TEMPÉRANCE
1 .X-jU grand Annibal , vainqueur des Romains , mena toujours une vie dure, sobre et tempérante , même en. temps de paix , et au milieu de Carthage , lorsqu’il y occupoit la première dignité ; et l’histoire remarque qu’il ne mangeoit jamais couché sur un lit , suivant la coutume , et qu’il ne buvoit que fort peu de vin. Une vie si réglée , si uniforme , est un grand exemple poi;œ nos guerriers , qui mettent souvent parmi les privilé-
§es de la guerre , et parmi les devoirs des officiers , e faire bonne chère et de vivre dans les délices.
Z. Agésilas, roi de Lacédémone , avoit pour les lois rigides de son pays , le respect le plus religieux : il observoit sur-tout , avec le dernier scrupule, celles qui commandoient la tempérance. Ce prince ne se trailoit pas mieux que ceux avec lesquels il vivoit. Il évitoit de se rassasier; il fuyoit l’ivresse, ce vice hideux qui déshonore l’homme , et particuliérement l’homme qui commande. 11 maîtrisoit , pour ainsi dire , le sommeil, et ne , s’y livroit qu’autant de temps que les affaires le luipermettoient.il se prémunissoit contre le froid et le chaud, de manière que , dans les quatre saisons de l’année , il ne portoit jamais qu’un vêtement unique. Lorsqu’il étoit sous les tentes avec les soldats, il n’avoit pas un meilleur