Un marchand de mauvaise foi vendit à la femme
de l’empereur Gallien des diamans faux, qu’il lui fit payer comme s’ils eussentété véritables.L'impératrice, ayant découvert l’imposture , en demanda vengeance à soit é^oùx. Gallien fit saisir le fripon, et le condamna aux bêtes. 11 ftit conduit dans l’arêne , et le peuple , qui étoit venu en foule à ce spectacle , s’attendoit à voir paroîlrte un lion terrible. Le marchand croyoit touchék^ au dermier moment de sa vie , lorsqu’au lieu du formidable animal , on vit paroître un chapon ; il s’éleva tout-à-coup un grand éclat de rire dans l’assemblée , et le prince fit crier par un héraut : «Le trompeur est trompé à son tour. » ,
5. Les censeurs Spipion Nasica etM^.Popilius , faisant la revue des chevaliers , aperçurent un cheval maigre et élancé , dont le maître étoit fort gras et d’un mervëilleux emboripoint. «cD’où. vient donc, luidirent- « ils, une si graiidè différence entre vous et votre che- 4: val ? — C’fest que je me soigne moi-même , répliqua le «chevalier, au lieu que c’est mon valet qui soigné « mon cheval. » Cêtle réponse trop hardie excita l’ani-* mad^rsîon des censeurs ; et la négligenc'e du chevalier, jointe à ce martque de respect, fut punie par une entière dégradation , qui ne Ihi laissa plus d’autre droit de cifoÿen , que celui de payer les tributs.
6. Pédant de siégé de Carthage , qui fut prise par Scipion, un jeune chevalier romain donna un repas à
^0 C’étoit ainsi qu’à Kôme on rendoit la liberté à ceux qui l’avoienl perdue.
ses amis , oii il fit servir un grand gâteau en forme de ville , à qui il donna le nom de Cartha^. « Allons , mes « amisjleur dit-il , pillons Carthage.» Chacun desconvives, â ees paroles, se jeta sur le gàtcaujet dans un instant il disparut. iScipion , dans la suite, ayant été censeur, ôta a ce jeune homme son cheval, ce qui étoitun grand déshonneur pour les chevaliers , et lui dit : «C’est « pour vous punir d’avoir pillé Carthage avant moi.»
7. Caton l’ancien , ce magistrat sévère , chassa du sénat , pendant sa censure , Manilius , citoyen d’une illustre naissance , pour avoir embrassé sa femme en présence de sa fille. Après une vive réprimande , il * ajouta que sa femme ne l’avoit jamais embrassé , que quand la crainte du tonnerre la forcoitde se jeter entre ses bras. Quelle étoit donc , dans ces temps heureux , l’austérité des mœurs romaines , puisqu’une faute si légère fiit jugée digne d’un tel châtiment !
O. Quelques jours avant la mort àe Lysandre , deux des principaux citoyens de Sparte avoicnt fiancé ses deux filles ; mais quand ils surent l’état misérable où cet illustre Lacédémonien avoit laissé ses affaires , ils refusèrent de les épouser. La république ne laissa point impunie une telle bassesse d’ame,et ne put souffrir que la pauvreté dejbyja«^£re,quIétoitlaplus grande preuve de sa justice et de sa vertu, fût regardée comme un obstacle qui dût empêcher de s’allier à sa famille. Ils furent condamnés à un amende, couverts de honte , et expqsés au mépris de tous les gens de bien.
9. Galba , qui dans la suite monta sur le trône des Césars , n’étant encore que proconsul d’Espagne , fit couper les mains à quelques banquiers convaincus de fraude et de rapines, et les fit clouer sur leur bureau, pour être les monumens terribles de leur injustice et de sa juste sévérité.
1 0 . Humain à l’égard de ses ennemis , Totila punissoit sévèrement le crime dans ses propres soldats. Un Romain de laCalabrc vintluidemander justicecontreunde ses gardes, l’accusant d’avoir fait violence à sa fille. Le coupable, sur son propre aveu , fut condamné à mort. Comme c’étoit un guerriei; renommé par sa valeur, les