‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 163 sur 258 · DIV · texte numérisé non relu

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D1TRICLYPHE, s. m. C'est l'espace compris entre deux triglyphes, dans un entrecolonnement dorique.

DIVERSITÉ. [Voyez Variété.)

DIVISION , s. f. Un édifice, a dit Montesquieu , rempli de trop de divisions , est une énigme pour l'œil , comme un poème confus l'est pour l'esprit.

Il régna dans l'architecture un préjugé qu'on ne saurait trop Combattre] c'est que la multiplicité des partiel contribue à faire paroitre grand l'édifice ou le tout. Pour soutenir cette opinion, on fait uu raisonnement qui n'est que spécieux. Les divisions, dit-on , sont , dans un édifice, l'échelle au moyen de laquelle l'ieil parvient à mesurer l'étendue. Plus un espace reçoit de divisions , plus l'œil est de temps à faire le calcul des mesures. L'œil, arrêté long-temps a ce calcul des parties, dispose l'esprit à juger trèsétendu l'espace qui comporte tant de divisions.

Sans doute les divisions font juger de l'espace, et il en faut dans les ouvrages de l'art, comme nous voyons qu'il y en a dans ceux de la nature. Une surface tout unie, une étendue sans division, ne présentant à l'amc aucun point de rapport , aucun moyen de mesure ni de comparaison , lui procure un état moins fatigant que fastidieux, cl qui est l'état de doute ou d'incertitude. C'est que l'amc a besoin de connoitre , comme l'œil a le besoin de voir. Or pour que l'une et l'autre puissent satisfaire ce besoin sans trop de fatigue, il faut leur présenter les moyens de comparer , et ces moyens sont le. divisions dans l'architecture.

Jamais on ne voit un édifice que l'on n'ait le besoin de connoitre ses dimensions : cela tient à la curiosité naturelle ou au besoin de connoitre, qui est le propre ' de notre aine. Un espace sans division est une route dont les distances ne sont point marquées. Ainsi les divisions dans l'architecture contribuent au plaisir de l'amc , en taut qu'elles lui facilitent les inoy ens de juger et de mesurer.

Mais s'cnsuit-il de là que le grand nombre de divisions lui doive procurer plus de plaisir, en lui procurant plus de moyens de juger? Je réponds que nou , parce que la multiplicité dis moyens de juger va la jeter «Lins un embarras plus pénible encore , celui de la confusion.

S'ensuit-il aussi que le grand nombre de divisions fera croire à la grande étendue del'espace? Je réponds que non. Si les divisions sont petites , l'espace s'en trouvera rapetissé , fùt-il grand , pire que beaucoup de petites partira portent à l'ame l'impression de la ]ielilcssc , bien plus facilement que la somme totale de ces petites parties ne peut lui donner l'idée de la grandeur. L'impression de ces petites parties est une impression simple, qui agit directement sur l'ame; l'impression résultante de la somme additionnée de ces petites parties ne peut agir qu'indirectement , et

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