaux et sable , et le surplus en mortier de terre franche, crépi ou jointoyé en plâtre. On donne le nom de chaîne aux parties maçonnées solidement , et celui de remplissage aux parties intermédiaires : l'intervalle d'une chaîne à l'autre doit être égal à la hauteur du mur. (Voyez Chaîne.)

Plus les murs de cldture ont de longueur en ligne droite, moins ils sont solides, parce que le moindre déversement qui se fait dans la partie du milieu oocasione par h haut des bouclemen* et des désunions qui entraînent la chute souvent d'une très-grande partie de mur, surtout lorsqu'ils sont ériges sur des fondemens qui ne sont ps également solides; c'est pourquoi il faut avoir le plus grand soin de les fonder solidement et de leur donuer beaucoup d'eiupattcmeDt, afin que le tassement soit moins sensible : la moindre profondeur qu'on puisse donner a ces fondations est d'un pied et demi, pour les empêcher d'être dégradés par les eaux des pluie*. Dans les terrains mouvans et marécageux , il faut faire usage des plates- formes que l'on place à trois on quatre pieds de profondeur, {y oyez Fondement.)

CLOU, s. m. Indépendamment des usages mécaniques auxquels les clous furent employés par le* anciens , comme ils le sout aujourd'hui , ils servoient particulièrement à la solidité comme à l'ornement des portes.

Les clous qu'on cmplovoit à cet objet étoient ordinairement de bronze. Tels sont ceux dont étoient garnies les portes de bronze à Herculanum , et qu'on a placés aux trois côte* du piédestal sur lequel éloit élevé le cbeval de bronze du cabinet de Portici.

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Les porte» antiques de bronze du Panthéon sont garnies et renforcée», dan» toute leur étendue, de clous du mèntc métal. Ils sont placés sur les montant et sur le» traverses. Leurs têtes , ornées en manière de fleuron» ou de ce que nous appellerions culs-de-lampe, indiquent qu'ils sont du nombre de ceux qu'on appeloit clavi capitati. On en distingue de trois formes différente» , et rangée» alternativement sur les monta us Ce» tète» de clou ont jusqu'à cinq pouces de dia-

La plupart des porte» des palais de Florence sont encore ornées de clous. Leurs tètes de fer ou de

COAXATIO. Ou tait que ce mot signifie axium conjunclio, et axeJ signifie plancbesou ai». Ainsi ce mot veut dire , à proprement parler, assemblage de planches.

COCCEILS Al'CTUS, architecte célèbre du siècle d'Auguste. Il fut employé par Agrippa à plusieurs ouvrages dans les environs de Naplcs. Ou croit que c'est lui qui fut chargé de percer au travers de la montagne de Pausilippe ce chemin qui conduit à Pouuol. On lui attribue encore un temple antique de marbre blanc et d'ordre corinthien dont on voit les restes à Naples.

COCCOPANI (Jean), naquit en i58a, à Florence, d'une famille illustre, originaire de Lombardie. Il étoit savant dans la eonnoissance des loi» , dans l'histoire, les mécaniques, et dans l'architecture civile et militaire. Cet artiste fut appelé à Vienne en 1622 , et fut employé par l'empereur en qualité d'ingénieur dans diverses guerres. De retour à Florence, il bâtit pour le grand-duc le beau palais de filla impériale, et fit construire le grand couvent des religieuses de sainte Thérèse. On y voit une église exagouc avec une coupole bien proportionnée.

COENACL'LL'M. Se prend souvent pour synonyme de ccenatio , avec lequel il «voit certainement une conformité d'usage , nuis dont il différait par la situation.

Canaculum se preuoit ordinairement pour le dernier étage de» maisons romaines. Tant que Rome eut des mœurs simples et modestes, les bâtimens furent composés d'un rez-de-rliaussée et d'un seul étage; mais sur la fin de la république et sous 1rs empereurs, les maisons s'accrurent avec le luxe des particuliers ; les étages se multiplièrent. Le dernier ou le plus élevé fut appelé canaculum , de la cerna, repas du soir que l'on y preuoit ordinairement. Vbi canabant. Pojteà quàm in superiorc parte caenitare cceperunt , super ivres domus universa cccnacula dicta. (Varro de ling. lot. iv, 33.)

D'autres pensent qu'a Rome c'était le logement de» étrangers et des pauvres citoyens. On le conclut de ce vers de Juvénal,qui dit, en parlant des pauvres

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