‹ Dictionnaire historique d'éducation, où, sans donner de préceptes, on se propose d'exercer et d'enrichir toutes les facultés de l'ame et de l'esprit, ... Par m. Fillassier, des Académies royales d'Arras, de Toulose, de Lyon, de Marseille, etc. Tome premier troisième Tome troisièmeChapitre 89 sur 169 · D’^yala,pnf;e àe Charles ayant suivi ce prince · texte numérisé non relu

D’^yala,pnf;e àe Charles ayant suivi ce prince

en Alleniagnc,apprit que.son père étoit proscrit.il vendit aussitôt son cheval, et en. envoya le prix à un gentilhomme espagnol pour le lui faire lenir.Ut^s qu’on sefut aperçu qu’il n’avoil plus de cheval , on lui imposa des peines, pour savoir ce qu’il en avoil fait; mais on ne put rien obtenir ni par leschâtimens, ni par lescaresses.On apprit enfin la vérité : on le dénonça à l’empereur , et d'Ayala avoua tout à son prince. C'^r/ejfeignit d’être fâché, pour ne pas autoriser une action qui étoit contre la discipline;mais pour ne pas laisser sans récompense une marquede tendresse si héroïque, il saisit la première occasion dans laquelle d’A^'ala se distingua , et lui donna des gages de sa générosité et de son estime.

6. Jamais peut-être sujet n’aima son prince comme le célèbre le iVéfre. Etant allé en Italie de la partde Louis XU^,\c pape Innocent XI, inslruildcson mérite, voulut le voir, et fui donna une assez longue audience, sur la fin de laquelle Iç Nôtre s’écria, en s’adressant au pontife; « J’ai vu Ic^ deux plus grands hommes du monde, votre « sainteté elle roi mon maître. — 11 y a une grande ^ffé- « rence,(iit Icjpape; leroi estun grandprince victorieux, « je suis un pauvre prêtre , serviteur des serviteurs de « Dieu. » J-e Av/re, charmé decetteréponsequiflattoit son prince, /niljlia qui la lui faisoit; et, frappantsur l’epaule du pape , lui répondit à son tour : «Mon révé- « rend père , vous vous portez bien , et vous enterre- V rez tout le sacré collège. » pontife rit du pronostic; et le Nôtre, charmé de plus en plus de sa bonté, se jeta au cou du pape, et. l’embrassa : c’etoit,au restc,sa coulumcd’eniiirasser tous ceux qui publioient les louanges de IjOuîs Xl!^, et il embrassoit le roi lui- même , toutes les fois que ce prince revenoit de campagne. Ayant Liouvc ce moijaïquç daujs les jardin8deMaiL,ce prince

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monta dan» sa «chaise cowvérte, traînée pardesStiisses, et voulut me It Nôtre prît place dans ün autre à peu près Bemblable.' Ce vénérable vieillard, les larmes aux yeux , se voyant à côté du roi , et remarquant Mansarà 3 surintendant des bàtünens , qu^ avoit piodoit à la cour / marchant à pied , s’écria : * Sire , en vérité» « mon bon-homme de père ouvriroit de grands yeux , ■« s’il me voyoit dans un char auprès du plus grand roi é de la terre ; U faut atouer que votre majesté traite « bien son maçon et son jardinier, a En AbyS' , Louis Xiy hù. ayant accordé des lettres de noblesse et U croix de S. Michel, voulut liû donner des armes imaia U répondit qu’il avoit les siennes f étoiént troieii'* maçons couronnes d’une pomme dèehon* «Sire^Mou- « tW-il, poiuTois-je oublier ma bêche ? Combien ooîi> « elle m’etre chère ! N’est-ce pas è elle que je dois^les « bontés dont^volre majesté m’honore;?-» et U se jeld à son cou les larmes aux yeui-: ;*£>

1. O I nous n’avions à formel (jdc dés hbmiiies nes , on poiuroit se contenter de leur inspirer l’amoniç des vertus sociales ; et cet article seroit inutile. Maîq notre objet est encore de perfectionner les véritable^ enfans de Jésus-Christ ; et comme la tentation est / en qpielque sorte , le creuset de leur vertu, nous leujr offrons les moyens de la soutenir et de la repousser à l’exemple du divin Sauveur et de ses SainlS.'^**Vj^ ■

' Aussitôt que Jésus-Christ fiit baptisé , il sé setu^ dans le désert , ou plutôt il y fiit porté p#r le Saint-^ Esprit. Dans cette vaste solitude , le démpn vint le ten-^ ter après un jeûne de quarante jours et de quarante nuits. Cet esprit superbeme pouvant croire qu’un Dieu fût caché sous cette bassesse extérieure,' après avoir’ inutilement épuisé toutes ses tentations secrètes poux’ l’éprouver , résolut enfin de faire un dernier effort, ef de l’attaquer sons une forme visible. Il s’approcha de lui avec d’autant plus d’adresse , qu’il paroissoit agir, simplement 5 et, sans découvrir le dessein qu’il cachoit’

en lui-même , il dit à Jésus - Christ: « Si vous êtes le « Fils de Dieu , dites que ces pierres se changent en « pain. » Jésus, à cette parole, se'tint .-uissi caché que le démon tâchoitdc l’êire. 11 se contenta de lui répondre par ce passagcde l'Ecriture : «L’homme ne vit pas seu- « lement de nain , mais de toute parole qui sort de la « bouche de Dieu. » Le tentateur ne se rebuta point; et, voyant que le désert étoitun lieu peu favorable pour vaincre le Sauveur, il l’en retira , pour le transporter au haut du temple. « Si vous êtes le Fils de Dieu, lui « dit-il encore, précipitez-vous en bas ; car il est écrit: « Dieu a ordonné k ses anges d'avoir soin de vous et de « vous recevoir entre leurs mains , de peur que vous « ne heurtiez votre pied contre la pierre. » Jésus, qui nous fait voir qu'ayant été victorieux dans la première tentation, on devoit espérer de l’être aussi dans les autres, répondit au démon, avec la même simplicité que la première fois , par un passage de l’Ecriture. Il est écrit: «Vous ne tenterez point le Seigneur votre Dieu.» Cette réponse si sage confondit l’orgueil du démon, et irrita sa colère. Il ne garda plus ce respect extérieur qu’il avoit témoigné d’abord ; et , au lieu qu’il avoit traité au commencement Jésus-Christ comme le Fils de Dieu, il voululqu’il l’adoràt lui-même comme Dieu, et lui promit, pour cela, de lui donner tous les royau^ mes du monde , dont il lui fit voir l’éclat et la gloire. Jamais l’insolence du démon ne monta plus haut. 11 en avoit moins témoigné envers les plus grands saints : il se conlentoit de leur nuire commeàJoè.'niais il n’exigeoit pas d’eux qu’ils l’adorassent, cmnme ill’exigeoit de Jésus-Christ,àonl il connoissoit l’excellence par sa résistance même. Mais celte impudence extrême fut aussitôt repoussée du Sauveur par la fermeté de ces paroles : « Retire-toi,. satan, lui dit-il ; car il est écrit : « Vous adorerez le Seigneur votre Dieu , et vous le «servir.cz lui seul. » Cette réponse foudroyante mit le démon en fuite , et les anges s’approchèrent de Jésus , et le servirent.

2. Dieu permet que les plus saints personnages, au milieu des plus grandes austérités , soient exposés aux traits de l’esprit tentateur , afin de purifier leurs vertus.

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et de multiplier leurs couronnes. « Combien de foi» » dit S. Jérôme , en parlant de lui-même ; combien de fois, étant dans la plus profonde solitude , m’imaginois-je néanmoins être aux spectacles des Romains î Mes membres secs et décharnés étoient couverts d’un sac ; mes jours se passoient èn gémissemens ; et si le sommeil m’accabloit quelquefois malgré moi , la terre dure sur laquelle je coiichois , étoit moins un i-epos pour moi qu’une espèce de tourment. Cependant je ne pouvois fixer mon imagination volage. Mon vis.r;*e étoit défignré par le jeûne , et mon crenr brûloit , malgré moi, de mauvais désirs. Toute ma consôlatiôn étoit de me jeter aux pieds de Jésus-Christ sur la croix, et de les arroser de mes larmes. Combien de fois , pour domter cette chair rebelle , ai-je jeûné , lés semaines entières , au pain et à l’eau ! Combien de fois ai-je poussé des cris vers le ciel , le jour et la nuit , en frappant ma poitrine , jusqu’à ce que le Seigneur m’eût rendu le calme ! O mon Dieu ! je vous rends grâces de toutes ces persécutions intérieures. Rien n’est plus à craindre pour un chrétien«qu’un trop long calme. La tempête fait qu’on veille , et qu’on redouble ses efforts pour éviter le naufrage. »

3. Quoique S. Benoît eût tout quitté pour suivreDieu dans le secret de la solitude; quoiqu’il se fût livré sans réserve à toutes les macérations de la pénitence, la tentation vint troubler la paix de son ame. Le souvenir d’une femme qu’il avoit autrefois vue à Rome excita dans son cœur un si grand trouble , qu’il fut sur le point de quitter le désert. Mais , après de longs combats , fortifié par la grâce, et voulant vaincre la volupté par la douleur, il se roula tout nu, pendant quelque temps , au milieu des orties et des épines, en sorte que son corps fut tout ensanglanté. Etant ainsi sorti victorieux d’une attaque si rude , il reçut de Dieu, pour récompense, la grâce d’être exempt à l’avenir de ces sortes de tentations, dont la plus légère est toujours très-dangereuse.

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