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qui se subdivisent en dix autres , dont on donne deux a un filet qui est sous le tore , cinq à une scotie , une a l'autre filet de la scotie , deux a un astragale accompagné d'un autre astragale pareil , et d'une autre scotie aussi semblable à la première , avec les mêmes filets , le grand filet étant sur la plinthe.
Vitruvc n'a point donné les saillies de cette base. On les règle ordinairenieut par le moyen de la di\ision du petit module en cinq. On donne deux cinquièmes et demi a la saillie du tore, deux à celle des astragales , et deux et trois quarts au filet qui est sur la plinthe.
Le caractère de cette base a quelque chose de si bizarre, a cause de la grosseur du tore qui est en haut , et de la foiblesse du filet qui est sur la plinthe, qu'on ne doit pas s'étonner si les anciens n'en ont point fait usage. Aussi ne l'admettons- no us ici que pour distinguer les ordres dans ce que chacun d'eux peut avoir de particulier. Delormc a proposé une base ionique, qu'il dit avoir trouvée dans des édifices antiques. Elle est différente de celle de Vitruve , pour ce qui est du caractère , et en ce qu'il met deux astragales de grosseur différente entre les plinthes et le filet de la première scotie.
Les moulures de la base du piédestal ionique, qui sont au nombre de deux à l'ordre toscan , de trois au dorique , sont ici ordinairement au nombre de quatre ; savoir , selon Perrault, une doucine avec son filet, et un cavet avec son filet au-dessous. Pour avoir les hauteurs de ces moulures, le tiers de la base , qui au toscan est divisé en six, et au-dorique en sept, est ici divisé en huit. On donne quatre de ces parties a la doucine, et une à son filet; deux au cavet, et une à son filet. La saillie du cavet est un cinquième du petit module , à prendre du nu du dé; celle du filet de la doucine est de trois.
Le caractère de cette base est pris de l'ordre ionique du temple de la Fortune virile ; il n'en diffère qu'en ce qu'il y a un filet entre le haut de la doucine et le filet du cavet, et que le filet de la doucine est extraordinairement gros. Palladio et Scamozzi , au lieu du petit filet qui est entre la doucine et le cavet , mettent un astragale.
Base coihnt«ïen>e. Les architectes venus immédiatement après Vitruve, ont inventé pour la colonne corinthienne, une base qui semble être un composé de la base attique et de l'ionique. Vitruve, ainsi qu'on l'a dit , laisse au corinthien la liberté d'emprunter la base de l'ionique et ses diverses parties : et l'ionique avoit , selon lui , le choix , ou de la base que nous venons de décrire , ou de la base attique. Il paroit donc que l'attique se vit alors plus particulièrement adoptée par le corinthien : les plus anciens nu numens nous le prouvent. Les colonnes du monument de Lvsicrate a Athènes { dit la lanterne de Pémosthène), ont la base attique, mais sans plinthe. Elle etoit probablement en usage pour cet ordre, du temps
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de Vitruve ; ou du moins, la nouvelle base dont nous allons parler n'étoit pas encore inventée , puisqu'il n'en dit rien. Mai» elle ne tarda pas a l'être ; car on la voit an Panthéon , qui fut bâti peu de temps après cet écrivain. Cette base, qui depuis s'est trouvée assez généralement consacrée au corinthien, et que tous les architectes modernes ont unanimement adoptée , est beaucoup moins vicieuse que la base ionique, quoiqu'elle ait encore des imperfections. Elle paroit manquer d'unité dans son dessin , et annoncer la duplicité de composition dont elle est le résultat. Elle semble en outre trop délicate , et manquer d'un certain air de solidité si convenable et si nécessaire à toute base; les moulures intermédiaires en sont si fines, qu'au moindre choc elles doivent se briser.
La base corinthienne a deux tores comme la base attique , deux astragales et deux scoties comme l'ionique. Pour prendre un terme milieu entre les petites diversités de proportions qu'on rencontre parmi les ouvrages anciens et les modernes, on trouve que toutes les hauteurs des membres peuvent subir la diminution de quatre en quatre. Le demi-diamètre de la colonne fait la hauteur de la base. La quatrième partie de celte hauteur fait celle de la plinthe. La quatrième du restant est pour U hauteur du tore d'en-haut. Le quart du reste est pour les astragales du milieu, qui ont chacun la moitié de ce quart ; et, toujours dans la même proportion , le quart de ce qui reste entre chaque tore et cliaque astragale est pour le gros filet de la scotie, qui doit toucher i chaque tore. Enfin, le quart du restant est pour le petit filet qui doit toucher à l'astragale, et le dernier reste pour la scotie.
Les saillies se règlent à l'ordinaire par les cinquièmes du petit module , de manière que le grand tore, ainsi que la plinthe, a de saillie trois cinquièmes depuis le nu de la colonne ; les astragales et le gros filet de la scotie inférieure,deux cinquièmes, le tore d'en-haut et les petit» filets des scoties, un cinquième et trois quart» de cinquième , et le gros filet de la scotie supérieure, un cinquième et demi.
Dans les proportions de celte base, données par Perrault, il n'y a de différence avec l'antique que h mesure des scoties , qui sont égales ici , tandis que , chez les anciens , elles sont presque toujours de grandeur inégale, celle du dessus étant plus petite que l'autre. La méthode de les faire égales se trouve être celle de presque tous les maîtres modernes.
Un tore, une doucine avec son filet, et un talon avec son filet au-dessus, forment la base du piédestal dont ils sont U quatrième partie. Après avoir donné au socle de la base les deux tiers de cette même base, on partage l'autre tiers en neuf parties , dont on donne deux et demie au tore , trois et demie à la doucine (la demie est pour le filet) , deux et demie au talon, et une et demie à son filet. La saillie du tore est celle de toute la base. Celle de la doucine est de deux cinquièmes, et trois quarts du petit mo-
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dulc : celle du talon avec son filet est d'un cinquième. Le caractère de cette base est pris de Palladio, qui a imité celle de l'arc de Constantin. Celle-ci ne diffère de l'autre que par le talon et l'astragale. Au* autels oarque la même différence : elle > le talon a un astragale qui lui tient
Base composite. La base de la colonne de cette liffère de la corinthienne qu'en a ordinairement un astragale de moins.
Du reste elle est la même que la précédente , comme nous l'indique l'arc de Titus, le plus ancien monument de cet ordre prétendu. Quelquefois aussi il reçoit la base attique. Le temple de Bacchus, l'arc de S érone , les thermes de Dioctétien , en font foi. Vi— gnole cependant fait a son composite une base particulière, qu'il a prise d'un ordre corinthien des thermes de Dioctétien. Elle ne s'éloigne de celle du corinthien que par l'astragale qu'elle a de moins entre les deux, et par le déplacement de l'autre astragale, qui se trouve entre le grand tore et la première scotie. Mais son usage n'a point prévalu : cet astragale qui se trouve seul entre deux filets étant un membre foible et mal soutenu par des scoties, rend cet endroit de la base trop mince et trop aigu. U semble que le caractère de cette base soit pris sur celui des bases du temple de la Concorde, lesquelles, au lieu des deux astragales et des deux filets qui «ont entre les scoties, n'ont qu'un seul filet. Cette méthode est encore moins supportable que celle de Vignole, dont l'astragale est au moins accompagné et soutenu de deux filets.
La base du piédestal avec le socle fait, de même que dans tous les autres ordres, le quart du piédestal entier, et sans le socle le tiers de la base entière. Cette base, sans le socle , est composée de six membres ; c'est-à-dire d'un de plus que dans le corinthien : car ces bases, comme on a pa le voir, vont augmentant progressivement , et en hauteur, et en nombre de moulures. Ces six membres sont un tore , un petit astragale , une doucine avec son filet , uu gros astragale et un filet faisant un congé avec le nu du dé. Pour avoir les hauteurs de ces membres, on divise cette partie de la base, sans le socle, en dix parties, dont on donne trois au tore, une au petit astragale, uue demie au filet de la doucine, trois et demie à la doucine , une et demie au gros astragale, et une demie au filet qui fait le congé. Les saillies étant prises à l'ordinaire de la cinquième partie du petit module, on en donne une au gros astragale, deux et deux tiers au filet de la doucine , la saillie du tore étant égale à celle de la base, laquelle est pareille à sa hauteur.
Les proportions et le caractère de cette base dif-
l'arc de Titus elferat 'composée de dix membres entre lesquels il y a une scotie. A l'arc de Septimc Sévère
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elle n'en a que quatre; à celui des Orfèvres elle en a cinq. Scamotai a donné à son ordre corinthien la base qui est au composite de l'are de Titus. La proportiou qu'on vient de donner est moyenne entre celle de l'arc de Titus et celle de l'arc" de Septime Sévère, dont une est chargée de trop d'ornemens , et l'autre est trop simple pour un ordre composé de tous les autres.
Les règles qu'on vient de donner ne sont , comme on l'a dit, qu'un terme moyen entre les différentes pratiques des anciens et des modernes. Le plus ou le moins de rigidité dans leur observance ne constitue point le mérite de l'architecte, qui reste toujours le maître, suivant le besoin de varier, de réduire ou de multiplier les membres et les parties des bases, au gré delà forme ou du caractère de ses édifices. Legoùtoula mesure de leurs orneniens comporte encore moins de règles et de principes positifs. En général , tout orne meut affoibtit la partie sur laquelle on l'emploie , soit eu la masquant , soit en atténuant la forme ellemême qui eu est revêtue. Dès-lors on sent assez avec quelle économie on doit l'appliquer aux membres de l'architecture , dont l'emploi annonce la j d'une force aussi réelle qu'appareute. \ nous ont laissé des exemples du goût le plus < dans ce genre. Il nous est parvenu plusieurs de leurs bases dont tous les tores, et jusqu'aux moindres listels, sont couverts et surchargés d'ornemens. Lorsque la richesse générale de l'ordonnance paraîtra l'exiger, on pourra introduire quelques détails d'ornemens dans les moulures des bases; mais on observera, i°de choisir ceux qui seront les plus légers , et dont la nature ne tend point à altérer la configuration de* membres; 2* les bases étant ordinairement a portée de la vue, on traitera ces ornemena d'une manière douce, et l'on évitera des taillées trop vives qui font disparaître la forme primitive des moulures; 3" on n'en placera que sur les moulures principales, avant soin de laisser nues les petites parties qui servent alors de nuance et de liaison , et font briller par leur repos les détails des autres.
Base. On appelle souvent de ce nom les piédestaux, soit des colonnes, soit des statues, {t'oyez Piédestal et Stylobate.)
Ou peut donner aussi ce nom à la partie supérieure des fondemens sur lesquels on doit ériger un édifice. Il faut que la base sur laquelle on veut élever une construction soit solide et proportionnée à sa grandeur, à sa forme et à son élévation. (A'. Fondemexs. )
Base attique on AmccacE. C'est une base qui a deux tores et une scotie , et qu'on applique aux ordres dorique, ionique, et quelquefois aussi au corinthien. C'est même particulièrement à ce dernier que Vitruve l'avoit affectée avant l'invention de la base corinthienne. Il paraît qu'elle fut appelée attique, parce que les Athéniens furent les premiers qui la en usage. (fi>/e* Base et Attique.)
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B.vsr. coNTiNite. Espèce île retraite ornée de quelque moulure , comme d'un tore supérieur avec son filet et adoucissement, qui M trouve à la base d'un pilastre ou d'une colonne , et qui sert de ceinture au pied d'un bâtiment ou d'un étage. C'eut encore celle dont le profil est continu sur toute la longueur de la façade d'un bâtiment, comme à la galerie du Louvre du coté de la rivière.
Base m: fronton. C'est , dans un fronton , la corniche horizontale ou de niveau qui est opposée à l'angle du sommet.
Bui Htl-iuie. Est celle d'un pilastre où elle n'est profilée que par les cotés, et ne l'est point par devant : on en voit de cette sorte aux pilastres des galerie* couvertes au château des Tuileries, du côté du jardin.
Base «rnENTÉE. Base dont les tores sont taillés en manière de câbles. On voit quelques-unes de ces bases dans plusieurs mon u mens antiques.
BASILIQUE, s. f. Ce mot, auquel l'usage ■ fait prendre successivement des acceptions si différentes, est formé de $**<\tvt, roi, et whh, maison ; il signifie donc dans son élymologie maison royale.
Peut-être appela-t-on ainsi les endroits publics où les rois rendoieut la justice, c'est-à-dire qu'on regarddoit alors comme la demeure des rois celle de la justice. Peut-être ce nom vient-il des salles particulières de leurs palais où ils jugeoient publiquement , c'està-dire qu'on aura donné à la partie le nom du tout.
Cette |x)rtion des palais consistoit en de grandes et magnifiques salles, somptueusement décorées, et capables de recevoir de nombreuses assemblées. C'est ainsi que Yilruvc nous les décrit dans les palais des glands dont elles faisoient encore partie de son temps:
Il doit s'y trouver, dit-il , des bibliothèques et de» » basiliques qui aient la magnificence qu'on voit aux » édifices publics, parce que dans ces maisons il se >< fait des assemblées pour les affaires de l'Etat et pour » les jugemens et arbitrages par lesquels se terminent » les différend» des particuliers. » Les Gordiends, dans leur magnifique maison de campagne, bâtie sur la voie Prœnestiue, avoient trois basiliques de i oo pieds de long.
Il paroit donc que c'est à la conformité d'usage que les basiliques durent le nom qu'elles portèrent, et qui leur resta lors même qu'il n'y eut plus de rois qui rendissent la justice. Parmi les édifices publics, composés d'un seul corps de bâtiment, la basilique paroit avoir été un des plus grands. C'étoit un vaste édifice, toujours coutigu au Forum (a Borne il y en avoit autant que de marchés), où les magistrats jugeoient à couvert, ce qui les distingnoit du Forum où ils tenoient leurs séances en plein air. Les tribuns ou les ceotumvirs y rendoient la justice; et les jurisconsultes ou légistes gagés par la république y répondoient aux consultations. C'est ce que vouioit dire Cicéron, dans
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une lettre à Atticus : Basilicam habro non villam frequentid Formianorum, parce qu'on venoil le consulter de toutes parts à sa maison de campagne de Fanais. U y avoit aussi des salles où les jeunes orateurs s'exercoieut à la déclamation. La partie des portiques inférieurs était occupée par des marchands : ainsi ces édifices étaient des lieux de commerce et de judicature en même temps. Rien ne répond mieux à la basilique, quant à l'usage et quant au nom (à la forme près) , que ce qu'on ap|H-Uc à Paris le Palais.
Quant à la disposition , nous ferons voir que kl églises modernes nous en ont transmis l'imitation la moins équivoque; et quelques-uns de ces temples chrétiens nous serviront même à en expliquer les détails. Les premiers mouumens du christianisme, et les plus aiicieus, portent , comme ou le sait, le nom de basiliques . Ce n'est point dans l'étymologie du mot, quoique très-analogue d'ailleurs à son nouvel emploi, qu'on doit rechercher la raison de l'application qui s'en fit alors aux temples des chrétiens. Ce rapprochement fortuit de l'idée de souveraineté qu'il a suffi à quelques auteurs d'à percevoir entre les basiliaucs anciennes et les modernes, seroit une autorité bien foible auprès de celles cpie nous fournira la comparaison de ces monumens, si peu semblables dans leurs usages et si ressemblans dans leurs formes. Ce n'est pas, comme d'autres l'ont prétendu, que les premiers empereurs chrétiens aient fait servir les anciennes basiliques à la célébration du nouveau culte ; si cela eût été, nous jouirions encore de quelques-uns de ces monumens, que l'exercice du christianisme nous eût conservés. Cependant, loin qu'on en retrouve à Rome aucun vestige, à peine s'accorde-t-on sur leurs emplacemens. IL-s plus anciennes basiliques chrétiennes, et celles qui datent des premiers siècles de l'exercice public de la religion, furent construites exprès pour leurs usages; et les détails de leur architecture n'annoncent que trop clairement l'é|>oquc de leur construction. Mais ces nouveaux temples, comme on le verra , empruntèrent tant de choses , soit de l'ensemble,soit des détails des anciennes basiliques, qu'ils durent aussi en retenir le nom. Le rapprochement de forme, plus que celui de l'idée ou de l'usage, devoit le rendre commun à ces es])èces de monumens. Avant de parler des bixsiliques chrétiennes, nous rap- " porterons ce qu'on sait des basiliques antiques, de leur forme, de leur construction, de leur décoration , et nous décrirons les restes de quelques édifices de ce genre que le temps nous a conservés.