‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 37 sur 258 · ARCEAUX · texte numérisé non relu

ARCEAUX

de trèfles.

ARCHE, ». f. (e grande voûte en arcade- ; ce I les ponts. Les arches servent à former aud'une rivière une route sûre et commode pour la traverser, sans interrompre le courant de l'eau, ni gêner la navigation. Les arches de pont peuvent être surhaussées en plein -ceintre, ou surbaissées, selon que les rivage» ou le» routes qui y conduisent sout plus ou moins élevés, et selon la largeur des archet.

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( / i't Pont ) D'ailleurs, lotit ce qui a été dit des arcs peut s'appliquer aux arches de pont. [V. Aar..)

Lorsqu'une arche est très-petite , on l'appelle arceau ; et , lorsqu'un pont est composé de plusieurs arches, on appelle la plus grande maîtresse-arche . Le» arches reçoivent encore différentes dénomina-

Abche d'assemblage . C'est un ceintre d'assemblage , bombe et tracé d'une portion de cercle , pour faire un pont d'une arche, comme on en voit dans Palladio (liv. III, ch. vin), et comme il avoit été proposé, par Perrault, d'en faire un a Sèvres, près de Paris, (Voyez le Cours d'Architecture de Blondel, Ht. I, part, v.)

Arche elliptique. C'est celle dont le trait est une demi -ellipse , comme aux arches du pout Royal à Paris.

n-ccintre. Arche formée d'un demis a quelques ponte antiques. (Voy. Abc.)

Arche en portion de cercle. Nom d'une arche dont le ceintre est moindre qu'an demi-cercle. On voit de pareilles archts à la plupart des ponts antiques, et à celui de Rialto à Venise, qui a , d'ouverture d'arc, ou longueur de base , plus de 3a toises.

A m he extradosséc. C'est une arche dont les vous— soirs sont égaux en longueur, parallèles à la douelle , et ne font point de liaison avec les omises des reins qui régnent presque de niveau. La plupart des ponts antiques sont ainsi extradasses . Le pont Notre-Dame a Paris, et celui du Gard, le sont aussi.

Arche surbaissée ou en anse de panier. C'est celle qui est de la plus basse proportion, et qui a le moins

de montée, (Voyez Abc.)

Arche surhaussée. (Voyez Abc.)

Les arches n'étant , comme on le voit, que les arcades d'un pont, elles sont susceptibles d'une partie des oroeinens qu'on applique aux arcades ; mais la nature des édifices où on les emploie exige , dans leur décoration , un caractère mâle et simple. Les piles des arches demandant bien plus de force et de solidité que les piédroits des arcades, ne comportent pas, comme ceux-ci, des pilastres , ni des ordres d'architecture ; ils y seroient déplacés : la grande largeur qu'on est obligé de donner le plus souvent aux arches, ainsi que leur inégalité d'ouverture, rend revient la proportion des ordres vicieuse , et leur effet nul ou mesquin, par rapport aux grandes masses qui les dévoreroient. (Voyez Pont.) La grandeur, la force, la solidité doivent faire le principal ornement d'un pont. Cependant la plupart des constructeurs modernes sont tombés dans un autre excès, surtout a Paris, où 1rs arches de tous les ponts sont lisses, et sans aucun membre d'architecture.

Les orne mens qui conviennent aux arches sont

bon et de leur forme : ainsi un heureux emploi de

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de bossages et de refends , répartis et variés arec art , enrichissent ce genre d'édifice , en rompent la monotonie et la froideur. Le genre rustique est tout-a-fait analogue à la construction des arches ; et l'on doit s'étonner de ne point y trouver appliqué chex les modernes ce goût dont on a fait ailleurs un emploi si vicieux et si barbare, (forci Bossage. )

Lesanciens l'employèrent aouveutdans leurs ponts ; mais nous ne voyons point qu'ils aient jamais manqué d'orner leurs arches d'arcbivoltes ou de bandeaux plus ou moins riches : telles sont les arches du pont Saint-Ange, du pont Subi ici us à Rome, des ponts de Rimini , de Narni, etc. Palladio n'a jamais omis, dans tous ses modèles de pont, cette décoration, la plus simple et la plus belle de l'arc he. Ces archivoltes seront plus ou moins ornées, suivant le caractère du pont et la richesse de l'entablement qui le couronnera. On peut encore ajouter aux bandeaux des arches, des clefs ou agraffes en manière de consoles. Le dessous des arches peut aussi s'orner par des caissons ; mais ils seront d'un caractère Miiijje , et il faudra prendre garde que cet embellissement ne nuise a la solidité de la voûte. Nous u'avons point d'exemple de cette espèce de décoration dans les voûtes des nrches chez les anciens. Il est d'autres embellissemens que l'architecte peut appliquer aux arches et aux ponts , en raison de la richesse qu'on veut leur donner. (Voyez Pont.)

ARCHEMOUNAIN , village d'Egypte où l'on voit les ruines de l'ancienne Hennopnlis. (Voyez Hebmopoms. )

ARCHEVÊCHÉ, s. m. On comprend sous ce nom tous les bàtimens qui composent le palais d'un archevêque dans la principale ville de son diocèse, où est sa résidence ordinaire. On doit y pratiquer plusieurs grandes salles d'assemblées , les synodes , et une chapelle pour les 1

ARCHITECTE, s. m. Ce mot, venu du grec, et composé de deux mots de cette langue , afX" e* t/ixt«», signifie chef des ouvriers. C'est bien effectivement, dans le sens matériel de la chose, la définition de celui qui préside à la direction d'un bâtiment.

aussi l'art de bâtir. Mais cet art ne prend rang parmi ceux qui sont nommés arts lihèraujc, qu'autant qu'il est pratiqué suivant des principes puises dans la nature , et selon des règles qui deviennent l'expression du besoin et du plaisir que nos yeux et notre esprit demandent à l'architecte.

Toutefois l'étvmologie de ce nom fait assez connoître qu'en Grèce l'artiste auquel on le donnoit, étoit de fait l'ordonnateur suprême de tous les travaux et de tous les ouvrages qui concourent à la

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<lr» édifice*. Or, cette (onction supérieure lait «apposer dans celui qui La remplit une ■-«•union fort rare de qualités et des connotsfance* très-étendue».

Effectivement, le nombre de celles Vitruvc exige de son architecte donne la plus haute idée «les mérites et lalens que les anciens s'étoient plu à rcconnnttrc soit dans l'art , soit dans ceux qui en faisoient profession.

« Dans cet art , » dit l'architecte romain , dont nous abrégerons beaucoup ici la théorie, ■« comme » dans toute autre chose , on remarque ce qui est si- » guidé et «-c qui signifie. La chose signifiée est celle » dont on traite . et celle qui signilie est la démon- » stration qu'on en donne par le raisonnement, sou- » tenu de la science. Ainsi, dans l'architecture, on » distingue la pratiquée! la théorie. La première exé* » rutc avec les mains, en donnant à la matière, quelle » qu'elle soit , sa forme propre. La seconde démott- » tre; elle explique et les ouvrages exécutif par les » raisons et par les règles de la proportion. De là il ré- » suite que les architectes . qui , sans la théorie , mais

uniquement à l'aide de la pratique , se sont bornés .. à l'exécution matérielle , n'ont pu s'acquérir aucun » nom par leurs travaux : même chose est arrivée à » ceux qui, bornés aux connoissances théoriques, » ont manqué leur objet en ne poursuivant que son •> ombre.

•< C'est pourquoi il est nécessaire que l'architecte « soit versé dans la pratique comme dans la théorie , •« qu'il se livre également aux spéculations de l'esprit » et aux travaux de l'exécution ; car l'esprit sans le » travail et le travail sans l'esprit uc sauraient former » un artiste parfait.

« h' architecte doit donc savoir écrire et dessiner, <• être instruit dans la géométrie, et u'ètre pasignou rant de l'optique , avoir appris l'arithmétique, coo- » noitre l'histoire , être versé dans la philosophie , » avoir des connoissances en musique , et quelque ■ teinture de la médecine , de la jurisprudence et de » l'astronomie. »

Un des plus «célèbres architectes de l'antiquité , Pythius , qui s'illustra par la construction «lu temple «le Minerve à Priennc , exigeoit de l'architecte , dans le traité qu'il composa , une connoissance plus profonde de chaque science en particulier, qu'il ne serait nécessaire d'en avoir à chacun de ceux qui

judicieux , ne demande a l'architecte «pi'un moyen savoir dans ces différentes parties. Il n'est , dit-il , ni possible , ni nécessaire qu'il soit aussi bon grammairien qu'Aristarque , aussi grand musicien qn'Aristoxène, aussi excellent peintre qu'Apelles, aussi habile sculpteur que Myron et Polvclète , ni aussi savant médecin qu'Hippocrate. C'est assez, ajoute-tnl, qu'il ne soit pas ignorant de la grammaire, de La musique, de la sculpture, de la médecine, l'esprit d'an seul homme n'étant pu capable d'atteindre à la per-

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fection de tant de diverse* et excellentes connoissance*.

A ces étutles particulières ou générales , Y itrnve veut que l'architecte joigne un grand travail et un parfait désintéressement, a Je sais bien, dit-il, qu'une grande partie du monde estime que la principale » sagesse est celle qui nous rend capables d'amasser de » grandes richesses, et qu'il s'est trouvé des hommes » assez heureux pour acquérir des biens et de li > réputation tout ensemble; mais, pour La plupart, » ils ne incitent leurs soins qu'à briguer de grands ■ emplois. Pour moi , j'ai appris de mes niai très qu'il » faut qu'un architecte attende qu'on le prie de pren- » dre la conduite d'un ouvrage, et qu'il ne peut sans » honte se livrer à une sollicitation qui le fera passer » pour un homme intéressé; car on sait que l'on ne >' sollicite pas les gens pour leur faire du bien , mais » pour en recevoir d'eux. Que doit, en effet, penser » celui qu'on prie «le donner son bien pour être em- » ployé à uue grande dépense, sinon que celui qui » le demande espère y faire un grand profit au pré- ■• judicc de celui à qui il le demande? C'est pourquoi » on s'informoit autrefois, avant d'emplover un ar- » chitecte , et de sa naissance et de son éducation , et » l'on se fioit plus à celui dans lequel on reconnois- « soit de la modestie, qu'à ceux qui affectoieut de » paraître fort capables. La coutume de ce temps-là « étoit aussi que les architectes n'instruisoient «|ue »leurs enfaus ou leur* parens, ou bien ceux «ju'ils " jugeoieut capables d'acquérir les grandes connois- » sauces requises dans un architecte , et de la fidélité <> destiuels ils pouvaient réjiolidrc. >• D'après l'énumération et l'élrudue tic connoissances qui dévoient entrer dans l'exercice de l'architecture chez les anciens, on ne doit pas trouver étonnant que Platon ait avancé qu'un bon architecte étoit une rareté dans la Grèce. Mais il se présente aujourd'hui une autre réflexion sur cet objet. Que si , en effet , on veut bien comparer Les études exigées autrefois de l'artiste avec la manière usitée maintenant d'enseigner et d'apprendre l'architecture , il semble qu'on devra conclure de ce rapprochement, on que cet art a perdu beaucoup des difficultés qu'il «voit alors, ou que la plupart de ceux qui le professent se sont soustraits à un grand nombre des conditions qu'exige sa perfection.

Ce|iendant, si l'on excepte l'astronomie et La musique, dont les élémens sont moins nécessaires aujourd'hui qu'ils ne le furent jadis pour la construction des théâtres et des cadrans solaires , il est certain que l'art de l'architecture ne saurait se passer de tontes le* autres études prescrites parYitruve, si toutefois encore les besoins des modernes n'y en ont pas rendu quelques autre* aussi nécessaires.

Et d'abord les connoissances littéraires et celle» de l'histoire ne seront-elles pas plus utiles encore à Varehitecte moderne ? Vitruve votdoit que son architecte sut rendre raison de tout ce «jui se lie dans son ai

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iat faits ou aux opinion* historiques , comme à l'origine «les caryatides et d'autres objets semblables. Combien donc aujourd'hui cette érudition n'est-elle pas plus indispensable , puisque , par le fait de l'adoption de l'art des anciens, V architecte met en œuvre

innp|xirtun ou souvent ridicule, si, ignorant leur origine, et par conséquent leurs raisons, il les admet à contre-set», et au rebours de leur signification.

L'architecte d'ailleurs est souvent obligé, pour expliquer ses projets et en faire comprendre les motifs , soit d'en rédiger par écrit la substance, soit1 d'employer à leur explication la parole devant des gens instruits. Il faut donc qu'il sache les développer avec méthode, clarté, facilité et agrément.

Les sciences du calcul et des mathématiques ne sont pas moins nécessaires a l'architecte d'aujourd'hui. Il ne doit pas se borner aux élémens de l'arithmétique ; il est tenu d'en posséder la pratique dans toute son étendue, soit pour l'exécution de ses projets, soit pour éviter ces erreurs trop ordinaires dans l'évaluation des dé|ienses , auxquelles de faux calculs entraînent les ordonnateurs des bàtiniens.

Mais l'architecte moderne a plus besoin du secours de la géométrie et de la mécanique , que u'eu avoit l'architecte des temps antiques. Le genre de con- «Iruction chez le plus gond nombi-e des peuples actuels exige plus de combinaisons dépendantes de ces deux sciences. Généralement la uaturc des matériaux, l.i simplicité de l'appareil, ou des assemblages citez les anciens , et encore celle des plans et des distributions , demaudoient moins d'artifice , que n'en exige le plus souvent chez les modernes le besoin des courlies compliquées dans les voûtes , et la nécessité de fournir à des plans fort diversifiés, des moyens tic couvertures solides avec des matériaux d'une modique étendue. Or, l'étude de la géométrie facilite les moyens de tracer et de mesurer toutes les figures, et les coq» solides en enseignant 1rs diverses propriétés de tous les genres de courbes. La mécanique enseigne à mettre en équilibre les forces qui agissent avec celles qui soutiennent et qui régissent. (Quiconque aura négligé ces études ne saura jamais trouver le juste milieu , nécessaire tout a la fois pour la solidité- de la construction et pour l'économie. La mécanique, au moyen des machines qui suppléent au nombre des bras", ne peut être aussi que d'un trèsgrand secours à l'architecte moderne dans l'exécution de ses projets.

La perspective et l'optique lui sont également nécessaires. Elles lui servent non-seulement à se rendre compte des effets et des points de vue du projet a eiécuter, mais encore à trouver les moyens d'éclairer convenablement les intérieurs, de faire valoir certaines parties , ou de les modifier selon leur situation,

ou à raison des distances d'où l'on sera forcé de les voir.

L' 'architecte doit aussi étudier la physique, au moins sous certains rapports généraux. Il doit être en état de connoltrc non-seulement par la pratique , mais encore dans les principes de la composition des matériaux, les diverses qualités de ceux qu'il aura, selon les pays, le besoin d'employer. Il doit avoir étudié les causes physiques ou météorologiques des qualités du sol , de l'air, et du climat dans lequel il bâtit , pour déterminer les positions les plus salubres, les aspects les plus favorables aux édifices. C'est cette connoissance que \ itruve recommande à son architecte, sou» le nom de Médecine.

Mais le dessin , et sous ce nom nous n'entendons pas ht simple delinéation , nous entendons celte étude des formes du corps humain et de la nature en général, qui est la hase de la peinture et de la scuplture; le dessin , disons-nous , doit entrer comme partie essentielle dans les études pratiques de l'architecte. (Quelques auteurs ont avancé qu'on ne pouvoit être bon architecte sans avoir été bon peintre ou bon sculpteur. Si l'on jette un coup-d'nril sur l'antiquité, on y trouvera encore, nonobstant le petit nombre de renseignemens que le temps et les nombreuses révolutions ont dérobés à l'histoire des beaux-art», un très-grand nombre d'autorités en faveur de cette communauté d'études, de pratique et d'exercice qui avoient régné entre ce» arts et entre ceux qui en faisoient profession.

Mais c'est surtout dans l'Italie moderne, et au milieu des plus beaux siècles de l'art, qu'on a vu cette réunion d'itabilelc et de renommée dans chacun des arts du dessin se reproduire sur un seul homme. On ferait une liste beaucoup trop nombreuse des | i titres et sculpteurs les plus renommés comme tels aujourd'hui , qui réunirent à un très-haut degré le savoir, le goût et la pratique de l'architecture. On y lirait les noms toujours fameux de Giotto, d'Orcagna , de Mantegna , de M ichel-Angc , de Raphaël, de Jules-Kotuain , de Polidore, de Vasari , de Tibaldi , de Daniel de \olterra , des Jean de Bologne, Doininiquain, Cortooe, Bernin, Algardi, etc. A ce tableau on opposerait celui des hommes plus particulièrement célèbres par leurs ouvrages d'architecture, et dont le talent s'est étendu sur les autres arts, et l'on citerait dans cette cathégorie Uruneletchi, Alberti, Ammanati , Sansovino, San-Gallo, Bramante, Vignola, etc. D'où il résulterait qu'il n'existe en Italie presque aucun beau monument d'architecture qui ne soit, grâce a ceux qui en furent les auteurs, h* fruit du savoir combiné, et de la pratique des differens arts.

La raison de cette réunion de talens , jadis si commune, devenue depuis si rare chez un même homme, est qu'alors la point commun de l'enseignement de ces differens arts etnit l'étude de la nature se manifestant à chacun, selon son genre, sons les rapport»

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directs ou indirects, des qualité* raies île ce grand exemplaire, dans lequel chacun trou voit à lire et à s'approprier lea lois et les effets de l'unité, de la variété , de l'harmonie des formes, des contours , des proportions. Instruit et imbus de i principes, chaque artiste , par la pratique aie du dessin , en pouvoit faire les applications à ; des dialectes d'une même langue , et il savoit passer, sans rien changer au fond du langage, de l'une de ses formes à l'autre.

Ainsi voyoit-t-on souvent alors un artiste, porté par le hasard des circonstance* , à l'exercice d'un art dont il n'avoit eu jusqu'alors aucune pratique, et y développer subitement une aptitude qui sembleroit aujourd'hui ne pouvoir être que le résultat de la vie entière d'un homme. L'architecture surtout fournit une multitude d'exemples de ce genre. Vasari, dans la Vie de Baecio d'Agnoh, remarque que cet art , plus particulièrement que les autres, avoit été exercé par un grand nombre d'hommes qui n'en avoient point fait d'études spéciales , et qui même en ignoraient les termes techniques. A quoi cet eri-iv.nn, peintre et architecte, ajoute qu'on ne saurait exceller dans l'architecture sans un très-bon jugement, sans la connoissance du dessin , ou la pratique habituelle de la peinture et de la sculpture. Se non da colon che hanno ottimo giudizio e buon disrguo, o che in putture o sculture abbiano grandemente operato. « La cause de cette facilité (continue Vasari) » qu'ont les peintres et les sculpteurs à apprendre » l'architecture, est que les uns et les autres, soit » dans les rapports des statues avec les édifices, soit >• par la nécessité de faire et de composer de l'archi- » tecture dans leurs tableaux, sont forcés de prendre " connoissance de cet art , et d'étudier les mesures » qui y sont relatives. ■•

Vasari , comme on le voit , ne donne de ceci que le* raisons d'un ordre très-inférieur. En effet , ce qui est l'occasion pour le peintre et le sculpteur de s'initier aux élémens de l'architecture, est fort loin d'être la cause qui leur fait produire des chefs-d'œuvre dans cet art. Il faut donc , pour expliquer ce qui a eu lieu à cet égard, remonter a des analogies d'un ordre supérieur, et qui tiennent a ces principes d'ordre d'harmonie générale, ainsi qu'aux effets qui en dérivent, et dont l'artiste reçoit les plus lumineuses leçons, dans ces arts qui sont une imitation plus directe et plus sensible des beautés et des perfections de la nature. C'est ce qu'on développera au mot Architecture, d'après ce texte de Vitruvc : Non potest ades ulla sine symetria alque proportion* ralionem habere compositionis , nisiuti ad haminis bene figurait mem- 6rorum habuerit exactam ralionem.

Quelle que soit l'autorité des exemples et des théories sur ce point, ainsi que des conséquences qu'on peut en tirer , on ne saurait aujourd'hui ni faire une loi de cette réunion dans renseignement et la pratoi-

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|| Si la nature des idée* les réunit, si leurs élément moraux les rapprochent , la puissance des procédés matériels, les habitudes des écoles modernes et les usages de la pratique, ont élevé entre eux des barrières presque insurmontables. Si donc on ne peut plus avec Vitruve et Vasari exiger de l'architecte la pratique réelle de la peinture et de la scul|>ture, au moins doit-on lui demander, qu'a quelques notions théoriques do l'imitation de ces deux arts, il joigne quelque triture de l'art de dessiner la figure , soit pour qu'il puisse faire entrer dans les compositions de ses projets les ornemens qui leur conviennent , soit pour qu'il soit en état de diriger le goût et le style des artiste* chargé* de l'exécution des décorations qu'il aura projetées.

Mais ce qu'on ne saurait trop recommander à celui qni aspire a devenir architecte, c'est l'étude des monumens et îles édifices antiques. On peut dire de ces ouvrages qu'ils sont pour l'étudiant ce que la vue et l'étude du corps humain sont pour le peintre et le sculpteur. C'est que le modèle de l'architecture ne résidant point, comme pour les autres arts, d'une manière formelle , et qui saisisse le sens extérieur , dans des corps sur lesquels l'organe physique a une action directe , c'est aux oeuvres dans lesquels le génie , l'intelligence et le raisonnement combinés ont imprimé jadis l'accord de toutes le* perfections des êtres orgauisés , que le génie , l'intelligence et le raisonnement des modernes doit chercher ses leçons et se» exemples.

Or, l'iuslinct, le sentiment, et le consentement des siècles , ainsi que de tous les hommes instruits , chez toute* les nations cultivées, n'ont pas cessé d'attester et de proclamer qu'en aucune autre contrée de la terre, et en aucun autre temps, aucun autre art de bâtir que celui qn'on nomme antique n'a été , soit le véritable imitateur, dans ses édifices, de la beauté des œuvres physiques de la nature , soit le fidèle interprète des lois qu'elle suit dans la production des créatures. {Voyei Amtiqce.)

ARCHITECTONIQUE (adj. des deux genres), du latin architectoniciu, qui vient lui-même du grec, signifie qui appartient à l'architecture. On dit un procédé, une découverte, une dissertation architectonique.

ARCHITECTONOGR A PUE, c'est-à-dire, hi-

ARCHITECTONOGRAPHIE, du latin architectonographia, se dira d'une collection qui contiendra, soit en descriptions, «oit en dessins, un recueil quelconque de monumens d'architecture, comme temples, palais, théâtres, arcs de triomphe, aqueducs, portes de ville, etc.

ARCHITECTURAL, adj.

|j mot dan* la langue |>ratique

m. On se sert de ce

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r une des nombreuse* opérations mécanique ont lien dans la confection des édilires. Ce Btlemémequeleniotlali

ARCHITECTURE, s. f. Ce mot , dans son sens simple et dans son acception la plus générale , signifie l'art de bâtir.

Cependant le premier de ces mots, le mot art, selon la nature des objets on des matières auxquels on fapplique, on selon les diverses attributions que chacune de ces matières comporte, reçoit de l'usage deux significations. On l'affecte, en effet, soit au dernier des emplois mécaniques et des travaux les plus vulgaires, soit a ce qu'il y a de plus élevé dans les conceptions du génie ; et l'on dit Y Art du Potier et Y Art du Poète.

Quelquefois aussi , le même genre d'ouvrages on de travaux se composera d'une partie plus ou moins mécanique, qu'on appelle du mot métier, et d'une partie uniquement tributaire des facultés de l'esprit, et que l'on qualifie art. Ainsi les arts du dessin comprennent , dans l'étendue de leur domaine et de leur action, les deux élémens dont on vient de parler. Si, dans la pratique du langage, les hommes ne font pas toujours cette distinction, le premier soin de la théorie doit être de l'établir pour prévenir toute confusion.

L'art de bâtir, définition générique de Yarchitecture, comportant donc cette division, nous exclueruns ici de notre théorie tout art de bâtir étranger qui ne correspond qu'avec la partie matérielle, nous bornant a celui-là seul qui rejjose sur toute autre chose que le besoin physique, c'est-à-dire, sur les combinaisons de l'ordre, de l'intelligence et du plaisir moral.

Cette explication préalable nous met , comme on voit, a même de resserrer dans un cadre circonscrit les notions qui composeront cet article, puisqu'il devra se borner à la seule architecture grecque, la seule a laquelle puissent s'appliquer les conditions qui constituent un art, selon la définition qu'on en a donnée.

Cet article se réduira donc a deux parties , l'une théorique, l'autre historique. La première comprendra les notions théoriques, l' des causes originaires de l'architecture grecque ; a° de son système imitatif et des principes sur lesquels il repose. Dans la seconde on parcourra l'histoire de celte architecture et de ses vicissitudes.

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