ARB
disposée pour en recevoir une autre , ou bien pour que l'on puisse y ériger une retraite , une pliuthe ou une corniche. En bonne construction, il faut que chaque assise soit arasée à niveau dans toute l'étendue
les batiinensen pierre. Dans les constructions de blocage en petites pierres revêtues de briques ou de moellons de tuf, les anciens Romains formoient de quatre pieds en quatre pieds un arasement général , | pour battre cette maçonnerie , et pour relier les paremens avec le milieu de b niasse du mur , et Us posoient sur cet arasement un rang de grandes briques carrées longues de 22 pouces, {f^oret Maço>m:»i£.)
ARASER , v. a. C'est conduire de une assise de maçonnerie. On dit araser de lorsque l'on conduit horizontalement les dit aussi qu'un biubris de pierre ou de arasé, lorsqu'il n'y a point de saillie et qu'il Lie à un parquet.
ARASES, s. f. pl. H om qu'on donne à des pierres minces, qu'on pbce au-dessus d'autres trop basses, pour égaliser b superficie d'une assise , a l'effet de parvenir à une certaine hauteur; telles sont celles d'un cours de plinthe ou de b cymaise d'un entablement.
ARBALKTRIFRS, s. m. pl ftrrmc de charpentrrie.) On nomme ainsi toutes les pièces de bois qui servent à soutenir et à contreventer les couvertures, et qui sont ordinairement de sept à huit pièces de gros, mais particulièrement les petites forces d'un faux comble. On appelle encore de ce nom deux pièces de bois qui portent en décharge sur l'entrait, et s'amortoisent en poinçon. C'est sur ces deux pièces qu'on pose les potelets qui portent les courbes sur lesquelles reposent les dusses.
ARBRE, s. m. Au mot Bots (voyez ce mot) , nous ferons voir, comme un fait incontestable, attesté par b nature des choses, par le besoin impératif de toutes les sociétés naissantes (a très-peu d'exceptions près; , et surfont par les témoignages toujours subsistans de tous les genres d'architecture connus, qui en ont conservé les preuves lisiblement écrites, que le bois fut b matière qui fournit , et les premiers abris de nécessité , et encore Les demeures aggrandies et embellies des premiers âges d'une civilisation déjà fort avancée. Nous ferons voir, en conséquence, que cette matière , qui entre encore partout comme moyen indispensable de construction , même dans les édifices en pierres, ayant dù être long-temps b matière unique des demeures primitives , il fut non-seulement naturel , mais , 00 doit le dire , nécessaire qu'elle devint , soit l'ébaoche , soit le type , soit le modèle plus ou moins positif, ou plus ou moins fictif, sur lequel l'art des sociétés pl us avancées détermina et régla le* caractéristiques, les combinaisons clémcntai-
ARIJ
res, Ici proportions générales, et le goût des membre» de l'architecture en pierre.
JVous trouvons effectivement partout la preuve historique de cette génération de l'architecture grecque, deux ver» d'Ovide qui expriment la métamorphose de la maison de Philémon et iiauci* , sont l'épigraphe le mieux approprié à cette théorie.
III» vrlnn ilominU quon<)«tn cm* parti duuktu Yerbiur in templnn , furet* fqbtcre cotamna.
Oui, voilà l'expression la plus vraie de la métamorphose réelle qu'a subie l'architecture , et c'est ainsi que les arbres sont devenus des colonnes.
Cependant, il faut s'entendre sur le mode d'imitation qui eut lieu, de l'arbre a la colonne. Beaucoup d'écrivains ont commis , à cet égard, une méprise ridicule, faute d'avoir tenu compte, dans la marche de cette imitation , des degrés qu'elle et
On convient que c'est généralement dans les forêts que les premières sociétés, plus ou moins sauvages, ont dû trouver , et leurs premiers abris , et les premiers matériaux pour se construire, avec les branches des arbres, des huttes plus ou moins solides. Ou imagine facilement la progression qui dut avoir lieu en ce genre. Des nuisons plu» étendues demandèrent des matériaux plu» solide», des support» plus élevés. Les troues A' arbre, employés bruts et sans art, durent supjjorter des combles fait» avec les branches taillées , mais non façonnées. Voilà où commence l'époque des outils el des instrumens tranchan».
Nous ne suivrons |ioiut tous les degrés que chacun |ieut imaginer et supputer à son gré, de cet aggran— disscnicnt îles lùlissrs eu raison des accroissenicns de la population et de l'industrie ; mais nous eo aurons dit assez, pour faire voir que beaucoup d'esprits systématiques, ou franchissent d'un pas trop rapide le» intervalles de cette progression , ou rapprochent d'une manière tout-à-fait invraisemblable, l'é|)oquc, et même les époques, qui ne virent qu'une ébauche grossière de la colonne, des temps très-postérieurs où l'arbre fut converti en colonne, et pour mieux dire , où la colonne, de bois façonne, fut d'abord substituée à l'arbre. Ce ne fut encore qu'après un autre laps de temps , que la colonne en pierre devant remplacer la colonne de bois, en devint l'imitation perfectionnée sans doute.
On voit donc que , si la colonne passe pour avoir ete une imitation de l'acre, et en avoir, au moins, retracé l'idée , surtout , comme l'observe Vitruve , par le fait de la diminution que subit son fût , à l'instar de celui des arbres, cette imitation purement analogique n'a presque plus rien de positif. Reconnoissant ce qui en fut originairement le principe , il faut rccoiinoitre que ce qui reste de ce principe, dan» la colonne de pierre façonnée par l'art de l'architecture, n'est puisqu'une ressemblance au troisième ou qua-
ARC
ARC, t. m. On appelle ainsi une construction terminée en-dessous par une surface courbe pratiquée dans l'épaisseur d'un mur ou massif, quelquefois audessus d'un vide, et quelquefois en plein mur, pour servir à décharger et à relier des constructions considérables.
Il y a trois choses principales à considérer dans les arcs; savoir, la courbure ou l'élévation du ceintre, l'appareil , el la matière dont ils «ont construits.
Par rapport au ceintre, on distingue trois espèces d'arcs, qui sont : l'arc plein-ceintre, l'arc surhaussé et l'arc surbaissé. L'arc plein-ceintre est celui qui est formé pur une demi -circonférence de cercle. Aiusi , daus cette espèce d'arc, l'élévation du ceintre est égale à la moitié de la largeur.
L'arc surhaussé est celui dout la hauteur de ceintre est plus grande que la moitié de la largeur de l'arc; comme cette augmentation n'a point de bornes fixes , il en résulte qu'un arc peut être plus ou moins surhaussé , et que tous les arcs surhaussés ne sont point
ceintre.
Les arcs surbaissés sont ceux dont la hauteur de ceintre est moindre que le demi-diamètre ; de sorte que les arcs peuvent être plus on moins surbaisses , tous différens les uns des autres, tant par la courbure que par la hauteur du ceintre.
Les ceintre» des arcs surhaussé» et i vroient être formés par demi-ellipse, en pour diamètre tantôt le petit axe et tantôt le grand axe ; mais les constructeurs aiment mieux former ks I ceiutres de ces voûtes par un assemblage d'ara de cercle , qui imite plus ou moins l'ellipse, parce que le» joints sont plus faciles à tracer. {Voyez Ciii.iTftK et Courbe.) Les ouvriers appellent les arcs surbaissé» anse de panier.
Le» arcs se construisent, ou en pierres de taille , ou en moellons, ou en tuf , ou en briques.
Le» arcs en pierres de taille sont composes de gi-andcs pierres, taillées de manière qu'elles forment en-dessous la courbe du ceintre , et par devant la face du mur dans lequel ils sont pratiqués, et que les lits et joints sont perpendiculaires aux surfaces apparentes. Comme deux plans droits perpendiculaires à une surface courbe tendent à se rencontrer, il en résulte que ces pierres , qu'on appelle voussoirs, ont la forme d'un coin , et que l'assemblage de ces voussoirs forme un arc qui se soutient solidement , indépendamment du mortier que les constructeurs modernes ont imaginé de mettre entre les lits et les joints. Les anciens constructeurs grecs et romains posoient toujours les pierres de taille sans mortier, comme on le voit par ce qu'il nous reste des édifices antiques construits en pierre. (Voyez les articles CoNSTaucrioM et Pose.)
Dans la plupart des constructions antiques, et surtout dans celles qui furent faites avant le règne de l'empereur V espasien , les voussoirs qui forment le*
On
a donné le nom d'intrados à la courbe inférieure qui Tonne le dessous de l'arc , et celui à? extrada* k la courbe supérieure que forme le dessus des voussoirs : c'est pourquoi on appelle ce* arci extradossis.
Lorsque les arcs étoient d'une certaine grandeur, ou qu'ils avoient un très-grand poids a porter, les anciens les formoient de plusieurs rangs de voussoirs cxtradossés , dont les joints étoient en liaison , ainsi qu'on le voit à l'ouverture du grand égoût de Rome, et à plusieurs ponts antiques et voûtes d'aqncdurs.
Les constructeurs modernes, au lieu de faire les arcs extradossés d'égale épaisseur, terminent chaque voussoir en-dessus par un joint horizontal, et de coté par un joint d'aplomb , afin de se raccorder avec les assises droites du mur dans lequel l'are se trouve pratiqué. Cette manière, qui a été aussi usitée par les anciens constructeurs, est préférable pour les arcs qui n'ont jus une largeur extraordinaire , et où l'on ne peut faire usage que d'un rang de vonssoirs ; mais lorsqu'il s'agit d'un très-grand arc, qui doit avoir une charge considérable a soutenir, on pourrait avec avantage se servir de ces deux manières réunies.
Rien ne prouve mieux l'avantage de cet appareil que les inconvéniens de la manière ordinaire d'appareiller avec on seul rang de voussoir» ; car alors, soit que ce rang soit composé de voussoirs d'une seule pièce ou de plusieurs pièces composant un même voussoir prolongé, comme au Pont-Royal, les désunions s'y font toujours en ligne droite dans toute l'épaisseur de l'arc. De plus, tout l'effort se fait sur les arêtes des voussoirs qui se désunissent. Si ces voussoirs se trouvent près de la clef, et si l'arc a beaucoup d'étendue et peu de courbure , les arêtes venant a se rompre peuvent occasioner la ruine de l'arc. Mais si Varr est appareillé avec deux rangs de voussoirs en liaison l'un sur l'autre , et s'il est disposé comme on vient de le dire , les désunions ne pourront jamais se faire en ligne droite , et la coupe de ces arcs réunis se trouvera considérablement augmentée par la I bison ; d'où il résulte un effort infiniment moindre , surtout à la clef.
Ane bomiÉ. Est un arc surbaissé, dont le ceinlrc est formé par un seul arc de cercle. On voit, par les monuuiius antiques, que les anciens ont presque toujours fait les arcs surbaissés d'un seul arc de cercle. Cette manière est beaucoup plus solide et même plus agréable que les anses de panier, dout la courbure inégale produit toujours un mauvais effet. Les architectes au commencement du dernier siècle ont voûté de cette manière presque toutes les portes et codant, la plus belle forme qu'où puisse • à un arc, est celle du plein-ceintre, et c'est eu temps le plus solide.
Abcs voutans. Ce sont des arcs que l'on construit i l'extérieur des édifices , pour servir à contre-butter , On les fait de deux manières , ou en arc* (voyez ce mot), ou avec des arcs incom-
ARC
plets. question est de savoir lesquels valent mieux. Pour la décider sans hypothèse, on a fait faire deux modèles A' arcs-boutans , de deux pieds île diamètre , divisés en voussoirs sé|iarés. Le ceintre de l'un étoit formé par un arc rampant, et celui de l'autre par un arc de cercle; d'un côté avec la ligne à plomb du petit piédroit, et formant un angle avec l'autre, en sorte qu'ils buttoient tous les deux a la même hauteur; mais celui qui étoit formé d'un arc de cercle avoit plus de force que celui qui étoit formé par un ceintre elliptique. ( Voyez Poissée des voutes. ) Ainsi, les constructeurs des églises gothiques ont eu raison de préférer les arcs incomplets aux arcs rampais , pour contre-butter la poussée de leur» voûtes.
Nous ne voyons point que les anciens aient jamais employé les arcs-boutans ou contre-forts autre part qu'au soutien des murs, {Voyez Coxtre-fort.) Tout consiste, pour la solidité, à établir un juste équilibre entre la voûte qui pousse et le contre— fort qui butte. Ce travail doit être déguisé autant que possible; et il faut construire le bâtiment de manière que rien ne paroisse pousser et butter. C'est ce qu'où ne voit |ioint dans les églises gothiques. I ne forêt iV arcs-boutans et de contre-forts entourent leur enceinte extérieure. Les ornemens recherchés de ces parties ne font point illusion ; ces églises ne présentent autre chose à l'util qu'un bâtiment étayé de toutes parts, et qui menace ruine. Nous n'avons que trop imité jusqu'à présent ce défaut des églises gothiques, dit Laugicr, et les formes que nous avons données aux contre-forts de nos églises modernes, pour être moins hardies, n'en sont pas moins vicieuses.
Arc composé nu angi i„urr. C'est un arc formé de deux arcs diminués, joints ensemble, et qui a dans sa corde deux centres de deux lignes courbes qui s'entrecoupent l'une l'autre.
Arc de cercle rauisgé. Qui est fait d'nne ligne elliptique, comme on le pratique aux rampes des escaliers.
Arc de cuiitre. {Voyez Voûte.)
Arc MMMIli. Arc qui est fait d'une portion de cercle de Go degrés. Ou pratique cet arc aux croisée*.
Arc DotBLKAC. On appelle ainsi un bandeau en saillie sur le mur d'une voûte qui le traverse dans le sens de sa courbure, de manière qu'il semble doubler la voûte en cet endroit pour la rendre plus forte. On y taille le plus souvent de la sculpture par corn part inirns, comme a l'église des Invalides, ou bien en manière de frise continue avec rinceaux de feuillages.
Arc droit. On nomme ainsi celui dont la direction K-ndiculaire a la face. Ce de coupe de pierre, l'arc où une laire a l'axe d'une voûte biaise. {Voyez Coupe de.* pierres, Epure.)
Arc ex anse de panier. Arc qui est surbaissé, et
par
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par conséquent plus plat que celui qui ne portion de cercle. {Voyez Arc.) Arc de côté ou buis est celui dont les piédroits ne sont pis d'équerre par leur plan, comme on le pratique aux portes biaises.
Arc tH berceau. {Voyez Berceau.) Arc es décharge. Nom d'un arc qu'on fait pour «oublier une plate-bande, et dont les retombées portent sur les sommiers. {Voyez Plate-Bande et Poitrail.)
Arc es plein ceintre. C'est la circonférence d'un cercle.
Arc en talcs, ^rc qui est percé dans un mur en talus.
Ane gothique. On appelle ainsi l'arc dont le ceintre est formé par deux arc.» de cercle qui se croisent au sommet. Les architectes, depuis le in- siècle jusqu'au 16', ont fait pèce d'arc dans leur mêmes ne sont qn'un ■eut de différentes des pendentifs.
Quoique la forme des arcs gothiques ne soit pas agréable, il y a cependant des cas où ib devroieul être employés, comme lorsqu'il s'agit de transformer ou de soutenir un toit, de construire des arcs fort élevés, pour des aqueducs , par exemple , et dans d'autres cas semblables, qui exigent que les arr-r aient plus de hauteur de ceintre que de diamètre. [Voy. Ceintre, Construction , Coupe des pierres et Voûte.)
Arc rampant. On donne ce nom à un arc dont les naissances sont d'inégale hauteur. On en fait usage sous le* rampes d'escalier, sous les toits à une seule pente , et pour contre-butter les nefs des églises ou autres édifices. Lorsque les arcs rampans sont destinés à ce dernier usage, plus l'arc supérieur qui contre-butte est petit, plus il agit efficacement. ( Voyez Ceintre et Poussée des Voûtes.)
Arc* renversés. Sont des arcs proposés par Albert! , pour consolider les fondement d'un édifice, en réunissant par le bas des piliers isolés, afin que l'effort de la pesanteur se fasse sur une plus grande superficie de terrain , et qu'une prtie ne puisse pss agir sans
de cette , leurs voûtes d'arct qui se croi- , et qui sont réunis par
l'autre. On a fait usage de ces arr.f pour la tion de la uouvclle église de Saiulc-Geneviève. Selon Piranesi, les piles des ponts antiques étoient réunies par un arc renverse, qui fonnoit, avec le ceintre de l'arche, un oeil rond. {Voyez Fondement de pont.)
ARC TRIOMPHAL ou ARC DE TRIOMPHE.
Monument qui consiste en de grands portiques, ou édifices détachés , placés et élevés à l'entrée des villes, sur des rues, sur des pouts ou sur des chemins publics, à la gloire d'un vainqueur qui avoit mérité les honneurs du triomphe , ou en mémoire de quelque événement important. Des inscriptions antiques
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nons apprennent qu'on en érigea quelquefois aussi en l'honneur des dieux, auxquels on associoit des mortels.
11 résulte de cette définition, qu'on doit établir de la distinction dans les arcs de triomphe qui sont parvenus jusqu'à nous, et que plusieurs d'entre eux ne tout abusivement décorés de ce nom que par la ressemblance des formes, quoique l'objet qui les ait fait ériger ait été très-différent. De ce nombre sont les arcs de Galien, à Rome. deTrajan, a Ancone, d'Adrien, à Athènes, etc. Les deux premiers nous donnent la preuve la plus certaine de cette différence de destination, par les noms de Salonine, Marciane et Plautine, femmes de ces empereurs, et en l'honneur desquelles ces arcs furent également dressés, comme nous l'apprennent leurs inscriptions. Aussi n'y voiton aucun reste de trophées, aucun vestige enfin de triomphe, ni de victoire : ce ne sont que des 1 meus honorifiques , consacrés par la ou l'adulation à la mémoire de ceux qui en furent l'objet.
On se croit également autorisé à penser que plusieurs de ces arcs auront eu un double emploi , et auront pu servir en même temps, et de monument triomphaux ou honorifiques , et de portes de ville. Tels ont été à Rome les arcs de Drusus ou de la porte Saint-Sébastien, celui de la porte Saint-Laurent ; à Vérone, l'arc qui est surmonté de deux rangs de galeries, dans le goût de la porte d'Autun, ou det murs et portes de Rome. I ne erreur assez commune a fait aussi , dans d'autres endroits , prendre pour des portes de véritables arcs de triomphe. 11 n'est point de notre objet d'approfondir ces questions , dont nous abandonnons la controverse aux antiquaires. Qu'il nous suffise d'avoir indiqué ces differens caractères. Comme nous n'examinons ces monument que du coté de l'art , nout comprendront indittinctement , dans cet article , tous le» arcs ou édifices de cette forme que le temps nous a conservés.
On ne sauroit trouver d'autre type originaire aux ares de triomphe que dans les monument de boit qui ornoient les rues par lesquelles passoit le triomphateur , et qu'on détruisoit aussitôt après le triomphe. C'est encore à ces représentations momentanée* qu'il faut attribuer les formes des différens arr.< , et leurs diverses décorations. On sait qu'on y ménageoit, au sommet, des espaces pour placer des joueurs d'instrument et des hommes chargés de trophées. On le» omoit des dépouille* de l'ennemi , des images ou symboles de villes prises , de nations vainruet , de captift enchaînés, et det peinturet de lia tailles. Le plus magnifique de ces arrj se dressoit dans Rome, à l'entrée du pont triomphal. Tel aura été , sans doute , le modèle que l'art se sera proposé d'imiter , en réalisant, par des matières plut durables, ces décorations fragiles, qui disparoistoient avec la fête du triomphe.
C'était dans cet décorations momentanées que l'ar-
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rhitecte puisoit les sujets, le» contenance», et le* embellissctnens appropriés à chacun de ce» art*. Car, connue le remarque l'abbé Dubos, le» arc* triomphaux des Romains n'étoient pu , ainsi que nos ara modernes, des monument iuveutés à plaisir, ni leurs ornement des objets imaginaires, qui n'eussent pour règles que les idée* d'un décorateur. Connue nous ne bisous point de triomphes réel», et qu'après les vio-
ARC
sur un char précédé de captifs, le* dernes peuvent se servir, pour embellir leurs arcs allégoriques, des trophées et des armes qu'ils inventent a leur gré. Les orne ment d'un de nos arts triomphaux peuveut ainsi , pour la plupart , convenir a un autre art. Mai* comme le» arcs de triomphe , chez le» Romain» , ne se dretsoient que pour éterniser la mémoire d'uu triomphe réel, le» ornenien» tiré» de» dépouilles qui avoient paru dan» une occasion, et qui étoient propres à orner^l'arcqu'on élc-
de l'arc qu'on érigeoit en mémoire d'un autre triomphe. Chaque nation avoit , dans ce temps-là , ses armes et vètemeus particuliers très— connus dan* Rome. Tout le monde savuit y distinguer le Dace, le Parthe et le Germain , de même qu'on savoit distinguer les Français et le* Espagnols il y a cent ans, et quand ces deux nations portoient encore chacune des habit* faits à la mode de sou pays. '-*■» arcs triom-
riques, et qui
laquelle il étoit contre la convenance de
Il ne paraît pas que les Grecs aient élevé d'or» de triomphe : les historiens n'eu font point mention , et l'on n'en trouve point de vestige parmi les ruines de la Grèce. L'arc Adrien , a Athènes , est un ouvrage romain. Quant au monument triomphal de Caius Philopapus, Syrien de nation , qu'on voit encore dans cette ville, et que le* gens du pays appellent faussement art de Trajan, parce que dan» le* inscriptions on y lit le nom de cet empereur, il n'a , pour la forme, aucune ressemblance avec les arcs de triomphe. Le temps d'ailleurs où il fut élevé, et beaucoup d'autres inductions , le font également attribuer aux Romain*, qui paroiisent les inventeurs de ce genre d'édifices. C'est pour cela que Pline appelle les arcs de triomphe une nouvelle invention , inventum. Peut-être ne désignc-t-il , sou» nouveauté , que ceux qu'on ornoit si pomde bronzes, de sculptures et d'inscri- ; car il en existoit plusieurs avant lui, tels que ceux de Romulus, de Fabius, etc.
C'est aux Romains qu'il faut faire l'honnenr de l'invention des arcs de triomphe. Les premiers qui furent construits du temps de la république n'eurent rien de magnifique. Celui de Romulus fut assez grossièrement bâti , et an simplet briques , celui de Ca- • l'était de pierres presque brute*, ing-temps il» ne
arc plein-ceintre , au-dessus duquel on plaçait les trophées et la statue du triomphateur : tel étoit celui que Cicéron appelle Amis Fabianus. On peut en voir de cette sorte sur plusieurs médaille*, qui ne présentent qu'une seule arcade, accompagnée d'une colonne de chaque côté, sans stylobatc, et surmontée d'une simple plate-bande en forme d'architrave. Si l'on en juge d'après le* médaille monumen* n'avoient presque aucu de sculpture; il y en a même qui sont entièrement nus. Dans la snite , leurs formes s'agrandirent , et on le» couvrit entièrement d'ornemens de tout genre. Leur masse forma un carré percé de trois arcades couronnée* par un attique très-élevé, qui reeevoit de* inscriptions, quelquefois même des bas-relief*, et qui supportoit les statues équestres , les char* de triomphe, ou autre* objets analogues au i Les archivoltes furent ornées de victoires I palmes et des couronnes. On sait que , lorsque les triomphateurs pnssoient sons les arcs de triomphe temporaires, dont nous avons parlé, et qu'on élcvnit seulement pour la cérémonie, il y avoit au sommet de l'arc des petite* figures de victoires ailées et suspendues, qui, par le moyen de* ressorts qu'on faitoit mouvoir a propos, mettoient une couronne sur la tète du vainqueur. Telle est peut-être l'origine de ce* victoires ailée» qui accompagnent tous les arts de triomphe.
I,e» arcs encore existant aujourd'hui nous offrent troi* espèce* très-distinctes; ceux qui ne consistent qu'en un seul arr .• tels sont les arcs de Titus à Rome, de Trajan à Anémie, etc.; ceux qui sont formés de deux arcades, tels que les deux de Véronne, et qui paroîtroient avoir en même temps servi de portes de ville. Ces ares double* conviennent bien à cette destination, en prétentant deux issues, l'une pour rentrée et l'autre pour la sortie ; ils n'ont aucune analogie avec la marche du triomphe , qui exige un arr principal et distingué dan» le milieu. De ce genre est la troisième espèce , composée de trois portiques , dont deux pins petits accompagnent le plus grand de chaque coté. Tels sont ceux de Constantin et de Septime Sévère à Rome, celui d'Orange, etc.
Le petit arr de Septime Sévère , dit l'arc de* Orfèvres , peut encore se ranger dans une classe à part : il présente une particularité de formes, dont on ne rrtronve ailleurs aucun autre exemple. Il n'est point voûté, mais fait en plate-bande. Sa occasionner ce genre de construction.
Le pins considérable, et le mien les grands ares antiques, est celui de Constantin à Rome : c'est aussi celui qui peut donner la meilleure idée de ces sortes «l'ouvrage* ; car, a l'exception de* bronzes dont il étoit revêtu et couronné, il est presque entier dans tontes les autre* parties de sa décoration , grâce aux restaurations et aux restitutions de que le pape Clément XII y fit exécuter. Cet arc présente un mélange bien singulier de la
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sculpture et de l'architecture «le deux âges éloignés l'un de l'autre, et le contraste le plu* frappant et le plus rapproché du meilleur goût et du plus mauvais. Il fut , comme l'on sait , et comme on le voit , construit des déhris de celui de Trajan , qui étoit bâti dans son forum. On seroit inconsolable de la perte d'un de* plus rares ouvrages de l'antiquité, si ce larcin, bien digne de la barbarie du siècle où il fut commis, n'eût servi à nous conserver les magnifiques bas-reliefs qui représentent les exploits de ce grand empereur. On embellit le monument de Constantin des captifs Partîtes , des trophées composés de leurs armes et de leurs dé|iouilles : c'étoit sur les Parthes que Trajan les avoil prises; mais l'cni'iereur chrétien n'avoit encore rien eu a démêler avec cette nation. Non-seulement on enleva ces bas-reliefs ; il parait aussi qu'on employa les mêmes pierres, les mêmes colonnes, les mêmes chapiteaux. On le prouve par les disparates qui existent entre certaines parties trèsbelles, et d'autres que l'ignorance de l'architecte et la maladresse du sculpteur n'ont pas su accorder , quoiqu'ils eussent en main et sous les yeux les plus beaux modèles à copier.
h' are est entent* aujourd'hui jusqu'à la hauteur des stylobatesou piédestaux des colonnes. Desgodets, dans la fouille qu'il y lit faire pour découvrir le rexdc-chausséc antique, trouva qu'il étoit pavé de briques posées de champ, et de carreaux de marbre. Sa hauteur totale est de 65 pieds i o pouces; sa longueur est de 76 pieds ; sa profondeur, de 20 pieds 5 pouces. La hauteur du grand arc est de 35 pieds 10 pouces; son ouverture est de 20 pieds 1 pouce. Ce grand arc est accompagné de deux autres plus petits, dont l'élévation est de 23 pieds 5 pouces. Quatre colonnes en marbre décorent , de cluque coté , la face du monument. Elles sont élevées sur des piédestaux , dont la ba»e règne tout autour des trumeaux , tant au dedans des arcs qu'au dehors. L'imiMstc des petits arcs fait retour sur leurs bandeaux, et embrasse les côtés de l'édifice par dehors. Les socles qui sont sous les bases de* colonnes sont joints aux listeaux du haut de la corniche des piédestaux par un congé. Le diamètre du bas des colonnes est de 2 pieds 8 pouces deux tiers ; elles sont aussi grosses au tiers de leur hauteur que par en bas. Le fût des pilastres est plus bas que celui des colonnes. L'entablement , porté sur des colonnes, profile sur chacune. Ou remarque que la frise est brute , c'est-à-dire , que le marbre n'en est pas poli.
L'are de Septime Sévère , placé au bas de la montée du capitole, et enterré en partie, est à peu de chose près dans les mêmes formes et les mêmes dimensions que le précédent. Il est également composé d'une grande arcade et de deux plus petites, surmontées de figures de victoires, de fleuves et de saisons. Les piédestaux des colonnes sont ornés de figures en bas-relief. Il y règne en général plus d'ensemble que dans celui dé Constantin , plus d'harmonie entre la sculpture et l'architecture. Tout y fut fait
exprès pour la place , quoi qu'en dise Serlio, qui parait s'être mépris sur ces deux arts, et avoir attribué par erreur à celui-ci la spoliation qui est visible dans ï'arv de Constantin , et dont celui de Sévère n'offre aucun indice. 11 est probable que cet architecte aura fait une transposition de ses notes de l'un à l'autre de ces deux arrs; ce qui est certain , c'est que l'arc dont il s'agit ne fut fait aux dépens d'aucun autre.
Les omemens y sont moins 'prodigués qu'à celui de Constantin. On y sent déjà une décadence remarquable ; et l'on ne peut voir sans étonnement combien l'art avoit pu déchoir depuis la mort de Marc-Aurèle jusqu'à Septime Sévère, c'est-à-dire, dans un esjiace de douze ans. L'architecture s'y trouve , comme dans tous les monumensdu bas âge, très-supérieure à la sculpture , par les raisons qu'on peut voir ailleurs. (fo^rei Architecture.)
Sa hauteur totale est de fil pieds, sa largeur de 7 1 pieds 4 pouces, sa profondeur de 2 1 pieds 8 pou-
I ces , sans compter le diamètre des colonnes. La hauteur du grand arc est de 35 pieds 10 pouces; sa largeur, 2 1 pieds 1 o pouces. Les petits arr.» ont 22 pieds 3 pouces de liaut sur 1 o de large. Le diamètre des colonnes est de 2 pieds H pouces. I n escalier de marbre pratiqué dans l'intérieur de l'édifice conduit à son sommet.
Après ces deux arcs, le plus considérable qui soit à Rome est celui de Titus. Il ne fut élevé qu'après la mort de cet empereur, comme nous l'indique le mot Divo, placé dans l'inscription, et l'apothéose rrpré-
, sentéc dans un bas-relief au milieu de la voûte de l'arc, et que Serlio a pris mal à propos pour un Ju-
! piter. Ce monument , composé d'une seule arcade , est
1 le premier où l'on voie employé l'ordre qu'on a appelé composite. L'ordonnance générale et la disposition en sont belles. L'entablement est bien profilé. Serlio n'y trouve à reprendre que l'union des denticules avec les modulons. Il remarque aussi que l'importa de l'arr est trop chargé d'ornemens , et qu'il n'y règne point de repos. Entre les colonnes de cet arc il n'y a point de bas-reliefs comme aux prëoédens, mais seulement une tablette qui reçut quelques orrjrmeus , et une fenêtre. L'édifice n'a que ai pieds d'élévation : il est ruiné en partie; mais ce qui en reste nous offre un des plus beaux monumens de sculpture des anciens, et un des plus pu-faits modèles du genre qui convient à la décoration des édi-
| fices.
V. On ne peut , en fait de bas-reliefs , rien mettre audessus des deux qui ornent le dessous de l'arcade. L'un représente Titus dans le cliar de triomphe, attelé de quatre chevaux conduits par une figure de femme, sous laquelle Komc est personnifiée. L'empereur tient en main le bâton de commandant ; la victoire le couronne. Les autres personnages sont les licteurs et les sénateurs couronnés qui suivent le cortège avec des branches de laurier. Dans l'antre bas-relief on voit les dépouilles de la Judée et du temple de Jérusalem ,
U le chandelier à sept branches, la table d'or, les tables
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de la loi , les vases et il le triomphateur.
On doit encore admirer dan* cet arr les belles victoire» qui en décorent l'archivolte, la belle agraffe en forme de console qui fait la clef des voussoirs, les rinceaux qui ornent les moolans intérieurs des piédroits jusqu'à l'imposte. Ce monument, qui le cedoit en grandeur et en magnificence à ceux dcTrajan, de Marc-Aurèlc, etc. , peut être mis pour la beauté de la sculpture au rang des chefs-d'œuvre de l'antiquité.
Il n'en est pas ainsi du petit arc de Septiine Sévère, dit l'Arc des Orfèvres, prec que l'inscription porte qu'il fut Itàti par 1rs orfèvres et les marchands du forum Boarium. Il n'a rien de particulier que sa petitesse , sa forme carrée , et la profusion des ornemens dont il est plutôt ciselé que sculpté. Il consiste en deux trumeaux ornés de chaque côté de deux pilastres, qui soutiennent un entablement recouvert d'une inscription. Les pilastres sont tous chargés d'enseignes, de trophées, de rinceaux et d'enroulcmens. Les entre-pilastres sont décorés de bas-reliefs, ainsi que les monUns intérieurs de l'are. Plusieurs de ces bas-reliefs out été mutilés et détruits par la haine de Caraealla , qui poursuivit la mémoire de Geta , son frère , jusque dans les images et les inscriptions où
l'Ile pouvoit se perpétuer. Ce petit monument a de hauteur 18 pieds .{ pouces, sur 18 pieds 9 pouces de
à Koriic plusieurs autres arcs, tels que ceux de la porte Saint-Sébastien et de la porte Saint- Laurent ; celui de Galicn , appelé aujourd'hui l'arc de Saint-Vit , parce qu'il est contigu à l'église de ce saint ; mais ces mnnumens n'ont rien de remarquable du raté de l'art. Cet arc de Saint-Vit offre un bien triste témoignage des malheurs du temps où il fut bâti. L'Empire doit déchiré par les guerres civiles, le trésor épuisé, et les particuliers enfouissoient leurs richesses. Marc-Aurèlc Victor le fit ériger en l'honneur de Galien et de Salonine son épouse. La construction est de pierre travertine. Il reste encore l'arc du milieu. Pietro Santi Rartoli , dans le dessiu qu'il en a fait , accompagne le grand arc de deux autres plus petits , mais fermés dans le bas par le soubassement continu des pilastres; ce qui indique qu'on ne passoit pas sous ces arcs, et qu'on les avoit destinés a recevoir des statues et des trophées.
Mais ces monument de la gloire de Rome ne furent pat particuliers à cette capitale du monde. Toutes les villes de l'empire en élevèrent à l'envi , qui , pour la richesse et la beauté , ne le cédèrent en rien à ceux dont s'enorgucillissoit la métropole. Nous allons en décrire quelques-uns des plus célèbres qui se sont rtmservés jusqu'à nos jours ; nous nous contenterons d'indiquer les autres.
L'art de Binét'ent, élevé en l'honneur dcTrajan , est un des restes les plus remarquables de l'antiquité , autant par la sculpture que par l'architecture. L'ordre qui le décore est composite ; les
ARC 83 sur un stylobate commun : leur base est attique et de la plus belle proportion : l'entablement est bien profilé. Serlio remarque que l'architrave, la frise et la corniche sont dans les plus beaux rapports entre eux , et parfaitement proportionnés à la masse totale de l'édifice. Le même architecte observe qu'on ne rencontre point dans cet entablement le défaut ordinaire de la réunion des denticnles et des modillons , quoique le membre où l'on pouvoit tailler les denticules y soit . La frise est ornée, comme à l'an- de Titus, de figures allusives au triomphe. Les trumeaux des entre-cotonnemens sont divisés avec beaucoup de goût en basreliefs , séparés par de petites frises. Sur le milieu du l'avant -corps de l'atlique est placée l'inscription, et dans les reufoncemens sont de grands bas-reliefs du même goût que ceux de l'arc de Constant i n à R orne . Ils représentent diverses actions de la vie de l'empereur Trajan , et ne le cèdent point à ceux de Rome pour la beauté de l'ordonnance, la grandeur du style et la sage hardiesse de l'exécution. Malheureusement ce beau monument est peu connu, parce qu'il ne se trouve pas sur la route ordinaire que parcourent en Italie les artistes et les amateurs.
L'arc dcTrajan à Ancône doit encore se mettre au nombre des plus beaux ouvrages de l'architecture antique. Il est placé sur la jetée du port et à l'entrée du mole. C'est une des constructions le mieux conseil vées qu'il y ait. Il n'a souffert du temps et de la barbarie que dans les accessoires et ornemens de broni • dontU a été dépuillé. Sur son sommet étoit la statue
un des pieds de bronze dn cheval. Rien de plus grand et de plus admirable que la structure de cet arr, bâti de blocs énormes de marbre , qu'on prétend être de Paras. Les pierres en sont si étroitement jointes , qu'il semble n'être que d'un seul morceau. Il n'y a que les profils qui sont endommagés dans leurs saillies. «Tous » les membres et toutes les parties de cet édifice , dit » Serlio, sont dans une si belle proportion , il y règne » un si bel accord , une telle entente , une si juste » harmonie, que l'oeil des ignorans en demeure agréa- » blemcnt frappé , et que ceux qui connoissent l'art , > non-«eulement sont ravis de la belle intelligence •• qu'ils y admirent , mais rendent grâces à l'archi- • tecte d'avoir produit un ouvrage où notre siècle •■ puisse s'instruire et découvrir les règles du beau. • Il est décoré de quatre colonnes corinthiennes , posées sur des piédestaux. L'ordre , ainsi que la proportion générale du tout ensemble paroissent avoir été alougés à dessein; ce que l'architecte fit sans doute , pour que cet arc de triomphe n'eût point l'air écrasé lorsqu'on le verrait de loin du côté de h mer, où est son vrai point de vue. L'attiqne n'est orné que d'une simple inscription. Il n'y a dans tout l'arc aucune autre sculpture que celles des chapiteaux et des consoles qui agraffent le bandeau de Varc. Le peu d'ornemens étrangers étoient de brome, et a dis- 1, comme on l'a dit. La beauté de la
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lion, l'élégance des forme* et de» proportions, et cette «implicite qu'on désire quelquefois dans plusieurs de ce» monument antiques , font le principal mérite et le charme de celui-ci. ojrei Akco.xk.)
L'a« de Riiuini, élevé en l'honneur d'Auguste, et à l'occasion du rétablissement de la \oie liarainienne, depuis cette ville jusqu'à Rome, est le plu» ancien de tous les arcs antiques, et pour l'ouverture le plus grand de tous ceux qui existent en Italie. Il a 60 pieds de haut, aj de large et 3l d'ouverture : l'arc de la porte Saint -Denis, à Paris, n'a que a4 pieds d'ooverturc. Celui de Kimini e»t en pierre d'istrie, qui est uue espèce de marhre. Il est décoré de deux colonne» coriuthienues de 3a pieds de hauteur. Ia; cri ut iv est couronné d'un fronton , ce qui ne se voit que sur les médailles et à l'arc d'Orange. Le style de ce monniuent n'est pas le même partout. La masse générale, à en juger par l'étendue de l'inscription , devoit cire grande et majestueuse. La corniche n'a point de larmier. Un soubassement régne sous la porte et sous les colonnes; la hase de ces colonnes n'a point de plinthe. Il y a aux encoignures de l'arc, contre le» chapiteaux de» colonne» et au-dessus de l'archivolte , des médaillons qui renferment des tèles.
L'arc de Pola , en latrie , passe aussi pour un monument du siècle d'Auguste , du moins la beauté de ton architecture et de ses ornemens, le rapport de goût qu'on y remarque avec les temple» de la ville , qui sont indubitablement du règne de cet Empereur, tout porte à n'en pas reculer plus loin la dale. {Voy. à l'article Pola, la description de cet arc.) Nous'observerons seulement ici que les coloni point accouplées, comme l'a prétendu Serlio, qui a induit en erreur d'autres écrivains sur cet article. D'après des mesures plu» récente» et plus certaines, il est constant que les colonnes des parties latérales de l'arc ont deux lier» de diamètre d'entreat , et que celle» de face sont espacées de
trois quarts de diamètre. Ainsi il ne sauroit résulter de la aucune autorité favorable au système de l'accouplement des colonnes. ( f«y« Accouplement et Vola.)
L'arc de Vérone, appelé de Castet-fecchio on de Gavius, n'a de remarquable que le nom d'un certain Yitruve , qui en fut l'architecte, mai» qui n'est pat le fameux ^ itruve Pollio, l'auleur du traité d'architecture. Il y avait entre les colonnes de cet arc deux petites niches surmontée» d'un fronton. Le
.ce qui en
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que laissent entre dont la porte est accompguée.
Entre Aix et Arles, et »ur le pont antique de Saint- Chama, sont deux arcs aux deux extrémités du pont; ce monument, unique dans non genre, est, pour sa conservation , un des plut curieux restes d'antiquité qu'il y ait en France et ailleurs.
Mais le 'pins beau monument que la France possède en ce genre est l'arc d'Orange, qu'on croit, sans aucune certitude, être celui «le C. Marins, érigé en l'honneur de sa victoire sur le» Cimbres. le» Teutons et les Embruns. Il a 70 pieds de haut et (iti pieds de long. Le» colonnes sont d'ordre coriiithien. Sur les deux petits arcs sont de grands trophées d'arme», de boucliers fies uns ovales, les antre» hexagotics), d'épées, de dragon» et autre» animaux qui servoient pour les enseignes militaire». Au-dessu» de l'arc du milieu est un fronton , et au-dessus de celui-ci un second entablement qui supporte un attique , dont l'avantcorps est orné d'nn bas-relief représentant une liataille. De» deux côtés de cet avant-coq», et au droit des petil» arcs, sont deux piédestaux en saillie de l'attique, qui indiquent qu'il y avoit autrefois des Statues, et probablement le milieu étoit orné d'un char de triomphe. La sculpture de cet arr est fort belle, parfaitement exécutée , et distribuée avec beaucoup d'intelligence et de !
La partie méridionale de la France, située entre le Dauphiné, le Rhône et la Méditerranée, offre plusieur» arcs de triomphe antiques. On ne voit plus que les ruine* de ceux de Cavaillon et de Carpentra*. Celui de Saint-Remi n'est plus entier; il n'a qu'une seule arcade, au-dessus et aux deux cotés de laquelle sont placées des Victoires ; deux figures d'hommes, par le temps,,