‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 254 sur 258 · HOP · texte numérisé non relu

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large, se terni inoit en demi -cercle a un des boula, cl presque eu ligne droite à l'autre. C'étoit à ce dernier bout qu'étoient les carceres; leurs portes furent probablement au nombre de douze, comme aux cirques romains ; il n'en restoit plus que sept lorsqu'on fît ce dessin. Au milieu régnoit la spina, ornée d'un obélisque environné de petites y \ \ ainidcs; près de la dernière de celles-ci est une colonne; de l'autre coté de l'obélisque une colonne, puis une p> ramide , puis une colonne surmontée d'une statue : ensuite deux autels , et après deux colonnes. C'est du dessus des carcèrej de cet hippodrome que furent enlevés les chevaux de bronze antique qui ornent le portail de Saint-Marc à Venise, [foicz Cihqle.)

HOPITAL, s. m. L'usage a donné spécialement le nom d'hôpital aux établissemens où l'on traite les mabdes pauvres , et celui d'hospice (voyez ce mot) a ceux où la ebarilé , soit publique , soit particulière , offre des retraites aux personnes que l'indigence ou des infirmités privent des nécessités ou des commodités de la vie.

Du reste , hôpital et hospice dérivent du même mot latiu hospilium.

Quoique le mot hospitalité , traduit du latin hospitalitas , ait forme les deux mots dout ou vient d'indiquer la source , il paroit que les anciens ne connurent qne fort peu l'application que les modernes en ont faite aux deux genres d'établissement qui feront l'objet de cet article et de celui qui le suivra (page 717). L'idée de l'bospitalité, dans l'antiquité, ne s'appliquoit qu'à l'usage de la réception des étrangers et de ceux avec lesquels on étoil uni par les liens de la bienveillance réciproque qui 1rs avoit formés. Les antiquaires conviennent assez que les Grecs ignorèrent jusqu'au nom qui correspondrait à ce que nous appelons hôpital des malades , et ils affirment que le mot mmtfut» , nosocomtum , ne se trouve chez aucun ancien auteur grec, et que saint Jérôme et Isidore sont les premiers où ou le \o\\ employé.

11 paroit facile de s'expliquer comment l'usage des hôpitaux dut, ou prendre naissance ou s'accroître avec le christianisme, qui, inspirant moins de mépris pour la pauvreté, et ayant fait de la charité la première des vertus, dut porter les hommes à voir dans les souffrances de leurs semblables autre chose encore que des maux à soulager. Mais la raison la plus apparente du besoin des secours publics qu'offrirent alors les hôpitaux , nous semble avoir été l'abolition graduelle de l'esclavage. Les esclaves formant la classe laborieuse de la société , étoient en tout point à la charge de leurs maîtres. Cette classe devenue libre eut besoin, dans ses infirmités et ses détresses, des secours publics. Delà les hôpitaux et les hospices.

Il v aurait peut-être quelque chose de trop absolu à prétendre qu'il n'y eut chez les Grecs et les Ro-

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Il mains rien de semblable a un hôpital ponr les malades. On pourrait, sans trop d'invraisemblance, donner ce nom a l'édifice que l'empereur Antomn avoit fait bâtir près du temple d'Esculapc , à Epidaure (Pausan. , 1. 11, c. xxvn), pour y recevoir des malades et des femmes en couches. En effet , dit Pausanias , les conservateurs du temple voyoient avec peine que les femmes n'avoient aucun abri pour faire leurs couches , et que les malades mouraient en plein air. Le bâtiment élevé par Antonin eut donc pour objet de recueillir les femmes en couches et les moribonds.

Le temple d'Esculape à Rome , dans Hle du Tibie, ou du moins les bâtimen* qui en étoient la dépendance , fornu tient très-probablement une espèce d'hôpital; du moins une ordonnance de l'empereur Claude, qui vnuloit que les esclaves malades et abandonnés par leurs mailrcs dans l'île d'Esculapc fussent déebrés libres après leur guérison , paraît indiquer qu'il J avoit dans cette île un bâtiment qui leurétoit destiné.

Mais nous voyons les hôpitaux déjà très-multilipliés à Constantinople, et les historiens Bvsantins les daignent déjà sous des noms qui pourraient convenir à presque tous les genres d'établisseinens de charité publique qu'offrent les nations modernes.

L" hôpital sous le nom d'ffôtcl—Dieu (voyei ce mot) lit presque toujours partie des premières fondations religieuses, et fut d'ordinaire bâti à côté de la cathédrale. Les villes, en s'agrandissant et en se peuplant de plus en plus, ont appelé l'attention des gouvernemens sur l'emplacement et la disposition , soit intérieure , soit extérieure des hôpitaux. Ces établissement sont devenus de grauds et remarquables édifices dans la plupart des villes, surtout en Italie. Entre les célèbres édifices de ce genre on doit re—

\ marquer celui de Milan; son architecture offre des détails curieux d'omemens exécutés en terre cuite. Bâti à diverses époques , le monument n'a pas été entièrement achevé. Mais ou doit y citer avec éloge la grande cour cuvironuée de portiques à deux étages,

j qui forment uu double rang de galeries en arcades l'une au-dessus de l'autre, et une des salle* dispo-

j sec en croix , qui présente le plus bel aspect et b distribution la plus commode à b circubtion qu'exige

I le service.

Cette disposition a été suivie dans quelques hôpitaux de plusieurs autres villes , par exemple à Gènes et à Paris.

A Gènes, Y hôpital qu'on appelle Vj4lbergo di poveri est un des plus considérables bâtimens de cette ville. La façade du bâtiment n'offre toutefois à l'architecte rien de très-remarquable. Son style est un 1 peu lourd cl a de b monotonie. Elle se compose de cinq étages , dont chacun est distribué en plusieurs grandes salles. Une inscription apprend à quels travaux dispendieux il bllut se livrer pour fonder l'édi-

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Le plan de V hôpital Saint-Louis à Parias et remarquable par sa simplicité et par l'attention qu'ona eue d'environner d'une grande étendue d'air les bâtiment destinés au traitement des maladies contagieuses.

L'hôpital de Plytnouth en Angleterre , bâti en ■ 756, présente les mêmes avantages sous une autre forme et dans un plan moins vaste. Sa disposition est fort convenable à une ville de moyenne grandeur.

Au nombre , et peut-être en tète des plus iinportans établissemens de ce genre , mais qui , d'après la distinction que nous avons faite , appartiennent plus particulièrement à la classe des hospices , il faudrait citer celui des invalides de terre à Paris, et celui des invalides de mer à (irecnwich , près île Londres. Ou donne aussi à ces établissemens le nom d' hôtel , qui a la uièroeétvmologie. (fojr. Hôtel des Invalides.)

HORLOGE, s. f. C'est, à proprement parier, une machine qui sert a diviser le temps et à en indiquer 1rs divisions.

Nous avons prié, I l'article Cadran , des moyens dont les plus anciens peuples ont usé pour commit re, à l'aide d'un stvle et par l'ombre que produit le soleil , les différentes divisions du jour appelées heures. Mais ces moyens ne pouvoient remplir leur objet que pendant le jour. Hientôt dut se faire sentir le besoin d'une connoissanre plus générale des divisions du temps, et l'on comprit tout ce que l'invention des cadrans solaires avoit d'incomplet.

Platon s'etoit déjà procuré une mesure du temps pour la nuit , par une disposition ingénieuse de rlepsvdres. Peu à peu on trouva dans les machines hydrauliques une application plus commode et plus étendue à l'art des cadrans. Athénée, mécanicien célèbre qui vivoit au temps d'Archimèdc, avoit, selon ce qu'on peut conclure d'une épigramrac grecque d'Antiphile, dresse un cadran public où un mécanisme particulier suppléoit dans la division du temps à l'indication du soleil, et dans lequel les heures, tant celles du jour que celles de la nuit, éloient annoncées par l'effet d'un retentissement. Mais il proît que déjà auparavant la mécanique avoit trouvé le moyen de suppléer le soleil dans les horloges publics.

Tel fut l'effet produit par le monnment d'Andrvmir à Athènes, dit vulgairement la Tour des Vents. V arron lui donne le nom d' horloge. L'édifice dont il s'.igit [voyez Athènes et Andronic) servoit et de girouette et de cadran solaire. Mais Stuart y a découvert une troisième sorte d'emploi, qui lui a « te indique par des canaux creusés sous le pavé de marbre de la sille octogone, dans l'intérieur du monument, comme aussi par l'addition d'une autre tour circulaire pins jietite, appliquée du coté du sud au mur de la tour octogone , et communiquant à cette dernière par une petite ouverture. Il a donc proposé, pour expliquer ces détails, une conjecture

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« qu'il semble difficile de ne pas adopter. Selon lui, ces canaux souterrains dévoient renfermer un mécanisme hydraulique à l'aide duquel un bruit ou un son quelconque résultant ou de l'action d'un courant d'air, ou de la chute de quelque coq» sonore, aurait annoncé les heures, qu'on ne vovoit point d'ailleurs marquées à l'extérieur de l'édilice, car «on ensemble ne laisse apercevoir aucune place pour un cadran à mécanique.

IVous trouvons qu'une invention à peu près semblable eut heu à Home, dans un temple, environ l'an 160 avant Jésus-Christ.

Peu après, Ctésibius d'Alexandrie perfectionna ces inventions hydrauliques, et les fit servir à tourner une aiguille qui indiquoit les divisions du jour. L'agtément bientôt y fut réuni à l'utilité : des airs de musique annoncèrent les heures; des automate* lurent mis en mouvement par des ressorts mécaniques, et tinrent lieu de l'officier public ou de l'esclave qui , dans les places publiques et dans les plais des grands , crioit les heures ou les anuouçoit pr le son de la tromptte.

Depuis ce temps, des horloges à mécanique furent placées dans les endroits les plus fréquentés des villes. Il y en eut dans les temples, dans les théâtres, dans les thermes. Lucien a décrit «celle que l'architecte Ilippias avoit construite pour un bain. L'étoile du matin, eu tournant dans l'intérieur de la coupole d'une salle circulaire des jardins de V arron , montrait les heures du jour, et l'étoile du soir les heures de la nuit. On ajouta des timbres aux horloges.

11 prait même que les anciens a voient fait des horloges qui, jiour les intérieurs des apprtemens, auraient été l'équivalent de nos |>endules. Trimalciou eu avoit une dans sa salle à manger. Ce petit temple des muscs exécuté en perles, dont prie Pline, et qui jiortoit une horloge daus ou sur son fronton , ne prait ps s'être éloigné beaucoup de nos grandes et riches pendules. [ Muséum ex margaritis , in rujus fastigio horologium eral. (Pl. I. xxxvil, CD.) Mais on doit croire que le secret moteur du mécanisme de ces horloges étoit ordinairement un réservoir d'eau C'est ce que donne à conjecturer le nom de ctrpsytlrarius automatoritu , ou fabricant d'automates pour des horloges d'eau , que l'on trouve donne à un artiste de ce genre dans une inscription latine.

L'usage des horloges étoit devenu trop commun pur qu'il pût se perdre dans les siècles de la décadence des arts. H proit même qu'alors on imagina de substituer de nouveaux moyens à ceux de l'hydraulique : du moins il n'est plus question de ces dentiers ebet les écrivains de la prinde dout on prie. Les pids et les rouages qu'on avoit déjà commencé à employer dans ces mécaniques avoicut appris à se psser de l'action de l'eau.

Si l'on consulte l'histoire de ces temp , on y apprend que des horloges furent demandées dans le sixième siècle pr un roi franc de la première race.

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Dans le huitième an pape, Paul I", fait présent dW horloge à Pépin. Dans le siècle suivant un calife jAaroun al Raschid) fait un pareil don à Charleniague. A ers le même temps, et sous l'empereur Théophile , les historiens bysautins fout mention d'une horloge où des oiseau» automates annouçoient 1rs heures par leur chant.

On peut conclure d'un passage du Dante, qu'au treizième siècle, à Florence, uue horloge publique construite sur une des tours de l'ancienne enceinte de cette ville annonçoit les heures. Dans le quatorzième si ècle, Jacques de Dondis en construisit une ;"« Padoue qui parut si merveilleuse , que le nom de Orologio devint le sobriquet du mathématicien inventeur; et ce nom deviut le nom ptronimique de deux nobles familles de cette ville. Un moine établissoit des horloges en Angleterre, et un Allemand en France sous Charles V. t>ous le même règne, Jean Jouvence faisoit voir par son horloge de Montargis que la France pourroit dorénavant se passer des mécaniciens étrangers.

Le service du culte tendoit à ré|iaodrc de plus en plus l'usage des horloges publiques. On les plaça sur les clochers des églises et en d'autres édifices. Elles furent surmontées d'une lanterne où étoient suspendues des cloches et souvent un carillon .

Sous le rapport de la décoration et de l'ornement, la plus ancienne horloge qu'on puisse citer est celle qui fut exécutée sur la place de Saint-Marc à Venise, près des vieilles Procuraties, l'an *°us ,c uo8c

Barbarigo, d'après les dessins de Paul Rinaldi et de Cbarlo son lils. Elle est ornée de plusieurs statue*. Des auloniates de bronze , parmi lesquels on en distingue ileu\, qu'on appelle les Maures, y marquent les heures eu frappant sur uue cloche à cou]» de marteau.

Vers le milieu du seizième siède , Henri II fit construire l'horloge d'Anet. On y voyoit une meute de chiens qui sembloient poursuivre en aboyant un cerf qui, avec un de ses pieds, marquoit les heures.

V horloge de Lyon, faite en i5ç)8 par Nicolas Lippius de Bile, rétablie et augmentée en 1GG0 par Guillaume Nourisson , habile horloger de Lyon , est regardée comme la plus belie de France.

Pendant long-temps on avoit placé le mérite extérieur des horloges publiques dans les jeux de mécanique. Mais depuis les progrès de la science et les perfectionnemens de l'ait de l'horlogerie , et depuis l'extraordinaire multiplication des horloges, on a dédaigné le luxe de leurs puériles accessoires. On a mis le prix d'une horloge dans la perfection intérieure de ses rouages, et on s'est contenté de l'apparence du cadran dans celles des monumens publics. C'est donc seulement aujourd'hui à l'embellissement de cette partie que l'architecture et ht sculpture peuvent appliquer leurs ressources décoratives; ce qu'elles font voloniien par l'emploi de figures allégoriques ou

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