‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 213 sur 258 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

partie sur la nature , et en partie sur une imitation libre et indépendante d'une critique trop exigeante.

Les feuilles qui entrent dans la composition des ornemens sont ou naturelles ou imaginaires.

Au nombre des feuilles naturelles on met celles du chéue , du laurier, de l'olivier, du palmier, et une multitude d'autres que l'art modifie plus nu moins, comme celles de 1 acanthe, {frayez Acanthe.) Les feuilles imaginaires sont, ou celles que le caprice de la décoration imagine au gré des formes variées qui les reçoivent, ou celles qui ont reçu de certaines conventions une manière d'être, laquelle participe du vrai et du factice. Certaines feuilles de chapiteaux sont de ce dernier genre.

Les feuilles qu'on ajuste à la décoration du chapiteau corinthien sont de quatre aortes; savoir, d'acanthe et de persil , qui sont découpées ; de laurier, qui sont répandues par bouquets de trois feuilles; et d'olivier, qui sont par bouquets de cinq.

L'imitation que l'art doit ambitionner en fait de feuilles dépend des objets auxquels on les applique, et de la distance d'où on les voit. 11 est des parties voisines de l'œil, où les anciens ont visé à contrefaire chaque nature de feuille avec un tel soin , qu'on en reconnoît tout de suite l'espèce; mais dans les membres éloignés de la vue, ils ont pratiqué de certaines conventions d'exécution qui ont pour but l'effet du tout ensemble , effet auquel ils ont sacrifié les vérités partielles.

Tels doivent être, par exemple, les feuillages qu'on emploie dans les cnroulemens des frises. Le motif seul de ces feuillages est emprunté à la nature. La composition de leurs détails, la flexion de leurs contours, l'exécution de leurs jiarties, sont subordonnées a une convention particulière {voyez Rinceau), qui est celle de l'ornement dans ses rapports avec les sujétions de l'architecture. Or la sculpture , lorsque l'architecture l'emploie, ne doit plus considérer chacun des objets de son imitation sous le seul rapport de l'objet imité avec son modèle , comme si cet objet de voit y être comparé. Ces objets sont destinés a concourir à un effet général, et l'intérêt particulier de chaque effet doit céder à l'intérêt du tout. De là procèdent les modifications que subissent les feuilles de l'ornement tant dans leur composition que dans leur travail. On appelle :

Feuilles d' angles, celles qui sont aux coins des cadres et aux retours des plafonds de larmier.

Feuilles d'eau , celles qui sont simples et ondées, qu'on mêle quelquefois avec les feuilles à» refend.

Feuilles de refend , celles dont les bords sont coupés et refendus, comme l'acanthe et le persil.

Feuilles galiées, celles qui ne sont qu'ébauchées pour être refendues, c'est-à-dire qui n'ool pas été achevées.

Feuiu.es tournantes, celles d'un corps ou d'un membi

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