‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 38 sur 169 · RÈGLE · texte numérisé non relu

RÈGLE

1. JuGURTHA ,roi deNum'idie, faisoit une guerre sanglante aux Romains ; etee monarque , que son or servoit aussi-bien que son courage , étoit parvenu à faire trembler la puissance romaine. La république voulut enfin

réparersahonte.Sesgénérauxs’étoient laissé corrompre;

il n’y avoit plus d'ordre parmi ses troupes : elle jeta les yeux sur un homme assez intègre pour déd.aigner les trésors de et assez ferme pour rétablir la dis-

cipline «énervée : cet homme fut Metellus. Il répondit aux vœux de ses concitoyens. A peine fiit-il entré dans «on camp, que tout chanj'eade face à son aspect ; et , dès le premier jour , il travailla à la réforme. Il failoit la faire par de;;rés , pour ne point jeter dans le désespoir des soldats devenus mutins. D abord II bannit du camp tous les goujats , et IcS filles prostituées ; ensuite il défendit de vendre aucun aliment toii^ préparé ; puis il obligea les soldats à porter eux-mêmes leurs armes , à chasser leurs valets , à se défaire de leurs bêtes de charj'e. Enfin il leur fit reprendre peu à peu les travaux militaires , qufils avoient presqu’entiérement oubliés , et les chauijea en véritables guerriers. Aussitôt que la règle fut remise .en vigueur , la fortune revint sous l’aigle romaine ; et le fier Jugurtha ne compta plus ses batailles que par ses défaites.

2. A voir le bel ordre et la discipline rigoureuse qui régnoient dans l’armée du grand Gustave-Adolphe , toi de Suède , on eût aisément prédit les conquêtes qu’il alloit faire en Allemagne. Il n’y a point de monastère mieux réglé que ne l’étoitson camp. Ses soldats étoient des modèles d'obéissance ; et, ce qui est plus dithciie pour des peuples septentrionaux , des exemples de la sobriété la plus parfaite. On n’entendoit proférer ni jauemens , ni blasphèmes. Chaque régiment avoit un ministre , qui prenoit soin d’en chasser les filles débauchées , et faisoil chanter , deux fois le jour , les psaumes en langue vulgaire. Aucun soldat n’eût osé refuser à sou hôte le payement de ce qu’il devoit ; et les gens du pays étoient beaucoup mieux traités par les Suédois , que par leurs propres compatriotes.

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R E L I fx I O N.

i.T iT.ü Romains, dès l’origine et la naissance de leur ville , établirent , pour principe fondamental de leiu* politique, la crainte des dieux, et le respect pour la religioti ; de là celte multitude de temples, d’autels, de sacrifices •, de là les augures , les aruspices , et tant de sorl^'s de divinations: de là ces vreuxsifréqueûs,formc's dans les préSsaus besoins de l’état, et accomplis avec une

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si scrupuleuse exactitude- Persuadés par ce reste de religion naturelle , qui n’a pu s’effacer entièrement du cœur des hommes , que la Divinité dkpose de tout dans le gouvernement de i’Univers ; que c’est elle qui distribue aux hommes , selon son bon plaisir , l’esprit , la raison j la prudence , la fermeté d’ame , le courage , et toutes les autres qualités d’où dépend le succès des entreprises , il étoit convenable qu’ils implorassent la puissance céleste d’où émanent tous ces dons , et que , par des consul talions religieuses^, ils tâchassent d’en découvrir les arrangemens et les volontés, pour en mériter la protection. On ne peut croire combien cette conviction de la Divinité , qu’ils croyoient être présente et présider à tout, profondément gravée dans l’ame encore tendre des enfans par l’éducation , par l’instruction , par les discours des parens , et sur-tout par la vue des cérémonies publiques , faisoit dans la suite une vive impression sur leurs esprits. La sainteté des serinens qui se font , comme sous les yeux de la Divinité , ne fut nulle part respectée comme à Rome. Les soldats, quelqhe mécontens et emportés qu’ils fussent , n’osoient quitter leurs généraux, parce qu’ils s’étoient liés à eux parle serment. . Dansune longue suite de siècles , personne ne donna jamais auoensenrunefaussedéclaraticaidesesbiens.La religioH-arrètoitla fougue des grandes passions. El le rendoiUes hommes plus dociles et plus soumis à l’autorilé légitime. C’é toit le lien sacré qui unissoitles citoyens, et quin’en fbrn^pit qu’une seule famille doflt Rôme étoit la . mère. En un mot , c’etoit le plus puissant motif qu’ou pût employer pour inspirer du 'courage dans les com- Bals et dans les dangers. Cicéron rend sur ce sujet un témoignage glorieux a sa nation. «Nous avons beau nous' « flatter , dit-il, nous ne nous pei'suaderons jamais i « nous-mêmes que nous l’emportions par le nombre sur < les Espagnols, mr lai^rce du corps sur les Ganloisi « par l’habileté et lafinesse surlesGarlhaginois,par le» « arts et les sciences sur les Grecs. Mais l’endroit par « lequel nous avons incontestablement surpassé tous « les peuples et toutes les nations ,c’est la piété , c’est la

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