‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 146 sur 258 · DEB · texte numérisé non relu

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lerie du Vatican et «'appliqua Nous lui somme» redevables de la Vie de Vignole et des Démonstrations tirs règles de la perspective que la laissées cet artiste célèbre.

d'un arebiteetc nuirai patriote Péonius un temple 4 Apollon dans la ville de Milet, lequel i en i

DAPIIMS. C'est le qui bâtit

grandeur à Enhèsc.

ni

Ephèsc. Comme

magnificence au celui-ci , il étoit

le cédoit n temple de Diane d'ordre dorique.

DARCE, s. f. (Architecture hydraulique.) Partie du bassin d'un port de mer. séparée par une digue et bordée d'un quai , où l'on tient a flot les vaisseaux désarmée corn me à Toulon On l'appelle aussi < ' ou darsine, de l'italien darsena, qui a I

DARDS, s. m. pl. Terme de décoration, ou pour mieux dire d'ornement

C'est cette partie, taillée dans la forme du bout d'une fléebe, qui divise les ove», que l'on sculpte sur les quarts de rond ou autres membres des profils de l'architecture.

D'AVILER. (Voyez A vile* »'.)

DAUPHIN, s. m. Oi 'nement des cirques antiques. On élevoit des dauphins de bronze sur de petites colonnes placées sur la spina du cirque.

DE, s. m. Nom qu'on donne à tout corps cubique ou carré, comme le tronc ou le nu d'un piédestal.

On met des dés de pierre sous des colonnes, des vases, des montans de fer ou de bois qui forment des cabinets ou berceaux de tredlage, et sous les poteaux des hangars.

On voit en Egypte des espèces de chapiteaux qui n'étoient formés que par un dé ou cube de pierre. (Voyez Egyptienne Architecture.)

DÉBARRER, v. a. Oter les barres d'une fenêtre, d'une porte.

DÉBILLARDER, v. a. C'est couper une pièce de bois diagonalement , ou en enlever une partie en forme de prisme triangulaire, ainsi qu'on le fait à un

DEBITER , v. a. C'est scier de la pierre ou du bois suivant les longueurs et épaisseurs nécessaires pour 1rs ouvrages qu'on veut faire. C'est aussi tracer de l'ouvrage a diflerens ouvriers qui travaillent

DEBLAI, s. m. C'est le transport des terres qu'on est obligé de fouiller pour la construction des fondcnicns d'un édifice.

DEBOUCHER , v. a. Ouvrir une baie de porte ou de croisée qui étoit feinte ou murée. On dé-

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où les

DEBOUT, adv. Se dit des anciens édifices qui existent encore en bon état. Il te dit aussi des bois posés d'aplomb, comme poteaux rorniers d'huisserie, etc. que l'ou nomme bois debout.

DÉBRIS, t. m. (Voyez Ruine.)

DE BROSSES. {Voyez Brosses de.)

DEBRUTIR , v. a. Commencer a polir une surface brute , en ôter ce qu'il j a de plus rude.

DÉCAGONE , s. m. Figure qui a dix côtés et dix angles; ce mot se dit d'un carreau, d'un bassin, d'une place fortifiée de dix bastions , etc.

DÉCALQUER , v. a. (Voyez Calque».)

DÉCARRELER, v. a. C'est arracher, enlever les carreaux qui fonuoient la surface supérieure d'un

DÉCASTYLE, s. m. Mot composé de deux terme* grecs , deca , dix , et stulos, colonne. C'étoit le nom qu'on donnoit à tout temple, portique ou édifice, dont le front avoit une ordonnance composée de dix colonnes. (V. Temple et Ordonnance. )

DÉCEINTRER , v. a. Oter les ceintres de charpente ou d'antre matière sur lesquels une voûte a été construite. Cette opération n'a lieu qu'après qu'une voûte ou un arc sont bandés, et que les voussoirs en •ont bien fichés et jointoyé».

DÉCEINTREMENT, .. m. Cest l'action d'ôte. les ceintres sur lesquels une voûte a été construite.

DECEM PEPEDE , s. m. M es Lire de to pieds dont se servoient les anciens pour arpenter les terres, et donner les proportions de leurs édifices. Ce mol est composé de decem, dix, et pet, pied.

DÉCHAPERONNÉ, part. Se dit d'un mur dont le chaperon est ruiné.

DECHARGE, s. f. Ce mot a plus d'une signification en architecture.

Dans la distribution ou disposition des maisons, on appelle décharge une pièce qui sert de dépôt aux vieux meubles et aux objets qui ne sont pas d'un usage journalier. C'est dans ce sens que l'on dit une pièce de décharge, ou simplement une décharge. On en pratique auprès des offices, des cuisines et des antichambres.

Pour la construction , on appelle décharge tout ce qui sert à soulager, soit un mur, soit une cloison, soit une plate-bande , soit encore une fondation , dn poids ou d'une partie du poids de la maçonnerie supérieure.

» Il faut aussi faire, dit Vitruve (ch. u , liv. vi, » trad. de Perrault) , que le poids des murs soit sou-

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I ige par de» décharges faites de pierre» taillée» en

» manière de coin , et disposées en voûte : les deux - bouts de l'arcade de la décharge étant posés sur „ le» bouts du linteau et du portail , le lwis ne pliera » point, parce qu'il sera déchargé dune partie de . son faix ; et s'il lui arrivoit quelque défaut par le i> laps du trmm, on le pourroit rétablir saus qu'il » fût besoin d'étayer. »

Vitruve enseigne clairement ici la manière d'affermir les mur» aux endroits où il» ont des vides, comme au droit des porte» et de» fenêtres , dont les linteaux reçoivent le poids du mur qui est au-dessus. Il le fait par deux «orte» de décharges. La première a lieu au moyen de deux pièce» de boi» , qui , étant posée» sur le linteau au droit de chaque piédroit, se joignent

charge dtï mu^L'autre déchargé est par le moyen d'un arc de voûte qui , élevé au-dessus des claveaux en plate-bande ou de l'architrave , empêche le poid» supérieur d'agir sur ces parties , et de les ruiner ou de les briser.

Les constructions antiques et modernes offrent beaucoup d'exemple» de ce» sortes de décharges. Elle» sont indispensables dans la construction des architrave» a claveaux.

On fait aussi des décharges en arc renversé dans les fondation* dont le terrain est douteux.

Déciuiige d'eau. C*e*t un bassin ou canal qui reçoit le trop-plein de» eaux d'une fontaine , d'un bassin , d'un lac , etc.

11 nous est resté en ce genre de» travaux mémorables des Romain». Le caual de décharge du lac d'Albano , celui du lac Fucin ou Célano , et celui du lac d'Averne , »ont des monumens prodigienx de construction, de savoir et d'intelligence : on en trouve la description détaillée à l'article Ëmissabwm.

En jardinage, le mol décharge d'eau est commun à deux tuvaux dans un regard ou bassin de fontaine, dont l'un avec soupape sert à décharger ou faire couler l'eau qui est dans le fond, et l'autre, qui est soudé et situé au bord de ce regard ou de ce bassin , sert à régler la superficie de l'eau à une certaine hauteur.

DÉCHAUSSÉ , part. Se dit particulièrement des fondations dégradée» et amincie» en dessous par l'action du temp»ou d'antres agens.Ondit qu'une pile est déchausser quand l'eau a dégradé son pilotage, n'y ayant plus de terre entre les pieux par le haut.

C'est au déchaussement de plusieurs constructions antique» qu'on doit quelques erreurs qui se sont accréditée» dans l'architecture. C'est parce que la première assise du temple de Ségcste, c'est-à-dire celle sur laquelle |>oscnt les colonnes, s'est trouvée déchaussée , qu'on a pris pour les socles des colonnes le» dé» de pierre qui se voient sous chacune d'elles. On auroit pu croire par la même raison que les colonnes du tempfcdeCoraavoientdespiédcslaux, tant ïedéehaussentent du stylobate fait ressembler le* fondations

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particulières de chaque colonne à des piédestaux isolés.

DÉCHAUSSER , v. a. C'est fouiller par-dessous la fondation d'un mur ou d'une construction quelconque , soit pour en opérer la ruine , soit pour la prévenir en reprenant la bâtisse en sous-œuvre.

DÉCHET, s. m. Se dit de la perte que font les entrepreneurs dan» la taille de la pierre ou du moellon , et que l'on évalue ordinairement à un sixième dans les détails.

DÉCLORE, v. a. Détruire le» mur» qui I la clôture d'un jardin ou d'une cour, etc.

DECOMBRER , v. a. C'est enlever le»

gravois, plâtres, recoupe», et autre* objets qui proviennent ou de la démolition ou de ht construction d'un édifice. On décomhre un batardeau en le dégravoyant, pour y mettre un corroi de glaise. On dit encore décambrer une carrière : c'est en faire l'ouverture et la fouiller.

DÉCOMBRES, s. m. pl. Ce sont les moindres

matériaux de la démolition d'un bâlimeot qui sont de nulle valeur, comme menus plâtras, recoupes, etc On les emploie a aplanir ou à affermir les chemins.

DÉCOR. Terme dont se sert Vitruve pour exprimer ce que nous entendou» en architecture par bienséance . ( nyei ce mol . )

DÉCOR ou DÉCORE. Ce mot est devenu français depuis peu dans la langue pratique de» art», et signifie cette partie de la peinture qui embrasse l'or» nement des intérieurs, des murs, des voûtes, et se partage entre la décoration en grand et l'arabesque ,

2ui suppose une ordonnance plus légère d'ornemens. m dit faire, entreprendre le décore; peindre le décore, etc.

DÉCORATEUR, ». m. Celui qui compose ou exécute des sujets ou objets de décoration.

La décoration ( voyez ce mot) comporte, selon les diverses acceptions qu'elle reçoit de l'usage et des emplois qu'on en fait, tant de parties distin. le mot décorateur, dans la langue des arts , i employé d'une

spéciale , plu» ou moins relevée , ou plus ou i technique.

A prendre ce mot dans ses rapports particuliers avec l'architecture, il est évident que l'artiste auquel le nom de décorateur peut être affecté en première ligne est l'architecte. La décoration , dont l'idée générique comprend aussi l'idée spéciale d'ornement ( voyez ce mot ) , formant uue partie essentielle de l'architecture, en tant que le plaisir est tout à la fois un de» moyen» et un de» but» de cet art ; la décoration, dis-je, cutre nécessairement dans les attribution» principales de l'architecte, qui *>u» ce point de vue est i "

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L'art que l'architecte met le plus à contribution pour réaliser dans le»

sujets cl ses objet» de décoration , est la Cet art est celui qui donne en quelque sorte aux formes, aux inventions, aux créations de l'architecture, une sorte de valeur et d'expression propre à rendre leur langage à la fois plus clair aux yeux, plus intelligible à l'esprit. Le sculpteur peut donc prendre aussi le nom de décorateur.

Ce que la sculpture fait particulièrement à l'extérieur des ouvrages de l'architecture, la peinture le produit, et avec beaucoup plus d'étendue et par de bien plus grands moyens de variété, surtout dans l'intérieur des édifices. Il n'y a aucun espace, petit ou grand , dont elle ne puisse s'emparer; il n'y a au-

aucune scène de la nature ou de l'art, aucun procédé d'illusion ou de perspective, dont elle ne puisse faire, avec plus ou moins de vérité ou de vraisemblance, la matière de ses décorations. C'est pour cela que , si le nom de décorateur peut à des degrés divers convenir àl'architeetc et au sculpteur, l'usage, fondé sur la nature des choses, en a presque exclusivement conféré le titre a l'artiste qui doit a la couleur de reproduire non-seulement la totalité des teuvre» visibles de la

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eut il ki plus élevée , le génie du décorateur; c'est là qu'on ses I trouve réuni», dans un ensemble parfait, tou» ce» aère, teils aujourd'hui mutilés ou dispersé» de ce qui com-

Dès-lor» on ne doit pu être curpris qu'on ait en- ,en vertu d'une spécialité nom elle, affecté le

titre de décorateur au peintre qui , soit dans les représentations de la scène, soit dans les compositions temporaires des fêtes et des spectacles publics, sait, par le prestige de son pinceau , tantôt transporter le spectateur dans tons les lieux les plus lointains, tantôt faire renaître en réalité les célèbres monumens dont la distance des lieux ou des temps nous sépare.

Cette division des espèces de décoration , quoiqu'elle soit le résultat d'une analyse assez sensible , ne saurait cependant établir, entre les artistes qui se livrent à l'une ou à l'autre espèce, des séparation» telles qu'on ne puisse sur plusieurs points les confondre. Toutefois on distinguera toujours comme formant une classe privilégiée celle des grands peintre, d'histoire, dont le génie aussi élevé, aussi fécond dans leurs sublimes compositions historiques que dans leurs accessoires décoratifs , laisse encore à douter qu'ils aient été surpassés par ceux qui, après eux, s'isolèrent dans le cercle de la décoration purement technique. Il suffit de citer à Rome les salles et les loggir du V atican , la belle loggia de la Farnesina , U villa Madama, pour faire voir la plus complète et la plus rare union du génie historique et de la poésie décorative.

Mais l'homme qui peut-être sut réunir avec encore plus d'éclat toutes les qualités propres à former, lent parlant, un grand décorateur, fut sans Jules Romain. C'est à Mantoue qu'il faut I de ce que doit être , dans sa sphère

tail» aujouru uui mûmes ou uiapc posa l'art du décorateur antique.

Plus d'un habile peintre d'histoire et de décoration tout ensemble a cherché depuis à marcher sur les traces de Jules Romain. Peut-être même est-ce à

lui qu'on doit la vogue qu'ont obtenue , en on en coupoles, ces grandes compositions où les deux

es Romain, s qu'c IBM 4

génies de la décoration, confondus plutôt que réunis, sont plus propres à étonner les yeox qu'à plaire a l'esprit. Mais aucun , depuis Jules Romain , n'a m fondre ensemble et avec autant de mesure ce qu'on peut appeler, en ce genre, la peinture de la poésie et la poésie de la peinture.

Toutefois, parmi les célèbres peintres d'histoire qui ont illustré la décoration et se sont illustrés par elle, il faut compter les Carraches et plusieurs de leur» célèbres élèves. Annibal Carrache, surtout dans sa grande galerie du palais Farnèse, semble avoir porté la richesse et peut-être le luxe de l'art de décorer les plafonds, à un point au-delà duquel il ne pouvoit guère rester au décorateur, pour être original, que l'exagération de la variété.

C'est ce que fit avec un talent prodigieux Pietro da Cortona dans son vaste plafond du palais Barbe— riui. Comme décorateur, il fut le premier qui quitte les routes où le génie des âges précédens avoit su faire marcher ensemble , avec la grandeur des inventions, la correction du style et la sagesse de la composition, u U s'adonna par cltoix (dit Mengs) à la com- » position , et la sépara presque de l'invention. Il » rechercha les oppositions et les contrastes dans les » attitudes; et ne pensant qu'à la variété des groupes, * à l'agencement et à la disposition des figures, il ne » s'inquiéta plus des convenances du sujet. »

Ce style, dans lequel Pietro da Cortona doit avoir tous les honneurs de l'originalité , parott dans le fait s'être trouvé d'accord avec l'accroissement d'étendue livrés au décorateur. Mais bientôt ces acquirent un tel ascendant sur le goût géue les moindres

furent traitées dans le même genre , c'e lui de l'eff et, méthode qui exclut la correction et la fidèle imitation du vrai.

On vit alors l'école napolitaine réduire la peinture de tous le» ouvrages à ce »tyle exagéré et licencieux que le décorateur se croit permis dans ces espaces lointains, où l'œil du spectateur ne peut saisir que de» masses. Luca Giordano et Solimène dépassèrent donc beaucoup Pietro da Cortona dans la route qu'il avoit ouverte au caprice du décorateur. La galerie du palais Riccardi à Florence offre toutefois de Luca Gîordano un plafond décoré avec plus de réserve. Néanmoins on ne saurait dire combien cet ouvrage se trouve déplacé dans la ville qui fut constamment l'école du dessin et la plus opposée au goût du

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décorateur. Cette opposition ne conduiroit-ellc pas à penser que dans le fait ce goût exige un certain milieu entre la rigueur austère du dessin, qui se prête difficilement aux charmes aériens de la couleur, et les prestiges captieux d'une harmonie à l'effet, uniquement applicable aux décorations scéuiques.

Nous n'avons |»rlé ici du décorateur que dans cette partie la plus élevée , où le peintre d'histoire peut porter le génie des compositions et la magie des effets de l'art. Mais la peinture, qui peut tout imiter, a produit autant de classes de décorateurs que l'on peut , dans l'étendue infinie de son ressort, compter de genres d'imitation distincts, soit par la diversité de leurs modèles , suit | ai- celle des procédés ou des moyens imitatifs.

Il suffit pour le montrer île citer le genre appelé de V arabesque, assemblage plus ou moins fantastique de toutes sortes de sujets et d'objets, où , d'après les exemples de l'antiquité, le génie de Raphaël, décorateur en chef des Loges du Vatican, sut appliquer aux ouvrages si divers des rinceaux , des fleurs , des grisailles , des stucs , des paysages , de toutes les sortes de plantes, d'animaux, de figures et d'allégories, autant de décorateurs habiles chacun dans leur genre, (forr; Arabesque.)

Le théâtre et les ornemens caractéristiques de chaque scène avoient produit dans l'antiquité une « lasso assez nombreuse de décorateurs, dont le temps a détruit les œuvres effectivement très-périssables , mais dont l'histoire a conservé les noms.

Le tbéàtrc moderne, peut-être plus favorable aux travaux de la peinture et a ses illusions, a produit cher les modernes, dès les premiers temps du renouvellement des arts, d'habiles et de célèbres décorateurs, en tête desquels on croit , d'après le témoignage de Va si ri , pouvoir placer Balthazar Peruui. (forez ce nom.) L'Italie, depuis cette époque, n'a pas cessé d'être une pépinière assez féconde d'hommes doués du talent de la peinture srénique. Telle fut l'école de Bibiena (dont on a gravé les compositions) , où il faut rccotinoitrc de la fécondité, de la variété, le sentiment des grands effets et des motifs les plus pittoresques, tous mérites que ne laissent pas d'affoiblir et l'emploi du goût capricieux régnant de son temps, et les écarts d'une fantaisie qui s'exagéroit par trop les licences que le genre peut autoriser.

Le siècle dernier, Servandoni s'acquit comme décorateur une immense réputation. Avec un goût beaucoup plus pur. et secondé par les connoissanres théoriques et pratiques de l'architecture et de la I lui <■ . il sut étendre et porter le talent du décorateur srénique an point de donner à l'effet , à la variété, au charme des illusions successives de ses comjiositions, sans l'accompagnement des paroles, l'intérêt , la valeur et la magie du drame lui-même et de la déclamation, (forez Décoration.)

Les écoles vénitienne et lombarde ont produit de trèt-grauda décorateurs dans une partie

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aujourd'hui en désuétude, et qui lit autrefois la gloire de l'Italie; on veut ]>arler de ce qu'on appelle l'architecture feinte, espèce de supplément ou de remplacement de la véritable , et que Bologne surtout avoit perfectionnée et multipliée avec le plus grand succès, (forci Décoration.)

DÉCORATION , s. f. Dans le Langage de l'art, ce mot exprime deux idées différentes. Quand ou dit en général la décoration , on entend l'art de décorer quelque objet que ce soit; quand on dit en particulier une décoration , on entend l'ouvrage ou le produit de l'art de décorer.

Dans l'un et l'autre sens , on applique ce mot a l'architecture , soit qu'on parle de l'art qui embrasse toutes les parties et tous les genres d'ornement que comportent l'extérieur et l'intérieur des édifices, soit que l'on spécifie d'une manière particulière l'ensemble d'objets, de sujets, de compositions dont le goût ou le génie de l'artiste sait introduire le plaisir et l'agrément dans ce qui n'étoit que l'oeuvre du besoin et de la nécessité.

Si l'on envisage la décoration ou l'art de décorer en abstraction et dans l'idée générale que le mot présente, on ne peut s'empêcher d'en reronnoitre le goût, comme tenant i la nature même de l'esprit de l'homme, c'est-à-dire au besoin de la variété, qui en soi n'est autre chose que le besoin alternatif de mouvement et de repos. Pour l'ame changer d'impressions , c'est comme pour le corps changer de situations. Plus se multipliera le nombre des objets agréables que l'ame pourra |>arcourir, plus elle éprouvera de plaisirs.

Lorsqu'en effet l'état avancé d'une société a multiplié les besoins physiques de l'homme , son esprit aussi ne peut manquer de désirer de plus nombreuses L'imitation vient alors à son

L'imitation a l'avantage de pouvoir choisir, coordonner et rassembler sur un même sujet les diversités d'impressions éparses sur les objets qui s'y rapportent , et dont elle peut disposer. C'est alors que par les illusions qu'elle sait produire , elle nous fait éprouver en peu d'instaus, et sur un petit nombre de points , une multitude de sensations qni , dans la réalité , auraient pu exiger le cours de plusieurs années et le concours de beaucoup de circonstances. Telle est , par exemple , la vraie cause du plaisir que produit l'imitation dramatique. Cette vertu n'appartient pas moins, quoique à des degn* différons, aux autres arts d'imitation, qu'on peut regarder, dans l'état d'une civilisation avancée, comme les véritables décorateurs de la société.

Ainsi décorer ou embellir un objet , c'est y ajouter des accessoires qui renforcent les impressions déjà propres de cet objet; c'est multiplier les rapport» sous lesquels il peut être considéré ; c'est procurer a l'esprit des rapprochemeus ou des combinaisons qui ,

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par leur variété , lui donnent l'occasion et le moyen de changer de situation; c'est lui présenter de nouveaux préservatifs contre la monotonie ; c'est le garantir de l'ennui ; c'est , en un mot , lui donner du plaisir.

Si le goût pour la décoration ainsi définie tient à la nature même de l'esprit de l'homme , nous trouverons encore que c'est dans les oeuvres de la nature que ce goût trouve sna origine et ses modules. Ne diroit-on pas, en effet, que la nature elle-même auroit eu en vue 1rs jouissances et les plaisirs de l'homme , en le plaçant au milieu de ce spectacle infini de variétés qui composent l'ensemble de ses créations; et ne sembleroit-il pas, a voir les nombreuses variétés, soit de formes agréables, soit de couleurs, de compartiment , de broderies de tout genre dont elle s'est plu à façonner, à diversifier les formes extérieures dont elle compose son spectacle, qu'elle invite l'homme a répandre le même luxe dans les ouvrages de ses arts.

Il y a cependant ici une question douteuse ; c'est j savoir si jamais] la nature a produit , dans quelque classe d'êtres que ce soit, d'inutiles détails, c'est-àdire des ornemens qui n'auroienteu pour objet que de plaire aux yeux de l'homme. Bien qu'il y ait dans beaucoup de productions naturelles des accessoires de forme ou de couleurs dont nous ne découvrons I « h ut l'utilité , rien ne peut nous autoriser a les juger inutiles, tant nous sont inconnus les secrets de l'organisation d'un grand nombre d'êtres. A juger, au contraire , de ce dont nous ne pénétrons pas l'emploi, par tout ce qu'il nous est donné d'expliquer, nous sommes tenus d'admettre que ce qui nous paroit n'être qu'un ornement parasite est ou une cause dont nous ne voyons pas l'effet , ou l'effet d'une cause qui nous est inconnue, mais que tout en ce genre a sa raison et sa nécessité. D'où il résulte que ce que nous appelons ornement ou décoratitm dans la nature , est ou l'effet ou le principe d'un ordre nécessaire.

Dans un autre ordre de choses , nous sommes forcés de reconnoître qu'il entre toujours dans le système général de la nature de placer constamment le plaisir à coté du besoin , et de faire que le premier résulte toujours du second.

Sans chercher donc a étendre ici plus loin la théorie tl'un principe dont chacun tronve en soi-même l'évidence, il nous suffira de pouvoir en déduire , par une analogie nécessaire , l'obligation pour l'art décoratif de se conformer aux conditions voulues par son principe.

De ce principe , en effet , nous serons conduits à ces deux conséquences :

L'une, que le goilt de la décoration ayant ses modèles dans les ouvrages de la nature , c'est à opérer dans ses oeuvres comme le fait la nature que l'art doit tendre, c'est-à-dire a faire que ses inventions

L'autre, que la décoration, devant être cl paroi Ire

DEC 5oi nécessaire , doit employer dans les édifices des idées, des sujets , des images qui soient , par leur combinaison et par leur choix , le plus qu'il sera possible en rapport avec l'objet principal , c'est-à-dire la destination de chaque monument.

Par nécessaire, on voit que nous n'entendons pas qu'il soit indispensable de décorer tout édifice, et surtout chacune de ses parties. Le goût ou le sentiment des convenances consiste à savoir apprécier la mesure propre de variétés et d'orneroens que comportent tes différens locaux. Il |M*ut même arriver que l'absence d'ornemens soit quelquefois un moyen de décoration. Comme la pompe du langage, la richesse de la diction et le luxe des images ne conviennent pas à tous les genres de discours, et comme il en est dont la simplicité ou l'absence de parure fait la vraie parure, de même en architecture il est des édifices dont toute décoration détruirait ou affoibliroit le caractère, et qui tirent leur beauté de l'absence de tout ornement.

Nous appellerons donc une décoration nécessaire , celle dont l'absence produirait pour l'reil et pour l'esprit, soit un manque de sens, soit un contre-sens ; celle dont la présence est propre à expliquer au spectateur l'objet auquel on l'applique ; celle qui renforce les impressions que cet objet doit produire , et en développe le caractère.

Nous appelons encore nécessaire une décoration

Îui prend les motifs de ses inventions , soit dans le >nd de l'idée principale du monument, soit dans les rapports accessoires de cette idée.

Pour sortir maintenant du cercle d'idées abstraites sous lesquelles la théorie systématique nous a fait envisager le principe de la décoration architecturale, nous allons parcourir les trois sortes de moyens les plus sensibles qu'a l'architecture d'embellir les formes produites par le besoin. Or, il nous semble que cet art les puise dans trois sources diversement dépendantes de la nature ; savoir, l° t instinct ou le besoin naturel de la variété; 2° l'imitation analogique; 3» l'emploi des signes de l'allégorie ou des figures historiques.

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