HEM
tillées ensemble, comme aux chapiteaux des trois colonnes de Campa Vaecino à Rome.
HÉLIOPOLIS. Bauioei.)
IIf.i.iopoi.is. Ville antique de l'Egypte.
Les restes actuels d'Hélinpolis consistent dans une enceinte en briques, laquelle a 1 8 à 30 mètres d'épaisseur, et plus d'une lieue de circuit. Cette enceiutc est remplie d'une multitude de buttes formées par des décombres. Il n'y reste qu'un seul monument debout ; c'est l'oliclisque connu sous le nom d'aiguille de Matariée. Ce nom est celui d'un village qui a succédé a l'ancienne /Miopolis , et qui en est éloigne d'un quart de lieue vers le sud.
La hauteur de cet obélisque est de ao mètres Vf centimètres i la largeur delà base est d'un mètre 84 cent.; ses faces, à la jiartie supérieure , ont de large un mètre 17 cent. La matière est un granit rouge parfaitement poli. Sur chacune de ses quatre faces règne dans toute la hauteur une colonne d'hiéroglvphrs. L'obélisque est mieux conservé dans sa partie moyenne et supérieure que dans l'inférieure, et dans la face du sud que dans les autres. Il paroit qu'on a essayé de le renverser. Les eaux s'y élèvent aujourd'hui fort au-dessus du sol Par l'effet de l'exhaussement qu'ocrasionent les inondations actuelles, le terrain s'est élevé jusqu'à un mètre 78 cent, audessus de la hase. La trace des plus liantes eaux est marquée à 3 mètres et un tiers au-dessus de ce même point, c'est-à-dire à un mètre 55 cent, du sol actuel.
L'enceinte d'ffcliopolis renferme des débris en marbre, en granit, en brèche, mais qui n'offrent que des restes informes. Il paroît que les matériaux de quelque valeur ont été transportés à Qclvoub et dans les villages voisins. La longueur de l'enceinte actuelle est de 14*00 mètres sur 1000 mètres. Toutefois il est certain que la ville avoit beaucoup plus d'étendue.
IIELIOTROPI1 M. C'est le nom que les Grec* donnoient aux cadrans solaires, c'est-à-dire à un instrument dis[>osé de manière que l'ombre, projetée par un objet proéminent, indiqnoit la division du temps, et surtout celle des heures.
HEMICiCLE, s. m. Vient d'hemicrclium , lequel vient du mot grec «auxvkAk et Tent dire demicercle.
C'est aus»i la signification propre du mot hémicycle selon les diverses acceptions qu'il reçoit.
Les anciens ap|>eloicnt hémicycle une machine de théâtre, que Pollnx prétend avoir été placée près de l'orchestre, à ce qn'il paroit dans les parties latérales de la scène , et qui servoit à faire voir aux speetatrnrs un site éloigné. On a présumé que ce ne pouvoit être autre chose qu'une sorte de rideau peint, représentant des lointains , lequel pouvoit se lever et se re|Jacer à volonté.
HER
Le ifOm A'hémicycle se donnent aussi jadis a un n cadran solaire. C'était une plinthe inclinée coupée en demi-cercle. Au milieu s'élevoit un style dont la pointe rrpondoit au centre de Y hémicycle , et rt1 présentait le centre de la terre. Cette invention était due II à l'astronome Bérosc, qui vivoit du temps d'Alexandre.
Ou donnoit le nom A'hémicycle dan* l'antiquité à des sièges dtuit le dossier formoit un demi-cercle.
On appeloit hémicycle dans les basiliques des anciens cette partie demi-circulaire qui terminoit l'édifice daus son intérieur, cl où siégeoit le tribunal. {t'ayez Basiliqie.)
Hémicycle, en tant qu'il signifie demi -cercle, peut, comme l'on voit, convenir et se donner a beaucoup «le partiel des édifice» et d'objets divers dans l'architecture.
Eu construction on nomme hémicycle le trait d'un arc et d'une voûte formée d'un demi-cercle qui se divise en autant de parties égales qu'on veut tailler de votusoirs pour la bander, en observant toujours que la clef qui sert à la fermer soit d'une seule pierre, et qu'elle soit placée au milieu.
On appelle du même nom , soit le panneau , soit le moule, soit la cherche de bois ou de carton qui sert de patron pour tailler les voussoirs dont on vient de parler, et à construire un arc de voûte.
HEMISPHERE, s. m. Du latin hemispharium, vent dire demi- sphère ; et sphère signifiant globe, l' hémisphère est la moitié d'un globe coupé par un plan qui |iasse à son centre.
HÉMISPHÉRIQUE, adj. Corps qui est et qui ligure la moitié d'un globe, ou la forme qui en approche. En architecture on ap|iclle votlle sphérique, celle d'une coupole qui est formée sur la courbe d'un globe parfait : ainsi la voûte hémisphérique sera celle qui n'offrira que la moitié de la précédeute. Tel devroit être le nom , par exemple , de ces voûtes que l'on appelle cul -de -four, (fore: ce mot; voyez
VotlTE SPHÉRIQUE.)
HERCLLAM M. Ville assez considérable de l'Iulic dans la Campanie, et voisine de Naples, dont il existe encore de fort l*aux restes qu'on est pari à découvrir, et qu'on voit sous les couches de i qui l'ont engloutie.
Selon l'opinion vulgaire, cette ville ainsi que celle de Porapeï disparurent entièrement lors de la fameuse éruption du \ésuve, qui date de la première année du règne de Titus, c'est-à-dire l'an 79 de l'ère chrétienne.
M. Laporte Dutbeil, dans un mémoire inséré au Magasin encyclopédique,* fait voir que la destruction totale de" ces villes ne date point de cette époque, et que l'éruption décrite par Pline le jeune n'en point la ruine On les voit sortir de lei
HER ,o;
ruines sous le règne même de Titus. Elles eurent encore un reste de splendeur sous Adrien ; on le* retrouve dans le règne d'Antonin. Herculanum et Pompci sont encore debout et même habitées dans le monument géographique appelé la carte Je Peutinger, et qui est d'une date postérieure au règne de Constantin. Mais dans l'Itinéraire dit improprement d'Autoniu, on ne remarque plus ni l'une ni l'autre de ces deux cités. D'où l'on peut conjecturer que leur entière disparition aura eu lieu pendant cet intervalle de temps qui sé|»re la carte de Ptutinger d'avec la rédaction de {'Itinéraire. L'éruption qui les aura totalement ensevelies aura probablement été celle de .{7 1 , dont Marcellin a décrit les ravages.
D'après les renseigne nu us puisés par M. Dutbeil dans les historiens napolitains, il paroit certain qne dès la fin du seizième siècle on avoit entrepris des fouilles dans les environs d' Herculanum , mais elles furent bientôt interrompues, et l'objet en fut oublié jusqu'aux dix-huitième siècle. En 1720, le prince d'Elbœuf de Lorraine, faisant bâtir une maison de campagne sur les bords de la mer, près de Portici , acheta quelques objets antiques qu'un cultivateur des environs avoit trouvés en creusant un puits. Ce puits, qui révéla l'existence de l'ancienne ville A' Hrrciilanum , se voit encore et se trouve immédiatement au-dessus du théâtre, qui reçoit le jour au moyen de celte ouverture.
Le priuce d'Ellmuf ne tarda pas à acquérir le terrain où le paysan avoit trouve les antiquités dont ou a parlé. Il y fit faire de nouvelles fouilles , et bientôt il trouva des fragmens de colonnes et des statues. Depuis lors on n'a pas cessé de trouver dans ces terrains des objets d'antiquité de tout genre , dont la collection gravée du Musée de Portici ou des peintures d'Herculanum , ont douné connoissanec à toute l'Europe.
Les objets qu'il seroit sans doute le plus important de découvrir, je parle des mon u mens de l'architecture , sont ceux dont la découverte offre le plus de difficulté. A Pompeï les restes des édifices sont ensevelis peu profondément, et ils le sont sous une couche facile à déblayer de cendres formées de fragmens de pierre-ponce ; mais Herculanum a été comblé par une lave devenue une pierre des plus dures. Des éruptions successives ont élevé sur ses débris le sol sur Icône' s'élève aujourd'hui la ville moderne de Portici. Tous ces obstacles s'opposent à ce qu'on pousse en avant les fouilles qui reproduiroient les édifices A' Herculanum .
On y a déjà découvert le reste de deux temples d'unedimension fort différente. L'unavoit l5o pieds de longueur sur 60 de largeur, l'autre avoit 60 pieds de long sur 45 de large. Ce dernier n'étoit qu'une adicula. Dans son intérieur C- pendant il y avoit des colonnes, et les mura étoient orné» de peintures et de dalles de marbre sur lesquelles on lisoit les
7o8 HEU
noms des magistrats qui avoicnt présidé à l'inauguration du temple, ainsi que de ceux qui avoicnt contribué à sa construction et à son entretien.
En face de ces temples on trouva un troisième édifice que les uns ont pris pour le forum civile d'Herculanum , que d'autres, au contraire, ont regardé comme un temple périptère. La surface de cet édifice occopoit un parallélipipède long de 7.28 pieds et large de t3*. Il étoit entouré de colonnes. Les statues de bronze qui ornoient les entrecolon nemens furent trouvées presque toutes, ou fondues, ou mutilées et brisées. L'intérieur de ce monument étoit pavé en marbre, et les murs étaient peints. Une partie de ces peintures a été détacbée des murs et transportée dans le muséum du roi de Naples.
Mi une des découvertes les plus importantes qu'on ■H faites à Herculanum est celle du théâtre , qui nous a fourni non-seulement une connoissance plus étendue qu'on n'en avoit eu jusqu'alors de la forme îles théâtres antiques , mais eucore des détails précieux sur le genre et le goût de leur décoration. Il y a lieu de regretter que l'étal actuel de cet édifice , couvert et encombré de laves et de cendres , ne permette guère de l'examiner entièrement et a loisir. On est cependant parvenu a le déblayer au point que des architectes habiles ont été a même de lever les plans de ses parties principales, a l'aide des connoissanecs qu'on avoit déjà sur la disposition des anciens théâtres. Comme le jour ne peut y venir du dehors que par le puit* qui a donné lieu aux premières fouilles, on est obligé de faire toutes les recherches à l'aide de flambeaux. Une grande partie de l'intérieur étant encore comblée de laves, il a fallu y pratiquer des étaies pour empêcher la masse de s'écrouler.
Les fouilles qu'on a faites ont permis de voir que le théâtre étoit orné d'arcades et de colonnes. Les cliapiteaux des colonues étaient coriiithicns.
La partie inférieure, et surtout le proscenium , se sont trouvés intacts. On voit encore une partie de la scène et la base d'une de ses colonnes. Les statues placées dans les niches du proscenium étaient celles des muses en bronze, qu'on a transférées dans le muséum royal.
Tous les fragmens et restes de colonnes brisées qui se sont trouvés dans l'enceinte de ce théâtre, peuvent faire juger de sa magnificence. Les murs intérieurs avoicnt été revètusde marbres précieux, et le pavé étoit aussi en marbre. Celui de l'orchestre était en jaune antique. Toutes les chambres qui appartenoient au théâtre atoient reçu des peintures arabesques qui en ont été enlevées.
Divers fiagmcns de chevaux de bronze , de la réunion desquels ou a composé celui qui se voit au musée, ont fait présumer qu'au faite du théâtre il y avoit un quadrige de bronze.
Aux deux côtés du proscenium s'élevaient les statues
HER
équestres en marbre des Nonios-Balbus père et fils , qu'on voit dans la cour du palais du roi , à Portici.
Le diamètre du théâtre, mesuré à la hauteur du plus haut gradin , étoit de 234 P*ed«- En comptant seize personnes assises sur chaque toise carrée , on a calculé que l'édifice pouvoit contenir dix mille personnes. Winckelmann a avancé qu'il pouvoit en renfermer trente mille , mais ce calcul est fort exagéré. {Voyez PiftANESi , qui a publié une description de ce monument.)
HERMÈS, s. m. Nous avons indiqué déjà à l'article Gaine "oyez ce mot) l'origine de ces ouvrages d'art et de décoration que l'on appeloit hermès, parce que les espèces de gaines qui constituent leur forme étaient le plus souvent surmontées par des tètes de Mercure.
Mercure fut chez les anciens une des divinités auxquelles on assigna le plus d'emplois. Il présidoit aux routes, aux vestibules des maisons, à la clôture des champs , aux marchés , aux gymnases , à tous les lieux d'exercice et d'instruction. Voilà ce qui multiplia si fort son image, surtout sous la figure du terme. Ce terme ne fut originairement qu'une pierre carrée ; et cette forme , premier emblème et signe primitif de Mercure, n'a guère besoin qu'on en cher-
| chc la raison , comme l'ont fait quelques mvtholo-
! eues, soit dans l'histoire, soit dans l'allégorie. Les Athéniens passoieut toutefois pour les inventeurs de la figure des kermès, c'est-à-dire des pierres en carré
I long surmontées de la tète du dieu. Ce qui est certain, c'est que Pausanias l'assure, et qu'effective-
I ment les hernies furent extraordinaircment 00m-
I breux dans l'Attique. Cicéron en faisoil faire à Athènes pour orner ses galeries de Tusculum , et il les demandoit à deux têtes.
Bientôt, en effet, on les fit doubles, c'est-à-dire portant deux têtes accolées, ou si l'on veut adossées, et on les appela , selon la divinité qu'on associoit à Mercure, hermnlhenes , hermapollon, hc raieras ,
I hcrmeracle, hcrmharpocrate , hermanubis.
Ces figures hermétiques se composoient souvent de deux matières, c'est-à-dire que le terme ou la
I gaine étoit d'un marbre d'une couleur, et la tète d'un antre marbre et d'une couleur différente. Trèssouvent elles étoient de bronze , sur un support de marbre. Vos kermès de marbre nenthèlique (écrit Cicéron à Atticus), avec leurs mes de bronze, me plaisent déjà d'avance. Vous m'obligerez beaucoup de me les envoyer avec les autres curiosités qui seront de votre goât.
On ne se contenu pas de représenter des têtes de divinités sur les hermès; on y plaça aussi les portraits des grands hommes, des philosophes, des guerriers. Beaucoup de ces monumens nous sont parvenus avec de semblables portraits.
Jusqu'à quel point les hermès ou les termes furentils employés cliez les anciens dans l'architecture ?
HER
C'est un objet sur lequel on a platôt des présomption» et «Ici vraisemblances que de graves autorités ; car on ne prendra point pour telles celles des médailles. Cependant on ne peut se dispenser ici d'en faire mention. Entre diverses médailles qui peuvent servir a indiquer l'emploi dont on prie, on en peut ciler une de brome, grand module, frappée sous MarcAurèle. Son revers présente un temple soutenu par quatre hernies, au milieu desquels est placée la statue de Mercure tenant une patère d'une main et le caducée de l'autre. On voit dans le fronton un coq, un bélier, nn caducée, un casque ailé et une bourse, svmbolcs qui sont les attributs du dieu auquel le temple est consacré.
On trouve bien quelquefois dans les décorations arabesques des htrmis ou termes faisant fonction de caryatides, ou tenant lieu de colonnes. Les modernes en ont fait souvent usage de cette manière. Dans ce cas, les kermès sont des espèces de caryatides ou de tètamons. {Voyez ces deux mots.)
On emploie aussi les kermès, en manière de piédroits ou de piliers, a former avec des grilles qui s'y appuient , des clôtures et des enceintes fermées.
HERMITAGE, s. m. Signifie la demeure d'un hermite. Ce dernier mot, ainsi que hermilage , dérivent du grec ou du latin eremus , qui veulent dire disert.
Dans les premiers temps da christianisme , la ferveur de la dévotion portoit beaucoup de réles chrétiens a fuir le monde, à chercher dans les contemplations et les austérités de la vie solitaire un refuge contre les séductions de la vie licencieuse des cités. Les déserts de l'Egypte et de la Thébaklc snrtout furent peuplé* d'illustres pénitens. I a r exemple devint l'origine des fondations monastiques , dont le principal objet fut de séparer du monde et de la corruption sociale ceux qui ne se sentoient pas la force nécessaire pour résister aux dangers du siècle.
La plupart des établissement monastiques furent dans le fait, et selon le sens du mot, de véritables hermitages, c'est-à-dire des retraites placées dans des lieux écartés du monde, éloignés des villes, et dans des espèces de déserts. Mais beaucoup de couvens aussi , dont la règle étott moins sévère , furent bâtis dans les villes. A l'égard de plusieurs autres, l'accroissement des cités contribua à rendre leurs demeures moins solitaires. La vie solitaire ou d'bermite devint insensiblement plus rare. Cependant il s'en est toujours conservé des traces, et dans presque toute la chrétienté il existe encore des hermitages on de petits bâtiment