‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 66 sur 258 · DES BASILIQUES ANTIQUES · texte numérisé non relu

DES BASILIQUES ANTIQUES

L'usage des basiliques fut commun aux Grecs et aux Romains ; mais Y itruve ne nous apprend pas les différences qu'on y remarquoit chez ces deux peuples. On inférerait même de son récit qu'il ne devoil s'en trouver aucune. Après avoir fait observer les dissemblances de forme et de construction entre le Forum

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des deux Dations, il passe, sans la description de la basilique.

Si la forme particulièi e d'un édifice de la ville de Pwstum ne permet pas de le ranger au nombre des temples, et si l'on doit rejeter, comme évidemment fausses , les conjectures d'un écrivain italien ( il P. Paoli ), quia voulu rapporter aux anciens Toscans les monument de cette ville, et qui a cru trouver dans l'édifice en question l'atrium des Etrusques, peutêtre ne seroit-il pas invraisemblable d'y voir une bat. (forez PoesTUM.) Il est vrai que sa i n'aurait de commun avec celle dont Vitrove a décrit l'ensemble, qae la proportion indiquée par cet écrivain pour le rapport de la largeur à la longueur.

L'espace qu'occupe ce monument a en longueur le double de sa largeur. Il est environné d'un rang de colonnes, au nombre de neuf dans ebacune de ses faces , et de dix-huit dans chaque aile , en y comprenant les colonnes des angles. Cette disposition de neuf colonnes dans les frontispices, la seule que l'on connoisse de ce genre, indique assez , par la colonne qui se trouve dans le milieu , que cette partie n'etuit pas destinée à servir d'entrée : ce qui le prouve encore, c'est que les entre-colonncmen* des façades sont beaucoup plus étroits que ceux des ailes, les premiers ayant a peine un diamètre. Tout indique que cet édifice n'avoit point d'entrée principale; mais qu'il étoit ouvert de toutes parts pour la circulation facile du peuple. On n'y a point trouvé de celia ou de mur intérieur ; ce qui le distingue particulièrement des temples. Du moins les petites indications de mur dont on a reconnu les vestiges par les fouilles, loin de faire présumer l'existence de la ce/ta, annoncent , par le peu d'épaisseur et la faiblesse de leur construction, qu'elles n'étoient destinées qu'à soutenir le plan élevé qu'on remarque an milieu de l'édilice.

Neuf colonnes, comme on l'a vu, ornent ton frontispice. De ce nombre impair, il résulte qu'une en occupe le milieu. A la rencontre de celle-ci s'abguc une file de colonnes qui d croit partager en deux pari toute la longueur de l'édifice. Autour de le terrain e*t plus élevé.

iblement un lieu citoyens, ou peut-être pour les' magistrats. On a trouvé que le pavé de cet endroit étoit décoré avec quelque recherche : les mosaïques qu'on y a découvertes en sont la preuve. Cette rangée de colonnes , qui indique que l'entrée de l'édifice étoit sur les flancs , a donné lieu d'y observer une autre particularité : c'est que le tout se tenniuoit par une terrasse , dont les colonnes du milieu soute noient U portée. Beaucoup d'autres indications le donnent à penser, (forez au mot Pobsttm la description plus détaillée de ce monument.) Nous

n'il n'a aucun raples temples. Nous , que son goût d'archi-

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tecture ne saurait se rapporter aux Toscans; et que U conjecture qui attribuerait cet édifice aux Etrusques est dénuée de fondement. Puis donc qu'on ne saurait y voir un temple, ni un atrium, l'opinion de ceux qui y trouvent une basilique grecque paroitroit la plus vraisemblable. Du moins cette conjecture est ce qu'on peut offrir de plus probable sur la de cette espèce de monumens chez les Grecs.

Si sa disposition ne s'accorde pas avec les règles que Vitruvc assigne à la basilique, on peut répondre que cet architecte lui-même ne les suivit pas dans celle qu'il bâtît à Fano, à en juger d'après sa propre description. U parait aussi par d'autres édifices du même genre , dont on donnera le détail , que les formes et l'ordonnance n'en étoient point aussi fixes que semblent l'indiquer les règles de Vitruve. Les voici cependant telles qu'il nous les a transmises.

« La basilique, que l'on fait contiguë au fi» » place publique , doit être située dans l'exp

■ la plus chaude, afin que les » fi-equentrnt pendant l'hiver y i

» Sa proportion générale consiste à n'avoir jamais » en largeur moins de la troisième partie de sa loti- <• gueur, ni plus de la moitié, à moins que le lieu ne » permette point d'y observer ces dimensions. Si l'es- •• pace destiné à l'édifice a plus de longueur, on pni- » tique aux extrémités des chalcidiques : il y en avoit <• ainsi à la basilique Julia Aquiliana.

» Les colonnes ont en hauteur la largeur des por- » tiques ou bas-cités , et ceux-ci ont , en largeur, le

■ tiers de celle de l'espace du milieu ou de la grande » nef. Les colonnes du second ordre doivent être plus » petites que celles d'en bas, par U raison naturelle » qui veut que les objets diminuent de volume en » raison de leur élévation. Le second ordre sera pose

• sur un piédestal continu qui forme appui (pluteus),

■ ou balustrade assez élevée , pour empêcher ceux

* qui sont dans les galeries hautes d'être vus par les

■ marchands qui occupent la partie inférieure. Quant » aux architrave» , aux frises et aux corniches , elles » auront les proportions qu'on leur donne dans 1rs .. autres édifices. ••

Les basiliques, comme ajoute Vitruve, et ainsi qu'on peut le voir , étoient susceptibles de toute la majesté et de toute la beauté de l'architecture. Cetoit donc une vaste salle , de forme longue , distribuée en plusieurs allées, dont celle du milieu étoit toujours la plus large. D'après Vitruve, il semble que la grande nef n'étoit accompagnée que d'une seule aile de chaque côté. C'est ainsi que nous la représentent tous ceux qui en ont restitué le plan d'après sa description : cependant le plan de Rome , levé sous Septime Sévère , nous fait voir , parmi 1rs fragmens qui s'en sont conservés, une partie de la bc- ' - - ^- tienne. D'après cette indication trè»H»i- , on trouve qu'elle .voit deux rangs de code chaque roté; ce qui devoit donne

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rangs de bas-côtés, en y supposant nn mnr extérieur. Mais ce reste précieux, dont l'autorité n'est point

etoicnt entourées de murs, ou si leurs galeries, ouvertes de toutes parts, communiquoieiit a la place publique. On a vu que la courte descri|Hion de Vitruve n'explique rien a cet égard. Peut^rtre pour— mit-on soupçonner qu'elles étoient ouvertes, d'après ce qu'il recommande relativement à la chaleur de leurs expositions : cependant , presque tous les interprètes de l'écrivain romain, dans les figures qu'ils ont données de la basilique, d'après les paroles de cet auteur, en font un vaste édifice environné de murs. Perrault est le seul qui ait percé par des arcades ouvertes ses murs extérieurs : en cela , il se rapproche de la basilique Emilienne. Celle-ci, dans son plan , n'offre aucun vestige de murs, et l'on voit que cette double rangée de colonnes qui régnoit à l'entour, u'étoit renfermée par aucun mur d'enceinte.

Le premier ordre de colonnes en supportoit un second , qui portoit le plafond de l'édifice , et qui for- «t une galerie supérieure, dans tout le pourtour ' la basilique, excepté du côté de l'hémicycle. Le ' ordre se trouvait séparé du premier par un assez considérable , servant d'appui à ceux qui i le haut, et de stylobate continu aux colonnes supérieures. Cet espace se remarque encore à quelques basiliques chrétiennes , surtout à celle de bainte-Marie-Majeure , quoique le second ordre n'y soit qu'en pilastres, et qu'il u'y ait point de double rang de galeries.

La basilique, en supposant qu'on y entrât par une de ses extrémités , se terminoit dans l'autre par un hémicycle, où étoit placé le tribunal. Cette portion de cercle est l'abside des basiliques chrétiennes; c'està-dire, que le trône de l'évéque y a pris la place du siège du juge dans les anciennes basiliques, {foyet Abside.) Cependant, le tribunal se trouvoit quelquefois hors de la basilique , comme Vitruve nous apprend qu'il le lit à celle de Fano. Quoi qu'il en soit, dans les basiliques ordinaires, l'bémicyle ou l'endroit des iugemens étoit séparé du reste de la salle par une balustrade ; et à la basilique d'Otricoli , cette séparation étoit formée par deux colonnes.

Vitruve avoit pbeé à Fano , dans le temple d'Au- ! qui étoit contigu à la basilique , le tribunal , t étoit telle qu'on vient de la décrire, et ainsi qu'on le verra (Jus bas. Mais comme il s'étoit éloigné, en bien des points, de la disposition ordinaire des basiliques , cette exception ne sauroit jeter du doute sur la |>osition naturelle du tribunal, telle que nous venons de l'indiquer , a l'extrémité de l'édifice. D'après cela , il paroît difficile d'énoncer positivement la nature et la place du ehalcidieum.

Ce qu'on doit conclure , d'après Vitruve même , c'est (pie le chalcidique n'avoit rien de commun avec le tribunal et la place que celui-ci occupoit. {Forez jj

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au mot Cil aixidiqce les div a ce sujet.) On voit <

plus grandes basiliques , et que lorsque la du terrain le permettoit, on y en pratiquoit plus d'un aux extrémités.

Palladio et Galiani en forment des édifices séparés de la basilique , comme l'étoit le tribunal de Fano ; et en cela , s'ils n'ont point rencontré juste , du moins n'avancent-ils rien de contraire aux paroles de Vitruve. Perrault les pbce aux deux extrémités et dans les deux galerie* supérieures : cette opinion paroît la moins soutenante. Si le mot extremis n'indique point les deux extrémités de b basilique , mais n'est mis dans cet endroit au pluriel que comme 1\ du singulier , peut-être la conjecture de tiste Alherti seroit-elle la plus vraisemblable de toutes, sans changer, comme il le fait, le mot chalcidiea en causidica , et en prenant , suivant le plus grand nombre d'autorités, les chalcidique* pour de grandes et spacieuses salles. Peut-être n'étoit-ce autre chose qu'une espèce de branche ou de bras, de côté et d'autre, ajouté à l'extrémité terminée en hémicycle, et qui faiaoit prendre à l'édifice la forme d'un T. (f^oyez Chaixidiqie.)

La forme ou b disposition des basiliques étoit nue des plus avantageuses qu'on pùl imaginer pour de grandes salles , et leur construction réunissoit le double mérite de b solidité et de l'économie. La solidité est prouvée par b durée des édifices chrétiens qui empruntèrent cette forme, et qui existent depuis environ quatorze siècle*. L'économie dans ces hàtimens résultait de b légèreté des points d'appui et de celle de b couverture qui n'étoit que de charpente. Dans b plupart des basiliques antiques, les murs et points d'appui n'occupent que b dixième partie de l'espace total , tandis que , dans les mon u meus voûtés et bâtis en arcades, tels que certaines églises modernes, les murs et pointe d'appui sont entre le quart et le cinquième , c'est-à-dire , plus du double de la superficie. En outre , ib exigent des matériaux et des genres de constructions extraordinaires, qui en quadruplent b dépense.

Rien de plus simple, au contraire, et de moins dispendieux , que b construction des basiliques. Les colonne* de b galerie inférieure rerevoient un pbfond qui servoit de pbneher à b galerie supérieure ; celle-ci, également plafonnée, supportoit le pbfond de la grande nef et b pente du toit. Les ] pratiqués dans l'épaisseur du inurd'e posant qu'il y en eut, et dans les « Les galeries supérieures avoient aussi de* fenêtres qui dévoient éclairer l'intérieur de l'édifice ; car ces bâti mens, si différens des temples par leur forme et leur emploi , avoient autant besoin de lumière que les temples en exigeoient peu. Ces derniers ne recevoient souvent le jour que par l'ouverture qu'on ménageait au-dessus de b porte.

Il paroît que b seule partie de b basilique qui

ro voit à

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avoir forme de voûte , était l'hémicycle ou i'codrnit du tribunal, du moin» n l'on en juge par les imitations des temples chrétiens ; encore n'étaitce qu'une portion de voûte , une espèce de vaste niche , ou ce que les architectes appellent cul de four. Le mot testudo , employé par \ itruve pour la couverture de sa basilique à Fano , n'indique en au— sorte qu'elle ait été en pierre ; ce qui eût été s , d'après le genre de construction qu'on y i. On ne peut entendre par ce mot qu'une coua, faite de charpeute, et telle qu'on Au reste,

les basiliques voûtées font un bien moins bel effet que celles qui sont en plafond. Il semble que les voûtes rendent ces édilices lourds et obscurs, et les colonnes isolées ne furent jamais faites pour supporter des voûtes.

L'effet des colonnes dans les basiliques et leur multiplicité durent eu faire la plus grande beauté, et en rendre l'aspect somptueux et magnifique. Ces colonnades en étaient sans doute la principale décoration. Il parait que les Romains y vent l'ordre corinthien. La basilique le Palatin, parBianchini, en était décorée ordre régnoit aussi dans celle de Fano. Vitruve le donne assez a entendre , en nous apprenant que ses colonnes avoient 5o pieds de haut et 5 de diamètre, proportion qui convient au corinthien. Les plafonds des galeries, tant supérieures qu'inférieures, et la couverture delà grande nef, étaient susceptibles de toutes les richesses de l'art. Mais la partie qui paraît avoir été la plus décorée , si l'on en juge d'après la basilique d'Otricoli , était I hémicycleJU fêtait

que m qui té.

Avant d'y passer, nous ne saurions nous dispenser de rapporter celle que Y itruve nous a conservée de la basilique qu'il construisit à Fano. En voici, dit-il, les proportions :

« La voûte du milieu a 1 20 pieds de long , sur 60 de large. Les portiques qui sont aux côtés de la grande voûte, entre lès murs et les colonnes, ont 20 pieds de largeur. Les colonnes avec leurs chapiteaux ont en tout 5o pieds de haut, sur 5 de diamètre. Elles ont derrière elles des pilastres de 20 pieds de haut, larges de 2 pieds et demi , et épais d'un pied et demi, pour soutenir les poutres qui portent les planchers des portiques. Sur ces pilastres il y en a d'autres , hauts de 18 pieds, larges de 2, et épais d'un, destinés à soutenir les poutres qui portent les forces et tout le toit des seconds portiques. Ce toit est un peu plus bas que la grande voûte. Les vides qui restent entre 1 sur les pilastres et celles qui sont sur les colonnes servent à éclairer, et le jour

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de 4 de chaque coté, en comprenant celles des angles. Huit, en comptant aussi les angulaires, occupent la longueur du côté qui est contigu an forum; niais l'autre côté n'en a que 6. Les 2 du milieu ont été supprimées pour ne pas masquer la vue du temple d'Auguste, dont le pronaos, ou frontispice, placé dans le milieu de ce côté de la basilique, regarde le centre du forum et du temple de Jupiter.

- Dans le temple d'Auguste est placé le tribunal en forme d'hémicycle; cependant le demi -cercle n'est pas entier, n'ayant que 1 5 pieds de profondeur, sur 4*> <h> front. Le tribunal a été placé à cet endroit , pour que les négocians qui ont affaire dans la basilique n'incommodent point les plaideurs qui sont devant les juges.

» Sur les colonnes est une charpente composée de trois poutres de 2 pieds d'épaisseur, qui sont jointes ensemble. Ces poutres se détournent au droit de la troisième colonne du dedans de la basilique, pour aller jusqu'aux autres qui sont à l'extrémité du pro- , au droit des murs qui vont à droite et a gauche 'au demi-cercle. Sur cette charpente, au droit napiteaux des colonnes, se trouvent des piles 3 pieds , et larges de 4 sur les quatre côtés. Elles soutiennent une autre charpente , composée de poutres bien jointes, et de 2 pieds d'épaisseur, sur lesquelles sont les entrails et les contre-fiches au droit de la frise qui est sur les antes des murs du porche , pour soutenir le faite qui va tout le long de la basilique, et celui qui traverse du milieu de la basilique au porche au pronaos.

■ Le toit a quelque chose d'agréable, a cause de sa double disposition; savoir, celle de dehors qui est en pente, et celle de dedans qui est en voûte. On épargne beaucoup de peine et de dépense en suivant cette manière de bâtir une basilique. On supprime les ornemens qui sont au-dessus des architraves , les appuis du second ordre de colonnes, et ce second rang de colonnes même pour les galeries supérieures. L'unité d'ordre et la grandeur qui résultent de cette ordonnance ne donnent à l'édifice qu'un air de majesté et de magnificence. «

On voit combien l'ordonnance de cette basilique s'éloignoit des formes ordinaires et des règles que Vitruve lui-même assigne a cette espèce d'édifice.

Palladio U trouve belle, quoique Joconde la désapprouve entièrement. Sans doute cette unité d'ordre est préférable en général ; mais lorsque la nécessité demande un double rang de galeries l'un au-demu« de l'autre, il semble que la méthode ordinaire doive l'emporter, comme celle qui est la plus naturelle et la plus simple en même temps. L'avantage de ce grand ordre ne se trouve-t-il pas bien balancé ici par tous les inconvéniens des petits pilastres adossés à la colonne , et des galeries qui la coupent et viennent s'y appuyer? Il y a grande apparence que l'économie, que Vitruve le donne à entendre , 1

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tout autre motif dirigé oc genre de construction. Ces colonnes auxquelles s'adossoient les pilastres u'éloient certainement point de marbre, ni d'us

i ; mais probablement elles étaient conide plusieurs assises de pierre ou tambours, connue ou les fait aujourd'hui. Ouoi qu'il en soit, l'exemple de Yitruve suflit pour prouver qu'on u'employoit quelquefois qu'un seul ordre de colonnes dans les basiliques ; ce qui vient encore à l'appui de l'édifice d'Otricoli et du acntiment de ceux qui lui ont donné le nom de basilique.

Avant les fouilles faites depuis quelques années à Otricoli, et les découvertes précieuses qui en sont résultées , on n'avoit que des conjectures sur la forme et la nature des basiliques aucicunes. Il n'est resté «le celles de Rome que des vestiges incertains, sur lesquels on ne sauroit asseoir rien de positif. Il résulte de là que le monument d'Otricoli doit être bien précieux , s'il se trouve être le seul de tous les restes d'édifices romains où l'uu puisse voir une véritable basilique. La description que nous en rapportons mettra le lecteur à portée d'eu juger. Elle est extraite du journal d'antiquités de Home , ou Notizie suite anlichiia è belle arli.

Pour bien discerner le caractère distinctif d'une basilique , il ne faut point perdre dé vue la différence principale qui se trouvoit entre elle et les temples. Ceux-ci , lors même qu'ils étaient privés de colonnades extérieures (ou ailes), avoient toujours un pronaos ou péristyle en avant; souvent un pareil .. l'autre extrémité , nommé posticum. ( y. Temple. ) La cttla ou mur du temple vcuoit après les colonnades extérieures , c'est-à-dire , en un mot , que dans les temples les colonnes étaient extérieures, et qu'aux basiliques , ainsi qu'où l'a vu , elles occupoient l'intérieur de l'édilicc.

D'après cela , qu'on jette un coup-d'ipil sur l'édifice d'Otricoli , on n'y verra aucune raison de l'appeler un temple. Ou n'y trouve ni colonnades extérieures, ni pronaos, ni péristyle d'aucune espèce. Le circuit de l'édifice ne présente qu'une longue et i pie muraille d'enceinte. Au milieu est rustique, sans aucun vestige de décoration qui donne entrée dans le portique iutérieur, lequel, par des arcades également espacées, communique à la grande salle. Celle-ci est composée de trois allées ou nefs, et soutenue par huit colonnes corinthiennes cannelées, dont six dans les côtés et deux en face , le tout de pierre travertine. Derrière les deux colonnes de l'extrémité s'élève le tribunal ou l'hémicycle, en forme d'estrade. On y moule par plusieurs marches; de ses deux cotés sont deux pièces carrée*. Autour de l'hémicycle , et pareillement de tout l'intérieur de l'édifice, règne un piédestal continu, sur lequel étaient des statues qu'on a transportées au Musaum fatii un ii m. A l'égard du plafond, il aura probablement été de charpente ; on n'y a trouvé aucuu vestige de voûte , mai» au coutraire des amas de cendres prove- 8

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nant sans doute des poutres brûlées. Aucun indice n'a fait même soupçonner que dans le milieu de l'édifice il y ait eu de base pour une statue , ni rien qui indique l'usage d'un l

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