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local dont ils sont , dont ils doivent simplement embellir la couverture. Si l'usage, comme cela est probable, s'en perd entièrement, peut-être que ni la peinture ni l'architecture n'en auront de regrets.
Dômf. a pans. Dôme dont le plan est polygone extérieurement et intérieurement, comme ceux des églises de la Afadona del popoto et delta Pace à Rome . Il y en a aussi qui ne sout polygones que par dehors, tels que celui de Saint-Louis ou celui des Grands Jésuites a Paris.
Dôme surbaissé. C'est celui dont le contour est de beaucoup au-dessous du demi-cercle , comme le dôme de Sainte-Sophie à Constantinojde.
Dôme sirmonté. On appelle ainsi un dôme formé en demi-sphéroïde à cause de sa grande élévation , afin que d'en lias il paroisse à la vue être de figure sphérique, qui est la plus parfaite. Tels sont la plupart des dômes , entre lesquels celui de Saint-Pierre à Rome est le plus grand , et le plus beau pour la forme et pour la proportion.
DOMIN1CH1NO, en français Dominiquain.
C'est le prénom sous lequel est presque universellement connu le peintre célèbre dont le nom de famille est Zampieri, et qui mérite d'être mis au rang des plus liabiies architectes de son siècle en lu lie. {Voyez sa vie sous le nom de Zampieri.)
DONJON , s. m. Dan. les anciens châteaux on appelle ainsi la petite tourelle qui est sur la plateforme d'une tour, et qui sert de guérite pour la sentinelle. On donnoit autrefois ce nom a la tour principale d'un château fort , c'est-à-dire à celle où l'on pouvoit , en cas de siège, faire une dernière retraite.
Le donjon a disparu de l'architecture avec les formes militaires des anciens châteaux, depuis que les châteaux des nobles ont cessé d'être des lieux fortifiés pour devenir de simples habitations de luxe ou de plaisance. Sa forme ou son nom finiront par s'oublier; ce qui est déjà arrivé a l'étymologic du mot : car les uns le fout venir de dominionus, mot barbare qu'on trouve dans de vieilles cliartcs latines, et qui signifie logement du seigneur; et d'autres le prétendent formé de domus-jitgi, maison des prisonniers de guerre.
Donjon se dit aussi , en architecture , d'un petit bâtiment qu'on élève au-dessus du toit d'une maison. Le désir de respirer un air plus pur ou plus vif, et de promener ses regards sur une vaste étendue de pays, en a établi l'usage.
Ces sortes de donjon s sont ordinairement en charpente : souvent ils n'ont aucune décoration extérieure ; quelquefois ils ont la forme d'une tente ou d'un pavillon chinois , et sont ornés d'arabesques. {Voyez Belvédère.)
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DORBAY (François), architecte, né a Paris, et mort dans cette ville en 1698.
Dorbay fut avec Lambert un des principaux et des meilleurs élèves de Louis Leveau. On attribue souvent des ouvrages de ce dernier a l'élève, qui n'y eut d'autre part que de les exécuter sur les plans et sons la direction de son maître. De ce nomlire sont l'église et le collège des Quatre-Nations et diverses parties des Tuileries, dans lesquelles Dorbay donna à ce château plus d'apparence et d'éteu- | due. Il fut aussi chargé par le roi d'achever, après I la mort de Leveau , les grands ouvrages que cet ar- 1 chitecte avoit commencés pour joindre le Louvre M aux Tuileries.
Dorbay ne s'est pas borné a continuer ou terminer I les entreprises d'autrui; il a fait aussi construire, | d'après ses propres dessins , quelques édifices publics U et particuliers.
A Lyon , Dorbay a bâti le portail des Carmélites I en 1682. La porte du Pérou à Montpellier, conj «truite en i6cp , est de son invention. C'est un grand arc de triomphe percé d'une seule arcade, sans colonnes ni pilastres. I n entablement dorique en fait le couronnement : on y voit quatre bait-reliefs exécutés par Bertrand ; ils représentent , du côté de la ville, l'abolition de l'hérésie, et la jonction des deux mers par le canal du Languedoc ; du côté de la campagne , les bas-reliefs font allusion aux victoires de la France : on y voit des villes qui se m mettent au roi , représenté sous la ligure d'Hercule terrassant un lion en même temps qu'il épouvante un aigle.
Dorbay est celni que désigne Boileau dans sa première réflexion critique sur quelques passages de Longin lorsqu'il dit : Je puis mime nommer un des plus célèbres de Facadimic tt Architecture, qui s'offre de lui faire voir (à Charles Perrault, frère de Claude Perrault , médecin, puis architecte), quand il voudra, que c'est le dessin du fameux M. Leveau qu'on a suivi dans la façade du Louvre, et qu'il n'est point vrai que, ni ce grand morceau d'architecture, ni l'Observatoire, ni l'Arc de Triomphe, soient des ouvrages d'un médecin de la Faculté. {Voyez Perrai'LT.)
Dorbay eut un fils , nommé Nicolas , qui fut chevalier de l'ordre de Saint-Michel, contrôleur des bâti— raensdu roi, membre de l'académied'Architectnre, et qui mourut .. Paris, âgé de soixante-troisans, en 1 1\:> .
DORER, v. a. C'est, par rapport a l'architecture, appliquer de l'or en feuilles ou en poudre , par le moyen de certains mordans , à diverses parties des édifices ou des ornemens , tant intérieures qu'extérieures.
Il y a plusieurs méthodes de dorer, soit à la colle , soit à l'huile , et ces procédés sont trop particulièrement du ressort des arts et métiers pour que nous nons arrêtions à en répéter ici l'exposition : c'est dans son rapport arec le goût et avec la décoration
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que l'art de dorer peut trouver place ici. Je renvoie le lecteur, pour tout ce qu'il a droit d'exiger sur cet objet, à l'article Douche.
DORIQUE (Onu). C'est le nom que l'usage a donné à celui des trois ordres grecs qui par sa forme, ses proportions et le caractère de ses détails, exprime particulièrement l'idée de force et de solidité en architecture, et rappelle avec le plus d'evideucc l'origine de cet art chez les Grecs.
Avant d'entrer eu matière sur ce qui regarde l'origine, le système et l'histoire de l'ordre dorique, il est une observation préalable à faire pour établir avec précision les points principaux de celle théorie.
En effet il existe ou il peut encore exister dans beaucoup d'esprits, et cela par le fait de tous les traites d'architecture, et plus encore par le fait de tous les édifices bâtis en Europe avant la dernière moitié du dix-huitième siècle, une opinion assez invétérée sur la forme et la proportion de l'ordre dorique. Ou pourroit dire que , aux yeux de l'artiste surtout, il y a , non pas seulement deux nuances, niais deux modes qui se disputent le titre d'ordre et le nom de dorique. Ils diffèrent effectivement entre eux par le style, le caractère, les proportions, par la présence ou l'absence de la base, par la forme du chapiteau, c-t par les détails de la modénature.
Cette différence est telle , que , lorsque le dorique reoouvelé des Grecs reparut , soit dans les dessins des voyageurs, soit dans quelques essais d'édifices modernes , les uns ne voulurent y voir qu'un style local formant exception an style général , les autres l'ébauche grossière de l'ordre qu'auroient perfectionné 1rs Romains, d'autres enfin un nuire nouveau.
Les innombrables découvertes que le temps a reproduites des monumens de l'antiquité eu ce genre, ont assez jeté de lumières sur cette question pour qu'il soit permis d'aflirmer qu'il n'existe au fond qu'un seul dorique, dont celui des modernes n'est qu'une modification abusive , iulioduitc dans leur architecture par l'oubli de l'ancien , par l'ignorance où l'on fut long-temps des monumens authentiques dans lesquels cet ordre avoit reçu son caractère original et Traiincntdistinctif.
S'il nous falloit citer ici les monumens les plus célèbres de l'architecture des plus beaux siècles de la Grèce , et s'il nous falloit produire les autorités encore existantes de l'emploi de cet ordre long-temps méconnu , nous alongerions inutilement cet article , <l'une liste infinie de témoignages qu'une multitude de descriptions des voyageurs de tous les pays, depuis la seconde moitié du dernier siècle , a répandus dans toute l'Europe. On y verrnit que cet ordre , regardé à sa réapparition comme une ébauche qui devoit recevoir son perfectionnement chez les Romains, fut employé dans les plus beaux temps de l'art par les plus célèbres de tous les architectes, et mis en oeuvre dans les édifices du plus noble caractère.
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Ainsi l'ordre dorique, Ici que nous allons le considérer, est l'ordre perfectionné par les Grecs, comme les deux autres ordres. Ce n'est pas l'essai , mais bien le complément de l'architecture. Ce n'est pas l'ébauche d'un mode amélioré depuis par le goût et l'expérience ; c'est le résultat de l'expérience et du goût (le plusieurs siècles. Ce n'est pas un style local , comme on l'avoit d'abord pensé , c'est un style général. Ce n'est pas uu tâtonnement, c'est le perfectionnement même de l'art, c'est son type originaire.
§ Ier. De r origine de l'ordre dorique. — Parler de l'origine de l'ordre dorique, c'est parler de l'architecture grecque. Ainsi , traiter de l'origine de cet ordre, ce scroit remonter à la naissance même de l'art.
Le système imitatif et proportionnel qui forme le caractère distinctif de l'architecture grecque est tellement empreint dans le dorique , qu'on ne saurait ' le regarder comme un résultat, mais bien plutôt comme le principe même de l'art. C'est ce qui fait qu'on lui attribue non-seulemeut la préémineuce sur les autres ordres, mais encore la préexistence.
Vitruvc , le plus ancien écrivaiu que nous ayons sur l'architecture, nuis écrivain très-moderne par rapport aux objets dont il parle , donne à l'ordre dorique , ou peut-être uniquement a son nom , une de ces étymologies qui ne coùtoient a trouver que la peine de changer la terminaison des moto, l ue tradition du genre de tout d'autres semblables s'étoit, à ce qu'il paroît , propagée à Rome avec l'ordre dorique. Il aurait (tu son origine , selon Vitruve , à Dorus , roi d'Achaïc et de tout le Péloponèse. Ce fils (THclènus et de la nymphe Optique ayant autrefois fait bâtir un temple à Junon dans la ville d'Argos, le temple se trouva par hasard bdti de cette manière qu'on appelle dorique.
On a de la peine • accorder dans le même écrivain ce qu'il vient de dire avec ce qu'il dit plus bas de la véritable origine de l'ordre dorique et de ce qui en a établi le système. C'est dans l'imitation des ouvrages de charpente et dans les premiers essais de l'art de bâtir en bois qu'il place les titres originaires de cet ordre. Il s'étend sur les détails de cette transposition, il en explique les conséquences, et il fiuit par cette maxime , qui contient le principe et de l'arcliitccture grecque en général , et de l'ordre dorique en particulier. » Ils crurent (les Grecs) que ce qui » répugnoit a la réalité et au vrai dans l'original, ne » pouvoit , avec une raison certaine , être admis dans » l'imitation.» Itaqmxl nonpolest inveritate/îeri.id non pulavcrunt in imaginions factum , posse certam haltère rationem. (Vitr. 1. iv,ch. u.) Si l'ordre dorique fut le résultat d'un tel ensemble de rapports et de rapprochemeus, comment peut-ou supplique le temple d'Argos eût du au hasard sou ordon- [ nance dorique. Mais qu'importe, aujourd'hui surtout, 1 de deviner la cause qui lui a impose le nom d'un pays
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plutôt que d'un autre? Si cette recherche peut avoir quelque importance historique pour ceux qui veulent, remontant dans la nuit de* temps, ressaisir les premiers fil» des traditions helléniques , toute discussion à cet égard est complètement étrangère a la véritable origine de X'ortlrt dorique.
L'imitation de la construction primitive en bois , voila ce qui nous présente indubitablement, en Grèce, le titre originaire de cet ordre. Nul homme, nul architecte n'a pu avoir l'honneur de cette invention. Quelques-uns ont avancé , avec peu de critique et de raisonnement , que ce qu'on appelle la cabane rustique anroit un jour été copiée par un architecte , et que le snecès de cette copie auroit engagé a la multiplier. Le vice de cette sorte d'hypothèse est de particulariser et d'individualiser ce qui n'est qu'une abstraction. Nous l'avons déjà dit ailleurs ( vojret A n i ii m i 1 1 m , ce n'est ]>oint la cabane rustique telle que cette appellation l'indique , ouvrage grossier d'un besoin vulgaire, qui servit d'exemplaire à l'art; ce fut la construction déjà très- perfectionnée en bois qui devint , avec le temps , le type de la construction eu pierre. Avant que l'ordre dorique , tel que l'architecture l'a fait , pût sortir de cette imitation , on doit admettre qu'on avoit pendant très-longtemps perfectionné ce modèle par une combinaison déjà fort avancée de rapports et de proportions, l'ne progression insensible de travail et de goût modifia les supports , les combles, 1rs porches, les plafonds et tous les élémcns de la construction en bois. Ce fut ainsi qu'un semblable modèle acquit dans l'esprit le pouvoir et l'autorité de la nature.
La liatis.se eu pierre ne fut donc que tardivement et peu à peu substituée à la bâtisse déjà régularisée en bois. Il est effectivement dans la nature d'une matière dure et d'un travail difficultueux d'avoir besoin d'un modèle déjà bien arrêté. On ne fait pas ordinairement d'essais et l'on n'improvise pas en pierre. Tout nous indique donc qu'une telle transformation ne put s'effectuer et devenir définitive qu'à la suite d'opérations lentes, dont les unes se laissent facilement deviner, et dont plusieurs autres ayant échappé à l'attention même des contemporains, durent encore plus facilement se soustraire aux recherches des âges snivans.
Si l'origine de l'ordre dorique est incontestablement dans l'imitation des formes de la construction primitive en bois , il faut regarder cet ordre comme le perfectionnement et le complément d'un système de rapports et de proportions que l'art étoit parvenu à rendre nécessaires et aussi positives que le sont celles même de la nature, système auquel nous allons voir que le génie des Grecs, par une assimilalion nouvelle , sut joindre encore celui d'une imitation d'un autre genre.
§. II. Du système imitatif de Fordre dorique. — Ln point sur lequel on ne «auroit trop insister pour
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établir entre l'architecture grecque et les autres architectures la diversité la plus caractéristique, est que le modèle de la première étoit déjà un assemblage de parties et de rapports lies les uns aux autres. D'où il •ait que le temj» seul et l'usage dévoient constituer insensiblement un système général de proportions, de formes déterminées et de règles invariables. Enfin, l'effet de ce principe imitatif devoit naturelicruf ut porter l'esprit à lui associer, par analogie , l'imitation du svslènie des corps organisés
Le système de l'ordre dorique consista donc , en se calquant sur les formes primitives de la construction en bois, à introduire dans l'architecture le même esprit et la même marche que la nature suit dans toutes ses œuvres. N'ayant aucun modèle positif dans la nature, cet art auroit été livré à toutes les variations de la fantaisie, si quelque forme simple et une , fondée en raison et déterminée |wr le besoin, n'eût servi à renfermer dans un cercle d'imitation ks ten-
I tatives de l'imagination.
Cependant il faut s'entendre sur la nature de
I l'imitation dont il s'agit. La sphère de l'imitation est très- étendue, et toutefois» relie qui appartient à l'architecture n'a rien de commun avec ce qne l'on comprend sous ce nom dans les autres arts. La colonne en effet n'imite point l'arbre ou la poutre dans le sens où le fait la peinture; l'architrave, la frise ou la corniche, les tnglyphes, les mutules, ne sauraient affecter cette ressemblance qui rapproche l'objet imitant de l'objet imitable : l'idée d'imitation dans l'ordre dorique ne comporte que celle de représentation ou d'indication fictive. Qui presse roit trop cette idée la ferait évanouir.
Cette imitation est simplement une convention à laquelle il faut se prêter. L'art se donnant un modèle n'a pu l'imiter que dans le sens et avec les moyens qu'il lui est donné de le faire. C'est en conservant les
■ trace* des combinaisons da besoin et en s'en appro-
per aux inconvéniens de l'arbitraire et à s'approprier les lois générale* de la nature , qui ne fait rien sans raison et sans utilité.
Tout le système de cette imitation se compose d'un I accord fait avec son modèle , accord tel que partout I se fait sentir et comprendre un moyen terme entre la liberté et la contrainte. Ainsi la coloune ne reçoit point de lia se , parce que, pour être solide, la poutre n'avoit pa* besoin de ce «upplémcnt. La colonne emprunte à son modèle la diminution de sou fût, mais l'art lui ajoute des cannelures et d'autres accessoires, qui n'ont plus de rapport avec les modèles. Les tnglv plies imitent les bout* de solives, et cependant cette imitation se borne aux surface* extérieure*. Le fronton s'est modelé sur le comble d'an faîtage , et 1 cependant on en place dans des intérieurs où le toit M n'est pas admissible; et cependant , disoit Ciréron, si
I l'on construisent un édifice dans l'CJiympc , où il ne
II pleut pas, il ne faudroit pas moins l'y couronner d'un
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fronton. Tel est donc l'esprit de l'imitation dans l'architecture ; il tient de l'allégorie : et l'ordre dorique c*t celui qui, en conservant lé plus grand nombre de* indications de ses types originaires , a le mieux, consacré l'heureuse liaison dont la nature nous donne en tout l'exemple , je veux dire l'accord du plaisir et du besoin.
L'architecture grecque a •vilenie imitatir plus abstrait , si l'on veut , effet peut-être plus actif sur notre esprit. Il consiste en cela qu'elle procède dans ses oeuvres comme la nature le fait dans les siennes. Ellcy |>arvieut en s'appliquant les règles général» auxquelles la nature s'est assujélie dans la conformation des êtres organises. Or, la nature a vouluque les créatures organisées offrissent dans leur ensemble une corrélation telle entre le tout et ses parties , qu'on peut connoître le tout par chaque partie, et chacune de celles-ci par le tout. Telle est aussi la loi que le génie des Grecs imposa a leur architecture, en unissant entre eux tous ses membres dans une sy métrie dont l'effet est que chaque membre donne la mesure du corps entier de l'ordonnance, et réciproquement le corps fait juger La dimension de chaque membre.
Vitruve n'a pu vouloir nous donner que comme une métaphore ce qu'il rapporte de la proportion du corps de l'homme pris pour modèle de celle de l'ordre dorique, et ce qu'il dit encore du corps de la femme " "s dans l'ordre ionique. On comprend bien que de positif ni de matériel n'a pu et ne peut entrer dans un tel mode d'imitation. Il en fut comme de beaucoup de vérités que le temps convertit en fables. C'est ce qui dut arriver à la tradition du système métaphorique des Grecs, dans l'assimilation qu'ils firent des propriétés et des qualités de leur architecture avec celles que la pratique des arts imitateurs du corps humain les avoit mis à portée de reconnût tre et d'étudier dans la sculpture.
Ce fut, dans la vérité, un système ingénieux et fécond que celui d'après lequel , organisant l'art de bitir sur le principe des êtres organisés, on lit que le tout , dans un ensemble architectural, eut des rapports nécessaires et réciproques avec chaque partie ; en sorte qu'un art qui pouvoit , comme il est arrivé partout ailleurs, être un jeu de caprice, devint, ainsi ue le corps de l'homme lui-même, une combinaison rapports donnés par la nature.
L'ordre dorique est celui qui possède le plus évidemment ce caractère imitalif et proportionnel.
$ III. Des proportions de tordre dorique. — En imitant dans ses oeuvres le système de proposions dont La nature lui présentoit le modèle, l'architecture grecque l'imita encore en se conformant à l'esprit dans lequel il faut considérer et entendre une semblable application ; c'est-à-dire qu'on doit se garder de croire que, dans cet art plus que dans la nature , l'idée de proportion emporte celle de mesures inva-
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riables. La nature elle-même ne s'en est pas impose de semblables dans les oeuvres de sa création, et rien n'y est assujéti à l'uniformité mathématique. Il en est de même dans les édifices A'ordre dorique. Si l'on y découvre un ensemble de rapports généralement les mêmes , on y voit aussi une mesure quelconque de variétés, résultat de la Liberté laissée à l'art d'exprimer, en plus ou en moins, les qualités et les effets qu'il veut rendre sensibles au gré du caractère qu'il doit exprimer. Il ne faut ni s'étonner ni se plaindre de cette liberté, puisque sans elle l'artiste , enchaîné dans les rigueurs d'une pratique mercenaire , ne se— roit plus qu'un aervile copiste, et que tout ouvrage condamné a une répétition mécanique cesse roit d être en rapport avec le goût et l'intelligence du spectateur, qui n'y verroit que le produit uniforme d'un moule on d'un patron.
La comparaison d'un certain nombre de monumens grec* de Y ordre dorique va rendre cette théorie aussi sensible par les faits que par le raisonnement.
Voici les variétés de proportion qu'on remarque entre les principaux édifices doriques mesuré* eu Grèce, en Sicile et dans la grande Grèce, par les architectes qui ont visité ces contrées.
MESCBES I>E L* COLONNE ET DU CHAMTEAC P»1S ENSEMBLE.
Du temple de Minerve à Athènes.
pieds, pane. lig.
Fût , a de hauteur 3o 7 5
Chapiteau I 610
Diamètre d'en haut <| 7 o
Diamètre d'en bas b 28
La colonne a de hauteur 5 diamètres J.
Propylées à Athènes.
Fût, a de hauteur isj 10 5
Chapiteau a a 8
Diamètre d'en bas 4 9 0
Diamètre d'en haut 3 8 t>
La colonne a de hauteur 5 diamètres {.
Temple de Thésée à Athènes.
Fût, a de hauteur 16 o 10
Chapiteau 1 G 8
Diamètre du haut a 5 4
Diamètre du bas 3 t 3
La colonne a de hauteur 5 diamètres }.
DOR
Temple de Si geste en Sicile
F.lt, a de hauteur 28 8
Diamètre inférieur t> o
La colonne a de hauteur 4 dûmètres j.
Temple de Corinthe. (Voy. Leiiov, t. II, p.
Fût, a de hauteur a3 o
Chapiteau 2 6
Diamètre inférieur 6 o
La colonne a de hauteur 4 d'»mètre* |.
Temples de Sëlinontc en Sicile.
Le premier. Sa colonne a de haut. . 1 5 9
Le diamètre inférieur 4 1
Hauteur de la colonne, 3 diamètre» \.
/.c second. La colonne a 26 q
Le diamètre 5 4
Hauteur de la colonne, 4 diamè-
I a troisième. Sa colonne a ~. . . 25 6
Le diamètre « . . 4 11
Hauteur de la colonne , 5 diamètres |.
Le quatrième. La colonne a . . . 25 1 ■
Le diamètre 6 8
Hauteur de la colonne, 3 diamètre» f
Le cinquième. Sa colonne a. ... 28 11
Le diamàtre 5 5
La colonne a de hauteur 5 diamètres i.
Le sixième. Sa colonne a 47 7
Le diamètre 10 1
La colonne a de hauteur 4 diamètres
Ce temple n'a paa èié entièrement ngrêV, les colonne* étant reatée* lianes, k l'eiception de trou qui ont été cannelée* , Pose à riva arête , la deux «ulrei avec BleU.
Temples d'Agrigenle.
de haut ....•*.*•**. T
Le diamètre inférieur 4 4
La colonne a de hauteur 4 dia-
DOR 5.j i
pieda pone. lif.
Celui de Junon. Sa colonne a de
haut iq n -x
Le diamètre inférieur % i 6
La colonne a de hauteur 4 diamètres \.
Celui d'Hercule. Sa colonne a de
haut 3i 4 i
Le diamètre inférieur 6 5 6
La colonne a de hauteur 4 diamètres j.
Lee i iitrc» temple» de cette ville mi on totalement minée on moin» important ; celui dra Géana, dont on découvre encore quelque* partie* d'où l'on peut conjecturer Ici proportion», n'étoit pu Sni lora de la Jc.tr uct.on d'Agrigenle.
Temple de Minerve à Syracuse.
Sa colonne a de hauteur ?8 o o
Le diamètre inférieur 5 lo 9
La colonne a de hauteur 4 diamètre. j.
Temples dt Pastum.
Le grand temple. Sa colonne a de
haut 26 10 7
Le diamètre inférieur 6 7. 5
La colonne a de hauteur 4 diamètres j.
Ijc petit temple. Sa colonne a de
haut 16 o o
Le diamètre inférieur 4 00
La colonne a de hauteur 4 dia-
mètres.
Je n'ai rapporté pour exemples que 1rs monumens antique» les mieux conservés, et dont les mesures ont été prises avec une fidélité qui permet d'en garantir la précision. Un plus grand nonihre d'autorité* n'ajouteroit rien aux résultats qu'on peut tirer de ce pa rallèlc. Nous voyons que dans des édifices entièrement du même genre et du même siècle , la hauteur de la colonne dorique éprouve des variétés qui vont quelquefois a plus d'un diamètre. Si l'on portoit cet examen comparatif a chacune des parties de l'ordonna nec, on v observeroit les mêmes variétés de détail, et toutefois la même uniformité de style.
La proportion de l'entablement, c'est-a-dirc son rapport le plus général avec la hauteur delà colonne, a , dans le dorique grec , un caractère parfaitement d'accord avec celui de toute l'ordonnance. Au temple de Minerve a Athènes , et à celui de Thésée , le rapport de l'entablement à la colonne est comme de 1 a 3 ; aux temples de Purs tu m il est comme de 1 à 2 et demi ; aux temples de Syracuse il est comme de 1 a 2 et un quart ; aux temples d'Agrigente, comme de
I à 2 et un quart. Ainsi la proportion mojcnne «le l'entablement dorique grec fut à peu près le tiers de U hauteur «le La colonne. Ix-s Romains, et par suite le* modems, l'ont jwrtéc au quart , dès-lors , affaiblissement «lu caractère de force et de soliilité.
Généralement clic* les Crées l'architrave a de hauteur les trois quarts du diamètre de la colonne, I* frise a un diamètre, et la coruklic n'en a souvent «pie le quart. Le contraire de ces proportions a lieu chei les Romains cl clic* les modernes : ils donneut à l'architrave un demi-diamètre au plus, et à la corniche près d'un diamètre.
La hauteur moyenne du chapiteau , en y comprenant l'échiné, le "tailloir et la listels , est chez les Grecs d'un demi-diamètre; les modernes lui en ont donué au plus le tiers.
Nous ne multiplierons pas ces détails, qui ont besoin du secours des yeux pour être appréciés dans le rapport qu'ils ont avec le caractère qui appartient au dorique des Grecs. Il faudrait aussi comparer ces proportions avec celles des deux autres ordres, pour bien comprendre comment l'architecture, se modelant sur l'organisation du corps humain dans ses œuvres , semble s'être proposé d'établir entre elles , par les variétés de forme, d'ajustement et de proportions , précisément la même espèce de différence qu'on trouve, par exemple, entre la statue d'un Hercule et celle d'une Vénus ou d'un Apollon. Comme l'artiste qui voulut exprimer dans l'imitation du corps humain le plus haut degré de la force, eut soin d'y outrer jusqu'à un certain point le gonflement des muscles, les protubérances des os et la saillie des formes, ainsi l'art, pour imprimera V ordre dorique le caractère énergi«iue de la force , s'étudia à y prononcer avec hardiesse tout ce qui tend a y produire l'idée «le solidité, de puissance et de durée. Qui sait si ce n'est point à la réalité même de la solidité dont le dorique exprime si énergiquement la qualité, qu'il aura dû le privilège de survivre presque partout, dans les ruines des villes grecques, aux débris de tous les autres édifices?
§ IV. Des modifications de l'ordre dorique chez les Romains. — Aucun art n'a dii ni son origine ni son perfectionnement à l'ancienne Rome. Lorsque ce pays commença de figurer dans l'histoire, déjà les arts du dessin, et l'architecture surtout , avoient reçu en Grèce un assez, haut degré d'avancement. L'obscurité que le défaut de renseignement historiques bien positifs laisse encore subsister sur les rapports «le l'antique Etrurie avec la Grèce, empêche de discerner bien clairement ce que le premier de ces pays dut à l'autre. Nous renvoyons à un autre article ( voyez ErmJsqtE arciii tecti: se) quelques développemens critiques sur cet objet.
Ce qui est évident, et n'a besoin pour être démontre que des faits les plus incouteslables , c'est que l'Etruiic, vers les temps de la naissance de Rome,
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I étoit parvenue à un degré très- remarquable dans la I culture des arts, et surtout de l'architecture. Ce fut à l'Etrarie que Rome dut et ses premiers grands ouvrages de construction, comme le témoigne la chat a maxima bâtie sous Tarquin l'ancien, et le goi'it d'architecture de» temples, et tout ce qui regarde leur emplacement, et les rites religieux qui en rigloient la disposition. Âb Etruscis haruspictltts disciptinarum scriptis... dedicatum. ( Vitruv., I. i , cap. vu.)
Nous verrons à l'article de I'Architectcre Étrusque que Rome, au temps de \itruve, c'est-à-dire mjih Auguste, avoit encore des temples construits selon le mode toscan ; et la description que cet écrivain en fait déinoutre que non -seulement lenr architecture s'étoit formée, comme en Grèce, sur les erreniens de la construction en bois ou de la char|iente, mais que même ils avoient conservé dans la construction de leur ensemble en matériaux plus solides, d«* vestiges de remploi du bois, non plus en imilatiou, mais même en réalité.
L'ordonnance toscane fut donc en Etrurie uue composition ou originaire de la Grèce, ou née du même principe, et par conséquent, ainsi que \ itruve nous le prouve, tout-à-fait conforme, à quelqu«*s variétés près, à l'ordonnance des Grecs.
U n'y a aucun doute que ce qu'on a appelé l'ordre toscan dut se naturaliser à Rome, et y régner jusqu'à ce que de plus nombreuses communications avec là Cri-ce, et surtout la conquête de ce pays, y eussent propagé la connoissance et l'emploi de Vordrr dorique des Grecs. Cet ordre , au temps de Vitruve , si l'on fait attention à la description qu'il en donne et aux proportions ainsi qu'à certains détails qu'il lui assigne, aurait été uue sorte de combinaison cl de mélange entre le toscan et le dorique. Aussi, pour ce qui regarde la proportion , % itruve , qui n'avoil pas vu les monumens originaux de la Grèce , en modilie-t-il le caractère d'une façon tout-à-fait arbitraire, et, si l'on peut dire , d'après les inspirations de son ordre toscan.
Il est remarquable en effet qu'après avoir donné » ce dernier sept diamètres de hauteur, sint imâ erassitudine altitudinis parte septimd (liv. iv, c. vu.), et après avoir rapporté que les Ioniens avoient adopté pour la proportion du dorique la mesure du pied de l'homme , qui est la sixième partie de sa hauteur, il ajoute :•■ Dans la suite leurs successeurs, devenus plus » fins et plusélégans, en adoptant une proportion plus h légère , donnèrent à la hauteur de la colonne di>~ » rtque sept de ses diamètres. » Posteri vero elegantid subtilitateque judteiorum progrtssi, et gracioribus modulis delectati , srptem crassitudinis diamrtros, in altitudinem columna dorica constituerunt. (Vit. liv. iv, c*p. t.)
On peut inférer de là quelle importante modification le dorique avoit, au temps deVitruve , éprouvée | à Rome.
i pro-
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La seconde modification regarde particulièrement «on clu|iitcau. On en réduisit l'échiné , en lui enlevant la forme de biseau et l'ampleur que les Grecs avoieut donnée au coutour de sou (jalbe. On y substitua un tore assez peu saillant, accompagné d'un astragale. Le tailloir ou l'abaque, qui présentoit par ■on étendue une large assiette à l'architrave , et à la colonne un couronnement grandiose, fut réduit a un foible plateau d'une modique épaisseur, qui, de simple et liase qu'il étoit , en vint a recevoir des (ils et même des orne me 115.
L'entablement devint l'objet d'une troisième dification. Ses parties furent soumises au même système d'élégance et de variété, en perdaut de la hauteur que les Grecs leuravoient donnée. L'architrave reçut deux faces qui lui enlevèrent l'idée de solidité que sou caractère exige. Les triglyphes devinrent souvent par leur multiplicité un objet de fantaisie , et lirent ainsi perdre de vue leur principe originaire et représentatif.
Ce ne fut pas des le commencement que l'addition de la base vint modifier le caractère primitif du dorique; cette quatrième modification n'arriva que par degrés. Vitruvc, dans l'article qui oouccruc cet ordre , ne fait aucune mention de base ; cependant on remarque au dorique du théâtre de Marccllus que son fût commence à se terminer dans le bas par une légère doucine semblable à celle qui , dans les deux autres ordres , tend à raccorder le fût avec les tores de la base. On trouvera enfin la base à ce qu'on a[vpelle l'ordre dorique du Colisée ; et quoique l'on ne puisse affirmer que ce soit un vrai dorique, il est fort vraisemblable que l'usage d'en douucr une au toscan aura fini par rendre celte modification commune au dorique.
Nous avons vu qu'un des principaux caractères de cet ordre , en Grèce , fut l'emploi des triglvphes dans la frise et dans un ordre invariable. C'est en cette partie qu'on trouve chez les Romains une cinquième modification. Vitruve en effet , d'accord avec l'exemple qui en subsiste encore au temple de Cora {voyez ce mot) , enseigne la manière de distribuer plusieurs triglyphes dans l'espace de l'entrecolonnement du temple diaslyU , et il oppose cette disposition à celle dupycnostvleoumonotriglyphe(Vit. 1. iv, c. III.) /// a eu (dit-il) quelques anciens architectes qui ont cru que C orttre dorique êtoit inapplicable attjc temples, d'autant qu'il se trouve quelque chose de fautif et d'incommode dans ses proportions ; et ici il rapporte les inconvéuicnsdes métopes et des triglyphes d'angle, «Uns lesquels il entre toujours quelque chose de défectueux {est mendoxum). Cest pour cela, conUuuet-il , que les anciens paraissent avoir évité remploi du dorique et de ses proportions dans les temples. » Quapropter antiqui eviUre visi sunt in adibus sacris doricae symetrix rationem. ■
On voit par ce passage que Vitruve étoit fort peu instruit de ce qui avoit existé en Grèce, si par anti-
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qui il a entendu parler des Grecs. Si au contraire il a voulu parler des architectes romains ses prédécesseurs, cela prouverait que le dorique avoit été peu pratiqué à Rome.
Il ne serait pas invraisemblable , d'après cela , que le toscan et le dorique ayant eu une coi gine et des rapports de pa rcuté entre eux , Us ; fini par se trouver réunis comme dans le prétendu dorique du Colisée, où la suppression des trigly phes dans la frise, l'addition de la base et l'alongemcut jusqu'à huit diamètres et demi ne permettent plus de recoiiuoîtrc le véritable dorique des Grecs. Toutefois , en faisant abstraction de cette ordonnance abâtardie, dans son application aux portiques de l'amphithéâtre de Ycspasien , on voit que le dorique des Romains, bien qu'alongé dans ses proportions et niodilié dans les principaux points qui forment i raclère original, avoit retenu, surtout en c ses rapports avec les deux autres ordres, unes des qualités qui avoieut déterminé son rang et ses attributions en Grèce.
S V. De Citât de tordre dorique depuis le renouvellement des arts. — Lorsque l'architecture reparut vers le quinzième siècle, les preniierseflortsdcs artistes et des sa vans tendirent à retrouver les caractères et les proportions des ordres antiques. I*es ruine* de Rome furent alors le seul champ qu'il fût possible d'explorer. Mais naturellement encore , il arriva ce qui arrive dans toutes les recherches premières; aucune critique ne put avoir lieu. Des monumens sépares par l'intervalle de plusieurs siècles acquirent sous la faveur du nom d'antique une égale autorité. R fallut de l'expérience , de nouvelles découvertes et de nouveaux points de vue pour établir un commencement de comparaison et de discernement.
Rientôt s'éleva une autre sorte d'abus, résultat d'un trop petit nombre de faits; ce fut l'esprit de système. On tendit à donner à chaque ordre une fixité invariable; chaque architecte lit sa méthode, non plus à raison de trois, mais de cinq ordres dont on s'imagina avoir trouvé les élémens, soit dans les raines de Rome , soit dans les écrits de Vitruve.
piteauxcorinthirnsdiversenientcoroposes firent croire à ce qu'on appela l'ordre composite , comme s'il suflisoit de quelques attributs sculptés dans un chapiteau pour former un ordre particulier. D autre part, \ itruve avoit parlé d'une ordonnance toscane , dont aucun monument authentique n'a encore paru ; or, ce prétendu toscan paraissant plus simple que le</oriqite, on imagina de le placer au plus bas des degrés de l'échelle des tons architectouiques. Vitruve donnoit à sa colonne du temple toscan une base et sept
au toscan de frise
On imagina donc de
lisse, et on le priva richesse ou variété.
ca h» plus possible de
plus possible de tout ce qui est
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Dans cette nouvelle échelle on plaça le dorique en second rang , comme avant une frise ornée de tri— glyphes. Pour être conséquent dans la nouvelle graduation depuis le prétendu toscan jusqu'au prétendu composite, on voulut d'abord que le dorique fût plus élevé que le toscan , et on lui attribua huit diamètres; ou lui donna ensuite une base, dont l'absence aurait contredit le nouveau système de richesse progressive. Le prétendu dorique du Cotisée autorisa l'emploi de cette hase, qu'on se contenta de faire un peu plus riche de profils. Ainsi, d'après le système moderne, s'établit la graduation des cinq ordres.
Il a déjà été remarqué qu'il n'y a dans l'architecture que trois degrés qui , de quelque qualité qu'on les surnomme, ne sont toujours que le plus , le moins et le milieu entre eux. Qu'on caractérise ces degrés par les qualités de force , de simplicité , de légèreté , d'élégance, de richesse, les ordres ne sont que les moyens d'expression du moins ou du plus de chacune de ces qualités, ou du point qui est le moyen entre elles. Ainsi , vouloir plus simple que le simple, c'est faire pauvre, et tel est le prétendu toscan ; vouloir faire plus riche que le corinthien , c'est faire du luxe ct de l'excès. Telle fut l'erreur du système ar— chitectonique moderne , pour avoir prétendu enchérir sur celui de l'antiquité.
Alors disparut de l'ordre dorique ce caractère de simplicité, et tout à la fois de force ou de solidité, résultant d'une courte proportion, de la grandeur de son abaque et de son échine, de la hauteur de son entablement ; et ainsi s'atténuèrent dans toutes les parties les signes indicatifs des ty pes et des formes
n naines de sa conqiosition. Tout cet ensemble sieatif de formes, de détails et de proportions, fut modifié de manière a ne produire plus qu'une variété , au lieu d'une opposition avec les deux autres ordres.
Il est assez inutile de rapporter ici les petites differences qu'on rencontre entre les modernes, tnal OBl visé à établir le système progressif de ce qu'ils ont appelé les cinq ordres. Tout ce qui les différencie consiste dans un demi-diamètre que quelques-uns, tels que Palladio et Scamozzi , ont donné de plus à leur dorique, en le portant a huit diamètres et demi.
Yignola , qui a |>assé et rous plus d'un rapport passe encore justement pour le législateur de l'architecture moderne , en réunissant dans un assez juste milieu les variétés des systèmes nouveaux, a comi>osé ainsi sou dorique, sans s'être douté de l'existence du système véritablement antique. Il donne à sa colonne seize modules, ou huit diamètres de hauteur; à l'entablement quatre modules, ou deux diamètres. 11 place des dentieules dans la corniche, met deux faces dans l'architrave, profile le tailloir du chapiteau, auquel il (ait un colla ri n orné de rosaces et d'un astragale , et il pose la colonne sur une base composée d'une doucine, d'un filet, d'un quart de rond et d'une plinthe. Les métopes de sa frise sont or-
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I nées de patères , et il place le dernier triglyphc à l'aplomb de la colonne d'angle.
Cet ordre, comme l'on voit, fut composé dans l'ignorance entière du dorique grec. Mais les architectes modernes s'en sont écartés encore plus que Yignola. Plusieurs se sont permis de supprimer de sa frise les triglyphc* ct les métopes; il s'en est trouvé qui lui ont donné jusqu'à neuf diamètres. D'autres lui ont affecté la base attique ; d'autres l'ont cannelé jusqu'aux deux tiers, et ont creusé ses cannelures en demi-cercle ; d'autres ont découpé dans son échine des oves et des rais de coeur, ont donné une cymaise à son tailloir, ct en ont orné le plafond de rosaces.
De toutes ces modifications on peut conclure que ci le liste est synonyme de simple en architecture , que si le simple est l'expression indispensable du fort, on a dans tout son ensemble, et par chacnn de ses détails, réduit cet ordre à n'être qu'une nuance légère, au lieu d'une couleur tranchante entre les autres, et que dès -lors on a enlevé à l'architecture une des formes les plus énergiques de son langage.
L'architecture , ainsi qu'on l'a dit plus d'une fois, doit avoir le droit de modifier ses tons , eu nuançant diversement le caractère de chaque ordre. Ces nuances, comme les semi-tons de la musique , ne sont que de légers degrés dans l'expression de la qualité spéciale qui fait la propriété de chacun. Ainsi tin corinthien , sans sortir de son rang, peut descendre à quelque simplicité, et un dorique, sans renoncer à son caractère, peut se permettre quelque élégance. Mais si ' l'on ne met plus entre les différent ordres que de l<- : gers intervalles, ct s'ils ne se trouvent séparés que I par un diamètre en plus ou en moins, par de légères saillies de prolils, par quelques additions ou suppressions insensibles, on prétendra vainement faire entendre aux yeux d'aussi foibles articulations. Evidemment cette espèce d'unisson d'effet ou d'impression n'aura plus rien de saillant pour le plus grand nombre des hommes, et il cessera même d'avoir pour les artistes une valeur bien déterminée. C'est ce qui est arrivé à Vordre dorique.
§ VI. De la reproduction de l'ordre dorique grec dans le dix-huitième siècle. — Rome moderne, héritière pour ainsi dire unique et privilégiée des arts et des monument de l'antique Rome, fut pendant . loug-temjw l'unique école où l'architecture moderne puisa ses leçons et ses modèles. Nous avons vu que le voisinage de l'Etrurie et les premières communications de ce pays avec Rome y avoient dû implanter, si l'on peut dire , et de très-bonne heure , le style ct les proportions de l'ordonnance toscane , émanation ou si l'on veut modification très-ancienne du onirique grec. Aitsoi avons-nous vu que, tous le règne d'Auguste , Vitruve, en donnant les règles et prescrivant les proportion* de son dorique, se trouve sur presque tous les points en opposition ou en dissemblance avec celui des Grecs; et le temple dorique de
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Cora nous offre an exemple frappant de ces diversités.
Ainsi s'explique comment il est arrivé qu'au milieu du tant d'exemples de l'emploi des autres ordres dans les monumens de l'antique Rome, il ne s'est point trouvé de dorique portant les caractères du style de celui des Grecs. Peut-être cependant scroit-il permis de trouver, à ce qu'on vient d'énoncer, une espèce d'exception dans les colonnes de l'église de San Pietro in Vincoli, qui rappellent quelques caractères d'un dorique étranger a celui qu'on donne pour le dorique d'usage. Il y a quelque lieu de croire que les colonnes dont on parle, et qui sont de marbre d'un seul morceau, auraient été importées a Rome avec beaucoup d'autres des ordres corinthien et ionique dont les Romains cliargcoicnt leurs vaisseaux , comme ils le faisoient des statues, colosses, et autres ouvrages de marbre.
Quoi qu'il en soit de ces hypothèses, aucun monument vraiment dorique grec ne s'est retrouvé dans les ruines «le Rome antique, et, tant que les recherches des antiquaires et des artistes s'y concentrèrent, le dorique original resta inconnu. On n'exceptera pas même les notions de quelques voyageurs anciens qui, tels que Spon et Wchler, avoient dans le dix-septième siècle parcouru la Grèce , sans avoir ou reçu ou communiqué dans leurs récits , et par leurs croquis superficiels, il est vrai, les impressions du véritable ordre dorique. On peut en dire autant de Cluvicr et de d'Orvilie sur les monumens de la Sicile.
et les découvertes en ce genre et encouragées par la révélation des doriquei de la ville de Pccstum , sur lesquels en 1745 le baron Joseph Àntonini publia des détails assez circonstanciés pour exciter le zèle d'autres curieux. Selon Grosley, ce fut en ii55 qu'un jeune peintre napolitain , s'égarant sur les parages déserts de celte contrée , découvrit ces monumens et en rapporta des impressions qui , jointes à ses dessins, donnèrent à l'ancienne ville de Pœstnm une célébrité qu'elle avoit perdue depuis bien des siècle*. Enfin , la proximité de JVaples détermina beaucoup d'artistes à entreprendre ce voyage ; et il n'y a pas aujourd'hui d'antiquité mieux connue que celle-là.
Cependant la connoissance très-précise des temples doriques de Po-stuni ayant précédé de fort longtemps celle de beaucoup d'autres monumens, le style dorique de ces temples devint un sujet de conjectures assez bizarres , jusqu'à ce que de plus nombreuses découvertes dans le même genre eussent mis le plus grand nombre des critiques à portée de faire des parallèles qui ont édairci la matière et fixé l'opi-
L'ne destinée en sens contraire de l'opinion qni vouloit d'abord n'en faire qu'un style d'exception en vint bientôt, surtout dans un pays soumis à l'empire ' de la mode , à faire du dorique grec l'ordre •■ et exclusif, une sorte de lieu commun qui se
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vit appliqué à tout , et peut-être de préférence aux constructions les plus vulgaires. Rien ne pouvoit mieux que cet emploi banal en discréditer le goût. Sitôt que l'ordre le plus noble, le plus sage, et qui exige en même temps les combinaisons les plus simples et les plus régulières, s'est vu soumis à tous les écarts du caprice , il a dû perdre sa propre signification , et l'on peut douter que dans l'état des chose* et des idées actuelles, il se rencontre dans quelque grand et noble projet une occasion de lui restituer son caractère véritable et sa prééminence.
Cependant, puisque le cours des choses a procuré à l'architecture moderne comme deux ordres, et si l'on veut deux modes du même ordre , dont l'un n'est qu'un adoucissement de l'antre, n'y auroit-il de les employer l'un et l'autre.' Le premier, le dorique grec sans base, à proportions plus courtes, et avec toute la régularité de ses entrecoionncmens et de sa frise, auroit lien dans les édifices où un plan simple et des données symétriques «croient d'accord avec l'expression d'un caractère sérieux, où se réuniroient l'idée de force et celle de solidité. Le second , c'est-à-dire le dorique romain ou moderne, trouverait son emploi dans ces compositions variées où l'ordre , au lieu de prescrire la simplicité du plan , serait oblige de se prêter à toutes les convenances de besoins multipliés , c'est-à-dire à des élévations sans continuité, à des ligues changeantes, et à un ensemble de variétés qui excluent la sévérité d'un caractère grandiose.
Le dorique que j'appellerais moderne formerait alors une nuance , ou si l'on vent un ton intermédiairedans l'échelle architectonique, entre le dorique des Grecs et l'ionique.
Toutefois, aux yeux du goût, la rcintégration , non par l'esprit de la mode , mais par le système fondamental de l'art, paraîtra nécessaire pour redonner en plus d'un cas , à l'architecture moderne , ce ton grave qui manquoit au complément de son harmonie, et dont le vide a peut-être, plus qu'on ne saurait dire, contribué à l'affaiblissement de ses moyens d'expression. Mais il faut que ce ton fondamental, régulateur de tous les autres, soit remis à sa vraie place ; il faut que, respectant dans l'exécution de cet ordre , non un simple effet , mais le principe même et le type générateur de l'architecture, on y voie une règle qui , loin de fléchir au gré du caprice , serve au contraire à redresser tous les écarts, soit de la fantaisie , soit de l'esprit paradoxal qui se plaît à tout contester pour tout confondre.
Dorique (raiSE). On a dit et montré, dans pins d'un article , qne les triglvphes et les métopes de l'ordre dorique n'étoient autre chose qu< des solives d'un plancher , ainsi que de leurs va Iles, remplis dans la suite par la maçonnerie, lorsqu'on laissoit à découvert le bois des solives.
Cette pratique de construction, qui consiste à lais-
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ser paraître dans des bâtimens construits et maçonnes les pièces de bois qui en forment l'ossature , i pratique toute naturelle, et elle appartient, Uni de pays en déposent, à l'usaiic de la '
: long-temps les Grecs leurs constructions les bob de charpente à la nerie. L'babitude de laisser visibles eu dehors certaines pièces , aura inspiré l'idée de les masquer par quelques enjolivemens ; et de là sera né l'ornement des triglyphe*, qui depuis , autorisé par une antique coutume, aura été régularisé par l'art perfectionné, dans la construction en pierre ou en marbre.
L'ajustement régulier des triglyphes et des métopes devoit devenir, dans les édifices désormais soumis aux conditions d'une juste symétrie, l'objet de quelques difficultés auxquelles Vitruve nous apprend
Îue quelques architectes avoient voulu se soustraire, bus ce nombre il cite Tarchcsius et Pitheus, ainsi qu'Hertnogènes, qui, devant bâtir en l'honneur de Racchus un temple dorique , changea de dessin et le lit ionique. » Ce n'est point (ajoutc-t-il) que le doit rique manque de beauté dans son genre et de » majesté daus sa forme ; mais sa disposition se trouve » gênée et embarrassée par la distribution des trîgly- ■ phes et des plafonds. »
On ne saurait contester que dans l'ajustement de
h frise dorique il n'y ait lieu à l'une ou à l'autre des deux difficultés : ou de placer le dernier triglyphe sur l'angle, comme l'ont fait les Grecs, ce qui exige un petit élargissement progressif dans les métopes qui tendent vers l'angle; ou, si l'on veut que le triglyphe tombe au centre de la colon ne d'angle, de découper la métope en deux parties sur l'angle de la frise , ce qui devient contrariant quand on introduit dans les métopes, comme au Parthcnon , quelque sujet ou objet de sculpture ou d'ornement.
L'imitation qu'on est forcé de reconnoitre dans les triglypbes comme représentant les extrémités visibles des solives d'un plancher, a porté quelques critiques à chercher le moyen d'en justifier l'origine et d'en régulariser l'emploi par quelque démonstration mathématique. Et d'abord , à prendre la chose dans une rigueur absolue , on doit dire qu'en général les solives de tout plancher ne se placent que dans un seul sens du local qu'il s'agit de couvrir. Il n'est point d'usage, surtout quand on les rapproche de la manière dont se trouvent rapprochés les triglypbes de la frisa dorique, d'établir une autre rangée de solives qui feraient du plafond un échiquier.
Il faut dès-lors accorder que l'ajustement des trtglyplves et des métopes , dans les quatre côtés d'un temple dorique parallélogramme, est une convention dont on ne doit pas presser trop rigoureusement la fidélité.
Les architectes grecs, en établissant le triglyphe a l'angle, n'ont point été arrêtés par b difficulté que b chose présenterait, si dans une imitation fictive il fal-
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loit procéder comme a l'égard de la réalité. Toutefois Piranesi a prétendu justifier la possibilité d'un triglyphe ou d'un bout de solive présentant deux faces, une de cliaquc coté de l'angle. On peut voir la démonstration qu'il en donne dans sa Magnificence des Romains. C'est nn véritable jeu de fantaisie qui ne put jamais avoir d'existence en réalité ; c'est une solution imaginaire d'uu problème inutile.
A quoi bon, en effet, prendre tant de peine pour expliquer matériellement et géométriquement ce que nous avons démontre plus d'une fois ne devoir se prendre et s'entendre que comme une fiction iroitative, et non comme une copie servi le.' Sans aucun doute le triglyphe , représentant b solive du pbocher, ne devrait point paraître b où ce qu'il i sente ne peut pas se supposer. Ce qu'il faut noitre , c'est que le triglyphe à l'angle complète et finit même b frise, et donne à cette partie une apparence de solidité qu'on aime à trouver 1 toute encoignure. Du reste, les petites inégalités de largeur des métopes voisines de l'angle, et lus variétés d'entreco- Innnement nécessitées par cet ajustement, sont toutes choses dont l'expérience nous prouve que l'effet est insensible k b vue.
Quelque parti que l'architecte prenne à cet égard, toujours il y aura de ces petites irrégularités qui ne le sont que pour le compas. Peut-être encore trouvera-t-on que des deux sortes d'ajustement celui du triglyphe sur l'angle aura le moins d'inconvéniens. Il y a une autre observation à faire en sa faveur. Cliaquc m ulule de b corniche devant en effet répondre à chaque triglyphe, lorsqu'on pbce le dernier trigl> phe à l'aplomb du milieu précis de b dernière colonne, il se donne dans le plafond de l'entablement un espace d'un ajustement difficile. Au lieu du fleuron d'angle que les Grecs y pbçoient assez naturellement, ou voit se former en cet endroit trois sortes de corn parti mens , celui de l'angle, et celui de chacune des deux demi-métopes de chaque raté , ce qui produit de petites divk ajustement qui ne l'est pas i
DORMANT, s. m. C'est une frise ou un châssis de bois qui est attaché dans la feuillure , au haut «l'une porte carrée ou ceintrée , et qui sert de battement aux vantaux.
Dormaxt de croisée. C'est dans un châssis b partie qui est inhéreute à b feuillure de b baie , et qui porte les battans, autre partie des châssis ou de û croisée.
Le nom de dormant a été donné aux objets que nous venons d'indiquer, pour désigner leur immobilité.
Dormant de rE«. C'est au-dessus des vantaux d'une porte de bois ou de fer, un panneau de fer évidé ponr donner du jour.
DORTOIR , s. m. du btiu dormitorium. Galerie
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on salle d'une grande étendue , dans laquelle des lits uniformes sort places sur un ou deux rangs.
Les maisons d'éducation et les hôpitaux renferment des salles de ce nom. Anciennement les couvens en avoient de pareilles ; mais on les a remplacées par des cellules, auxquelles on donne quelquefois aussi collectivement le nom de dortoir.
Il faut éviter de placer les dortoirs au rez-de-chaussée , à cause de l'humidité. Ils doivent avoir de l'élération , pour que l'air y circule et paisse s'y plus aisément. Les i, ki
i bannir tous ces oroemens inutiles où des i peuvent se retirer et se propager. Propreté , ut salubrité, voila ce que l'on doit trouver d
DORURE, t. f. Est l'art d'appliquer l'or en feuilles ou en poudre sur les bois, les métaux, les pierres, les enduits. La dorure ne se lie aux connaissances architecturales que sous le rapport du goût et de la décoration. C'est sous ce point de vue que nous la considérons ici.
La dorure est. dans les édilices . le remnhrement de l'or. L'or s'emploierait sans doute plus souvent, si son prix n'étoit généralement hors de mesure avec les n Mimions même les plus somptueux. Ce n'est
3 ne dans les descriptions des poètes qu'il est permis 'en jouir et d'en contempler l'emploi ; car les poètes ne connoissent point l'économie en fait de bâtiment : du reste , on ne cite et on ne connolt aucun monument dont l'or proprement dit ait fait la décoration. Mais le bronxe doré , qui a la solidité joint l'éclat de l'or, fut mis plus d'une fois en neuvre par les anciens. On ne sanroit affirmer que ce temple de Cyxique décrit par Pline avoit eu dans les joints de ses pierres des filets d'or réel , ou si ce n'étoit simplement que du cuivre doré. Les exemples de la dorure ainsi appliquée au métal, soit en chapiteaux, soit en rinceaux, soit en rosaces de caissons dans les voûtes, furent trèscommuns dans l'antiquité, surtout chez les Romains. La maison d'or de Néron ne porta ce nom qu'a cause de la prodigalité d'oriicmcns d'or qu'on y voyoit.
Au métal doré fut substituée la méthode des stucs dorés. On dorait, dit Winckelmann ( Obsen: sur l'archit. ) , comme on le fait encore de nos jouis, les ornemens et les compartimens des plafonds et des voûtes. L'or d'une voûte écroulée du palais des empereurs s'est conservé, malgré l'humidité du lieu, aussi frais que s'il veuoil d'être employé. Il faut eu chercher la cause dans l'épaisseur de 1 or battu des anciens ; car dans leur dorure au feu , leur or étoit en épaisseur aux feuilles qu'on emploie aujourd'hui pour cet usage , comme 6 sont a ■ ; et pour les autres dorures, comme M à I , ainsi que Buonaroti nous l'a prouvé. {Obsen: supr. aie. medagl. tav. 3o, p. 370 et 37 1 . )
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Winckelmann a conclu , d'apri-s Duonaroti , qu'il s'en falloit bien que tes anciens cusseut eu l'industrie de battre l'or en feuilles aussi mince* que le font les modernes. Il paroit cependant, ainsi que l'a remarqué Carlo Fca, d'après Pline, liv. xxxiu, ch. vi, que les Romains auraient possédé ce talent au même degré que nous. Mais Pline explique comment il arrivoit qa Us n'en faisaient pas usage : c'est que le vif-argent, dont ils se servoient pour dorer, donnoit à l'or une couleur très-pile quand la feuille étoit trop !. Voila pourquoi ils emplovoiciit l'or en feuilles ■paisses , ou mettaient ces feuille» doubles. Les >cs trouvaient, à ce qu'il paraît par le dire de Pline, l'art de couvrir leurs vol», en se servant de blanc d'oeuf ou d'hydrargyre au lieu de i if-argent. (Ilydrargyre, dans plus d'un dictionnaire, est traduit mal à propos par le mot vif-argent. Vf. Pline, à l'endroit cité, ch. vin. ) Par conséquent la véritable manière, la manière la plus reçue, et en même temps la plus belle et la plus durable , étoit celle où l'on employoit le vif-argent et les feuilles épaisses d'or. Ars inaurari argento vivo legitimum erat (Pl. liv. vi, ch. m); ou comme ditVitrnve, liv. vu, ch. vin,
Quoi qu'il en soit de ces raisons, on doit attribuer à la manière de dorer des anciens la conservation de leur dorure, tant dans les édifices que dans le* statues et lieaumup d'autres objets. Il est douteux que la dorure moderne parvienne ainsi a survivre à toutes les causes de destruction. Si l'on en croit Grcave, Descript. des antiq. de Persipolis , p. a3 , la dorure s'est aussi conservée dans les ruines de cette ville.
La dorure plaît dans l'ornement , et a le droit de plaire, I» par l'idée de richesse qu'elle fait naître dans l'amc du spectateur ; a* par l'effet de sa couleur, effet qu'on peut aussi juger indépendant dp l'idée de richesse qu'on y attache.
Quoiqu'il y ait dans tous les art* comme dans l'architecture une beauté qui ne dépend point de la matière , il est vrai de dire qu'il y a dans l'architecture , plus que dans les autres arts , une corrélation entre la matière et la forme, qu'il est difficile de regarder comme indifférente. C'est que dans l'art de bâtir , la solidité , qui est nn des premier* mérites , résulte très-souvent et ressort de la nature même de la matière; et puis, on ne «aurait empêcher que l'idée de dépense , que la valeur matérielle de l'ouvrage, n'ajoutent un prix réel au prix moral d'un édifice. Ainsi, à beauté égale de dessin, on préférera la statue de métal a la statue d'argile ; a beauté intrinsèque égale , on préférera l'édifice de n arbre à l'édifice de bois. Il y a effectivement une beauté aussi à être de marbre , à être éternel , à être brillant , à être pur et fini ; et comme les matières ont leur beauté indé|icndamnient de leur valeur , il y a de l'avantage pour un monument à être d'une matière qu'on trouve déjà belle même sans que l'art y ait ajouté sa \
t de beauté
, auquel des