DES BAINS ANTIQUES
La pratique du bain a peuples de l'antiquité. Les Orientaux en dans tous les temps : ils l'ont conservée jusqu'à nos jours. Leur méthode actuelle est encore très-conforme à ce qu'on sait de celles des Grecs et des Romains. Si l'on en croit Homère, MosehnsetThéocrite, les premiers siècles de la Grèce n'anroieot connu d'antres bains que ceux des rivières. C'est dans l'eau des Neuves que vont se baigner les princesses de Nausicaa, Europe et Hélène. Cependant Homère nous indique qne , de son temps , les bains construits et particulier» tutoient déjà en usage. « Télémsque et - Pisistrate, dit ce poète, furent conduits d*ns des » bains d'une propreté extrême ; les plus belles es- »clave* du palais les baignèrent, les parfumèrent » d'essences , leur donnèrent le» plus beaux habits. » Ce n'est pas le seul endroit où il soit parlé de semblables bains. Les Romains, qui «e baignèrent longtemps dans l'eau du Tibre, empruntèrent des Grecs les bains artificiels, les pratiques diverses que leur manière de vivre et de s'habiller «voit rendues nécessaires ; enfin , toutes les inventions de la mollesse que le luxe des empereurs sut multiplier et réunir dans les vastes bat i mens des Thermes. (fVe* Thermes.)
Les bains les plus complets et les plus beaux étoient composés de six pièces principales.
La première, appelée apodyterium , étoit le lieu dans lequel on se déshabilloit ; il v avoit des tablettes tout autour, pour y déposer les habits ; et de» gardes nommés capsarii étoient préposés (tour en avoir soin. Cette pièce étoit appelée aussi spoliatorium par les Romains. Tous les bains n'avoient point un apodjrtirt. Il paraît, sekm Lucien, que dans ceux qui en manquoient, le frigidaire en teooit lieu. On ne trouve Vapodytère ni dans le gymnase de Vitruve , ni dans la palrestre décrite par Lucien. Il est probable qu'il n'y en avoit point dans le gymnase des Grecs, et que le frigidaire suppléoit à ce défaut. Pline le jeune est le seul auteur qui fasse mention de Vapodytère. Il en parle dans la description des bains de ses maisons de plaiaance.
La seconde pièce étoit le bain froid, nommé
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AttTff. par lesGrccs, et frigidarium par les Romains. C'était la que se prcuoient les bains froids : cette salle étoit ordinairement exposée au nord. Elle ser- Toit , comme on l'a dit , d'apodrtaire aux bains qui n'en avoient point, et elle devenoit alors la première pièce. Le marquis Galiaui prétend que le frigidarium et le ttjiidarium étoient la même chose ; cependant la peinture antique prouve le contraire : ce n'est pat uon plus l'avis de Mercurialis et de Baccio.
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La troisième étoit le ttpidarium ; son principal emploi semble avoir été de prévenir, par l'air tempère qu'elle contenoit, les effets dangereux du passage trop subit d'un endroit très-chaud, dans un lieu très-froid. Aussi, dans la peinture des thermes deTite, elle se trouve entre le frigidarium et la concamerata sudatio. Le (ipidatre, au rapport de tous les historiens, joignoit le frigidaire au bain chaud ; c'est pour cette raison que Pline l'appelle la chambre du milieu , cella média. Galien lui doune le nom , et prétend qu'elle méritoit d'être ainsi D-seulement a cause de sa situation, au centre, mais aussi par rapport à sa température. Car, dit-il, cette chambre tenoit un terme moyen entre la première qui étoit la plus froide, et la troisième qui étoit la plus chaude. (Quoiqu'il v eût des liaignoires dans le frigidaire et le lépidaire, il semble qu'on s'y baignoit peu , qu'on se contentait de traverser ces salles à pas lents ; que c'étoit la température de l'air, et non celle de l'eau, qui portoit tant de gens à les fréquenter.
La quatrième salle étoit celle de l'étuve , appelée laconicum, du nom du poêle qui l'échauffoit. Elle ne qu'une chaleur sèche, comme il paroît ien, qui conseille aux personnes d'un tempérament chaud de ne point y entrer, mais de se mettre plutôt dans le bain chaud , où l'eau qu'ils alworberont empêchera que la chaleur n'ait pour eux de mauvaises suites. Le laconique étoit ainsi appelé, parce que l'usage en ctoit venu de Laoonie. Martial disoit a un ami :•< Si la coutume des Lacédémonieus vous plait, vous pouvez jouir, a votre aise, de la chaleur sèche du laconique , et 1 etc. »
Riliu ai placeant libi Laoraiin , Contentu» nulc* arido y» port Cruda virgiar Martisqnr mer^i.
Lit. Tl, ff. 41.
Dion nous apprend que ceux qui suoient dans le laconique , s'oignoient d'huile , et entroient ensuite dans le bain froid; cependant ce laconique , dans son origine , ne fnt destiné qu'aux vieillards et aux infirmes. Le laconique, selon Vilruve, et d'après la antique des thermes de Tite , étoit contigu », et lui
pins tempérée. Ce n'était qu'une espèce de poêle placé ordinairement dans l'angle de la pièce : il étoit
par te haut. La flamme de Yhrpocaustum entrait dans le laconique , s'élevoit ou s'abaissoit , se modéroit enfin par un bouclier d'airain , suspendu a une rliaine , au moyen duquel on régloit , dit Vitruve , le degré de chaleur qu'on vouloit donner à la pièce. Dans la peinture antique de* thermes de Tite, on voit le laconique; au lieu du bouclier d'airain, c'est un globe attaché a une chaîne , qui , posé sur l'ouverture par laquelle s'élève la flamme , sert à l'écarter, a la multiplier et à en augmenter la force. Il parait indubitable que le laconicum n'était autre chose que ce poêle ou fourneau. Les méprises qu'il a occasionnées viennent de ce qu'il a pu donner son nom a la pièce où il se trouvoit. Cette pièce, dans nuire peinture, s'appelle concamerata sudatio. Dans la suite on prit la partie pour le tout; mais Vitruve eu fait suffisamment la distinction , lorsqu'il dit : conicum sudationes quw tunt eonjungenda tepidario (liv. v, ch. 10). Il s'explique encore plus clairement au chapitre suivant , où il compte l'étuve au nombre des pièces de la palestre. Elle doit avoir, dit-il , dans un de ses angles le laconicum , et dan* un autre le bain chaud. Concamerata sudatio longi" tudinc duplex quàm latitudine qua habeat in vtrsurit ex unâ parte laconicum. ...ex adversd laconici caldam lai'ationem. Donc, si le laconicum étoit dans un min de l'étuve, il est clair qu'il n'était point l'étuve, mais qu'il n'en était qu'une partie. Car, s'il l'eût été, comme quelques-uns l'ont prétendu, à quoi eût servi la concamerata sudatio , et a quoi bon deux étuves? Le laconicum ou l'étuve, selon Vitruve, avoit des niches qu'on appeloit sudationes : c'était là que se plaçoient ceux qui usoient de ces btuns secs , ainsi qu'on le voit dans la peinture antique. Ces niches, dit Vitruve , dévoient avoir autant d'élévation vers la courbure de la voûte qu'elles avoient de largeur.
La cinquième pièce étoit le balneum ou le bain d'eau chaude, appelé tnermolousia. C'était le plus fréquenté. Sa grandeur , dit Vitruve , doit être pre— jxirtionnée au nombre de ceux qui s'y baignent. Elle doit avoir en largeur un tiers moins de sa hauteur , sans comprendre la galerie appelée schola , qui régnoit autour, et qui seterminoit du côté du bassin, par un petit mur d'nppui. Cette galerie devoit être assez grande |»ur contenir ceux qui attendoient leur tour. Le milieu étoit occupé par un bassin appelé piscina, ou par une baignoire appelée alfeum, comme on le voit au balneum de la peinture antique. L'eodrnit où l'on se baignoit devoit être immédiatement au-dessous de la fenêtre par laquelle venoit la lumière, pour n'être point obscurci par l'ombre de ceux qui se promeooient autour.
La sixième salle étoit VcUothesium ou l'a rium. C'était U pièce où l'on conservoit les 1 les parfums dont on se servoit au sortir du bain . comme avant d'y entrer. L'onctuaire étoit construit de manière à recevoir un degré considérable de cha-
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dont m
L'hypoeanste étoit un fourneau souterrain le fond l. jrmr.it un plan incliné, qui alloit en pente jusqu'à l'ouverture par laquelle on mettoit le bois. Vitrtive l'appelle suspensura. Il doit être formé, dit-il, d'un pavé fait avec de grands carreaux d'un pied et demi, qui aille en penchant; en sorte que, si l'on jette une balle , elle n'y puisse " qu'elle
k l'entrée du fourneau. Par ce moyen , la flamme s'élevoit plus facilement , et parconroit tout le plancher suspendu. Celui-ci étoit formé de grands carreaux posés sur de petites piles, hautes de deux pieds , et faites de terre grasse , préparée pour résister k l'action du feu. L'hypocauste s'étendait sous la plupart des salles dont on a parié.
Outre ces salles destinées spécialement à l'usage du bain, il y ca avoit plusieurs autres relatives aux exercices qu'on prenoit avant ou après le bain; telles que le sphéristére , le conistère, le corycée, le stade, l'éphébée, etc., toutes pièces qui faisodent p des gymnases {voyez Gyhfiase); mais qui n' toient pas toujours dans les bains, surtout dans des particuliers.
H s'en falloit de beaucoup aussi que la disposition des bains particuliers fût toujours conforme k ce qui a été décrit jusqu'ici. Chacun suivoit son goût dans leur construction , soit en changeant les parties dont ils étoient composés, soit en faisant servir une même chambre à différens usages. La description que Pline le jeune nous a laissée de son bain de Laurentin est la preuve de ce qu'on avance ici. Il n'y avoit ni apo~ dyteurt ni tépidaire, et l'arrangement des autres parties étoit très-différent de ceux des bains publics.
• On entre d'abord , dit-il , dans un spacieux frigi-
• daire, où l'on voit contre les murs, et opposés l'un ■ a l'autre, deux bassins assez grands pour pouvoir y
• nager. L'onctuairc est contigu k cette chambre. " On trouve ensuite VhypocausU, le propnigée et > deux autres salles plus propres que magnifiques. » On entre après dans un bain chaud d'où l'on dé- » couvre la mer. A quelque distance de ceini-ci est - le sphéristére, exposé au soleil de l'après-midi. » Dans sa maison de Toscane, en entrant dans le bain,
d'abord un grand apodytère , pièce I.
i et agréable, où l'on se déshabilioit. Elle conduisit au frigidaire qui étoit obscur, et qui contenoit une baignoire d'une grandeur convenable. Quand on ne la trou voit point assez spacieuse pour y nager, ou qu'on aimoit mieux un bain plus chaud , il y avoit au milieu de l'aire on vaste bassin où l'on pouvoit se baigner. Auprès du frigidaire, on voyoit une chambre ; au soleil, qui étoit passablement chaude, mais I l'étuve. (C'étoit le tepidarium.) Cette der- ; étoit divisée en trois parties , qui avoient
; les deux préau soleil; et
! l'autre n'en pût recevoir autant de chaleur, t en étoit pourtant aussi bien éclairée qu'elles. Auopotij tere eioii le spnertsicrc, uarts i
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on sWrçoit k différens jeux. Quoique Pline ne nous ait pas appris ce que faisoient les baigneurs après s'être déshabillés et huilés, il est assez probable qu'ils montaient au sphéristére, qu'ils s'j exerroient, qu'ils descendoient ensuite par un autre escalier dans l'étuve, et enfin qu'ils s'en retonrnoient k Y apodytère, en passant par le tépidaire et le frigidaire.
La description suivante, tirée de l'Ilippias de Lucien, peut encore donner une idée des lutins anciens et des variétés qui s'y rencontroient. Voici quels étoient l'ordre et la disposition des appat-ternens :
• Après avoir passé le grand vestibule, auquel on
■ parvient par un escalier facile , on entre dans une
■ salle spacieuse k l'usage des domestiques qui atsen- » dent leurs maîtres. Sur la gauche sont les chambres » où l'on se retire avant de quitter le bain t ce sont - les plus belles et les plus agréables de toutes. En » avançant, on entre dans une salle k l'usage du bain, » mais destinée aux personnes les plus opulentes. » Après cette chambre, on voit des deux cotés les en-
■ droits où se mettent les habits. Le milieu de l'es- » pacc est très-élevé, très-érlairé, et contient trois
• bains d'eau froide ornés de marbre Licédémonien. » Il y a dans le même espace deux statues antiques » de marbre, dont l'une représente la déesse de k » Santé et l'autre Eanuape. En sortant de ce lieu » par un passage oUong et voûté, le bâtiment devient » sensiblement plus chaud , quoique la chaleur soit » bien éloignée d'en être désagréable. Ce passage » conduit k une salle fort claire, où l'on trouve de
• l'huile et des essences : cette salle, qui est à main «droite, a communication avec la palestre, et les » deux jambages de la porte sont incrustés de marbre » phrygien. L'appartement contigu est plus beau
■ qu'aucun de ceux dont j'ai déjà fait mention (c'est » Lucien qui parle ) , puisqu'on y voit briller , même
■ au plafond , le marbre de Phrygie. Il est assez » grand pour qu'on puisse s'y promener et y prendre » de l'exercice; il réunit aussi plusieurs en'
. dans le passage chaud qui est assez long pour y faire » une course. Il est incrusté de marbre de IVumidie, » et conduit k la salle, qui est fort belle, très-éclairée » et peinte en pourpre. On y trouve trois bains m chauds. Pour en sortir, il n'est pas nécessaire de » reprendre le chemin par où l'on est venu. Ou peut » aller k pas lents par un chemin plus court, qui mène » au bain froid, a travers la chambre chaude dont la
• chaleur diminue par degrés. Toutes ces chambres
■ sont bien éclairées par le haut. Ilippias a montré » beaucoup de jugement en construisant la salle qui » contient le bain froid , de manière qu'elle ait le » nord en face. Quant aux autres pièces qui def"»"- » dent un plus grand degré de chaleur, il lésa . » sées au sud, au sud-est et k l'ouest. »
Il parolt , par cette description , qu'il n'y avoit point à'apodytaire dans le bain d'Iiipnias. On trou-
hppias. Un tn i frigidaire , i
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contrnoit trois bains d'eau froide, des tablette* où se mettaient les habits. Les baigneurs entroient ensuite dans un passage chaud qui lesconduisoit à l'onctnaire, d'où, après s'être oints, iUgagnoient le spbérijtère, qui etnit la plus belle et la plus grande pièce. Quand les exercices étaient finis, on alkiit an bain chaud par un passage où il y avoit autant de chaleur qu'il en falloit pour entretenir la transpiration excitée dans le
i, lorsque les baigneurs a rri voient au bain chaud, et qu'ils se mettaient dans l'eau, la différence qu'ils y truuvoient i->toit à peine sensible, puisque la chaleur de l'eau se trouroit à peu près au même degré que celle de leurs corps. Après avoir pris le bain, ou s'en retournoit par un chemin plus court en traversant une salle dont la chaleur diminuoit à proportion qu'on s'approchoit du frigidaire où l'on avoit laissé ses habits.
Voici la description que Vitruve nous donne des bains des Grecs :
Après avoir décrit les différentes pièces du gymnase : - A la droite de 1 ephébee, dit-il, on bâtit le » coricée.oula salle à se raser, à s'habiller, etc. Près » de cette salle on doit placer le conistère, où se garde » le sable à l'usage des lutteurs ; dans le coin du périst\ le est le ioulran, ou le bain froid. A gauche de » l'éphébée , on place Vetcothesium , ou la salle dans > laquelle sont les essences et l'huile. Près de ce der-
• nier, on construit le frigidaire, au sortir duquel il
■ doit v avoir un passage qui conduit au propnigée, » près du fourneau, dans le coin du portique. Plus « loin, mais a coté du frigidaire, on bâtit la chambre » voûtée a suer. On la fait deux fois aussi longue que
• large, et l'on met le taeanicum à un de ses angles, » celui qui est opposé au bain chaud. •
Les dispositions de chacune des pièces mentionnées ci-dessus va ri oient encore plus dans 1rs thermes des Romains { voyez lui :rm k> , quoique leurs plans annoncent une certaine uniformité. Comme il v avoit deux péristyles dans ces thermes , on se croit en droit d'en conclure qu'il y avoit aussi un double ordre de bains. Varron prouve, sans contredit, que les femme* se baignoient dans des annartemens differens de ceux des hommes. En pariant de l'établi!
publics , a Rome , il assure qu'il y d'appaiiemens où l'on se baignoit; que l'un étoit .< l'usage des femmes, et l'autre a celui des hommes.
■ Item prttnum balneum nomen et Gratcum introiit in urbem, ubi bina estent conjuncta a>dtficia tavandi causa, unum ubi viri, alterum ubi mulieres lavarentur. «Ce que Martial et Saint-Cyprien disent des bains où les hommes et les femmes se baignoient péiemèle n'est point contraire ace passage, écrivains n'attribuent ces indécence» qu' débauchées.
Kous terminerons ici l'exposé des intérieures des bains chez les Romains, renvoyant au mol thermes ce qui a rapport à la construction et
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à l'architecture île ces uionumens. Nous
échautibit les bains.
On <t hauffoil , dit Vitruve , l'eau des bains par le moyen de trois vaisseaux de cuivre tellement diaposés, que l'eau coulait de l'un dans l'autre : l'un s'appeloit caldarium, l'antre tepidarium, et le troifrigidarium. Ces vases dévoient être places et i de manière que celui qui contenoit l'eau chaude recevoit autant d'eau tiède du Upidarium, que celui-ci recevoit d'eau froide ; en sorte que la même quantité d'eau se renouvelait tans cesse. Il n'est pas aisé . dit le marquis Galiani , de se (aire une idée bien précise de la situation de ces vases sur les fourneaux. Cesariano et Caporali les out ligures l'un sur l'autre, ou l'un dans l'autre, plaçant le frigidarium sur le tepidarium, et celui-ci sur le caldarium, lequel posoit sur le fourneau. Mais la grande difficulté est que, dans cet arrangement, la chaleur, par
va^dWn^utî c'e*t^ire*ikT/«^rtÏ« ^ rouit , au contraire, place les trois vases de et il imagine des syphons qui portent l'eau d'un vase dans un autre ; mais comment , sans piston ou sans quelque autre expédient, l'eau pouvoit-eilc s'élever pour redescendre? C'est ce que Perrault n'explique pas.
La peinture antiqne des thermes deTite, à en juger par la gravure qu'on en connoit , place les trois vases sur trois degrés , de manière que le fond de l'un arrive au niveau de l'ouverture de l'autre ; d'où il est
l'un dans l'autre. Cependant le i que celte disposition n'est point encore la vraie , et que le peintre ne l'auroit adoptée que pour mieux faire entendre cette transvasion d'un vaisseau dans l'autre, ^oici quelle est sa coujecture à ce sujet:
Je crois, dit- il, que les vases etoient tous trois de niveau, le caldarium immédiatement sur le fourneau, le tepidarium tut peu plus en arrière, de manière à sentir la réverbération du feu, plutôt que le feu , le frigidarium, enfin , pins reculé sur un massif de construction, où la flamme n'arrivoit point. Il y avoit dans le fond un tube de communication d'un vase à l'autre. Du caldarium aux bains, il y avoit un tuyau d'où , par un robinet, on tiroit la quantité d'eau qu'on vouloit. Un autre tuyau amenoil du réservoir l'eau au frigtdarium, et s'entrelenoit au même niveau. Tous les dessins qu'on a dunnés jusqu'à présent du procède décrit par Yitruve semblent exiger la présence d'un surveillant pour opérer sa transvasion. Cependant cet auteur laisse assez entendre que cette opération se faisoit d'elle-même , et sans le secours de personne ; ila collocanda uti ex tepidario in caldarium quantum aqua caldae exicril influât, de frigidario in tepidarium ad eumdem modum. D'après cela, on voit clairement que, les trois volumes d'eau étant de niveau , un vase se remplit en
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de ce qu'il perd. En «Tant attention de nds de vases un peu plu* haut» le* un* que le* autres , de manière que le caldariam fut le plus bas, et le frigidarinm le plus haut , il n'y avoit point à craindre que l'ordre de la transvasion se dérangeât, et l'on aurait pu encore remédier a cet inconvénient par de* soupapes placées à l'entrée des tubes de communication.
Il y a voit encore d'autres manières d'échauffer l'eau des bains. ÎSous faisons , dit Séneque , des espères de rases hauts et étroits, des dragons et des vaisseaux de
tuyau» de cuivre mince, «Tune forme spiral.- , afin que l'eau, en parcourant souvent le même espace chaud . puisse y couler assez long-temps pour s'échauffer. A mesure que l'eau froide eu Ire dans ces tuyaux, Peau chaude en sort ; et enfin toute l'eau qui v passe y acquiert te même degré de chaleur. Sénèque nous montre aussi l'avantage de ce procédé, et nous apprend que le tube, au travers duquel sa liqueur des- I, n'ayant aucune communication avec |e feu , les rs ne sont point mêlées de fumée t née trahit arem evaporatio, quia e/ausa pertrahitur. "Probablement cet usage n'étoit point général : il est à croire qu'il ne fut adopté que par les gens riches , et que c'était une des recherches de l'art des bains. Ces vaisseaux tiraient leur* noms, ou des animaux qu'ils représentaient , ou de la quantité d'eau qu'ils contenoient. 11 falloit nécessairement qu'il y eût un trou vers le bas du vaisseau , pour oouduirc l'eau chaude dans le bain : ainsi , lorsque l'eau était assez chaude pour qu'on put s'y baigner , et que le robinet était tourné pour la laisser couler à l'extrémité inférieure du tuyau , l'eau froide entrait dans le tuyau par l'extrémité supérieure , et y desecudoit à mesure que l'eau froide en sortait. Quand toute l'eau qui atoit d'abord été chauffée avoit passé au travers du vaisseau spiral, l'eau froide qui y était entrée descendoit jusqu'en bas de ce tuyau , après avoir été échauffée dan* le passage , a proportion de la longueur et du diamètre du tuyau , de la quantité d'eau qui était dans le vaisseau, et du degré de chaleur dans lequel cette eau avoit été entretenue par le moyen du feu. L'eau du vaisseau y était sans doute enfermée île manière à empêcher qu'elle ne s'évaporât subitement. Une telle évaporation aurait forcé à introduire de l'eau froide qui aurait ôté à celle du tuyau le degré de chaleur nécessaire pour l'usage du bain.
Pubtius Victor , dans sa Topographie de Rome , rapporte qu'il y avoit dans cette ville 85* > bains , tant publics que particuliers.
Mous ne nous sommes permis aucun détail relatif aux usages des bains publics , à la police qui s'y ob- •erroit , aux pratiques usitées par ceux qui s'y baignotent , aux avantages que la saute peut en retirer. Vil ne nous appartient pas d'apprécier tout ce que La
: ce que les arts , et
BAI ,43 surtout l'architecture, ont perdu par la suppression de cet usage. On verra mieux encore, par l'article Thermes , à quel degré ces établissemens utiles devinrent des tnonumcnsd'embellissemcnt pour les villes qui en élevoient à l'envi. Ce que nous allons dire «les bains modernes, tend moins à en faire le parallèle avec ceux des anciens , qu'a faire sentir qu'il ne saurait y en avoir.