DE L'ARABESQUE
CONSIDÉRÉ DANS L' EMPLOI RAISONNABLE Qt'o.N PEUT EN PAIRE.
Nous bornerons ici à un petit nombre de rations ce qu'il peut être permis de prescrire , ou au moins de conseiller a un goût d'invention* qui, placé, si l'on peut dire , hora du cercle des imitations positives de la nature , ne saurait supporter le frein d'aucune règle , ni comporter les entraves d'une critique scholastique.
i° Il nous semble qne , généralement pariant, et comme on le montrera â leurs articles, ce qu'on appelle dan* l'architecture décoration, et surtout l'ornrment, ne peuvent reposer sur un modèle fixe et donne par la nature, mais ne sont antre chose qu'une convention autorisée par le goût, et sanctionnée par un usage universel. Si cela est , il nous parait que l'a
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dérive îles elemens et de*
kesque, évidemment drnvp «les elemens et tle* prs tique* de Yorntment et de U décoration, ue peut être (qu'une convention née d'une première convention, (/est pourquoi nous l'avons appelée , au commence-
On voit combien il est facile qne ce \ en extravagance, au jugement même du goût, si un emploi systématique des elemens de ses compositions n'en restreint l'essor dans les limites que lui ont posées les ouvres de l'antiquité et celles de l'école de Raphaël. Ce sera dans quelques-unes de ces compositions qu'on pourra puiser des règles de convenance, soit pour l'application qui en sera faite au caractère de chaque monument, soit pour U mesure de liberté et d'arbitraire au-delà de laquellese rencontrent l'absurdité et la folie. C'est dire assez que Varahesque doit être conséquent dans ses inconséquences, vrai dans ses invraisemblances; c'est dire assex qu'il doit observer, dans ses caprices mêmes, un principe d'unité, qui empêche qu'une ridicule union du possible et de l'impossible, du positif et du actif, n'y établisse de contrastes révolta us.
2a De ce qni précède, c'est-à-dire, de la notion de l'arabesque, comme imitation fantastique, et réunion arbitraire d'objets , dont la coexistence dans la nature est réellement impossible , nous concluons que l'emploi raisonnable de ce genre exige qu'on le traite en petit. Il est sensible que de grandes dimensions données à des objets qui , pris par détait , ne seraient que des jeux puérils, leur feraient perdre leur esprit et le charme qu'on > trouve. Ainsi les badinages et la gaité folâtre de l'enfance déplaisent dans l'homme lait. Un éprouve ce sentiment à la vue de Varahesque exécuté dans de vastes endroits et dans de grandes
De cela , on peut , ce me semble , conclure que Vay rnbftqur, s'il doit être traité en petit et se composer de petits objets, ne se doit employer que dans des pièces d'une petite ou d'une movrnnr étendue. Appliqué a de plus vastes scènes, il v perd tout le mérite de ces détails qui gagnent à être vus de près; et cette espèce de vraisemblance qu'on veut bien lui accorder en petit, on la lui conteste, s'il aspire à uue deor hors de proportions.
3* Indépendamment de tous les objets qui posent , si l'on peut dire , le mobilier de V, il résulte, comme on l'a vu, de l'analyse formes tout-a-fait capricieuses «le sa composition , et
par conséquent des impressions que son goût peut et doit faire sur notre esprit, qu'il ne doit point paruitre dans tous les lieux qui exigent de la gravite, et doivent inspirer le sentiment do respect. Des appari de goût , des galeries destinées à des réunions ' r, des cabinets de curiosités, des salles à mi les lieux où Varabesaue trouvera à
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Outre les fictions de l'antique mvthologie , la seule allégorie lui en fournira les équivalens, en métamorphosant chaque pièce , et la dédiant à l'antique dÏTt— nité qui sera censée présider à son usage. Ainsi , les emblèmes divers du Sommeil, d'Apollon, de Bacchus. des Muses , etc. , les plantes qui leur i les attributs, les animaux, les qui ont rapport à i
dans chaque pièce, en indiqueront la destination et le caractère.
4° L'emploi des compositions arabesques offre au décorateur l'avantage de pouvoir les accommoder à l'irrégularité de certaines pièces, et à beaucoup de disproportions de la bâtisse. Il est difficile que l'artiste intelligent ne parv ienne pas à corriger heureusement, par le secret des compartimeos , les disparates de formes les plus désagréables. On peut i disproportions réelles d'un intérieur, en y < des divisions de panneaux ou d'ordonnances de montai!*; on peut y rétablir un ordre symétrique dans des espaces inégaux. S'U se trouve des disparates de su|>erficie trop marquées, le décorateur les remplit en emplo\ant des étoffes feintes, des draperies formant des plis produits par les attaches. On réussit ainsi a corriger les irrégularités et à rétablir la symétrie. Les espaces vides permettent alors d'v placer des
5° C'est à ces sortes d'ornemens arabesque* que l'artiste devra apporter le pins grand soin. Je veux parler de ceux qu'on appelle rinceaux, dans la langue de l'ornement architectural , et dont l'emploi est des plus agréables. {Payez Rinceau.)
On observera de ne point les faire trop chargés. Le coulant des formes , la simplicité des contours en feront le pluv grand mérite. I^es divers < doivent être motivés. Il laut qu'on \ compte de U cause de tous les I de la distribution des feuilles, selon les sortes de plantes qui entrent dans ces compositions.
Les détails de Varabesque sont au reste si nombreux, les combinaisons qui en modifient les elemens sont si variées, que les préceptes du goût , par rapport à leur emploi, pourroieut s'y multiplier a. l'infini Mais beaucoup d'entre eux étant communs à la décoration et à l'ornement, nous renvoyons le lecteur à ces articles, [f»jra Oftiomin^ Détobatio*.) Nous
comprennent :
l,' harmonie des idées. Elle consiste dans l'unité d'un motif général, c'est-à-dire, dans le rapport positif de chaque détail avec son ensemble , et dans le rapport intellectuel de l'esprit ou du motif intentionnel de chacune . de sorte que chaque partie diri-
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Vi' harmonie des couleurs. Elle résulte d'un accord bien entendu entre les objets en saillie et les fonds sur lesquels ils doivent se détacher, de l'heureux mélange des stucs , des bas-reliefs , des rinceaux , de* , et de b douceur ou de La vigueur des tons , l'eloigocmenl de, objets et l'effet de la lul que reçoit le local.
\J harmonie des masses. C'est celle qui doit présider à l'agencement général des compositions arabesours, qui dispose les formes et l'emploi de leurs parties, de manière à ce qu'elles se détachent sur les fonds qui doivent les faire briller. C'est elle qui règle dans une juste mesure l'effet des pleins et des vides, iacon que l'oeil n'y trouve rien à déplacer, rien à
besques modernes.
ARvtOSTYLE, s. m. Ce mot est un composé de deux mots grecs; savoir, ofmttt rare, et rvA«<, colonne.
C'est, srlon le système de l'architecture grecque, tu> des cinq modes d'entre- rnlonnemcns usités dans U disposition des colonne* appliquées aux extérieurs des temples , ou antres édifices ; et ce mode étoit celai qui donnait à l'espacement des colonnes la plus
qu on
On ne pouvoit pas, selon Vitnnre, dans l'emploi de l'ordonnance antoslrle , user d'architraves en pierre ou en marbre , comme on le faisoit à l'égard des autres entre-colonnemens , et l'on étoit contraint d'v étendre sur les colonnes des pbte-bandes en bois. De là , dit— il , résultent pour les édifices des façades écartées, pesantes, basses, et d'une apparence trop large. Aussi a-t-on coutume d'orner leurs frontons
cuivre doré, selon l'usage toscan, de la n le voit aux temples de Cérès , prés du g et à celui d'Hercule , bâti par Pompée.
\ itruve n'a pas déterminé avec précision la mesure de l'espacement que doit avoir Centre-colon nement de Varttostyle. Si l'on veut suivre b méthode qui régi* b progression établie a l'égard des autres sortes d' in ter— co/on nations , dont b brgeur va croissant , de Tune à l'autre, dans b proportion d'un module, il semble que Varan, trU ne devroit comporter, dans son entre-colonnemeut , que trois diamètres et demi de brgeur. Perrault lui en donne quatre; d'autres lui en ont donné plus de cinq , par b raison que le grand écartement dont parle \ itruve, et que toutefois il n'exprime que d'une manière vague , semble— roit demander, entre le diaslrle et Y aratoslrle , une •liff. "renée plus considérable que celle d'un demi-diamètre. U est donc probable qu'en fixant à quatre du mètres b distance entre les colonnes de I't ttjrle , on restèrent dans le plus juste milieu.
ARASEMENT, s. m. C'est b surface d'une assise de maçonnerie ou de |Merrcs de