‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 66 sur 169 · Un marchand de mauvaise foi vendit à la femme · texte numérisé non relu

Un marchand de mauvaise foi vendit à la femme

de l’empereur Gallien des diamans faux, qu’il lui fit payer comme s’ils eussentété véritables.L'impératrice, ayant découvert l’imposture , en demanda vengeance à soit é^oùx. Gallien fit saisir le fripon, et le condamna aux bêtes. 11 ftit conduit dans l’arêne , et le peuple , qui étoit venu en foule à ce spectacle , s’attendoit à voir paroîlrte un lion terrible. Le marchand croyoit touchék^ au dermier moment de sa vie , lorsqu’au lieu du formidable animal , on vit paroître un chapon ; il s’éleva tout-à-coup un grand éclat de rire dans l’assemblée , et le prince fit crier par un héraut : «Le trompeur est trompé à son tour. » ,

5. Les censeurs Spipion Nasica etM^.Popilius , faisant la revue des chevaliers , aperçurent un cheval maigre et élancé , dont le maître étoit fort gras et d’un mervëilleux emboripoint. «cD’où. vient donc, luidirent- « ils, une si graiidè différence entre vous et votre che- 4: val ? — C’fest que je me soigne moi-même , répliqua le «chevalier, au lieu que c’est mon valet qui soigné « mon cheval. » Cêtle réponse trop hardie excita l’ani-* mad^rsîon des censeurs ; et la négligenc'e du chevalier, jointe à ce martque de respect, fut punie par une entière dégradation , qui ne Ihi laissa plus d’autre droit de cifoÿen , que celui de payer les tributs.

6. Pédant de siégé de Carthage , qui fut prise par Scipion, un jeune chevalier romain donna un repas à

^0 C’étoit ainsi qu’à Kôme on rendoit la liberté à ceux qui l’avoienl perdue.

ses amis , oii il fit servir un grand gâteau en forme de ville , à qui il donna le nom de Cartha^. « Allons , mes « amisjleur dit-il , pillons Carthage.» Chacun desconvives, â ees paroles, se jeta sur le gàtcaujet dans un instant il disparut. iScipion , dans la suite, ayant été censeur, ôta a ce jeune homme son cheval, ce qui étoitun grand déshonneur pour les chevaliers , et lui dit : «C’est « pour vous punir d’avoir pillé Carthage avant moi.»

7. Caton l’ancien , ce magistrat sévère , chassa du sénat , pendant sa censure , Manilius , citoyen d’une illustre naissance , pour avoir embrassé sa femme en présence de sa fille. Après une vive réprimande , il * ajouta que sa femme ne l’avoit jamais embrassé , que quand la crainte du tonnerre la forcoitde se jeter entre ses bras. Quelle étoit donc , dans ces temps heureux , l’austérité des mœurs romaines , puisqu’une faute si légère fiit jugée digne d’un tel châtiment !

O. Quelques jours avant la mort àe Lysandre , deux des principaux citoyens de Sparte avoicnt fiancé ses deux filles ; mais quand ils surent l’état misérable où cet illustre Lacédémonien avoit laissé ses affaires , ils refusèrent de les épouser. La république ne laissa point impunie une telle bassesse d’ame,et ne put souffrir que la pauvreté dejbyja«^£re,quIétoitlaplus grande preuve de sa justice et de sa vertu, fût regardée comme un obstacle qui dût empêcher de s’allier à sa famille. Ils furent condamnés à un amende, couverts de honte , et expqsés au mépris de tous les gens de bien.

9. Galba , qui dans la suite monta sur le trône des Césars , n’étant encore que proconsul d’Espagne , fit couper les mains à quelques banquiers convaincus de fraude et de rapines, et les fit clouer sur leur bureau, pour être les monumens terribles de leur injustice et de sa juste sévérité.

1 0 . Humain à l’égard de ses ennemis , Totila punissoit sévèrement le crime dans ses propres soldats. Un Romain de laCalabrc vintluidemander justicecontreunde ses gardes, l’accusant d’avoir fait violence à sa fille. Le coupable, sur son propre aveu , fut condamné à mort. Comme c’étoit un guerriei; renommé par sa valeur, les

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