SANG FROID
qûet. On enicndit le bruit de la halle ; et le monarque demanda si quelqu’un ëtoit blessé. « II me sem- « ble , dit en souriant le jeune prince , que quelque « chose m'a touché. » Cependant la contusion étoit considérable *, et la balle avoit noirci le galou de la manche , comme si le feu y avoit jiassé.
A cette même expédition, un soldat du régiment des Fusiliei s , qui ti-availloit .à la tranchée, y avoit porté un gabion : un cou]) de canon vint et emporta son gabion. Aussitôt il en alla poser .a la même place un autre, qui fut sur-le-champ enlevé par un autre coup de canon. Le soldat, sans rien dire, en prit un tioisièine et l’alla poser. Un troisième '*oup de canon emporta ce troisième gabion. Alors le soldat rebuté se tint en repos"; mais son officier lui commandade ne point laisser cet endroit sans gabion. Le soldat dit ; «J’y irai, mais j’y serai tué.» 11 y alla; et, en posant son quatrième gabion, il eut le bras fracassé d’un coup de canon. Il revint , soutenant son bras pendant avec l’autre bras, et se contenta dedire à son officier : «Je l’avais bien dit.» 11 fallut lui couper le bras, qui ne tenoit presque à rien. 11 souffrit l’amputation sans proférer un seul mol; et après cette operation cruelle , il dit fioidemenl : «Je suis donc hors d’état de « travailler ; c’est maintenant au roi à me nourir. »
i^.A la bataille de Dettingue, en 174^, le jeune comte de Boufflers , de la branche de Remiancourt , enfant de dix ans et demi , eut la jambe cassée d’un coup de canon. 11 reçut le cotip, se vitcouper la jambe, et mourut avec un égal sang froid. T ant de jeunesse et tant de courage attendrirent tous «eux qui furent témoins de son malheur.
15. Dans lachaleiir delacélèbrc bataillede Fontenoi, Lavis XV fit ramasser les boulets de canon qui tomboient auprès de lui, et ditgaiment àM. de Chabrîer, officier d’artillerie : « Renvoyer ces boulets aux cn- « nemis , je ne veux rien avoir è eux. »
16. Au combat d’Exilcs , en 1747 > le marqiiis de Brienne, colonel d'Artois, ayant eu un bras emporté, retourna aux palissades, en disant : « II m’en reste un « autre pour le service du roi; «et il fut frappé à mort.
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