‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 86 sur 169 · TEMPÉRANT · texte numérisé non relu

TEMPÉRANT

prëtexle de se pla'uidrc de la matière. Il donnoit à la c( nservation de'sa santé tout le soin qu'elle mérite, et qu'on ne lui doimç jamais : il se ménageoit heauconp d’autorité pour préclier un jour la dièle à ses malades, et sur-tout il se rendoit riche, malgré la fortune, non pas pour lui, mais pour les pauvres qui seuls proütoient de cette opulence arülicielle , plus ditheile que toute autre à acquérir., On peut aisément cix)ire que, puisqu’il pratiquoit au milieu de Paris cette frugalité digne de la Thébaïde , Paris étoit pour lui une Thébaïde à l’égard de tout le reste , à cela près qu’il lui fournissoit des .livres et des savans. Après quelques années de pratique , il fut re» u expectant à l’Hôtel- Dieu. La place de médecin-pensionnaire lui auroit été bien due dès qu'elle seroit venue à vaquer ; mais le mérite seul agit lentement, et c’est même beaucoup qu’il agissse. M.iWor/n ne savoit ni s'intriguer f ni faire sa cour : l’extrême modération de ses désirs lui rTndoit cet art inutile , et sa vie retirée lui en faisoit ignorer jusqu’aux premiers élémens. A la fin cependant, on fut forcé de lui rendre juslioe. Mais l’argent qu’il rerevoit de sa pension de l’Hôtel-Dieu , y denieuroit : il le remettoit dans le tronc, après avoir bien pris garde à n’étre pas découvert. Ce n’étoit pas là servir gratuitement les pauvres ; c’étoitles payer pour les avoir servis.

Sur la réputation qu’il s etoit acquise dans Paris, mademoiselleJeGwtje le nomma son médecin. Cette place, qu’il n’accepta qu’avec peine,l’obligeaàprendre tin carrosse , attirail fort incommode ; mais , en satisfaisant h cette bienséance extérieure, dont il pouvoit être cômpta- Lle au public, il ne relâcha rien de son austéritédans l'intérieur de sa vie dont il étoit tou jours le maître. Au bout de deuxanset demi, laprincesse tomba malade.Comme il avoit le pronostic fort sûr, il en désespéra, dans un temps même où elle se croyoit hors de danger, et lui annonçalamort;ministèresouveraincm6nt désagréable en de pareilles circonstances, mais dont sa piété, jointe à sa simplicité, l’empêchoit de sentir ledésagrément. Il ne le sentit pas non plus par le succès. Celle priuce.sse, touchée de son zèle, tira de[son doigt une baguequ 'elle lui donna j comme le dernier gage de son affection, et

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