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peut être que l'effet de la
Montesquieu a senti cette vérité , lorsqu'il dit i L'architecture gothique p.. mit très-variée, mais la confusion des ornemens fatigue par leur petitesse ; ce qui fait qu'il n'y en a aucun que nous puissions distinguer d'un autre: et leur nombre fait qu'il n'y eu a aucun sur lequel l'œil puisse s'arrêter; de manière qu'elle déplaît par les endroits même qu'on a choisis pour la rendre agréable.
1 grecque , au contraire , paroît unième elle a les divisions qu'il faut , et
nt qu'il en faut pour que l'a ce qu'elle peut voir sans se fatiguer, mais qu'elle en
voit a ssci pour s'occuper , elle a cette variété qui la fait regarder avec plaisir.
Il faut que les grandes choses aient de grandes parties. Les hommes grands ont de grands bras, les grauds arbres de grandes branches, et les grandes montagnes sont composées d'autres montagnes qui sont an-dessus et an-dessous. C'est la nature des choses qui fait cela.
L'architecture grecque , qui a peu de divisions, et de grandes divisions, imite les grandes choses; l'a me sent une certaine majesté qui y règne partout.
Montesquieu , dont le génie avoit pénétré les principes du beau dans les arts, nous a laissé dans ce peu de lignes la véritable théorie du grand en architecture. Voulez -vous qu'un espace grand paroisse tel , divisez-le sans doute, c'est-à-dire donnez au spectateur des moyens de le juger, donnez à l'ame des mesures et une échelle de proportions ; mais si vous établissez des divisions , faites que ces division* soient grandes.
i° Le* divisions étant pour l'ame et pour l'œil des moyens de mesurer les objets, on conçoit que plus ces mesures sont grandes, moins elles doivent trtre nombreuses et multipliées , et qu'ainsi il y a pour l'ame et pour l'œil plus de facilité à mesurer.
a* Les divisions étant rares, c'est-à-dire les mesures étant grandes, il en résulte pour l'ame une idée de grandeur générale dans les parties ; et de grandes parties forment nécessairement un grand tout.
Ajoutons à ces réflexions quelques mots de Chantbray sur la même matière :
« Je vais (dit-il dans son Parallèle de Carchitecture) remarquer une chose assez curieuse touchant le principe de la différence des manières, et d'où vient qu'en une pareille quantité de superficie, l'une semble grande et magnifique, et l'autre paroît petite et mesqnine. La raison en est fort belle et n'est pas commune. Je dis donc que pour introduire dans l'architecture cette grandeur de manière dont nous parlons, il faut faire que la division des principaux membres des ordres ait peu de parties, et qu'elles soient toutes grandes et de grand relief, afin que l'œil n'y voyant rien de petit, l'imagina lion en soit fortement touchée.
» Dans une corniche, par exemple, si la doucine
mesure romaine qui est pied français.
DOM 533 du couronnement, le larmier, les roodillons ou les deuticules , viennent à faire une belle montre avec de grandes saillies, et qu'on n'y remarque pas cette confusion ordinaire de petites cavités, de quarts de rond, d'astragales, et de je ne sais quelles autres particules entremêlées qui n'ont aucun bon effet dans les grands ouvrages, et qui occupent du lieu inutilement et aux déjtens des princifuux membres, il est certain que la manière paraîtra hère et grande. Tout au contraire, elle deviendra pelile et chétive par la quantité de ces menus ornemens, qui partagent l'angle de la vue en tant de rayons, et si pressés, que tout lui semble confus. Quoiqu'on juge d'abord que la multiplicité des parties doive contribuer par quelque chose à l'apparence de la grandeur, néanmoins l'expérience prouve le contraire. •
DOIGT, s. m. Anci égale à 9 lignes de pouce du
Doigt de niveau. Expression dont se sert Derrand pour exprimer ce qu'on ap|»ellc ordinairement branche de niveau on, suivant d'Aviler, bras de niveau; c'est-à-dire les deux règles de l'instrument dont se servent les appareilleurs, lequel forme une équerre à branches mobiles.
DOME, s. m. Ce root vient du latin domus , ou du grec f»ftm., qui l'un et l'autre signifient maison.
Le français l'a peut-être plus probablement emprunté à l'italien ditomo , qui dans cette langue ne signifie pas toujours, ni à proprement parler, ce qu'en français signifie le mot dôme.
Les Italiens appellent il duomo , comme voulant dire maison par excellence, l'édifice qui est l'église principale ou la cathédrale d'une ville. Ainsi il y a telle église , tel temple , qu'on appelle duomo , dôme, quoique sa construction ne présente ui forme ni élévation qui constitue ce qu'en français on appelle dôme. Par exemple , à Bologne on donne le nom de duomo à l'église de San-Pctronio, quoiqu'il n'y ait ni coupole ni ddme.
Dôme est en français synonyme de coupole. Peutêtre l'habitude de voir eu Italie le grand nombre des principales églises surmontée* par des coupoles, aurat-ellc fait transporter le nom du tout à cette partie des églises qui se fait particulièrement remarquer à l'extérieur. Quoi qu'il en soil, ou dit indifféremment ou le dôme ou la coupole de Saint-Pierre , de Saint- Paul, des Invalides.
Toutefois, le mot coupole est plus usité dans le langage des artistes ; le mot dôme est plus usuel dans le langage ordinaire. Le premier de ces mots semble avoir plus de rapports avec ce qu'on appelle la construction , et le second avec ce qui en forme la décoration. C'est pourquoi l'article coupole a renvoyé le lecteur au mot dôme pour l'examen comparatif des quatre grandes compositions qui paraissent avoir épuisé en ce genre tout ce 1 tecturale peut produire de 1
C'est a quoi se bornera particulièrement cet article, et encore fort en abrégé, vu que toutes le* parties dont se composent ces sortes de monumens se trouvent traitées, avec plus de détail aux mots Plafond pfint, Pendentif , TxMaoua, etc. et encore aux articles biographiques de leurs auteurs.
Les anciens, dans leurs coupole!), ne nous ont laissé que des modèles peu remarquables de la décoration que les modernes auraient pu appliquer a leurs dômrs. La coupole du Panthéon, ainsi que le prouvent d'anciens dessins et quelques restes de revètissement , avoit été extérieurement ornée de deux ordres de pilastres. Mais on voit qu'avant d'avoir reçu le |;rand et beau péristyle qui décore son entrée et en fait un temple magnifique , cette vaste salle des thermes d'Agrippa n'avoit dù exiger de l'architecte qu'une mesure de décoration proportionnée à sa destination. N'étant fait ni pour figurer isolément, ni pour être vu à de grandes distances, ni pour servir de couronnement à une autre masse d'édifice, l'extérieur de son mur d'enceinte et la courbe apparente au dehors de sa voûte ne purent rien offrir au génie moderae sur la décoraliou'dcs dômes, élevés à dessein de briller surtout au dehors, et d'être vus de fort loin.
On en doit dire autant des autres coupoles antiques dont le temps nous a conservé les restes, et dont il a été fait mention a l'article coupole {voyez ce mot) , tous édifices qui firent, comme le Panthéon, partie de plans fort étendus que l'état actuel de leurs ruines rend méconnoissables , mais qu'on présume, avec beaucoup de raison, n'avoir jamais été des temples.
Les anciens cependant firent des temples circulaires, et Vitruvc a donné des préceptes de construction et de décoration applicables à ces édifices. Il est probable qu'ils dévoient , à la dimension près, avoir une grande conformité avec ce qu'on appelle à Rome le temple de Vesta, et à Tivoli le temple de la Sibylle. Ils étoient donc voûtés , ornés de colonnes tout à l'entour, et ils avoient un amortissement dont Vitruve a décrit le mode ou l'usage.
Les dôme s ou coupoles modernes, envisagés sous le rapport de leur décoration architecturale, ne sont ainsi, dans le fait, qu'une imitation plus ou moins précise , et avec plus ou moins d'étendue , du temple circulaire antique, mais avec cette différence que cette masse de temple circulaire s'élève sur un autre édifice.
Là aussi se trouve la dissemblance qu'on a déjà fait remarquer {voyez Cocpolk) entre le monument de Brunelcschi à Sainte-Marie-des-Flcure et les dômes qui furent élevés depuis. Ce grand architecte, uniquement livré à la solution du problème de construction qui l'avoit occupé si long-temps, ne dirigea toutes ses pensées que vers l'exécution pratique et le succès de* moyens propres à garantir la sulidilé de l'entreprise.
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Aussi n'y trouve-t-on rien, quant à la décoration, que puissent réclamer ni le génie ni le goût.
11 falloit qnc la hardiesse de la construction fût arrivée à son plus haut point dans l'érection des dômes pour que le système de leur décoration parvint aussi , par l'application régulière des ordonnances, à tout ce que la richesse de l'architecture pouvoit produire.
Bramante, San-Gallo et Michel-Ange furent les première à entrer dans cette nouvelle voie.
On peut voir dans l'ouvrage de Bonani sur l'église de Saint- Pierre les divers projets de ces trois architectes. Il parait que Bramante avoit eu en vue d'imiter dans sa masse celle du mausolée d'Adrien. San- Gallo , dans ses deux rangs d'arcades l'un sur l'autre , se serait modelé sur l'ordonnance extérieure du Colisée ou du théâtre de Marcellus. Michel-Ange paroit avoir moins que ses deux prédécesseurs cherché à puiser dans un monument particulier de l'antiquité le modèle et le style de sa décoration : il visa surtout à ce que la plus grande unité de composition régnât à l'intérieur et à l'extérieur; il voulut que l'application qu'il lit d'une ordonnance de colonnes à la tour de son dôme servît a la fois de décoration à l'ensemble et de contrefort à la construction ; il chercha surtout dans la simplicité des lignes à laisser briller la beauté de la forme, tant au dehors qu'au dedans; il ne permit pas qu'un emploi trop isolé de colonnes, ni que des variétés de détails ou d'ornemens inutiles, en vinssent à faire disparaître ou à dissimuler la forme essentielle de l'édifice et le ty,>e qui en fait le caractère.
Dire ce qu'il faut, ne dire que cr qu'il faut , et le dire comme il le faut, c'est en cela, selon Quintilicn, qu'est renfermé le talent de l'orateur. Ce genre de mérite appartient sans doute à tous les genres d'art ; pent-ètre est-il plos rare en architecture , cet art n'ayant d'antre modèle qu'un prototype abstrait, c'e*t-à-dire l'ensemble des lois générales que la nature suit dans ses œuvres. Ainsi c'est là que le génie de l'architecte doit avoir étudié, pour les appliquer à ses compositions , les principe» d'unité et de nécessité.
On peut avancer que la plus grande partie des dômes modernes pèche contre ces deux principes. Il est constant que la loi de l'unité se trouve offensée par le simple aspect que présentent les coupoles qui , a la place qu'elles occupent pour le plu* grand nombre, ne sont autre chose qu'un édifice élevé sur un autre édifice , et ordinairement sans un rapport nécessaire de forme et de décoration. Cet abus est
qui offrent une très-longue nef détachée du dôme.
Il faut en convenir, Michel- Ange , en supprimant la longue nef du projet de Bramante , ne donnoit à son dôme , dans ses quatre croisillons, qu'un empâtement assez peu prolongé pour empêcher en trèsgrande partie l'effet de duplicité dont on prie. C'est ce qu'il est facile de remarquer lorsque au lieu de
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considérer le monument dans sa face antérieure prolongée |u r Maderne , on le rega rde d u coté des jardins du Vatican, d'où le bas et le haut de l'édifice ne font en quelque aorte qu'une seule masse.
I n des avantages qu'il faut reronnoître à l'œuvre de Michel-Ange sur ceux de tous ses successeurs, c'est qu'il devoit être et faire un tout avec l'ensemble de l'édifice extérieur. Si ensuite on examine la coupole en particulier, on rrconnoit qu'à l'unité de sa forme générale se joint encore , dans ce qui en fait la décoration extérieure, un motif simple et grand ; dans la courbe , une beureuse division de parties entre le tambour , la tour du ddme , l'attique et U lanterne ; et un accord de toutes ces parties si juste , qu'on ne sauroit y reconnoître rien d'arbitraire ou d'inutile.
On en doit dire autant de l'ordonnance de colonnes accouplées et adossées qui environne U tour du dome. Sont verrons, dans la comparaison que nous en ferons avec d'autres coupoles , que celte ordonuance adossée a l'avantage d'une soumission bien ordonnée au principe de nécessité, que d'autres n'ont cherché à dissimuler qu'en tombant dans l'inconvénient d'un accessoire inutile et dispendieux.
Le dome des Invalides fut élevé par Jules-Hardouin Mansart , sans aucune des sujétions qu'eurent a subir tous ceux qui durent construire une coupole sur les reins des voûtes de quatre nefs d église. L'église des Invalides avoit été bâtie sans aucun projet de coupole , celle qu'on y admire aujourd'hui est un prolongement ajouté après coup. L'architecte eut l'avantage de pouvoir la faire porter de fond , et rien n'obligeoit à lui donner l'élévation qu'elle a ; peutêtre pourroit-on déjà lui faire le reproche d'inutilité en ce genre , ou autrement , de dire pluj qu'il ne faut.
Mansart usa, comme Michel-Ange, de colonnes accouplées et adossées pour servir de contreforts à la tour de sou ffdmr; mais ces contreforts en colonnes, au lieu d'être distribués par masses égales au nombre des fenêtres, et faisant corps avec l'ensemble, ne forment que huit contreforts, ce qui produit dans l'ordonnance générale et dans le profil de l'entablement de grandes parties en ressaut, dont l'effet est d'altérer à la fois l'unité et l'harmonie de la distribntion. Cette élévation perd encore de son caractère par l'introduction d'un double rang de fenêtres dont le second eut à la vérité pour objet, comme on le dira plus bas, d'éclairer d'une manière inaperçue les peintures de la seconde route.
On doit dire de l'extérieur du dôme des Invalides qn'il y règne autant de variété, d'élégance, et de richesse de détails, qu'on y trouve peu d'unité, de simplicité de caractère, soit dans la forme générale, soit dans toutes les parties des profils, des chambranles , et dans ce qu'on peut appeler l'exécution architecturale. ( Payez pour plus de détails l'article Mansart.)
Le ddme de Saint-Paul à Londres , le plus grand
DOM 535 il qu'il y ait après celui de Saint-Pierre, offre un caractère assez, grave et une belle courl»e extérieure. Le chevalier Wreen voulut enchérir sur la décoration extérieure de celle de Michel-Ange. A examiner séparément sa composition, et en faisant abstraction de l'église en croix latine au-dessus de laquelle il s'élève, on ne sauroit nier que le parti pris par l'architecte d'environner sa tour de dôme d'une colonnade qui fait l'effet d'être isolée et qui supporte un entablement continu , ne rappelle l'idée des temples circulaires et périptères des anciens.
J'ai dit que celte colonnade fait l'effet d'être isolée ; elle n'en a réellement qne l'apparence. Les colonnes sont adossées chacune à un piédroit montant, qui forme des arcades liées à la tour du ddme, et de deux en deux colonnes sont des massifs où se trouvent pratiqués des escaliers. On ne sauroit nier que la régularité des entrecolonnemens et la continuité de l'entablement ne donnent à celle partie , jugée isolément de l'ensemble, un aspect architectural fort satisfaisant. Nous verrons tout à l'heure quel pourroit être le revers de cet éloge , en examinant dans une coupole qui a imité celle de Saint-Paul sur ce point, et a même renchéri sur elle, l'espèce d'inconvénient attaché à la saillie d'une cokmuade isolée, on qui paroU l'être, à l'entourd'un ddme placé sur le sommet d'un autre édifice.
Cette sorte de dis|iosition a fait encore un pas de plus dans l'église de Sainte-Geneviève à Paris, construite par Soufflot. L'architecte eut sans doute en vue d'affecter d'une manière encore plus réelle et plus sensible, à la décoration de sa tour de ddme, le parti de la colonnade saillante et isolée du temple circulaire des anciens.
Sur son stylobate il éleva une galerie en saillie de trente-deux colonnes corinthiennes isolées , moins dans les quatre massifs servant de contreforts, au centre desquels sont pratiqués des escaliers. Quoique la colonnade , comme isolée , soit en quelque sorte divisée en quatre parties égales au moyen des massifs dont on a parlé, cependant il y a entre ces massifs et les colonnes un espace qui permet de circuler tout à l'entour. De là résulte sous tous les aspects l'effet d'une colonnade tout-à-fait isolée.
En retraite et au-dessus de cette colonnade , il y a ! comme à Saint-Paul de Londres un attique percé de fenêtres en arcades, sur lequel s'élèvent immédiatement la courbe du ddme et la lanterne.
ISi l'on résume les principaux points de critique et de parallèle cutre ces quatre dames considérés dans leur extérieur, on ne peut s'empêcher de reconnoître qu'il en a été de ces monumens comme de beaucoup d'autres ouvrages, où le désir d'innover et d'améliorer ne produit pas toujours l'effet qu'on s'en promet. Le ddme de Saint-Pierre, vn surtout dans l'ensemble pour lequel il avoit été conçu , offre audessus de tons les autres la masse la plus simple , la forme la plus entière , et la décoration la plus homo-