‹ Dictionnaire historique d'architectureChapitre 69 sur 258 · II. — Du bas-relief moderne · texte numérisé non relu

II. — Du bas-relief moderne

Nous devons prévenir le lecteur , que sou* le nom •le bas-relief moderne nous n'entendons pas comprendre tous bas-reliefs composés ou exécutés de— puis le quinzième siècle, c'est-a-dire depuis le renouvellement des beaux-aris, ui même toute variété de style ou de manière que des causes, dont on parlera, ont introduite dans cette partie de la sculpture. Il en a mus doute été du bas-relief chez les peuple» moder-

nes , comme de tous les arts du dessin et de leurs divers ouvrages, comme de l'architecture elle-même, qui , pour avoir été moins la production native de ces peuples que la reproduction du génie de l'antiquité et de ses modèles , a éprouvé de tuiles de goût dans ses erre me us et da

Aous reconuoissons donc que l'influence plus ou moins active (selon les differens temps), soit des princijies , soit des exemples de l'art autique , a pu produire, et à plus d'une reprise, et dans plus d'un pavs, un retour bien marqué aux usages et aux doctrine* qui , comme on l'a vu , avoient identifié le bas-reliej avec l'architecture , et avoient marqué à son genre d'imitation des limites qu'il ne devoit pas franchir.

Ainsi, dans cette théorie, le nom de bas-relief moderne n'appartiendra qu'aux ouvrages de ce genre qui , à des époques diverses si l'on veut , en s'affranchissant des sujétionsde l'architecture, ambitionnèrent de jouer un rôle isolé, et se réglèrent sur le goût pittoresque des ccuvres du pinceau.

1 I ne première cause de cette sorte d'affranchissement du bas-relief moderne, nous parait se trouver dans les circonstances de la renaissance de tous les arts vers le quinzième siècle. C'est qu'au fond Vimttalion, chez les modernes, ne naquit point d'an germe ou principe originaire , mais fut plutôt un rejet des racines d'un tronc enseveli sous les décombres de la barbarie II résulta de là que l'art ayant pu parcourir, dans un assez court espace de temps, les routes qu'il avoit autrefois employé des siècles à se frayer, il n'y eut pas pour lui , chez les modernes, ce long apprentissage qui teudit jadis à établir sur des bases profondes et ses prati ques et son goût.

Aussi vit-on la peinture elle-même, qui devoit trouver moins de modèles dans les restes de la belle antiquité, porter en peu de temps ses entreprises à un degré assez élevé, et recevoir par le concours de plus d'une cause uu développement beaucoup plus prompt que celui qu'elle avoit pu obtenir autrefois en Grèce. Cet art , qu'on a vu jadis dans ce pays marcher lentement à la suite des autres , fut en quelque sorte le premier à reparaître ou à briller chez les modernes. La mosaïque eu avoit perpétué l'emploi dans les églises de l'Orient, et les Grecs modernes émigrés eu Italie y rapportèrent aussi les procédés d'une manière de peindre qui devoit s'appliquer facilement à la décoration des lieux saints.

L n sort différent de celui qu'elle avoit éprouvé dans l'antiquité donna donc à la peinture un libre accès dans les édilices sacrés. On l'y voit même jouer en quelque sorte le rôle de prédilection qui avoit autrefois étendu l'empire de la sculpture. Dans les temples des chrétiens , c'est la peinture qui s'empare en grand et des faits historiques, et des traditions religieuses, et des pieuses représentations dont de saintes croyances avoient multiplié le nombre. Par suite de circonstances et de causes nouvelles, telles, par exemple, que la construction et l'étendue des églUcs, qui

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admirent plu» volontiers le» tableaux et les »wr les enduits des murs , l'art de peindre, plos favorisé, s'empara généralement de la décoration de l'architecture , et on le vit, soit par le nombre, »r la qnalité de ses ouvrage», supplautcr en beaui de parties l'art de la sculpture, en lui communitssà sa manière et son style.

Le» monnmens de l'antiquité n'étoient alors ni imuna, ni bien connu» des sculpteurs. D'ailleur» les exemple», qui s'accréditoient tous les jour» davantage , de» |>cintre» vivans en auraient peut-être encore affoibli l'autorité. Du moins est-il certain que dans le» productions de la sculpture de cette époque on n'aperçoit point que le goût du bas-relief antique ait influé sur elles. On n'y voit d'autre influence que

celle de la peinture de lui donner le ton.

Naturellement donc la sculpture se trouva portée ii marcher sur les traces de sa rivale. La manière de celle-ci étoit encore simple. La perspective introduite dans ses composition» seréduisoit, si l'on veut, à d'assez •impies effets lorsqu'on les compare à la magie prodigieuse des siècles suivans. Toutefois il y aroit multiplieite dan» les plans des figure», une Juste entente des renfoncement produite par le tracé des lignes de l'architecture , et une dégradation quelconque dan» les teinte*. La sculpture «'étudia donc à contrefaire ce» effets dans les bas-reliefs.

IV ou» avon» de ceci un notable exemple dans un

1er de» bat-reliefs eiecùtes en brome par Lorènw) Ghiberti sur le» fameuses portes du baptistère de Florence. Ce sont , à la couleur prè» , de véritable» tableaux en relief. La perspective linéaire y est observée avec le plus grand scrupule , ce qui donne même à U composition un effet trop minutieux. Les figures y sont dégradées d'épaisseur. Les lointains y : rendus par U diminution d'une multitude d'obi qui n'etoient jamais entré» de la sorte dans aucun "tef antique. On y voit de» montagnes , des i, de» cieux, des nuages, de» points de vue, tout ce qui peut démontrer l'envie de rivaliser

linéaire».

Effectivement , on ne saurait voir ces bas-reliefs sans se rappeler les peintures contemporaines du Campo Santo de Piae , où la perspective des fonds et de» édifice» se fait surtout remarquer. Et tel fut , encore long-temps après , le stvle des fonds de tous les tableaux qui précédèrent l'école de Raphaël. Non. avon. cité le chef-d'œuvre du quinzième «te>e. «

fois le plu» connu, et celui où l 'imitation de la peinture contemporaine se fait le mieux saisir. Du reste , ou peut dire que cette prétention à se régler sur la peinture, dans le bas-relief, se retrouve à beaucoup d'autres ouvrages d'une date postérieure. Les basreliefs du tombeau de Sixte-Quint, à Saintc-Marie-

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avec U i

miter h peinture. Et, pour en exemple , de ce genre «oot encore , et une plus minutieuse affectation, les reliefs en marbre qui ornent le çois I,r à Saint-Deni».

Si nous avions à donner ici une histoire entière du bas-relief dan» la sculpture moderne , nous aurions sans doute à faire mention d'un bien autre nombre de morceaux remarquables que renferment les différentes villes d'Italie, et sans doute aussi nous aurions lieu de faire observer quelques exceptions à la pratique générale dont on n'a pu citer qu'un petit nombre d'exemples. L'excursion rapide de cet article uou» oblige de nous attacher simplement à 1a grande cause d'influence que la peinture moderne, de» les premiers siècles, exerça sur les œuvres du ciseau. Or, si l'on ne peut pas contester cet effet dans le basrelief depuis la renaissance jusque» après le seizième siècle, nous allons voir l'empire du goût de la peiuture s'étendre non-seulement sur le» travaux du basrelief, mai» sur toute» les i en statue», en objet» décoratifs <

Nous devons faire observer d'abord que 1 du style de l'antiquité, dont on ne connoissoit avant le dix-huitième siècle aucun exemple en peinture (si l'on en excepte le» décorations arabesque» de» thermes de Titus) , ne put guère s'étendre que sur ce qui avoit un rapport plus ou moins direct avec la science du dessin, avec l'imitation du corps humain, avec les (brutes et les caractères de tète, et ce qu'on appelle le costume. L'étude de» artistes étoit bornée à un petit nombre de chefs-d'œuvre classique». L'âge de» nombreuses découvertes n'étoit point arrivé , et , on doit le dire, l'antiquité n'avoit pas encore été exhumée. Ce devoit être l'ouvrage du dix-huitième siècle.

Ce fut donc dan» une indépendance presque entière des leçons et de» exemples antiques qu'il fut donné à la peinture de marcher en avant, et d'étendre, avec un nouveau développement de moyeu», ion empire sur la sculpture. L'art du peintre s'étoit emparé de la décoration

nouvelles d'intérieurs, de nefs, de vastes plafonds, de coupoles immenses, il n'y eut , si l'on peut dire , de place que pour la peinture. On l'y voit en effet jouer un double rôle dans l'ensemble , par la décoration qu'elle s'étoit appropriée ; dans le» parties séparées, telles que le» retable» de» autels, par les grands table .ux historique», qui étoient plus particulièrement de son ressort.

peinture se trouva obligée d'élargir aussi les I et les détails de son style De la ce goût entièr opposé à celui de» quinzième et seizième siècle», c'està-dire à la simplicité, à la correction, a la pureté des formes, à la naïveté de» caractère», à la finesse de»

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dans les statues, à se mettre en harmonie avec toutes les extensions de sa rivale. Il doit suffire de rappeler ici la manière des licrniui , des Rusconi, des Kossi, et de tant d'autres qui visèrent à être peintres , nonseulcmcut dans le bas-relief , mais dans les statues , dans leurs partis de draperie, dans l'exécution même hardie et incorrecte de leurs marbres.

Ce fut alors qu'on vit la sculpture tentée d'enlever à la peinture jusqu'à l'emploi des grands tableaux, ou du moins d'en partager l'entreprise.

Algardi fut le premier qui se risqua dans cette carrière. La « iiljitin <• a* oit pu jusqu'alors appliquer ses bat-relief t à des de vans d'autels, à des décorations partielles de mausolées, à des chaires et à d'autres objets semblables. Algardi entreprit de remplacer la peiuture dans une de ses principales attributions, celle d'orner les retables des autels par des tableaux d'offrir de grandes compositions. Nous de son bas-relief colossal d'Attila, «de 3a pieds, et la largeur de 18.

On y voit le roi barbare effrayé de l'apparition des apôtres Pierre et Paul, sculptés eu l'air dans le haut de la composition , et se disposant à fuir devant le pape saint Léon. Sur les plans éloignes paraissent les trou|>es qu'Attila condnisoit à Rome. Les figures du premier plan sont de plein-relief , les autres diminuent de saillie dans une profondeur de 4 à 5 pieds.

C'est là sans doute le plus grand effort de la sculpture moderne pour faire jouer au bat-relief le râle et les scmblans de la peinture en grand. Nulle autre tcutative de cette étendue n'a reparu depuis. Cependant, en prenant l'ouvrage d' Algardi comme marquant le second style du bat—relief moderne, on peut dire qu'il marque aussi le nouveau point de départ du goût licencieux et extravagant où cette vaine imitation de la peinture devoit conduire les oeuvres du Enfin la dégradation complète du bat-relief ■ de la décadence de l'art du peintre.

r| celui-ci, lidèle aux convenances de la la nature dans le dessin et la composition, s'en étoit tenu aux termes d'une certaine modération, on vit aussi le bat-relief, réserve dans son essor, n'imiter que de loin le modèle qu'il ne pouvait se flatter d'égaler. Mais lorsque la peinture, débordée hors de toutes les limites de la vraisemblance, ne fut plus devenue , si l'on peut dire , qu'un jeu de lumières et • ; dès que l'effet eut pris la place de l'ex- 1, et que les ligures ne furent plus que des a des motifs de contrastes dans les lignes d'une composition, on dans la magie des couleurs, le bat-relief dut arriver aussi, par suite de sa subordination , à dépasser toutes les mesures de son ressort ; il parvint au degré qui devoit constituer sa troisième époque et finir par en discréditer le goût.

Nous ne nous arrêterons pas à définir cette fausse pratique, tombée en désuétude depuis surtout que

de l antiquitc ex» tout

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les erromens du bat— relief antique. On peut aujourd'hui, beaucoup mieux qu'au temps passe, juger, par les points de coin|iaraison qui sont sous nos yeux, des aberrations de la sculpture moderne en fait de batrrlief. A qui, en effet, la sculpture persiiauera-t-cllc qu'en se traînant à la suite de la peinture elle peut rendre les effets de la couleur, les prestige» de la vapeur, et les dégradations de l'harmonie des teintes? Qu'on examine les ouvrages exécutés sebn ces prétentions , et qu'on nous dise ce que signifient leurs effets de perspective , leurs contrastes et leurs oppositions de lumière et d'ombre. Quelque soin qu'on ait pris à tracer sur les fuuds du bas-relief \es lignes de l'architecture selon les règles de l'optique, cette vérité ne se trouve-t-elle pas toujours démentie pila saillie trop réelle des ligures hors des intérieurs où l'on voudrait les faire croire enfoncées? Le sculpteur n'a aucun mm eu de figurer cette interposition de l'air entre les plans antérieurs et les plans reculés ; ce qui fait le secret du peintre. L'on pourrait donc avancer que le bat-relief antique est plus véridique dans son défaut de toute apparence de perspective, parce qu'au moins il ne promet pas plus qu'il ne donne, tandis que l'autre promet ce qu'il ne peut pas donner.

Celle puérile et vaine prétention à une illusion impossible ne serait peut-être pas encore l'objet dn plus grand reproche au bas - relief atoderue , si elk n'eût occasioné la perte d'une des partiea les plus essentielles de l'art. Si le bas-relief antique fut privé des effets de toute illusion , s'il négligea même l'emploi modéré des petits moyens qui pouvoient en rappeler quelque idée , au moins ne saurait-on lui contester (nous entendons parler des ouvrages du bon temps) une grande perfection dans l'imitation partielle et restreinte des objets qu'il embrasse. Au contraire, le bat-relief moderne (nous parlons surtout des ouvrages du dernier style) , en abandonnant la perfection du dessin, en négligeant toutes les partiea d'une imitation positive des corps, n'a point pu g'gnei les parties d'une illusion arbitraire , à laquelle il ne pouvoit atteindre. Le premier a beaucoup gagné par l'abandon de ce qn'il devoit perdre, le second a beaucoup perdu par la prétention à ce qu'il ne pouvoit gagner. Le premier donne tout ce qu'il promet , le second promet ce qu'il ne saurait donner. Aussi l'an nous a transmis des eeuvret dignes d'admiration dans tous 1rs temps, et l'autre n'a élevé pour la critique du goût que des sujets de controverse.

Ne prétendant pas pousser celle-ci plus loin , et bornant , selon le but de ce Dictionnaire , la théorie! du bat-relief à ce qu'il a de spécialement relatif à l'architecture, nous n'entreprendrons pas de déterminer jusqu'à quel point, en vertu des licences de chaque art , le bat-relief, considéré isolément et traité dans la vue de figurer comme ouvrage indépendant des fonds qui appartiennent aux édilices , s le droit de s'approprier t

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linéaire , et des dégradations qui peuvent y opérer l'apparence de renfoncemens plus ou moins fictifs.

Raisonnant donc stir ce qui est des intérêts communs de l'architecture et du bas-re lief appliqué aux édifices, nous dirons que partout où il devient adhérent a un fond qui ne lui appartient pas, mais bien à la construction architecturale, partout même où il doit adhérer, comme |«ii-tïe intégrante, à un mur qui n'offre aucune raison de pouvoir y supposer de percés, le système moderne est vicieux. C'est que alors son genre de sculpture rompt l'harmonie des vides et «les pleins, qui est un |wint des plus iniportans dans les feuvres de l'architecture.

Mais il est une autre harmonie plus essentielle , qui se trouve détruite par l'introduction du bas-rclifj traité selon le système pittoresque. J'entends parler de celle qui doit régner dans tout ce qui forme l'ensemble d'une coni|>osilioii architcctoniquc , et qui par conséquent exige une parfaite identité de style, de manière et de principe, entre le tout et ses parties, entre les masses de l'architecture et les détails décoratifs qui s'y appliquent. Or rien ne saurait être plus discordant avec les lignes, les plans , les formes d'une architecture sage , pure et régulière, que le système des effets prétendus, des mouvemens exagères et de la faune magie du bas-relief e\\nxa*è hors des termes que la nature lui assigne. Dans la vérité, cette corruption du bas-relief ne put trouver de véritable accord qu'avec la corruption de l'architecture, telle que l'avoit produite le génie extravagant du dix-septième siècle.

I.e bas- relief étant une des ressources principales île la partie de la décoration et de l'ornement ( voyez ces deux mots) , nous n'allongerons pas cet article de considérations qui seront mieux placées ailleurs. Qu'il suffise ici d'en recommander l'emploi a l'architecte sous deux seuls rapports qui exigeront |ieu de développemens. Ces rapports sont ceux de l'utilité dont ils sont , et de l'effet qu'ils doivent produire.

L'utile étant le premier objet de tout art de bâtir, l'architecte ne doit jamais oublier que c'est du besoin qu'il lui est prescrit de faire sortir le plaisir. Autant on lui sait gré de convertir le nécessaire en agréable , autant il est de son intérêt que l'agréable se montre accompagné d'une raison qui en motive l'emploi. Or, ce que l'architecte doit faire à l'égard dos simples oroemens, autant qu'il lui est possible, il sera de son devoir de le pratiquer encore |)lus dans l'emploi des bas-reliejs. Leur principale propriété doit être de faire connoitre l'usage, le caractère et la nature des édifices. Souvent il peut tenir lieu non pas seulement d'inscriptions , qui disent le nom , mais d'explications qui apprennent l'usage d'un monument. Mais si l'on use des bas-reliefs , si on les multiplie sans nécessité, leur insignifiance fait perdre, avec leur utilité pour l'esprit , le plaisir que les yeux v voudraient trouver.

D'autre prt , c'est-à-dire du côté de l'effet que

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l'architecture peut tirer de l'emploi des bas-reliefs, il faut dire qu'ainsi considérés ils rentrent dans la catégorie de tous les ornemens , qui , en tant que richesses , n'ont de valeur qu'en raison des repos, c'està-dire des parties lisses qui les environnent. Aussi doit-on se garder de prodiguer autour des bas-reliefs ces complications d'ornemens qui détournent l'attention et font diversion à leur effet. S'ils ne sont pas isolés par un cadre, il conviendra de laisser a l'entour un champ lisse qui les fasse briller. On en usera de même dans leur rapport avec les membres ou les profils de l'architecture. Le voisinage de ces détails ou des parties principales nuit aussi bien au bas-relief, que celui-ci à tout ce qui l'environne de trop près.

Le juste rap|K>rt de dimension du bas-relief et de ses figures avec l'architecture et ses ordonnances, est encore un objet à prendre en considération par l'architecte. Du défaut de ce rapport peuvent résulter des disparates qui offensent autant l'esprit que les yeux. 1-es figures des bas-reliefs peuvent devenir, en

d'échelle propre à faire juger de l'ensemble. L'exagération en petit ou en grand tendra souvent a rendre l'ordonnance colossale ou mesquine , selon certains aspects.

On en dira autant du plus ou du moins de saillie que les bas-reliefs doivent avoir. L'architecte doit en prescrire la mesure selon la nature de son ordonnance , selon le degré d'énergie ou de délicatesse des profils, selon le caractère général , selon la situation même où ces sculptures seront placées, selon la lumière qu'elles doivent recevoir, enfin selon le goût

BASSE-COL H , s. f. C'est une cour séparée de la cour principale, autour de laquelle sont élevés des bàtinicns destines aux écuries et aux remises , ou bien où sont placés les cuisines, offices, communs, etc. I^es basses-cours doivent avoir des entrées de dégaj gemens par le dehors, pour que le service de leurs bâti mens se puisse faire commodément, et sans être aperçu des appartenions des maîtres et de U cour principale.

Pour l'ordinaire, elles ont des issues dans la principale cour; mais la largeur des portai qui leur donnent entrée dans cette cour s'accordant mal avec l'ordonnance d'un bâtiment régulier, il est mieuxque les équipages, après avoir amené les maîtres près du vestibule , s'en retournent |»ar les dehors pour aller a leur destination.

lkssE-cora i>k cvmpacnf. Cour entourée de quelques logemens, où l'on enferme tout l'attirail d'nne maison de campagne, comme charrues, bestiaux, volailles, cuves, pressoirs, etc. Les pièces qui composent une basse-cour doivent être construites suivant la qualité des revenus de la maison. Si ce revenu consiste en vins, il faut des celliers et des pressoirs;

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m bleds , des granges ; en foin , des greniers ; en bestiaux et en moutons, des étables, des bergeries et une laiterie. Mais, quel que soit le revenu, une basse-cour a toujours des écuries , des remises, des hangars, etc. et toutes ces pièces doivent tenir les unes aux autres, ou du moins n'être pas éloignées.

BASSI (Mautin), Milanais, fut architecte de la fameuse cathédrale de Milan. L'on sait qu'il s'opposa avec vigueur aux changemens que Pellegrino vouloit introduire dans ce grand édifice. Bassi lui opposa 1rs raisons les plus fortes, et consulta Palladio, Vasari et Bertano, qui désapprouvèrent unanimement le projet de Pellegrino, et comblèrent d'eloges celui de Bassi. Ce dernier publia , à cette occasion , un ouvrage intitulé : Dispareri in maleriad'arehitellura e di prosprttiva; c'est-i-dirc, disputes sur différens sujetsd'architccture etde perspective. {V. Pellegri.no.)

BASSIN , ». m. Se dit en général on d'un réservoir d'eau , ou d'un vaisseau destiné à en contenir et à l'y puiser. Les bassins, selon leur emploi , sont un objet d'utilité ou d'agrément, (foyez ci-après.)

Dassin. (Construction.) C'est un enfoncement en maçonnerie , revêtu de ciment ou de plomb.

Il y a plusieurs manières de faire les bassins. Les anciens les construise ient en maçonnerie de blocage. Aux environs de Rome et de N a pies, ils étoient revêtus dans l'intérieur d'un enduit de pouxiolane. Dans les autres endroits on employoit le ciment ordinaire. Ces enduits de ciment se fa isolent de plusieurs couches, auxquelles on donnoit environ un pouce d'épaisseur. Ils étoient faits avec tant de soin , qu'ils ont acquis par le temps une dureté supérieure à celle même de la pierre. Kn appliquant ces enduits, les anciens avoient la précaution d'effacer tous les angles par des arrondiiwemens, afin de fortifier les bassins aux endroits où ils sont le plus (bibles, et où l'eau agit avec le plus de force pour les détruire. Ils formoient le fond de tous leurs bassins, réservoirs ou pièces d'eau , d'une manière un peu concave , en sorte que b plus grande profondeur étoit au milieu. Ce' fond se raccordoit avec les murs du circuit par des arrondissement, afin d'effacer l'angle du bas et de le fortifier contre l'action de l'eau. Le temps a justifié l'excellence de ces procédés; car on trouve encore actuellement dans les ruines d'édifices antiques, des bassins, des réservoirs parfaitement conservés, et qui tiennent l'eau comme s'ils eussent été creusés dans un seul bloc de marbre ou de porphyre. L'Italie moderne a conservé les procédés des anciens dans ce genre ; tous les bassins ou pièces d'eau se font également en maçonnerie de blocage , et réussissent de même.

A Lyon et dans plusieurs autres provinces de France , on emploie aux enduits des bassins un mortier qu'on nomme béton {voyez ce mot), qui se fait avec de la chaux nouvellement éteinte , bravée avec du gravier, et qu'on met en amvre sur-le-cïiamp.

BAS i85 Pour construire un bassin de cette manière, il faut que l'épaisseur do heton qui forme le mur du circuit soit environ la donzième partie du diamètre intérieur, et que le massif qui forme le fond ait les deux tiers de l'épaisseur du mur. Ainsi, pour un bassin de 3o pieds de diamètre , sur a pieds de profondeur, il faut faire une fouille de 35 pieds, sur 3 pieds 8 ponces de profondeur.

Une des principales attentions qu'il faut avoir, c'est d'asseoir les bassins sur un uni qui soit ferme et solide. C'est en vain qu'on prend les plus grands soin» pour les construire et qu'on choisit les meilleurs matériaux , si le sol vient à fléchir inégalemeut sous le poids de la construction encore fraîche. Il se fait alors des désunions par où l'eau se perd , et auxquelles il n'est plus possible de remédier.

Lorsqu'on se sera assuré que le sol est bon, et qu'il a la fermeté convenable, la fouille faite, on dressera le fond, on le fera bien battre; ensuite on étendra ; dessus une couche de béton de 1 8 à ao pouces d'épais- | seur. Il faut, autant qu'il est possible, qu'elle soit mise ' d'un seul jet, pour qu'elle ne fasse qu'un seul corps. Au-dessus de cette couche bien égalisée et un peu battue, on érige une espèce de cloison circulaire en planches de sapin , qui sert en quelque sorte de moule pour former le vide du bassin. Cette cloison doit être éloignée partout des bords de la fouille, a i pieds et et demi. On remplit cet intervalle avec du béton, qu'on tâche de couler aussi d'un seul jet , tandis que celui du fond est encore frais, afin qu'ils ne fassent ensemble qu'un seul et même corps , et qu'il ne reste \ ni joint ni désunion par où l'eau puisse filtrer.

Lorsque le béton du tour a pris une certaine consistance, ou ùte la cloison , et on le laisse sécher pendant quelque temps avant de faire l'enduit intérieur. Si c'est en été, il faut avoir soin de le couvrir, pour le garantirde l'ardeur du soleil. Le béton étant bien sec, on fera l'enduit en ciment d'un demi-pouce d'él>aisscur, en ayant le plut grand soin d'effacer tous les angles par des adoucissement , et de donner un peu de concavité au fond , comme nous avons dit plus haut que faisaient les anciens constructeurs romains. Lorsqu'un bassin a été exécuté de cette manière , avec les soins convenables et des matériaux choisis, sa durée n'a point de bornes.

Si l'endroit où l'on veut construire le bassin est \ en terres rapportées , il faudra faire la fouille plus profonde d'un pied , et , après avoir fait égaliser et lettre le fond , on établira dessus une plate-forme en charpente , dans tout l'espace que doit occuper le bassin , comprise même l'épaisseur des murs. Cette charpente sera compost* d'un gros grillage de poutrelles de 8 à g pouces d'épaisseur, espacées de 3 pieds de milieu en milieu, et entaillées à demi -bois, en sorte qu'elle forme des carrés parfaits; ce grillage | sera emmanché dans un bâtis qui aura la forme du

I bassin; on remplira tous les intervalles de ce grillage

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i avec de la glaise ou de la terre : ; on posera un rang de

pièce ; ou couvrira cette e*pèce de plancher par autre assise de moellon*, maçonnes de même en terra franche ou glaiac , afin de préserver les bois des effet* caustiques de la chaux. C'est sur cette dernière assise bien dressée qu'on jettera en une seule fois, ou du moins sans interruption , la couche de beton qui doit former le fond, et ou achèvera le bassin comme il a été dit ci-dessus.

Quelque mauvais que «oit le sol sur lequel on veut construire un bassin , il vaut beaucoup mieux faire une plate-forme sous toute l'étendue qu'il doit occuper, que de battit des pilotis, qui souvent ébranlent le terrain sans le rendre plu* solide. ( Foyn

Fo-ffDKMEJIT.)

A Paris et dans plusieurs autres endroits, on construit les bassins en maçonnerie de moellons, revêtue à l'intérieur d'un fort enduit de ciment de 8 a 9 pouces d'épaisseur ; ce ciment est préparé à peu prèi comme le beton ; les

vriers. Cette précaution principales raisons du dé

Le Blond , Bclidor et La plupart des auteurs qui ont parlé de La manière de faire le» bassins en ciment, disent qu'il suffit de donner au massif et au mur de tour qn pied d'épaisseur, jusqu'à 6 toises de diamètre ; mais il est certain que cette épaisseur doit être relative au diamètre des bassins, et qu'elle n'est pas suffisante pour ceux qui passent 18 pieds, surtout dans les murs da tour. Si l'on consulte l'expérience, on trouvera que les bassins qui ont le mieux réussi, ont environ la quinzième partie du diamètre de l'espace qu'ils renferment. Ainsi lorsqu'on voudra construire un bassin de cette manière , il faudra que le diamètre de La fouille soit de deux quinzièmes plus grand que celui de l'espace qu'on destine à l'eau, et plus profond d'un quinzième de diamètre 1 de sorte que pour un bassin de 3o pieds de diamètre et de a pieds de profondeur, il faudra une fouille de 34 pieds sur 4 * dont il restera 2 pour le massif du fond, compris l'enduit , et autant pour le ' de tour. On prendra le tiers de cette épaisseur ■ l'enduit ou la chemise de ciment ; le reste sera - les massifs, tant du fond que des murs. Après avoir examiné si le terrain sur lequel on doit construire le bassin est solide, ou s'il a besoin d'être affermi par une plate-forme , 00 construira le massif du fond en moellons durs ou en pierres de meulière, maçonnés en mortier fait avec du bon sable ou de la chaux nouvellement éteinte. Sur ce massif, bien arasé et fait à bain de mortier, on érigera le mur de tour aussi en lions moellons dura ou eu meulière : alin que le mortier s'attache mieux aux moellons, il faudrait avoir soin de les tremper dans l'eau avant de les mettre en place , comme on le pratique en Italie ; pour cet effet on a soin d'avoir un ou plu- 1 d'eau , selon la quantité d'ou-

IX qui sont ou brisés ,

un mur, qu'à faire de beaux parement. Us posent leurs moellons sur une très-légère couche de mortier, dont l'humidité est tout de suite absorbée par la sécheresse de la pierre ; ce moellon est presque toujours couvert d'une poussière fine qui l'em|ièehc de faire corps avec le mortier. Quelquefois aussi les ouvriers ont Lu négligence de ne point mettre de mortier dans les joints aplomb ; ils ne garnissent le milieu du mur qu'en pierrailles qu'ils 1 légère couche de mortier : un pareil moins de résistance à l'eau qu'un mur en terre qui auroit été bien massive ; d'où il résulte que lorsqu'il se fait La moindre gerçure à l'endroit du ciment , le bassin ne peut plus contenir l'eau.

La maçonnerie en blocage dont les anciens se servoient pour les murs de bassins, citernes et réservoirs, étoit infiniment plus solide que celle par assise de niveau dont nous faisons usage : outre les vices dont celle-ci est susceptible par la négligence des ouvriers, rexpérience a fait connoitre que l'eau s'il nue plus aisément par les joints h continus, que par ceux qui sont verticaux < comme dans la maçonnerie en blocage et < que les anciens appcloieul opus inccrlum. Dans cet deux dernières espèces de maçonnerie, le mortier enveloppe le moellon de toute part ; lorsqu'elles sont bien faites, elles sont impénétrables à l'eau, indépendamment de l'enduit de ciment dont on peut les recouvrir. Cet enduit alors n'a pas besoin d'une aussi grande épaisseur que pour les murs ordinaires ; il suffit qu'il ait un demi-pouce.

La difficulté de réussir à faire des bassins durables en construisant les murs par assises de niveau, quoique revêtues d'une couche de ciment de "J à 8 pouces, les dépenses qu'ils occasiooeut , ont fait imaginer les corrois de glaise et de terre franche entre deux murs. Pour faire un bassin de celte manière , voici la méthode indiquée par les auteurs que nous avons cités ci-dessus.

S'il s'agit d'un bassin de 6 toises de diamètre sur 2 pieds de profondeur, il faut faire la fouille de 7 toises sur , j pieds. On lui donnera La même forme qu'au bassin qu'on veut faire. Cette (ouille étant faite dans un terrain solide , et le fond bien dressé , on bâtira autour un mur en moellons d'un pied d'épaisseur, maçonné en mortier ou , pour plus d'économie, en terre franche. Ce mur sert à contenir les terres du bord de la fouille. On étendra ensuite sur le fond nue superficie de terre franche ou de glaise qui ait été déjà préparée , et nettoyée de toute sorte d'ordures ou de corps étrangers qui pourroient v occasioner des gerçures. En étendant cette terre , 011 la fait pétrir à pieds nus par plusieurs hommes, afin que toute l'étendue du fond ne forme qu'un seul corps bien lié. Le fond étant achevé et dressé de niveau, on établit

BAS

tout autour, à 18 pouces de distance du mur qui terre», une espèce de plate- forme sur la-

i on érige le mur qui doit former l'enceinte du Le» ouvriers rappellent mur de douve. Celte i pour que le poids du mur ne produise pas un tassement inégal qui occasioncroit des désunions et des gerçures par où l'eau se perdrait ; ce qui ne manquerait pas d'arriver si l'on posoit les premirrs rangs de moellons immédiatement sur la glaise. Cette plate-forme doit être composée de petits chevrons ou membrures qui auront nn peu plus de longueur que le mur n'aura d'épaisseur. Ces chevrons, que les ouvriers appellent racineaux , épis de a ponces , larges de 6 , seront placés de 3 pieds en 3 pieds, perpendiculairement à la direction du qui doit être au-dessus, et s'eof leur épaisseur dans la glaise. Sur

cloue deux rangs de planches, qui doivent avoir ensemble autant de largenr que le» racineaux ont de longueur , afin que le mur qu'on doit ériger dessus forme une petite retraite de chaque coté. Sur la plate- forme on bâtit le mur de douve , auquel on donne 18 pouces d'épaisseur.

Ce mur doit être construit en moellon» durs , maçonné» à bain de mortier et bien garni» à l'intérieur , comme nous l'avons expliqué plu» haut. Après que le mur est fini , ou , ce qui vaut mieux encore , a mesure qu'on le construit , on remplit l'e»|ace qu'il laisse entre lui et le mur qui aoutient les terre» , toit en terre franche, soit en glaise pétrie et corroyée comme celle du fond.

Il y a de» constructeurs qui ne fout d'abord que 5 ou 6 pieds de fond tout autour , alin de pouvoir seulement asseoir la plate-forme qui doit porter le mur de douve , et qui ne finissent le fond qu'après les murs et le corroi du tour. Cependant il vaut mieux faire le fond d'un seul jet, parce qu'en le faisant eu deux fois, l'endroit du raccordement ne se relie pas aussi bien : il peut en résulter des désunions qui ou- : a l'eau.

ou en glaise , on étend un lit de sable de 6 outre cela on fait souvent un pavé de dalle», en grès, en briques posées de champ , ou en blocage maçonné avec du ciment.

On couvre le dessus du mur de douve avec des dalles en pierre dure, et on forme une plate-bande de gazon an-dessus du corroi de terre glaise , afin de l'entretenir frais et de l'empêcher de se gercer.

L'économie a fait imaginer une autre manière de construire les petits bassins qui ne passent pa» 12 à 1 5 pieds de diamètre.

On fait d'abord une fouille de même forme que le bassin , à laquelle on donne 3 pieds de plus en diamètre et nn pied de plus en profondeur. On fait le massif du fond , d'un pied d'épaisseur, en maçonnerie de moellons et mortier, ainsi que les mur» du tour. On revêtit le tout de dalles en pierre dure , po-

sée* au ciment , et le» joints en mastic gras. Cependant il faut observer que comme les dalles du tour sont en délit, on ne peut pas faire ces bassins circulaire», parce que en creusant le* dalles ou tranche les hU de la pierre , et que les partie» tranchée» sont sujettes a se déliter à la gelée ou par quelque autre accident. Pour obvier a cet inconvénient , on les forme eu puhgone régulier dont on multiplie les cotés en raison de leur grandeur, qui ne doit être que de 3 ou 4 pieds. On donne à ces dalles 4*5 pouces d'épaisseur; elles doivent être de bonne pierre. Cette construction exige le» plus grands soins, si l'on veut qu'elle ait de la durée ; sinon les bassins seront sujets à un entrelien continuel : les dalles se déliteront, le mastic se fendra , et l'eau finira par se perdre.

Au lieu de dalles , on revêtit quelquefois l'intérieur de ces bassins en plomb. Alors il faut que le mastic du fond et le mur de tour soient enduits de plâtre , parce que la chaux mine le plomb et le décompose à la longue. Il faut, de plus, un soin particulier pour bien faire les soudures, surtout vers les bords , afin que le 'soleil ne les fasse pas fendre. Cette sorte de bassins est encore sujette a d'autres inconvéniens : tantôt le plomb se boursoufle, tantôt il s'y fait de» fêlures imperceptibles par où l'eau s'enfuit sans qu'on puisse y apporter remède, ce qui exige de» réparations souvent infructueuses.

Le plomb d'ailleurs est une matière coûteuse et sujette à être volée. Le bassin de maçonnerie, revêtu en ciment , fait avec le foin et l'économie convenables, coûte moins, et dure davantage.

On pratique quelquefois dans les bassins deux décharges, une de fond et une de superficie. Les lu fond vers le bord du basla pente de ce côté; 1

fontainiers placent celle sin, et ils dirigent

vers le milieu. En la mettant vers le bord , tout l'effort de l'eau qui se porte de côté par la pente dn fond tend à le dégrader plus vite; an lieu qu'en dirigeant la pente ver» le milieu , toute la masse d'eau est en équilibre, et n'agit pas plus d'un enté que de l'autre. Quant a la décharge de superficie qui sert à maintenir l'eau à un même niveau , il n'y a pas d'inconvénient a la placer dans l'endroit du mur d'enceinte qui paraîtra le plus convenable.

Bassix. ( Dans les jardins. ) C'est, ainsi qu'on l'a défini ci-^lessus, un espace ordinairement creusé en terre, d'une forme ronde, ovale, carrée ou à pans, destiné à renfermer l'eau , autant pour l'utilité des jardins que pour l'agrément de la vue.

La grandeur et la forme des bassins peuvent se varier à l'infini ; mais leur profondeur est le plus souvent de 2 pieds ou 2 pieds et demi , parce qu'il ne faut que 18 pouces pour puiser avec un arrosoir. On ne les fait plus profonds que lorsqu'on veut y nourrir des poissons, ou pouvoir s'y promener en bateau. Dans ces cas on pourra leur donner 4 pied»

,88 BAS et demi de profondeur. 11 en donner davantage. Au reste, ce»

pas absolument déterminées ; certaines limites, le nom de bassin se lui de pièce d'eau, canal, vivier, réservoir, (foj-ez ces mois. )

La qualité essentielle d'un bassin est de tenir l'eau. Il faut que la matière qui tapisse son fond soit de nature a résister a cet élément, qu'elle soit bien bée, pour qu'elle ne laisse aucune fente ni crevasse par où l'eau puisse s'échapper. {Foy ez l'art, ci-dessus.)

Son plus grand agrément consiste dans la limpidité de l'eau. Aussi sa place la plus ordinaire est dans les endroits découverts, tels que les parterres, les boulingrins. \je% bassins se distribuent aussi dans les bocages et le* bosquets : c'est là que le cigne en vient animer et embellir la surface.

L'ornement le plus naturel du bassin est le jet d'eau. Sa hauteur doit être proportionnée a l'étendue de la pièce. Le jet d'eau peut fournir à l'art les motif» de décoration les plus variés. On les doit choisir parmi les sujets qui ont quelque rapport avec les scènes aquatiques, (foret Jet n'r.nv. } 11 est une foule d'allégories qui se prêteront aux inventions de l'artiste , et embelliront le milieu comme les bords du bassin .

Il est inutile de dire que ce genre de décoration ne convient qu'aux jardins ornés et peignés. Dans ceux où la main de l'art disparoit et fait place à celle de la nature, le bassin ne se présentera point sons des formes symétrique» et compassées; l'eau ne s'y verra point enfermée dans les contours réguliers d'un mar-

enrciutc, ou l'herbe d'un gazon eu dessinera le circuit.

C'est dans les jardins de magnificence que le bassin peut étaler toute la sienne. Outre les marbres et les métaux précieux qui bordent son enceinte, il sera susceptible , selon les variétés de sa position , de recevoir toutes les richesses de l'art , toutes les merveilles de la décoration. Des statues de fleuves ou de bords ; des groupes de tritons , , feront jaillir ses eaux. Quelquefois il se métamorphose en bain consacré à une divinité : la scène s'élève au milieu du bassin même, ou s'adosse au mur de terrasse qui le domine. C'est la qur la sculpture peut développer ses plus grands ■novens. \ cisailles nous olfre les plus pompeux modèles de la décoration appliquée en grand aux bassins; et ce jardin réunit en ce genre plus de richesse , peut-être , que tout le reste de l'Europe ensemble.

Bassin a balcstr ade. C'est un bassin dont le renfoncement , plus bas que le rez-de-chaussée, est bordé d'une balustrade de pierre , de marbre ou de bronze, comme aux bains d'Apulloii à Ver

Bassin a rigole. Bassin dont le bord de ou de caillou a une rigole taillée, d'où sort d'e

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en espace un jet ou bouillon d'eau qui garnit U rigole et forme une nappe autour de la balustrade,

V atican à Rome.

Bassim de iuin. C'étoit, dans une salle de ba in chez les anciens , un enfoncement rectangle , où l'on des— cendoit par des degrés pour se baigner. (V »/*. Bais.)

Bassin de décharge. C'est , dans la partie U plus basse du jardin , une pièce d'eau ou canal dans lequel se déchargent toutes les eaux après le jeu des fontaines, jets, cascades, etc. , et d'où elles se rendent ensuite par quelque ruisseau ou rigole dans la plus prochaine rivière. Telle étoit la grande pièce d'-eau, au bas de la cascade de Sceaux près Paris.

Bassin de fontaine. On i reçoit les eaux d'une fonUiue. Il y en a i pèces , drs bassins à hauteur d'appui , au-dessus dn rez-de-chaussée d'une cour ou d'une place publique, et des bassins élevés sur plusieurs degrés, avec un prolil riche de moulures et de forme régulière , tels que ceux de la place Navonc à Rome.

Bassin de partage. Est, dans un canal fait artificiellement , l'endroit où est le sommet du niveau de pente, et où les eaux se joignent pour la continuité du canal. Le rent re où se fait cette jonction est ap- |ielé point de partage.

Bassin de fort de mer. C'est un grand espace bordé de gros murs de maçonnerie, où l'on tient le» vaisseaux à flot. Il y a deux sortes de bassins de mer: les uns , qu'on peut remplir et mettre à sec a volonté au moi en d'une écluse qui en ferme l'entrée; les autres, qui sont tout ouverts, et dont le fond étant de vjsc molle, se remplit d'eau quand la mer i (dans les endroits où il y a flux et reflux) , et quanti elle descend.

Bassin en coquille. Bassin fait en conque ou coquille , et dont l'eau tombe par nappes ou gargouilles, comme à la fontaine Barbérinc à Rome.

Bassin figuré. Est celui dont le plan a plusieurs corps ou retours droits, circulaires ou à |

BASTIO\ , s. m. C'est le nom qu'on donne à un pavillon rouvert en ternisse à l'encoignure d'un bàtimeut , comme on en voit au château de Caprarola en Italie.

BATARD, adj. m. Les architectes donnent ce nom à certaines inventions que l'usage a introduites dans l'.ii-chi lecture, qui ne se soumettent à amunes règles fixes, que la raison tolère, que le goût autorise, et qui semblent viser à élutler les principes plutôt qu'à les combattre. Ainsi l'on appelle ordres bâtards l'ordre attique et le caryatide ( voyez ces mots) , dont les cntable mens irréguliers n'admettent qu'une com- ]>osition arbitraire et des profi tions indéterminées.

BATARDEAl , s. m. (hydraulique). Es|kcc de

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digue faite d'un double rang de pieux joinU par des planches, entre lesquelles est un massif de terre , et t|Tii défend l'entrée de l'eau dans un endroit où l'on vent sonder. On le construit ainsi : après avoir enlevé la vase du fond, on plante deux files de pilotis parallèles placés à une distance proportionnée à la hauteur de l'eau, et entretenus avec des liernes et entre-toises. On enfonce ensuite le long de ces pilots et dans les rainures qui y sont pratiquées, des madriers taillés en pointe par le bas, qu'on appelle palplanches, pour former un encaissement que l'on remplit avec de la terre glaise.

Pour bien employer cette glaise, on la réduit eu petits morceaux, afin de la nettover de tout sable et gravier. On l'arrose ensuite et on la laisse humecter, après quoi on la bat et on la corroie sur un plancher avec les pieds. On en forme des espèces de pains que l'on jette au fond du batardeau , ce qui fait sortir l'eau à mesure qu'on le remplit. Enfin on bat la glaise, lit par lit, avec la demoiselle, jusqu'à ce qu'on soit parvenu au niveau de l'eau extérieure, et plus haut encore , si c'est dans la mer, de crainte que par son agitation elle n'entre dans le batardeau.

Cet encaissement, bien fait, est impénétrable à l'eau. On peut vider l'espace qu'on aurait environné de cette manière, dans le milieu d'une rivière, sans crainte que l'eau filtre au travers. L'on peut sans aucun risque établir sur le fond , d'une manière solide

faire.

Lorsqu'il est possible de pratiquer des batardeaux à sol découvert, cette méthode est beaucoup plus sûre que tons les moyens ingénieux qu'on a inventés pour v suppléer, mais dont on est cependant obligé de faire usage daus plusieurs circonstances.

BATIMENT, s. m. Nom général que l'on donne aux ouvrages de l'architecture, mais particulièrement aux lieux destinés à l'habitation. Le mot édifice , qui en est synonyme, comporte une acception plus noble et plus distinguée. Le mot de bâtiment ne sauroit convenir aux arcs de triomphe, aux fontaines, portes publiques, etc. Celui d'édifice emporte avec lui l'idée de monument. Les particuliers doivent avoir desbatimens simples et commodes; les demeures divines veulent de» édifices somptueux et magnifiques. Les ouvriers donnent généralement le nom de bâtiment à tout ce qu'on est en train de construire. D'où il résulte que le mot de bâtiment a plus de rapport à l'art de bâtir, celui d'édifice à l'art proprement dit de l'architecture, {f^orez EniriCE.)

Cependant l'usage confond souvent ces deux mots, que leur étymologie semble aussi rapprocher. Mais l'idée d'utilité , de commodité et d'économie accompagne presque toujours l'acception de bâtiment. {Voyez le* mots suivans.)

Bâtiment d'échiné. On appelle ainsi une maison ouverte, dont on voit les planchers et les combles sur

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des étaies et chevalement, pour qu'il y soit refait un mur de face ou de pignon, ou quelque autre réparation et raccommodement.

Batimens de marine. Ce sont les lieux où l'on construit les vaisseaux et ou l'on fait leurs équipages. Tels sont les ports , arsenaux, corderics , magasins, formes, fonderies, etc. et les lieux où l'on tient les vaisseaux désarmés à flot et en sûreté, tels que sont les ports, môles, darces, bassins, (Voyez ces mots.)

Sous le nom de bâtiment de marine on entend encore les hôtels dans lesquels on rend la justice de l'amirauté, les maisons de santé, les hôpitaux, etc.

Bâtiment engage. C'est une maison entourée d'autres maisons, qui, sans avoir face sur aucune rue ni place publique, n'a communication avec le dehors que par un passage de servitude.

Bâtiment enterré. Bâtiment dont l'aire est plus basse que le rez-de- chaussée d'une rue, d'une cour ou d'un jardin, et dont les premières assises de pierre • dure sont cachées.

On appelle encore bâtiment enterré relui qui est dominé par quelque hauteur d'une maison voisine qui lui fait lunette et dont il reçoit la décharge des eaux.

Bâtiment feint. C'est un mur mitoyen ou de clôture , une décoration d'architecture de pierre, ou d'autre matière semblable à celle qui lui est respective, pour conserver la symétrie du circuit d'une cour ou d'un jardin.

Bâtiment flanqué ou adossé. Est celui qui touche à quelque grand édifice, tels que ceux qui sont mitoyens au palais du Luxembourg à Paris.

Bâtiment hydraulique. Bâtiment destiné à contenir des machines pour élever les eaux, soit pour l'utilité publique, soit pour l'embellissement des jardins. (Voyez Château d'eau.)

Bâtiment irrécuuer. Bâtiment dont le plan n'est pas contenu dans des lignes égales ni parallèles, pur quelque sujétion ou accident de sa situation , et dont les parties ne sont pas relatives les unes aux autres dans son élévation.

Bâtiment isolé. Est celui qui n'est attaché a aucun autre, mais qui est cuvironné de rues ou de places publiques.

Bâtiment particulier . On appelle ainsi un bâtiment destiné à l'habitation d'un particulier, et proportionné à son état et à sa condition : tels sont les hôtels, les maisons de communauté et des bourgeois.

Bâtiment public. On donne ce nom aux bâtiment qui sont à l'usage du public, comme les liôteU de ville, les bourses, les banques , les hôpitaux, les hos|iiccs, etc.

Bâtiment régulier. Bâtiment dont le plan est d'équerre, dont les côtés opposés sont égaux et les

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r Mi.M. E»t celni qui, par lap» de temps, par débat d'entretien, par «ce de construction ou par l'effet de la guerre, est détruit et» partie, et detout-à-fait inhabitable. {Voyez Ruine.) Bâtiment rcstique nu champêtre. On nomme le» ferme*, métairies, basses-cours, grange*,

BATIR (ART DE ). On comprend généralement cette locution une notion différente de celle qu'exprime le mot architecture, bien que celle-ci comprenne l'autre, puisque tout ce qu'elle renferme d'idée», tout ce qu'elle produit d'image* et d'impression» , tout ce qu'elle exprime d'intelligible à l'esprit par le secourt des yeux, ne pourroit exister sans l'emploi de* matière* qui donnent un corps a ses inventions; cepeniUnt la plus simple analyse fait connoltre ce que chacune de» deux locutions offre de différence. Ainsi l'art de bâtir signifie la partie matérielle de l'architecture.

Ce qu'on dit de l'art de bâtir, par rapport à l'architecture, peut se dire d'un autre terme qui en est

• d'acception. On veut parler du mot construction. Ce mot, dans le vocabulaire de l'architecture, au lieu de s'appliquer à la «impie partie matérielledes ouvrages de l'art, comporte une*ignilication plus relevée, et on n'en doit user qu'à l'égard de cette partie de l'architecture qui dépeud de la science du trait, du calcul de* force», des poussées et de* résistances dans les grandes entreprises, et de tout ce que la mécanique peut y enseigner de procèdes. [foyez CojfSTsccTiON.)

D'après cette analyse , l'art de bâtir dépend , dans chaque siècle, dans chaque pays, et à l'égard de chaque ouvrage, des diversités d'emplois de matériaux et de procédés que le besoin local peut mettre en œuvre. Dans certain pay» où la pierre est rare et le bois commun, l'art de bâtir se confondra avec celui de la charpente rie , et il consistera dans un mélange de petits matériaux mêlés par le mortier avec le» montans et les traverse* en bois. Ailleurs, où la pierre manquoit ainsi que les grandes forêts, l'art de bâtir vint i bout de former des pierre* factices, que l'on appelle briques. 11 les employa d'abord crue* après le» avoir fait bien »écher, ensuite il trouva moyen, en les faisant cuire, de le* rendre aussi solides que les pierres.

L'art de bâtir en pierres exigeant, ou des extraction» pénibles de matériaux, ou des moyen» de Iran»— jiort disjiendieui , ou de grands efforts pour leur taille et pour leur pose, ne parait avoir dû s'introduire que plus tard chez les peuples même* où les carrières sont abondantes. Cependant les relations des plus anciens peuples, ainsi que les vestiges de leurs monumens, déposent d'un goût particulier pour l'emploi d'énormes matériaux, et dès-lors d'une assez ; facilité à les mettre en œuvre. Il est vrai que

BAT

que cet art de bâtir exige ou

Tenir aux conn suppose.

En définitive, on voit que l'art de bâtir consiste uniquement dans cette partie matérielle qui n'est , pour l'architecture, que ce que le bloc plus ou moins dégrossi, de quelque matière qu'il soit, est pour l'art du

BATISSE, s. f. D'après la notion de l'article précédent, et selon l'emploi qu'on fait du mot bâtisse et l'idée que l'usage y attache, on ne lui doit faire signifier autre chose que ce qu'il y a de plus matériel dans l'architecture. On l'applique exclusivement à l'exécution du bâtiment, quelle que soit sa matière. On dit une bonne bâtisse. C'est celle où l'on a mis en œuvre et avec soin de bons matériaux. Une belle bâtisse est celle où l'appareil est bien ragréé.

BATISSEUR , s m qui a la manie de bâtir, i et toujours changer dans ses

BATON , §. m. Nom qu'< lure usitée dans le» hases des synonyme de tore. ( Voyez Toee. )

BATRACUS, architecte de l'antiquiUi, qui naquit à Sparte, et travailla de concert avec Sauras a plusieurs édifices de Borne. Pline nousapprend qu'ils avoient construit le temple de Jupiter et de Junon, que Métellus a voit fait élever dans son portique. Leurs noms sont dirvenus célèbres par l'emploi qu'ils firent du symbole des deux animaax que leurs deux noms signilioient , pour suppléer i l'écriture qu'il» n'auraient probablement pas eu la permission d employer. Ils y écrivirent donc leur» noms en sculptant une grenouille et un lézard sur les spira columnarum .

Le mot tpira a été diversement interprété par les commentateurs. Ilardouin a cru que ces petits animaux avoient été sculptés sur le tore ou sur le congé des bases des colonnes, parce que Pline donne ailleurs a cette partie le nom de spira. Mais ce traducteur ne s'est pas souvenu que Vitruve appelle du même nom la volute du chapiteau ionique. Pourquoi donc Pline ne se «croit-il pa» servi , dans le passage dont il s'agit, du mot spira «elon sa significatioi qui exprime une spirale semblable à « le serpent en se roulant sur lui-même?

A l'appui de cette interprétation , vient un chapiteau antique, d'un travail précieux, dont les volutes sont réellement formées de serpens entortillés l'un dans l'autre. Pline parle aussi de la spirale des volutes ioniques. Il est bien probable dès-lors que les noms symboliques des deux artistes furent sculptés dans des volutes.

C'est ce dont on ne «aurait douter à l'égard du beau chapiteau ionique qui se voit a Rome à une des colonnes de l'église de Saint-Laurent hors des murs.

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Il est bien probable qu'il fut un de ceux sur lesquels Batraciu et Sétunu gravèrent symboliquement leun noms. Au milieu d'une des volutes, il y a dans ce qu'on appelle Veeil, au lieu de la rosette qui s'y trouve ordinairement , une grenouille étendue mr le dos, et dans l'autre on voit un lézard tournant autour de la rosette. Les chapiteaux des colonnes de cette église ayant été recueillis de plus d'une ruine antique, rien n'empêche de penser que celui dont nous avons parlé i appartenu au temple de Jupiter et de Junon.

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