‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 2 sur 258 · ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENNE

Yé'abaque est, comme on le voit, une partie des plus importantes à la solidité réelle et apparente de l'architecture. Cette invention étant du nombre de celles que la nature, en tous temps et en tous lieux, suggère à tous les hommes , on ne doit point s'étonner de voir qu'elle est commune à tous les peuples. Les Chinois cependant, qui le |»lus souvent usent de colonnes en bois, les emploient assez volontiers mm chapiteau et sans abaqué.

On doit s'étonner davantage de quelques exemple modernes , où la suppression de l'abaque se fait remarquer. Une pareille licence dans l'architecture régulière que nous professons ne aauroit janiai* s'excuser; cet abus est d'autant plus Mùmahle, que

a ABA

dan» le» exemples en question , où Y abaque est supprimé, l'on a conservé l'échiné sur laquelle pose l'architrave. On ne sauroit douter que la méthode chinoise oe soit préférable à celle-ci , et que, si des raisons impérieuses forçoienl de supprimer l'abaque, il ne valût mieux renoncer tout-à-fait au chapiteau.

L'abaque est devenu , d'après les règles de l'art . une partie essentielle et constitutive du chapiteau. Ce couronnement a une forme différente , selon les ordres d'architecture. An toscan, au dorique, à l'ionique, il est carré; au corinthien et au composite il est echancré sur les faces. Dans ces deux derniers ordre», ses angles s'appellent carnes, le milieu balai, et la courbure arc ou ove. Cette courbure a ordinairement «ne «ose en son milieu ; dans W dorique grec ou Paaciea dorique , V abaque a la moitié du chapiteau ; mats dans le dorique postérieur, dans le toscan et d.in» l'ionique, les règles ordinaires lui donnent le tiers de tout h* chapiteau. Au temple de Piestum , et à ceux de Syracuse , V abaque a pins de saillie au-dessus de l'échiné, qu'aux autres temples de la Grèce ; ce qui donne au chapiteau un caractère de force et de grandeur. {Voyez Dokiol'E.}

Daus l'ordre corinthien, V abaque , ainsi qu'au ( prétendu] composite , est ordinairement la septième partie du chapiteau. Mais il y a beaucoup d'attenà apporter dans les dimensions de Vabaquc corinthien, Voyez Conta iiiikv

Suivant les auteurs du Dictionnaire de Trévoux, d'après Harrit , les ouvriers donnent le nom d'«baqur. à un ornement gothique avec un blet ou chapelet de la moitié de l'ornement, et ils nomment re filet le filet ou le cliapelct de Vabaqtu. Quelques architectes, au contraire, comme Palladio, entendent par abaque ht plinthe qui est autour de l'échiné; d'autre», suivant Scamozzi , ap|tellent abaque une moulure en creux, qui couronne le piédestal de fortin! toscan.

L'abaque s'appelle encore trapèze ou tailloir. ( Voyez Tailloir.)

ABATTOIR. Sont ce nom, formé du verbe abattre, (mot consacré dans le commerce de la boucherie , pour exprimer l'action de tuer les animaux destinés à la nourriture ) , on a construit a Paris et aux extrémité* de la ville de vastes édifices, on sont conduits, abattus, etdépécés, tous les animaux dont les chairs ne ré|iartissent ensuite aux étalages des bouchers, dans tous les quartiers de la ville.

Plusieurs des édifices qu'on désigne sou» le nom aoaioirs, oniriit nés plans tort ctenaus , ues con-

ABATTRE, verh. act. Mettre à bas, détruire, démolir une maison , un mur , un plancher , etc.

ABATUE. {Voyez Retomséi.)

ABAVENTS, subst. masc. pl. Nom que l'on

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donne à de prtits auvents , atl dehors des tours d'église et des clochers , dan» les tableaux des couvertures Ils sont faits de châssis de charpente, couvert» d'ardoise ou de plomb , et servent à empêcher que le son des cloches ne se dissipe en l'air, de sorte que le son est renvoyé en lias par réflexion. \je% abavents garantissent aussi le 1 «effroi de charpente de la pluie, qui entremit par les ouvertures. Il semble même que ce «croit leur principal usage, à en juger par la signification du tenue composé de deux mots abattre et tient qui abat le veut , tmi rabat la pluie -

ARHAVE, subst. fcm. C'est un bâtiment joint a un couvent , et habité par un ablié ou un abbesse , teqtael constate en filusioun appartenseiis également comnioaVia et propos* , et qui , dans une aiiaye de fonda lioa royale , s'appelle palais abbatial, comme jadis l'abbaye de Saint-Gcrmain-dcs-Prés à Pari» , ou celle de Saint-Denis.

Ce mot vient de l'hébreu* Ab , père, d'où les ChalJtvns et les Syriens ont formé abba, les Grecs abbtis, que les latins ont retenu , et que les Français ont conservé , en cltatigcant sa terminaison.

ABBEE, s. f. (terme a* architecture hydraulique). Nom qu'on donne à l'ouverture par laquelle on fait couler l'eau d'un ruisseau ou d'une rivière, pour faire moudre un moulin, et qu'on ferme pour la détourner, quand il n'est plus nécessaire que la roue tourne.

ABOUTIR, v. a. C'est, selon les plombiers, revêtir de tables niiuces de plomb Mauchi une corniche , un ornement ou toute autre saillie de sculpture ou d'architecture de bois , ce qui se fait avec des coins et autres outils , en sorte que le profil se conserve , nonobstant l'épaisseur du métal. Quelques - uns disent amboutir,

ABOUTIR , v. a. (terme d'architecture hydraulique). Raccorder un gros tuyau sur un petit, lorsqu'il est de fer, de grès ou de bois : cela se fait par le moyen d'un collet de plomb, qui vient en diminuant du gros an petit. L'opération est plus ajsée, si le tuyau est de plomb. On suppose ici qne la différence de la grosseur des tuyau* n'est pas considérable ; car autrement , au lieu d'un collet , il faut un tambour de plomb fait en conc , pour aboutir deu* tuyau*.

ABREUVOIR , s. m. C'est un glacis le plus souvent pavé de grès , et bordé de pierres , qui conduit à un bassin ou à une ri\ièrc , pour abreuver les chevaux.

ABUS, s. m. Les hommes abusent de tout , et des meilleures choses. Il y a un abus du bien et de la vérité même , lorsqu'on en porte à l'excès la pratique et le» conséquences. On en abuse encore par de» applications erronnées. En fait de principes d'art et d'imitation , rien de plus facile et par conséquent

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qxn les produisent. Noua nous contenterons ici d'indiquer , à l'égard de l'architecture , une des sources les plus fécondes de* abus, qui de tout temps s'y sont multipliés.

Cosnsae il n'y a pobtt de règle , eu quelque genre que ce soit , qui ne souffre quelque exception , il est bien naturel de penser que les principes sur f l'architecture, ont moin la propriété d'une

i qui entrent dans le système de cet art, pour voir que pins d'une de ces conventions repose, soit sur l'instinct du gi u'it , soit sur une assimilation pins ou moins idéale des reuvres de la nature , soit sur les propriétés de notre faculté visuelle , soit snr celles de notre intelligence. Cet art, considéré dans la asatière qai lai donne l'existence, semblèrent le moins participer des propriétés morales et ioteliec- 11 est peut-être cependant celui qui , dans ses et dans leurs effet», a le pins de rapports de ment arec notre esprit ; celui qui , pour

auxquelles chaque | nous prêtions.

Il résuite de là , que les principes d'imitation et les règles d'riécntion de l'architecture exigent de nous une certaine nature de concessions , sans lesquelles il cesserait d'être un art , et rentre roit dans ta sphère des travaux mécaniques. Or, c

pour être des exceptions à m

Eh bien ! ce sont précisément ces exception* qui la cause la plus ordinaire et b pins na- 1 des abus. Or ce qu'on dit ici des abus de Tarare a lieu de la même manière pour les aitu de tous les genres.

L'exception est une déviation plus ou moins légère de b rigueur des règles. Il n'existe aucun genre de règles, en quelque matière que ce soit, qui n'ait de ces déviations. Les principes de la morale oot eux-

s; et de même , en voit que de ces modifications exceptionnelles sont nruncs les paradoxes et les sophismes .

On ne saurait dire combien tf abat sont nés d'un certain nombre d'exceptions aux principes d'une régularité mathématique , ou anx règles dn système analogique d'imitation adopte par l'architecture. On prouvera , aux mots architecture , bois, arbre, etc. qu'indépendarnsnent des crovances de toute Tantide bonne foi ne nent se refuser à

primitive en bois , mais les besoins mêmes de cette Irai

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ceux qui reconnoisseut cette imitation. Les uns ont professe pour son observance un rigorisme qui , s'il pouvoit avoir lieu, en det ruiroit le charme ; les autres, argumentant des restrictions que la nature seule de cette imitation de voit y apporter, ont préféré d'en rejeter l'emploi. Dès-lors ils n'ont plus reconnu d'autre régulateur que le caprice et le génie de l'arbitraire.

On voit par là qu'il y a beaucoup de reserve à apporter, dans les conséquences qu'on peut tirer des i sur lesquels repose le goût en architecture, tous n'avons , dans cet article , entendu parler que des principes de goût. Quant aux principes relatifs à la constructKMi, c'eat-à-dire la solidité et b durée des édifices, nous appellerions plutôt erreurs ou vices, qu'abus, les contraventions à «les règles qui ont pour base matérielle et incontestable l'expérience physique et les démonstrations de la science ; aussi n'en dirons-nous rien dans cet article.

Pour revenir à ce qu'on appelle généralement r, relativement à l'art, nous dirons qu'il en est un peu de l'architecture comme des langues , où il se

avertis en règles. Teb sont t des colonnes; tels sont dans

aux règles de b grammaire , mais qu'un long usage a autorisées , au point qu'il n'y a plus moyen de les corriger, lorsque d'autres, manquant de l'autorité du temps, sont re jetées et doivent l'être par les écrivains en possession de fixer les règles du langage Nous remarquerons de même dans l'architecture deux sortes A'tibus , rebtivetnent aux autorités qui les ont plus ou moins autorisés. Les premiers, nonseulement se sont fait légitimer par b force de l'habitude , mais Us sont devenus tellement nécessaires , qu'ib ont presque été

les frontons et leurs parties rampantes, que l'on bit perpendicubires » l'horizon , et non conformes à b ligne de b pente ; telle est b méthode de mettre des modifions aux quatre côtés d'un édifice, et d'en mettre à b corniche servant de base an fronton. Les modiilons, en effet, représentant les bouts des solives, ne devroient, à b rigueur, se trouver qu'aux côtés sur lesquels sont censés poser les cheet les forces. 11 est dooe contraire à b réabte du modèle imité par ces objets, de les placer aux endroits des toitures, où l'on ne peut pas supposer qu'il puisse y avoir des chevrons, des forces ou des pannes. Ces sortes d'abus s'appellent des licences.

Il n'en est pas ainsi de b seconde classe d'abus. La licence est une exception à b règle, et IW'i<< est une extension donnée aux exceptions. ( f^oytz LlCMCH. )

Si certains exemples notables les ont introduits en quelques occasions, nu doit dire qu'ils n'ont acquis qu'une autorité précaire. Palbdio a bit un chapitre de ces sortes A' abus, dont il réduit le nombre a quatre. Ils consistent, suivant lui, i*a employer des cartouches pour supporter des objets

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