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I. Vy N orateur déclamoit ptibliquemer.t contre le célèbre Iphicrate, l’un des plus grands généraux de son siècle. « Qui es-tu, disoit-il avec mépris, et qui peut te « rendre si fier ? Dans quel genre de service t’es-tu dis- « tingué ? Es-tu cavalierou fantassin j archer ou cuiras- « sier.^ — Non dit froidement Iphicrate ; mais je suis « celui qui commande à tous ces gens-là. »
2. Sylla , après avoir rempli l’IJnivers de.meurtrea et de carnages , abdiqua cette fameuse dictature qui avoit été si funeste aux Romains , et s’en retourna chez
, lui en simple particulier.XJn Jeune homme insolent le poursuivit jusqu’à sa maison, en l’accablant d’injures. Sylla supporta cet outrage avec un grand sang froid; il dit seulement : « Ce jeune étourdi sera cause que per-' ■« sonne , après moi , ne se démettra volontairement « de la dictature. » ’ >
3. Phocion regardoit comme indigne d’un- homme d’état d’employer dans ses discours un style mordant et satyrique , et ne répondit que par le silence et la * patience à ceux qui s’en servoienl contre lui. Un ora-^ leur bayant interrompu pour l’outrager , il le laissa parler autant qu’il voulut , puis , reprit son discoursfroidement , comme s’il n’avoit rien entendu.
4. Epictète , philosophe stoïcien , esclave à’Epa- ■phrodite, affranchi de l’empereur Nëron-y fut, dans cet état d’humiliation, un modèle depatience.Un jour son inaHre, homme violent et emporté, lui donna lui grand coup sur la jambe : «Prenez garde de la rompre, » lui. dit Epictète sans s’émouvoir, Plus irrité qu’au paravont, Epaphrodite redoubla de telle sorte, qu’il la lui cassa effectivement. « Je l’avois biçn prévu, dit alors- le farw»- ■if quille philosophe. »
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S.ljft jour rn^me cfue César fut assassine, Brutus, chef de la conjuration, élant alors prêteur, rendit la justice et écouta ceux qui se présentèrent, avec autant de sau^ froid et de tranquillité que s’il n’ei\t point eu d autre affaire. Quelques-uns même de ceux qu’il avoit condamnés, se plaignant de sa sentence, et criantqu’ils en appeloient César ; Brutiis , sans s’émouvoir , regardant l’assemblée , dit hautement : « César ne m’empê- « chcra jamais de faire ce que commandent les lois. »
6. Li’enipereur ^larc-AuKele touchoitaux portes du tombeau; mais ce dernier moment, qui souvent déconcerte l’ame la plus intrépide , ne lui avoit rien fait perdre de ce sang froid philosophique qui constitiioit son caractère. Le tribun vint, suivant l'usage, lui demander le mot : « Mon ami, lui répondit-il, adressez- « vous an soleil levant ; pour moi, je me couche. »
7. Philippe II , roi d’Espagne, avoit armé une flotte qu’on nomma Vlnvincibl^ parce qu’elle couvroit tout l’Océan. Son dessein étoit de conquérir l’Angleterre ; mais la tempête ruina entièrement ses vaisseaux a la vue des côtes do la Grande-Bretagne. Lorsqu on lui apprit ce désastre , il étoit à écrire; il répondit seulement : « Je ne l’avois pas envoyée combattre les vents;» et il reprit la plume comme si cette nouvelle lui eût été ahsoniment étrangère. Une autre fois , ayant passé^ une nuit entière à faire des dépêches , sui' le malin il les* donna à son secrétaire , qui les étala tonies sur une table pour y mettre les adresses. Pour qu’elles ne s’effaçassent point , il voulut y mettre du sable ; mais , comme il étoit à moitié endormi, au lieu de la sablière, il prit l'encre, et la répandit tellement, que tout l’o»ivrage de la nuit fut perdu. Philippe lui dit Iranrpiillement: «Voilà le cornet à l’encre, et voilà la sablière; et , sans autre mouvement d’impatience , il se nrtit à» récrire ce que l’inallentif secrétaii'e avoit gâté.
8. Lebaron<7ef*tf/»tenWer,ambassadcurdc l’empire près de Louis XIV:, avoit la répulalion de ne jamais se décontenaacer.LoMÎA Ai^lui donnant audience, parut piqué du peu d’impression que sa personne faisoit sur cet ambassadeur. Ce prince, pour l’intimider, 1 inler-
J 68 sancfroid.
rompit i la première période de sa harangue, qui commencoitainsi: «Sire, l’empereur mon maître, m’envoie versvotremajesté : » en lui disant d’un ton élevé : «Plus haut , monsieur l'ambassadeur. » Mais celui-ci lui répondit sans s’émouvoir: « Plus haut? L’e/r^perew/', mon maître, sire, m’envoie vers votre majesté...,» en nommant l’empereur le premier , haussant la voix et continuant son discours avec assurance.
9. Le marquis deBiveroles, mort officier-général des armées du roi , avoit une jambe de bois. Un boulet de canon la lui emporta , tandis qu’il alloit reconnoîlre un poste. « Le canon , dit-il , sans montrer aucune émo- « tion ; le canon en veut à mes jambes ; mais cette « fois je l’ai pris pour dupe , car j’en ai une autre dans « mon chaniot. »
10. Le maréchal Fabert, se disposant défaire le siège d’une ville , monlroit les dehors de cette place avec un doigt , pour désigner l’«ndroit par où il faudroit opérer. Un coup de mousquet lui emporta ce doigt , et il parut n’y pas faire attention : «Messieurs, con- « tinua-t-il , je vous disois donc qu’il seroit bon de « placer ici vos retranci cours avec le meme san autre doigt la partie la p
11. Au fameux passage du Rhin , de Vivonne étoit au milieu du fleuve , lorsque son cheval fit un mouvement qui pensa le désarçonner. 11 se tint ferme;
et , conservant toute sa tranquillité : «Au moins, dil-il =• « .a son coursier , ne t’avise pas de faire mourir un « amiral dans l’eau douce. »
13. Les Français , battus à la journée de Brenne- ■\ille en 11 19, fuyoient devant le duc de Normandie.
Un Anglais saisit la bride du cheval de Louis-Ie-Gros , en criant : « Le roi est pris ! » Le monarque répondit sans s émouvoir : Ne sais - tu pas que , même au jeu « des échecs, qn ne prend jamais le roi? » En parlant ainsi , il porloit à ce soldat un coup de sa masse d’armes^, et l'abatloit mort à ses pieds.
i3. Au siège de Namiir , en 1692 , le comte de Toulouse , qui étoit aiqnès àel.ouis A'/^'dans l’ataque d’un ouvrage, reçut an bras un coup de mous- '
iiemens. » II acheva son disg froid , et en indiquant d’un lus foible de la place.