DES BAINS MODERNES
Malgré tout ce que l'usage habituel des bains peut comporter d'avantages et d'agrénicus, par rapport à la santé et à la propreté , les peuple* modernes eu ont jusqu'à présent négligé l'emploi.
On excepte cependant les Orientaux et les Turcs , chez lesquels la pratique du bain s'est conservée d'autant plus naturellement qu'elle est liée au culte religieux. La manière dont ces peuples prennent le bain a les plus grands rapports avec ceux des anciens. Il y existe dévastes édifices destinés pour le peuple ou pour Usbains publics : ces pièces sont encore échauffées par des tuyaux de chaleur, et éclairées par le haut. Si l'usage des strigyles ne s'y voit point, celui des frictious propres à exciter la transpiration ne s'est point perdu. On supplée aux instruuwns des anciens par des brosses et des morceaux de Uancllc. Les riches out chez eux des bains particuliers, où ils etaleut leur plus grand luxe, et ils y consacrent la partie la plus considérable de leurs maisons.
Chez les Européens moderues, l'usage des bains pour le peuple eu est encore au point où Homère nous le fait voir, dans les premiers siècles de la Grèce. C'est dans les litières que, durant les chaleurs de l'été , va se baigner la multitude, plus par plaisir que par aucune autre raison. Mais de couihicu de dangers n'est pas accotupagué ce plaisir , dan» un ya\ s
«lirtnilt ni'l lj» fWtl fl'ttaliîlliilc fit, knin t.' , *... . . ... I , .
surtout où
familier l'exercice de la natation.
Au moins , il serait à désirer que les grandes villes imitassent, dans les bains publics ou populaires, les bains de r lorence. Sur le bord de la rivière , on a pris un terrain assez considérable , au travers duquel est pratiqué un canal construit et couvert, qui reçoit de l'Aruo une eau toujours courante. Deux banquettes accompagne:,! ce canal, et l'un peut y prendre le bain assis. Il est assez long et assez large pour qu'on pui*e s'y exercer à la nage, trop peu profond pour qu'on ait à y courir aucuu danger réel. Cet endroit e»t particulièremeut destiné à la multitude. Le reste de l'enclos offre des bains particuliers , de* jardins où l'on peut se promener; enfin , tout l'agrément et toute la commodité qu'on a droit d'attendre d'un établisscuMrut où l'on a eu en vue moins d'arriver au mieux possible, que d'éviter les inconvéniens.
Ce qu'on appelle à Paris bains publics consiste aujourd'hui en éUblisseiuens : mes sur la rivière, de en bois portées par de longs
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train* de bateaux , et qui , à l'instar de la devanture d'une grande maison à deux étage* , offrent extérieurement deux longue* suite* de fenêtre* répondant chacune à un cabinet où se trouvent une ou deux baignoires. 11 y a ainsi , à chaque étage , deux rangs de ce* cabinet*, qui sont divisés par une ailée intérieure fur laquelle s'ouvrent leur* porte*.
Il y a aussi des bains public* établis dans des maiion* particulières : ce sont des nuisons distribuées en petit* apparteruens. Dan* ceux-ci , comme dans ceux qui sont établis »ur la rivière, l'on paie en raison de la commodité , de la propreté , de* soins et du service qu'on y trouve.
U y "a des bains qu'on appelle domestique» : ce sont ceux qui sont pratiqués dans I ou des riche* particuliers.
Ces bains sont composé* d'un appartement distri- )>ué en plusieurs pièces : savoir, d'une antichambre où se tiennent le* domestiques , d'une salle où est placée la baignoire, d'une chambre à Ut pour se coucher au sortir du bain, d'une garde-robe, d'un cabinet de toilette, d'une étuve pour sécher le linge et chauffer l'eau , de petits dégagemens , etc. Il est assez d'u*age de placer deux baignoires et deux lit* dans ces appartenions , ce* bains se prenant ordinairement de compagnie lorsqu'on est en santé.
Ces bains doivent avoir un petit jardin particulier, pour faire prendre de l'exercice aux personnes qui en usent plutôt par indisposition que par propreté.
De tels appartemens sont susceptibles de* décorations les plus agréables. C'est là qu'un architecte peut développer son goût et donner l'essor à son imaginalion. Ces pièce* demandent , en général , de la gaîté , et paraissent moins assujettie* à h sévérité de* règle* de l'art. Le genre arabesque, si bien approprié aux petit* endroits ( voyez Abaiesoie), peut y montrer toute l'élégance de ses badinages et y répandre un agrément analogue à la nature du local. L'air de la richesse ne doit point s'y faire apercevoir : on en bannira la dorure et l'éclat de* métaux précieux. Quant aux marbres, ils ne peuvent y figurer qu'avec avantage. Ils contribuent a la beauté autant qu'a la proi lieu. Il sera même prudent d'en lambrisser
les murs par le bas, jusqu'à la hauteur des baignoires. On appelle encore bains naturels des batimens i près de* sources d'eaux médicinales ou mis, et dan* lesquels sont distribuée* des chambres pour prendre le bain. C'est ainsi qu'on dit les bains de Pouzzol , de Baies , de Saint-Germain près de Naples , les bains de Pise. Tels sont encore les bains de Bourbonne, de Barèges, de Vichi , etc. en France.
BAJOYERS, ». f. pl. (Arch. hydraul.) Ce sont le* ailes de maçonnerie qui revêtissent la chambre d'une écluse fermée aux deux bout* par de* portes, ou des vannes qu'on lève à l'aide des cubes. ( y tyet Ecluse.) Il est très-important que ces aile* aient de* fomlemeus solides, parce que, *i '
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elle» causeraient un grand dérangement dan» le» parties de l'écluse. Aussi leur parement doit se faire de la pierre de taille la plus dure. On en choisit pour cela de deux échantillon» differen» : l'un pour le» boutitses , qui ne doivent point avoir moin» de trait pieds de queue, et l'autre pour les pannercases, auxquelles ou donne depuis 20 jusqu'à iL pouces de lit ; le» unes et les autre* ayant 1 1 , 1 5 ou 1 8 pouce* de hauteur. On pose alternativement une boutisse et une pannereasc (ce sont deux sortes de pierres). Les plu* dure* de ce* pierres sont réservées pour le* encognures et les angles , surtout pour le» 1 jambage» et battée» de* portes.
On n'a point encore déterminé I
les bajoyers. La méthode la plus «uivie est de leur première assise sur le plancher du radier, afin de l'enclaver dan* la maçonnerie. Mai» M. Belidor , dont U capacité sur ce» matière» est très-connue , a fait voir que cette méthode ne vaut rien. U lui substitue cette règle : c'est de poser sur le» travenine* une plate-forme de grande* pierre» dure» , d'une épaisseur uniforme de 9 à 10 pouces, les plu» longues qu'on pourra employer. Elle* auront au moins 4 pied* de large, dimension nécessaire à cette plateforme , afin qu'elle réponde à la longueur des boutisse». Il faut voir, dans l'ouvrage de M. Bélidor, toutes les vue» relative» à cet objet, et le» détails utiles dan» lesquel* il entre pour la construction de» bajojrers.
BROYES» , terme de» ponts et chaussée*. Ce sont le* bords d'une rivière prêt des culées d'un pont.
BALBAIT, ville d* de r
où l'on voit le* ruines oyez Buttais.)
BALBECK ou HÉLIOPOLIS. Ville antique, située dans la Oclosyrie, immédiatement au-dessous de l'Antiliban, ver* l'extrémité de la plaine de Bocar, au nord-est , entre le* ville» de Dama» et de Tripoli , dont elle est également éloignée de «eize lieues.
Cette ville paraît avoir tiré son culte, ainsi que son nom, de l'Héliopolis d'Egypte. Le sabéisme, ou culte des astre* , si répandu dans l'Asie , semble s'y être mêlé aux pratiques égyptienne*. Macrobe prouve que de son temps la religion de l'Héliopolis syrienne n'étoit qu'un mélange des superstitions de la Chaldèe et de celles de l'Egypte. C'est sous la domination des califes que Balbcck cessa de porter le nom A' Héliopolis; mai* , en prenant ce nouveau nom , elle revint à son ancienne dénomination. Balkeck signifie en sy riaque ville de Baal, c'est-A-dire , du Soleil. Les Grecs, en disant Héliopoli* , n'avoient fait, comme en bien d'autres cas, qu'une traduction littérale de l'oriental. Il résulte du double nom de cette ville , que le soleil a voit été l'objet de son culte, et que les temple» magnifiques dont on voit encore les restes furent probablement élevés à cet astre divinisé.
On ignore l'état où put être Balbcck dans la
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plus Haute antiquité. Les historiens grecs et romains nous fournissent peu de notions sur cette ville. Ou peut trouver plus étonnant que ces grandes constructions qui font aujourd'hui , dans les dessins imparfaits qu'on en a, l'admiration de toute l'Europe, n'aient obtenu aucune mention des écrivains anciens. En vain on les interrogerait. Ln seul fragment de Jean d'Antiochc permet d'attribuer le grand éd.lice de BtUbtck à Antanin-le-Pieux. Quelques inscriptions conformes à cette opinion semblent la justifier; et la présomption la mieux fondée tend à rapporter au règne de cet empereur ou à celui de Septime Sévère l'époque de ces monumens. Le christianisme ayant pria l'ascendant sous Constantin , le grand temple fut négligé, puis converti en église, dont il reste un mur qui masquoit le sanctuaire l'idole. Il mhsista enfin jusqu'à l'invasion des 11 est probable qu'ils envièrent aux chrétiens une si belle possession. L'église moins fréquentée se
on eu fit un lieu
de défense; Ton bâtit sur les murs de l'cuccinte, sur les pavillons et aux angles, des c rénaux qui existent encore : de ce moment, le temple, exposé au sort de la guerre , tomba rapidement en ruine.
Les récits de quelques voyageurs du dernier siècle avoient appris a l'Europe l'existence d'une ville dont l'histoire avait k peine conservé le souvenir. Enfin, redevable à ses monumens plus qu'aux historiens du ; sa mémoire , Balbtrk reparut dans le bel oopubhé à Londres en 1757. On le doit au «Je et à la magnificence des savans anglais Robert Wood et Davluns, qui visitèrent en 1761 Baibctk et Palmrre. Quoiqu'on puisse regretter que leurs dessins ne soient point accompagnés de mesures et de toutes les autorités que la saine critique des monumens peut exiger, on connoît trop les difficultés de pareils voyages, pour ne pat excuser ce qu'il peut y avoir à
Il aeroit sans doute bien de l'architecture de pouvoir fixer d'
goût leur
l'histoire i plus
l'époque des monumens de Si l'on ne consultoit que l'analogie du style it qu'on y observe , on serait tenté d'attriir construction a des siècles encore postérieurs à ceux auxquels il paraît vraisemblable de la rapporter. Le siècle d'Aurélien, qui vit élever les temples de Palmyre, paraîtrait aussi réclamer et devoir s'approprier l'honneur des édifices de Bailwck. Il semble enfin qn'on y voie dans les uns comme dans les autres l'architecture parvenue à cet âge voisin de la vieillesse, où le faste et la richesse cherchèrent a suppléer la perte de la beauté. Peut-être, comme l'architecture prend nécessairement la teinte du goût des difTérens peuples où elle se trouve transportée , le luxe de l'Asie se mèta-t-il dans les monumens de BaUtrck à la simplicité du stvlc des Grecs ; peut-être fant-il attribuer à ce mélange qui en altéra la pureté «
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d'ornement qui déparent cette architecture, au jugement de r<cil habitué à la sagesse et à la sobre économie des beaux siècles de l'art.
Quoi qu'il en soit de ces conjectures et de l'âge où ces monumens furent élevés, on y admire une grandeur de plan , une hardiesse d'entreprise et d'exécution , une science de laisser aucu l'art de bâtir.
Les voyageurs n'ont pn voir sans étonnement la grandeur des matériaux employés à la construction de ces édifices, l'énormité des blocs, dont plusieurs ont jusqu'à Go pieds de longueur, le nombre prodigieux de colonnes de granit et de marbre , que leur pesanteur seule a pu préserver de l'ignorante avidité des Arabes ou de la cupidité du grand-seigneur.
On peut évaluer à une lieue l'enceinte des mors que BalArck présente encore aujourd'hui. Ces murailles, de même que relies de la plupart des ancien ne s villes de l'Asie, paraissent être le travail mal assorti de difTérens siècles. Elles n'offrent , dans tout leur circuit, qu'un assemblage confus de chapitaux, d'entablemens brisés, d'inscriptions grecques renversées: partout on y voit l'ouvrage précipité du besoin ou le choix malentendu des siècles ignorans qui en réparèrent les ruines. Ce qu'on vient de dire des murs convient aussi généralement aux portes de cette ville ; cependant celle du nord offre les ruines d'un grand soubassement, avec des piédestaux et des hases pour quatre colonnes ; on y retrouve un goût de magnificence et d'antiquité qui l'emporte de beaucoup sur celui des autres portes.
Au dedans, ainsi qu'au dehors des murailles, on rencontre des monceaux confus de décombres, qui n'indiquent plu* aujourd'hui que la place des monumens , et ne peuvent fournir que des conjectures incertaines. Nous ne nous y arrêterons pas.
Nous nous hâtons d'arriver au grand édifice qui , par sa muraille et ses riches colonnes, 1" un de ces temples que l'antiquité a laissés a 1 miration. On y reconnoit le temple du Soleil.
Une colonnade, composée de douze colonnes et flanquée de deux ailes de bâtiment ornés de pilastres du même ordre, donnoit entrée dans un superbe prvnaox ou porche. On y montoit par un grand escalier dont les marches n'existent plus. Ce grand soubassement ne forme aujourd'hui qu'une espèce de terrasse sur le bord de laquelle on distingue arec peine les bases des douze colonnes; mais elles étoient sur pied en 1688, du temps de La Roque, si l'on peut ajouter quelque foi à sa relation remplie d'admiration et d'obscurité. Quand on est sont le portique , on trouve à ses deux bouts deux chambres qui n'en sont séparée* que par deux piliers carrés. L'intérieur de ce portique est orné de trois portes et de deux étages de niches avec colonnes, et faites en forme de tabernacles. Cette espèce de décoration est générale dans cet
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Balbeck. Le pin» Mavent ce* niches n'offrent plu» que des frontons suspendus, dont les soutiens tombés sont devenus la proie du temps ou de l'avidité des Arabes. C«t intérieur est obstrué de pierres entassées; mais si l'on en surmonte l'obstacle , on pénètre par les trois portes dont on a parlé dans un terrain vide , qui est une cour hexagone de 1 80 pieds de diamètre. Cette cour est semée de fûts de colonnes brisées , de chapiteaux mutilés , de débris de pilastres , d'eiitablemens, de corniches, etc. : tout autour règne un cordon d'édifices ruinés, uni présentent à l'œil une division de cinq exèdres. Il paroît que les bâtimens de cette cour, aussi bien que de celle qui la suit, étaient destinés aux écoles et aux logemens des prêtres du Soleil, dont Strabon dit avoir vu les habitations a l'Iléliopolis d'Egypte.
Au bout de cette cour est une issue, qui jadis fut une porte, par où l'on aperçoit une plus vaste jterspective de ruines , dont la magnificence sollicite la curiosité. Pour en jouir, il faut monter une pente qui fut l'escalier de cette issue, et l'on se trouve a l'entrée d'une cour carrée beaucoup plus speicuse la première : elle a 35o pieds de large sur 336 long. Le premier coup-d'œil se porte naturellement au bout de cette cour, où six énormes colonnes se détachent sur l'horizon. Un point de vue non moins intéressant est une autre file de colonnes qui règne à gauche, et s'annonce pour le péristyle du corps du temple. Mais avant d'y passer, on ne peut refuser des regards attentifs aux édifices qui environnent cette cour a droite et à gauche. Ils forment une
espèce de galerie, divisée en sept des grandes ailes. Cinq de ces pièces, mens extérieurement décorés de colonnes , sont des exèdres dans le goût de ceux de Dioclétien , alternativement rectangles ou circulaires: les rectangles sont ou tétrastyles ou hexastyles; ceux en demi -cercle n'offrent , a leur entrée , que deux colonnes. Dans les massifs qui téprent ces exèdres, l'ordre y est continué en pilastres, dont l'entnxxJonncmcnt est décoré de grandes niches. Le fond de tous ces exèdres conserve des frontons de niches à tabernacle, dont les soutiens sont détruits. L'architecture et la décoration de cette cour sont les mêmes que celles de la précédente.
En traversant la grande cour dans sa longueur, on trouve au milieu une petite esplanade carrée , où fut un petit édifice dont il ne reste que les fonde— mens. Enfin, l'on arrive au temple proprement dit, et au pied des six colonnes dont on a parlé. C'est alors que l'on oonnoît toute la hardiesse de leur élévation et l'énormité de leur diamètre. Leur fût a ■?. 1 pieds 8 pouces de circonférence , sur 58 de longueur; en sorte que U hauteur totale, y compris J'ental>lcment, est de 71 à 72 pieds. On s'étonne d'abord de voir cette superbe ruine aussi solitaire et sans acconi|iagnemens ; mais en examinant le terrain , on reconnoît bientôt une suite de bases qui dé-
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crivent un plan en carré, long de 2(58 pieds, sur 146 de large. De cette enceinte de colonnes qui environnoit U cella ou corps du temple , il ne reste plus que neuf colonnes sur pied avec leur entablement : les bases des autres sont presque toutes & leur place , et quelques-unes conservent encore quelques fragmens de leur fût. Mais il ne reste ni bases du vestibule , ni la moindre partie de la cella.
Ce temple , composé de dix colonnes de front et de dix-neuf en flanc , étoit du nombre de ceux que les Grecs appeloient piriptiret et décasljles; mais son entre-colonnement n'est d'aucune des cinq espèces dont parie Vitruve. Autour du temple règne une terrasse ou soubassement, si l'on peut donner le dernier de ces noms à ce qui ne soutenoit aucune partie du temple. Il paroît probable qu'il n'aura jamais été achevé ; car pourquoi eût-on pris la peine de transporter , à grands frais , des masses si énormes ?
Le grand temple de Balbeck, ainsi que les autres édifices, ne présentent d'autre ordre que le corinthien. Le composite, qui n'en est que l'abus, s'y trouve aussi employé a quelques pilastres. Cela seul suffirait pour prouver que la construction de ces monumens ne doit se rapporter qu'au troisième âge de l'architecture romaine. Malgré tout ce que leur grandeur et leur magnificence peut offrir d'important à l'a il , le bon goût ne saurait y excuser les incorrections sans nombre et les abus dont l'architecture moderne ne serait que trop portée à se prévaloir. Nous allons en faire remarquer les principaux.
Quoiqu'on ne voie point à Balbeck , prmi les colonnes isolées , le vice de l'accouplement , on ne sau-
atlossécs a des murs dans la décoration des niches , et qui sont très-voisines de ce défaut , à en juger jnr les dessins des voyageurs anglais. Presque toutes les colonnes portent sur des stylobates particuliers. Cette méthode fut inconnue aux beaux siècles de l'art , et Winckelmann observe qu'on ne connoît en Italie qu'un seul exemple de cet usage, a Assise , ville d'Ombric. Peut-être, pour l'excuser a Balbeck, pourroit-on dire que l'architecte y aurait été contraint par la nécessité d'employer les marbres précieux qu'il avoit à mettre en œuvre , et de conformer i ses élévations les colonnes toutes faites qu'il aurait trouvées. Ma is comment justifier l'emploi de ces frontons doubles ou inscrits l'un dans l'autre , de ces frontons brisés et arrondis, de ces frontons sans base qui se rencontrent a toutes les niches ? Ces abus qui, des thermes de Dioclétien et des monumens des bas-siècles, ont passé dans l'architecture moderne, trouvent dans cette ville les autorités les plus nombreuses. A en juger par les coquilles placées dans les niches, par les modillons mis au-dessus des denticules, par les espèces de consoles qui ornent les frise», par U profusion des ornemens dans tous les détails,
. ainsi que
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ceux «le Palmyre, auraient été l'école de la plupart dei architectes modernes du dix-septième siècle.
Les mêmes abus se remarquent dans le second temple que nous allons décrire. 11 est situé vers la partie méridionale de la rillc, et sur un terrain plus irregulier. Ce temple est pseudodiptère, c'est-à-dire, qu'il a deux rangées de colonnes au pronao.t, et une seule dans les ailes, ainsi qu'au poslicum. On ne voit point qu'il ait jamais été accompagné des mêmes cours et portiques qui formoieot les avenues de l'autre. Mais il est plus entier; son extérieur présente un flanc de i3 colonnes, sur 8 de front. Elles sont également d'ordre corinthien. Leur fût a 1 5 pieds 8 pouces de circonférence , sur 44 de hauteur. On montoit au pérestvle par un escalier qui subsistait encore du temps de La Roque. Le nombre des degrés est déterminé par la hauteur du soubassement. De chaque cùté de la porte du temple est un escalier qui conduit au sommet de l'édifice.
Son intérieur offre d'abord un chaos de décombres entassées sur la terre, et souillées de poussière on d'herbes sauvages : ce sont les débris de la voûte qui couvrait le temple; sa portée avoit 57 pieds de large, sur \ 10 de longueur : le mur qui la soutenoit eu a 3 1 d'élévation , sans aucune fenêtre. De chaque cùté de ce mur régnent des arcades, dans les piédroits desquelles sont engagées des colonnes corinthiennes cannelées. Celles-ci supportent un entablement qui profile en saillie sur chacune d'elles. Le dessus des i est occupé par des niches en tabernacles orde colonnes et de frontons. Dans le fond du s'élève, au-dessus de l'aire, une espèce de retranchement. C'est une pièce voûtée ; sans doute c« fut le tacrarium ou la demeure du dieu , que Macrobe nous a décrit. Cette partie répond assex a celle au'on appelle trône , et que Lucien désigne pr thas, dans le temple de la déesse syrienne, a lliéro-
n'a jamais rien produit de plus riche que ce monument. On peut s'en former une idée |»r les plafonds du péristyle : les grandes parties qui en subsistent offrent des encadrement en losange , où sont représentés Jupiter assis sur son aigle, Léda caressée par le cigne, Diane portant l'arc et le croissant, et divers bustes qui paroi usent être des figures d'empereurs ou d'impératrices. Tous les membres dans l'intérieur sont chargés d'ornemens, et ht profusion y en est extrême. Les bandeaux des arcs , les profils des niches, les frises du grand ordre, y sont enrichis de tout ce que le luxe de l'art put imaginer
cannelées, ainsi que la frise. Si les colonnes de l'extérieur sont lisses, on aperçoit rependant qu'elles dévoient recevoir le même ornement , comme l'indiquent celles du vestibule, dont les cannelures furent commencées , et restèrent imparfaites. Au-dessus de la base des jambages ou des antes et pilastres , est un ornement composé d'une double grecque , qui couti-
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nue et règne tout autour du temple. L'entablement du dehors répond à la richesse de celui qui règne dans l'intérieur. On a pratiqué dans le quart de rond de la corniche , des gouttières ornées de mufles et de (leurs en relief. La frise est décorée de festons soutenus par des tètes d'animaux.
Mais on ne peut, dit Pockocke, rien imaginer de plus beau que la porte ; presque tous les membres en sout ornés de sculptures, qui représentent des fleurs, des fruits, et des épis de bled parfaitement bien exécutés. Le soflîte est composé de trois pierres. Sur celle du milieu est sculpté un aigle qui représente peut-être le soleil, à qui le temple cti.it dédié. Les enfans ailés qui sont de chaque côté sont peut-être les zéphirs ou l'air qui coopère avec lui ; et l'on aura voulu désigner, par les accessoires, que cet astre produit la fertilité et l'abondance. Le caducée que l'aigle tient dans ses serres est peut-être un emblème du commerce et des richesses , qui sont une suite de
Il existe encore a Balbeck un monument des plus singuliers et des plus curieux pour l'histoire de l'architecture. On en voit les ruines dans la partie méridion-ilc île U \ille : ion rezilc-ch.nuiiee est .1 prirent une église grecque. C'est un temple circulaire, mais qui ne ressemble en rien à ceux dontVitruve nous a conservé les règles, et dont l'antiquité nous a transmis les modèles.
Rien de plus bizarre que la disposition de son plan. Autour du mur du temple de la relia, dont la forme décrit un cercle exact , sont disposées 8 colonnes qui s'en écartent, et en sont éloignées de plus de 1 o pieds de distance : il faut excepter les deux de l'entrée, qui s'en rapprochent. Ces colonnes ne forment point galerie couverte ; l'entablemeut qu'elles portent n'est point continu. Il décrit au contraire 8 courbes , dont la partie concave porte sur le mur du temple; en sorte que chaque colonne ne reçoit que la saillie ou les pointes avancées de chacun de ces cercles. La même courbure elliptique se trouve répétée dans le stylobate. Ces colonnes avec l'entablement n'y paraissent enfin disposées que comme des contre-forts destinés a soutenir la poussée de ht voûte. Tous les détails de cet édifice ne présentent qu'un amas de licences et d'abus. L'entablement porte des modillons au-dessus des denticules. La frise est bombée : cette forme, entièrement fausse et vicieuse, ne se trouve que dans les monumens du bas-âge. Les niches dont le temple est extérieurement orné sont encore dans le goût futile et mesquin que nous avons remarqué à d'autres monumens de cette ville; elles sont toutes ornées de coquilles. Les pilastres qui décorent la relia, et qui répondent aux colonnes, n'y jouent qu'un rôle oiseux , puisque , par la nature de l'entablement que nous avons décrit, ils n'ont ni plate-bande à recevoi . , ni plafond à soutenir. L'intérieur est décoré d'un ordre ionique qui porte un entablement continu , au-dessus duquel régnent les
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i niches on tabernacles ornes de colonnes qu'on ré|iétes dan» tous les moaumens de Baloeck. Le tout étoit surmonté d'une coupole qui est détruite. Pockocke pense que ce temple ne recevoit de
^l^Tmoa^ que nous venons de décrire dans les dessins des vovageurs anglais, on seroil forcé d'y voir, an premier aspect, une des productions birarves de quelques-uns de ces génies modernes qui se sont rendus fameux par le mépris des régies et la témérité de leurs inventions. Tout y ressemble à ces monmueus capricieux enfantés par l'cs-
Srit de décoration en dépit des principes de l'art, ans doute les Boromini , les Guaiïni n'ont jamais rien produit de plus contraire aux principes de la •sine architecture. On seroit porté à croire qu'ils suroi eut eu cotinoissance de ces caprices de l'antiquité, ou d'autres à peu près semblables. Quoi qu'il en soit, on ne sauroit trop prémunir les jeunes architectes contre les dangers d'une autorité revêtue du nom respectable de l'antiquité. Gomme l'exemple du vice sert quelquefois à en détourner, nous les inviterons à n'envisager ce monument que comme un préserî l'illusion des paradoxes modernes, et non ; une autorité dont ils puissent s'appuyer. Nous i en rappelant, comme nous l'avons dit au commencement, qu'indépendamment du mauvais goût des temps qui virent élever cette architecture , l'esprit licencieux et fertile eu écarts qui est le propre de l'Orient, put contribuer encore a toutes ces incorrections, autant que le siècle où l'on peut en rapporter l'époque.
BALCON, s. m. C'est une saillie pratiquée sur la façade extérieure d'un bâtiment, et portée |nr des colonnes ou des consoles. On y fait un appui de pierre ou de fer : lorsqu'il est de maçonnerie , il s'appelle balustrade; quand il est de serrurerie, on le nomme aussi baUon : il eu est de grands, de petits et de moyens , selon l'ouverture des croisées, ou la largeur des avant-corps qui les reçoivent.
Ce mot vient de l'italien balcont. Covarrwias le fait venir du grec BaAAiir , jacere, lancer, fondé sur l'opinion que les balcons étuient de petites tourelles élevées sur les principales portes des forteresses, du haut desquelles on lançoit des dards sur les en-
On ne voit point que l'usage des balcons, proprement dits, c'est-à-dire de ces avance*, on de ces appuis pratiqués à chaque fenêtre, Rit été connu des anciens. La plupart de leurs maisons n'avoient point , ou que très-peu d'ouvertures sur la rue. Les appuis des fenêtres étoient si élevés , qu'on ne pouvoit s'en servir pour voir au-dehors; ce qu'indique la peinture du vase étrusqne du Vatican, où est représentée l'histoire d'Alcmènc. Les anciens faisoient venir du haut le jour dans leurs chambres. (Voyez Frimue. ) Cette pratique, favorable I la belle architecture et à
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la décoration des intérieurs, étoit peut-être aussi l'effet de La nature des nururs et de la retenue où les femmes vivoient renfermées dans leurs maisons. Ce— pcmlant on croit voir une espèce de balcon continu dans le menianum des anciens. Il fut ainsi appelé du nom de Ménius, citoyen romain. Ayant vendu sa
réserva seulement une colonne qui étoit devant , sur
le terrasse en balcon.
il bâtit une
espèce ne
Liqueur
Mais il semble que ces mentant étoient plutôt ce que les Italiens appellent loggie, c'est-a— dire des portiques continus, servant de dégagement aux apparu-mens, et de balcons couverts, d'où l'on regardoit en dehors. Aux maisons des particuliers, dit «Yinckeltnann , il y avoit aussi une plate-forme en saillie. C'est ce que les Italiens appellent ringkiera, et qui revient à ce que nous nommons balcon.
L'usage du balcon, chea les peuples modernes, ne jnroit pas très-ancien. Les plus anciennes villes, celles où la durée des édiliecs permet de remonter à quelques siècles, n'en offrent pas d'exemples. On retrouve les fenêtres de ces premiers lenqts à peu près dans le genre de celles des anciens, c'est-a-dire , plutôt faites |*>ur recevoir le jour que pour donner le plaisir de la vue. On y voit leurs formes suivre les usages des sociétés, et s'agrandir en raison du plus ou du moins de libelle dans les merurs et d'aisance dans la manière de vivre. Enfin, lorsque les principaux appartemens furent placés sur les rues, et que le plaisir d'y voir les passai» et d'en être vu fut devenu un passe-temps habituel , on chercha à rendre plus commodes les appuis des fenêtres, et par leur saillie sur la rue , et par l'étendue qu'on leur donna. En Italie, l'on ne s'est pas contenté des balcons ordinaires; on en pratique à certains étages qui sont vitrés, et qui forment une espèce d'avant-corps d'où, sans être vu, l'on peut voir a couvert. Quoique ces balcons , qu'on appelle mignani, gâtent souvent l'ordonnance de l'trrhitecture et les façades des palais, cependant on peut ne les considérer que comme des hors-dVeuvre postiches, et, par leur nature, indépendans de la construction. l*a forme des fenêtres y reste dans de belles proportions , et les balcons n'en ont point encore altéré la forme, surtout dans les grands édifices.
En France et dans d'autres pays , la mode des balcons est <levenue générale. Elle est une de celles auxquelles l'architecture est obligée de sacrifier le plus souv.Mii et l'ensemble des façades extérieures, et les proportions de leurs détails. Rien ne dépare plus l'ordnnuanec des palais et des maisons que ces saillies presque toujours en |x>rte à faux , dont une puérile hardiesse de construction semble tirer honneur. Rien ne gâte plus la forme des croisées que cette longueur démesurée nécessaire a l'ouverture dn balcon , et qui fait sortir la fenêtre des propoitiot» que l'œil juge être les plus '
On distingue sont ceux qui poi
sortes de balcons. Les ru saillie, et qui sont plus larges
BAL
Le» petits , ceux qui sont entre le* isécs , et qui «errent d'appui.
On ne trouvera ici aucune règle pour la disposition et l'ornement des balcons; ils ne doivent jamais être employés que comme accessoires de nécessité à un bâtiment. La simplicité dans la forme , et la solidité même apparente dans la construction , sont les principes qui doivent guider la composition de ces objets étrangers à la bonne architecture, et que le goût proscrira sans doute un jour, s'il peut ja- : ta bon ton.
I des
BALDAQUIN , s. m. Vient de l'italien baldaekino. On a donné ce nom a une espèce de dais on d'amortissement posé sur des colonnes, comme celui de Saint-Pierre à Rome, ou suspendu en l'air, comme étoit celui de Saint-Solpice a Paris.
Le baldaquin tel qu'on vient de le définir est une invention moderne; mais son origine remonte aux premiers siècles de l'Eglise. On voit qu'il a pris la place des anciens ciboires ( ciboria ) , dont il emprunta
On en voit
à an grand nombre d'aatels à Home. Ils étaient autrefois d'un usage général et prescrit par le* rites de l'Eglise. Sanctt patres ut calum , qui supra sacram mensam eminet , fornicem confieiunt , etc. D'après ce passage et d'autres autorité* mal entendues , quelques savons avoient imaginé que le ciborium étoit la coupole ou le dôme de l'église. Cependant le ciborium , comme le prouve la suite de ce passage , étoit soutenu par des colonnes, à quatuor columnis ejiu quod ciborium appellatur, etc. ce qui ne sauroit convenir aux coupoles et aux dômes. Le mot de ciborium ne peut donc s'appliquer qu'a ces calottes en forme de coupes renversées , et qui donnèrent leur nom à tout ce qui étoit fait pour les soutenir. Il est certain , d'après saint Grégoire de Tours et PauMe- Silentiaire , qui décrit le ciboire de Sainte-Sophie de Constantinoplc , et d'après ceux qu'on voit encore en Italie , que ces petit* édifice* placés au-dessus de l'autel, élevés quelquefois à une très-grande hauteur, n'étoient qu'une décoration intérieure et étrangère au reste de l'église. ( t'oyez Ciboire. )
On voit déjà dans ces ciboires le modèle général des baldaquins; mais la forme de dais et de ces pentes qui indiquent un usage plus relatif à un lit qu'à un autrl , trouve aussi sa source dans les anciens ciboires. Il parolt qu'anciennement des voiles ou des rideaux attaché* et suspendus tout autour cachoient mystérieusement au peuple la vue de l'autel , et ne se tiraient ou ne se relevoient que pendant le temps des cérémonies. De là l'idée du dais ou de cette espèce . d'impérial , dont l'analogie rappelle toujours l'usage
L'architecture moderne , en adoptant la forme des ij baldaquins, s'est tellement éloignée , par les compo-
qu'elle en a faites , de la disposition j|
BAL
ciboires, qu'on a peine souvent à y rerigine que nous venons de leur donner, on ne sauroit la méconnoitre dans ceux qu'on voit à Home, et qui n'ont pu différer par trop du genre et de la nature des modèles qui y existent encore.
Si l'on n'avoit aucun égard à l'ancienneté de l'usage et aux idées religieuses qui y sont attachées ; si l'on ne consultoit que les règles du goût , | «nt-étre on serait tenté de rejeter entièrement celte méthode de décorer les autels On est forcé d'avouer qu'elle est puérile et mesquine dans les ciboires, et plus défectueuse encore dans les vastes compositions qui en ont pris la place. Le plus lieau de tous les baldaquins, et qu'on doit regarder1 comme le clief-d 'œuvre de ce genre, celui de Saint-Pierre à Rome, placé sous le dôme de celte église, n'est peut-être, à en juger sévèrement, qu'une es|>ècc de pléonasme en architecture. L'nril pouvoit-il demander au-dessus de l'autel rien de plus magnifique que la vaste coupole destinée à lui servir de couronnement? Mais le goût ne peut pis toujours donner ta loi, surtout dans les édifices «acres. Il s'y rencontre des usages que le temps, lïubitude, la religion même ont autorisés, et auxquels l'art est obligé de se conformer. De ce nombre est, comme on l'a vu , celui des ciboires ou de ces petite* enceintes couronnée* d'une coupole sous laquelle se trouvoit placé l'autel. Il en existoit un semblable dans l'ancienne basilique de Saint-Pierre. (Grégoire de Tours y comptoit i oo colonnes de marbre, non comprises celles qui soutenoient le ciboire. ) Ixirs de sa reconstruction , l'on ne crut |x>int devoir renoncer à l'usage du ciboire ; mais on s'occupa d'en aggramlir la forme et de l'embellir de toutes les richesses de l'art et de la matière. Le Derain fut chargé de cette entreprise. Il changea l'ancienne forme de coupe en celle d'un dais, et c'est à lui qu'on doit rapporter l'invention du baltlaquin proprement dit. ( t'oyez Bermiis.)
Le Rernin , dans la nouvelle composition de ce vaste ouvrage , crut devoir s'éloigner de la forme et du goût des anciens ciboires, qui, composés de membres réguliers, et de toutes les parties de l'architecture, présentoient l'aspect d'un petit édifice isolé, et sans rapimrt avec le reste de la construction. Ce fut, sans doute, pour éviter l'invraisemblance d'un édifice renfermé dans un autre, qu'il adopta le parti d'un dais. Il crut qu'un objet de sa nature étranger à l'architecture supporterait plus facilement le* licences de la décoration , et toute la richesse qu'on peut y étaler. Il résultoit de là un nouvel inconvénient. En abandonnant tout parti relatif à la construction , les colonnes et les membres de l'entablement qn'il aurait employé se seraient trouvés peu d'accord avec les formes arbitraires d'un dais, et n'auraient formé qu'un composé d'objets mal assortis, et nullement faits pour s'allier ensemble.
11 falloit tout l'esprit du "
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nuance* tic goût qui pouvoicnt opérer cette alliance. On voit que cet ingénieux artiste y appliqua toute la finesse du sentiment dont la nature l'avoit doué, surtout pour le genre irrégulier. En mêlant, dans cet ouvrage, les formes de l'architecture, il n'adopta que celles dont l'irrégularité pouvoit offrir le contraste le moins frajipant avec la nature de ta composition. Il y fit entrer l'ordre composite en colonnes torses, dont l'ancien ciborium lui avoit donné la tradition, (forez Bei»?ci>.) Il y introduisit un amortissement en forme de consoles renversée*, c'est-àdire , tout ce qui , sans être absolument étranger à l'architecture, se rapprochoit le plus des formes analogues à un baldaquin. On sent qu'il voulut y tenir un certain milieu entre les règles sévères de l'art et les excès bizarres de la fantaisie; et en cela, U paroît avoir mieux compris le caractère de ce genre, dont il est l'inventeur, que tous ceux qui t'y sont exercés après lui , et qui sont tombé* dans l'un ou l'autre des deux extrêmes. D'après cela , s'il est vrai que la nature d'un baldaquin ne comporte pas toute l'austérité des règles; si 1* Bcrnin, visiblement conduit par les raisons que nous avons rapportées, nous a assez fait entendre que, dans ce genre mixte et , il eut en vue moins les principes de l'ar- , que ceux de l'harmonie qui conveuoit à doit-on le :
cette espèce d'invention, doit-on le juger sévérité rigoureuse? Qu'on rejette, si l'on
ouvrage
rec une
Je de baldaquin ; mais, en l'admettant, il faudra convenir qu'il étoit difficile d'imaginer un ensemble plus magnifique et un mélange plus harmonieux et plus vraisemblable, à la fois, des formes de l'architecture et des caprices de la décoration, (foyes Iktsm.)
Le baldaquin de Saint-Pierre est le plus grand de bronze qu'on connoissc. Le dais ou le : est porté sur quatre grandes colonnes i , qui posent sur quatre piédestaux de marbre", dont les dcz sont ornés de cartels. Les colonnes ont des cannelures jusqu'au tiers; le reste est orné de feuillet de laurier et de petits eniàns. L'exécution de tout les détails de l'ornement et de l'architecture y est portée au plus haut degré de perfection. Quatre grandes figures d'anges , debout sur le» colonues, accompagnent fort bien le courounct, qui termine la masse totale aussi heureuset que pouvoit le comporter le genre adopté. Le plan de ce baldaquin est carré , et l'autel se trouve entre les deux piédestaux des deux premières co-
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fronton du Louvre n'ayant que 98 pied» de hauteur,
La hauteur de ce monument est de 1 22 pieds , depuis le pavé de l'églite jusqu'au sommet de la croix : savoir, 1 1 pieds un quart pour le piédestal , .\H pieds un tiers pour les colonnes , 1 1 pour l'entablement , 3q pour le couronnement , et 1 2 un quart pour la croix. On a fait souvent la comparaison de sa hauteur arec celle du péristyle du Louvre : on a répété plusieurs fois que la mesure en étoit la même ; mais le
il est constant que le baldaquin 24 pieds d'élévation de plus.
Le P. lion tu ni dit avoir vu , par les livret de la fabrique de Saint-Pieire, qu'il est entré dans cet ouvrage 186,392 livres de bronze, ou 129,000 livret poids de marc. La façon seule coûta plus de 1 00 mille écus romains. Tout magnifique qu'est cet ouvrage , on ne sauroit cependant le voir sans penser à la perte des richet dépouilles du Panthéon, aux dépens desquelles il fut fait. On connoit la satire violente qu'attira au pape Barberin l'injure faite au plus beau reste de l'antiquité. Quod non fectrunl Barbari, fixent ni Barbe rini.
Après le baldaquin de Saint-Pierre, on peut citer encore celui de Saintc-Marie-iWajeure à Rome. Il est formé d'une espèce de couronne soutenue par quatre figures. Celles-ci portent tur des colonnes de porphyre , ornées de rinceaux de bronze. Il fut fait par le cavalière Fuga, tout le pontificat du pape Lanibertini.
.Excepté ce dernier, tous ceux qu'on a fait a l'imitation de celui-ci de Saint-Pierre, n'ont été que de* copies plus ou moins vicieuses, toit dans le pUn, toit dans la décoration. Nous ne ferons donc aucune mention ni du baldaquin du Yai-de-Grace ni de celui des Invalides. L'ensemble de cet composition* n'offre qu'une disposition bizarre de colonnes torses, beaucoup trop sévères encore pour ce qu'elles soutiennent, et ne présente qu'un assemblage grotesque de palmes, de feuillages et d'enroulement contournés sans destin et rapprochés sans accord.
BALEVRE , t. f. Ce qui passe d'une pierre près d'un joint , dans la douclle d'une voûte ou dan* le parement d'un mur. U te dit aussi des parties d'un joint qui '
BALIVEAUX. (Voyei
BALNEUM , tignifioit ou un bain une pièce des bains. Voyez BaIKS.)
BALTEL S ou Pracinctio. On appeloit de ce nom, dans les théâtres et amphithéâtres, un gradin ordinairement plus large que let autret , tur lequel on ne s'asseyoit point , mais qui tervoit de palier ou de repotoir, et facilitoit la circulation intérieure du peuple dam toute la circonférence de l'édifice. A l'amphithéâtre de Vérone, U n'y a point de ballet proprement dits ; mais un gradin plus étroit , et qui est le vingt-huitième à compter d'en bas, en tient lieu. Aux amphithéàtret grecs et à ceux de Rome , il y avoit, a prit chaque division de sept rangs de sièges, un balteus. Cependant, au théâtre d'IIerculaniuu, il ne t'en est point trouvé , a moins qu'on ne veuille donner ce nom à un espace de cinq palmes de large, qui est au pied des trois gradins supérieurs. Au théâtre de Pola en lstrie , il y avoit deux divisions ,
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chacune, suivant l'ordinaire, i avec an palier eutre deux.
Vitravc a prescrit les règles qu'on devoit suivre jour la disposition des pricinctions. (foy. Yitbcve, I. c. 3.)
BALUSTRADE , t. f. Appui forint le plus souvent de ba lustres, et couvert d'une tablette en pierre, en marbre, etc., qui termine une terrasse ou un balcon; sert d'amortissement à un édifice ou de clôture à un sanctuaire ; forme l'estrade d'un trône ou d'un lit de parade, ou la rampe d'un escalier.
Les balustrades, aujourd'hui si à la mode, n'étoient point connues des anciens . Un n'en voit aucun exemple dans les monumens de l'antiquité. Indépendamment de ce qu'elles terminent un monument ou une maison d'une manière mesquine, elles ajoutent a la hauteur des entablemens, qui semblent alors - les colonnes ou les pilastres qui les portent, nbles, dont elles cachent une partie, produisent le plus mauvais effet ; on croiroit apercevoir reédilice derrière la façade; il n'j a plus d'eni et de liaison entre le tout et ses parties. Dans les climats froids et pluvieux, où le toit incliné est absolument nécessaire, il devroit faire amortissement avec la corniche de l'entablement. L'édifice se terminant eu forme pyramidale paroitroit moins lourd et moins écrasé. On est bien éloigné pourtant d'approuver la hauteur prodigieuse qu'on donnoit jadis aux toins la forme barbare imaginée, dit-on ir M an» ni, et qu'on a quittée en partie
s t rades .
Si l'édifice doit avoir un comble , dit Laugier, il faut bien se garder de construire une balustrade au-dessus de l'entablement, comme plusieurs architectes l'ont pratiqué inconsidérément, et comme on le voit au palais du Luxembourg. La balustrade suppose toujours un édifice couvert en terrasse et sans toit. C'est donc un contre-sens, ou plutôt une contradiction manifeste, de joindre la balustrade au toit. On pourroit aller jusqu'à mettre en question si la balustrade au-dessus de l'entablement , même aux édifice* où. il ne paraît pas de toit, n'est pas contre les lionnes règles. L'entablement présente toujours l'image des eu traits, des jambes de force et des chevrons qui constituent la charpente du toit. Est-il donc naturel que le toit soit supprimé quand on en conserve tous les indices frappa ns ?
Peut-être y auroit-il trop de rigueur à vouloir exclure l'entablement de tous les édifices sans toit. Il n'y a personne qui n'ait remarqué le mauvais effet que produit cette privation dans les maisons de Naples, qui n'ont ni toit ni entablement; on croiroit, au premier aspect, ou qu'un incendie vient d'en détruire la charpente , ou qu'elles ne sont pas finies. Seulement, lorsque l'architecte veut terminer une maison par une terrasse, il doit observer de n'indi-
les balustrades modernes, dont le goût bâtard semble ne point appartenir à , nous allons rapporter celles que I leur assigne :
BAL l5,
tuent le plancher, telles que l'architrave et la frise. C'est dans ces cas que l'usage des balustrades peut s'employer avec succès , parce qu'elles suppléent au reste de l'entablement.
Quoiqu'il soit assez difficile de fixer les règles que doivent avoir les balustrades modernes, dont le | équivoque et " l'architecture , J.-F. Blondel 1
. Les balustrades de'pierre ou de marbre servent, » dit-il, à deux usages dans les bâti mens; l'un pour » servir d'appui aux terrasses qui séparent l'inégalité » de hauteur du terrain dans un parc, dans des cours « ou dans des jardins; l'autre pour tenir lieu de hal- » cou ou d'appui évidé à chaque étage d'un édifice, » ou pour lui servir de couronnement lorsque les » combles ne sont pas apparens, cette décoration ne
■ devant pas avoir lieu lorsque la nécessité ou l'usage » exige des combles.
» La hauteur des premières balustrades n'a d'au- » tre sujétion que celle d'être proportionnée à celle » du coude a hauteur d'appui : celle des secondes » doit avoir , en général , le quart , plus un sixième » de l'ordre qui les soutient ; c'est-à-dire , la hauteur » de l'entablement , plus une sixième partie. Elles » sont composées ordinairement de trois parties prin-
■ cipales; savoir, d'un socle en retraite, d'un dex » ou d'une tablette : ces trois parties , comprises en-
■ semble , doivent se diviser en 9 , dont on donnera » 4 à ta retraite ou socle , 4 au des et une à la ta- » blette; mais comme cette hauteur de balustrade,
• tenue extérieurement du quart plus un sixième de
• l'ordre , serait souvent trop haute pour servir d'ap-
■ pui du côté des appartemens ou terrasses supérieu- » res d'un bâtiment, alors le sol des étages intérieurs > peut être élevé jusqu'à la hauteur de la retraite , à
■ deux ou trois pouces près.
» On fait souvent des balustrades qui tiennent » lieu d'attique ou d'amortissement aux étages snpé- » rieurs d'un édifice , et dans lesquels on n'introduit « point de balustres, ne devant les employer que lors- » qu'il y a des vides dans le bâtiment : telles sont le» » croisées , les portes , les entre-colonnes : or , il est » quelquefois des bâtimens qui n'ont point d'ouver- » turcs remarquables; alors il faut soustraire les ba- » lustres dans ces balustrades , pour leur donner un » caractère de solidité qui reponde au reste de l'or- » donnance. Mais, quand on en fait usage, il faut » éviter d'en mettre plus de onze dans une même » travée, ou moins de cinq. Cependant au château » de Clagny, on voit des endroits qui n'en ont que » deux, et quelquefois un, ce qui marque un trop » petit espace vide sur une grande face de bâtiment » d'ordonnance légère. Au château d'eau du Pahus- •• Ro\ al , au contraire , qui est d'un caractère rusti- » que , on voit des travées qui en ont jusqu'à qua- » torze , ce qui est un défaut de convenance. On doit » avancer, comme précepte , que les balustrades doi-
i5a BAL
- vent être plus ou moins ornées, selon le caractère . du hâtimcnt qui Ici reçoit ou qu'elles accnmpa- » gnent ; c'est-à-dire que leurs profil* doivent se » ressentir du genre rustique, solide, moyen, délicat, » et composé de l'édifice où elles sout placées. » (y oyez Balusthe.)
BALL'STRE, s. m. Ou fait dériver ce mot du latin balustrum , fait du grec /S«Aavr<i» , fleur du grenadier sauvage , à laquelle on prétend que ressemble la forme moderne du balustre.
L'usage du balustre , ni rien qui en approche, ne laus l'antiquité. On ne peut voir son orii que dans les ouvrages en Lois, imaginés par la menuiserie pour faire des appuis ou des barrières dans les lieux qui ne comportoient pas l'emploi d'une matière plus dispendieuse. L'architecture moderne en a adopté et consacré la forme dans les imitations de pierre ou de marbre qu'elle en a faites ; elle a même depuis associé cette invention à celles des ordres, en faisant participer le balustre aux diverses proportions de ceux-ci. Les plus anciens bal us très qu'on voit à Florence , et dans quelques autres villes de l'Italie , et qui datent des premiers siècles de la renaissance des arts, ne sont que de très- petites colonnes dans la forme des grandes. Peut-être cette méthode, toute puérile qu'elle puisse paroitre, estelle encore meilleure que celle dont l'usage semble avoir fait une loi. Les balustrts modernes n'offrent d'autre raison de leur forme, que le caprice et la fantaisie du tourneur, qui semble leur avoir
Quoiqu'on ne comprenne pas ce qui a pu accréditer a un tel point, dans nos édifices, cette invention mesquine ; quoiqu'elle dépare le sérieux de l'architecture par tout ce qu'elle offre d'insignifiant dam son usage, et de capricieux dans sa forme ; quoique l'emploi abusif qu'on en a fait partout, sans besoin et sans raison , ait commencé à en faire tomber la mode , et en fasse espérer la suppression ; quoique la variété des formes qu'on a imaginées n'ait pu encore en justifier le goût aux yeux de la raison , nous ne laisserons pas de rapporter pourtant ici , d'après .1. F. Rlondel, les espèces de règles ou de proportions, dont on l'avoit cru susceptible.
« Le balustre est ordinairement une espèce de colonne composée de trois parties principales, le chapiteau, la tige et le piédourhe.
» Ou a soin que les balustrts , aussi bien que les Kilustrades , se ressentent du caractère de l'édifice. On observe cinq manières de les employer, conformément aux différences des cinq ordres, comme on le dira plus lias.
» Il faut observer, autant qu'il est possible, que les bnlustres soient en nombre impair, et que la distance qui les sépare soit égale à la moitié de leur plus gros diamètre , afin que le vide égale le plein ; les balustrades ayant pour objet de
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mars é vides , à travers lesquels on puisse jouir de la proportion des arcades ou croisées. Le plus souvent on préfère les balustrades de pierre ou de marbre aux balcons de fer, principale ruent dans les édifices graves et réguliers. Il est mieux aussi de mettre une alette à chaque coté des piédestaux , pour porter les extrémités de la tablette, que d'eroplover un demibalustre. La largeur de ces alettes doit être au moins par le devant de la moitié du plus gros diamètre du balustre, et leur épaisseur doit avoir au moins un sixième de plus que la largeur du balustre.
Les proportions des balustrts et leur galbe doivent répondre aux différens caractères des ordres d'architecture sur lesquels ils sont poses. Le profil des tablettes et celui des socles doivent aussi y être assujettis. S'ils sont placés au-dessus d'un attique, c'est l'ordre de dessous qui doit régler le genre, et la richesse qu'il faut donner aux balustrts et balustrades. Aussi ■i-1-eu fixé cinq espèces de proportion et de manière de profiler les balustrts , aussi bien que leurs socle et tablette. Par exemple, la balustrade toscane n'aura pour socle qu'une plinthe nnie, et la tablette ne sera composée que d'une seule plate-bande et d'un filet. Son balustre sera plus massif et peu chargé de moulures. Le balustre dorique sera plus orné; et ainsi des trois antres.
A l'égard des proportions particulières des balustrts, il faut observer que chaque balustre, en général, a trois principales parties, savoir, la base, ou piédnuche, la tige ou vase, et le chapiteau. Le vase est composé de deux parties , l'une qu'on i la panse, et l'autre le col.
Pour trouver les hauteurs générales du teau , de la tige et du piédouche, toute la du balustre se divisera en cinq parties. On en donnera une a la liauteur du piédouche ; les quatre autres parties se diviseront en cinq. L ue sera pour la hauteur du chapiteau. On divisera encore en cinq l'espace entre le chapiteau et le piédouche; on donnera à la hauteur du col trois de ces parties, et deux à la panse. La hauteur du piédouche ayant été divisée en trois parties , une sera pour la hauteur de la plinthe. La hauteur du chapiteau se divisera aussi en trois parties , et le tailloir en aura une. Toutes ces proportions sont générales pour les cinq espèces de balustrts; mais les moulures seront en plus ou moins grande quantité , et d'une expression plus ou moins légère , aussi bien que le galbe du col et de la panse, selon que ces balustrts seront rustiques ou délicats.
Le balustre toscan est le plus gros, le moins composé de moulures, et presque toujours carré par son plan. Sa hauteur étant divisée en cinq parties, on en donnera deux pour le diamètre de la panse. Le balustre corinthien étant plus svelte, son diamètre ne sera que du tiers de sa haul balustrts dorique, ionique et composite, à tion. Par exemple, si l'on divise la i », la grosseur de la
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toscan en aura vingt-quatre, celle dn dorique vingtrtxois, celle de l'ionique vingt-deux, celle du corinthien et du compocite vingt-un. Ensuite on divisera le diamètre d'une de ces panses en deux parties égales : on en donnera une à la grosseur du col, du goruerin , du chapiteau et des scoties du piédouche. La largeur de la plinthe de ces piédouches aura le même diamètre que la panse, et celui du tailloir aura un cinquième: ou sixième moins que la largeur de la panse , selon que l'exigera l'expression solide ou lc~
• La plinthe du piédouche et le tailloir du chapiteau de toutes les espèces de bai uj très , doivent être carrés par leur plan (quoique dans le jardin du Luxembourg et dans le bâtiment du château de Sceaux on en voie de circulaires, comme le baiiutre), k l'exception quelquefois du toscan, dont le baiiutre se fait entièrement carré , lorsqu'on l'emploie a servir d'appui aux murs de revêtissement des terrasses , des fontaines , des grottes , etc.
• Lorsque les intervalles des bahutrts ne s'accordent pas avec les espacemens dont nous avons parlé, il vaut mieux mettre de la différence dans ces espacemens que d'altérer le diamètre dn baiiutre. Cependant , il serait aussi inconvenant de faire loucher leurs pauses que de leur donner un diamètre d'intervalle , parce qu'il convient d'affecter, autant qu'il est possible, et comme on l'a déjà observé, que le solide des baiiutre* égale leur espace.
» Noua ne parlerons point ici du choix des moulures dont peuvent être composées les cinq espèces de bal tu 1res, ni de leurs divisions particulières , le goût et la convenance servant de guide en pareilles occasions. Il arrive même assez souvent que le baiiutre appelé corinthien s'emploie indistinctement sur tous les ordres (à la réserve du toscan). On l'a pratiqué ainsi au portique de Y incennes, sur l'ordre dorique ; au château de Trianon , au-dessus de l'io> nique ; au péristyle du Louvre , au-dessus du corinthien; et an château de Clagny, sur le composite. Cependant , à tous ces édifices , on a observé les proportions générales dont on a parlé ; ce qui peut les
■ Les cinq espèces de baliutres ci-dessus ne sont pas les seules qu'on puisse mettre en usage. Leur diversité peut être infinie. Mais on évitera le trop de contraste dans leur composition. Les formes renier* sées , telles qu'on en voit dans les jardins de Saint- Cloud , ou celles qui sont variées par leur plan et le ar élévation, et ornées de sculptures, ne conviennent pas dans les dehors. On les met en usage aux estrades des appartemens de parade , ou dans les décorations des théâtres. C'est encore le cas de symboliser les balustret, si l'on veut, de les exécuter en bronze, en plomb, en bois ou en toute autre matière. Quelquefois , à la place des balusires, on emploie des entrelas, comme on en voit un modèle en plâtre au péristyle du Louvre et ailleurs. Mais, quand les
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1 ordres président dans un bâtiment, les baliutres doivent être préférés; et l'on ne doit pas craindre, suivant l'opinion de quelques-uns , que la répétitiou
I de plusieurs balustrades soit un défaut. Car, dès qu'il
I est reçu en architecture d'employer plusieurs ordres dans un bâtiment pour exprimer la diversité des otages , de même les balustrades qui représentent les appuis des croisées de ces mêmes étages peuvent être multipliées. Il est vrai que , pour que ce système soit approuvé, il faut observer de donner un caractère distinctif a chaque balustrade et a chaque balujtrt, ainsi qu'on l'a déjà recommandé ; on pense aussi que les eutrelaU ne doivent avoir leur place que dans le» bâtiniens de peu d'importance, ou pour les appuis des rampes, ou enfin pour la décoration intérieure,
9 qui n'est jamais sujette a cette gravité qu'on doit observer dans les dehors, soit par rapport a la dignité du bâtiment, soit à cause de la solidité de la matière.
■ Dans les escaliers où les limons rampans sont inévitables, et où l'on veut faire usage des balustrades de pierre ou de marbre, par préférence aux rampes de fer ( ces dernières étant peu convenables à la décoration d'un grand escalier) , cet usage est sujet a deux inconvéniens. Ou les moulures des baliutres sont inclinées, ce qui est la manière la plus approuvée , ou les bases et les chapiteaux sont horizontaux , lorsque les tablettes sont inclinées. Cette dernière forme se remarque en beaucoup d'escaliers, tant en France qu'en Italie, et le cavalier Bernin l'a même affectée aux bases et aux chapiteaux du grand escalier du Vatican à Rome. {Voyet Fowtaka, liv. tv, chap. xiv, p. a3ç). )
» Le sentiment de ceux qni préfèrent les moulures inclinées es* appuyé sur ce qu'il convient d'observer le parallélisme dans un ouvrage de même genre, ei cela est vrai a bien des égards. Cependant , il semble qu'il vaut mieux que celte inclinaison se remarque I seulement dans le sommet du tailloir et dans la base I de la plinthe que dans les membres du baiiutre en général. Il est vrai qu'alors ces balustret deviennent d'une proportion plus petite , parce que , sous la hauteur donnée de l'appui , et qui est ordinairement de a pieds et demi ou 3 pieds, il fant déduire celle des deux espaces triangulaires qu'on laisse haut et bas pour rendre le balustre horizontal , ce qui diminue beaucoup de sa hauteur; mais, comme les tablettes et les socles en sont obliques, la comparaison qu'on en peut faire avec les travées horizontales est moins sensible que si l'on faisoit des baliutres d'inégale grandeur sous une même hauteur de balustrade toute horizontale.
■ Les profils des tablettes et des socles, dans les rampes des escaliers , ne sont pas toujours assujettis aux profils des piédestaux des ordres. Les becs de corbin, dans l'intérieur des bâtimens, sont souvent préférés à tout autre. Mais on croit devoir avertir
| qu'il ne (sut pas abuser dc ce genre de moulure dans
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l'architecture en pierre, en marbre, etc., et principe leinent dans la décoration d'un lieu où les balustrade* serviraient d'appui à quelque ordre d'architecture. Chaque ordre ayant se» profila qui lui «ont propre» , on ne doit jamais s'en éloigner, ni dans les membres qui composent l'ordonnance d'une colonne ou d'un pilastre , ni même dans ceux qui les accompagnent.
» Pour revenir à b diversité des opinions touchant les balustres dont les moulures sont inclinées ou horizontales, nous dirons que les bâtimens élevés sur une ciemi-ci> te ou sur une pente sensible, comme l'aile de Versailles du coté du nord , et dont les plinthes et les corniches sont tenues horizontales , doivent servir d'autorité pour ne point admettre d'obliquité dans l'architecture, surtout dans le cas dont il s'agit. Car les balustres dont les moulures sont rampantes offrent un aspect contraire à l'idée de solidité, qui seule exige que leur axe étant perpendiculaire pour porter le poids des tablettes, leurs moulures soient horisoutales. Au lieu que , lorsque les lignes qui les composent sont rampantes, il semble que les balustres glissent de dessus leur socle; ce qui porte l'esprit à concevoir la destruction prochaine de toute la balustrade. Cette considération peut, pour éviter l'un et l'autre cas, porter à faire usage des entrelas par préférence anx balustres, ou bien des rampes en ter, leur contour moins sévère autorisant une variété dans les formes, qui en rend le biais moins sensible. »
On en fait aussi de fer fondu , qui sont plats et
1er forgé.
de sois. Balustres tournés ou faits a la main, qui sont droits rampans, soit pour les galeries du dehors , soit pour les escaliers.
Balustres de bronze. Ce sont des balustres qui sont , ou de feuilles de bronze ciselées et i jour, ou
escalier de Versailles.
Balustres de chapiteau. ( Voyez Coussinet de