‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 15 sur 169 · PERSUASION · texte numérisé non relu

PERSUASION

.D ANS la guerre d’Italie , en 1701 , deux dragons de la garnison française qui étoit dans Mantoue, passoient dans la rue. Un Italien , irrité contre l’un d’eux, *

lui enfonce son poignard par derrière, le tue sur la place, et se réfugie dans un endroit privilégié. Le camarade du mortpoursuitl’assassindans cet asile, et le massacre. Le peuple, indigne qu’on ail violé les immunités ecclésiastiques, s’attroupe, et veut fermer les portes; mais le meurtrier, s’étant fait jour l’épée à la main , se retira d.ans la maison de son colonel. Elle est investie dansle moment, et le dragon est demandé avec menace d’un soulèvement général. Le colonel , dans la vue d’appaiser ce tumulte, fait aussitôt conduire le dragon, chargé de fers , dans une prison ; mais , pendant la •

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nuit, il le fait partir pour une place éloignée. Quclfpie» jours après , on produit un cadavre qu’on dit être celui du dragon. La multitude le croit et s’appaise; et sa persuasion est telle, qu’elle rend des actions de grâce pour • cette mort,qu’elleregardecommeunchàtimenl duCiel.

3. Pour se venger d’une parleuse impitoyalde, femme d’esprit d’aiîleiu's, on s’avisa un jourdeluiprésenterun homme qu’on lui disoit très-savant. Cette femme le reçoit avec les plus grands égards ; mais, pressée de s’en faire admirer, ellese met à parler, lui fait centqu estions différentes , sans s’apercevoir qu’il ne repondoit rien.

La visite firtie : « Etes-vous contente , lui dit-on , du « savant qui vous est venu voir? — Ah ! qu’il est char- « niant! répondit-elle; qu’il a d’esprit! » A cette exclamation , cEacnn de rire. Cet homme si charmant , ce grand esprit , c’étoit im muet. Voyez Opinion.

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