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grande on trop petite, de manière qu'il faut presque toujours tirer le fardeau pour le mettre en place, ce qui augmente- singulièrement l'effort contre le poiu-
qu'iî se casse.
Un troisième inconvénient non moins grave, c'est que, par le système de construction de cette machine, ton centre de gravité se trouve en avant du poiuçon , en sorte que, même sans être chargée J elle tendrait à culbuter du côté où l'on suspend le fardeau, si l'on n'avoit pas soin de charger la queue de la grue pour renforcer ce centre vers le milieu du poinçon.
Un nouveau genre de grue, invente par M. Ron-
delet, fut mis en œuvre pour élever les quatre du dôme de Sainte-Geneviève. Quatre de ces grues y furent mises en activité à la fois, et elles entêtèrent des pierres de 36 à 4<> pieds cubes , pesant de six à sept milliers , jusqu'à i r»o pieds de hauteur, sans être fatiguées, et sans qu'il soit arrivé le moindre accident. On n'auroit jamais osé lier des poids aussi considérables à des griici ordinaires , à cause de l'effort qui aurait eu lieu contre le poinçon, effort qui aurait été de plus de ceut vingt milliers, tandis qu'un poinçon de 1 8 pouces de diamètre ue ]>cut pas résister a un effort de plus de soixante-cinq milliers.
La hauteur totale de ces grues étoit de M\ pieds, leur plus grande volée de 1 8 pieds, et leur plus petite de g pieds ; en sorte qu'on peut faire décrire au fardeau des arcs de cercle depuis 9 jusqu'à 18 pieds de rayon.
Le lecteur qui voudrait avoir de plus amples dèvcloppcmens sur cet objet, les trouvera dans l'ouvrage de M. Rondelet, intitulé Traité de l'art de bâtir.
G R L'EAU , s. m. {Voyez Exci» et G»ce.)
GRUGER , v. a. Se dit du travail de quelques matières qui, dans certains cas, ne peuvent être taillées avec un outil tranchant , et sur lesquelles on agit avec l'outil de la manière dont la dent brise un corps dur et sec.
GUARINI, né à Modène, architecte de l'école de Borrotniui, vécut dans la dernière moitié du dixseptième siècle et dans la première du dix-huitième.
L'homme est condamné à passer sans cesse du mouvement au repos et du repos au mouvement. Cette loi s'applique aux besoins du corps comme à ceux de l'esprit ; c'est d'elle que dérive ce principe de mobilité qui , dans la région des arts et de l'imitation, change pour perfectionner, et qui, chi toujours, gâte le bien en croyant faire du Selon que les institutions sociales enchaînent ou émancipent par trop le principe du mouvement moral, on verra en divers pays et en différens temps l'esprit de l'homme rester stationnaire, ou tourner sans cesse sur lui-même autour du cercle qu'il parcourra , tans pouvoir s'arrêter a aucun point.
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En appliquant ceci à l'architecture, on voit clairement pourquoi dans l'ancienne Egypte, par exemple, tout resta soumis a la routine des formes une fois établies, et pourquoi dans les pays modernes une mobilité extraordinaire s'est emparée de l'art de bâtir. C'est qu'en Egypte le joug des institutions religieuses ne cessa point de peser sur toutes les parties morales ou matérielles de la société. De là l'uniformité et la perpétuité. Kicn de semblable n'eut lieu chez les |ieuples modernes. Il ne s'y est établi dans les travaux des arts aucun régulateur, aucun type constant , qui ait permis d'y admettre, comme dans les oeuvres de la nature, la variété favorable aux inventions du génie, tout en y repoussant les caprices de l'esprit d'innovation indéfiuie.
Ce juste milieu dans les causes qui agissent sur la direction des arts s'est rencontré en Grèce, et nous voyons qu'un laps de douze siècles avoit produit dans l'architecture de cette nation beaucoup moins de variations que le cours de quelques années n'en a tu naître dans l'architecture moderne.
Lorsqu'au milieu d'un pays s'élèvent de grands et solides monumens dont la forme , garantie par la religion, consacre l'immuabilité , il est difficile que ces grands modèles, en donnant au goût général une sorte de stabilité, ne le préservent pas des abus de l'innovation.
Rien de semblable ne put influer sur l'architecture renouvelée dans les temps modernes. Dès que les ténèbres dn moyen âge furent dissipées, et qu'une nouvelle lumière, émanée des ouvrages de l'antiquité, eut parti se répandre sur l'art de bâtir de l'Europe, le goût de l'architecture grecque eut à combattre un grand nombre d'usages qui s'opposoient à la simplicité de son système. Il fallut en quelque sorte la refondre pour les nouvelles applications auxquelles elle fut contrainte de se conformer. De là la variété des conceptions, des exceptions, et des libertés que chacun se crut le maître d'imaginer et de faire prévaloir, dans l'érection des temples surtout. Pour le dire en un mot : moins d'un siècle sépare Bramante de Borromini ; or nommer Borromini , c'est désigner l'entière corruption non-seulement de l'architecture grecque, mais, on peut le dire, de toute architecture raisonnable.
Telle fut l'influence de cet architecte trop célèbre sur le goût de son temps, qu'il |»rvint non-seule— meut à faire école , mais à former des élèves qui ont encore aggravé le vice de sa manière eu donnant à l'exécution des bizarreries empreintes dans ses constructions l'appui des sciences mathématiques.
De ce nombre fui le Père Guarini de Modène, religieux Théatin , qui dans le cours de la lin du dixseptième siècle et du commencement du dix-huitième , a rempli de ses édifices plusieurs des principales villes de l'Europe.
Architecte dn duc de Savoie, il construisit à Turin la porte appelée du Pô, la chapelle en rotonde du