‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 4 sur 169 · P A R D O IV · texte numérisé non relu

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n’avoir rien ose faire pour empêcher le crime. Cefte crainte les rendoil plus implacahles : ils croyoient faire leurapologieeii punissantavecri<,nieur.Lesfoiiolsarmés de ploml), les clievaicts , les torches ardentes, tontes les tortures redoutahles a 1 innocence même , étoicnt mises enœnvrpponrarracherravcuducrimectdcscomplices. Tout ce qui restoit de citoyens dans la ville, étoicnt asscmJilés aux portes du prêt oire, don I les soldats ^'ardoieiit 1 enlree.La,plougesdansunmorncsiien<;e,se rej^ardant les uns les autres avec une déliance mutuelle, les yeux et les liras levés vers le ciel, ils le conjuroicutavec larmes d’avoir pillé des caccuses, et d’inspirer aux ju^es des senlimens de clémence. La voix des Jiourreaux, le hmit des cou ps, les menaces dos mapsfrals Icsplacent d'effroi. Ils prêtent l’oreille ;i tous les interrogatoires. A chaque coup, à cluique gémissement qu’ils entendent, ils tremblent pour leurs parens,poiir eux-mêmes : ils craignent d’être nommés entre les complices. Mais rien n’égale la douleur des femmes. Enveloppées de leurs voiles, se TouIantàlerre,et se traînant aux pieds des soldats, elles les supplient en vain de leur permettre l’entrée ; elles conjurent les moiudrcsofiiciersquipassentde^aiitclles, de compatir aux malheurs de leurs proches, et de leur prêter quelques secours. Entendant les cris douloureux de leurs pères , de leurs lils , de leurs maris, elles y répondent par des cris lamentables : elles r essentent au fond de leurs creurs tous les coujis dont ils sont frappes; et les dehors du prétoire présentent un spectacle aussi déplorable que les rigueurs que l’on exerce au dedans.

Ce jour affreux et funeste se passa à interroger et à ■convaincre les coupables. La nuit cloitdéjà venue. On attendoitau dehors, dans des tran.ses mortelles, la décision dos magistrats. Ondemandoità Dieu, par les vrrux les plus ardens, qu’il louchât le cœur des juges ; qu’ils voul lissent bien accorder quelque délai, et renvover le jugement à l’empereur , lorsque tout-à-coup les portes du prétoire s’ouvrirent. On vit sortir, à la lueur des llambeaux, enfre deux haies de soldats, les premiers de la ville , chargés de chaînes, langiiissans et se traînant à peine , les tortures ne leur ayant laissé de vie qu'aulaut

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«ii’il en falloit pour mourir de la main des Lourreaux , à la vue de leurs concitoyens. On .yoit voulu commencer cfi terrible exemple par la punition des plus nobles. On les conduisitau lieu des exécutions. Leurs mères , leurs femmes, leurs niles, ]>lus mortes qu’eux-mêmes, veulent les suivre, et manipienlde forces. Le desespoii les ranime jclles courenl;elles voicnlleurs proelies tomber sous le glaive, et tombent avec eux par la violence de leur douleur. On les emporte à leurs maisons. Elles en trou^ent les portes scellées du sceau public. On avoit dé).\ ordonné lacojiliscation de leurs biens ; et ces femmes distinguées par leur rang et par leur naissance , sont réduites à mendier un asile qu’elles ne üouvenlqu avec peine, la plupart de leurs parons et deleuisamis refusant de leur donner retraite , de peur de partager leur crime, en soulageant leur infortune. On continua pendant cinq jours à faire le procèsauxcoupables.Plusieurs innocens furent enveloppés dans la condamnation , s’étant déclarés criminels , dans la force des tortures. Les uns périrent par l’épée, d’autres par le feu : on en livra plusieurs aux bêles ; on ne fil pas même grâce aux enfans. Tant de supplices ne rassuroiciil pas ceux qui restoient. Après tant de coups redoubles, la foudi-e sembloit toujours gronder sur leurs têtes. Ils craignoient les effets de la colère du jirince; et , quoiqu’il ne piit'encore être instruit de la sédition, on entendoil sans cesse répéter dans la ville : « I i’einpcreur sait-il la « nouvelle ? 'est-il irrité ? l’a-l-on fléchi? qu’a-l-il or- « donné ? voudia-l-il perdre Anlioclie ? » Pour effacer s’il étoit possible , la mémoire du soulèvement, chacun s’empressoit de payer l’impôt qui en avoit été l’occasion. Loin de le trouver alors insupportable, les habitans offroient de se dépouiller de tous leurs biens, et d'abandonner à l’empereur leurs maisons et leurs terres , pourvu qu’on leur laissât la vie.

Antioche étoit une ville de plaisir et de dissolution. L’adversiléjCctle excelleute maîtresse delà philosophie chrétienne, la changea tout- à-coup. Plus de jeux, plus de festins, de débauches, de chansons et de danses lascives , de diverlissemens tumultueux. On n’y entendoit

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rêlés dans leur route par divers accidens, et obligés de quitter les chevaux de poste, pour prendre les voitures piibliques.On crut qu’il éloit encore temps de les prévenir; et toute la ville s’adressa à l’évêque T'/awe», prélat vénérable par sa sainteté , et chéri ^e l’empereur. II accepta cette pénible co^jimission ; et ni les infirmités d’une extrême vieillesse,ni lafaligued’unlongvoyage, ^ dans une saison incommode etpluvieuse, ni l’état où se trouvoitune sreur unique, qu’il aimoit tendrement, et qu’il laissoit au lit de la mort , ne purent arrêter son zèle. Résolu de mourir , ou de fléchir la colère du prince , il part , au milieu des larmes de son peuple. Tous les ctèurs le suivent par leurs vreiix. On espère que la bonté naturelle de l’empereur ne pourra se délei^re d’écouter un prélat si respecté , si digne de l’être.

Quoique i'Vaercn fîtune extrêmediligence,ilncput atteindre les courriers. Ils arrivèrent avawt lui ; et leur rapport exciüi dans Théodose cette violente colère dont les premiers accès étoient toujours prompts et . tQiribles. Il éloit moins irrité du renversement de scs propres statues que des outrages faits à celles de Flaccille et de son père. L’ingratitude d’Antioche redoubloit encore son courroux. Il avoit distingué cetlc ville entre toutes celles de l’empire , par des marques de sa bienveillance : il y avoit ajouté de superbes édifices. On venoit d’achever , par ses ordres, un nouveau palais , dans le faubourg de Daphné ; et il avoit promis de venir incessamment honorer Antioche de sa présence. Son premier mouvement fut de détruire la ville , et d’ensevelir les habitans sous ses ruines. Etant revenu de cet excès d’emportement, il choisit le général Ilellébique et Césaire , maître des offices , pour l’exécution d’uné vengeance plus conforme aux règles de la j ustice. Comme il ignoroit encore la punition des principaux auteurs du désordre , il chargea ces commissaires d’informer contre les coupables , avec pouvoir de vie et de mort.

Il leur ordonna de fermer le théâtre, le cirque et les bains publics jd’ôter à la ville son territoire, scs privilèges , et la qualité de métropole ; de la réduire à la condition d’un simple bourg soumis â Laodicée , son

ancienne rivale , qui clcviendroil , par te changement, métropole de la Syrie; de retrancher aux pauvres la distribution du pain , qui étoit établie dans Antioclie , comme dans Rome et dans Constantinople.

IIe/lébiçueclCésaire,éi!\n\paTt\sa\ecv.esordres rigoureux,rencontrcrentC/aeie«,eÉredoubièrent sa don leur. Ilcontinuasd routeavccplusd’enipressement,pourol)tenir quelque grâce. Les deux commissaires se hâtèrent • d'aniver en Syrie. La renommée , qui les devança , renouvela la terreur dans Antioche. Onpiiblioitqu’iis venoientàla tête d’une troupe de soldats qui nerespiroient que lesang et lepillage.Les habilans prononcoient euxmêmes leur propre sentence. «On égorgera le sénat, on « détruira la ville de fond en comble , on la réduira en « cendres avec son peuple , on y fera passer la charrie ;

« et pour éteindre notre race, on poursuivra , le fer et « le leu à la rtAin ,pisques dans les montagnes et les dé- « serts,ce.Hx qui y cherclicrontune retiaite.^Onatlcndoitrn tremblant le moment de leur arrivée. On se disposoit de nouveau .à prendre la fuile.Le gouverneur,qui étoit païen , vint à l’église , où tine multitude innombrablcs’étoit assemblée , comme dans un asile. Il y parla au peuple, et s’elTorça de le rassurer. Lorsqu’il seful retiré,

S. Jean Chrysostônie reprocha aux chrétiens d’avoir eu besoin d’une voix élrangerepour alfermir des cœurs que laconnancc enDieudevoitrendre inébranlables. Enfin, ceux qui connoissoicntle caractère desdeuxofficiersvinrenl à bout de calmer ces alarmes. On commença de se persuader que leprince ne vouloitpas ruinerAntioche , puisqu’il confioit savcngeancGàdeuxminislressiéquilables et si modérés. A leur approche, une foule de peuple sortit au devant d'eux; et les conduisit;» leur demeure, avec des acclamations mêlées de prières et de larmes.

Les deux commissaires n’étoient pas de ces courtisans vils et mercenaires , qui , livrés sans réserve, ;» la passion dt; leur maître , vont aussi vite que son caprice , et lui préparentd’inutiles repentirs. C’étoienl des hommes prudens et vertueux ; et c’est une louange pour Théodose , d’avoir choisi dans sa colère deux ministres propres , non pas à la servir aveuglément , mais ;i la diriger et ;'i la retenir d;ins les bornes d’ime exacte jus-

ticp. Ils npprirrni , en arrivant , crne 1rs maj»istrals le® avoirnt prévenus , et que la sédition étoil déjà punie par des exemples assez ri^’oiireiix. Cependant, par es • ordres du prince, ils se voyoient réduits à la lrist<' » écessité de rouvrir les plaies récentes de celle mallieureiise ville , et d’en faire encore couler du san<(. Ils signifièrent d’ahord la révocation de Ions les privilèges d’Antioche. Le lendemain , ils tirent comparoîlre tous ceux qjii composoicnl le conseil de la ville. Ils écoulèrent et les accusations formées contre eiix, et leurs ré- ‘ ponses. L'humanité des juges adoucissoit, autant qu’il leur étoit permis , la sévérité de leur ministère. Ils n’employoient ni soldats, ni lecteurs pour imposer silence. Ils penneltoienl aux ac<’usés de plaindre leur sort, de verser des pleurs : ils en versoient euxmêmes ; mais ils ne leur laissoient espérer aucune grâce ; ils paroissoienl à la fois compatissans et inflexibles. Sur la fin du jour, ils firent renfermer tous ceux ,qui étoienl convaincus, dans ime grande enceinte de murailles , sans toit et sans aucune retraite qui put les garantir des injures de l’air. C’étoient les personnes les plus considérables d’Antioche, par leur naissance, par leurs emplois et par leurs richessee. Toutes les familles nobles prirent le deuil. La ville perdoit avec eux tout ce qu’elle avoit d’éclat et de splendeur. - Le troisième jour devoit être l<^lus funeste. Tous les babitans étoienl glacés d’elfroi. C’éloil le jour destiné au jugement et à l’exécution des coupables. Avant le lever du .soleil , les commissaires sortent de leur demeure , à la lueur des flambeaux. U monlroicnt une* contenance plus sévère que la veille ; et l’on croyoit déjà lire sur leur front la sentence qu’ils alloieul prononcer. Comme ils fraversoient la grande place, suivis d’une foule de peuple , une femme avancée en âge , la tête nue, les cheveux épars, saisit la bride du cheval d’y/e/Zéi/çi/e; et, s’y tenant attachée, elle l’accompagne avec des cris lamentables. Elle demandoit grâce pour son, fils di.stinpié par ses emplois et par le mérite de .son père. En meme temps, Uellchique et Cesaire se voient environnés d’une multitude inconnue , que des vetemens lugubres, des visages pâles et exténues

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faisoient ressembler à fies fanlnmes plutôt qu’ô des boni mes Cél oient les solitaires des environs d'Antioche , qui , dans celle triste conjoncture , étoient accourus de toutes parts ; et tandis que les philosophes païens , plus orgueilleux , mais aussi timides que le vulgaire , étoient allés chercher leur sûreté sur les montagnes et dans lcsca%'ernes, les moines, qui étoient alors les vrais philosophes du christianisme, et qui porloienl ce nom à juste litre , avoient abandonné leurs cavernes et levirs montagnes , pour venir consoler et secourir leurs concitoyens. Us s’attroupent en grand nombre autour des commissaires: ils leur parlent avec liardiesse : ils offrent leurs têtes à la place des accusés. Ils protestent qu’ils ne quitteront les juges qu’après avoir obtenu grâce. Ils demandent d’être envoyés à l’empereur. «Nous avons , disent-il , un prince chre- « tien et religieux , il écoutera nos prières. Nous ne « vous permettrons pas de tremper vos mains dans le « sang de vos frères , ou vous nous immolerez avec. « eux.» llellébique et Césaire tàchoient de les écarter, en leur répondant qu iis n’étoient pas maîtres de pardonner, et qu’ils ne pouvoient désobéir au prince , sans SC rendre eux-mêmes aussi coupables que le peuple' d’Antioche. Ils continuoienl leur marche , lorsqu’un vieillard , dont l’extérieur n’avoit rien que de méprisable, s’avança à leur rencontre. Il étoit de petite taille , vêtu d’habits sales et déchirés. Saisissant par le manteau l’un des deux commissaires, il leur commanda à tous deux de descendre de cheval. Indignés de cette Audace, ils alloient le repousser «avec sévérité, lorqu’on leur ditque c’étoitZI/ac^fZone.Cenom les frappa d’une vénération profonde.jIfacéfZonevivoildepuis longtemps sur le sommet des plus hautes montagnes de Syrie , occupé nuit et jour de la prière. L’austérité de sa vie lui avoit fait donner le surnom de Critophage , parce' qu’il nesenourrissoit quede farine d’orge. Quoiqu’il fût très-simple , sans aucune connoissanec des choses du monde, etqu’il se fût rendu comme invisible aux autres liommes, il étoit célèbre flans tout l’Orient. Les commissaires s’étant jetés à ses pieds , le prioicnt de leur pardonner, et de souffrir qu’ils exécutassent les ordres

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de l’empereur.' Alorsce solitaire , instruit par la sagesse divine , leur parla en ces termes : « Mes amis , portez « ces paroles au prince : Vous n’êtcs pas seulement « empereur ; vous êtes homme , et vous commandez « à des hommes de même nature que- vous. L’homme « a été formé à la ressemblance de n’est-ce donc « pas un attentat contre Dieuraêine ,de détruire cruel- — « Iementsüiiimage?Onnepeutoutragerl’otivrage,sans » irriter l’ouvrier. Considérez à quelle colère vous em- « porte l’insulte faite à une fignre de bronze. Et une fi- « gure vivante, animée, raisonnable, n’est-elle pas d’un « plus grandprixPll nous est aisé de rendre à l’empereur « vingt statu es pour une seule ; mai s après nous avoir ôté «la vie, il lui sera impossible de rétablir un seul cheveu « de notre tête. » Le discoursdecethomme sans lettres fit une vive impression surles commissaires. Ils promirentà Muct^one de faire part à l’empereur de ses sages remontrancesi. . ,

lis se trou voient dans un extrême embarras , et n’étoient guère moins agités au dedans d’cux-mêines , que les coupables dont ils dévoient prononcer la sentence. B’un côté , les ordres de l’empereur leur faisoient craindre d’attirer sur eux toute sa colère ; de l’autre , les cris et les vives insümces des habitans , et sur-tout des moines , dont les plus hardis menaçoient d’arracher les criminels des mains des bourreaux , et de subir eux-mêmes le supplice, désarmoient «leur sévérité. Dans cet état d’incertitude , ils arrivent aux portes du prétoire , où l’on avoit déjà conduit ceux qui dévoient être condamnés. Ils y rencontrèrent un nouvel obstacle. Les évêques qui étoient alors dans Antioche ( et il s’en trouvoit .toujours quelquesuns ‘dans cette capitale de l’Orient ) se présentent de- ,vant eux. Ils les arrêtent , et leur déclarent que s’ils ne veulent leur passer sur le corps , il faut qu’ils leur proti, mettent de laisserla vieauxprisonniers.Surlesiefiisdes commissaires, ils s’obstinentàleuiTermerle passage. Ei> fiaC^AOtreetI/<f/Zeii7«eayanttémoigné,par un signe de tête, qu’ils leur accordoient leui- demande , ces prélats poussent un cçi de joie -, Us leur baisent lesmains,ils em- Lrassent leurs gcnoux.Le pAiple ej. les moinesse jettent

PARDON

en nipine temps flans le prétoire ; et la garde ne peut arrêter cette foule inipélneuse. Alors celte mère éplorée , qui n’avoit pas quitté la bride du cheval à' IleUébique, apercevant son fils chargé de chaînes, court à lui, l’entoure de ses bras , le couvre de ses cheveux, le traîne aux pieds d’ilellébitjue; et, les arrosant de«eslarmes, elle conjure ce général, avec des cris et des sanglots, de lui rendre l’unique soutien de sa vieillesse, ou de lui arracher à elle-même la vie. Les moines redoublent leurs instances; ils supplient les juges de renvoyer le jugement îi l’empereur; ils offrent de partir sur-le-champ, et promettent d’obtenir la grâce de tant de malheureux. Les commissaires ne pouvant retenir leurs larmes , se rendent enfin. Ils consentent à surseoir l’exécution jusqu’à la décision de 1 héodose. Mais ils ne veulent pas exposer tant de vieillards exténués par les austérités, aux fatigues d’un longet pénible voyage. Ils leur demandent sefilement une lettre ; ils se chargent de la porter au

E rince, et d’y joindre les plus pressantes sollicitations.

ics solitaires composèrent une requête dans l.iquelle,en implorant la clémence de Théodose , ils lui mettoient devant les yeux le jugemenldeDien,et protestoient que s’ilfalloitencoredusangpourappaisersonconrroux , ils étoientprêtsàdonnerleurviepourlepeupled’Antioche.

Les deux commissaires convinrent qnTfeîlebiguc de- Hieureroitdans la ville, et que Césaire iroit à Constantinople. Ilslirent transférer les criminels dans une prison plus commode.C’éloit un vastcédificc orné de portiques et de jardins , où sans les délivrer de leurs chaînes , on leur permit de recevoir toutes les consolations de la vie.

partit le soir même; et, volant avec plus d’empressement que s’il se fut agi de sa propre vie , il fit plus de trois cents lieues en six jours , et arriva , sans être reconnu , à Constantinople. H se fit sur-le-champ annoncer à l’empereur. Il lui présenta le procès-verbal qui contenoit le détail de la sédition et de ses suites. U n’y avoit pas oublié la requête des moines et la remontrance de Macédone. Il en fit la lecture par ordre du

f (rince. Aussitôt, se jetant à se pieds, il lui représenta e désespoir des habitans , les chàtimens rigoureux qii’üs avoient déjà éprouvé , la gloire qui lui revien-

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droit de sa clémence. Théodose versa des larmes : son cœur eommcncoil à s’attendrir 5 mais la colère eom- Laüoil encore ces premiers nionveinens de compassion.

11 y avoit déjà sept ou huit jours qacFlavien éloil arrivé à Constantinople. Mais, soit qu'il crût que l’empereur était trop irrité, soit que ce prince l’évitât à dessein, il ne s’étoit point jusqu’alors présentéà 'Théodose. Plongé dans la douleur la plus amère , il ne s’occupoit que des maux de son peu})le.Sonabsence les lui rendoit plus sensibles , parce qu’il ne pouvoit les soulager. Scs entrailles étoient déchirées. 11 passoit les jours et les nuits à verser des larmes devant Dieu , le priant d’amollir le cœur du prince. L’arrivée àcCésaire lui rendit le courage. 11 alla au palais. Dès qu’il parut devant l’empereur, il se tint éloigné, dans un morne silence, le visage baissé vers la terre , comme s’il eiit été chargé de tous les crimes de ses compatiiotcs. Théodose, le voyant confus et interdit , s’approcha lui-même ; et levant à peine les yeux , le cœur serré de douleur , au lieti de s’abandonner aux éclats d’une juste colère, il sembloit faire une apologie. Rappelant en peu de mots tout ce qu’il avoit fait pour Antioche , il ajoutoit à chaque trait : « C’est donc ainsi que j’ai mérité tant d’outrages ! » Enfin , après le récit des bienfaits dont il avoit comblé cette ville ingrate : « Quelle est donc « l’injustice dont ils ont prétendu se venger , conli- « nua-t-il? Pourquoi , non coutens de m’insulter, ont- « ils porté leur fiircur jusques sur les morts ? Si « j’élois coupable à leur égard , pourquoi outrager « ceux qui ne sont plus , et qui ne les ont jamais offen- « sés ? N’ai-je pas donné à leur ville des marques de « préférence sur toutes les autres de l’empire? Je « désirois ardemment de la voir : j’en parloissans cesse; « j’attendois avec impatience le moment où je pour-. 1^ rois , en personne , recevoir les témoignages de leur << affection , et leur en donner de ma tendresse. »

Flavien, pénétré de cesreproclies , et fondant en larmes, pousse un profond soupir, rompt enfin le silence, et d’une voix entrecoupée de sanglots ; «Prince, dit-il, notre ville infortunée n’a que ü'op de preuves de votre

amour ; et ce qtii faisoil sa gloire , fait aujourd’hui sa honte ol notre douleur. Détruisez-la jusqu'aux fondemens , réduisez-la en cendres , faites périr jusqu'à nos enfans par le tranchant de l'épée : nous méi itous cucore de plus sévères chàtimens ; et toute la tei re , épouvantée de notre supplice, avouera cependant qu'il est au-, dessous de notre in^atitude. Nous en sommes même « déjà réduits à ne pouvoir être. plus malheureux. Accablés de notre disgrâce , nous ne sommes plus qu'un objet d’horreur. Nous avons , dans votre personne , offensé l'univers entier : il s'élève contre nous plus fortement quevous-même.IInercsleà nos maux qu’un seul remède. Imitez la honte de Dieu : oulmgé par ses * créatures , il leur a ouvert les deux. J’ose le dire, grand prince , si vous nous pardonnez , nous devons notre salut à votre indulgence ; mais vous devrez à notre offense l’éclat d’une gloire nouvelle. Nous vous aurons, par notre al tentât, préparé une couronne plus brillante qtie celle dont Gratien a orné votre tête ; vous ne latiendrez que de votre vertu. On a détruit vos statues. Ah ! qu'il vous est facile d’en rétablir qui soient infmin\ent plus précieuses! Ce ne seront pas des statues muettes et fragiles , exposées dans les places auxcaprices et aux iiirjures : ouvrages de laclémence,el aussiimmortelles que la vertu même , celles-ci seront placées dans tous les creurs ; et vous aurez autant de monumens qu'il y a d’hommes sur la terre, et qu’il y en aura jamais. Non, les exploits guerriers, les trésors , la vaste elendued un empire , ne procurent pas aux princes un honneur aussi pur et aussi durable que la honte et la douceur. l\appelez-vous les outrages que des mains séditieuses firent aux statues de Constantin , et les conseils de ces courtisans qui l’excitoient à la vengeance. Vous savez que ce prince , portant alors la main à son front, leur répondit . en souriant : Rassurez-vous, je ne suis point blessé. OfP a oublié une partie des victoires de cet illustre empe- . reur; mais cette parole a siu*vécu à ses trophées : die sera entendue des siècles à venir ; elle lui méritera à jamais les éloges et les bénédictions de tous les hommes. Ôu'est-il besoin de vous mettre sousles yeuxdesexern- - ^ pies

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pies étrangers ? 11 ne faut que vous montrer vous-même. Souvenez-vous de ce soupir généreux que la clémence fil sortir de votre bouche, lorsqu’aux approches de la fête dePàques, annonçant, par un édit, aux criminels leur pardon , et aux prisonniers leur délivrance, vous ajoutâtes : Que n’ai-je aussi lepouvoirde ressusciter les mor^Æ /Vouspouvezopérer aujourd’huice miracle. Antioche n’est plus qu’un sépulcre ; ses ha}>itnns ne sont plus que des cadavres; ils sont morts avant le supplice qu’ils ont mérité : vous pouvez , d’un seul mot , leur rendre la vie. Les infidèles s’écrieront : Qu’ilest grandy le Dieu des chrétiens l Des hommes il en sait faire des anges : il les affranchit de la tyrannie de la nature. Ne craignez pas que votre impunitécorrompe les autres villes. Hélas ! notre sort ne peut qu’effrayer. Trcmblans sans cesse , regardant chaque nuit comme la dernière, chaque jour comme celui de notre supplice , fuyant dans les déserts, en proie aux bêtes féroces, cachés dans les cavernes, dans les creux des rochers, nous domicBis au reste du monde l’exemple le plus funeste. Détruisez Anlioclie; mais détruisez-la comme le Tout-Puissant détruisit autrefois Ninive. Effacez notre crime par le pardon; anéantissez la mémoire de notre attentat, en faisant naître l’amour ellareconnoissance. llestaisé de brûler des maisons , d’abattre des murailles ; mais de changer tout-.à-cou P des rebelles en sujets fidèles et affectionnés , c’est l’effet d’une vertu divine. Quelle conquête une seule parole peut vous procurer ! Elle vous gagnera les cœurs de tous les hommes. Quelle récompense vous recevrez de l’Etcrnel ! 11 vous tiendra compte, non-seulement de votre bonté , mais aussi de toutes les actions de miséricorde que votre exemple produira dans la suite des siècles. Prince invincible , ne rougissez pas de céder un foible vieillard , après avoir résisté aux prières de vos plus bxaves officiers. Ce sera céder au souverain des empereurs , qui m’envoie pour vousprésenter l 'Evangile, et vous direde sa partrA/eo^î ne remettez pas les offenses commises contre vous, votre Père céleste ne vous remettra pas les vôtres. Heprésentez-vüus ce jour terrible, dans lequel lesprincesctlcssa- Tû/ne III. li

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jels comparoîlront au tribunal de la suprême instice , et faites réllcxipn que l«utcs vos fautes seront alors effacées par le pardon que vous nous aurez accordé. Pour moi, je vous le proteste, grand prince, si votre juste indignation s'appaise , si vous rendez à notre patrie votre bienveillance , j’y retournerai avec joie ; j irai bénir , avec mon peuple , la Bonté divine , et célébrer la vôtre. Mais si vous ne jetez plus sur Anlioclie que des re'^ards irrités , mon peuple ne sera plus mon peuple : je ne le reverrai plus ; j’irai , dans une retraite éloignée, cacher ma honte et mon allliction; j’irai pleurer, jusqu’à mon dernier soupir, le malheur d’une ville qui aura rendu implacable à son egard le f lus humain et le plus doux de tous les princes. »

Pendant tout le discours de FZaeicfi,l’empereur avoit faitefiforl sur lui-même pour resserrer sa douleur.Enfin, ne pouvant plus retenir ses larmes : « Pourrions-nous , « dit-il, refuser le pardon à des hommes semblables à « noifs , après que le Maître du inonde , s’étant réduit « pour nous à la condition d’esclave , a bien voulu de- « mander grâce à son père pour les auteurs de son sup- « plice , qu’il avoit comblés de ses bienfaits ? » Flavien , louché delà plus vive reconnoissance,demandoità l’empereur la permission de demeurer àConstantinople,pour

célébrer avpc lui la fête de Pâques. «Allez, nionpere, « lui diiThéodose, hâtez-vous de vous montrer à votre « peuple : rendez le calme à la ville d’Antioche. Après « une siviolente tempête, elle nesera rassurée que lors- «■qu’ellereverrasonpilote.»L’cvêque le supplioit d’envoyer son ii\s J rcadius. Le prince, pour lui témoigner que, s’il lui refusoit cette grâce, ce n’éloit par aucune impression de ressentiment, lui répondit: «Priezpieu « qu’il me délivre des guerres dont je suis menacé , et « vous me verrez bientôtmoi-même.» Lorsque le prélat eut passé ledélroit,'./ Zi</o<ioje lui envoya encore des officiers de sa cour , pour le presser de se rendre à son troupeau avant la fête de Pâques. Quoique Flavien usât de toute la diligence dont il étoit capable , cependant, pour' ne pas dérober à son peuple quclqiies inonicns de joie, i) SC lit devancer par- des courriers qui portèrent la

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PARDON. iq

lettre de Pempereur avec une promptitude inrrovablè.

Depuoique Césaire étoil parti d’Antioche, les esprits flottoient entre l’espérance et la crainte.Les prisonniers sur-tout recevoient sans cesse des alarmes, par les bruits

publics qui se répandoient,quel’enipereurétoitinllexi-

ble ; qii il persistoitdans la résolution de ruiner la ville. Leurs paï ens et leurs amis , gémissant avec eux, leur disoienl tous les jours le dernier adieu ; et l'éloquente charité de 9>.JeanChrysostômc pouvoità peine les rassurer. Lnün la lettre de 7 'héodoSe arriva pendant la nuit , et fut reiidue à lIellébique.Ç,ci officier généreux sentit le premier toute la joie qu’il alloit répandre dans Antioche. Il attendit le jour avec impatience ; et dès le matin il se

t ransportaau pré toire.L’allégresse peinte sur son visa-'e

amioncoit le salut. 11 fut bientôt environné d’une foule de peuple qui poussoit des cris de joie 5 et ce lieu , arrosé de tant de larmes quelques jojirs auparavant, relentissoit d acclamations et d’éloges. Tous ceux que la crainte avoit jusqu’alors tenus cacliés , a(‘couroient avec trans- })ort. Tous s’efforcoient d’approcher à’IIelléhique. Ayant imposé silence , il fit bii-même la lecture de la lettre. Elle contcnoit des reproches tendres et paternels. Th/iodose y paroissoit plus louché des insultes faites à Flaccille et à son père, que de celles qui tom- Loient sur lui-meme. Il ycensuroit cet esprit de révolte et de mutinerie, qui sembloitfaire le caractère du peuple d’Antioche; mais ilajoutoitqu’il étoil encore plus naturel à Théodose de pardonner. Il témoignoit être allîi''é que les magistraLs eussent ôté la vie è qitelques coupables,et tinissoit par révoquer tous lesordresqu’ilavoit donnés pojir la punition de la ville et des habitaas.

A ces ipols, il s’élève un cri général. Tous se dispersent pour .aller porter cette heureuse nouvelle à leurs

femmeset. àlcursenfans. La veille, onaccusoitdelenteur

l'iavien c\.Césaire;en pc niomenton s'étonne qu’uueaffaire si importante , si difficile , ait été si promptement terminée.On ouvre les bains publics : on orne les rues et les places de festons et de guirlandes; on y dresse des tables : Antioche entière n’est plus qu’unesalle de festin. La nuitsuivanle égale la lumière des plus beaux joui s;la

3« t> \ K D O Pf.

ville estëclairée de flambeaux .On l)(5nlt l’Etre souverain qui tient en sa main le cœur des princes : on célèbre la clémence de rempereur 5 on comble de louanges Fla~ vien , Hellébiqne et Césaire. Helléhique prend part à la réjouissance publique : il se mêle dans les jeux , dans les festins. Les jours suivans , on lui dressa des statues , ainsi qu a Césaire ; et lorsqu'il fut ensuite rappelé par l’empereur , il fut conduit hors de la vifle avec les vœux et les acclamations de tout le peuple. Flavien reçut , h son an ivée , des témoignages de reconnoissance encore plus précieux et plus dignes d’un évêque. 11 fat honoré comme un ange de paix ; et toutes les églises retentirent d’actions de grâces.

Ainsi se terminèrent les suites d’ime sédition que la politique se seroit crue obligée de châtier a la rigueur , pour donner un exemple terrible. Celui qui veille en même temps à la suieté et a la gloiie des monarques qui le servent , ne voulut armer contre les coupables que les bras de leurs propres magistrats: il ne laissa au prince que l’honneur de pardonner.

4. Théodose II avoit vingt ans accomplis ; et l’illustre pJichérie , sa sœur , lui cherchott une épouse dans les plus nobles maisonsde l’empire. Pai/ /in, qu’une tendre amitié attachoit à l’empereur depuis l’enfance , partageoit ce soin avec l’auguste tutrice ; et ils eprouvoient tous deuxcombicnilestdilBcile de rencontrer ensemWe toutes les grâces et toutes les vertus. Pendant qu ils

s’occupoientdecetlcrccherche,unejeimeAthénienne,

conduite par l’infortune , vint à ConsUintinople. Elle éloit fille de Léonce , célèbre sophiste d’Athènes ; et son père , trouvant déjà en elle tous les dons de la nature, avoit pris le plus grand soin de cultiver son esprit. 11 y avoit beaucoup mieux réussi que dans 1 éducation de ses deux fils , qui n’eurent d’autre mérite nue d'être frères à’Athénaïs (c’étoitle nom de celte fille). Leo/zee

étoilriche.Ilmourut,elliteu mourant un testament bizarre. «Je laisse, disoit-il, tous mes biens à mes deux fils << Valhre ciGénésius, :\ condition qu’ils donneront à leur

« sœur cent pièces d’or. Pour ellc,sonméritc,qui l’élève

« au-dessus de sonsexe,lui sera d’une assez grande res- « sourc*. » Les cent pièce# d'or ne faisaient guère que

treize à quatorze rents livres de notre monnaie actuelle. Athénàls, déshéritée pour la raison même qui rend les auties pères plus favorables, conjura d’abord ses deux frères de réparer cette injustice, et de lui accorder sa légitime, les prenant^ témoins qu’elle n’avoit pas mérité cette disgrâce, et leur représentant que l’indigence de leur sreurseroitpoureux, sinon un sujet d’a{ïliction,du moins un reproche continuel. Ces âmes vulgaires n’écoutèrent que l’intérctjet pour oublier leur sœur, ils la chassèrentde la maison palernelle. Elle se réfugia chez une tante qui la conduisit à Constantinople, pour y solliciter la cassa t>ondntestament Elless’adrcssèrentàj“///cA«?r/'e. Athénàis étoit d’une beauté éblouissante. Elle expo, ale sujet de sesplaintes avec des grâces si touchantes,que la princessefu taussi charmée de son esprit quedesabea 1 1 1 é . Pr/ZcAérzes'informadescsraœurs^etayanlapprisqu’elles étoient irréprochables , elle crut avoir trouvé dans cette îeiinefille ce qu’elle cherchoitvainement à la cour. Elle fitaussitôtpartàsonfrèredecettc heureuse découverte.

Ce récit excita dans le jeune prince une vive impatience de voir u^Z/A^/ia/j.Sous prétexte de s’instniireplus en détail de l’objetde sa requête, Pi/ZcAcWe la fit entrer dans son appartement, où Théodose, sans être aperçu d’elle, eut le temps de laconsidérer d’un lieu où il étoit Asec. Paulin. Tous deux fiirent frappés de l’éclat de sa persoune, tandis que Pulchérie adiniroitla justesse , les grâces et la modestie de ses discours. 'I héodoseen devint passionnément amoureux, et n’eut pointde repos qucle m.ariage ne fût conclu.JLefoHceétoit païen.^P Aenaif J, élevée dans la religion de son père, fut instruite du christianisme, et baptisée sous le nom d’PwJoci’e.Lcsfrères de l’impératrice avoientmérité son ressentiment. Ils prirent la fuite et se cachèrent, dès qu’ils apprirent qu’elle étoit devenue épouse de leur souverain. Ea princesse , plus généreuse et plus habile qu’ils n’étoienten fait de vengeance,nevoulut les punir quepar des bienfaits.Elle les fit chercher, et conduire à Constantinople . Lorsqu’ils parurent devant elle , trcmblans et déconcertés : « Ne « craignez rien, leur dit-elle ; loin de vous savoir mau- « vais gré , je vous regarde comme les auteurs de mon « élévation. Ce n’est pas votie*dureté qui m’abannie de

« la maison paternelle , c’est la Providence divine qui « m’a prise par la main,p(mrme eondiiirc sur le trône.» Elle procura à f^alhre la dignité de maître des offices, et à celle de préfet du prétoire d'illyrie.

5. Au troisième sièclc,il y avoitenOrientnn chrétien nommé Nicéphore, quiétoitamiparhculierd’iin prêtre nommé Snprice. Après avoir été long-temps parfaitement unis, lejir amitié se ralentit, et fini* par une ru p( ure entière.lly avoitdéjà plusieurs annéesqueleur inimitié duroit, lorsque le laïque rentrant en Ini-mcnie.s adressa enfin aux amisduprêlre pou rlàclierde se réconcilicravec lui, mais inutilement. Ilsejelle aux pieds de le

conjure de lui pardonner, mais ce prêt re implacable est sourd à ses prières. Dans la persécution de price estarrêlépar les persécuteurs, etfait paroîire un

c.ouragehéroïqiicdansunecruellcquestionàlaquellcon l’appliqua.Condamnéèavoirlalêle coupée, ileslcondÿit ausupplice.A7cépAereaccourt ,seprost ornc de nouveau • à sespieds, lui demande liuniblenicntson pardon; mais Saprice ne daigne pas lui répondre. McépÆo/-ecourt par nne autre rue pour se présenter encore devant lui, avec larmes, et le presse, par les prières les plus louchantes, le suivant ainsi jusqu’au lieu du supplice, et continuant, ' avec l’étonnement des bourreaux,de solliciter sa réconciliation ; mais le cœur de ce prêtre , déj.à endurci, demeure inexorable. 11 ose luonlcr à raulcl où se devoit ofîrir son sacrifice, contre la defense de Jésus-Christ , sans se réconcilier auparavant avec son frère. Lorsqu'il est sur l’échafaud, l’exécuteur lui dit de se mettre à genoux,afin de lui abattre la fête;inai.s.à l'instant, I horrèur de la mort saisit son amc : il demande grace.il offre d’immoler aux fauxdieux, conformément à l’édit de l’empereur.Dieu fil voir en cette rencontre ,com bien ildélesfe roblaliond’un’hommedont le cœur est remplide haine, et combien il «•héritccluiquipardonne.A7cép/io/'e, saisi de douleur ;i la vue d’une telle aposlasic.se déclare chrétien.On l’arrête; on lui tranche la tête; il reçoit la couronne du martyre , dont Saprice s’étoil rendu indigne.

Le calife //w.Mcïn, fils d'y^/i ly, ayant été blessé par nn esclave, qui lui Lissa Lumber, par inégardc,un plat

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