TEMPÉRANCE
qu’eux, etdisoîtcontinuellement: «Un prince ne doit « pas l’emporter sur les particuliers , par la mollesse et « par les délices, mais par le courage et par la tempé- « rance.» Déjà vieux, il paroissoit souvent en public , le matin , dans le plus grand froid de l’hiver, sans chaussure «t sans tiuiique, et n’étant couvert que d'un manteau fort usé. Quelqu’un lui remontrant qu’en agissant ainsi , c’étoit une imprudence h son âge : « Les « jeunes gens, dit-il, imiteront plus volontiers l’excm- « pie que leur donne un roi dans sa vieillesse.»
3.Les solitaires qui vivoient sous les auspicesdu saint abbééî<?raj//ne,denieuroientseuls,chacundansle«ircellule , pendant cinq joursde la semaine, gardant un silence exact, sans prendre d’autre nourriture quedu pain , des dattes et de l’eau. Le samedi elle dimanche, ils venolent à l’église pour participer aux saints mystères ; après quoi , ils mangeoient en commun quelque chose de cuit, et buvoienlunpeude vin. Le samedi, à l’heure des vêpres , ils apportoient au monastère leur ouvrage de toute la semaine ; et, en retournant dans leurs cellules , ils y portoient du pain , des dattes etde l’eau pour la semaine suivante, avec de§ branches de palmier pour leurs ouvrages. La pauvreté, l’humilité, la tempérance étoiert les vertus auxquelles S. Géroj/z/ie les exercoille
{)lus. Ils n’avoientque l’habit qu’ils portoient sur eux : eurs meubles éloient une natte pour se coucher, avec, une méchante couverture faite de plusieurs pièces, et une cruche pleine d’eau jxmr boire , et pour arroser leurs feuilles de palmier. Quand ils sortoient de leurs cellules,S. Gérasime\ouloit qu’ris en laissassent laporle ouverte, pour montrer qu’ils n’avoient rien qui ne fiità la disposition des autres. Son dessein étoitparlàde les ramènera l’esprit de détachemenldespremiersFidelles, chez qui tout étoit en commun.il ne permeltoitàaucun des solitaires d’allumer du feu dans sa cellule, pas même une lampe , parce qu’ils pouvoieiit , sans lumière , travailler à leurs ouvrages , en chantant des psaumes , ou médilantl’Ecriture-Sainte.Plusieursl’ayantprié deleur permettre de faire chauffer leur eau, de manger quelque chose de cuit, et de lire à la clarté d’imelampç, il leur refusa cette grâce ^ comme n’étant pas compatible avec
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l'austérité et la tempérance d’un véritable anachorète. « L’abstinence , leur dit-il , est la mère de la vraie et parfaite tempérance : elle contrib;ie à la pureté , en écartant les pensées dangerexises *, elle donne des forces pour résister au sommeil , et met l’homme en état de veiller plus exactement sur soi-même. Si ye me rends aujourd’hui à vos instances , demain il faudra user d’une nouvelle induleence qui fera naître de nouveaux besoins , et la discipline périra. Croyez-moi , mes frères J soyons constans dans la carrière , et diminuons , s’il est possible , par notre tempérance , le fardeau de ce corps qui pourroit retarder notie course. » Ces discours étoient soutenus de l’exemple que le saint abbé donnoit lui-même , puisqu’il passoit ordinairement le carême sans autre nourriture que l’eucharistie.
4-Ceux à qui M. Morin devoit le jour , donnèrentàson éducation tousles soins qu’unefortune médiocre et une nombreuse famille leur permirent , et que la reli^on leur demanda. Dès qu’il put marquer ujie inclination, il en marqua une pour les plantes. Un paysan qui en vCt noit fournir les apothicaires de la ville où il étoitné , fut sonpremier maîlre.L’enfanlpayoil scsleçonsdequelque petite monnaie J quand U pouvoit , et de ce qui devoit faire son léger repas d’après dîné. Déjà , avec le goût de la botanique , la libéralité et la sobriété comraençoient à éclore en lui ; et une inclination indifférente ne se déve>loppoit qu’accompagnée de ces deux vertus naissantes» Pientôt il eut épuisé tout le savoir de son mailrejetil fallut qu’il allât herboriser lui-mêne aux environs du Mans , sa patrie , et y chereJaer des plantes jiouvelles. Quand il eut fait ses humanités , on l'envoya à Paris pour la philosophie. 11 y vint , mais en botaniste , c’està-dire, à pied. Il n’avoit garde de ne pas mettre le chemin à profit. Sa philosoimie faite , sa passion pour les plantes le détermina à l’étude de la médecine. Alors il embrassa un genre de vie que l 'ostentation d’un philosophe ancien, ou la pénitence d’un anachorète, n’auroientpassurj)assé.ll se réduisit au pain ctà l’eau ;tout au plus se pcrmetloit-il quelques fruits. P.ar là , il se maintenait l’c.sprit plus libre poiu- l’étude, et toujours également el.paifaitementlibre.jcaf l’amen!avqit nul