BANC DE TERRE-NEUVE
Partie des boulevards comprise entre la Madeleine et la porte Saint- Denis. — • Allusion aux morues (V. ce mot) qu’on y va pêcher. On dit, pour abréger, le banc. — « Quand on s’ennuie, on dit : Viens-tu au banc faire un tour ?» (Le Sublime.)
BANNIÈRE : Se dit de la chemise gardée pour tout vêtement.
« Elle rabattait le pan de devant.
Ça c’est la bannière, dit-elle. »
(Zola.)
BATH (être) : Être arrêté. — Ironie. V. Pincettes.
* BATTERIE, BATTRE : Du vieux mot b aster : tromper.
' BAVER : « On pouvait baver sur leur compte, lui savait ce qu’il savait. » (Zola). — Baver, toujours pris en mauvaise part, est plus une acception figurée de baver qu’une abréviation de bavarder , comme je l’ai cru d’abord.
BÉCASSE : Machine à vapeur. — « Il dit que c’est vexant de conduire une bécasse. » (Le Sublime.)
BÉDOUIN : Grec. « Les sept mille Grecs de France se divisent en cinq catégories dont les noms font presque tous allusion à la Grèce (ou graisse). Voici ces néologismes de l’équivoque* i° suiffards; 2° graisseurs; 3° bédouins; 4° grecs; 5° philosophes. » ( Figaro , 76.)
BENOIT : Souteneur. — « Les Benoits toujours lichent et s’ graissent les balots. » (Richepin, 77.)
BIBELOTTER: Composer, machiner. — « Il dessine ou bibelotte une invention qui souvent réussit.» (Le Sublime.)
*BIFFIN : Il est à noter qu’en dialecte champenois , biffe veut dire chiffon.
BISMARQUER : S’approprier par tous les moyens. — « Le portugais possède à un haut degré la faculté si précieuse de s’approprier des locutions étrangères, de croître et de se développer comme un organisme vivant. M. Latouche cite le mot français bismarquer , bien connu, paraît-il , de ses lecteurs anglais. » (Bibliothèque universelle et Revue suisse, 1877.)
BLAFARD : Pièce d’argent.
Allusion de blancheur. — « Un écu flambant neuf! Un blafard de cinq balles. » (Richepin, 77.)
BLAGUE: S’il fallait remonter au delà de 1808, date de notre plus ancien exemple, nous serions presque tenté de voir dans blague une foime intervertie de l’ancien catalan bagol qui a fait notre bagou. Le sens est le même et les cas d’interversion ne sont pas rares.
BOU
CAR
3 LEU : Stupéfait. Mot à mot :
congestionné de stupéfaction, « Le lendemain il en était bleu quand il a vu la figure de sa femme. » (Le Sublime.)
* BLOUSER : Tromper : Dans le Nord, on dit bleusse pour mensonge.
BŒUF : Roi de jeu de cartes.
Allusion à sa rotondité. V. Borgne.
BOITE : Atelier. V. Contrecoup.
BONBONNIÈRE : Tonneau de vidange. Ironie. — « J’étais pour la réparation des bonbonnières et des anderliques. » (Le Sublinie.)
BONDIEUSARDERIE : Cago tisme. — « 11 faut supprimer comme entachées de bondieusarderie (c’est leur mot) les rues de l’Abbaye, de l’Abbé-de-l’Épée, etc. » ( Figaro , 76.)
BON ENDROIT : Derrière.
Ironie. « Elle reçut un maître >
coup de soulier, juste au bon endroit. » (Zola.)
BONDIEUSERIE : Commerce d’objets de dévotion. Objet de dévotion.
BOOK : Livre de courses, combinaison de paris. (Parent.) Anglic.
BORGNE : As. — Il est unique. — cc Quinze et cinq, trois borgnes, trois bœufs, tierce major dans les vitriers, trois colombes. » (Le Sublime.)
* B O U LE R : Tromper. — Du vieux mot boule : Tromperie, astuce.
BOUSINGOT : Cabaret. Di¬
minutif de bousin. — « On alla à la Puce qui renifle, un petit bousingot où il y avait un billard. » (Zola.)
‘BRANCHE : Peut venir aussi du vieux mot branché : compagnon associé dans une affaire.
BRIDE, Vieille bride : Objet de rebut. — Le premier mot est une abréviation. — « Comment une bride de son espèce se permettait de mauvaises manières à l’égard d’un camarade. » (Zola.)
— « Entendez-vous, vieille bride, de l’eau, c’est bon pour éteindre le feu. » (Le Sublime.)
* BRIMER. En dialecte poitevin brimer a le sens analogue de rendre malade.
BUEN RETIRO : Se prend ironiquement pour Water closet.
— « Une dame sortant d’un buen retiro à quinze centimes.» (Fi« garo, 76.) — Hispanisme.
CABOCHARD : Tête. — Augmentatif de Caboche. V. Rien.
* CABOULOT :Vieux mot qui a signifié d’abord cabane , puis ginguette.
CAMARO : Camarade. — Abréviation. — « Amusez-vous.
Je reste de cœur avec les camaros. » (Zola.)
'CARAPATA : Déformation du mot court à pattes. — Pour comprendre son étymologie il faut se reporter à carapater. Le carapata court à pattes en effet.
Allusion au va-et-vient qu’il exé-
CHI
COM
en te en appuyant sur sa perche pour faire avancer son bateau.
De même dans Parti 1 lerie, les servants à cheval appellent courtà-pattes un servant à pied.
CARAPATER : Courir. Mot à mot : courir à pattes. — « Dans mon Paris j’ carapate comme un asticot dans un mort. » (Richepin, 77.)