‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 59 sur 169 · SANG FROID · texte numérisé non relu

SANG FROID

17. Le comte de Grancé étant blessé au £*enou, les chirnrî,MPns lui firent beaucoup d'incisions, qu'il souffrit d’abord constamment ; mais , s’impatientant h la fin, il demanda pouniuoi ils le charpentoient si cruellement. « Nous cherchons la balle, lui répondirent-

* « ils. — Eh ! que ne parliez-vous ? leur dit le comte.

« Je l'ai dans ma poche. »

18. Charles XII, roi de Suède, dicloit des lettres à son secrétaire ; en ce moment une bombe partie du camp des ennemis qui l’assiégeoient vivement dans Slralzund,eu 1715, tomba sur la maison où il étoit, perça le toit , et vint éclater près du cabinet du monarque. Au bruit de la bombe , et au fracas de la maison qiii scmbloit tomber, la plume échappa des mains du secrétaire. « Qu’y a-t-il donc lui ditle roi d’un air tranquille.

« Pourquoi n’écrivez-vous pas? » Le secrétaire ne put répondre que ces mots : « Eh ! sire , la bombe ! — «Eh bien, reprit le prince, qu’a de commun la bombe « avec la lettre que je vous dicte? Continuez. »

iq. Les Turcs vouloient secourir la ville de Grau en Hongrie , que le brave Charles de Mansfeld assiégeoit en lôgS. Ils envoyèrent un corps de Tartares. pour insulter le camp des Impériaux. Mansfeld étoit I table lorsqu’ils s’approchèrent. Ce vaillant capitaine , au bruit qu’il entend , sort de sa lente , et dit ,* en voyant les Tartares : « Ho! ho! voilà donc enfin les.

« convives, que j’attendois depuis si long-temps ? Je « pourrai donc aujourd’hui dîner au milieu de mes « eimemis ? >> Il monte à cheval , fond sur ces troupes, les l>at, revient dîner , et la ville se rend.

20. Thomas Morus, chancelier d’Angleterre, ayant refusé de reconnoître Henri HIII pour chef de l’Eglise anglicane, fut condamné à avoir latête tranchée. Etant aux pieds de l’échafand, il appela un homme auquel il dit : « Mon cher anji, je vous ai appelé pour m’aider à « monter, afin que vous puissiez vous vanter de m’avoir |, « rendu le dernier service. » Ayant mis la tête sur le billot , et s’apercevant que sa barbe , qui étoit fort longue, étoit étendue de telle sorte que le bourreau l’auroit eoupéc eu l’exécutât , il le pria de l’accommoder

oit

Page 1