GAI
inflexion ou ratir/jure. On s'en sert pour exprimer la grâce du contour d'un feuillage dans l'ornement d'un vase, d'une colonne, et même la courbure extérieure d'une coupole.
GALERIE, s. f. Ce mot s'applique à des objets divers , et s'entend de plus d'une manière dans les travaux et les ouvrages de l'art.
L'idée générale exprimée par ce mot est celle d'un lieu COttvert, beaucoup plu» long que large : ausM voyons-nous qu'on appelle ainsi une petite allée d'environ 3 pieds de large et (> pieds de haut , qu'on pratique sous terre pour l'exploitation d'une mine. Le même nom se donne dans la fortification a des conduits souterrains pratiqués dans les ouvrages pour étahlir des communications qui ne soient |as aperçues des assiégés.
On a donné le nom de galerie, dans les p> ramilles égyptiennes, à de» corridors fort étroits et fort longs , construits dans leur intérieur, et fermés ensuite par des pierres qui dévoient en rendre l'accès impraticable.
Galerie se dit, dans les batimens, de tout local construit en longueur, communiquant d'un lien à un autre, servant de promenoir couvert, et placé soit a l'intérieur, soit à l'extérieur.
Dans ce sens, les colonnades circulant autour des temple» péiïptères des anciens peuvent s'appeler galeries. On appelle de même les travées intérieures des anciennes basiliques et de quelques églises gothiques qui offrent aussi deux rangs de galeries l'un au-dessus de l'autre. On nomme galerie l'espace occupé dans l'intérieur d'une cour par les portiques a
C'est ainsi qu'on dit à Paris les galeries du Palais- Royal, f'oyez les mots Poutiql e , Colon. m de, etc.}
Les anciens pratiquoient dans l'ensemble de leurs maisons et de leurs palais des galeries auxquelles ils donnoieut le nom de erj-ptoponique , root qui ne signifie pas toujours un lieu sombre et souterrain, mais qui |ieut aussi désigner une galerie voûtée. 11 y avoit sans doute de ces galeries tenues dans des lieux bas et à |ieu près privés de lumière, où l'on se déroboi! aux ardeurs du soleil. ( fores CRVrToroRTiQi r. Toutefois nous voyons que Pline le jenne désigne par ce nom, dans sa maison de Laurentum, une galerie dont la grandeur et la beauté approchoient de celles des monumens publics , et qui étoit percée de fenêtres de part et d'autre. Ailleurs il donne encore le nom de crrpttiporlique à uoe galerie fermée et située en haut, in édita posita. Du reste, les anciens exprimoient parles mots ambulatio , xislus , ambalaerum , la pièce destinée à se promener à comert dans leurs maisons. Si certains restes de construction antique qu'on voit sur la montagne d'Albano, et dont la voûte est encore ornée de caissons en stuc, furent ceux d'une galerie, on peut croire que ces
GAL
pièce» êtoicnt autrefois comme à prêtent les parties des palais les plus richement décorées.
Ce qu'on appelle aujourd'hui pr excellence palené dans les plais des princes et des grands, est une pièce ayant aussi pour objet principl d'offrir à la réunion de ceux qni s'y rendent un promenoir spacieux, et qu'on destiue encore, soit à des cérémonies publiques, soit à des fêtes, à des bals et à des concerts.
C'est dans ce genre de galeries que l'architecture et la décoration peuvent développer toute leur magnificcQce. La pro|>ortion de ces sortes de pièces ne ■tarai être déterminée avec précision. Le rapport de la hauteur est celui qui se laisse le plus aisément fixer; il dépend ordinairement de la largeur de la pièce, et ici comme daus le plus grand nombre des intérieurs il est rare qu'on se permette de donner à l'élévation plus du double de U largeur. Mais quant à la longueur d'une galerie, on ne trouve dans celles qui existent aucun usage qui en ait fixé le rapport avec celui de l'espce qu'elle doit occuper en large. On peut citer des galeries qui ont en longueur deux, trois ou quatre fois leur largeur, et celle de Versailles la contient sept fois sans proitre disproportionnée. Le caractère d'une galerie comme lieu destiné à la promenade, comporte très- naturellement une assez grande étendue en longueur ; si cependant on outre- I assoit en ce genre un certain point que le goutscul peut fixer, la galerie perdrait de sa noblesse, et ressemblerait a un corridor ou pssage de communication.
La ^flfrrie étant , dans les plais, une pièce d'apprat et destinée plus à la représentation qu'à l'habitation , l'architecte y éprouve beaucoup moins de sujétions qu'ailleurs et y déploie librement ses ressources. Ainsi elle peut être décorée d'ordonnances régulières, soit eu colonnes, soit en pilastres, comme la galerie du plais Colonna a Rome et celle de Versailles ; ou ornée de niches et de comprtimens de marbre, comme celle du palais Farnèse ou de la villa Albani. Il n'y a guère de pièces qui offrent à la peinture des motifs plus grands et de plus speieux emplacement, soit dans les murs, soit dans les voûtes et les plafonds. Plus d'une galerie est devenue par ses peintures un monument historique ; on peut citer à Florence celle du plais Buonaroti, à Paris celle qui ornoit jadis le Luxembourg.
Une galerie, lorsque tous les arts y sont réunis pr une intelligence unique, dirigés vers un but, et I consacrés à traiter un seul sujet auquel se rapportent , comme autant de signes allégoriques , tous les détails de ses ornemens ; une telle galerie , disonsnous, pourroit à quelques égards être appelée un poème en peinture; les compositions particulières semblent y être au Uni de chants séparés, mais réunis pr une conception commune. On doit appliquer une prtie de cette comparaison à la galerie du plais Farnèse comme composition mythologique , a la galerie de Versailles en tant que composition his-
GAL 655 torique, et a plusieurs autres productions semblables du génie des peintres modernes.
Malgré les écarts où le génie décoratif de la peinture a pu faire quelquefois tomber l'architecturcdans l'ornement des galeries , on ne saurait trop désirer que l'union des deux arts su renouvelle en ce genre, et fasse rentrer la peinture dans une de ses plus nobles carrières. Il faut uns doute , |>our que l'accord et une heureuse harmonie aient lieu en ce genre , qu'une seule intelligence y préside , et assigne à chaque prtie sa place cl sa mesure. C'est a l'architecture qu'apprtient cet emploi. Si la peinture s'en empare , il est à craindre que la facilité qu'elle a de changer, pr le prestige descouleurs, l'appreure des formes et du fond même de la construction, ne dénature le dessin de l'architecte, comme beaucoup trop d'exemples l'ont prouvé. Mais plus d'une galerie prouve aussi que les deux arts peuvent s'associer dans cette sorte de composition sans se combattre , et unir leurs ressources sans compromettre leurs intérêts.
Il faut distinguer une galerie pinte , ou ornée pr la peinture , d'avec une galerie de tableaux. Dans la première, les sujets peints font prtie de la composition générale et décorative de l'ensemble ; dans la seconde, les tableaux ne sont qu'un ornement accessoire et amovible. {Voyez Cabinet de tableaux et Pinacotheca.)
On donne volontiers le nom de galerie à toute sorte de collection d'ouvrages d'art ou d'objets curieux , et l'on dit également une galerie de statues, une galerie d'antiquités, de plans, de gravures, etc. L'on entend même pr ce mot , moins le local qui contient les objets, que les objets qui y sont contenus- Ainsi l'on dira que telle galerie a été vendue, transférée, gravée , décrite ; et l'on affecte encore le même nom aux ouvrages qui en renferment la description.
Galerie d'eau. C'est une longue allée renfermée dans un bosquet , et bordée de jets d'eau.
GALETAS, s. m. Etage pris dans un comble, éclairé pr des lucarnes, et lambrissé de plâtre sur un lattis, pour cacher la charpente du toit ainsi que les tuiles et les ardoises.
GALILEI (Alexandre), architecte florentin, né en 1691 , mort en 1737.
Après avoir pssé sept ans en Angleterre , où quelques seigneurs de ce pys l'avoicnt conduit , Galilei fut nommé surintendant des édifices publics de Toscane pr les grands-ducs Cosme III et Jean Gaston. Toutefois il ne fit rien de remarquable ni en Angleterre ni en Toscane. Son talent ne se développ qn'à Rome , où Clément XII l'avoit applé , dans trois ouvrages sur lesquels se fonde sa réputation ; savoir . la façade de Saint-Jean-des-Florentins, le portail de SaintJean-de-Latran , et la chapllc Corsini que renferme cette basilique.
(156 GAL
De ton temps , Michel-Ange avoit fait un projet de façade pour «on église nationale , mais il n'en rrstoit plu* qu'un foi hic «onvenir. On eut alors l'idée d'adapter à l'église Saint-Jean le dessin que Michel-Ange a, oit destiné au lrontisp.ee de Saint-Laurent à Florence, et qui n'y avoit jamaii été exécute. Quoiqu'il fût reconnu que ce dessin convenoit parfaitement au nouvel emplacement , l'idée fut rejeté* . On étoit persuade que l'architecture, depuis Michel-Ange, de— voit avoir fait de grands progrès. On demanda à Galitei un nouveau dessin de portail . et on le chargea de sou exécution. L'ensemlile de sa composition ne manque ni de graiuleur, ni de richesse, ni d'une certaine beauté d'ordonnance, quoiqu'elle soit à deux ordres de colonnes corinthiennes , que les niches y semblent trop petites, que les ressauts de l'entablement du premier ordre y fassent un mauvais effet, et qu'on puisse y trouver tout au moins inutiles les socles élevés sur lesquels posent les colonnes.
ijt façade de Saint-Jean-dc— Latran . composée et exécutée par Galitei , est sans doute une des jilus grandes masses que l'architecture ait produites en ce genre ; mais en la voyant on éprouve le regret qu'une semblable entreprise n'ait pas été conçue daos nn parti plus heureux et avec un emploi de moyens moins composés. Le besoin de ménager dans ia composition de cet ensemble une kggia pour la bénédiction papale . est sans doute ce qui a détourné ici l'architecte, comme à Saint-Pierre, de l'unité de motif qu'on voudmit toujours trouver dans le frontispice d'un vaste temple. A Saînt-Jean-de-Latran , le parti adopté par Galitei est très-cloigué de cette heureuse simplicité qui établit un rapport sensible entre l'intérieur et l'extérieur de l'édifice. I<e frontispice de Saint- Jean -de- Latran présente d'une manière beaucoup trop sensible l'idée de deux étages formés par deux rangs de portiques, l'inférieur en plates-bandes , le supérieur composé de cinq arcades ; celle du milieu , soutenue par deux colonnes de cluque coté , est la loggia ftonlijicalr. Lne grande ordonnance composite occupe toute la liauteur de la façade, dont l'avant» i m |is, avec fronton , est orné de cluque côté par deux colonnes accouplées • le reste est en pilastres. Le genre une fuis admis, on peut dire que cette architecture a quelque chose de théâtral et d'imposant, et le dessous du portique se fait admirer encore par sa richesse et sou élégance.
Mais pour un goût un peu sévère, le meilleur morceau d'Alexandre Gidilei est la chapelle qu'il a construite et décorée dans Saint-Jean-de-Latran , et qui appartient à la f.imillc Corsini. Il y règne nn bon genre d'ornemens et une assez grande sagesse de disposition. La critique pourroit v tronver à bUmer la hauteur du soubassement sur lequel pose l'ordre, le trop d'élévation de la coupole, et ces piédestaux sur d'autres piédestaux pour sup|<orter les colonnes d'albàtrc et de porph\rc qui décorent l'autel et les denx jjrandcs niches. Cependant on s'aperçoit prompte-
GAL
ment que ce deruier delaut , quoique grave en «oiméme , ne doit pas être mis sur le compte de l'architecte ; que les beaux marbres des colonnes qu'il devoit employer n'avoient pas assez de liauteur, et qu'il a dû leur chercher un supplément de dimension dans les doubles socles dont ou vient de parler.
Il résulte de ceci que Alexandre Galitei, s'il n'a pas excellé dans la disposition et l'ordonnance des édifices , s'est montré homme de goût et ingénieux dans la partie de ht décoration. Du reste, il fut habile mathématicien, et rrcoiuniandable par beaucoup de belles qualités.
GALLI {BlSlEM» FebdIKaNDo). Le nom de Galti est celui d'une famille d'architectes asseï célèbres en Italie; le second de ses noms e»t un surnom qni fut donné a leur père Jean-Marie, pour le distinguer dans l'école des Carraches, où il étudioit, d'un autre Galti. Bibiena était le nom d'un petit endroit de la Toscane où Jean-Marie étoit né. Ses enfans furent dans la suite plus connus sous cette espèce de surnom .
Celui qui s'illustra le premier fut Ferdinand Galli, dit Bibiena, peintre et architecte. Entre antres édifices qu'il construisit a Parme pour le duc Ranucrio Farnèse , on cite la belle maison de plaisance de Coin rno , qu'il orna d'un superbe jardin et d'un magnifique théâtre. Ces entreprises lui acquirent une réputation qui le lit appeler a Barcelone pour y diriger les fêtes qu'on y donna lors du mariage de Charles III. Ce prince devenu empereur, Bibiena le suivit a Vienne, et y donna les dessins des fêtes magnifiques qui eurent lieu pour la naissance de l'archiduc. Il retourna ensuite dans sa patrie, et s'y fixa pour le reste de sa vie. Adonné spécialement à la décoration des théâtres , il remplit l'Italie de ses ouvrages. On a fait un recueil de toutes les perspectives et de tontes les décorations qu'il y a peintes. Né ea 1657, il mourut en t»43.
GALLI (Bibiejjl Fsancesco), le second de cette famille, fut frère de Ferdinand, et comme lui architecte et peintre.
Il fit bâtir un bcan manège pour le duc de Maotour , et peignit de fort belles décorations pour les théâtres d'Italie. A Vienne il construisit un magnifique théâtre, et un semblable à la cour de Lorraine. De retour en Italie, il fut indiqué par le célèbre Scipion Maffeï à la société philharmonique de Vérone pour la construction do théâtre qu'elle vooloit élever. Francnù Bibiena répondit pleinement aux vues de la société. Vérone peut se vanter d'avoir nn des théâtres les mieux entendus qu'il y ait eu en Italie : portique extérieur, escaliers magnifiques aux quatre anples, «ailes et rorriilors commodes, cet édifice réunit tout ce que le goût et l'utilité peuvent demander. L'orchestre est sépare du parterre , de peur que les spectateurs ne soient incommodés par
CAR
çon que l'on ne voit jamais les acteur* décote. Entre la scène et le parterre se trouvent placées les portes d'entrée, selon l'usage des théâtres antiques.
François Bibiena alla à Rome , où il construisit le théâtre d'Aliberti, qui n'est remarquable que par son étendue. Il naquit en i65ç), et monruten i^àg.
GALLI (Bibiena Antoine), né en 1700, fut fils de Ferdinand. Il hérita du talent de sou père, et s'exerça dans les mêmes genres de peinture et d'architecture de théâtre. Il travailla beaucoup en Italie, plus encore a Vienne et en Hongrie. De retour en Italie après la mort de l'empereur Ourles VI , en 1740, il construisit et orna de décorations les nouveaui théâtres de Sienne, de Pistou , et celui de la Pergola à Florence.
L'ouvrage qui a le plus fait connoitre Antoine Bibiena est le nouveau théâtre de Bologne , dont il donna différons projets. Celui qui fut choisi devint l'objet de tant de controverses , qne l'intention première de l'architecte a souffert beaucoup d'altérations : du reste, il a l'avantage d'être construit tout en pierre ; il a cinq rangs de loges, et chaqne rang contient vingt-ciuq loges. Commencé en 17&), il fut terminé en 1 763 , bien qu'il y manque encore le portique antérieur.
GARDE-FEU, s. m. On nomme ainsi, soit un grillage, soit une plaque de métal qu'on place en avant des cheminées pour empêcher d'approcher trop près du feu , et pour contenir dans l'intérieur dé l'âtre les bois enflammés qui pourroient rouler dans la chambre. Il y a des garde -feu ornés de bronr.es, de sphinx en relief, en bas- relief , et de divers objets qui y sont plaqués.
GARDE-FOI", s. m. C'est une balustrade ou un parapet à hauteur d'appui, le long d'un quai, d'un fossé , ou aux deux cotés d'un pont.
GARDE- MANGER, s. m. Petite pièce voisine des cuisines, où I on conserve les viandes; elle doit être exposée au nord.
GARDE-MEUBLE, s m. C'est, selon la grandeur des nuisons, une pièce ou une galerie pratiquée ordinairement en haut , et qui sert de déjwt aux meubles d'été pendant l'hiver, et d'hiver pendant l'été , ou à ceux que l'on met en réserve pour
C'est également dans le haut des maisons qu'Homère place les cimetia , qui étoient les garde-t-meubles où l'on conservoit les présens d'hospitalité pour les étrangers , les bijoux , l'argenterie , les étoifes précieuses.
Le garde-meuble est quelquefois un bâtiment a part, et détaché des palais, ce qui n'a guère lieu qu'à l'égard des plais des rois.
GARDE-ROBE, s. f. Pièce d on appartement
ou serdc décharge et