‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 129 sur 258 · COP · texte numérisé non relu

COP

dantn de celui qui en use. Elle suppose de la justesse dans IVil. de la facilité d'exécution, et le sentiment des beautés de l'original ; elle exige par conséquent du talent et de l'intelligence.

Copier n'est donc pas une chose tout-a-fait étrangère à l'art du génie , mais simplement au génie de l'art ou à l'invention.

Disons encore que l'idée d'imitation s'applique à la répétition des œuvres de la nature , et que l'idée de copie s'applique à la répétition des ouvrages de l'art.

Comme c'est généralement dans les ouvrages de l'art qu'où apprend, ainsi que dans un miroir qui en rassemble mieux les traits, à connoitre et à imiter ceux de la nature , c'est ordinairement par des copies que procèdent les conimençans. C'est que les ouvrages de l'art ont quelque chose de plus arrêté et de plus facile à saisir. Voilà pourquoi les études des élèves commencent par des copies , et c'est par ro/>ier que débutent ceux qui se destinent à imiter.

Nous avons dit que l'idée de copie excluoit celle d'invention, et que l'iuvcntion constituoit éminemment la véritable imitation. D'où il résulte que , si l'on doit commencer par copier pour apprendre à imiter, il ne faut pas se livrer trop long-temps à un travail qui , retenant dans l'inertie la faculté d'inventer, l'empêche quelquefois de se développer.

Il y a toutefois dans les études qu'on fait sur les ouvrages de l'art une manière d'en tirer parti en imitateur plutôt qu'en copiste. C'est là le secret même du sentiment et du génie. Mais ce secret, que les maîtres peuvent révéler aux élèves par les leçons d'un enseignement actif et les exemples, est difficile à communiquer par les documens trop souvent sans valeur d'une théorie abstraite.

On a vu de grands hommes imiter les œuvres de leurs prédécesseurs, s'en approprier même le goût et la manière, et n'en être pas moins réputés originaux et inventeurs. Il est en effet toujours possible d'exercer sur les idées et les conceptions des autres l'action même de l'invention. Il est possible de marche sans la calquer sur leurs pas , de ( plutôt sur l'esprit que sur la lettre de leurs inventions , de manière que , tout en profitant de leurs exemples , on acquière aussi le droit de servir de modèle à ceux qui viendront après. C'est qu une semblable étude imitative est moins encore celle des ouvrages qui appartiennent en propre à l'auteur que celle de la nature dont ces ouvrages ont rendu pratiques les maximes et les leçons. Or c'est ainsi que de grands hommes se sont succédé sans se suivre dans la même carrière.

Ce qui différencie donc en ce genre celui qui imite les ouvrages précédens, de celui qui n'est que leur copiste, c'est que le premier sait lire dans les inventions d'autrui les maximes ou les inspirations qui les produisent, c'est qu'ayant étudié les routes par lesquelles a passé leur génie, il a appris à s'en frayer de sem-

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