‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 28 sur 169 · PRÉVOYANCE · texte numérisé non relu

PRÉVOYANCE

1. C>E fut à la sage prévoj^ance de Thémistacle, que la Grèce dut son salut, lorsque Xerxès, suivi de toutes les ■ forces de l’Asie, vint menacer d’un joug odieux cette' contrée célèbre. C’en éloit fait de sa liberté , si les Athéniens et lesLacédémoniensn’avoient en que leurs troupes de terre à opposer au monarque persan. On sentit alorstoutleprixdesprudcnles mesuresde Thémistocle, qui, sous un autre prétexte, avoit fait bâtir centgalères. Toutle monde avoit régardé la célèbrejournécdcIVlarathon comme la fin de la guerre. Thémistocle, au contraire, la regarda comme le signal des plus grands combats, auxquels il devoitpréparersonpeuple; et dès-lors il songeaàrendre sapatriesupérieureà Lacédcmone,qui,depuis long-temps, dominoi t sur toute la G rèce . Dans cette vue J il crut devoir tourner toutes les forces d’Athènes du côté de la mer , voyant bien que , foible par terre comme elle éloit , elle n’avoil que ce seul moyen de se rendre nécessûre aux alliés, et formidableaux ennemis.

102 FBÉvOYANriî.

Son avis passa malf^rd les efforts de Miltiade , arrête sans doute par le peu d’apparence qu’il y avoit qu’un peuple tout neuf aux combats de mer , et qui n’étoit en état d'armer que de petits vaisseaux , pût résister à une puissance aussi redoutable que celle des Perses , qui , avec une Hotte de plus de mille vaisseaux, avoient encore une nombretise armée de terre.

Les Athéniens avoient coutume de distribuer entre eux tous les revenus qu’ils tiroient des mines d’argent.

eut le couragede proposerait peupled’abo- ]ir ces distributions , et d’employer cet argent à constt-uire des vaisseaux à trois rangs de rames pour faire la guerre aux Eginètes , contre lesquels il réveilla leur an- * cienne jalousie. Le peuple ne sacrifie pas volontiers ses intérêts particuliers à l’utilité publique, et n’aime pas à acheter le bien de l’Etat parses propres pertes. Il le lit pourtant en cette occasion ; et , touché par les vives remontrances de Thémistocle , il consentit que l’argent fpii revenoit des mines fût employé à bâtir cent galères. <^n- doubla ce nombre à l’amvée de Xerxhs ; et ce fut cette flotte qui sauva la Grève.

z.yirlotto,v.\\Té italien, s’embarquantpourunvovage, fut prié par plusieurs de ses amis de leur faire diverses empleltes au pays où il alloit : ils lui en donnèrent des mémoires; mais il n’y en eut qu’un qui s’avisa d^y joindre l’argent nécessaire pour payer ce qu’il demandoit.

Le curé employa cet argent de sonami conformément â son mémoire, etn’acheta rien pour les autres. Lorsqu’il fut de retour, ils vinrent tous chez lui pour y recevoir leurs emplettes, et-^r/of/o leur dit: «Messieurs, lors- « que je fus embarqué, je mis tous vos mémoires sur le « pont de la galère , à de.ssein de les ranger par ordre ,

« mais il s’éleva un vent qui les emporta tous dans la « mer, ainsi je u’ai pu me souvenir de ce qu’ils conte- « noient. » Cependant , lui dit un d’entre eux , vous avez apporté des étoffes à un tel. « Il est vrai , répliqua le or curé; mais c’est qu’il avoit enveloppé dans son mé- « moire un bon nombre de ducats dont le poids empê- « cha le vent de l’emporter avec les autres. »

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