EST
dan» le» détails très-iuultipliés que comprend la bà- II tisse. Il a surtout l'expérience de» fourniture» , des approvUionnemen», de* prix de» matériaux, de leur» | diverse» qualités, de la valeur de» journées, de la capacité de» ouvriers ; il counoit les moyen» d'économie ; il a enfin les qualités et les connoissances d'un commerçant. Il est dans le fait un véritable marchand de matériaux et de main-d'œuvre, de machines, d'équipages cl d'ouvriers. Mais en revanche il ne connoît ijuc trcs-superficiellcincut les principes de l'art. Il n'a pu se former le goût par des comparaisons étendues et par des études suivies; le plus souvent il agit d'après une certaine routine ouvrière fort éloignée des vrais ornemens du goût et des inventions du génie.
Cependant le commun des hommes qui ont à faire bâtir préfèrent l'entrepreneur i l'architecte, par la raison que les belles formes , les proportions , le beau style, le bon goût des ornemens, touchent bien plus foiblemcnt le propriétaire que ne peuvent le faire la solidité, l'économie et la promptitude. Or, ces trois points on les obtient facilement de tout entrepreneur un peu accrédité.
Il résulte de là que la plupart des maisons (et on M parle pas ici de celles de U dernière classe) n'offrent point, même dans la simplicité qui convient aux habitations particulières, ce charme et cet agrément qu'on leur trouve dans les pays où l'architecte préside à leur construction.
Il u'esl pas rare non plus de voir des architectes livrer leurs dessins et leurs plans à l'exécution de Y entrepreneur , sans même s'en réserver la surveillance. Mais comme l'exécutiou de l'architecture, et comme le plus ou le moins de netteté , de précision , de fini , influent beaucoup plus qu'on ne saurait le dire sur la pensée même et les conceptions de l'auteur, il arrive que de fort bonnes intentions disparaissent, travesties et défigurées par l'esprit de routine et par la méthode banale de {'entrepreneur.
Les architectes devraient donc beaucoup moins négliger qu'ils ne le font l'étude et toutes les connoissances des parties de détail de leur art. Ils ne devraient pas même mépriser celles qui leur en paraissent indépendantes; c'est sur ce mépris de la partie économique et commerciale de l'art de bâtir que se sont établis la profession et le crédit des entrepreneurs.
Il ne faut pas le dissimuler, ceux qui font bâtir ont besoin d'une sorte de garantie qu'ils ne seront ps entraillés dans des dépenses au-drla de leurs moyens. Or, un reproche que l'on fait aux architectes par trop étrangers aux détail» mercantiles de l'art de Mtir, c'est que jamais dans leurs projets il* ne prennent la dépense pour mesure de leurs inventions ; c'est qu'ils n'en calculent point les frais, et qu'ils engagent le propriétaire à aller beaucoup au-delà de ses iutentioiis et de ses moyens ; heureux encore quand des essais infructueux ou des malfaçons n'achè-
ENT
vent pas de le ruiner... L'architecte est ordinairement un artiste qui offre plus de garantie dans son talent que dans sa fortune. On ne peut ni faire avec lui des conditions sévères , ni se ménager de recours contre lui en cas d'avarie ou d'erreur.
L 'entrepreneur au contraire est un commerçant avec lequel on peut faire un traité de la nature de tous ceux qui se font dans le commerce. L'analvse mercantile de toutes les parties dont se compose une maison permet de stipuler avec lui , et de rigueur, la quantité des matériaux, l'épaisseur des murs, U nature des enduits, de» bois de charpente, etc. Le toisé peut toujours servir de vérificateur au devis, et enfin il y a responsabilité à exercer. On peut le forcer à tenir les conventions; les seuls engagemens qu'on ne saurait contracter avec lui sont ceux qui ont rapport au bon goût et aux règles de l'art.
La conséquence qui semblerait résulter de tout ceci serait donc que l entrepreneur ayant très-rarement les lalens de l'artiste , et l'architecte manquant le plus souvent des connoissances de l'entrepreneur, les édifices devraient presque toujours se ressentir de l'ignorance de l'un ou de l'inexpérience de l'autre.
La division établie entre les différentes parties de l'art de bâtir rendrait cette conséquence inévitable, si , dans les monumeus publics surtout, on ne trouvoit la manière d'unir ensemble l'architecte et l'entrepreneur, de telle sorte que ce dernier, subordonné à l'inspection et au contrôle du premier, ne devienne que l'exécuteur de ses dessins , et soit dans la qualité des matériaux, soit dans la main-d'eeuvre , reste soumis à une surveillance qui en garantit le choix et la perfection.
ENTREPRISE, s. f. C'est le mol qui désigne l'engagement par lequel un homme qu'on appelle entrepreneur se charge de bâtir à forfait un édifice quelconque, d'après des devis où sont spécifiées toutes les conditions relatives à cette construction.
On a dit au mot précédent quelles sont les raisons principales qui ont multiplié les entrepreneurs de bàtimcn», et rendu si commune leur intervention dans la plupart des bâtimens particuliers. On pourroit croire qu'une partie de ces raison» n'est point applicable aux édifices publics. En effet, leur construction est ordinairement subordonnée à de* administrations ou à des survcillans dont la capacité et l'intelligence devraient être une caution de l'économie , du bon choix et du meilleur emploi des matériaux, comme de tout ce qui eutre dans U composition des bâtimens. Cependant on voit les plus grands monumeus mis à l'entreprise ; et , malgré le béuéiice que doivent faire les entrepreneurs, l'expérience apprend encore que c'est là la méthode la plus sûre et la | ■Im économique.
En effet , dans tout ce qui est bâtiment , les movens de fraude sont si variés et si difficiles à saisir, les simples négligences dans de vaste» ateliers de-
ENT
Tiennent «i dispendieuses , les abus s'y multiplient si n facilement, et s'y euracincut si profondément, la | connivence de tous les abus et de tous ceux qui en vivent est si habituelle , qu'après toutes les tentatives et tous les casais de réforme , ou se persuade que la | chose publique n'a pas de meilleur garant a se pro- H curer que celui de l'intérêt personnel; et c'est ce puissant moteur qu'on emploie et qu'on met en action dans V entreprise.
Au reste , à l'égard des grandes constructions de monumens publics où le* malversations de détail peuvent oceasioner de si grandes pertes pour l'Etat , le système de l'entreprise repose sur les considérations générales qui le font adopter dans d'autres parties du service public. On peut faire et l'on fait souvent les plus belles objections morales contre ce système ; il y a même entre les esprits désintéressés beaucoup de diversité* d'opinion à ce sujet : c'est que le* uus voient le* choses et le* hommes tels qu'ils pourroient ou devraient être , les autres les voient tris qu'ils sont.
En généralisant l'idée d'entreprise , considérée sous son point de vue moral et dans ses rapports avec l'intérêt public, on pourrait la définir une transaction faite par et pour cet intérêt public, avec l'indolence, l'ignorance ou la cupidité présumées des hommes >'ii place. C'est un M t (Mil ■lOlllIIIQIII avec ces vin s, au moyen duquel on sacrifie une partie de l'intérêt public pour s'assurer du reste par la garantie de l'intérêt particulier.
Le moyen de se passer d'entreprise serait de faire en sorte que les hommes chargés de* différens services publics y apportassent la |>robitc , le savoir et l'activité , et y apportassent ces qualités dans une proportion autant au-dessus de ce qu'exige l'intérêt particulier dans le maniment de ses propres affaires, que* les vastes combinaisons des affaires publiques sont supérieures aux relations bornées d'une fortuue et d'une gestion privée.
Or, comme il ne faut dans les hommes qui gèrent les affaires publiques que le manque d'une de ces troi* qualités , probité, savoir et activité, pour oceasioner à la chose publique, dans quelque partie que ce soit , un détriment beaucoup plus grave que celui auquel on se résigne dans le système de l'entreprise , toute la question n'est qu'une question de probabilité sur le mérite et la vertu des hommes en place. De sa solution dépend celle de la question de l'entreprise.
ENTRER , v. a. C'est joindre bout a bout et a-plomb des pièces de bois de charpente de même grosseur, comme sont quelques noyaux de bois; ce qui se fait par tenons et mortaises, ou par une entaille de la demi-épaisscur du bois.
ENTRESOL , s. m. C'est un petit étage pris dans la hauteur d'un grand étage , ordinairement celui du rez-de-chaussée , dan* lequel on ménage on de petits appartcmt ns d'hiver, ou des garde - robes , on des logemens de domestiques.
ENT 58g
h'entresol a pris naissance, dans les grands palais, des convenances ou des nécessités dont on vient de parler. La grandeur des pièces principales, surtout au rei-de-chaussée , n'étant point d'accord avec le reste des autres pièces, on a trouvé aussi commode qu'utile de diviser en deux la hauteur de celles qui ne sont point de parade ; et l'on a , pour un petit étage interposé et dissimulé à l'extérieur, multiplié les dégagement et les logemens dans un même étage.
bientôt on a bâti exprès des entresols dans le plus grand nombre des maisons , et même des maisons particulières. Dans ce cas, l'entresol n'est plus un étage furtif , dérolié à la vue , et pris aux dépens d'un autre; il entre dans le dessin primitif du bâtiment; on lui donne sa proportion déterminée , et même ses embellissemens particuliers.
Les Italiens appellent mezzanino ce que nous appelons entresol; ils en pratiquent dans leurs palais, et ils les font apparens. Ce petit étage se trouve ordinairement, dans l'ordonnance générale, faire prtie du soubassement.
Le mezzanine ou entresol ne comportant point la décoration d'une ordonnance particulière, et cet étage, qu'on pourrait appeler étage de souffrance ou d'exception, se trouvant ordinairement fort bas et placé au-dessous des grandes étages, il est facile de voir qu'on doit le considérer plutôt comme un horsd'œuvre dans la décoration d'une façade, que comme devant en faire partie intégrante. On ne saurait lui appliquer aucun ordre, car cet ordre serait ridiculement petit, eu égard à ceux qui le surmonteraient.
Lors donc qu'on est forcé dans un grand palais de pratiquer des mezzanines , le bon sens et le bon goût veulent qu'on leur donne à l'extérieur le moin* d'importance possible. En Italie, on les pratique quelquefois entre un étage et un autre , et alors ils présentent au dehors de petites fenêtres carrées ornées d'un simple bandeau , et qui , soit par la proportion , soit par la décoration, le cèdent aux croisées des étages principaux.
Toutefois la meilleure manière de placer cet étage de sujétion est de le rendre partie du soubassement général, lorsqu'on ne fait pas du rez-de-chaussée un étage principal.
On voit quelquefois deux mezzanine* ou entresols au-dessus l'un de l'autre ; c'est là uu abus révoltant. h'entresol, lorsqu'il est seul , jiasse comme on l'a dit pour une sorte d'exception à laquelle on consent de ne pas trop faire attention : deux entresols au-dessus l'un de l'autre dounent l'idée d'une petite maison inscrite dans une grande. Cette répétition dénature le caractère des palais, en gâte l'ordonnance et en rapetisse l'effet.
Ces considérations ne sont applicables qn'aux palais et aux maisons dont l'architecture dessine les plans et soigne les élévations. Dans le plus grand nombre des maisons , et surtout de* maisons de com-
5ijo ENT
ruerce, il y a une multitude de convenances eanemics de ces principes , et pour lesquelles cec principes ne ■ont pas faits.
ENTRETIEN, i. m. Se dit généralement en architecture pour eiprimer les soins, la surveillance habituelle et les réparations légères dont tous les édifices ont besoin. Quelle que soit la solidité qu'on leur donne, quelle que parfaite que soit leur «traction , le temps et la tendance à la sition, qui est propre a tous les corps, y journellement des altérations auxquelles il faut sans cesse apporter remède pour prévenir les suites que leur négligence pourrait occasioner.
11 y a toujours une somme annuelle consacrée à Yentretitn des grands édifices. Au moyen de cette dépense , on empêche qu'il ne s'y développe des causes de ruine; et cette dépense légère d'entretien économise les grandes dépenses de réparations. In édifice même peu solide qu'on entretiendroit avec soin durerait éternellement.
Ce qu'on appelle entretien est surtout nécessaire dans les objets qu'un mouvement continuel attaque sans interruption. Tels sont les ponts, les quais, les aqueducs , les égouts , les chemins publics. La où un agent destructeur travaille sans relâche , il faut que l'instrumeut conservateur soit aussi sans cesse en action. Si l'on discontinue quelque temps l'action réparatrice, le mal fait de tels progrès, qu'on ne trouve plus de fond pour y opposer une résistance suffisante. La force de celle-ci diminuant en raison de ce que la force de l'autre augmente, l'équilibre est rompu , et la ruine des édifices en est le prompt résultat.
Dans le langage de la partie administrative des hâtimens , on appelle entretiens, au pluriel, les réparations annuelles , soit des maisons , soit de la culture des jardins dont se chargent des ouvriers ou d'autres personnes, moyennant un certain prix. Mais ils ne sont garans ni des réparations extraordinaires causées par les injures du temps, ni de la caducité ou i des "
ENTRETOISE, s. f. Pièce de bois qui sert à entretenir les poteaux d'une cloison et d'un pan de bois , les faîtes avec les sous-faites , les sablières et les plates-formes du pied d'un comble.
Entsetoise croisée. Assemblage en manière de croix de saint André, posé de niveau entre les entrait* de l'enrayure d'un dôme.
ENTREVOUX, s. m. Est l'intervalle qui est deux solives d'un plancher ou d'un poteau de , qu'on remplit de maçonnerie en plâtras , ou
qu on couvre
EPAUFRURE, s. f. C'est le nom que donnent les ouvriers à l'éelat du bord d'un parement de pierre emporté par un coup de masse ou de trstu donné.