DES ARCS DE TRIOMPHE MODERNES
Après avoir rappelé les principaux arcs de triomphe antiques, et décrit les plus beaux qui nous soient parvenu», nous 1 levons exposer en parallèle les monument de cette espèce, où les moderi>es ont le plus essayé de se comparer aux anciens. C'est particulièrement dans ce genre d'architecture que l'ambition si noble du siècle de Louis-le-tirand s'efforça de lutter contre toute la gloire et la graudenr des Romains.
Iji capitale de la France en renferme deux élevés a la mémoire de Louis XIV. Elle en comptait, il y. peu d'années, un troisième érigé au même roi, et un quatrième à l'entrée du faubourg Saint- Antoine, élevé en l'honneur de Henri II , que lx»ni»-le-Grand avoit fait restaurer, et augmenter de deux autre» arcs pins petits, par François Blondel. Ainsi cet arc étoit devenu un monument commun de ces deux rois, et du goût de leurs siècle». On y voyoit deux belles figures de Paul Ponce , représentant la Seine et la Marne, sou» le» forme» d'un tlcuve et d'une rivière. Différentes raisons de dégagement et de commodité publique , qnaud il s'est agi d'élargir cette entrée de Pari», ont déterminé a détruire l'are dont nous parlons. Il ne s'éleva même aucune réclamation en faveur de ce précieux ouvrage, qu'on pouvoit transporter et replacer ailleur». 11 semble cependant que les hommes de v roi en t assez compter sur le» ravages du temps et de la barbarie pour ne pas en hiter les
coup», et livrant à une
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ruine anticipée les monumens de leur pays et de la gloire de leurs ancêtre*.
Une antre fatalité, comme on ne l'ignore pu, s'est opposée a l'érection du fameux arc lie triomphe jeté au faubourg Saint- Antoine , et par lequel XIV avoit prétendu effacer toutes les mers. Les plus fameux architectes du t a ce projet, et le dessin de Claude : fut préféré. On en jeta les fondement , qui : faits avec une solidité incroyable. Le reste de l'édifice fut élevé en plâtre, en attendant qu'on pût faire la dépense de le bâtir en pierre. Malheureusement les finances étoient épuisées; Louis \1\ mourut, et avec lui périrent aussi le goût du grand, et cet amour des vastes entreprises qui avoient animé son siècle et ennobli son règne. On détruisit jusqu'aux fondations de ce monument, dont on connoit à peine aujourd'hui la place. Malgré la hante opinion que le nom de l'architecte et les regrets que les artistes ont laissés de cet ouvrage, on peut douter, d'après les dessins qu'on en connoit, qu'il eut répondu, et aux vues du monarque, et à l'idée qu'on s'en forme. On r sent le désir d'innover, de s'éloigner des anciens, et de les surpasser, plus par la grandeur de 1* masse que par celle des proportions. Ce monument, comme la plupart de ceux de Louis XIV, eût porté le caractère d'ambition , de faste et d'orgueil que ce prince imprima aux ouvrages de son règne. Mais ceux que ces dehors pompeux n'abusent point, n'y voient pas cette grandeur naturelle anx plus petits ouvrages des anciens, grandeur sans effort, qui n'eut rien d'exagéré, parce qu'elle fut le résidtat de leurs moeurs et de leurs gouveroemens ; grandeur à laquelle on n'arrive point précisément parce qu'on la recherche, et qui diffère autant de celle qu'on affecte, que le vrai héros diffère de l'acteur qui le représente.
Malgré la grande beauté de l'are de triomphe de la perte Saint-Denit, on peut lui appliquer une partie de ces réflexions. Il semble qu'on ait eu principalement en vue de surpasser en hauteur, en grandeur de dimension, et en ricltcsses d'ornemens tous les ares des anciens.
Cet édifice a 73 pieds 9 pouces de large sur 7 a pieds 1) pouces de hauteur, non compris uue plinthe continue qui couronne tout l'ouvrage. Cette plinthe a 4 pieds 8 pouces de haut , et sert d'appui à la plateforme pratiquée sur ce monument. La largeur de la porte est de 24 Pied* * pouces, sur 46 pieds a pouces de hauteur. La largeur de la niche carrée est de S 1 pieds 1 pouce, sur 4g pieds 6 pouces , proportion qui , ainsi que celle de la porte, est plus basse que le <loul>le de sa largeur, quoiqu'il paroisse que François Blondcl ait voulu la lui donner deux fois. Sans doute, lors de l'exécution, il aima mieux donner moins d'élévation à la porte , pour procurer u ne plus grande ' à La table qui contient le bas-relief. L'épais-
1, est de Î5 pieds , et la profondeur do la
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porte n'est que de I a pieds. La hauteur de l'entablement, qui, selon Blondcl. doit être du sixième de tout l'édifice , n'a cependant que çj pieds 1 o pouces , au lieu de 1 a pieds. Il en est de même des piédestaux, qui , selon lui , doiveut avoir le quart , c'est-à-dire , 18 pieds, cl qui n'ont cependant que i(> pieds 1 1 pouces. 11 en est ainsi de bien d'autres mesures qu'il a décrites dans son livre, par les rapports géométriques et arithmétiques, et qui diffèrent sensiblement de l'exécution.
Ce monument a deux faces, l'une du coté de la ville , l'autre du côté du faubourg, semblables toutes deux pour l'ordonnance, et ne différant que dans les orneiucns. La sculpture fut commencée parGirardon, et coutiuuée par Michel Anguier.
Le las-relief au-dessus de la porte , du côté de la ville, représente le passage du Rhin, a Tolhuis. François Blondcl se plaint (page 619) de ce que le sculpteur n'a point suivi son sentiment pour la manière de draper les figures, suivant ce qu'il en a enseigné dans la seconde partie de son huitième livre (chap. x, pag. 1(18). Du côté du faubourg, dam une laide de même forme, est un autre has-rvlief représentant la prise de Maestricbt, en 1673.
Dans la frise de l'entablement, an-dessus de ces deux bas-reliefs, est une inscription en de bronze, conçue en ces deux mots :
LVDOV1CO MAGNO.
Sur chacun des piédestaux s'élève une pyramide adaptée au mur. Elle est posée sur un socle, et surmontée d'un globe porté sur un petit amortissement ; la largeur inférieure de ces pyramides est a leur partir supérieure comme trois est a un ; sur l'un de ces sodés , d'un côté est une figure colossale , le Rhin sons la forme d'un fleuve étonné; l'a la Hollande , sous la figure d'une femme affligée , assise sur un lion a demi-mort, qui, d'nne de ses patte», tient une épéc rompue, et de l'autre un trousseau de flèches brisées et en partie renversées. François Blondcl rapporte dans son livre (page qu'il a imaginé ces figures au bas de ces pyramides, a l'exemple des médailles que nous avons d'Auguste et de Titus, où l'on voit ' des figures de femmes assises au » pied des trophées et des palmiers, qui marqnoient » on la conquête de l'Egypte par Auguste , ou celle .de la Judée par Titus. »
Au-desans de ces figures,, ramides, s'élèvent des trophées a l'antique pendus à des cordons , et entremêlés de boucliers charges des armes des provinces, ou des villes principales que le roi venoit de soumettre en Hollande , lorsque la ville de Paris fit ériger ce monument à la gloire de ce prince.
Du côté du faubourg . sont aussi deux pyramides chargées de trophées qui diffèrent seulement de celles de parler, en ce qu'il n'y a
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de figures sur les socles , niais seulement de» lions i|ui semblent les soutenir.
Ce monument, le plus beau du siècle de Louis XIV, par la fermeté de son architecture, par la fierté de se» profils, par la grandeur de sa composition, par sa belle exécution, a toujours attiré l'admiration des connoisseurs, et obtenu les plus grands éloges des artistes. Cependant l'intérêt des ails ne nous permet pas de supprimer les deux réileiions suivautes , dont l'une a rapport à la proportion , l'autre à U décoration de cet arc de triomphe.
Quand on considère les vastes dimensions de cet édifice, le plus haut peut-être qui ait été alors élevé dans ce genre, on ne saurait deviner par quelle raison l'architecte ne lui a pas donné une profondeur proportionnée à tous ses autres rapports. On a vu , par le détail de ses proportions , que Blondel diminua dans l'exécution la hauteur de l'arcade, et qu'elle est plus basse que le double de sa largeur. Cependant elle paroit encore très-élevée : on ne craint pa» d'avancer que cet effet résulte, en grande partie, du peu de proloudcur du monument, qui fait éprouver à l'oeil un contraste sensible de largeur et de maigreur. L'arc de la porte , ne gagnant rien à l'effet de la perspective et à la vue des sortîtes qui devraient lui servir de fond , se détache toujours sur le ciel , et paroit toujours géométral. I«a vue de profil fait encore mieux sentir ce défaut , et il n'est personne qui , en voyant cet édifice de coté, ne lui désire le double d'épaisseur. Cette proportion n'aurait eu rien d'outré ; et si l'on veut comparer les dimensious de cet arc avec celles des arcs antiques que nous avous dounées, ou verra, par exemple, que l'arc de Septime Sévère, quoique de 1 2 pieds moins haut que celui de Loui*-le-Crand , a près de l o pieds de plus d'épaisseur, ainsi des autres, tant grands que petits, qui nous sont parvenus de l'antiquité.
Quant à la décoration de cet arc , quoique grande et majestueuse , elle présente des idées disparates et des idées composées. Nous appelous idée disparate celle des pyramides qui ornent les faces de ce monument. Quel que puisse être le vice de pyramides en bas-relief, de pyramides telles que celles-ci, dont la forme bataixle tient un milieu équivoque entre l'obébsque et la pyramide , leur plus grand défaut ici est de se trouver appliquées à un monument triomphal. Cette forme étant consacrée aux tombeaux , a des objets funèbres , imprime un caractère sépulcral à cet arc de triomphe ; et, quoi qu'on en puisse dire, il est évident que ces pyramides sont un véritable contresens d'architecture et de décoration.
Cette faute ne se trouve point corrigée , ou l'est mal, par les trophées qui accompagnent les pyramides , et c'est ce que nous appelons idée composée , toujours vicieuse dans la décoration ; ou sent qu'il ne faudrait que l'un des deux objets. Malgré le grand mérite de cet ouvrage, on croit y apercevoir une ambitieuse affectation de surpasser les anciens par une
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réunion d'objet* imité* cependant d'après eux ; on y reconuolt à la fois la base de 1a colonne T raja ne, l'obélisque de Saint-Pierre supporté pr des lions , les trophées de Marins , les archivoltes des arts antiques, et les priuci|iales formes de ces monumciis. Il était impossible, sans doute, d'en faire un plus beau tout, et nous ne nous sommes permis ces observations que pour mieux faire sentir et les beautés de l'ouvrage, toujours indépendantes des critiques qu'on peut en faire, et la difficulté de l'art.
L'arc de triomphe de la porte Saint-Martin fut élevé l'an i sur les dessins de Pierre Bullet , élève-^lesunateur et appareilleur de François Blonde). Il a 53 pieds 7 pouces de large, sur 53 pieds un pouce d'élévation, y compris l'attique continu qui règne sur la partie supérieure de l'entablement, et qui a de hauteur 1 1 pieds. Ce monument est percé de trois portes en vlen. ceintre ; celle du milieu a ib pieds 2 pouces de large , sur 3o pieds un pouce de haut. Les portes collatérales ont chacune 6 pieds un pouce et demi , sur 1 5 pieds 8 pouces et demi. Les arcs de ces portes sont soutenus par des piédroits de 5 pieds 6 pouces et demi chacun , et sont chargés de bossages continus vcrmiculés, lesquels tournent en manière d'archivolte autour de l'arc en plein-ceintre de la grande porte. Ce genre d'ornement rustique est plus propre, en général, a la décoration d'une porte de ville qu'a celle d'un arc de triomphe ou d'une porte triomphale. D'ailleurs il donne un caractère de pesanteur à l'édifice : on ne doit l'employer que dans ceux qui demandent, parleurs usages," la plus grande apparence de solidité.
Au-dessus de l'imposte , et aux deux extrémités de ce monument, s'élèvent deux corps en bossages de la largeur des piédroits de dessous : ces bossages, qui saillent de quelques pouces, laissent un enfoncement qui occupe l'esjnce compris entre le dessus de cette imposte et le dessous de l'entablement, ensemble la largeur qui règne depuis les corps de bossages dont nous veuous de parler, jusqu'à l'extrados de l'arc de la grande porte. Ces espaces d'une forme assez ingrate sont ornés , du côté de la ville , comme du coté du faubourg , par des bas-reliefs de l'exécution des Desjardins, Marsy, Le Hongre et Le Gros. On y voit représentés les principaux évènemens arrivés dans le temps de la construction de ce monument, tels que la conquête de la Franche - Comté , la prise de Limbourg , etc. , etc.
Au-dessus de ces bas-reliefs , dans tout le pourtour de l'édifice, règne un entablement qui a o pieds de hauteur; il est composé de trop de petites parties, et est trop chargé d'ornemeus, relativement à la mile simplicité de tout l'ensemble.
Sur cet entablement s'élève un attique orné a ses extrémités de deux pilastres angulaires saillan», entre lesquels est une grande table, dont la bordure est
tient l'inscription.
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L'nre appelé Porte Saint-Bernard étoit du nombre de ceux qui n'ont de commun que la forme avec le* arcs de triomphe. Ce fut François Blonde! qui en donna les dessins et qui composa les inscriptions qu'on y lisoit. Il parle dans son court d'architecture de la peine que lui causa cet édifice, par les difficultés
3ui'l>U«^ovc^rr épWMeUr ,W Chambre*
Ce monument avoit deux arcades ou portiques , et une pile au milieu : on j avoit substitué deux colonnes. Sa hauteur étoit de 10 toises, et sa largeur de 8. I n attique en manière de piédestal continu ré— gnoit sur un entablement soutenu par une corniche. Ile grands lias-reliefs occupoient les deux faces. Dans celui qui étoit du côté de la ville, Louis XIV étoit représenté répandant l'abondance de tous côtés sur «es sujets, et dans l'attique on avoit gravé en creux une inscription.
\s- bas-relief qui étoit du côté du faubourg faisoit voir Louis XIV habillé en divinité antique , et tenant le gouvernail d'un navire qui vogue à pleines voiles. L'inscription expliquoit l'allégorie.
Ces deux bas-reliefs, et les Vertus qu'on voyoit sur les piles au-dessous de l'imposte, étoient de Jean- Baptiste Tuby.
L'Italie compte aussi quelques monumens modernes en ce genre. Florence nous en présente un tret-niagninquc , bâti hors de la porte de San-Gallo , ou celle de Bologne, et exécuté sur les dessins de Jado, Lorrain de nation. Il fut élevé à la gloire de François I", lorsque, n'étant que grand-duc de Toscane, il fit son entrée dans la capitale, l'an ' 7 i Cet arc est construit avec la pierre du pays; mais tous les lus-reliefs, ornement et statues sont en marbre. Il est «Uns la forme et les proportions des grands arcs antiques, compose d'une grande arcade et de deux collatérales plus petites. Les niasses en sont bonnes; mais les détails en sont lourds ; ce qui provient de leur exécution , ainsi que de celle de la sculpture , qui n'y a point été ménagée ; le sommet est terminé par la statue équestre du prince , faite en marbre , par Vincent Foggini .
A ^iaples , au château neuf , on voit un arc de triomphe élevé au roi Alphonse , en mémoire de son entrée. 11 est tout en marbre , et orné de beaucoup de statues. On attribue cet ouvrage au chevalier Plein, Martino, de Milan, quoique Vasari paroisse en
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A Vicence, au sortir de la ville , on entre dans le Charaps-de-Mars par un arc de triomphe , composé d'une grande porte ceintrée et de deux petites portes carrées , avec une fenêtre aussi carrée au-dessus. Il est décoré de colonnes doriques à refends , qui sont engagées, et portent un petit attique , au milieu duquel est l'inscription : cet attique est terminé par un fronton. Aux extrémités de l'entablement sont de pc- .jramides.cet, On
de remaniement sont de pcest d'une bonne proportion, me ville un arc de Palladio, |
leqncl fait l'ouverture d'un escalier de 2Cjo marches , qui conduit à l'église de ht Madona dit Monte. Ce joli monument est décoré de quatre colonnes corinthiennes engagées, dont l'entahlement porte un attique. On y observe de l'élégance , de la pureté et les plus belles proportions; il est couronné j«r des statues.
ARCA SEPULCRALIS. C'étoit, cher les anciens, un tombeau ou cercueil, qu'on appelle aujourd'hui urne, en parlant des monumens antiques. Ces urnes étoient faites comme un coffre , arca , c'est-àdire qu'elles étoient quadrangulaires , et fermées par un couvercle dont la forme varioit suivant le gnùt des ouvriers. On en trouve encore aujourd'hui de terre cuite , et qni se renfermoient ordinairement dans d'autres d'une matière plus précieuse. Mais le plus grand nombre est de marbre. On les ornoit de basreliefs et de sujets de toute espèce. Ils n'étoient pas toujours analogues a la personne des morts. Le plus souvent , ces urnes étoient taillées d'avance, et on observe , dans quelques-unes , que le sculpteur laissoit en masse la tète des figures qu'on représentait dessus, pour être finie d'après le portrait de celui qni devoit y être placé. La plus grande arca sépulcrale qu'on connoisse, existe en porphyre au Musœum faticanum. Elle est ornée de combats de cavaliers, et son couvercle l'est de guirlandes, supportées par des Génies. On en faisoit aussi en simple pierre; telle est celle de Scipion , en péperino , qui est décorée de triglvphes, et qu'on voit au même Musxum. {Voyez Tombeau.)
ARCADE , s. f. Est un arc élevé sur des piédroits, ou pratiqué dans l'épaisseur d'un mur pour former une ouverture. Les arcades demandent des supports solides : comme elles présentent toujours à l'oeil , par la forme de voûte, l'idée de poussée, le bon sens exige qu'on lui oppose celle d'une résistance équivalente. Voilà pourquoi on doit les faire porter par des piédroits, et non par des colonnes, qui , bien qu'également solides , si l'on veut , ne satisfont pourtant point également la vue. L'usage des arcades sur colonnes prit naissance dans la décadence de l'architecture. Soit impossibilité de trouver des blocs assez étendus pour former les architraves d'une seule pièce, soit ignorance de l'art des claveaux nécessaires pour construire une plate-bande de plusieurs morceaux, on abandonna l'usage des entablemens, et on leur substitua des arcades d'une colonne à l'autre. Ce vice devint général , et a régné jusqu'au renouvellement de l'architecture antique. La pratique s'en est encore perpétuée depuis en Italie , et l'on doit avouer*qne c'est le pays où , dans, le fond , elle est le moins vicieuse, l'expérience de plusieurs siècles en ayant justifié la solidité. Cette solidité provient, dans ce pays, de la nature des matériaux , et des colonnes de bre qui
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la facilité de» brique» pour bander le* arcades; cuûn, de U bonté du ciment. L'ancienne église de Saiut- Paul à Rome, ainsi construite sou» Constantin et Théodosc, a été la meilleure preuve de la boute de cette construction. Cependant, il ne faut jamais perdre de vue cette maxime de goût, que l'architecture ne doit pas se contenter d'être solide, mais qu'elle doit encore le paroilre.
Le» constructeurs gothiques, qui ne furent que de» compilateurs des débris de l'architecture antique, trouvèrent l'usage des arcades sur colonnes généralement établi dans les édifices du lia»- Empire, formés aux dépens de» monuniens de» beaux siècles. {Voyez Aschitectuiie et Gothique.) Ils en imitèrent cette forme de construction, qui devint universelle dans leurs bâtimen». Mais pour supporter leur» niasses hardies, légères et pesantes à la fois , ils furent contraints d'augmenter le diamètre de leur» supports , et de faire ce» pilier» énorme» qui remplacèrent les colonnes des la» siècles. Au renouvellement de l'architecture, on abandonna les piliers gothique» et le» ares d'ogive cpi'il» supportoicut ; on y substitua le» arcades .-mirées des anciens , supportée» par de» piédroits. Cependant l'nsage de» vastes églises , introduit par les gothiques , lit adopter, dans les temples, ce genre de construction que les anciens n'y avoient jamais employée, mais que la grande extension des voûtes moderne», les vastes dimensions qu'on donne à nos intérieurs, et le besoin de solidité, semblent avoir rendu nécessaire.
11 est indubitable que l'immensité d'une voûte, 'telle que celle de Saint-Pierre à Rome, ne saurait être soutenue que par des arcades, et que les colonnes, telles qu'on puisse les supposer, ne pourraient, sans des risques prodigieux, porter de» voûte» d'une telle proportion , surtout eu pierre.
11 n'est pas moin» certain que la construction eu arcades, dans les temples, est lourde, froide et peu convenable à ce genre d'édifices ; les pilastres, dont on orne le» piédroits, ne donnent qu'une décoration de bas-relief, dont l'effet est mesquiu et monotone.
Les arcades conviennent particulièrement aux édifices qui exigent un caractère fort et simple à U fois : elles font un bon effet, employées à l'extérieur des s , comme on le voit «Uns le» amphithéâtre» s, ou dans l'intérieur des coure de palais, ...i' qu'on les pratique eu Italie, dans les places publiques, les marchés, etc. Il y a plusieurs villes où l'on a élevé des portique» en arcades le long des rues; ce qui contribue autaul a la beauté qu'a la commodité. Mai», dans des intérieurs fermé», les arcades ont l'inconvénient , en procurant de grandes ouverture*, d'exiger «le trop grand» massifs, qui gênent la vue, et semblent rapetisser l'espace; tandis que les colonnes, parleur multiplicité, la variété de leurs aspects, et leurs fréquentes percées, agrandissent le» intérieurs, et en étendent le coup-d'teil.
Les arcades se décorent souvent avec les ordres
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d'architecture : alors leur proportion varie suivant Tordre dont elles s'appliquent les mesures, les forme* et le goût. Dans le toscan, que le» modernes ont distingué du dorique, par uue plus grande apparence de simplicité , Y arcade n'a point d'archivolte , ou n'a qu'un simple bandeau nu qui porte sur une imposte de même caractère. L'arcade dorique rat ornée d'uu archivolte, à deux faces couronnées : la même moulure règne dans l'imposte. L'arcade ionique a les mêmes ornemens que la dorique , et de plus elle reçoit une agrafte ou clef en forme de console. L'arcade corinthienne et composite a son archivolte encore plus ornée. {Voyez Archivolte.) Les proportions de ces arcades suivent, quant à leur hauteur, celles des colonnes qui leur août appliquées : ainsi {'arcade toscane est la plus basse de toutes, et la corinthienne est la plus haute. On a adapté à ces arcades les colonnes, ou sans piédestaux, ou avec leurs sty lobâtes : on les voit de cette dernière façon dans un grand nombre d'édifices antique», surtout aux amphithéâtres où ce» arcades faisant galerie extérieure et continue, le piédestal se prolonge dans l'intérieur de V arcade pour servir de balustrade.
Il n'y a que la forme d'arc en plein -ceintre qui puisse convenir aux arcades; leur appareil doit toujours être à crosscltes, pour que les voussoir» se raccordent , comme il le faut , avec les assises horizontales des piédroits.
ARCADE FEIIVTE. C'est un renfoncement ceintré d'une certaine profondeur, qui se fait dans un mur, soit pour répondre à une arcade percée, qui lui est opposée ou parallèle , soit seulement pour la
Chantilly, du côte du jardin.
ARCBOITER, v. a. C'est contenir la poussée d'un arc ou d'une plate-bande, avec un pilier, un arc-boutant ou une étaie. {Voyez Arc-Bocta.nt.)
ARCEAU, s. m. C'est la courbure du ceintre parfait d'une voûte , d'une croisée on d'une porte : ainsi cette courbure ne comprend qu'une partie du demicercle, ou un quart du cercle au plus.
Arcem . (Terme d'architecture hydraulique.) C'est la voûte ou la petite arche d'un pont.