‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 18 sur 258 · ANC · texte numérisé non relu

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l'Hotel-de-Ville). lU firent ensemble la salle du grand conseil ; ensemble ils achevèrent la tour du palais public , élevèrent plus d'un édifice à Assise, a Orvietto , a Arezxo, et, dans ces monumens , ils exécutèrent encore plusieurs ouvrages de sculpture. On ignore les époques de leur mort.

ANGLE , s. m. C'est l'espace compris entre deux lignes qui se rencontrent , et se coupent en un point. 0 y en a , en général , de trois sortes ; l'angle droit, l'angle aigu , et l'angle obttu.

ANGLE VISUEL (L') doit être consulté , en architecture , pour déterminer le rapport des grandeurs. On observe que la hauteur a nécessairement des bornes déterminées par le besoin de voir commodément de bas en haut , lorsque le rayon visuel forme, avec la ligne horizontale , un angle de 45 degrés. Cet angle , augmenté jusqu'à 70 degrés, commence à mettre les objets élevés dans une distance incommode à la vue. Ce même angle, augmenté au-delà, rend la distance si gênante, qu'il n'est plus possible d'y regarder sans se tordre le col. En supposant donc que l'angle visuel à 45 degrés soit le tenue moyen , et que cet angle à 70 degrés soit le tenue extrême pour la plus grande hauteur possible , cet angle, à 20 degrés , sera l'autre terme extrême pour la moindre des hauteurs possibles, parce qu'il y a le même progrès en descendant de 45 à 20 , qu'en moutant de 45 à 70.

On peut donc établir pour principe, que toute partie d'architecture susceptible de hauteur, paraîtra trop liasse du |x>int de vue , si l'angle visuel est moindre de 20 degrés, et trop haute, si cet angle a plus de 70 degrés, (f^ojrez Psoportio.n.)

Comme , selon les angles diffrrens des lignes visuelles , les objets paraissent plus gramls ou plus petits , il est de certains cas ou l'architecte peut changer les proportions ordinaires des diffère lis membres d'architecture. L'antiquité nous en fournit quelques exemples, et Vilruve nous en donne quelques préceptes dans le second chapitre de son sixième livre. Néanmoins, on doit observer qne ces change* mens ne doivent être qu'en très-petit nombre , et ne doivent être employés qu'avec le plus grand ménagement : bien des architectes pensent même que ces cliangemcns de proportion ne doivent jamais avoir lieu , parce que c'est substituer une tromperie réelle à une qui n'est qu'apparente, et qui cesse même d'en être une , par l'habitude qu'a l'œil d'évaluer les distances et de comparer les objets rapport à leur éloignement.

On sait qu'en général il y a deux choses qui font juger de la distance des objets ; savoir, la grandeur et la couleur. Ce «ont des accidens qui diminuent et s'affoiblissent à mesure que les objets s'éloignent. La diminution de la couleur se fait par l'a de la quantité d'air interposé ; la grandeur est ,

entre eux , et par

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diminuer peu* rétrécissement de* angles formant des lignes , qui viennent des extrémités de chaque corps , et faisant un angle plus aigu, lorsqu'elles viennent d'un objet éloigné, que celles qui \iennent d'un corps voisin. Mais , bien que les image* des choses éloignées soient effectivement plus petites dans I .ni. on ne peut point «lire qu'il soit trompé pour cela , ■ qu'il ne laisse pas de juger de U grandeur de

qu'il a de leur

lirai , sans même que nous songions au» règles de la perspective . et sans que notre iniagiuation examine expressément les raisons et les différera effets de l'eloignemcnt , qui dépendent de rétrécissement de* angles formés par les lignes visuelles , le sens commun manque rarement à observer ces circonstances. S'il arrive , lorsque par liasard il y manque , que la peinture ou la perspective nous trompe , c'est une marque bien certaine qu'il n'y manque pas d'or-

* que, pour rendre nécessaires les précautions que Vitruve demande sur le changement des proportions , contre les erreurs de l'éloigncment et de l'obliquité des objets , il fandroit supposer que tout ce qui appartient à la vue dépend de l'cril , ce qui n'est pas vrai. La vue se sert et de l'expérience , et des autres sens , et du jugement qui la redressent ; et il n'arrive guère que ce jugement lui manque;

; la perspective et la peinture tronqieroient », parce qu'il n'y a pas plus de raison de un rond pour un ovale , quand il est vu ment , que de prendre un ovale pour un rond, quand cet ovale est peint pour paroitre rond. [fajrtt

Pmmhhhi.)

Angle se dit, en peinture et en sculpture, des figures ou ornemens qui remplissent les tympans des arcades et les pendentifs des dômes. C'est ainsi qu'on appelle angles du Dominiquin les quatre evange— listes qu'il a peints dans les triangles sphèriques du dôme de Saiut-André delta Palle, à Rome, ou les quatre Vertus de la coupole de Saint-Charles, de Co-

ta» généralement angles tous les triangles , toutes pièces d'encoignure qui servent dans les oompartimens.

ANGLE!1, s. m. Petite cavité fouillée en angle droit , comme sont celles qui séparent les bossages ou pierres de refend , ou comme la traits de la gra- » ure des inscriptions dans la pierre et dans le marbre.

A \ li 1 LAIRE , adj. m. Ce qui a la figure d'un angle ou qui forme un angle : telles sont les pierres

gnurc d'uu pan de bois.

11 se dit aussi des colonnes ou pilastres : tels sont les pilastres ou anles d'uu temple , ou les colonnes qui forment l'angle d'un péristyle. Yilrure dit

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d'un cinquantième , parce que l'air ou le grand jour auquel elles sont exposées, plus que celles du milieu , semble rétrécir leur diamètre et les rend plus menues à l'œil.

ANNELETS, s. m. pl. Ce sont de petits listels ou filets qui ornent un chapiteau. On les nomme aussi armilles, du latin armtlla, bracelets.

Le nombre de ces annelets varie , suivant les chapiteaux. On en compte trois au dorique du théâtre de iMarcellus , selon Vignnle, et quatre aux < "

vout toujours en diminuant de saillie et d'épaisseur, jusqu'au nu de la colonne. Ce nom conviendroit encore parfaitement aux petits filet* qui forment comme le gorgerin de cette colonne , mais qui , a Paistum , au lieu d'être en saillie , sout entailles dans le vif de la (

ANNULAIRE , s. m. On i qui ont la ligure d'un anneau, < comme lis voûtes sur noyau.

ANNl'Sl RE. 'J\yez Eanoscu.)

ANSE DE PANIER , s. f. Ornement de serrurerie , formé de deux enroulemens opposé* , qui forment une anse de ponirr, dont il a pris le nom.

On appelle en anse de panier une voûte sée , dont la hauteur, sur son diamètre horizontal, est moindre que la moitié de ce diamètre. Celte voûte est la moitié d'un ovale ou d'une ellipse, dont la curvité est formée de différera centres. l 'forez Berceau , Yoi-te.)

ANTARADl S, ville antique de Sv rie ou de Phcnicie, bâtie sur le continent, vis— à-vis, et a l'orient de l'ilc d'Arade , et de la ville du même nom située dans l'ile. Anlaradiu est aujourd'hui Tortose. On voit dans cette ville des restes d'autiquites les plus curieux et les plus singuliers. Au midi d'une vallée serrée entre deux rochers, on trouve, selon le récit

un trône au milieu, de chaq?ie côté duquel est un siège. La cour est fermée, excepté le côté du nord, où il v a deux entrées, l-o trône est composé de quatre pierres, non compris le piédestal, dont une forme le dossier , l'autre le dais , et les deux autres les cotes. Le dais est orné d'une corniche pareille à celles qu'on trouve dans la Haute-Egrpte. Il paroit y avoir eu aux deux coins de la cour un petit appartement dont les portes étnient pratiquées dans le roc , et sul*istent encore. 1-e trône étoit probablement destiné pour l'idole qu'on L'on aurait de la peine à t

aussi ancien et aussi extraordinaire.

H y a de l'autre coté de la vallée , en allant vers l'orient , une espèce de fosse taillée dans le roc , d'en- I , avec sept i

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cote. Ce* marches ne sont pas continuée* jusqu'au fond, et paroissent te terminer, du coté de l'orient, en forme de demi-cercle. Le rocher qui est à l'extrémité occidentale est taillé de manière à faire croire qu'il y «voit autrefois quelques appartcuiens dans cet

et l'on a pratiqué un cliemin de communication entre cette cour et le temple dont on a parlé. Cet endroit étnit probablement un Cirqne , où les ha bilans d'Antaraduj , à'Aradtu et de Afarathiit , avoient coutume de se rassembler, à l'occasion des fêtes qu'on y donnait. Directement au midi de la cour et du temple, on a aplani les rochers qui dominoient, et on le* a même creusés dans quelques endroits , pour en former de» espèces de réservoirs ; on voit aussi plutaiUees daus le roc , et entre autres I, où l'on a pratiqué des niche* , des portes et des fenêtres , et un mur qui la partage par le milieu.

Environ un mille au midi sont les mausolées dont .Mandres nous a donné les plans ; on trouve prés de là un rocher dont on a formé un piédestal de <) pieds de haut et d'environ 28 pieds en carré, avec un trou dans la face orientale , élevé d'environ 5 pieds au- » du rez-de-chaussée ; on y monte par trois ou marches. Ce piédestal devoit avoir servi de à quelque mausolée. On avoit coutume d'en - de pareils sur les grottes où l'on enlerroit les Cet endroit avoit été probablement un cime-

ANT.EO POLIS. Ce nom grec , qui signifie ville d'Amie, ne fut pas, comme on le croiroit, celui qu'elle porta dans l'antique Egypte. Toute recherche a cet égard seroit déplacée ici. Ce doul il importe de s'assurer, c'est que les antiquités qu'on trouve au heu ainsi desigué appartiennent bien à la ville de ce nom. Or, les Grecs a voient pris soiu cux-aièmes de graver le nom A'Antte sur le portique du temple dont Anlaopalis a couservé les ruines.

Les restes de cette ville consistent aujourd'hui dans un certain nombre de débris de construction , quelque* colonne» . un fragment de quai sur le \i\ , bâti en larges pierres de taille , et de fort grands hypogées, mais surtout dans des portions assez considérables d'un grand temple dont les vestiges, bien qu'aujourd'hui désunis , permettent de restituer l'en-

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eat, en effet, la lui 1 sur pied de ce grand monument. Le [ ', suivant , qu'on croit avoir existé , et toutes les autres salles du temple, sont actuellement renversés, et l'ou croit que cette destruction peut avoir été l'ouvrage des eaux du Nil , qui ont un ne insensiblement toutes les fondations.

La porte du temple étoit tournée à l'ouest-sudoorst La longueur de l'édifice ne peut être connue

nousance approximative que par la position d'une sorte de tabernacle mouolythe, qui se trouve aujourd'hui dan* l'axe même du portique , et qui occupent sans doute le fond du sanctuaire. Ce monolithe , quoique en partie enterré, est encore debout et paroit être à sa place primitive.

La hauteur du temple étoit de 45 pieds , ou le tiers environ de sa largeur, car sa longueur fut de 207 pieds et sa largeur de 1 35 pieds. Le portique antérieur consistoit en dix-huit colonnes placée* sur trois rangs. Le deuxième et le troisième rang sont entiers ; mais relui de la façade n'a plus que trois colonnes. La chute des trois autres a entraîné les architraves et le* plafonds qu'elles supportoient.

La façade du portique étoit garnie , comme dans les autres temples , par de petit* mur* d'entre- colonnemens. Ce que celui-ci offre de particulier sur ce point , est que ces sorte* de cloisons , au lieu d'être pleine» et ornées de tableaux hiéroglvphiqucs, étoietrt ouvertes de manière à former comme autant de portes, plu* basses que celle* du milieu.

Mai* l'objet aujourd'hui le plus curieux dans les ruines A' Antœopolis, est ce monoli the dont on a parlé et qui »e trouve dans l'axe du portique d'entrée , seul reste bien conservé de tout le temple proprement dit , et qui sans doute a dû sa conservation à l'énormité de sa masse. Ce monolythe a une forme qui le distingue de tons les autres qu'on connoît. On vent parler de son sommet , taillé en manière de pv ramide qnadrangulaire. L'intérieur est creusé en forme de niche prismatique. Il est enterré de manière qu'on n'a point la mesure exacte de la hauteur ; toutefois on peut estimer qu'elle devoit être au moin* de i5 pieds.

La pierre dont il est formé rxt un calcaire à grain fin, compacte, et susceptible d'un beau poli. Cette pierre se prètoit à une sculpture très-délicate. Aussi le travail de» hiéroglv phe* dont le monolythe est orné

est traité avec peu de saillie , et d'un effet tr Il y a sur la frise du temple une inscription. ( Ertr. de la Descript. de l'Egypte , Ant. t. II.)

ANTE-F1XE , WTE-F1X A Ce mot latin, que les architectes ont francisé , se coni|io»r de deux mou qui expriment très-bien l'objet ou les objets auxquels il s'applique , dans les ordonnances des temples ou d'autres édifices.

Facciolati a très-bien exprimé la nature de l'objet dont il s'agit par cette définition. Anleftxa dicuntur parva signa, enrolLr , aUaaue hujiumodi omamenla ex opère Jigulino, qlut ttetitadium adsignantur tuk tliUuidio, ui Fetlut exponil. ( Orna menti délia comice. )

L' 'A nie-fixe est donc cet ornement le plu* souvent en forme de ce qu'on appelle palmelte , et fait ordinairement en terre cuite , qui s'appliquoit aux extrémités des tuiles creuse* , «le manière à masquer le vide produit par les

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toiturrs. Aussi en trouve-t-on beaucoup en terre cuite. Le même ornement fut taillé quelquefois aussi en marbre , pour l'ornement des combles dont les tuiles étoienl de marbre.

Au reste , le nom à'Ànte-fixe a été donné ou a pu être donné à d'autres formes d'ornemens des cor-

A1NTE-ANTES, du mot latin anlct, et de la particule ante.

Il est sensible que la particule latine- qui signifie devant, en avant, a donné sans aucun changeiiunt son nom , à ces parties de la construction et de l'arcbilecture , que l'on apjieloil anta, et «lue l'on s|>pelle encore aujourd'liui des antes en français.

Dans les pratiques de la construction la plus ordinaire, nous trouvons que l'on donne ce nom à des piliers saillaus sur la face d'un mur, tels que sont des jambes de force sous une poutre, ou à l'encoiguure d'un bâtiment.

Mais, appliqué à l'arcbitecture , le nom antes se donne particulièrement dans la disposition extérieure des temples grecs ou romains , soit a ces sortes de piliers ou de pilastres quadrangulaires , qui (surtout dans le temple dit in Antis ) , terminoient le mur de la Cilla avec lequel ils faisoieiit corps, et dont ils étoient la continuité ; soit à des espèces de colonnes quadrangulaires venant en avant du mur prolongé de la Cella, sur lesquelles passoient, en s'y asseyant, les plates-bandes du péris tjlium.

Vitruve enseigue que les antes doivent avoir en diamètre la même é|iaisscur que les colonnes. Ou voit aussi dans les monuuiens antiques, que les antes ou ( comme on les appelle encore) les pilastres corniers épronveut une diminution égale à celle des colonnes. Il est à remarquer cependant qu'à plus d'un temple ; dorique grec, le pilastre de Vante ne répond pas, en j direction parallèle à la colonne du pronaos qui lui correspond, l.ne autre irrégularité générale, en ce genre, se fait oliserver au chapiteau de Vante, lequel diffère de celui des colonnes qui l'accompagnent.

On |>eut distinguer trois espèces d' antes : les antes des portes et qui sont des pilastres, accompagnant leurs deux côtés; les antes angulaires des murs latéraux des temples qui figurent des pilastres sur leurs trois faces, et les antes des murs prolongés de la Cella dans les temples périptères. Ces antes sont réellement des piliers carrés.

ANTHÉMIl'S , architecte né dans le 6* siècle , à Tralles, ville de Lydie, dans l'Asie mineure. Il fut choisi par Justiniea, avec Isidore de Milet, pour construire le fameux temple de Sainte-Sophie à Constantinople. Il avait dans l'origine été bâti par Constantin Mais sa couverture n'étant qu'en bois, il fut brûlé plusieurs fois, rétabli par plus d'un empereur, et surtout par Théodose. Enfin , Juslinien se proposa d'en faire un édifice des plus magniAques. Lorsqu'il i

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le vit achevé, il s'écria (dit-on ) , transporté de joie : Je t'ai surpassé, Salomon. { t'oyez la description de ce monument aux mots BASiugi:*. et Coj«sta*iti-

MKjE.)

Anthémius fut non -seulement architecte, mais encore sculpteur, et surtout habile mécanicien.

AISTICABINET , s. m. Pièce qui, dans les grands apparteinens, précède le cabinet , et qui est pratiquée entre le salon et le cabinet.

ANTICHAMBRE, s. f. C'est dans un apparteinent .une pièce quelquefois précédée d'un vestibule , surtout au rez-de-chaussée des hôtels, et qui donne entrée souvent k une seconde antichambre; l'une et l'autre précèdent le salon.

L' 'anti-thalamus , chei les anciens , répondoit d'apri-s la composition du mot, et aussi effectivement, à ce que nous appelons antichambre : mais dans les maisons des Grecs, selon Vitruve , il était séparé do thalamus par un passage appelé prostat. Probablement cette pièce de l'appartement est la même que celle dont Pline le jeHne parle dans ses épitres, et qu'il appelle procaton, c'est-à-dire, un local en avant de la pièce où l'on couche. Il est à remarquer que Pline décrit son antichambre comme jointe iininédiatement à sa chambre, au lieu que, selon Vitruve, ainsi qu'on l'a vu , V anti-thalamus était séparé de la chambre à coucher. Peut-être est-ce |x>ur celte raison que Pline fait remarquer cette jonction tic son antichambre à sa clwmbre , c'est-à-dire , connue une distribution qui n'étoit |ias usitée.

Dans nos usages on apjiellc antichambre non pas la pièce qui précède immédiatement celle qu'on appelle proprement chambre, c'est — à— dire , la chambre à coueber, mais celle ou celles, s'il v en a plus d'une, qui précèdent toutes les pièces d'un appartement. A l'égard des petits logrmcns , il arrive souvent que ce qu'on appelle Vantichambre sert de salle à manger.

S'il s'agit des palais et des apparteinens qu'on y pratique, on trouvera de petites antichambres qui sépareront les chambres à coucher des autres pièces; mais on appellera spécialement de ce nom les premières pièces d'entrée du grand appartement.

Les dhnetisions de ces pièces varient selon les usages des différens pays. En Italie , à Borne surtout , et dans beaucoup d'autres villes , les premières pièces d'entrée de l'appartement des palais sont d'une grandeur extraordinaire. Elles sont ordinairement voûtées, et elles ont ordinairement en hauteur celle de deux étages.

En France, surtout dans les hôtels ou palais modernes, les antichambres sont bcauconp moins grandes. La première antichambre, celle qui suit le vestibule ou le pallier, est une pièce commune où se tiennent les gens de service : sa décoration par conséquent est fort simple. 1 ne ordonnance régulière dans les percées , 1rs lambris, etc. est tout ce qu'on

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un poêle placé «i < * manière que la chaleur se communique à la seconde antichambre. On v pratique aussi volontiers des armoires , des porte-manteaux , etc.

La seconde antichambre comporte plus d'orne— mens. C'est ordinairement la qu'attendent , arant d'être introduits, ceux qui ont a parier au maître. Ces sortes de pièces, selon le rang des propriétaires on la diversité des convenances, servent quelquefois, soit de salles à manger, soit de salles d'assemblée. Le genre de leur décoration est par conséquent mixte , et plus ou moins arbitraire.

La troisième antichambre dans les palais qui en admettent l'emploi , est plutôt une espèce de petit

lequel les personnes,

rang on du gi nits dan* le

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sorte de pièce, quoique moins décorée que celles qui suivent, est pourtant susceptible de recevoir, jusqu'à une certaine mesure, tous les genres ou objets d'ameublement et d'ornement à l'usage de chaque pav*. Il n'y a de règle k prescrire à cet égard , sinon d'v observer la gradation de richesse et de décoration propre à chaque pièce selon le caractère et la mesure de sa destination.

A>TICOtR. (f«r« Avant-cou»..)

ANTIM ACHIDES. Cet architecte Grec ne nous est connu que comme avant travaillé, par ordre de Pisistratc, au grand temple de Jupiter Olympien, dans la ville d'Athènes. (Payez Antistates.)

AN I I NOE, ville d'Egypte entièrement romaine, qui se trouve à 5o lieues environ du Caire, sur le bord oriental du Nil.

Elle fut bâtie par l'empereur Adrieu, qui lui donna le nom de sou favori Antinous. Il en existe encore des

: du périmètre de cette ville , pris le long de l'enceinte au sud, à l'est et au nord et sur la lisière des ruines du coté de l'ouest , est de 2 , - 1 3 toises environ.

La longueur «le la ville , prise dans la direction de la rue principale , depuis la porte du nord-ouest jusqu'au point de l'enceinte correspondant vers le sud, est de B3a toises envirou.

Sa largeur, prise par l'arc de triomphe cl l'cuiote de l'est, est de 5a3 toises environ. En se dirigeant au sud, on arrive d'abord à la grande rue qui |>artage en deux la ville dans le se de sa largeur. On est frappé de cette longue fde tonnes qui existent d'un bout à l'autre dans ce

de cette

. Il y en a très-peu d'entières » elles étoient toutes de l'ordre dorique grec. Dans cette série de colonnes, il n'existoit aucune interruption, excepté là où de somptueux édifices bordoient la rue.

A son extrémité méridionale est le portique corinthien qui prétidoit le théâtre. C'est le monument le plus important et du meilleur goût, entre tous

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ceux dont cette ville a conservé les restes. Quoiqu'il ait beaucoup souffert, les colonnes, les piliers et les murailles qui subsistent, forment encore u ensemble. En traversant le portique, on ruines du proscenium et des gradins spectateurs.

A peu de distance de là , on aperçoit un monument d'une étendue considérable. Sa longueur est de plus de 900 pieds. C'est un ancien hippodrome, dont l'ouverture est tournée vers la ville ; les gradin» en sont ruinés , et ils sont couverts par les sables du désert. La coloun.nl. qui I'entouroit a disparu ; on voit seulement des débris de colonnes renversées.

lie l'hippodrome, on découvre la grande porte de l'est à l'issue de la première rue transversale. Ce qui reste de cette porte consiste principalement en deux grands piédroit* corinthiens, placés un |>cu au-dedans de l'enceinte , et autour desquels sout beaucoup de ruines.

Si l'on descend de la rue transversale , on trouve à droite et à gauche plusieurs beaux monumens presque détruits : le plus remarquable paroît avoir été un bain public.

Arrivé au carrefour, on se trouve dans la grande rue dn portique du théâtre. Quatre colonnes |ilus grandes que les autres en occupoient les angles. Si de là on se dirige en ligne droite, on remarque à une certaine distance quatre autres colonnes pareilles, dont une est entièrement debout et parfaitement conservée. Le piédestal d'une autre avec sa base est encore sur pied. Ces monumens étoient des colonnes triomphales élevées eu l'honneur d'Alexandre Sévère. Au bout de cette même rue est un monument massif qui paroît avoir été un tombeau, et plus loin le reste de la porte du nord.

En revenant sur ses pas au premier carrefour, et en continuant la rue transversale qu'on avoit quittée , on a devant soi l'arc de triomphe qui est à l'extrémité la plus voisinedu Nil. Ce magnifique édifice est le mieux conservé de tous ceux qui embellissoient la ville.

Quand on approche de ce monument, on est frappé de la beauté et de la finesse de son exécution. Il y a dans les lignes, dans les angles , dans toutes les moulures des archivoltes, une pureté qui ne peut être comparée à rien de ce qu'on voit en Eg\|>tc, dans le même genre d'architecture. Le choix de la pierre, qui est d'un grain très-fin , est une des causes de la perfection admirable de ce travail.

L'édifice se compose de trois arcades. Celle du milieu est presque doubla en .largeur des deux latérales , et d'environ moitié plus élevée, il existe deux autres arcades prises dans l'épaissenr du monument ; ce qui en plan et de fait le partage en huit massifs.

Les ordres corinthien et dorique se partagent la décoration de l'édifice. Les grandes colonnes et leurs entablemens sont d'ordre corinthien ; mais les grands pilastres et l'entablement général qui porte le fronton sont d'ordre dorique.

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Quant à l'état du monument , on peut dire qu'il est entièrement conservé, à l'exception feulement, i° de l'angle du fronton de droite ; a" de l'angle du fronton de gauche et de l'entablement de ce coté; 3° d'une portion du mur de la façade et de l'entablement qui étoit au-dessus de l'arc du milieu.

I>a hauteur totale de l'édifice est d'environ 5 f pieds. La longueur de sa façade est , à peu de chose près , la même. Sa largeur, non compris l'épaisseur du soubassement des colonnes, est d'à peu près 3o pieds.

(Extrait de la description de f Egypte, Antiquités, t. II, ch. xv.)

ANTIQUE. La signification grammaticale de ce mot n'a besoin d'aucune explication. Synonyme d'ancien et de vieux , il exprime quelque chose de plus relevé que le premier de ces mots , et de pins noble que le second.

Mais antique, dans la Lingue des arts, et des arts du dessin , comporte l'idée , en I d'une qualification superlative qui en fait ment un mot d'éloge.

Il faut remarquer encore , dans l'emploi habituel qu'en font les artistes, qu'ils ne donnent guère le nom d'antique , surtout comme épithète laudative , qu'aux ouvrages de certaines nations anciennes , ou a ceux de certains siècles, de certaines époques de ces nations. Ainsi, quoique l'on connoissc , en fait de ruines d'édîfices , des restes coiuicmple , dans l'Inde , la Perse ou

l'artiste qui en parle ou qui en cite des morceaux séparés ne leur donnera pas le nom d'antique tout seul , pris dans son acception emphatique ; à plus forte raison en sera-t-il de même des fragmens «le sculpture et d'autres arts, que le temps aura pu conserver, an milieu des ruines de beaucoup de villes qui auront anciennement cessé d'exister.

Disons enfin que le mot antique, dans la langue habituelle des arts du dessin , n'est employ é comme mot d'éloge, qu'à l'égard des ouvrages de ces peuples et de ces siècles, qui se sont distingués par une supériorité de génie , de talent et de goût dans l'imitation. Ajoutons encore que, lors même qu'il s'agit des ouvrages de ces peuples, on retranche de la durée de leurs règnes les derniers temps qui virent se détériorer et s'abâtardir les principes et les produits de l'imitation. Ainsi l'artiste ne donnera point , parlant en artiste , le nom d'antique aux derniers ouvrages des derniers temps du Bas-Empire ni à ceux du moyen âge.

Il résulte de cette critique que, relativement à l'étude des arts du dessin , et à l'imitation des ouvrages qu'il prend ou qu'il donne pour modèles , l'artiste n'entend ordinairement par antique, d'autres produits que cenx du géuie des Grecs , et les monumens d'art dont le style, les principes et le goût s'étant per-

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Romains, puis, par les conquêtes de ceux-ci, se propagèrent ebex les différentes nations de l'Europe, et s'y perpétuèrent jusqu'à leur décadence.

Ainsi voyons-nous qu'en matière d'art, et dans la bouche des artistes , antique est devenu en quelque sorte synonyme de beau, d'excellent , de parfait.

11 n'est pas sans importance de justifier ici ce concert des siècles et des peuples modernes, et cet accord presque unanime à reconnoitre , en lait d'arts d'imitation, la prééminence des ouvrages antiques. J'ai dit à peu pris unanime , parce qu'il s'est produit, dans des temps divers, quelques soulèvement contre l'opinion de la supériorité des arts de l'antiquité ; juive que l'amour-proprc de quelques hommes et la vanité de quelques époques ont paru mal à propos, les uns trouver injurieuse cette supériorité, et les autres y trouver un démenti à la prétention d'une perfectibilité indéfinie en tout genre, dans les sciences d'observation comme dans les arts d'imagination.

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