POLITIQUE
étendue , puisqu’un d’eux renfermoil autant d’espace qu’un homme eu peut parcourir en un jour.
3. Pour rétal)lii l’ordre ella Iranquillilcdanssa patrie, lA'curgue forma un sénat composé de vin^l-huil sénateurs , auxfpiels présidoient les deux rois de Lacedeinone.Ceileauguste compagnie, qui comprenoiteequ il y avoit dans la’nation d’hommes les plus saf'es et les plus expérimentés, servoit comme de coiUre-poicls aux deux autres autorités , c’est-à-<lire, à celle des rois et à celle du peuple j et , quand l’une voidoit prendre le dessus , le sénat se ran^eoil du côté de l’autre , et les tenoit ainsi tontes deux dans un juste équilibre. Dans la suite, pour empêcher que cette compaj'nic meinen’a- Lusàt de son pouvoir qui étoit fort f'rand, on bu mit une espèce de frein , en nommant cinq éphores qiû éloient tirés du peuple , et dont la charfije ne duroit qu’un an , mais qui avoient une inspection absolue sur les sénateurs et sur les rois même.
Le pouvoir des rois étoit fort bornq , sur-lout dans la yille et en temps de.paix. Dans la gneiTC , c’éloient eux qui commandoient les Hottes jt les armées : et pour lors leur puissanc^e étoit plus étendue. Cependant on leur donnoitalors même des espèccsd’inspectenrse.ldc commissaires qui leur tenoientlieu d’un conseil nécessaire; et l'on choisissoit ordinairement pour celte fonction , ceux des citoyens qui éloient mal avec eux, afin qu’il n’y eût point de connivence de leur part , et que le public fût mieux servi. 11 y avoit presque toujours une secrète mésintelligence entre les deux rois ; etfet de la politique spartaine , à qui leur trop grande union auroif pu donner de l’ombrage.
Les affaires se proposoient et s’examinoient dans le sénat , et c’étoit-l.à que se formoient les ré.solulions. Mais les décrets du sénat n’avoienl point de force , s’ils n’éloient ratifiés par le peuple.
4. Par des servicesafl’ectés,parun soin ardent en apparence à rétablir l’ordre parmi les Mèdes, Déjoce s’en etoit fait aimer. Devenu nécessaire, on lui conféra le titre et la puissance de roi. C’étoit ce que sa sombre politique avoit cherché jusqu’à ce jour ; et pcut-êp’c eût-iL
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été digne d»i choix de scs compatriotes , si Ini-nicnie, par sa conduite, n eût , pour ainsi dire, nécessité leiurs suffrages. Lorsqu'il fut monté sur le trône , il voulut joindre à la dignité suprême dont i! étoit décoré , toutes les marques qui ont coutume d’en relever l’éclat , et qui pou voient inspirer pour sa personne de la crainte et du respect. Il obligea les Mèdes à lui bâtir un palais magnifique ? il le lit très-bien fortifier , et choisit ceux d entre ses sujets qu’il jugea les plus propres pour être ses gardes. Persuadé que la majesté des rois se fait plus respecter de loin , il mit d'abord un grand intervalle entre le peuple et lui. Use rendit presque inaccessible, et comme invisible : on ne pouvoit lui parler ni lui communi<pier les affaires que par des placets et des personnes interposées. Ceux même qui avoient le pri* vilège de l’approcher , ne pouvoient ni rire ni cracher en sa presence. Il ne se faisoit connoître que par les sages lois qu’il établissoit, et par l’exacte justice qu’il • se piquoit de rendre k chacun. On dit que du fond de son palais il voyoit tout ce qui se pnssoi t dans ses Ltats, parle moyen de sesémii^airesquiluirendoient compte et 1 informoient de tout. Ainsi nul crime n’écbappoit a la connoissance du prince , ni à l’animadversion des lois : la peine, suivant de près la faute , conlenoit les méchans, et arrêtoil les violences. Mais cette politique ne pouvoit être bonne que pour Déjoce; car, combien de princes , après lui , ont été trompés par leurs offi.ciers , toujours intéressés à déguiser la vérité !
5. Charles XI, roi de Suède , forma une milice qui Subsiste encore aujourd’liui, laquelle n’est ni à charge au trésor public, ni trop onéreuse aux particuliers, et qui fournit toujours des soldats k l’Etat, sans ôter des laboureurs aux campagnes. Les plus riches villages ou seigneuries qui etoienl ou qui sont encore du domaine du roi, entretiennent à leurs frais un cavalier. Les paysans de i liaque village fournissent un fantassin, â proportion de leurs revenus, c’est-â-dire, qu’il faut avoir un certain bien, comme dix ou douze mille francs, pour etre obligé d’équiper un soldat d'infanterie. Le paysan qui n a que cinq ou six mille livres, se joint à un auti'e
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qui en atitant : s’il n’en a que trois'mille , il coniribue pour sa part avec plusieurs autres ; et tous ensemble fojirnissent un homme à l’Etat. Si le revenu de tout le village ne produit que dix mille livres , le village ne donne qu’iui homme. A fe mort du soldat', ceux qui l’avoient donné le remplacent. Ainsi le nombre» des milices est toujours le même qu’il a été une fois réglé par les états-généraux. Les pa^’^sans font bâtir au soldat qu’ils entretiennent , une maison ou une cabane, et lui assignent pour lui et pqur sa famille une portion de terre qu'il est obligé de cultiver. Ces soldats distribués par villages, se rassemblent, à jour marqué, dans le principal bourg du canton , sous la conduite de leurs officiers, qui sont payes par le trésor public.