BARDEAU
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BAR For»
de tuile dont se ter-
tction de charger des un bar. (/*•/*■ Ba«.)
BARDER, ». a. Est pierres sur un chariot ou •
BARDEUR , s. m. On nomme ainsi les ouvriers qui portent le bar, ou qui chargent des pierres sur le chariot du chantier au pied du tas.
BAROQUE , adi. Le baroq ue, en architecture, est une nuance du bizarre II en est, si l'on veut, le raffinement , ou , s'il étoit possible de le dire, l'abus.
Ce que l'austérité est a la sagesse du goût, le baroque l'est au biiarre, c'est-à-dire qu'il en est le superlatif.
L'idée de baroque entraîne avec soi celle du ridicule poussé à l'excès.
Borromini a donné les plus grands modèles de bixarrerie. Guarini peut passer pour le maître du baroque. La chapelle du Saint-Suaire à Turin, bâtie par cet architecte, est l'exemple le plus frappant qu'on puisse citer de ce goût.
BAROZZIO Jacqce» (dit VIGNOLA). Cet architecte célèbre, que ses ouvrages et ses écrits ont fait nommer le législateur de l'architecture moderne, naquit en 1007, à Vignola , terre située dans le Modéuois , et dont il prit le nom , sous lequel il a continué d'être généralement connu. Celui de sa famille n'etoit pas obscur. Clément Barouùo «on père, gentilhomme miUnois, aurait dû, outre l'avantage de la naissance, lui laisser de grands biens. Mais les guerres civiles de Milan le ruinèrent. Retiré à Vignola , il chercha , par l'alliance qu'il contracta avec la fille d'un officier allemand , à réparer, ou du moins adoucir les malheurs de la fortune. Jacques Barozzio fut le seul fruit de cette union. Les heureuses dispositions que la nature sembloit se hâter de développer dans cet enfant promettoient au père un avenir plus heureux. Cependant celui-ci mourut, et il laissa son fils en bas âge, privé de celles du génie.
Des pronostics , rarement trompeurs , qné à la mère du jeune Vignola le vœu de la nature pour son fils. Elle étudia ses dispositions naissantes, et résolue d'en favoriser le développement , elle l'envoya à Bologne pour y apprendre les principes du dessin. La peinture, à laquelle on l'avoit appliqué, eut les prémices de ses études; mais la lenteur de ses progrès dans cet art put contribuer a diriger son goût vers l'architecture. Il ivoit k lui seul deviné les se- 1 de la perspective , et trouvé les règles pratiques
de cette science, se plaisant à en faire des applications sur des dessins d'édifices. Sa réputation s'en étendit d'autant plus promptement à Bologne , que François Guichardin , gouverneur de cette ville , faisoit exécuter ces compositions en marqueterie.
BAR ,59 des livres et les connoissances spéculatives ne font point l'architecte, et que rien ne peut remplacer l'étude des grands modèles de l'antiquité. Il prit donc le parti d'aller consulter dans les monumens de Rome les véritables maîtres de son art, et de fixer son séjour où cet art a fixé aussi sa venta Ue école. Cependant le besoin de subsister et de soutenir sa famille lui fit reprendre le pinceau, sans lui faire abandonner ses nouvelles études. Alors il se formoit à Rome une académie d'architecture, sous les auspices de plusieurs personnes de distinction. Vignola fut chargé de faire pour cette académie naissante les dessins de tous les édifices antiques de Rome. Ce travail décida entièrement son goût, et le fixa définitivement à l'architecture.
Vers l'an i537, Vignola quitta Rome pour accompagner Primaticio en France. Plusieurs dessins qu'il présenta a François I" le firent connoitre et accueillir par le monarque. Il employa deux années de son ce pays à faire des projets et des modèles dont la guerre ne permit point l'exé-
De retour à Bologne , il composa pour le frontispice de la grande église de San Petronio un fort beau projet , dans lequel il s'étudia à conserver le caractère de l'intérieur du monument, par un heureux mélange du goût de l'antique avec les erremens dn gothique. Ce projet obtint la préférence entre tous les autres, mais n'en resta pas moins inexécuté.
Ce fut vers cette époque qu'il construisit a Minerbio , près de Bologne , le magnifique palais du comte Isolani. Plusieurs autres travaux occupèrent son talent dans cette ville, tels que ceux du portique du Change, où il lui fallut opérer le raccordement toujours si difficile des constructions nouvelles avec les anciennes , tels que l'achèvement du canal del Nav*gw> 9u'iï conduisit jusqu'à Bologne, dans une longueur de trois milles. On ignore en quel temps précis il bâtit les églises de Massano, de Saint-Oreste , de IN otre-Daine-dcs- Anges à Assise, la belle chapelle de Saint-François à Pérouse, et beaucoup d'autres édifices en différentes parties de l'Italie.
Il revint enfin a Rome, et fut présenté par Georges Vasari au pape Jules 111. Ce pontife, pendant sa légation a Bologne, y avoit connu Vignola. Il le nomma son architecte, et lui confia la conduite de l'aqueduc de Trevi. Des travaux plus importans justifièrent bientôt la confiance du pape, qui lui fit construire bon de la porte del Popolo une maison de plaisance , connue sous le nom de Papa Giulio, qui ne fut point terminée , mais où les artistes ne cessent point d'étudier, dans ce qui en reste , les précieuses traditions du goût de l'antiquité.
A peu de distance de cette Villa, et sur la même voie flaminienne, on admire un autre ouvrage de \ ignola. C'est un petit temple circulaire, connu sons le nom d'église de Saint-André. Sa masse s'élève sur
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orale , renforcée en
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i par trois grands degré*, à □té rieur de l'édifice préla même ordonnance «pie le dehors, c'et-4dire, un ordre de pilastres corinthiens. £n dehors, ce qui forme le frontispice du monument est un avant-corps peu saillant , orné de quatre pilastres corinthiens et d'un fronton. Le tout est très — d'accord arec l'intérieur. L'élévation générale, tant intérieure qu'extérieure , offre l'application la mieux entendue du style de l'antiquité aux usages moderne*.
Entre plusieurs ouvrage* peu important, mais auxquels la réputation de Vignola a conservé de b célébrité, on doit citer certains détails du palais Farnése, et la partie de ce palais où est la galerie peinte par Anoibal Carrache ; une fort belle porte du palais de la chancellerie , et une plus renommée encore, qui est celle de l'église de saint Laurent et Damant ; enfin, les frontispice* des jardin* de Farnese au Campo-\ accino , qu'il exécuta par le* ordre* du cardinal Alexandre Farnèse.
Mais la protection de ce cardinal, grand amateur des art* et juste appréciateur des talent de \ ignola , devoit le conduire a de plu* haute* entreprise*. Le pape Paul 111 venoit d'approuver l'institut des jé-
pour la gloire de cette société naissante, voulut loi faire construire, et avec magnificence, l'église qu'on nomme le Jésus, et qui fut celle de leur maison professe. Il en confia la construction à Vignola, qui en jeta les fondemens l'an 1 5<i8 , et qui en porta l'exécution jusqu'à la corniche. La mort l'ayant empêché d'y mettre la dernière main , ce fut Jacques de La Porte, «on élève, qui en termina la voûte, ainsi que le dôme, et y fit b chapelle de b Vierge. Le dessin du maître ne fut pas tre*-*crupuleu*emest respecté par l'élève , et l'on regrette que le portail de l'église n'ait pas été exécuté tel que Vignola l'a voit projeté.
Le pbn de cette église est celui d'une croix btinc dont la branche supérieure se termine par un trémicyde Sa longueur est de 216 pied* dans oeuvre. La voûte a qo pieds d'élévation. La nef est de chaque côté percée de cinq arcades, dont les piédroit* sont décore* de pilastres accouplés d'un ordre corinthien composé. Le eeintre des arcade* ne s'élève guère que jusqu'aux deux tiers de b hauteur de I ordre ; le surplus de ta hauteur est occupé par b* 1 > l'espace de l'élévation qui ,
et reçut une approbation générab. Il faut aujourd'hui que la critique ait soin de distinguer dans ce monument , et surtout dans sa décoration , b part
7ui doit être relie de son continuateur, Jacques de •a Porte ; on sait qu'il ne fut que trop endin à porter dan* le* masses et le* détail* de* édifices qu'il construisit, b style peu sévère et b goût de •uperftuité* dont il avoit emprunté le* habitude* à l'art du it locateur qu'il avoit d'abord exercé.
Le plus grand ouvrage de fignola, et qu'il eut
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l'avantage de terminer, fut le célèbre château de Caprarole , construit pour le cardinal Faraèae. Il est situé à huit ou dix lieues de Rome, du côté de Viterbe. Remplacement en fut choisi sur an lieu élevé , solitaire, mais d'où l'œil peut embrasser une vue des plus riches et de* plu* étendues. Cette situation pittoresque a suggéré à l'architecte le pbn et l'idée d'une composition variée, pittoresque et théâtrale , qu'un terrain pbt et uniforme n'aurait pu ni inspirer ni produire. L'architecte , ayant à bâtir au sommet d'une colline qu'environnent des rocher* et des précipices, put se permettre un déploiement de lignes, de masse* et d'accessoires qui ajoutèrent une vabur singulière au oorp» principal.
La forme générab du château est un pentagone dont b soubassement, flanque de cinq sorte* de bastions , donne k l'ensemble quelque apparence de forteresse , et , par un mélange des deux caractère* d'architecture cirib et militaire, lui impriment un air imposant de force et de grandeur. A partir d'en-ba* , un portique, composé de trois arcades avec ordonnance dorique, et construit en bossages, précède une courcircubire, et est en quelque sorte le de b composition. Cette cour, environnée de
ou se trouve une autre porte servant de 1 part et d'appui à deux nouvelle* rampe*, lesquelles aboutissent à un terre- plein construit en talus, et formant rumine un premier soubassement â l'édifice. Le second, et dans le bit, le véritable soubassement, s'élève immédbtetnent au-dessus et se projette en saillie, laquelle fait terrasse en avant de* cinq face* du pentagone. L est sur b massif de 1 terrasse que s'ouvre b porte qui b cour intérieure du Ce château, ou b.
seules ordonnance* qui forment sou élévation totale. La façade principale , ou b face antérieure du pentagone , présente à son premier étage une gabrie ouverte en portiques, avec arcade* et piédroita ornés de colonne* ioniques ; le tout d'un style élégant et d'une exécution pure. Le second étage, qui en comprend deux , en comptant celui du mezzanine , est 1 !M. L'intérieur de b sur un pbn circulaire , n'offre dai ni moin* de variété, ni moin* de noblesse. Ce eux rangée* de portique* l'un au-dessus de l'autre, formant galerie continue tout à l'entonr. Le portique inférieur est composé de dix arcades , dont 1rs piédroit* sont percés par de* ouvertures en forme de niches quadrangubires. Au-dessus de* impostes, sont aussi de* percées qui se convertissent en petite* niches circubires. Toute b construction de cette cour en bossage* a un caractère mâle et grandiose. La dbition de l'étage supérieur est » peu prèajb 1 que b* piédroit* ont de*
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i des parties de ce vaste , et des détails architectouique. dont on peut offrir l'exemple ou la leçon aux étudians , porteroit l'étendue de cet article Tort au-delà de l'espace qui convient à notre ouvrage. Cependant nous devons faire remarquer, comme un chef-d'œuvre en son genre et une des licautés de ce palais, l'escalier en limaçon où Vignola se plut à montrer son goût et sou habileté. Disons encore qu'un des rares mérites de ce château , et qu'on ne se lasse pas d'y admirer, est l'intelligence que l'architecte a portée daus les distribution* et dans la combinaison de toutes leurs parties. L'entente de la commodité par l'adresse «les dégagemens y est portée à un point tri-s-remarquable. Quatre appartemens très-vastes à chaque étage y sont dUposé* «le manière a ce que chacun se dégage par les portiques circulaires dont on a parlé, et qui régnent autour de la cour. On peut ainsi entrer dans chacun et en sortir sans en traverser aucun autre.
La réputation du château de Caprarole y attira dans le temps uuc foule de curieux et de connoisseurs, et sa renommée, quoique depuis long-temps il ne soit plus habité, ne cesse pas d'y en amener tous les jours. On se souvient encore de l'éloge qu'en lit le célèbre Daniel Barbara, qui fut le plus grand connoùseur de son temps en architecture. 11 voulut wnr et juger par lui-même un ouvrage que la voix publique exaltoit avec enthousiasme. L'examen scrupuleux qu'il en fit augmenta de beaucoup l'opinion que les récits lui en avoient fait concevoir. 11 avoua que «a réputation , pour grande qu'elle fût, étoil encore au-dessous de son mérite. A on minuit, immo magnoperi vieil prasentia famam. Ce sont les propres paroles du célèbre commentateur de Vilruve.
Le roi d'Espagne désirait attirer en ce paysVignola, pour y exécuter le magnifique projet dont il avoit fait une rédaction définitive par une heureuse combinaison des plans demandés aux plus habiles de ce temps. Les propositions les plus avantageuses lui fureut faites, mais inutilement. Il s'excusa sur sou grand âge et sur les travaux de l'église de Saint-Pierre , dont il l'architecte depuis la mort de Micbei-
i'ignoU n'aurait échangé contre aucune autre enlise l'honneur de succéder a ce grand homme l'importante fonction dont il s'acquittoit avec le zèle d'un héritier jaloux d'exécuter scrupuleusement les intentions du testateur. Michel-Ange ayant conçu Saint-Pierre dans la disposition d'une croix grecque, c'est-à-dire à quatre croisillons égaux, la coupole devenoit et devoit devenir le corps principal du temple quant à l'intérieur, et l'effet eût été le même à l'égard de l'extérieur, qui aurait eu ?'><< pieds de moins en longueur qu'il n'en a maintenant par l'addition en prolongement de la nef de Charles Maderne. C'étoit donc la coupole que le projet de Michel- Ange vouloit faire triompher. Il est fort à croire que, aider à cet effet, il avoit légué à son i
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l'idée de l'a pôles d'échelle masse principale.
\ oilà ce que Y ignola fut charge d'exécuter, et c'est de lui que sont les deux petits dômes qui se présentent aujourd'hui dans la partie antérieure de l'église comme satellites de la grande coupole. Tout le monde sait assez pourquoi le» deux autres, qui se seraient trouvés peu visibles au chevet de l'église, ne furent point exécutés. Du reste, Vignola sut entrer parfaitement dans l'esprit qui avoit dicté l'érection de ces petites coupoles collatérales. Leur proportion, tant en hauteur qu'en largeur, est à peu près le tiers de celle de la grande, c'est-à-dire qu'elles ont à l'extérieur Go pieds de diamètre, et autant du bas de leur tambour jusqu'à la naissance de leur lanterne. Partout ailleurs ce seraient encore desdômes assez remarquables, l-.i, au contraire, on n'y fait attention qtte pour remarquer qu'on les y remarque à peine. Tel étoit l'effet qu'on en devoit attendre, et tel doit être en chaque genre d'harmonie celui de tout ce qui n'est appelé qu'à jouer un rôle secondaire et subordonné. Quant au caractère d'architecture et de décoration, Vignola étoit trop habile pour ne pas comprendre qu'il devoit mettre ces accessoires d'accord avec le principal. C'est ce qu'il fit dans les masses, les partie* et les détails d'ordonnance ; et il eut encore le bon esprit de ne pas en faire de simples copies réduite* de la maîtresse coupole : cette redite eût été fastidieuse. 11 y a tout ce qu'il faut de ressemblance pour que le tout paraisse du même auteur, et ensuite tout ce qu'il falloit de variété pour éviter la monotonie de la répétition.
Vignola s'etoit dévoué entièrement au service de Rome, qu'il regardoit comme sa patrie. Le pape Grégoire Xlll lui donna une marque honorable de confiance en le chargeant de terminer les différends qui s'étoient élevés, du côté de la ville defîastcllo, sur les limites des deux pays, entre la cour de Rome et la Toscane. L'artiste s'acquitta de cette commission avec autant de zèle que d'intégrité. A son retour, le pape lui témoigna toute sa satisfaction, et l'entretint plus d'une heure de différens projets. Vignola devoit se rendre le lendemain à Caprarola. La fièvre, occasionée par une indisposition récente dont il étoil mal remis, le surprit la nuit même et l'enleva le septième jour, dans sa soixante-sixième année.
L'académie de dessin lui fit de magnifiques obsèques. Son corps, accompagné de tous les académiciens, fut porté avec pompe dans l'église de la Rotonde ( le Panthéon), on il fut inhumé. On regarda comme une circonstance heureuse, que les restes du plus zélé sectateur des anciens fussent déposés dans le plus beau reste de l'architecture antique.
Nous ne saurions terminer cette notice très-abrégéc des travaux de rignola , sans parler du traite dans lequel il a réduit l'architecture en règles, en la
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qu'il e*t possible par des i I et assujetties à un principe constant. On peut voir dans la préface inètne de ce traité l'esprit dans lequel il le composa , esprit éloigné de tout système. C'est que dans les monument antiques qu'il prit pour régulateurs il avoit étudié les raisons sur lesquelles peuvent se fonder les règles, sa lieu de se borner a l'autorité routinière des exemples. Ainsi, à l'égard de chacun des ordres, il observa quels sont, les monument antiques où ils sont employés , ; qui d'un commun et unanime consentement de
et de tous les hommes sont réputés !<•» plus beaux. Il remarqua qu'ils doivent cette approbation générale a U propriété qu'ils ont d'offrir dans leur combinaison une correspondance de détails faciles à apprécier, de rapports simples, et qui se déduisent clairement les uns des autres, un ensemble enfin dans lequel les plus petites parties se trouvent, par un lien sensible d'harmonie, comprises et ordonnées régulièrement dans les plus grandes; toutes choses qui constituent le principe des proportions.
C'est par suite de ces observations que fignola, dans la fixation des rapports entre les parties de sa modènature, ne s'est jamais écarté des proportions qui sont les plus grandes, par cela qu'elles sont les plus simples, comme sont les rapports du double, du quart et du tiers. Cette méthode, en produisant l'agréable effet que produit son architecture pratiquement considérée dans ses édifices, a aussi procuré un singulier avantage a son traité théorique sur tous les autres. Rien n'est d'une exécution plus facile et d'uue combinaison plus simple que son système de proportions.
Il cstcousUutqu'aucun architecte ne s'est plus identifié par ses mesures avec les erremens qu'ont suivis les anciens. 11 ne s'en écarte quelquefois qu'en faveur d'une plus grande facilité. C'est lui qui , ie premier, fixa les règles de la diminution et du renflement des colonnes. S'il s'est écarté des principes de Vitruve, lorsque celui-ci établit pour les colonnes grêles une moiudre distance dans l'entre-colonnement que pour les colonnes plus fortes, c'est qu'à l'exemple des anciens il admet constamment l'égalité d'espacement , quel que soit le diamètre de la colonne, bien entendu que les colonnes ue seront pas séparées par des anus ce dernier cas, c'est sur U largeur des les qu'il règle celle des entre-colonnemens. Qu'il i suffise de dire que le Traité des cinq Ordres de \ ignnla est devenu le manuel des architectes , et a mérité à son auteur le titre de législateur de l'archi-
BARRE, s. f. C'est le nom général de toute pièce «le bois longue et mince, qui sert à entretenir les ais d'une cloison , et à d'autres usages. Ce mot vicut de l'italien barra, perche.
Barre d'appui. C'est, dans une rampe d'escalier, ou dans uu balcon de fer, la barre de fer aplati
sur laquelle on s'appuie , et dont les arêtes doivent être abattues. Ces tWrr* sont maintenant généralement recouvertes en bois de noyer ou d'acajou .
Barre de croisée. Est une barre de bois ou de fer, qu'on met en dedans sur les volets et contrevents de croisées, et sur les fermetures de boutique.
Barre d'audience. C'est, dans une chambre où l'on rend la justice, l'enclos du parquet, fait d'une forte cloison de bois de 3 à 4 pieds de hauteur, où les avocats se placent pour plaider les causes. On la nomme en quelques endroits auditoire, et c'est ce que les anciens appeloient causidicum, selon Vitruve.
BARREAU , s. m. {Foyet Barre.)
Barreau de fer. Nom qu'on donne à tout fer employé dans sa grosseur.
BARRIÈRE, s. f. Se dit généralement de tout empècheniciit formé par un assemblage, le plus souvent de plusieurs pièces de bois, pour fermer uu passage.
Dans les cirques antiques , dans les tournois , on pratiquoil des barrières qui fermoient l'enceinte où se tenoient les combattans avant l'ouverture des jeux, (fore; Ci roi t:.)
L'entrée de beaucoup de villes est aujourd'hui fermée par des barrières mobiles en bois , pour empêcher les marchandises de ]>asser sans avoir payé les droits de passe ou d'octroi.
Connue la perception de ces droits nécessite des employés, des comptes et des surveilians, il a fallu placer quelque bâtisse à coté de chaque barrière, et cette bâtisse a pris aussi le uom de barrière. Ainsi voit-on a Paris toutes Ira entrées de cette ville accompagnées de bâtiment plus ou moins considérables, où logent les employés et commis de l'octroi.
Barrière. C'est une file de pieux, dans lesquels tout assemblées des traverses et des lisses, qu'on place dans les cours des hôtels pour empêcher les voitures d'approcher des murs. On en pratique île semblables, mais plus élevées, dans les rues, au-devant des palais des princes et des grand* seigneurs, des Hotels de
Barrière d'eci.use. (Architecture hydraulique. ) C'est une espèce de porte d'écluse qu'on ouvre et qu'on ferme avec un cabestan armé d'un pignon qui engrène dans une crémaillièrcoù la barrière est attachée. {Arrhitect. hydrauliq., parBélidor, toni. III,
p. 4'°« pi. »»» ■•
BASALTE, s. m.; en latin, BASALTES ou BASAMTES LAPIS. Est une pierre dont on i tingue, selon W iuckclmann , deux noire et l'autre verdàtre.
L'espèce noire est la plus commune ; elle ressemble à la lave du Vésuve dont Naple» est pavée, et aux
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C'est , en un mot, unr lave d'une teinte éjjalr, comme est généralement aujourd'hui celle du Vésuve. Il existe à Rome plusieurs animaux de basalte noir: tels «ont les lions de la montée du Capitole , et les sphinx de la villa Borghès*. Quoiqu'il ait été cmployé de préférence a l'autre , pour la représentation des animaux, on en rencontre aussi des statues. I r\ deux grandes figures du second style égyptien qu'on voit an Capitole, et d'autres plus petites, sont de basalte noir.
Qnant au basalte verdàtre , il s'en trouve de diverses teintes, comme de duretés différentes. Les sculpteurs égyptiens et grecs l'ont employé. Parmi les ouvrages des premiers , on voit nn petit Anubis au Capitole, et au Collège Romain , une belle hase avec des hiéroglyphes, sur laquelle sont restés les pieds d'une figure de femme. On s'en est servi dans les temps postérieurs pour imiter les ouvrages des Egyptiens, et surtout les Canopes. Du nombre des ouvrages grecs , en basalte vert , sont le Jupiter Serapts de la villa Albani , dont on n'a point restauré le menton , parce qu'on n'a pu encore trouver un morceau de la même nuance; une téte de femme à la même villa Albani , et une tête de lutteur, rapportée parWinckclmann.
On trouve peu de colonnes en basalte. Les anciens ne paraissent pas en avoir fait un grand usage dans leurs édifices, moins par la difficulté de s'en procurer de grands morceaux , qu'à cause de sa couleur désagréable, et du mauvais effet qui devoit résulter de son emploi.
BAS, s. et adj. masc. Ce qui est an-dessous. Dans ce sens, on dit appartement bas, salle basse, pour exprimer ce qui est au rez-de-chaussée , au-dessous du premier étage. Bas se dit aussi de ce qui a peu de hauteur, an appartement bas.
Bas-côtés d'une église. Ce sont, dans les temples modernes , les deux cotés voûtés qui régnent le long de la grande nef, et qui tournent souvent autour du chreur. On les appelle aussi ailes. {Foyez Basilique et Eglise.)
BASCULE, s. f. On entend en général par ce mot une pièce de bois ou de fer qui monte et descend , se hausse et se baisse par le moyen d'un essieu qui la traverse.
Bascule a pigson. C'est une bascule semblable à la bascule de fermeture , avec cette différence que les
quantité de la course ou du jeu des verroux; que les cotés de ces queues qui se regardent sont à dents et à crémaillères, et s'engrènent dans un pignon compris entre enx. On ouvre cette bascule avec un bouton rivé sur La queue du verrou d'en-bas. Lorsqu'on Ve 1ère, il faut tourner le pignon, qui fait descendre le verrou d'en haut et monter celui d'en-lus.
Basci-le de m t. m ti i h i Bascule qui sert à fer-
BAS ,Gî mer les portes des venteaux et des armoires. Elle est composée de deux verroux ; l'un pour fermer en entrant dans La traverse d'en haut, et l'autre pour fermer en entrant dans la traverse d'en bas.
Bascule de loquet. Pièce de fer d'environ deux pouces de long , percée d'un trou carré long , et posée au bout de la tige de la bouche du loquet.
Bascule de poxt-levis. Châssis de charpente placé dans l'embrasure d'une porte pour lever et baisser un ponl-kvis. Au centre d'équilibre de ce châssis sont deux tourillons par lesquels il est porté dans deux collets scellés aux murs, ou sur deux poteaux debout. Aux quatre extrémités de ce cbâs*is ! sont attachées quatre chaînes, dont deux tiennent au U tablier du pont , et les deux autres servent a le lever.
BASE, s. f. On entend par ce mot (qui vient du grec !'■ > - 1 : . appui on soutien) généralement tout corps qui en soutient et en porte un autre avec empâtement , mais particulièrement la partie inférieure I d'une colonne et d'un piédestal. On nomme aussi la base de la colonne spire, du latin spira, qui signifie une ligne qui serpente.
Quelle qu'ait été chez les différera peuples l'origine des colonnes, quelle qu'ait été la matière qui servit de type à l'architecture, les premiers supports inventés par la nécessité n'eurent point de base. Dans l'architecture grecque, on voit l'arbre, à peine taillé et façonné par la charpente , s'enfoncer en terre ou être porté sur des poutres transversales. Ces premiers essais de l'art de bâtir ne présentent point encore l'idée des bases. Le plus ancien, le plus simple, et le plus fort de tous les ordres, celui qui s'est le moins écarté des erremens de son origine , l'ordre dorique . nous a transmis cette tradition heureuse. D nous indique assez que la base ne fut qu'un supplément ajouté aux premières inventions du besoin. C'est pourtant encore dans les premiers essais de l'art naissant que les bases peuvent retrouver leur origine. Il est probable que, dans l'emploi qu'on faisoit alors des arbres ou des poutres, au supj>ort des combles et des maisons , diverses raisons durent faire imaginer l'usage des bases. Les plus vraisemblables furent, ou de piéscrver de l'humidité le pied des soutiens enfoncés en terre, on d'élever en les exhaussant, par l'addition d'un ou de plusieurs plateaux , les arbres dont le fût n'étoit pas de la mesure voulue.
Scamozzi et quelques antres écrivains ont pensé que les bases, leurs tores, leurs diverses moulures, tiroient leur origine des ligamens de fer qu'on mit en ceuvre pour assujettir le pied de la colonne. On a fait servir la même conjecture à expliquer les ton*» du chapiteau, sans penser qu'outre l'inutilité de ces liens dont on suppose si gratuitement l'existence , il resteroit toujours la même difficulté pour expliquer les parties de l'entablement qui, par leur» formes , ressemblent aux tores des bases et des chapiteaux . et ou l'idée de ligament ne sauroit convenir. Le dé-
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faut de celle conjecture vient ici , d'autres parties de l'architecture, de l'habitude où l'on est de ne point séparer les formes accessoires ou relies de l'art, des formes principales ou de celles de la nature. Il est vrai <|ue les einbell issemens de l'uu parviennent quelquefois à décomposer entièrement le caractère de l'autre , et que de nouvelles ressemblances de formes, dues au hasard, font perdre et disparaître l'analogie des premiers types.
Mais ici la trace de la nature n'est pas difficile à retrouver et à suivre : le dorique nous en a conservé l'indication fidèle. L'n simple plateau fut la première base, ainsi que le premier chapiteau On dut en multiplier le nombre en raison du plus ou dn moins d'élévation qu'on vouloit donner à la colonne ; mais en les multipliant, soit an pied, soitàla tète de la colonne, on dut en diminuer la largeur graduellement et dans nu sens inverse, comme on le dira tout à l'heure. Le rliapitcau grec nous est une preuve de cette méthode aussi simple que naturelle. Les plus anciens chapiteaux de cet ordre ne nous offrent aucune idée de tore ni de ligament, puisque l'échiné, au lieu d'y être arrondie, s'y trouve taillée en forme de biseau ; et celle configuration fut la plus solide, et la plus appropriée à l'effet qu'on en attendoit. L'art vint après coup arrondir les formes rustiques de la charpente, y multiplier les parties, y mêler des mendiira capricieux et de* ornemens fantastiques. ( l'oyez. Doiuqi k.) Ces formes, ainsi dénaturées, deviennent enfin uti problème et un sujet de dispute |>our ceux qui en perdenl de vue l'origine. C'est ce qui est arrivé aux chapiteaux; celle métamorphose, qu'on ne sauroit révoquer en doute, n'exprin»e-t-elle pas les changement que l'art dut faire subir aux bases ? Si les monumens lie nous en ont pas transmis de preuves aussi incontestables, c'est «pie l'ordre dorique, celui de tous les ordres qui est reste le plus constamment attaché eu Grèce aux formes premières de son origine, a toujours été employé sans base. Sa tonne pyramidale, et bien d'autres raisons, y rendirent inutile l'emploi de celle partie. Cependant, dans quelques trés-anciens monumens, on croit l'y voir exhaussé sur des des de pierre carrés. Si cette espèce de socle qu'on remarque au temple de Ségeste et à un temple rité par M. Le Moi n'est point l'effet de la dégradation ilaus les pierres du soubassement, il faut en conclure, indépendamment de l'analogie déjà démontrée , que l'origine des hasts ue doit |ias s'expliquer autrement que celle du chapiteau, et que les tores de la base ue sont également que le résultat du travail et des cmbellissemriis de l'art.
Le propre de la base , dans la colonne où on l'emploie, est donc de l'exhausser et de la consolider, en lui donnant une espèce de pied sur lequel elle repose plus sûrement , comme le chapiteau lui fait une tèle «apable de mieux recevoir et supporter le poids et la forme de l'architrave. La base a été I
U partie in-
férieare de la colonne, et le chapiteau comme une manière de coussinet pour l'aider à porter plus facilement l'entablement. Dans un liatis de charpente , les pièces qui portent de bout sont buttées par eu bas et par en haut ; la solidité le veut ainsi. C'est en vertu de cette analogie qu'ont été imaginés tes chapiteaux et les bases des colonnes. Les moulures et ornemens qui décorent ces parties peuvent donc se varier à l'infini. Ce|>endant le raisonnement doit en guider le goùl et présider à leurs proportions.
Les parties qui buttent par eu bas doivent s'écarter e
et celles qui buttent par en haut doivent s'écarter en montant. De là cette règle qui veut que, dans la base, les mouluresdiminuent de force et de saillie à mesure qu'elles s'approchent de la tige, et que, dans le chapiteau, elles augmentent de force et de saillie à mesure qu'elles s'en éloignent, c'est-à-dire, qu'en bas le foible doit toujours être sur le fort , et qu'en bmt le fort doit toujours être sur le foible. En effet comme, dans la base, les parties les plus basses ont le plus grand diamètre, il est naturel qu'elles aient aussi plus de force, et que le contraire arrive dans le chapiteau, où ce sont les parties les plus hautes qui ont le plus grand diamètre.
C'est par cette raison que la base attique mérite et aura toujours la préférence sur les autres. Outre qu'elle fortifie convenablement le lias de la colonne , la diminution do ses moulures et de leur saillie est telle qu'on peut la désirer. Il n'eu est pas de mémo de la base ionique, où le fort est porté sur le foible d'une manière choquante, ni de la base corinthienne , où le même défaut se trouve, quoique moins sensible et moins révoltant.
Rien de plus-arbitraire que les formes et les proportions des bases, et l'application qu'on en a faite aux différens ordres. Ordinairement elles se composent d'une plinthe, de tores, de scoties et de filets. Mais l'ordre, la disposition et la forme de toutes ces parties ne sauroient recevoir «les règles positives. Les autorités antiques et celles des modernes n'ont pu encore en fixer les primMpes. On doit seulement y éviter la trop grande multiplication «les moulures, pour ne pas oter à l'architecture sa noblesse et sa grandeur par trop de petites parties.
Y itmve ne nous indique que deux espèces de bases générales , l'attirai-ge et l'ionique, (lomme il appelle l'ordre corinthien attirurge, cliap. vi , liv. IV, il parait que la première «le ces bases étoit consacrée à cet ordi-c. Cependant on voit, d'après ses propres paroles, qu'on dounoit aussi à l'ionique la base atticuige ; ce qui indique que les proprié de ces ordres n'étoient pas alors mieux qu'aujourd'hui. Les modernes y ont introduit plus de confusion encore , par la nécessité de donner une base au dorique ; et c'est encore la base atticurge qui a été affectée à cet ordre. La distinction équivoque entre le dorique et le toscan a fait imaginer une sorte de base à ce dernier. Quel que soit le peu de solidité
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de tontes les règles qu'on a voulu établir sur cette matière , nous allons les exposer ici , les soumettant plutôt à l'examen qu'à l'approbation du lecteur.
Base toscajce. On n'a, comme on le sait , aucune certitude sur la nature propre et caractéristique de l'ordre toscan. Les Romains seuls
nous en ont trans- , mais incertaine ; et ce que Vien apprend ne saurait trop éclaircir la matière. Cependant on peut en déduire une distinction bien positive entre cet ordre et le dorique : c'est que le premier a voit une base, lorsque le second, d'après les paroles mêmes de Vitruve, n'en avoit point. Cet auteur nous a décrit la base des colonnes toscanes On lui donnera, dit-il, en hauteur la moitié de son épaisseur. La plinthe sera circulaire, et aura de hauteur la moitié de son diamètre. On lui donnera en outre un tore qui , avec un congé, aura la hauteur de la plinthe. Spirce earum alla dimidid parte crassitudinis fiant : habeant spirat earum plinlhum ad cirtinnunt altum tuée crassitudtnis dimidid parte, torum insuper cum apophysi crasstim quantum plinlhut.
A trois milles d'Allié, parmi les ruines d'un temple très-ancien, Pirancsi rencontra une base qui semble n'avoir pu appartenir qu'à l'ancien ordre toscan, et qui se rapproche de la forme que Vitruve lui donne. Toutes les proportions s'accordent avec celles qu'on vient de rapporter, aux très-prtites différences près que comporte l'emploi des parties, selon la diversité des édifices. On y remarque surtout que la plinthe est arrondie comme Vitruve le recommande. C'est là tout ce qu'on peut avoir de plus probable sur la base toscane. Son tore offre une particularité : il n'est point en portion de cercle ; mais il décrit une ellipse. (fora BtMMOOI abciiitectuhe.)
La proportion générale que les modernes ont assignée à la base toscane est celle-ci : on lui donne un tore qui comprend le lilet du bas du fût de la colonne. Lllc a la hauteur d'un demi-diamètre ou d'un petit module et demi ; elle se divise en deux parties, dont une est pour la plinthe ; l'autre partie étant divisée en six, on en donne cinq au tore et une au filet. A l'égard de la base du piédestal, elle est formée du socle et de la moulure de la base de la colonne.
Base dorique. Cet ordre, comme on le verra ailleurs ( voyez Domqi;»:), n'eut jamais de base chez le* Grecs. On peut même affirmer que les Romains ne lui en donnèrent point , à proprement parler. Les autorités qu'on a cru trouver dans les monumens romains n'ont d'autre fondement que le mélange qui s'introduisit à Rome entre le dorique et le toscan , et qui a fait souvent attribuer au premier ce qui constitue le second. Ainsi, d'après le prétendu dorique du Coliséc , on a affecté à cet ordre une espèce de base , ou du moins on en a inféré la nécessité de lui en assigner une, malgré le té
où cet ordre , employé avec tous les I
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caractères qui peuvent le faire recounoitre, ne présente pas même l'idée d'une base. Le seul dorique véritable qui permette d'y apercevoir l'indication de cette partie, est celui du temple de Cora. Le pied de la colonne y est orné d'une espèce de tore elliptique ou de talon renversé, sans plinthe , sans filet, sans astragale et sans seolie; en sorte que cette autorité même est plus contraire que favorable au système nom eau, et à l'introduction de la base au dorique. Y itruve ne nous a transmis à ce sujet que la certitude de cette privation de base. Ainsi , les règles que nous allons rapporter sont imaginées par les modernes, et n'ont d'autre force que celle de l'exemple et de l'autorité des maîtres.
La base attique ou atticurge a pour elle le plus grand nombre de suffrages ; et les plus célèbres architectes se sont accordes à la rreonnoître pour celle qui Marital le plus au dorique. Léon - Baptiste Albrrti, Barbara, Cataneo, Palladio, Scamoui , Serlio , Perrault, l'ont adoptée généralement. Vitruve en a donue les règles, {forez Attiqce.) Cette base, comme ou l'a dit , est la plus belle de toutes : ses deux tores de modules différons, réunis par une scotie, font un très-bel effet , parce que la solidité s'v trouve jointe à l'agrément. Cependant Viguole ne l'a pas employée au dorique. Ci-Ile qu'il lui assigne est peu différente de la base toscane. La proportion générale est la même , à la réserve du tore , qui a une partie de moins, laquelle se donne à un astragale, qui sépare le tore du filet.
La base du piédestal de cet ordre, suivant Perrault, a la quatrième partie de tout le piédestal. On la divise en quatre parti. , et une de ces parties eu sept , dont on donne quatre à un tore qui est sur le socle , trois à uu ca\ct, y compris son filet en dessous; ce qui fait les trois moulures doul cette base est composée , selon presque tous les architectes qui suivent aujourd'hui Vignole. Car Palladio lui donne un quatrième membre , qui est un filet mis entre le tore et le filet du cavet; et Scaiiimozzi y met une doucine.
Base iomiqce. Vitruve décrit une base pour la colonne ionique , commune en même temps au corinthien La plupart des modernes ne l'emploient qu'au seul ionique. Elle ne se trouve dans aucun des ouvrages ioniques des anciens , qui paroissent y avoir toujours employé la base attique. Cette dernière se trouve à l'ionique d'Athènes, avec cette particularité, qu'elle y est sans plinthe. Quelques modernes, comme Albcrti et Y iola , y ont mis la base affectée au corinthien , et n'ont suivi Y'itruve que dans la liberté qu'il laisse de donner à ces deux ordres une base commune.
Les proportions de la base ionique , selon Y'itruve, se prennent en divisant toute la hauteur en trois partics. On en donne une à la plinthe , comme dans la base attique. Le reste étant partagé en sept parties, on en donne trois à un tore , qui est au haut de U base : ce qui reste se divise encore eu deux parties ,